 | Edition Originale
Avant-Propos
L'action bienfaisante des Ordres religieux se manifeste de différentes façons, sous l'influence variée des pays, des circonstances et même des règlements intérieurs qui les régissent et du but qui les ont fait naître. Plus cette action est intense, plus nombreux et considérables sont les monuments qui nous en restent, attestant leur grandeur et excitant notre admiration.
A côté des Bénédictins de Marmoutier, de Saint-Père, de Josaphat, de Bonneval, de Coulombs et de Tiron, des Augustins de Saint-Jean en Vallée et de Saint-Cheron, à côté des Chanoines de Notre-Dame, les Templiers et avec eux les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, n'ont eu dans notre pays qu'un rôle bien secondaire.
Les documents qui attestent la vitalité d'une congrégation sont de deux sortes ; les uns littéraires, les chartes ; les autres lapidaires, les églises et autres monuments.
Or, si le Cartulaire ou la collection des chartes que nous avons publiées a cela de particulièrement intéressant qu'elles étaient ignorées de nos historiens chartrains, il faut avouer qu'elles sont relativement peu nombreuses et d'une portée historique purement locale, à une ou deux exceptions près.
Ces vieux titres ont eu l'avantage d'être transportés à Paris au chef-lieu du grand prieuré de France, quand, lors de la suppression des Templiers, leurs biens furent donnés à l'ordre de l'Hôpital de Saint-Jean. Ils ont traversé intacts la tourmente révolutionnaire et portent encore les cottes de l'archiviste de l'Ordre, avec les numéros de l'inventaire, sans lacune, pour ainsi dire. Mais par ce fait ils ont été soustraits aux investigations de nos historiens Chartrains, qui n'en soupçonnaient pas l'existence. De Souchet à Lépinois et L. Merlet, nul ne les a consultes. Mannier. en 1872, dans son livre : « Les Commanderies du grand Prieuré de France » en a résumé trop rapidement les-principales chartes, et de nos jours, M. la Ville-Le-Roulx publie les plus importantes au point de vue de l'Histoire dans son « Cartulaire général de l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem ». Nous avons transcrit avec soin toutes celles relatives au diocèse actuel de Chartres, et, grâce aux sommaires assez détaillés dont nous les avons fait précéder, le lecteur a, toute faite, dans ses grandes lignes, l'histoire de ces religieux dans ce même pays ; nous n'avons donc pas à la reprendre, sauf pour quelques détails particuliers. |