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L'Art militaire et les armées au moyen age, en Europe et dans le proche Orient
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La première Croisade (1095-1100)

Que la croisade soit due à une inspiration du pape Urbain II et n'ait jamais été envisagée sérieusement par personne avant lui, c'est un lait qu'on peut considérer aujourd'hui comme acquis (1).

Même le concile de Clermont ne fut nullement réuni dans ce but, mais en vue de la réforme générale de l'Église, plus particulièrement en France. Le concile s'ouvrit le 18 novembre 1095, et ce fut seulement le 27 de ce mois que le pape prêcha la croisade. Il n'est même pas très sûr que son appel ait été lancé dans le concile proprement dit, car si l'on a pu restituer 33 canons dont un seul parle de croisade, celui-ci même ne figure pas dans les canons du concile subséquent de Rouen qui reproduit ceux de Clermont (2).
Chalandon, page 33.

Quoi qu'il en soit, si Urbain II émut l'assistance, cette assistance était beaucoup moins nombreuse qu'on n'a supposé, et les grands personnages qui conduisirent ensuite les croisés n'y assistaient pas.
Il fallut pour les ébranler des appels et, encore plus, d'incessants voyages du Souverain pontife à travers la France, puis dans l'Italie du Nord, de décembre 1095 à l'automne de 1096.
Les préparatifs d'une expédition aussi extraordinaire devaient être nécessairement fort longs et l'on décida de ne se mettre en mouvement qu'en août de l'année suivante (3).
L'enthousiasme des petites gens devança le départ des hauts barons de France et de Lotharingie. Le prédicateur le plus populaire de la croisade fut le moine ou ermite Pierre.
Il prêcha depuis le Berry jusqu'en Beauvaisis et Champagne et peut-être jusqu'en pays germanique, recrutant même quelques chevaliers de petite noblesse, dont le plus connu est Gautier, au surnom significatif de « Sans Avoir »
C'est de Cologne que Pierre partit, le 12 avril 1096, à la tête d'une bande qu'on évalue à 15.000 hommes (4).

Bien accueillie par le roi de Hongrie, du moins au début, la bande eut à soutenir des conflits dû à son indiscipline et à son besoin de pillage, quand, ayant franchi la Save, elle pénétra sur le territoire de l'Empire d'Orient. Cependant, quand elle arriva sous Constantinople, l'empereur Alexis Comnène lui montra des dispositions amicales (1er août). Une semaine après, redoutant un coup de mains sur la capitale, il faisait passer sur la rive asiatique ces dangereux pèlerins (5).

Sous Constantinople Pierre avait retrouvé, arrivés avant lui, Gautier Sans-Avoir, qui avait tranquillement traversé la Hongrie avec une poignée d'hommes (dont seulement huit chevaliers), et des Italiens, venus par une autre voie. Les trois bandes réunies commirent mille excès. Après un léger succès elles furent écrasées par les Turcs sous Nicée. Le reste se réfugia, au nombre de 3.000, dans la place de Civetot d'où l'empereur les tira pour les ramener sur la rive européenne. Ces misérables débris attendirent l'armée des barons.
La croisade populaire allemande n'eut pas un meilleur succès (6).

Une première bande forte, dit-on, de 12.000 pèlerins, commandée par un certain Folkmar, massacra les Juifs en Bohême, en mai, commit des excès en Hongrie et y fut massacrée jusqu'au dernier homme. Une deuxième, forte de 15.000 hommes, dirigée par un prêtre décrié, Gottschalk, agit de même en Hongrie et fut écrasée par le roi de Hongrie, Coloman. Gottschalk abandonna (été de 1096). Au printemps de 1096 une troisième bande se dirigea sur Constantinople. Elle était menée par Emich, comte de Leisingen, véritable brigand ne vivant que de rapines. Elle se distingua par un pogrom sur les Juifs des villes rhénanes, en dépit des efforts des évêques pour empêcher ces violences. Elle comprenait des seigneurs allemands et fut rejointe par des Français du Nord, Dreux de Nesles, Clairambaud de Vendeuil, Thomas de la Fère, Guillaume de Melun, etc. Elle traversa le Danube, assiégea Wieselburg, puis fut prise d'une panique. Les Hongrois les exterminèrent. Seuls échappèrent Emich et les barons français. Ceux-ci réussirent à gagner la Terre Sainte, peut-être par l'Italie. Emich abandonna la partie (août 1096).

La véritable armée, celle des hauts barons, qui s'était mise en route en août, arriva sous les murs de Constantinople le 23 décembre, sans trop d'incidents graves au cours de sa route par la vallée du Danube (7). Elle était formée de Lotharingiens sous la conduite de Godefroy de Bouillon. Fils du comte de Boulogne, Eustache II, donc du royaume de France, il avait acquis la seigneurie de Bouillon, située sur terre d'Empire. Fils puîné, sa fortune était à chercher dans l'Empire. Henri IV l'avait élevé à la haute dignité de duc de Basse-Lorraine, région comprenant Brabant, Hainaut, Liège, Namur, Luxembourg. La majorité des vassaux du duc se trouva ainsi être de langue romane (dialectes picard et wallon), de telle sorte que, bien que composée en très grande partie de sujets de l'Empire, l'armée dirigée par Godefroy de Bouillon fut considérée comme une armée, sinon française, du moins « franque » et non germanique.

Godefroy avait été précédé par Hugues, comte de Vermandois, frère du roi de France, Philippe Ier, qui prit par l'Italie, peu accompagné. Dans la traversée de Bari à Durazzo une tempête détruisit la majeure partie des navires. Hugues parvint presque seul à Constantinople (8).

Il y fut rejoint par un grand personnage que l'empereur Alexis Comnène jugea fort indésirable, Bohémond, prince de Tarente, qui ne cessait d'inquiéter l'Empire. Le rusé Normand s'était croisé dans l'espoir de retirer un profit personnel de l'expédition, ce qui ne manqua pas d'arriver. Il embarqua dans le Sud de l'Italie, avec son frère Tancrède, débarqua à Valona et s'achemina lentement vers Constantinople à travers la péninsule des Balkans, bataillant parfois avec les troupes byzantines ; puis, précédant son armée, il se rendit dans la capitale où il eut une entrevue avec l'empereur, à l'insu de Godefroy de Bouillon (août 1097) (9).

Une autre armée comprenant les croisés du Centre et du Midi de la France, se mit en marche en octobre 1096, sous la conduite de l'évêque du Puy, Adhémar de Monteil, que le pape avait désigné comme chef de l'expédition (10), et du puissant comte de Toulouse et marquis de Provence, Raimond de Saint-Gilles, lequel revendiquait le même honneur (11). Auvergnats, Languedociens, Provençaux passèrent par l'Italie. Le gros de l'armée, au lieu d'embarquer, prit au Nord par l'Istrie et la Croatie et endura de grandes souffrances au cours de l'hiver par suite de l'hostilité des sauvages populations slaves de ces régions. Ensuite, elle suivit la voie antique reliant l'Albanie à Salonique et Constantinople. Raimond, lui aussi, précéda ses troupes à Constantinople, ce qui permit aux Byzantins d'infliger, après son départ, une sévère leçon aux Provençaux.

La dernière armée fut celle de Robert Courte-Heuse, duc de Normandie, et de son beau-frère, Étienne, comte de Blois et de Chartres. Robert II, comte de Flandre, se joignit à eux. Partis en octobre, ils prirent par l'Italie. A Lucques ils eurent avec Urbain II une entrevue qui fortifia leur résolution. Par Rome, Capoue, Bénévent, ils gagnèrent Bari, comptant passer l'Adriatique. Mais en hiver la navigation, comme dans l'Antiquité, s'arrêtait. Les Croisés durent hiverner en 1096-1097, sauf le comte de Flandre, qui obtint des navires de son parent Robert, duc de Pouille (décembre) (12).

Le séjour prolongé du duc de Normandie et du comte de Blois découragea nombre de croisés de petites ressources qui rentrèrent en France. Au moment d'embarquer, sans doute à Brindisi, le 5 avril 1097, un naufrage fit périr 400 personnes. Effrayés, nombre de pèlerins abandonnèrent. L'armée de Roberfc-Courte-Heuse et d'Étienne débarqua près de Durazzo, après trois jours de traversée, notablement diminuée. Elle prit l'antique Via Egnatia, traversant la péninsule balkanique. A la fin de mai elle était sous Constantinople (13).

La grande affaire dont le règlement occupa les quatre premiers mois de 1097 fut celle des rapports des Croisés avec l'Empire d'Orient.
L'Empire avait perdu l'Asie mineure, enlevée par les Turcs Seldjoukides, depuis trente ans. Si les Francs en opéraient la conquête, et celle de la Syrie, qu'en feraient-ils ? Alexis les réclamait pour l'Empire, en promettant de belles récompenses aux vainqueurs.
Mais la papauté considérait que les terres enlevées aux Infidèles lui revenaient de droit. Adhémar de Monteil, évêque du Puy et légat pontifical, partageait cette théorie, fondée sur une interprétation de la Donation de Constantin, fabriquée à Rome vers le milieu du VIIIe siècle. Adhémar était, aux yeux du pape, chef de la Croisade, et on peut le soupçonner d'avoir été l'inspirateur de Godefroy de Bouillon qui, pendant de longs mois, se refusa obstinément à faire hommage et à jurer fidélité à l'empereur et n'y consentit qu'à la dernière extrémité, à l'exemple des autres barons, Hugues de Vermandois, Étienne de Blois, Robert de Normandie, Robert de Flandre, Bohémond à qui un serment coûtait peu (14).
Raimond s'en tira par l'engagement de non-préjudice (15) qui remplaçait l'hommage en Languedoc. Seul, Tancrède, évitant Constantinople, passa directement en Asie, ce qui lui permit d'esquiver toute négociation.

Quand les hauts barons eurent pris à son égard des engagements formels, Alexis dont la politique, au cours de ces mois, apparaît comme un chef-d'œuvre d'habileté, de sang-froid, de modération (16), les combla de présents et de promesses. Lui-même se croisa pour calmer les derniers scrupules des Francs, et leur adjoignit une petite troupe byzantine pour manifester, comme symboliquement, sa participation à la sainte entreprise.

A la fin d'avril le gros des troupes des Francs commença à être transporté sur la côte d'Asie et à opérer sa concentration. Dès le 6 mai l'armée se dirigeait sur la célèbre ville de Nicée, tombée aux mains des Turcs. Nous ne la suivrons pas dans sa douloureuse épopée qui aboutit à la prise de Jérusalem, le 15 juillet 1099. Notre tâche n'est pas de faire le résumé de l'histoire des croisades. Nous ne jugeons même pas utile de raconter une à une les batailles que les Croisés eurent à livrer avant leurs conquêtes : la chose a été faite à maintes reprises. Il importe beaucoup plus de connaître ce que l'on peut tirer de ces récits pour l'histoire de l'art militaire.
Mais, avant de céder la parole à ceux qui ont étudié cette question, il n'est pas inutile de tenter de se représenter le nombre approximatif des Croisés.
On a déjà vu que le chiffre de chacune des bandes, françaises et allemandes, de la croisade dite populaire ne dépassait pas 12 à 15.000 hommes, selon des estimations naturellement exagérées.

Pour les seules forces de l'armée de Godefroy de Bouillon nous avons l'évaluation de la fille même de l'empereur Alexis, Anne Comnène : 10.000 chevaliers, 70.000 fantassins (17). « Trouvant ce chiffre inacceptable, certains historiens, comme Hagen Meyer et Rohricht le réduisent de plus de moitié pour les fantassins. Il est plus simple de dire que nous n'avons aucun moyen d'évaluer ces forces » (18). Cette sage remarque, Chalandon l'oublie plus loin.

Parlant de la concentration des Croisés devant Antioche, le 23 octobre, il écrit : « Raimond d'Agiles nous donne le chiffre, peut-être un peu exagéré (sic), de 300.000 hommes » avec cette restriction dérisoire : « il est vrai que dans ce chiffre il a peut-être compris les non-combattants » (19).

Évidemment Chalandon, pas plus que les autres historiens, n'ont la moindre idée de ce qu'exige d'approvisionnements une armée de ce nombre. Il oublie que certains chefs, tel Hugues de Vermandois, n'ont amené presque personne avec eux, que quantité de pèlerins ont abandonné en cours de route, que pendant la traversée des pays balkaniques et, bien plus encore pendant l'expédition au travers de l'Asie mineure, les pertes en tués, blessés, écloppés, malades ont été considérables.
Enfin, on ne s'explique pas comment aux batailles du lac d'Antioche, d'Antioche, d'Ascalon, etc., le chiffre des chevaliers engagés va seulement de 500 à 1.200 au plus, celui des piétons n'étant évalué qu'à 9.000 au maximum (20).
Comment une armée de 300.000 hommes aurait-elle été réduite à 10.000 environ ?
Chaque fois que, pour un détail, les chroniqueurs nous donnent un chiffre, il suggère un total modeste. C'est ainsi que le nombre des barons normands et italiens qui prennent la croix avec Bohémond est évalué à environ 500 (21). La portion, la moindre, admettons-le, de l'armée de Raimond qui prend par l'Italie du Sud et non du Nord, est de 1.500 hommes (22). Pour aller prendre possession d'Edesse il suffit à Baudouin, frère de Godefroy de Bouillon, de 80 hommes (23).
Raimond, croyant à tort Antioche abandonnée par sa garnison turque, dépêche à la hâte pour s'en emparer 500 chevaliers (24). Simple avant-garde. Soit ! Mais pas l'avant garde d'une bien grosse armée.
Et puis qui donc parmi les historiens des croisades s'est demandé de quels effectifs pouvaient disposer les grands barons, même dans leurs propres domaines ? Le plus puissant, le plus riche de tous, le duc de Normandie disposait de moins de 600 chevaliers (25).
En admettant que le comte de Blois et Chartres, le comte de Toulouse en eussent autant, — ce qui n'était pas (26) —, le total monterait seulement à 2.400 chevaliers, qui, ajoutés aux 500 de Bohémond, ferait 2.900. C'est un maximum, car nul d'entre eux n'a pu se risquer à emmener avec lui l'ensemble de sa chevalerie.
Enfin il y a la question d'argent. Les chefs d'État, l'empereur Henri IV, le roi de France Philippe Ier, le roi d'Angleterre, n'ont participé ni en hommes ni en argent aux frais de l'expédition.
Quant aux rois d'Espagne (Aragon, Castille, Léon, Navarre) ils avaient fort à faire avec les Almoravides venus du Maghreb, du Maroc, qui constituaient alors un terrible danger. Les grands durent faire appel aux ressources de leurs seules principautés.
Robert Courte-Heuse engagea la Normandie, moyennant 10.000 marcs, à son frère Henri d'Angleterre (27).
Godefroy de Bouillon vendit ses domaines de Mouzon et Stenay à l'église de Reims ; il engagea Bouillon à l'évêque de Liège (28).
Les moindres seigneurs s'endettèrent ou vendirent leurs terres aux évêchés, aux monastères voisins.
Loin de participer aux frais de la première croisade, l'Église, en Occident, profita de l'occasion pour arrondir ses domaines (29).
Dans ces conditions, faute de « l'aide de croisade », qui ne s'organisera que plus tard, les sommes ainsi recueillies furent, à coup sûr, très maigres. Elles ne purent suffire à lever et entretenir des forces nombreuses, et pas davantage à constituer de grands approvisionnements, ce qui explique le pillage des Croisés tout le long de leur longue route jusqu'à Constantinople.

Tactique des armées chrétiennes

Notes
1. Chalandon, Ferdinand. Histoire de la Première Croisade jusqu'à l'élection de Godefroi de Bouillon page 9-19. Paris 1925.
2. Chalandon, p. 33. Google.
3. La biographie de ce personnage a été débarrassée des légendes qui L'altéraient par Hagen Meyer, Peter der Eremit (1879), traduit en français, sans les notes, par Furcy-Rainaud, Le vrai et le faux sur Pierre l'Ermite (Paris, 1883).
4. Chalandon, p. 59.
6. Id., p. 78.
— Grousset René. Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem, en 3 tomes, tome I, page 7-8. Librairie. Ouvrages épuisés.
6. Sur cette croisade Chalandon, p. 90-110.
7. Chalandon, p. 112 et suivantes
— Grousset, page 11-14.
8. Chalandon, p. 116.
9. Chalandon, p. 131-137.
10. Chalandon, p. 137-145.
11. Dès décembre 1095, alors qu'il avait été trouver Urbain II, qui prolongeait son séjour à Clermont. Raimond s'attribua par la suite cette dignité que ses pairs lui avaient refusée. Dans un acte de 1103 il ose s'intituler chef, avec l'aide de Dieu, de la chevalerie chrétienne dans l'expédition de Jérusalem (ib., p. 40).
12. Id., p. 145-148.
13. Une dernière bande ne rejoignit les Croisés que tardivement ; en juin 1097, elle aborda à Tarse, en Cilicie, où s'était installé Baudouin. Elle était montée sur une flotte venue de la mer du Nord et comprenait des Danois et des Frisons. Sur les exploits de cette bande, voir Riant, Expéditions et pèlerinages des Scandinaves en Terre Sainte (Paris, 1865).
14. Chalandon, p. 147-148.
15. Il suffit pour s'en persuader de se reporter aux actes de ce genre qu'on rencontre dans les pièces justificatives de l'Histoire de Languedoc, éditions Privât, tome V, VII, etc.
16. Chalandon lui rend pleine justice et dans son livre sur la première croisade et dans son Essai sur le règne d'Alexis Ier Comnène (Paris, 1900).
17. Alexiade, I, 10, c. 9.
18. Op. cité., p. 112.
19. Id., p. 182.
20. Ainsi qu'on va voir plus loin, p. 135.
21. Chalandon, p. 133.
22. Id., p. 138-139.
23. Id., p. 175.
24. Id., p. 179.
25. Cf. chapitre vi, p. 219, 237.
26. Pour la Flandre il y a doute. En effet, dans le traité conclu avec Henri Ier d'Angleterre, le 10 mars 1103, le comte de Flandre, Robert le Frison, s'engage, à lui amener 1.000 équités, chacun pourvu de trois chevaux, en Angleterre ou en Normandie, ou 500 dans le Maine ; il prévoit même le cas où ces effectifs pourraient être dépassés. Le traité ne semble pas avoir été exécuté. Dans un nouveau traité, du 17 mai 1110, les effectifs sont réduits de moitié : 500 pour l'Angleterre et la Normandie, 250 pour le Maine. Voir ces traités dans Actes des comtes de Flandre, publiés par F. Vercauteren, n° 30 et 41. Cf. Mme L. Vercauteren-Desmaret, Etudes sur les rapports politiques de l'Angleterre et de la France sous le règne du comte Robert II (dans Eludes d'histoire dédiées à la mémoire de Henri Pirenne, 1937). Mon ami F. L. Ganshof, de l'Université de Gand, veut bien, à ce sujet, m'apprendre qu'en Flandre, il y a des indices que la cavalerie du comte n'était pas composée seulement de ses vassaux, mais de ceux qui étaient en état de servir à cheval. Néanmoins, le contraste entre ces traités avec le roi d'Angleterre et le contingent dû légalement par le comte au roi de France, son seigneur, lequel est de 20 ou même de 10 chevaliers, est tellement stupéfiant qu'on est en droit de se demander si le comte de Flandre, se rendait compte de ses forces réelles. Par la suite nul prince entré au service d'un souverain étranger ne leur amènera pareil nombre de chevaliers. Si le traité de 1103 n'a pas été exécuté, c'est qu'il n'était sans doute pas exécutable.
27. Id., p. 148.
28. Id., p. 112.
29. Chalandon a eu le mérite de s'en assurer en consultant des pièces de cartulaires de l'époque.

Sources : Lot, Ferdinand. L'art militaire et les armées au Moyen-Age en Europe et dans le Proche Orient. Tome 1 (La première Croisade). Paris 1947. BNF

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