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Les Croisades, les possessions des Ordres Militaires en Orient

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Paul Deschamps, Royaume de Jérusalem → Suite

 

Préface
En dehors d'un historique général, le tome I de l'œuvre entreprise par M. Paul Deschamps sur les Châteaux des Croisés en Syrie, consistait eu une monographie très poussée du Crac des Chevaliers. L'importance de cette forteresse, son splendide état de conservation, les recherches accompagnées de fouilles qui renouvelaient le sujet, justifiaient l'ampleur de l'étude qui lui a été consacrée. Le tome II présente un dispositif tout différent ; il groupe les forteresses qui ont constitué le système défensif du royaume de Jérusalem proprement dit, c'est-à-dire de la Judée, de la Samarie, de la Galilée et de la côte phénicienne méridionale.

La première partie du volume retrace l'histoire du royaume de Jérusalem du point de vue de la défense, c'est-à-dire qu'il montre sous quelles nécessités les rois de Jérusalem s'empressèrent d'élever les forteresses constituant l'armature de l'occupation, avec appui sur la côte.

Quand on considère la hâte des Croisés à regagner l'Europe après la conquête de Jérusalem et le petit groupe de chevaliers et d'hommes d'armes qui restèrent autour de Godefroy de Bouillon, puis de Baudoin, on conçoit la préoccupation des chefs de suppléer au nombre des occupants par la construction d'un réseau de places fortes. D'autant plus que Baudoin se rendit rapidement compte qu'il ne pourrait maintenir le territoire côtier en paix que s'il le couvrait par des installations au-delà du Jourdain, où, d'ailleurs, se trouvaient des plaines fertiles.

La situation se stabilise jusqu'en 1187, date à laquelle les succès militaires de baladin mirent en péril l'existence même du royaume. Il devint évident que les forteresses franques ne pouvaient plus faire face aux moyens nouveaux mis en œuvre par les attaques musulmanes. On profita du rétablissement de la situation effectué par la troisième croisade pour développer l'architecture militaire. Dans une étude précise des diverses installations, M. Paul Deschamps suit ces remarquables perfectionnements dans le détail.
Son œuvre est le fruit de deux missions consacrées par l'auteur à l'étude des ruines que conserve encore l'ancien royaume de Jérusalem.

L'une a été effectuée en 1929 avec le concours de M. l'architecte F. Anus, la seconde en 1936, avec celui de M. l'architecte P. Coupel. Des plans plus précis que ceux qu'on possédait jusqu'ici ont été levés, des dégagements ont été menés à bien, les appareils exactement déterminés, Si bien que l'historique de ces forteresses se trouve entièrement renouvelé.

La grande place fortifiée de la Transjordanie méridionale, l'ancienne capitale du royaume de Moab, Kérak, passait pour avoir vu son enceinte médiévale complètement détruite lors de la conquête musulmane et pour avoir été ensuite entièrement reconstruite. M. Paul Deschamps a retrouvé de très importants vestiges de la construction entreprise en 1142 par Payen le Bouteiller, vassal du roi de Jérusalem, et utilisée par Renaud de Châtillon.

Subeibe, visité par Kitchener et Max van Berchem, était considéré comme une œuvre franque dans son ensemble. Tout au contraire, les restaurations musulmanes sont apparues comme très importantes. Ainsi les tours rondes de l'enceinte, qui alternent avec des saillants carrés, sont entièrement arabes.

Beaufort, qui commande la route de Damas à Sidon, a été l'objet de déblaiements importants grâce au concours de la main d'œuvre militaire. On a retrouvé l'entrée de la Basse-Cour et reconnu un étage inférieur du château. Les ouvrages francs et musulmans s'entremêlent, ce qui n'a pas lieu de surprendre puisque la forteresse fut occupée deux fois par les Francs et deux fois par les Musulmans.

L'auteur a identifié l'Ahamant des Templiers avec Amman, devenue la capitale de l'actuel Etat de Transjordanie. Il a retrouvé les grottes-forteresses d'el - Habis au-dessus du Yarmouk, au S. - E. du lac de Tibériade, et de la Cave de Tyron qui défendait dans le Liban l'approche du territoire de Saïda.

La collaboration de six escadrilles de l'aviation militaire a permis de retrouver l'emplacement exact, et souvent d'accès malaisé, de certaines forteresses que les textes ne permettaient de situer que très approximativement. Ainsi a été fixé Qasr el-Berdaouil, à l'est du lac de Tibériade. On jugera de l'importante contribution des aviateurs militaires par les photographies d'avion qui remplissent l'album de cet ouvrage et lui donnent tant d'attrait. Toutefois, l'utilité de l'aviation ne s'est pas limitée à la prospection des sites. Les photographies d'avion ont permis à M. Deschamps de définir les partis adoptés par les ingénieurs militaires pour aménager leurs défenses en fonction du terrain. Le relief si particulier de la région a été remarquablement utilisé à cet effet. On se rend compte, sur les vues aériennes, des points faibles de la position et les précautions prises pour y suppléer mettent en lumière la science des constructeurs francs. D'autre part, les vues verticales fournissent un plan singulièrement évocateur.

La partie graphique a fait dans cet ouvrage l'objet de soins spéciaux : les plans en couleur, qui constituent une lourde charge pour la publication, offrent d'incomparables facilités de lecture. Les cartes ont été longuement étudiées.

Ainsi chaque château est l'objet d'une publication qu'on peut estimer définitive et qui a permis, fait capital, d'établir avec précision les dates de construction. Sur cette base solide, et en grande partie nouvelle, un tableau historique a pu être tracé où sont apparues au premier plan l'habileté et la ténacité avec lesquelles les Croisés se sont attachés à cette terre lointaine. Elle leur a fourni l'occasion de satisfaire leur foi et leurs goûts d'épopée, tout en permettant de faire œuvre de civilisation.

Il faut féliciter M. Paul Deschamps, qui assume d'autre part une lourde charge avec le Musée des Monuments français, d'avoir réussi à mettre sur pied une œuvre qui, accomplie en tous ses éléments, fera honneur à l'érudition française.
RENE DUSSAUD, Membre de l'Institut.
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Avant-Propos
Le présent ouvrage, qui forme la 2e partie de mon étude sur les châteaux des Croisés au Levant, est le résultat de mes missions de 1929 et de 1936 faisant suite à celle de 1927-192S consacrée en majeure partie au Crac des Chevaliers.

J'ai effectué la mission du printemps 1929 en compagnie de M. l'architecte François Anus. Elle avait d'abord pour but de mettre au point les relevés du Crac des Chevaliers qu'il avait entrepris l'année précédente. J'ai pu publier ces magnifiques plans dans une première partie parue en 1934. Nous avons aussi, pendant cette mission, parcouru la Syrie, la Palestine et la Transjordanie. Nous avons notamment fait une enquête rapide aux châteaux de Beaufort et de Subeibe et, en Palestine, à Chastel-Pèlerin. De Jérusalem, nous avons gagné Amman, capitale de l'Etat de Transjordanie, puis Kérak, où nous avons séjourné deux semaines sous le toit hospitalier de M. l'abbé Apodia, curé de la mission latine de Transjordanie. Il n'existait de cette forteresse que le plan très sommaire levé en 1864 par Mauss lors du voyage du Duc de Luynes. M. Anus l'a entièrement repris et amélioré et y a ajouté l'étage souterrain. Il faisait alors une chaleur torride et le délai dont nous disposions était beaucoup trop restreint. C'est grâce à un travail acharné et avec la belle ténacité dont il m'a donné tant de preuves que M. Anus put achever ce travail pénible accompli tantôt sous l'ardeur du soleil, tantôt dans des salles sans air où, à chaque pas, on soulevait des nuages de poussière. Une partie de ses nuits était employée à mettre au point le travail de chaque journée.

Les plans de Kérak exposent de la façon la plus nette l'œuvre des Croisés dont on ignorait qu'il restât la moindre trace et les importantes transformations effectuées par les architectes musulmans.

Le 16 novembre 1933, à la suite d'un accord avec l'Etat de Lattaquié, le Crac des Chevaliers devint propriété de la France. L'année suivante, le Service des Monuments historiques affectait aux restaurations urgentes et à la mise en valeur de ce magnifique témoin de l'épopée française en Orient un crédit important et M. Henri Seyrig, Directeur du Service des Antiquités de Syrie, désignait M. Pierre Coupel, architecte de ce service, pour diriger les travaux. Celui-ci était assisté de M. André Quétard, maître appareilleur. Pendant deux ans, un chantier où travaillaient environ cent vingt ouvriers fut en activité. Les indigènes qui habitaient le château au nombre de cinq cent trente furent expropriés. Les maisons modernes qui avaient été construites un peu partout, sur les chemins de ronde, sur les tours et entre les enceintes, furent entièrement démolies. En un mot, la forteresse fut rendue à son état primitif, sans toutefois qu'on y rajoutât les éléments détruits tels que les crénelages. On se contenta de consolider les murailles et les voûtes qui menaçaient ruine et d'établir des chapes protectrices sur les terrasses pour éviter les infiltrations d'eau.

On comprendra le désir que j'avais en retournant en Syrie au printemps de 1936 de revoir transformée cette forteresse que j'avais vue plusieurs années auparavant si misérable avec certaines de ses salles entièrement comblées de fumier, ses constructions adventices et sa population grouillante vivant pêle-mêle avec de nombreux animaux. Je pus donc contempler, en particulier entre les deux enceintes, de belles perspectives architecturales que je n'avais pu que deviner puisqu'alors de nombreuses bâtisses y étaient accolées.

Ainsi s'achevait une entreprise commencée neuf ans auparavant sur l'initiative de M. René Dussaud et qui aura pour résultat d'assurer, sous la tutelle de la France, la sauvegarde d'un des plus beaux monuments militaires français du moyen âge.

Tout en retournant de temps en temps surveiller les travaux du Crac, M. Pierre Coupel m'accompagna dans mes pérégrinations. Outre Kérak déjà étudié, il s'agissait de dresser les plans détaillés de deux grands châteaux de montagne de la Syrie méridionale, Subeibe au sud de l'Hermon et Beaufort au sud du Liban.

Reçus à Merdjayoun par le Chef de Bataillon Georges Bigeard, commandant le 1er Bataillon de Chasseurs libanais, qui nous offrit dans sa propre maison la plus généreuse hospitalité, nous avons pu étudier dans les conditions les plus favorables ces deux forteresses. Le Général Huntziger, Commandant supérieur des Troupes du Levant, voulue bien autoriser des travaux de fouilles et de déblaiements qui furent commencés en ma présence, puis continués après mon retour en France, par soixante-quinze soldats du 1er Bataillon de chasseurs libanais sous la direction du Commandant Bigeard.
Ces travaux ont amené des résultats forts intéressants dont il sera question dans l'ouvrage.

Rey avait, en 1859, dressé un plan sommaire de Beaufort. On admirera les plans beaucoup plus développés de M. Coupel où apparaissent les étages mis au jour par les déblaiements de 1936. Le Plan 6 expose clairement le chemin qui menait par plusieurs entrées successives au cœur de la Place. La coupe, remarquablement exécutée, aide aussi à comprendre ce curieux dédale qu'on suivait tantôt dans des souterrains, tantôt à ciel ouvert.
De Merdjayoun, nous avons également visité les ruines du Toron et de Châteauneuf et le site de Saphet en Galilée.

La citadelle d'Hasbeya, située vers l'extrémité sud de la grande vallée de la Beqaa au flanc de l'Anti-Liban, passait pour avoir été occupée par les Croisés et cette tradition était encore en vigueur dans la famille des émirs Chéhab qui l'habite depuis le moyen âge. Bien qu'aucune chronique franque ou arabe ne fît mention de ce fait, la position même d'Hasbeya rendait raisonnable l'hypothèse que les Croisés s'y fussent fortifiés.

L'émir Chéhab, ancien élève de l'Ecole du Louvre et conservateur du Musée national de Beyrouth, me conduisit chez ses cousins propriétaires d'Hasbeya. J'ai été très aimablement accueilli dans cette citadelle médiévale où est aménagée une fort agréable résidence syrienne. J'ai examiné soigneusement la construction qui est entièrement musulmane et je n'y ai trouvé aucune pierre qui révélât la trace du travail des Francs. Il faut donc corriger l'indication d'une forteresse des Croises que j'avais cru pouvoir faire figurer sur ma carte de la Syrie franque jointe à mon premier ouvrage paru en 1934.

De Saïda, le Commandant Pechkoff m'a conduit au fort de Belhacem coiffant le sommet d'un rocher circulaire qu'enserre presque entièrement une boucle du Nahr al Aouali.

Ayant repéré en 1932 la position de la grotte-forteresse d'el Habis au sud-est du lac de Tibériade, j'ai demandé à M. G. Horsfield, Directeur du Service des Antiquités de Transjordanie, de vouloir bien explorer cette grotte, ce qu'il a fait très obligeamment en août 1933.

Le temps m'a fait défaut pour aller voir la Cave de Tyron, située dans le Liban, h l'est de Saïda. Le Commandant Bigeard a bien voulu entreprendre en décembre 1936 cette expédition dont on trouvera le résultat dans ce livre.

Les autres châteaux de Syrie, que j'ai étudiés soit en 1929 avec M. Anus, soit en 1936 avec M. Coupel, feront l'objet de la 3e partie de mon étude consacrée à la défense du Comté de Tripoli et de la Principauté d'Antioche.

* * *

Une étude monumentale et historique des châteaux subsistants alors qu'un plus grand nombre a disparu n'aurait pu suffire, puisque tous ces châteaux formaient à travers le royaume de Jérusalem un réseau stratégique qui les mettait en liaison les uns avec les autres et leur permettait de se soutenir mutuellement, tout en protégeant les villes du littoral.

C'est ainsi que j'ai été amené à étudier toute l'ordonnance défensive du royaume. Cette ordonnance s'est constituée en fonction de la géographie du pays, de son système orographique et hydrographique.

La carte du royaume de Jérusalem jointe à l'Album éclairera cette étude en montrant l'ampleur des mesures de sécurité prises dans toute l'étendue du territoire non seulement pour défendre les frontières, mats aussi pour surveiller les passages à l'intérieur du pays, et rendre sans danger l'accès des Lieux-Saints.

Une question importante qui doit être abordée dans l'examen d'une forteresse est celle du terrain qu'elle occupe alors que cette question n'intervient qu'exceptionnellement dans l'étude d'un monument religieux ou civil.

Si dans les châteaux de plaine un plan régulier a été adopté, il n'en est pas de même dans les grands châteaux de montagne où l'enceinte épouse les mouvements capricieux du terrain.

Le relief du sol constitue souvent la force principale de la position stratégique. Le tracé du plan et les aménagements de la construction dépendront de l'emplacement choisi pour y dresser une forteresse. Nulle doctrine formelle n'apparaît donc, et l'ingénieur adaptera à l'assiette du terrain un plan toujours différent des autres.

Ainsi Beaufort allonge ses murailles sur la ligne de crête du Liban au-dessus du Litani. On l'a isolé au nord et au sud par deux profondes tranchées taillées dans le roc. A l'est, dominant les pentes rapides qui descendent vers le fleuve, une double enceinte s'étage sur deux paliers. A l'ouest, c'est le plateau qui n'offre pas de défense naturelle. Aussi a-t-on de ce côté creusé un profond fossé et construit de fortes murailles avec talus. Au milieu du front se dresse le principal ouvrage de la forteresse, le Donjon.

Ailleurs, à Subeibe, l'enceinte enferme la Place dans un espace étroit et allongé. Le Donjon, situé à l'une des extrémités, au point le plus élevé, sert de dernier refuge ; il fallait avoir pris de vive force les autres ouvrages et avoir occupé toute la Place pour pouvoir attaquer cette dernière redoute. Cependant, comme à Margat et comme à Kérak, ce fort Donjon s'oppose à une éminence voisine qui domine la forteresse. Il est bien possible que de là les machines de guerre de l'ennemi auraient pu démolir un ouvrage moins puissant.

Des photographies prises à terre ne peuvent donner l'idée du relief tourmenté que couvrent ces forteresses de montagne. Les photographies aériennes sont donc ici d'un grand secours. L'aviation militaire du Levant m'a apporté une aide extrêmement utile.

Il ne s'agissait pas seulement de présenter sous un aspect nouveau des châteaux déjà connus dont la vue aérienne permettrait d'en apprécier davantage le caractère monumental et la puissance défensive ; il fallait aussi rechercher, dans des régions montagneuses ou difficilement accessibles, des forts dont on ignorait le site et déceler, grâce à la prise de vue aérienne, des fondations dont le cavalier ou le piéton n'eût pas retrouvé la trace au milieu de la végétation.

Les enquêtes antérieures du R. P. Poidebard pour retrouver dans le désert de Syrie les traces du Limes romain avaient permis aux photographes de la 39e demi-Brigade aérienne du Levant d'acquérir une grande expérience dans les recherches archéologiques.

M. Georges Huisman, Directeur général des Beaux-Arts, voulut bien en 1934 appeler l'attention du Commandant de l'Air du Levant sur les informations précieuses que les photographies aériennes pourraient me fournir pour mon étude sur les fortifications des Croisés.
Je dois remercier très vivement les colonels Brûlé et de l'Hermite de l'accueil favorable qu'ils ont fait à cette requête.

Grâce au concours éclairé et dévoué du Capitaine C. Petit, chef du service photographique, qui a dirigé la prospection, tout le programme que j'avais tracé a été amplement réalisé. Plus de mille heures de vol ont été effectuées pour cet objet et plusieurs centaines de photographies ont été prises. Le Capitaine C. Petit n'a pas hésité à faire recommencer plusieurs fois les mêmes prises de vues quand les photographies ne lui donnaient pas entière satisfaction.

Les résultats obtenus ont été fort importants. Un certain nombre de photographies d'avion figurent dans l'album de cette deuxième partie. D'autres illustreront la troisième partie.

On n'a pas jugé inutile de donner parfois plusieurs vues d'avion du même monument. La photographie verticale (voir surtout Pl. XXXVI, Subeibe), montre nettement le Plan de la forteresse et peut, grâce à la photogrammétrie, faciliter grandement le travail de l'architecte dans l'exécution de son relevé. Les photographies obliques font apparaître les aspects divers de chaque front ; ainsi est-il aisé de reconnaître le point où l'attaque était possible et d'observer les mesures de défense adoptées pour résister à l'assaut éventuel.

* * *

J'ai eu recours, pour cette deuxième partie de mon étude, aux publications mentionnées dans la Bibliographie du précédent volume paru en 1934, en particulier à la Topographie de la Syrie antique et médiévale (1927) de M. René Dussaud, toujours très précise, grâce à laquelle j'ai pu suivre, depuis une haute antiquité, l'évolution de l'habitat en Syrie et reconnaître que, dans l'Orient immuable, les mêmes voies ont toujours été suivies et que presque toujours les mêmes lieux ont vu s'élever successivement des ouvrages fortifiés.

J'ai eu aussi à consulter des ouvrages parus récemment, à commencer par l'excellente Histoire des Croisades et du royaume franc de Jérusalem (Paris, Pion, 3 vol., 1934-1936) de M. René Grousset, qui comporte non seulement un historique fort exact dans sa chronologie mais des considérations aux larges vues sur la politique des souverains francs et celle de leurs adversaires.

La Géographie de la Palestine (Paris, Gabalda, 2 volumes, 1933 et 1938) du R. P. Abel et le Guide Bleu de Syrie et de Palestine (Paris, Hachette, 1932), dont les remarquables informations archéologiques sur l'époque des Croisades sont dues pour la plupart au R. P. Abel, m'ont été aussi d'un grand secours. Enfin la belle carte anglaise de la Palestine au temps des Croisades m'a fourni d'utiles indications : Palestine of the Crusades, publié sous la direction de F. J. Salmon, avec la collaboration du Department of Antiquités et du Père F. M. Abel. (Survey of Palestine, Jaffa, 1937).

Je tiens à exprimer ma vive gratitude à M. Henri Scyrig, Directeur du Service des Antiquités de Syrie, et à ses collaborateurs MM. Maurice Dunand et D. Schlumberger pour l'aide généreuse qu'ils m'ont apportée en maintes circonstances.

J'acquitte un agréable devoir en remerciant les personnalités scientifiques et les représentants de hautes administrations qui, me faisant confiance, ont permis l'accomplissement de mes missions et la publication du présent ouvrage auquel M. Georges Ort-Geuthner a donné tous ses soins. L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le Haut-Commissariat de la République française en Syrie et au Liban, la Direction Générale des Beaux-Arts, la Direction des Musées nationaux, la Société française des Fouilles archéologiques ont consenti les crédits nécessaires à cette réalisation.
Sources: PAUL DESCHAMPS. Les Châteaux des Croisés en Terre-Sainte, volume II, La défense du Royaume de Jérusalem. Paris Librairie Orientaliste Paul Geuthner 1939.

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