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Les Croisades, les possessions des Ordres Militaires en Orient

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Les divers types de constructions militaires

Les défenses des villes
Nous examinerons les défenses des villes et des ports, les petits châteaux de l'intérieur et les tours-postes destinés à faire la liaison entre la frontière et le littoral ; nous terminerons par les grandes forteresses qui font l'objet essentiel de cette étude.

Les enceintes qui enfermaient les villes franques ont en grande partie disparu. Dans leur marche à travers l'Asie-Mineure les premiers Croisés trouvèrent, nous l'avons vu, de vastes enceintes byzantines telles que celles de Nicée (1), d'Anavarze (2), d'Edesse et d'Antioche. Ils conservèrent bien entendu ces enceintes en les restaurant et en y ajoutant de nouveaux éléments de défense sur certains points.

Si Edesse (3) garde encore des restes de l'enceinte de Justinien analogue à celle d'Antioche (4), cette dernière ville a perdu tout récemment et presque entièrement sa magnifique ceinture de hautes murailles crénelées flanquées de nombreuses tours carrées à trois étages de défenses (5). Cette immense enceinte qui escaladait les pentes du terrain fort accidenté avait un développement de 12 à 15 kilomètres. Au sommet du mont Silpius dominant toute la ville, sur son rocher presque inaccessible, se dressait sa massive citadelle reconstruite à la fin du Xe siècle. A tous ces ouvrages les Francs ne firent que quelques restaurations et des aménagements.

Fémie (Apamée, aujourd'hui Qal'at el Moudiq), ville épiscopale des Francs au-delà de l'Oronte, n'a rien conservé du passage des Croisés et son enceinte est une construction musulmane du XIIIe siècle.

Les tours rondes de l'enceinte de Tibériade tombèrent lors du tremblement de terre de 1837. L'enceinte de Jérusalem est due en grande partie à Soliman II (1537-1540).

Plusieurs villes du littoral ont cependant conservé quelques vestiges de leurs enceintes. Un certain nombre d'iconographies anciennes parvenues jusqu'à nous peuvent aussi aider à restituer les défenses des villes des Croisés. Les Francs firent aux cités du bord de la mer des travaux plus importants qu'aux villes de l'intérieur.

Ces villes maritimes étaient défendues du côté de la terre par une enceinte qui avait le plus souvent la forme d'un trapèze appuyé à la mer. Cette enceinte était munie de tours en général rectangulaires. Une ligne de murailles pouvait également occuper des falaises dominant le rivage et fermer ainsi la ville du côté de la mer. Une citadelle particulièrement bien fortifiée se dressait à un angle de la place et avait des communications directes avec la campagne. Elle se dressait sur un point culminant (à La Liche, Giblet (Fig. 13), Sagette, Jaffe, de même qu'à Edesse, Antioche et Jérusalem), ou près de la mer (Tortose, Barut, Césaire). Parfois la ville possédait une double enceinte comme Saint-Jean d'Acre. A Tortose (Plan, Fig. 12), le formidable donjon des Templiers, proche de la mer, était protégé par trois enceintes, dont la troisième défendait la ville. Sour (Tyr) occupe une presqu'île ; un chroniqueur la dépeint assez exactement en disant « qu'elle présentait l'image d'une main dans la mer, rattachée au continent par un poignet qu'entourent les flots » (6).

Plan de la ville de Tortose
Fig. 12. — Plan de la ville de Tortose, par Fr. Anus.

Trois remparts coupaient l'isthme sablonneux qui relie la ville au continent ; l'un deux était précédé d'un fossé large et profond dans lequel, en cas d'attaque, on pouvait faire entrer l'eau de la mer par ses deux extrémités (7). Elle était puissamment défendue et tandis qu'après sa victoire de Hattin (4 juillet 1187) Saladin s'emparait de toutes les places de Palestine, elle put sous le commandement de Conrad de Montferrat lui opposer une héroïque résistance et l'obliger à battre en retraite (8).

Les Croisés ne s'emparèrent d'Escalone qu'en 1153, car la ville était bien défendue ; elle était munie d'une enceinte flanquée de tours carrées et précédée d'un avant-mur. Ces fortifications avaient été très probablement élevées par les Arabes sur le modèle byzantin ; les Croisés se contentèrent de réparer les brèches et firent quelques additions.

Lorsque, au cours de la troisième Croisade, les Francs eurent repris Saint-Jean d'Acre, Saladin fit démanteler Escalone de crainte que cette ville ne tombât en leur pouvoir et ne devînt une base d'opération pour l'armée chrétienne (1191) (9). Les travaux des Francs sont donc ici de la seconde moitié du XIIe siècle.

Guillaume de Tyr (10) a donné une intéressante description de l'Escalone du moyen âge. « Située sur le rivage de la mer elle a la forme d'un demi-cercle dont la corde s'étend le long du rivage et dont l'arc est tourné du côté de la terre ferme vers l'orient. Toute la ville est dans une sorte de cavité... environnée de toute part par des terres factices au-dessus desquels sont les remparts que flanquent de nombreuses tours. C'est un ouvrage très solide, et le ciment qui unit les joints est plus dur que la pierre...

La place est, en outre, entourée et fortifiée avec soin par une ceinture d'avant-murs (11) bâtis de même solidement... Le périmètre des remparts était percé de quatre portes ; la grande porte ou porte de Jérusalem à l'est..., la porte de la Mer à l'ouest, la porte de Gaza au sud... et la porte de Joppé au nord »

A propos de la porte de Jérusalem le traducteur de Guillaume de Tyr ajoute : « Iluec a deus tors de ça et de là grosses et hautes si que c'est la greindre forteresse de la ville. En la barbacane devant a trois issues qui meinnent en divers leus. » Cette barbacane qui défendait la principale entrée de la ville et deux grosses tours rondes de l'enceinte paraissent être des œuvres franques. Mais partout on retrouve dans les murs de cette enceinte des colonnes antiques engagées en profondeur et apparaissant sur le parement. Or ce système fut constamment employé par les Arabes dans leurs constructions du moyen-âge. Cependant il fut aussi pratiqué quelquefois par les Francs, notamment à Césaire et à La Liche.

L'enceinte de Zibel, détruite depuis peu, celle de Tortose dont il reste quelques vestiges, présentaient des saillants barlongs constituant un faible flanquement. Ces enceintes datent du XIIe siècle. L'enceinte de Giblet (Fig. 13), rasée par Saladin en 1190, fut relevée vers 1199 par Guy de Giblet. Elle présente les mêmes caractères.

Ville et port de Gibelet
Fig. 13. - Ville et port de Gibelet (d'après le plan de Fr. Anus)

Pendant son séjour en Terre-Sainte, qui dura 4 ans (1250-1254), le roi Saint Louis, très préoccupé du sort des populations chrétiennes d'Orient, entreprit de grands travaux pour munir les villes du littoral de solides enceintes. C'est ainsi qu'il fortifia ou releva les enceintes détruites de Saint-Jean d'Acre, Césaire, Jaffe et Sagette (Sidon).

Césaire, où le roi séjourna un an (de mars 1251 à mai 1252), a conservé de son enceinte des restes suffisants pour qu'on se rende compte de ce que faisaient en ce temps les ingénieurs militaires. On constate dans les dispositions défensives un progrès sur les constructions analogues du siècle précédent. Cette enceinte (12) à la forme d'un quadrilatère présentant vers la terre ferme trois côtés à angle droit et vers la mer un quatrième côté suivant la ligne du rivage. Les murs sont flanqués de tours barlongues (13) espacées régulièrement de 40 mètres environ. Ces tours sont beaucoup plus saillantes que celles des enceintes du XIIe siècle. Elles présentent environ six mètres de saillie sur la courtine. De hauts talus bordent les tours et les murailles. Ces talus ne sont point massifs ; ils renferment une galerie voûtée en quart de cercle (14), éclairée par des baies semblables à des archères. Cette galerie permettait de suivre à l'abri des projectiles le rempart au fond du fossé (15) qui borde cette enceinte et pouvait permettre aussi de surveiller les travaux de sape de l'assiégeant.

Indépendamment de cette enceinte, une puissante tour carrée s'élevait sur un promontoire s'avançant dans la mer. Une coupure dans le rocher isolait la tour de la terre ferme. Cette tour défendait le port.

Des fortifications de Sagette (Sidon, aujourd'hui Saïda) (
PL XIII B) et de Jaffe (ou Joppé : Jaffa) (PI. XI B - Plan sur le web), il ne reste que peu de vestiges. Sur un monticule qui domine la ville de Saïda on voit encore des ruines d'ouvrages carrés et arrondis, vestiges du château (16) que les chrétiens appellent encore le « château de Saint Louis » et qu'on désigne aussi sous le nom de « château de terre » (PL XVI A) par opposition au « château de mer » dont nous parlerons plus loin. Joinville évoque à sa manière toujours naïve et familière maints souvenirs de son séjour à Sagette dans l'intimité du roi (17).

Le château de Jaffe (Jaffa) (18) s'élevait sur une éminence qui dominait la ville basse. Ce château fut construit ou reconstruit en 1228 (19). L'enceinte semi-circulaire, l'arc étant tourné du côté de la terre ferme, fut relevée par Saint Louis et munie de 24 tours (20). Près de la mer on voyait aux extrémités de cette enceinte deux gros ouvrages arrondis.

Parfois ces châteaux des grandes cités franques s'ornaient d'un magnifique appareil guerrier ; tel fut le jour où le comte de Jaffe, pour recevoir en sa ville le roi Saint Louis, pavoisa le couronnement de sa forteresse d'un nombre considérable d'écus et d'étendards à ses armes :
« Quant il cuens de Jaffe vi que li roys venoit, il atira son chastel en tel manière que ce sembloit bien estre ville deffendable car à chascun des carniaus (créneaux), dont il avoit bien cinq cens, avoit une targe à ses armes et un panoncel ; laquex chose fut bele à regarder car ses armes estoient d'or à une croix de gueles pâtée (21). » On imagine facilement l'impression que pouvait donner l'aspect de ces murailles crénelées se découpant sur le ciel au-dessus de la mer avec ces étendards faisant flotter au vent leurs flammes d'or ornées d'une croix rouge.

Les fortifications de Saint-Jean d'Acre étaient beaucoup plus considérables. Malheureusement il n'en reste rien (22). On peut cependant tenter d'en restituer le plan à l'aide des chroniques, des récits de voyageurs (23) et de dessins du moyen âge qui en reproduisent le tracé (PL VIII B et XIII A).

Cette grande cité reprise au cours de la troisième Croisade devint dès lors la capitale du royaume de Jérusalem. On y voyait au XIIIe siècle de nombreuses églises, les palais et les hôtels du roi de Chypre et de Jérusalem, des princes de Galilée et d'Antioche, du chef des troupes du roi de France, du comte de Tripoli, des seigneurs de Barut, d'Arsur et de Tibériade, les maisons de l'Ordre de l'Hôpital, de l'Ordre du Temple (24) et de l'Ordre Teutonique, qui étaient de véritables châteaux forts, et celles des Ordres de Saint-Thomas et de Saint-Lazare (25). On y voyait aussi les tours seigneuriales des républiques commerçantes italiennes. Ces palais fortifiés, ces tours munies de hourdages donnaient à cette grande cité l'aspect féodal qu'ont conservé certaines villes de Toscane.

Ruinées par le tremblement de terre de 1199 les fortifications furent relevées ensuite et on les améliora et les développa pendant tout le cours du siècle jusqu'à la veille du siège de 1291, où après un furieux assaut qui dura presque sans répit pendant trente-trois jours, Malek el Ashraf s'empara de la ville.

Dès 1212 elle apparaissait comme fort bien défendue au voyageur Wilbrand d'Oldenbourg qui nous parle de son double fossé et de ses deux enceintes munies de tours, les ouvrages de la seconde enceinte étant plus hauts et plus puissants que ceux de la première (26).

Les remparts d'Acre étaient pourvus à leur base de ces grands talus de maçonnerie que nous avons déjà signalés à l'enceinte de Césaire et que nous retrouverons dans plusieurs châteaux des Croisés (27).

L'enceinte était formée de deux fronts constituant deux lignes perpendiculaires, le front nord partant de la mer et s'étendant sur plus de 600 mètres, le front est allant jusqu'au port et ayant une longueur de 500 mètres environ.

Au nord de la cité, près de la mer, se trouvait le faubourg de Montmusart (28) qui fut ravagé par un incendie en 1234. Pendant son séjour en Palestine, Saint Louis (29) fortifia ce faubourg par une double enceinte munie de tours qui allait en s'écartant du rivage pour atteindre presque l'extrémité du front nord de la cité. Ainsi ce faubourg faisait-il un triangle isocèle dont deux côtés étaient formés l'un par la mer, l'autre par la ligne de murailles construites par Saint Louis, et dont la base s'appuyait au mur de la cité avec laquelle on communiquait par quatre portes.

Burchard de Mont Sion (30) qui visita Acre en 1284, compare son plan à un écu triangulaire dont deux côtés se réunissent en pointe vers la mer et dont le troisième est bordé par la campagne environnante. En effet, Saint-Jean d'Acre occupe une presqu'île triangulaire.

Le château s'élevait au front nord de la cité près de l'endroit où la ligne de défenses de Montmusart atteignait le mur de la ville. Chacune des deux enceintes avait une douzaine de tours principales (dont 5 pour chaque enceinte de Montmusart) et de plus des ouvrages moins importants devaient relier certaines d'entre elles. Les tours de la seconde ligne étaient plus puissantes, nous l'avons dit, que celles du premier mur et, comme il est naturel, il y avait alternance entre les tours des deux lignes, c'est-à-dire que chaque tour de la deuxième ligne apparaissait dans l'intervalle laissé par deux tours de la première ligne.

En avant du fossé de la première enceinte s'élevait une série d'ouvrages (31), des barbacanes qui avaient surtout pour but de défendre les principales issues de la ville. Certains de ces ouvrages étaient considérables. Rey (32), qui a retrouvé à l'extrémité nord de Montmusart, près de la mer, les traces d'une énorme tour ronde, compare avec vraisemblance les grandes barbacanes d'Acre à la barbacane de la « porte de Laon » au château de Coucy (33). Il faut observer aussi qu'à la fin du règne de Saint Louis on entreprit les grandes barbacanes du château de Carcassonne.

Nous savons par Marino Sanuto (34) et Amadi que, peu d'années avant 1291, on fit de grands travaux pour améliorer les défenses avancées de la place. Ces ouvrages étaient bordés de fossés et l'on y accédait par des ponts, les uns de bois, les autres de pierre.

Les noms des principales tours nous sont connus ; plusieurs portaient les noms de ceux qui avaient assumé les frais de leur construction. En partant du port, c'est-à-dire en allant du sud au nord, on trouvait : la tour du Légat ou du Pont, la tour des bouchers, la tour Saint-Nicolas, la tour ronde ou tour neuve du roi Henri (35) qui se trouvait à l'angle nord-est de la cité. Sur le front nord on voyait la tour des Anglais et la tour des Vénitiens.

A la seconde enceinte : la tour des Génois, la tour des Pèlerins, la tour Maudite, la tour du Sang.

Les ouvrages avancés dont les noms nous sont parvenus étaient la barbacane du roi Edouard d'Angleterre qui, peu avant son couronnement, avait combattu en Terre-Sainte (1271-1272), la barbacane du roi Hugues (36) et la tour de la comtesse de Blois (37) que cette princesse, vers 1287, avait fait ajouter à la Barbacane placée en avant de la porte de la tour Saint-Nicolas.

Rien n'est parvenu jusqu'à nous de l'enceinte de Barut ni de son château (38). Ce château se trouvait au nord-est de la ville à proximité de la mer sur une falaise de 8 à 10 mètres de hauteur. Il était défendu du côté de la terre par une double enceinte munie de tours (39) et de profonds fossés (40). Barut démantelée par Saladin en 1190 fut reprise en 1197 (41) par le roi de Jérusalem qui donna cette cité à Jean d'Ibelin. Celui-ci releva son château et ses remparts avec beaucoup d'activité. La ville acquit sous sa prudente administration une grande prospérité. Dans le récit de son voyage de Syrie qui eut lieu vers 1212, Wilbrand d'Oldenbourg nous a laissé une description (42) bien curieuse d'une salle luxueusement décorée qui se trouvait dans une tour nouvellement construite du château de Barut : « Cette salle, dit-il, ouvre d'un côté sur la mer et l'on voit voguer les navires, de l'autre côté sur des prairies et des vergers. Son pavage de mosaïque représente une eau ridée par la brise et on est tout étonné en marchant de ne pas voir ses pieds empreints sur le sable représenté au fond. Les murs sont revêtus de placages de marbre qui simulent des tentures. La voûte est peinte à l'image du ciel et l'on y voit les nuages courir, le vent souffler et le soleil distribuer l'année, les mois, les jours et les semaines, les heures et les minutes suivant leur mouvement dans le Zodiaque. En ces arts décoratifs, les Syriens, les Sarrasins et les Grecs excellent et rivalisent. Au milieu de cette salle se trouve un bassin en marbres de couleurs diverses formant un ensemble admirable où l'on voit une variété infinie de fleurs qui éblouissent le regard. Au centre de cette vasque on voit un dragon qui semble prêt à dévorer d'autres animaux figurés en mosaïque et lançant en l'air une gerbe d'eau cristalline et abondante qui, grâce à l'air circulant librement par de larges et nombreuses fenêtres, répand en cette salle une fraîcheur délicieuse. Cette eau jaillissante retombant en gouttelettes fait un doux murmure berçant le sommeil de ceux qui viennent là se reposer. »

Les forteresses de montagne que nous aurons à étudier ne possédaient assurément pas d'appartements aussi luxueux.. Si ces châteaux, dont les Francs avaient pourvu les villes du littoral, étaient bien fortifiés et équipés pour soutenir un siège, ils étaient en même temps des résidences princières qu'avaient élevées dans le style des monuments d'Occident des architectes venus de France et d'Italie et qu'avaient décorées des artistes indigènes. Ces palais faisaient l'ornement des cités florissantes où abordaient constamment des personnages notables d'Europe, où se faisait un trafic commercial intense avec le monde entier, et où des fortunes considérables avaient amené chez les habitants le goût des fêtes et des réjouissances.

Ce n'est pas ici le lieu d'évoquer la vie que menaient en Orient les Princes latins, les cérémonies, les divertissements de toute sorte, les tournois et aussi les grandes chasses qu'ils organisaient et que nous content les chroniqueurs avec enthousiasme. Mais nous signalerons que dans des circonstances solennelles des fêtes somptueuses étaient données dans les Grand-Salles de leurs châteaux. C'est ainsi qu'après le 15 août 1286 où le roi de Chypre Henri II fut couronné roi de Jérusalem, il donna à Saint-Jean d'Acre dans la Grand-Salle de l'Auberge de l'Hôpital une fête qui dura quinze jours. Cette salle avait 150 cannes de long (43) et avait dû être justement choisie à cause de son ampleur. Les chevaliers et les nobles dames s'y distribuèrent les rôles des héros de la Table Ronde et l'on y vit paraître en des joutes galantes Lancelot, Tristan, Palamède et la reine de Fémenie (44).
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Forteresses Maritimes
Au bord de la mer entre Saint-Jean d'Acre et Césaire, l'Ordre du Temple construisit en 1218 une grande forteresse qu'on appela Chastel Pèlerin (Athlit) (Plan, Fig. 14 et Album, PI. XII).

Chastel Pèlerin (Athlit)
Fig. 14. — Croquis du plan de Chastel Pèlerin (Athlit) et ses abords. (Par F. Anus)

Le lieu était bien choisi et d'une défense facile. Pour faire ce choix les Templiers avaient dû avoir plusieurs motifs ; ils avaient gardé le souvenir de la facilité avec laquelle, après avoir écrasé l'armée du roi de Jérusalem à Hattin, Saladin avait pu conquérir la Palestine. Cette forteresse était dans une bonne position pour servir de base d'opération contre un ennemi qui aurait occupé les monts de Galilée. En outre, la situation au bord de la mer permettait un débarquement facile à une armée de secours venue d'Europe. Enfin les chevaliers du Temple trouvaient là plus d'indépendance que dans une des grandes villes de la côte.

Le château occupe un promontoire rectangulaire long de 300 mètres, large de 200, bordé de rochers battus par les flots ; les Croisés élevèrent un mur tout autour et du côté de la terre ferme ils élevèrent d'un rivage à l'autre deux puissantes murailles flanquées l'une, très épaisse, de deux gros saillants barlongs en pierres à bossages de très grand appareil, l'autre en avant, moins importante, de trois saillants barlongs.

Chastel Pèlerin (Athlit)
Fig. 3. — Chastel Pèlerin (Athlit) et ses abords. (D'après le plan de Rey, rectifié par F. Anus)

Il reste quelques tronçons des énormes murailles d'Athlit (PI. XII) et des magasins voûtésChastel Pèlerin
Chastel Pèlerin, magasins voûtés
- Sources: Temple de Paris (45).


Tronçons des énormes murailles d'Athlit - Sources image Castel Pèlerin

Les Hospitaliers eux aussi possédaient à proximité de la mer une puissante forteresse, Margat, qui se dresse au nord de Tortose sur une haute éminence à deux kilomètres du rivage.

Château de Margat
Château de Margat (Marqab) - Sources Paul Deschamps

Plan du château de Margat
Plan du château de Margat (Marqab) - Sources: Margat

Une construction bien curieuse fut celle de la tour de Maraclée non loin de Margat. Cette tour fut élevée vers 1260 en mer sur un haut-fond à 50 mètres de la côte. C'était une tour carrée ayant environ 16 mètres de côté. Maqrizi parle avec admiration de la hauteur extraordinaire de cette tour et de la puissance de ses murailles (46). M. Dussaud en a retrouvé les fondations (47). Cette construction eut lieu seulement lorsque la puissance chrétienne se trouvait profondément amoindrie sous les coups répétés de Beibars. De là le seigneur de Maraclée pouvait faire des incursions en terre ferme contre les Musulmans, débarquer à l'improviste pour s'approvisionner et rentrer dans son île où il était bien difficile de l'assiéger. De fait il causa de grands dommages aux Musulmans et en 1271, Beibars tenta de le faire assassiner.

Le repaire de Maraclée était si dangereux que lorsqu'il se fut emparé de Margat en 1285, le sultan Qelaoun exigea du comte de Tripoli que la tour fût rasée. Un souvenir nous est conservé de cette tour fameuse ; elle est représentée sur le sceau de Meillor de Ravendel, sire de Maraclée (48).

Après la prise de Saint-Jean d'Acre en 1291 Qelaoun enleva rapidement toutes les villes de la côte et la puissance chrétienne fut chassée définitivement de la Syrie et de la Palestine.

Mais les Francs continuèrent quelque temps encore à inquiéter les vainqueurs en faisant sur le littoral de fréquents débarquements de l'île de Rouad voisine de Tortose. Les Templiers s'y étaient fortifiés et ce n'est qu'en 1302 que les Musulmans purent se rendre maîtres de l'île.
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La défenses des ports
Les Francs construisirent d'importants ouvrages pour défendre l'entrée de leurs ports (49). Ils en réduisaient le plus possible la largeur en ajoutant des jetées aux deux caps qui souvent resserraient déjà le bassin du port. Pour créer ces jetées ils utilisaient parfois une ligne de récifs.

Une tour carrée commandait la passe ; parfois on en voyait deux se faisant face situées chacune à l'extrémité d'une jetée. La passe était fort étroite et une chaîne (50) pouvait la fermer. Ainsi firent-ils au grand port de Tyr ainsi qu'à celui de Saint-Jean- d'Acre (51) où l'une des tours commandant la passe est citée dans les chroniques sous le nom de tour des Mouches ; il en était de même aux ports moins importants d'Arsur, de Barut (52) où les deux tours s'appelaient les tours des Génois, de Giblet (Fig. 13 et PI. XV) et de la Liche (53).

Parfois comme à Zibel (54) (Djebelé), ils n'eurent pas de jetée à construire, la passe étant naturellement étroite ; il leur fallut seulement édifier une tour qu'ils isolèrent du rivage par une coupure faite dans le rocher. On trouve au port de Césaire une coupure semblable dans le rocher pour isoler, à la pointe sud du port, une puissante tour carrée élevée par les Croisés sur l'emplacement de la tour de Straton. Nous avons signalé plus haut qu'à la pointe nord on voit un môle dont la chaussée a été faite avec des colonnes antiques.


Fig. 15 - Saïda-Château de la Mer, état en mai 1929. Plan Fr. Anus

A Sagette les Francs, pour défendre le port, construisirent en 1227-1228 sur une île à proximité du rivage, un château composé de deux tours réunies par une muraille, et muni de citernes (55). Ce château appelé le « Château de la Mer » est en partie conservé (Fig. 15). En même temps les Croisés réunirent le château à la côte par un pont. Ce pont long de 80 mètres environ et fort étroit forme une ligne brisée en son milieu. En cet endroit se trouve un grand massif rectangulaire où il y avait une tour avec une porte. Le bras du pont entre ce massif et l'île est en grande partie ancien et ses trois piles sont munies de becs pour couper les lames ; le bras entre le massif et la ville est moderne.

Les ports étaient éclairés par des phares qui devaient se trouver au sommet d'une tour à l'entrée de la passe. Ainsi en était-il à la Liche, comme nous l'apprend un chroniqueur arabe (56).
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Postes de liaison ; grottes fortifiées ; tours de guet ; châteaux de plaine.
Entre les villes fortifiées de la côte et les grandes forteresses de montagne qui interdisaient l'accès des domaines des Croisés aux Musulmans refoulés vers l'est, se trouvaient un certain nombre d'ouvrages secondaires qui avaient pour but d'assurer la liaison entre celles-ci et celles-là. Les uns ne consistaient qu'en une simple tour carrée, d'autres formaient un petit fort avec une ou plusieurs tours et une enceinte restreinte. Tous étaient munis d'une citerne. Certains postes juchés sur des sommets d'où la vue était très étendue permettaient aux quelques hommes qui les gardaient de surveiller les alentours et en cas d'incursion de donner l'alerte tant aux garnisons des châteaux qu'aux populations rurales. Ainsi le petit château du Sarc non loin de la grande forteresse arabe de Sheïzar sur l'Oronte. Ousama nous apprend que les Francs avaient occupé cette position pour épier la garnison de Sheïzar au cas où celle-ci voudrait tenter une incursion sur Apamée : « Le fort était inaccessible, juché sur un rocher élevé de tous côtés. On n'y montait que par une échelle de bois qui était enlevée après qu'elle avait servi, aucun chemin ne restant pour y parvenir (57). »

Citons aussi le petit château d'Akkar (58) qui, sur un des derniers contreforts du Djebel Akkar au nord du Liban, surveillait la plaine de la Boquée en face du Crac des Chevaliers. On n'accède dans sa tour principale que par une échelle, la porte étant à plus de 3 mètres du sol.

Les Francs occupèrent aussi des grottes fortifiées. Telle fut cette forteresse d'El Habis à l'est du lac de Tibériade qu'ils se disputèrent avec les Musulmans pendant le cours du XIIe siècle (59). C'était un poste d'observation de premier ordre d'où la vue embrassait une grande étendue. Dominant le cours du Yarmouk cette grotte était située au flanc d'une montagne, le Ras Hilja, qui formait comme un mur au-dessus d'une profonde vallée. On n'y pénétrait que par un sentier étroit surplombant le précipice. Des sources d'eau vive s'y trouvaient. Le terrain crayeux avait permis d'y creuser trois étages de salles qui ne communiquaient entre eux que par des échelles de bois et des galeries (60). En juin 1182 les Musulmans l'enlevèrent aux Francs en creusant une mine et en s'emparant de l'étage inférieur. Mais la même année en octobre les Francs revinrent assiéger cette caverne et à l'aide de pics qui venaient s'émousser sur les lits de silex coupant la roche crayeuse (61), ils entamèrent par le haut la grotte où se trouvaient soixante-dix soldats de Saladin. Tandis que les ouvriers travaillaient au-dessus de la montagne, une partie de la troupe se tenait dans la vallée pour empêcher l'ennemi de tenter une sortie. Après un siège de trois semaines la garnison capitula et les Francs rentrèrent en possession de la place.

Les chroniques signalent d'autres grottes occupées par des troupes franques ou arabes (62).

Aux abords des grandes forteresses on voyait des tours placées en avant-garde qui surveillaient les chemins d'accès. Ainsi le Crac des Chevaliers est environné de tours.

En avant de Tortose on voit la tour encore bien conservée de Toklé (63) avec deux étages voûtés, le premier étage étant divisé par un plancher auquel on n'accédait que par une échelle.

Il y avait aussi des châteaux de plaine qui pouvaient servir de refuge aux laboureurs et à leurs troupeaux et d'étape à une troupe en campagne, tels que Coliat dans la plaine d'Arqa au nord de Tripoli, et Carmel (64) qui faisait partie d'une ligne de fortins surveillant la frontière méridionale du royaume de Jérusalem.

De petits châteaux s'échelonnaient aussi sur les routes fréquentées par les pèlerins.
Parmi ces dernières constructions nous signalerons la tour du « Destroit » ou de la « Pierre encise » près d'Athlit, construite par les Templiers à côté d'un défilé taillé dans le roc, où le roi Baudoin I fut blessé en 1103 et où les pèlerins qui allaient à Jérusalem ou en revenaient étaient constamment attaqués par les pillards (65). Le casal de la Plaine (66) sur la route de Jaffe à Rames (Ramleh) était aussi fort utile à la sécurité des pèlerins (67) ; Saladin l'ayant détruit après la bataille d'Arsur (7 septembre 1191) ainsi que le Casal-Moyen (68), Richard Cœur de Lion et les Templiers reconstruisirent peu après ces deux postes fortifiés (69).
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Les ponts fortifiés
Les Francs construisirent de puissantes forteresses près des principaux passages des fleuves. Ainsi l'on voyait des châteaux importants près des grands ponts de l'Oronte, le Pont-de-Fer et le Pont de Shoghr ; en 1178, ils construisirent un château (le Chastellet) en face d'un passage du Jourdain appelé le gué de Jacob. Parfois, ils fortifièrent les ponts eux-mêmes. Nous avons déjà parlé du Pont de Sagette qui, franchissant un bras de mer, réunissait la ville au « château de mer. » Ce pont était fortifié.

Il en était de même du Pont-de-Fer (Djisr el Hadid) par où passait la route très importante d'Antioche à Alep. Avant de faire le siège d'Antioche les Croisés s'en emparèrent (2 octobre 1097). Ce pont était en pierre et muni d'une tour à chaque extrémité (70). Dès lors, il joua un rôle important dans l'histoire de la principauté d'Antioche. En 1161 le roi Baudoin III rebâtit ses fortifications (71).
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Les grandes forteresses
A l'époque franque comme à l'époque byzantine, le type de châteaux de plan régulier que nous avons vu plus haut ne fut pas toujours employé. Une telle régularité ne convenait guère qu'en terrain plat. Mais dans les montagnes, sur les sommets où l'on voulait tenir fortement un point stratégique important, on s'efforça de faire suivre aux murailles d'enceinte les bords des escarpements.

Le château de Saone
Fig. 16. - Le château de Saone. (Plan par Fr. Anus)

Ainsi, c'est la disposition du terrain qui commande le tracé du plan et celui-ci est presque toujours fort irrégulier.

Ces vastes enceintes franques qui occupent parfois une superficie de plusieurs hectares (Crac des Chevaliers 2 hectares 1/2 environ, Margat, Saphet 4 hectares environ, Saône 5 hectares 1/2 environ) se dressent souvent sur une éminence isolée qui a la forme d'un triangle allongé (Margat, Subeibe, Akkar) ; elles l'occupent entièrement.

Parfois elles sont placées à l'extrémité d'un promontoire en éperon bordé par deux ravins qui viennent se rejoindre ; pour isoler la forteresse de la chaîne montagneuse que termine l'éperon, on coupe cette chaîne par un fossé profond (Edesse, Gargar, Ranculat, Saône (Plan, Fig. 16) (72), Kérak de Moab, Montfort, Bakas, etc.)


Château de Saone. Plan par François Anus (partie principale)

A Saône les Francs ayant, pour mieux s'isoler du plateau, creusé dans le roc vif un fossé d'une grande largeur (20 mètres), ils ont pris soin en faisant ce travail de ménager une aiguille de pierre haute de 28 mètres destinée à servir de pile au pont lancé par dessus le fossé et conduisant à une entrée de la forteresse. Une aiguille analogue se voit à Edesse, à Gargar, autre château du comté d'Edesse et à Néphin, château du comté de Tripoli (73).

Un des cas les plus curieux du soin qu'ont pris les constructeurs d'envelopper toutes les parties dominantes de la position sur laquelle ils ont assis leurs fortifications est celui des châteaux jumelés de Shoghr et Bakas : Le site (74) (Fig. 17) est constitué par une longue et étroite crête orientée nord-sud et bordée par des pentes à pic à l'est, et au nord par le Nahr el Abyad, affluent de l'Oronte, qui fait un coude à son extrémité nord ; du côté ouest se trouve un profond ravin. L'éminence se rattache au système montagtieux (A) auquel elle appartient, vers le sud, par une étroite bande de terrain qu'on a coupée par un fossé. Mais une assez profonde dépression du sol divise en son milieu la crête en deux parties. Il était difficile d'établir un système fortifié bien coordonné avec cette dénivellation au milieu de l'enceinte ; cependant on ne pouvait laisser sans la fortifier la première partie de la crête au sud où l'ennemi eût pu arriver facilement et installer des machines de siège.


Fig. 17. — Châteaux de Shoghr et Bakas (d'après van Berchem, Voyage.... p. 252, fig. 151).

Les Croisés firent donc deux châteaux avec deux enceintes, le second, Shoghr (C), au nord, pouvant leur servir de suprême refuge au cas où le premier château, Bakas (B), aurait été enlevé (75).

Certains de ces châteaux n'ont qu'une enceinte ; mais une muraille et un fossé placés en travers de la position dans la largeur séparent la « basse-cour » de la partie principale de la place (Saône, Subeibe). D'autres ont sur l'un de leurs fronts allongés une enceinte supplémentaire placée en contre-bas et renfermant la « basse-cour. » Cette disposition qu'on trouve à Kérak de Moab, à Beaufort et à Bourzey, a dû être exigée par la conformation du terrain qui sur cette face devait présenter deux plateaux superposés.

Le Crac des Chevaliers présente deux enceintes concentriques dont la seconde commande tous les ouvrages de la première. A Margat, seule la partie principale de la forteresse a deux enceintes tandis que la basse-cour n'en a qu'une.

Le donjon ou l'ouvrage le plus puissant de la forteresse se trouve presque toujours au point le plus vulnérable, celui qui n'est pas défendu par la nature.

Parfois ce donjon dressé au-dessus du fossé commande le plateau auquel se rattache l'éperon qu'on a choisi pour y établir le château (Saône, Bakas). Parfois il s'oppose à une éminence toute voisine où l'ennemi aurait pu dominer l'intérieur de la place : ainsi au Crac des Chevaliers, à Margat, à Subeibe, à Kérak de Moab et à Montfort. Dans le château de Montfort des Teutoniques, construit au xme siècle par des Allemands qui avaient gardé les traditions de leur pays (76), le donjon se trouve en avant en dehors de l'enceinte avec laquelle il devait être relié par un pont franchissant un large fossé.

Nous n'insisterons pas ici sur les éléments de la défense, ni sur les procédés de construction et l'évolution des caractères de cette architecture militaire puisque nous les examinerons en détail en étudiant le Crac des Chevaliers et que nous espérons y revenir à propos d'autres châteaux de Terre-Sainte, mais nous voudrions donner à présent une idée de ce que pouvaient être les conditions d'existence des nombreuses garnisons qui vivaient dans ces vastes enceintes.
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La main-d'œuvre
Nous avons vu que les forteresses franques témoignaient d'emprunts faits à des modèles byzantins et que très vraisemblablement les Princes latins avaient eu recours à des architectes grecs ou arméniens.

Certains ouvrages défensifs furent construits très rapidement : ainsi le Chastellet qui possédait quatre tours d'angle fut construit en six mois (77). Le « Château de mer » de Sagette (Plan, Fig. 15), qui se composait de deux tours réunies par un mur, fut construit avec le pont qui le reliait à la côte entre la Saint-Martin 1227 et la mi-carême 1228 (78), c'est-à-dire en moins de 4 mois entre le 11 novembre et le 2 mars (79).

En 1163, un domaine fut donné à l'Hôpital par Baudoin, seigneur de Marésie, et Hugues de la Roche, à charge par cet Ordre d'y élever une forteresse dans le délai d'un an (80). Enfin, il semble bien que la construction du château de Saphet en Galilée, que les Templiers relevèrent en 1240 et qui fut l'un des plus considérables de la Terre-Sainte, fut à peu près terminée en deux ans et demi (81).

Les travaux entrepris par Saint Louis pour enfermer Jaffe, Césaire, Sagette, et une partie de Saint-Jean d'Acre dans de solides enceintes furent aussi menés à bien en très peu de temps.

La main-d'œuvre devait donc être très nombreuse ; on devait employer des indigènes et aussi des captifs. Les Croisés combattants, les Pèlerins participèrent à ces travaux de fortification ; c'était une œuvre pie, un moyen de gagner le pardon de ses fautes et le clergé donnait à cette occasion des indulgences. La participation des pèlerins est restée dans le nom donné à deux forteresses, le château de Mont-Pèlerin à Tripoli, et Chastel-Pèlerin en Palestine. Ambroise, dans son histoire de la troisième Croisade, nous montre Richard Cœur de Lion avec ses chevaliers, ses hommes d'armes et des pèlerins, relevant au début de 1192 les défenses d'Escalone pour couper le passage aux Musulmans qui envoyaient des vivres du Caire à Jérusalem (1).

Nous avons vu que Saint Louis en personne participa comme un manœuvre à des travaux de fortification (2).
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Les fondateurs
Ces châteaux furent construits par le roi de Jérusalem ou ses grands vassaux tels que le prince d'Antioche, le comte de Tripoli et le seigneur de la Terre oultre le Jourdain, mais la plupart d'entre eux furent dans le courant du XIIe siècle cédés aux grands Ordres à la fois militaires et religieux qui s'organisèrent en Terre-Sainte pour veiller à la sauvegarde de la chrétienté d'Orient.

Ces Ordres, enrichis par de nombreuses donations faites par tous les princes d'Europe, assumèrent la charge très lourde de l'entretien de ces forteresses où séjournaient de nombreux corps de troupes. Les chevaliers du Temple et de l'Hôpital, moines-soldats astreints par leurs vœux à une discipline sévère, entraînés à la vie des camps, rompus à tous les exercices militaires, étaient admirablement organisés pour mener la rude vie de garnison aux frontières des états chrétiens. Les châteaux que conservèrent quelques seigneurs tombèrent presque tous aux mains des Musulmans dès avant la fin du XIIe siècle.

Thoros. prince d'Arménie, se trouvant vers 1166 à Jérusalem l'hôte du roi Amaury, lui manifestait son étonnement de voir que dans son royaume trois châteaux seulement fussent à lui, tandis que tous les autres appartenaient à l'Hôpital ou au Temple (84).

Au XIIIe siècle c'était un cas tout à fait exceptionnel de voir un baron assumer la lourde charge de la construction et de la restauration d'un château. Quand Jean d'Ibelin, le vieux Sire de Barut, eut à défendre ses droits féodaux devant Frédéric II, il proclama bien haut qu'il avait à lui seul relevé le château de Barut pour la défense de la chrétienté alors que les Ordres militaires n'avaient pas pu s'en charger : « Ai reçu la ville quand la crestienté l'ot recouvrée, toute abatue et tele que le Temple et l'Ospital et tous les barons de Syrie la refusèrent, et l'ay fermée et maintenue des amones delà crestienté et de montravaill... (85) »

Parmi les châteaux de l'Hôpital, les deux principaux étaient le Crac des Chevaliers qui leur fut cédé en 1142, et Margat que son dernier seigneur, Bertrand Mansoer, leur abandonna en 1186 ; citons aussi non loin de Sheïzar le petit fort du Sarc cédé aux Hospitaliers par Guillaume de Maraclée en 1163, Chastel-Rouge à l'ouest du Crac des Chevaliers, Akkar, au sud de cette forteresse, petit château donné à l'Hôpital par le roi Amaury en 1170, et en Palestine Belmont, Bethgibelin et Belvoir, ce dernier château acquis d'Yvon Velos en 1168.

Les Templiers possédèrent au moins dix-huit forteresses parmi lesquelles nous citerons la puissante citadelle de Tortose, Chastel-Blanc (Safitha), Arima dans le comté de Tripoli, Gastin (Baghras) et la Roche de Roissel dans la principauté d'Antioche ; en Palestine le château de la Fève, le Toron des Chevaliers près de Jérusalem, le Chastellet qu'ils élevèrent en 1178 au-dessus du Gué de Jacob sur le Jourdain. En 1218, ils bâtirent Chastel-Pèlerin et en 1240 ils relevèrent la grande forteresse de Saphet. Dans le voisinage de ces forteresses les Ordres militaires possédaient de très nombreux territoires distribués en casaux, c'est-à-dire en métairies et territoires agricoles où vivait une nombreuse population rurale. De ces casaux les Ordres tiraient d'importants revenus.
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Les armées franques et les garnisons des châteaux
Dans les rangs des armées franques on comptait de nombreux contingents indigènes, chrétiens et musulmans : d'abord des Arméniens (85) qui étaient nombreux dans le comté d'Edesse et dans les territoires au nord d'Antioche et d'Alep, des Grecs (86) qu'on appelait des « griffons », des Maronites qu'on disait être des archers fort habiles (87) ; les chrétiens du pays étaient souvent désignés sous le terme générique de « Suriens » (88). Les Ordres militaires eurent continuellement à leur solde d'importants corps de soldats musulmans qu'on appelait des « Turcoples » qui constituaient la cavalerie légère des troupes franques et étaient armés et montés à la manière sarrasine. Ce terme de Turcople était emprunté aux Byzantins qui eux aussi avaient employé dans leurs armées ces guerriers d'origine turque ou arabe. D'autres soldats musulmans dans les troupes franques sont désignés sous le terme de « Turcomans. » Les aimées croisées avaient aussi parfois dans leurs rangs des sapeurs d'Alep spécialisés dans les travaux de mine (89).

Les grands châteaux des Ordres militaires avaient de nombreuses troupes de garnison. Ces troupes n'avaient pas seulement le rôle de garder la forteresse : au premier signal du roi de Jérusalem des contingents d'Hospitaliers et de Templiers sortaient des châteaux pour aller se joindre à l'armée royale. Dans toutes les grandes batailles on compte parmi les morts des chevaliers de l'Hôpital et du Temple. Wilbrand d'Oldenbourg, vers 1212, nous dit que le Crac des Chevaliers avait en temps de paix 2.000 combattants (90). Le château de Saphet entretenait 1.700 personnes en temps de paix et on avait prévu la nourriture pour 2.200 en temps de guerre (91). Pour assurer le service quotidien de la place on entretenait cinquante chevaliers du Temple et 30 frères servants avec leur équipement de guerre et leurs chevaux, 50 Turcoples avec leurs armes et leurs chevaux, et 300 servants de machines de guerre (balistarii). Lorsque les Musulmans s'emparèrent de cette forteresse en 1266 ils trouvèrent dans ses murs 3.000 personnes « en comptant les femmes et les enfants. » Malgré les termes de la capitulation 150 Templiers et 767 combattants furent décapités (92).

La forteresse de Margat, où chaque nuit 4 chevaliers de l'Hôpital et 28 soldats prenaient la garde en haut de ses tours, nourrissait 1.000 personnes et avait des réserves de vivres pour cinq ans (93). Ces grands approvisionnements étaient prévus pour les sièges, car alors, outre les occupants ordinaires du château, les populations rurales qui étaient groupées dans le voisinage de ces châteaux y cherchaient aussitôt un abri et s'y réfugiaient avec leurs troupeaux.

Dans les châteaux du XIIe siècle que tenaient les seigneurs, ceux-ci vivaient avec leurs femmes et leurs enfants ; leurs hommes d'armes y avaient aussi leurs familles. Ces familles avaient sans doute leurs logements dans la basse-cour. Un village rural s'établissait aussi dans le voisinage immédiat du château. Sa population agricole exploitait les domaines du seigneur ou de l'Ordre dont dépendait le château.

La construction du château de Darum amena la création d'une petite ville avec une église (94). A côté de Chastel-Pèlerin, forteresse des Templiers, s'établit une ville assez importante dont les bourgeois avaient cour de justice (95).

La sécurité qu'apportait la construction d'une grande forteresse pouvait s'étendre au loin sur une vaste contrée. Ainsi le chroniqueur qui parle de la reconstruction de Saphet en Galilée en 1240 constate que sous le château se trouve une ville avec un marché et que, tout autour et sous sa protection on voit prospérer 260 casaux avec une population rurale de plus de 10.000 personnes (96).

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Sources : Paul Deschamps
Les Château Croisés en Terre Sainte - Le Crac des Chevaliers. Librairie Orientaliste Paul Geuthner Paris 1934
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Notes — Divers types de constructions militaires
1. Texier, Architecture byzantine, p. 23. Asie mineure, I, p. 39-43.

2. Texier, Architecture byzantine, p. 19-20.
— Schlumberger, Nicéphore Phocas, p. 197-198.

3. Rey, Colonies franques, pages 308-314.
— Voir Poujoulat, Voyage en Orient, t. I, page 413 et suiventes.
— Ch. Texier, La ville et les monuments d'Edesse en Mésopotamie, dans Revue Orientale et Américaine, t. I, 1859, pp. 326-354.

4. Procope, dans le chapitre X de son De Aedificiis, nous décrit les travaux de réfection de l'enceinte entrepris par Justinien.

5. Il y a un siècle cette magnifique enceinte était encore à peu près intacte. Ibrahim Pacha (1835) construisant de vastes casernes utilisa ses murailles comme de véritables carrières. La destruction a continué depuis lors. Dix planches gravées du recueil de Cassas (Voyage pittoresque de la Syrie, Paris, 1799, in folio), sont consacrées à Antioche ; on y voit l'état de l'enceinte en 1772.

Voyez la reproduction de deux de ces planches dans notre Album, PI. IX et la reproduction d'un plan du XIVe siècle.
Sur Antioche voir Rey, Architecture Militaire, page 183 et suivantes, et pl. XVII et XVIII.
— Schlumberger, L'Epopée Byzantine, I, 1896, pages 221, 225, 352, photos.
— Le P. Lammens, Promenades dans l'Amanus, Beyrouth, 1904, page 34 et suivantes.
— Lt Colonel Paul Jacquot, Antioche, centre de tourisme, Beyrouth, 1931, 3 volumes, t. II, photos et plan.

6. Aboulfaradj, éditions Salhani, p. 384-385.

— Michel le Syrien, Chronique syriaque, éditions J.-B. Chabot, 1900, III, p. 404.

— Voir H. Lammens, La Syrie (Beyrouth, 1921), t. I. p. 226.

7. Guillaume Tyr, XIII, c. 5 ; Historiens occidentaux des Croisades, I, p. 562 : « Erat autem ex parte maritima per circuitum muro clausa gemino turres habens altitudinis congruae proportionaliter distantes. Ab oriente vero unde est per terras accessus, muro clausa triplici, cum turribus mirae altitudinis... Praeterea et vallum late patens, per quod facile ejus cives possent mare introducere in alterutrum. A parte vero septentrionali portus civitatis interior, inter turres geminas habet ostium, infra moenia tamen receptus : nam exterius insula fluctibus objecta, aestuantis pelagi primos frangens impetus, inter se et solum tutam navibus praebet stationem, ventis inaccessam, soli tamen obnoxiam aquiloni... »

— Burchard de Mont Sion, éditions J.-C.-M. Laurent, Peregrinatores medii aevi quatuor... (Leipzig, 1864), page 25 : « ... cincta est triplici muro, forti et alto, et XXV pedes spisso. Qui eciam muri muniti sunt turribus XII fortissimis, quibus in omnibus mundi partibus me vidisse non recolo meliores. Hiis eciam turribus continuatur arx civitatis sive castrum munitissimum et in rupe in corde maris situm, munitum eciam turribus et palaciis fortissimis. Quam expugnare non debet merito totus mundus. »

8. Ernoul, XVI (éditions Mas-Latrie, Société de l'Histoire de France, 1871, page 183).

9. Ambroise, L'estoire de la guerre sainte, éditions Gaston Paris (Collection, des Documents inédits, 1897) vers 6841 et suivantes. Richard Cœur de Lion tenta bien au début de 1192 de relever ses murailles, mais il dut abandonner cette entreprise (Ambroise, vers 7768 et suivantes, et 11773 et suivantes.).

— Chronique d'Ernoul, éditions Mas-Latrie, Société de l'Histoire de France, 1871, p. 277 et 292-293.

10. Guillaume Tyr, XVII, c. 22 ; Historiens occidentaux des Croisades, I, p. 796.

11. Rey a retrouvé une partie de cet avant-mur (Voyez sur les défenses de la ville, Architecture militaire, pages 205-210, figure 52 et Pl. XIX). On reconnaît là le système employé par les ingénieurs byzantins pour la défense des places fortes.

12. Sur les défenses de Césaire ou Césarée, voyez Rey, Architecture Militaire, page 221 et suivantes et plan n° XXII.

13. Dix tours sur le front principal à l'est, 4 tours sur chacun des fronts nord et sud, trois sur le front de mer. La ville avait 500 mètres du nord au sud et 250 mètres à 300 mètres de l'ouest à l'est.

14. On trouvera la même disposition au Crac des Chevaliers et au château de Cursat.
— Rey, page 224, signale dans l'enceinte de la ville de Césarée refaite par Saint Louis en 1251 les talus traversés par une galerie et ajoute qu'il ne connait pas cet exemple en Syrie.
— Van Berchem, page 144, en parlant du château de Cursat dit d'une de ses tours qu'il attribue au début du XIIIe siècle : « Cette tour renferme deux étages de défenses. A l'étage inférieur un chemin de ronde, voûté en berceau circulaire, a été aménagé dans l'épaisseur du mur. Ce couloir de défense dont la disposition me parait unique dans l'architecture militaire de la Syrie, est percé de sept meurtrières fortement ébrasées qui s'ouvrent au fond d'une niche en arc brisé... »
— Nous voyons qu'au Crac nous sommes en présence d'un système défensif analogue et considérablement développé.

15. Ce fossé est large de 12 mètres et profond de 6 à 7 mètres.
16. C. Enlart (Les monuments des Croisés, t. II, p. 336) constate que ces vestiges rappellent beaucoup les remparts du front sud de Provins.

17. (Juillet 1253 à février 1254) Joinville (Histoire de S. Louis, éditions N. de Wailly, Socièté de l'Histoire de France, 1868), CX et CXIII, pp. 201 et 208 : « Quant li roys ot assouvie la forteresse dou bourc de Jaffe, il prist consoil que il iroit refermer la citéi de Sayete que li Sarrazin avoient abatue. ».... « Il fist venir ouvriers de toutes pars et se remist à fermer la citéi de haus murs et de grans tours. »

18. Jaffe fut une des premières villes occupées par les chrétiens; en 1100 Godefroy de Bouillon y élevait des remparts. Alb. d'Aix, VII, 12 ; Historiens occidentaux des Croisades, IV, p. 515. Démantelée après la bataille de Hattin son enceinte fut restaurée par Richard Cœur de Lion. Elle fut de nouveau rasée par Malek el Adel en 1197.

19. Ernoul, c. XL, éditions Mas-Latrie, Société de l'Histoire de de France, 1871, p. 461 :
« ... estoient li Crestien devant Cesaire où il avoient fremé I. Castiel. Et d'ilenc s'en alerent à Jaffe, où il en fremerent I. autre moult fort. »

20. Entre mai 1252 et juin 1253, Joinville, C, p. 185 « ... se prist li roys à fermer un nuef bourc tout entour le vieil chastiau, dès l'une mer jusques à l'autre. Le roys meismes y vis-je mainte foiz porter la hôte aus fossés, pour avoir le pardon. »
— CIX, p. 201 : « Des grans deniers que li roys mist à fermer Jaffe ne convient il pas parler, que c'est sanz nombre ; car il ferma le bourc dès l'une des mers jusques à l'autre, là où il ot bien vint quatre tours ; et furent li fossei curei de lun dehors et dedans. Trois portes y avoit dont li legas en fist l'une, et un pan dou mur. »
— Continuateur de Guillaume de Tyr, XXXIV, 2 ; Hist. occ. Crois., III, p. 440 : « A. M. CC. LII ferma le roi Louis Jaffe... »

21. Joinville, C, pp. 184-185.

22. Les travaux du siège de Bonaparte en 1799, le siège entrepris par Ibrahim Pacha en 1832 et la construction de nouveaux ouvrages en 1837 ont fait disparaître les vestiges de l'enceinte du moyen âge. Sur les défenses de Saint-Jean d'Acre au moyen âge, voir Rey, Etude sur la topographie de la ville d'Acre au XIIIe siècle, dans Mémoire de la Société Nationale, des Antiquaires de France. T. XXXIX, 1878, p. 115-145 et pl. V et VI ; et Supplément à l'étude...
— Ibidem, t. XLIX, 1888, p. 1-18 et pl. I.

23. Ludolf de Sudheim, voyageur allemand, qui visita Saint-Jean d'Acre en 1335, moins d'un demi-siècle après la perte de la ville, écrit : « Cette célèbre cité située sur le rivage de la mer est construite de blocs de pierre d'une grosseur extraordinaire avec des tours hautes et très fortes à peine distantes d'un jet de pierre les unes des autres. Chaque porte est flanquée de deux tours. Les murailles étaient, comme elles le sont encore aujourd'hui, d'une épaisseur telle que deux chariots courant en sens contraire pouvaient s'y croiser très facilement. »
(De itinere Terre Sancte, I. II, dans Archives de l'Orient latin, tome I, 1884, page 339).

24. Cet édifice était considérable. Amadi nous apprend que la porte de ce palais s'ouvrait au pied d'une tour carrée cantonnée de tourelles à ses angles et au sommet desquelles on voyait quatre lions passants en métal doré qui avaient coûté quinze cents besans sarrazins. Chronique d'Amadi, éditions Mas-Latrie, Collections, des Documents inédits, 1891, p. 224-225.

25. Ludolf de Sudheim nous donne ces détails; il ajoute « vivaient encore à Acre les plus riches marchands qui fussent sous le ciel... les Pisans, les Génois, les Lombards... Du lever au coucher du soleil on apportait ici toutes les marchandises de l'Univers ; tout ce qui pouvait se trouver d'extraordinaire et de rare dans le monde, on l'apportait ici à cause des princes et des grands qui y demeuraient. » Ludolph de Sudheim, De itinere Terre Sancte, I. II, dans Archives de l'Orient latin, tome II, 1884, pp. 339-340.

26. « Hec est civitas bona et fortis, in littore maris sita, ita ut, dum ipsa in dispositione sit quadrangula, duo ejus latera angulum constituentia a mari cingantur et muniantur ; reliqua duo latera fossa bona et larga et profunda funditus murata et duplici muro turrito, pulchro ordine coronantur, eo modo ut prior murus suis cum turribus ipsam matrem non excedentibus a secundo et interiore muro, cujus turres altae sunt et validissimae, prospiciatur et custodiatur. » Wilbrand d'Oldenbourg, I. I, éditions J. C. M. Laurent, Peregrinatores medii aevi quatuor (Leipzig, in-40, 1864), p. 163.

27. Rey, Supplément à l'Etude sur la topographie de la ville d'Acre, p. 6.

28. Si l'on tient compte de ce faubourg, Acre mesurait environ 1700 mètres de longueur maxima parallèlement à la mer et 1000 mètres dans sa plus grande largeur.

29. Guillaume de Saint-Pathus, Vie de Saint Louis, éditions H. Fr. Delaborde (1899), p. 91 : « ... quant il fesoit fermer une partie de la cité d'Acre qui est appelée Mont Musart, et de la cité de Césaire et de Jopem, il meemes charchoit (chargeait) plusieurs foiz les hommes qui portoient la civière et autres choses qui convenoient a référé ces murs. »

30. Burchard de Mont Sion, Descriptio Terrae Sanctae, éditions J. C. M. Laurent (Leipzig, 1864), p. 23 : « Accon autem civitas munita est muris, antemuralibus, turribus et fossatis et barbicanis fortissimis, triangulam habens formam, ut clypeus, cujus duae partes junguntur magno mari, tercia pars campum respicit, qui ipsam circumdat, habens duas leucas latitudinis et plus in partibus aliquibus, vel minus eciam... »

31. Ludolf de Sudheim, édition citée, p. 339. « Du côté de terre les murailles étaient très puissantes avec des fossés très profonds, protégées encore par une foule de bastions et d'ouvrages de toute espèce. »

32. Article cité dans Mémoires Société Nationale des Antiquaires de France, t. XXXIX, 1878, 1. 127-128.

33. Cette barbacane avait environ 90 mètres de diamètre.

34. Marino Sanuto, Liber secretorum fidelium crucis, I. III, c. XXI, éditions Bongars, Gesta Dei per Francos, t. II, p. 230-231.

35. Henri II de Chypre couronné roi de Jérusalem à Tyr, le 15 août 1286.

36. Hugues de Lusignan, roi de Chypre (Hugues III) et de Jérusalem, mort en 1284.

37. Jeanne d'Alençon, comtesse de Blois, morte à Acre le 2 août 1287.

38. Voir l'excellent travail du comte du Mesnil du Buisson : Les anciennes défenses de Beytouth, dans Syria, tome II, 1921, p. 235-257 et 317-327.

39. Wilbrand d'Oldenbourg, éditions J. C. M. Laurent, Peregrinatores..., p. 166.

40. « Le fossé dou chasteau... qui est un des beaus dou monde... » Gestes des Chiptois ; Hist. Crois., Doc. Armén., II, p. 701.

41. Ernoul, Chronique, éditions Mas-Latrie, pp. 311-315.

42. Wilbrand d'Oldenbourg, ouvrage cité, p. 167.

43. Amadi, ouvrage cité, p. 225 : « l'Alogiamento... onde era uno palazzo nobilissimo et bello, longo cane cento cinquanta, et haveva assai gran corte ; et la fu fatta la festa del coronamento del re Henrico. »

44. Amadi, ouvrage cité, p. 217. — M. Gustave Cohen veut bien nous dire que cette « reine de Fémenie » est Penthésilée, reine des Amazones.

45. Sur les fouilles entreprises à Athlit en 1930 par le Service des Antiquités de Palestine, voyez Excavations at Pilgrims' Castle ('Atlit), dans Che Quarterly of the Department of Antiquities in Palestine, (Jérusalem, 1931), volume I, n° 3, p. 111-129, plan XL-LIII.

46. Michaud, Bibliothèque des Croisades, Paris 1829, tome IV, Chroniques arabes, par Reinaud, pages 551-552 : « Au rapport de l'auteur de l'histoire de Kélaoun, tant que Bibars vécut, Barthélemy resta chez les Tartares : après sa mort, il revint dans le pays, et à l'aide du comte de Tripoli, il bâtit un château en face de Marakia au milieu de la mer, à deux portées de trait seulement du rivage. Ce château devint bientôt imprenable : il consistait dans une tour carrée, presque aussi large que longue, ayant sur chaque face 25 coudées 1/2 dans oeuvre ; les murs avaient sept coudées d'épaisseur et la tour sept étages ; on l'avait bâtie sur des barques chargées de pierres et coulées à fond ; les pierres des remparts étaient liées les unes aux autres par des barres de fer ; chaque assise avait été couverte d'une couche de plomb ; en dedans on avait pratiqué une citerne qui suffisait aux besoins de la garnison ; cent guerriers composaient cette garnison et avaient par derrière une seconde tour qui pouvait, au besoin, leur servir de retraite. Le sultan désespérant de prendre cette tour à force ouverte, faute d'une flotte en état de tenir la mer, recourut à un autre moyen ; il écrivit en ces termes au comte de Tripoli : « J'ai maintenant obtenu ce que je voulais ; il ne me reste plus que toi à réduire ; vois ce que tu veux faire. Cette tour, c'est toi qui l'a bâtie ; sans toi, on n'en serait jamais venu à bout ; c'est toi qui en porteras la peine ; je veux qu'elle soit rasée, si non j'entrerai sur tes terres. » « A ces mots le comte effrayé enjoignit à Barthélemy de détruire la tour... On la rasa sur le champ. »

47. R. Dussaud, dans Revue archéologique, 1896, I, p. 24 ; 1897, I, p. 340.
— Topographie de la Syrie au XIIe et XIIIe siècle, p. 126.

48. G. Schlumberger, Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions, 1905, p. 205-206.

49. Voir Rey, Architecture militaire, Défenses des ports, page 163 et suivante.
— Voir aussi sur la toponymie du littoral syrien au temps des Croisades : Rey, Les Périples des côtes de Syrie et de Petite Arménie dans Archives de l'Orient latin, tome III, 1884, page 329-353.

50. Phocas (Historiens grecs des Croisades, I, p. 531) qui visita Beyrouth en 1177 décrit ainsi le port : « Portum etenim non natura dédit, sed is, artis industria fabrefactus, in sinum urbis ad lunae modum ingeritur ; et in extremis, quae quasi cornua egeruntur, duae magnae turres exstructae sunt, quarum ex una in alteram protensa catena naves in portu stantes obserat. »
— Rey, Archititecture militaire, p. 178, a encore vu à la grosse tour commandant l'entrée du port de La Liche un énorme anneau scellé dans la base de cet ouvrage du côté de la passe et qui était destiné à attacher la chaîne du port. On sait la victorieuse résistance qu'opposa à Saladin Conrad de Montferrat dans Tyr en 1187 lorsque le vainqueur de Hattin vint assiéger la ville. Le continuateur de Guillaume de Tyr nous raconte que le marquis ayant muni de nombreux défenseurs les tours qui commandaient le port, y laissa entrer 5 galères musulmanes, puis ayant fait lever la chaîne, il prit les navires et leurs équipages (Continuateur de Guillaume de Tyr, XXIV, 3, Historiens occidentaux des Croisades, II, p. 170 et suivantes.)

51. Rey, Architecture militaire, Plan, page 171, fig. 43.

52. Rey, Architecture militaire, Plan, p. 173, fig. 44.

53. Rey, Architecture militaire, Plan, p. 177, fig. 46.

54. Rey, Architecture militaire, Plan, p. 175, fig. 45.

55. Continuateur de Guillaume de Tyr ; XXXII, 25, Historiens occidentaux des Croisades, II, p. 365 : « Quant (li pelerin) furent la venus... il virent une isle devant le port en la mer, si connurent que la poeent il faire meillor ovre et plus segure et en po de tens. Lors mirent main a laborer et firent .II. tors, l'une grant et l'autre meene, et un pan de mur entre les .II. torz ; si mistrent a ce faire des la Saint-Martin que il vindrent la très que en mi quaresme. »
Voyez Rey, Architecture militaire, page 153 et suivantes et planche XVI.

56. Rey, Architecture militaire, page 166. Il y avait d'autres tours munies de phares en certains points de la côte et certaines d'entre elles, auxquelles les Arabes donnent le nom de Bordj el Fanous et dont on trouve encore des vestiges sur la côte de Syrie, doivent avoir été construites par les Francs.

57. H. Derenbourg, Souvenirs historiques... Autobiographie d'Ousama... traduction française (1895), p. 79 et R. O. L., t. II, p. 407.
— Cf. R. Dussaud, Topographie de la Syrie aux XIIe et XIIIe siècle, p. 145-147.

58. R. Dussaud, P. Deschamps, H. Seyrig, La Syrie Antique et Médiévale Illustrée, planches 146 et 147.

59. Voir ci-dessus.

60. Guilaume de Tyr, XXII, c. 15 et c. 21 (ann. 1182) ; Historiens occidentaux des Croisades, I, p. 1090-1091 et 1104-1107 : « Erat enim spelunca in altissimo montis latere posita, non habens nisi cum multa difficultate accessum in quo vix pediti esse poterat expedito ; nam inferius usque in profundum subjectae vailis, ingens est et horribile praecipitium, ex latere autem ad eam accedebatjur itinere unius pedis vix habente latitudinem. Erant autem in eadem spelunca mansiones tres, sibi invicem superpositae, in quibus mutuus per quasdam scalas ligneas et per quaedam angusta foramina interius ascensus erat et descensus. »
Dans un autre passage de son ouvrage (XVIII, c. 21, année 1158 ; Hist. occ. Crois., I, p. 855), Guillaume de Tyr donne une description analogue.

61. Guillaume de Tyr, XXII, c. 21 : « ...erat enim lapis cretaceus et ad frangendum facilis, nisi quod venas durissimi silicis interpolatim habebat immixtas, quae saepius et ferrea laederent instrumenta, et his qui in opere fervebant aliquoties ministrarent impedimentum. »

62. Dans les textes latins le mot Cavea désigne parfois une grotte fortifiée : ainsi la Cavea de Cyrum située sur le territoire de Sagette (voy. Rey, (folonies Franques, p. 513), enlevée aux Francs en 1166 au cours d'une incursion des musulmans. (Guillaume de Tyr, XIX, c. II ; Historiens occidentaux des Croisades, I, p. 901-902). La même année les Templiers furent chassés d'une grotte fortifiée dont ils avaient la garde au-delà du Jourdain (Guillaume de Tyr, ibid.).
En 1139 Thierry d'Alsace, comte de Flandre, traverse le Jourdain (Guillaume Tyr, XV, c. 6 ; Hist. occ. Crois., I, 665 et s.) et va déloger des pillards musulmans d'une grotte qu'ils occupaient dans le voisinage du mont de Galaad (Djebel Gilead) c'est-à-dire au nord d'es Sait. C'est peut-être cette même grotte que les Templiers perdirent en 1166.

63. Voyez Rey, Architecture Militaire, p. 101-102.

64. Rey, Architecture Militaire, p. 102-104.

65. Olivier le Scholastique, Hist. Damiat., éd. Hoogeweg, p. 169-170. « Turris autem ibidem posita fuit olim propter latrunculos, qui in via stricta peregrinis ascen- dentibus in Jérusalem et descendentibus ab ea insidiabantur, haud longe distans a mari, quod propter viam strictam Districtum appellabatur ».

66. Casellum de Planis. Le Casel des Plains.

67. Itinerary of Richard I, éditions Bohn, p. 289. « [Casellum de Planis] hoc enim reputabatur maxime necessarium propter transitum peregrinorum illuc itinerantium. »
— Voyez aussi Roger de Hoveden, Chronica, éditions Stubbs, t. III, p. 133.
— Cf. Röhricht, G. K. J., p. 598, n. 4.
— R. P. Abel, Yazour et Beit-Dedjan ou le Chastel des Plains et le Chastel de Maen, dans Revue Biblique, 1927, pp. 83-88.

68. Casellum Medianum, Le Casel Maien, Le Maen.

69. Ambroise, L'estoire de la guerre sainte, éditions G. Paris, Collections des Documents inédits, 1897, v. 6854 et 7207-7214, col. 183 et 193.

70. Guillaume de Tyr, IV, c. 8 ; Historiens occidentaux des Croisades, I, p. 164.
— Albert d'Aix ; III, 33, Historiens occidentaux des Croisades, IV, 362 : « Pons iste mirabili arte et antiquo opere in modo arcus formam accepit... In utraque pontis fronte duae prominebant turres ferro insolubiles, et ad resistendum optissimae... »
— Voyez Van Berchem, Voyage..., p. 238-239.

71. Guillaume de Tyr, XVIII, c. 32; Historiens occidentaux des Croisades, I, p. 877 : « Interea dum rex in partibus illis moram faceret, ut ejus praesentia regioni esset utilis, castrum quod super pontem. fluminis Orontis, qui vulgo dicitur pons Ferri, aliquando fuerat, ab urbe Antiochena quasi sex aut septem distans milliaribus, reaedificavit, utiliter satis, ad cohibendos hostium discursus et latrocinantium introitus occultos. »
— Röhricht, G. K. p. 307 et passim.
— Van Berchem, Voyage..., p. 238 et suivantes.
— Dussaud, Topographie, p. 171.

72. Paul Deschamps, Le Château de Saône, dans Gazette des Beaux-Arts, décembre 1930, pages 329-364.

73. Paul Deschamps, Les entrées des châteaux des Croisés en Syrie et leurs défenses, dans Syria, 1932, page 369 et suivantes.

74. Voyez Van Berchem, pages 252-253 et figure 150 et 151.

75. C'est ce qui se produisit lors de la prise des châteaux par Saladin en août 1188.

76. Rey, Architecture Militaire, pages 143-151 et planche XV.

77. Guillaume de Tyr. XXI, c. 26, Historiens occidentaux des Croisades, I, p. 1050 « murum mirae spissitudinis, in quadrum aedificantes opere solidissimo... infra sex menses erexerunt. »

78. Continuateur de Guillaume de Tyr ; XXXII, 25, Historiens occidentaux des Croisades, II, p. 365 : « Quant (li pelerin) furent la venus... il virent une isle devant le port en la mer, si connurent que la poeent il faire meillor ovre et plus segure et en po de tens. Lors mirent main a laborer et firent .II. tors, l'une grant et l'autre meene, et un pan de mur entre les .II. torz ; si mistrent a ce faire des la Saint-Martin que il vindrent la très que en mi quaresme. »

79. Nous ne citerons que pour mémoire le château que les premiers Croisés construisirent au lieu dit la Mahomerie en face d'Antioche pendant le siège de cette ville. Ce n'était qu'un ouvrage provisoire construit avec des matériaux peu solides (congerie lapidum et bitumine fragilis luti) ; il était pourtant muni de deux tours, entouré d'un double retranchement et pouvait contenir 500 soldats. La construction de ce château ne dura, selon les calculs d'Hagenmeyer que 12 jours, du 8 au 19 mars 1098. Raymond de Saint-Gilles travailla activement à cette construction avec ses archers et ses servants de balistes, ainsi qu'avec les marins des vaisseaux anglais qu'il était allé chercher au Port Saint-Siméon.
— Voyez Hagenmeyer, Chronologie de la première Croisade, dans Revue de l'Orient latin, tome VI, 1898, pages 542-549, n° 242-248.)

80. Le domaine de Platta.
— Voyez S. Pauli, Codice diplomatico, 1733, tome I, p. 41.
— Delaville le Roulx, Cartulaire général des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, tome I (1894), page 226, n° 313.

81. De constructione castri Saphet... voir plus loin.

82. Ambroise, L'estoire de la Guerre Sainte, éditions Gaston Paris, 1897, vers 8009- 8022 : « Cependant tous se mirent à l'œuvre. Ils déblayèrent les fondations d'une porte. Tous y travaillaient si bien qu'ils s'émerveillaient eux-mêmes de la besogne qu'ils faisaient. Les bons chevaliers, les écuyers, les sergents se passaient les pierres de main en main ; tous travaillaient sans relâche, et il y venait tant de clercs et de laïques qu'en peu de temps ils avançaient beaucoup l'ouvrage. Plus tard pour le continuer on envoya chercher des maçons ; il fallut beaucoup de temps pour terminer. » (Traduction G. Paris).

83. Guillaume de Saint-Pathus, Vie de Saint Louis, éditions H. Fr. Delaborde (1899), p. 91 : « ... comme l'on fesait les murs en la cité de Césaire, messire Tusculam (Eudes de Châteauroux, évêque de Tusculum) légat du siège de Romme en ces parties, avait donné pardon à tous ceux qui aideraient à faire cele œvre ; dont (li benoiez rois) porta plusieurs fois les pierres en la hôte sur ses espaules et les autres choses qui étaient convenables à fere le mur. »

83. Ernoul, chapitre IV (éditions Mas-Latrie, p. 27-28) : Sire, dist Thoros au roy, quant je vinç parmi vostre tiere et je demandoie des castiaus cui il estaient, li uns me disait : « C'est del Temple », li autres : « De l'Hôpital » Si que jou ne trouvai ne castiel, ne cité, qui fust vostre, ne mais seulement .III., mais tout à Religion. »

84. Gestes des Chiprois, Historiens des Croisades, Documents Arméniens, tome II, p. 678-679.
— Voyer le Comte du Mesnil de Buisson, Les Anciennes défenses de Beyrouth dans Syria, tome II, 1921, p. 241.

85. Ainsi on comptait des Arméniens dans la garnison de Margat en 1118.
Voyez Van Berchem, Voyage, p. 319-320.

86. Lors de la bataille de la Boquée au pied du Crac des Chevaliers en 1163, la victoire remportée par les Croisés sur Nour ed-din fut due en partie à un corps grec commandé par Constantin Coloman.
— Voyez plus loin, chapitre 1 (Historique).

87. Jacques de Vitry, éditions Bongars, p. 1093 : « Quidam autem homines circa juga Libani in Phoenice provincia, non longe ab urbe Bibliensi inhabitantes, numero non pauci, arcubus et sagittis in praeliis edocti et expediti, Maronitae nominantur. »
— Les Maronites apportèrent une aide précieuse à Raymond de Saint-Gilles dans ses attaques contre Tripoli.
— Voyez Historiens orientaux des Croisades, I, p. 212.

88. Traducteur de de Guillaume de Tyr, XXII, c. 8 ; Historiens occidentaux des Croisades, I, pp. 1076-1077 : « Une manière de gent que l'on apelait Suriens, qui abitent en la terre de Fenice, entor la terre de Libane delez la Cité de Gibelet... Ils étaient genz mout hardies et preuz as armes et meint grans secours avaient fet à noz crestiens quand il se combataient à nos ennemis. »

89. Au siège de Darum, en 1192, Richard Coeur de Lion employa des sapeurs alépins.
— Voyez Beha ed din, Historiens orientaux des Croisades, III, p. 301 : « Des sapeurs d'Alep, attachés au corps d'observation et que le roi d'Angleterre avait su séduire, parvinrent à creuser une mine sous le mur de la forteresse et à y mettre le feu. »

90. Editions J.-C.-M. Laurent, p. 169 : « Crac quod et castrum Hospitalariorum maximum et fortissimum Sarracenis summe damnosum... tempore pacis a duobus milibus pugnatorum solet custodiri. »

91. De constructions castri Saphet, éditions Baluze, Miscellanea, tome I, Paris, 1761, in folio, page 228 et suivantes.

92. Chron. monast. S. Martialis Lemovic., auct. Petro Coral, éditions Baluze, ibid., page 231 : « Interfecit et decapitavit septies viginti fratres et decem Templi, exceptis Hospitalariis, et septingentos et sexaginta septem viros bellatores, et quatuor fratres Minores, exceptis mulieribus et parvulis. Qui omnes aestimati fuerunt usque ad tria millia. »

93. Wilbrand d'Oldenboiurg, éditions J.-C.-M. Laurent, p. 170. — Lorsque le roi Amaury II reprit Barut, en 1197, il trouva dans le château d'abondantes provisions de vivres (Ernoul, éditions Mas-Latrie, p. 315) : « il trouva le castiel bien garni d'armes et de viandes à VII ans, fors seulement de vin. »

94. Guillaume de de Tyr, XX, c. 19 ; Historiens occidentaux des Croisades, t. I, p. 695.

95. Assises de Jérusalem, tome I, p. 420.

96. Baluze, Miscellanea, I, p. 231.

Sources : Paul Deschamps
Les Château Croisés en Terre Sainte - Le Crac des Chevaliers. Librairie Orientaliste Paul Geuthner Paris 1934

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