Commanderie de Montferrand (Puy-de-Dôme)
1. Chef. MontferrandDépartement: Puy-de-Dôme, Arrondissement et Canton: Clermont-Ferrand - 63
Commanderie des Chevaliers de Saint-Jean
« Revenu 2000 livres »
Montferrand, commanderie hors la ville, au sud, sur un monticule, fondée vers 1190, par les libéralités du dauphin dAuvergne et de quelques notables. La chapelle ne fut élevée quen 1280 par Chatard de Bullion, Grand-Prieur dAuvergne ; elle renfermait les tombeaux de plusieurs chevaliers, avec inscriptions et tomba de vétusté au XVIIe siècle. Ses membres étaient Culhat, la Fouillouze et la Ronsiére. En 1312, on y annexa les biens possédés, à Montferrand, par les Templiers. Leur Temple avait été fondé vers 1190 (note de M. Ambroise Tardieu).
Dans la ville de Montferrand, résidence des comtes dAuvergne, se trouvait la plus importante maison du Temple du diocèse de Clermont. Cette préceptorie fut choisie comme chef-lieu de la province dAuvergne. Selon M. Ambroise Tardieu, le Temple de Montferrand fut fondé à la fin du XIIe siècle. Il nexistait pas en 1166, date à laquelle Guillaume VII, comte dAuvergne, dote labbaye de La Chaise-Dieu et sengage envers elle « à ne permettre létablissement daucun couvent à Montferrand, si ce nest celui des Bénédictins du Moûtier. » M. Ambroise Tardieu signale en outre que les templiers reçurent une donation de dix sous de la « comtesse de Montferrand », par son testament de 1199. Je nai pu retrouver le texte sur lequel il sappuie, mais ces éléments laissent supposer que lordre du Temple simplanta à Montferrand dans les années 1190.
Les Templiers de Montferrand, par L. dAgostino
La première trace tangible de la présence de templiers à Montferrand est contenue dans cet inventaire: en décembre 1213, le monastère de Saint-Pierre de Beaumont donne une terre à la maison du Temple de Montferrand. En mai 1263, cest le monastère de Saint-Alyre de Clermont qui fait un don au Temple. Les donations affluent de toutes parts: évêques, bourgeois et chevaliers participent à la constitution des domaines du Temple. Le précepteur de Montferrand passe également de nombreux actes déchange et dachat, qui contribuent à agrandir et à consolider le temporel de sa maison.
Ainsi, en novembre 1253, Humbert de Beaujeu, seigneur de Montpensier et de Montferrand, ratifie lachat par les templiers de plusieurs maisons sises à Montferrand à des bourgeois de la ville.
Linventaire du Temple est peu disert au sujet des biens sur lesquels portent les actes.
La plupart concernent des terres, des vignes, des pâturages, des jardins, et des cens et rentes. En plusieurs endroits, les templiers reçoivent des maisons et quelques terres.
Lévêque leur donna la maison et le village de Chanpine.
En 1287, une maison située à Aigueperse leur est donnée.
Cette donation, ainsi que plusieurs acquisitions reçoivent une confirmation en 1293, puis en 1295.
Le seigneur de Montferrand avait offert cent sous de rente au preceptor domus militie Templi Montisferrandi. Dautre part, celui-ci avait acquis des maisons à Montferrand, une viguerie (vigeria), un manse et diverses rentes à Montferrand et à Aigueperse. Ainsi sest constitué le temporel du Temple de Montferrand au cours du XIIIe siècle, au gré des donations et des acquisitions.
Plusieurs hypothèses sont dès lors possibles
— la commanderie du Temple fut fondée avant lextension de la muraille sur lemplacement du 4 rue Parmentier, ce que rien ne permet daffirmer en létat actuel des recherches ; après lextension de la muraille, les templiers étendirent leurs possessions à lintérieur de la ville en direction du nord ; à une date indéterminée, probablement au XIIIème ou au XIVème siècle, les anciens bâtiments furent délaissées et probablement loués ; une nouvelle commanderie fut construite le long du nouveau rempart. Dans ce cas, il est difficile de savoir si les deux sites furent occupés par les templiers ou si la translation de la commanderie eut lieu alors quelle appartenait déjà aux hospitaliers.
— lextension de la muraille est contemporaine de linstallation des templiers à Montferrand, auquel cas le site du 4 rue Parmentier ne fut jamais occupé par les moines soldats, et le site figuré sur le plan du XVIIIème siècle correspond avec la seule et unique commanderie du Temple de Montferrand. Celle-ci a cependant dû subir de multiples reconstructions.
Par manque de sources écrites et dinvestigations archéologiques, cette question ne peut être tranchée aujourdhui.
Les bâtiments de la commanderie
Une commanderie répondait à des nécessités diverses: à la fois petit château avec ses murailles, monastère avec sa chapelle, et exploitation agricole avec ses écuries et ses granges, la commanderie du Temple de Montferrand présentait une organisation où se retrouvent nettement ces différents espaces, comme en témoignent les visites de 1615.
La commanderie était composée de deux cours distinctes et dun jardin (ce dernier ne fut probablement acquis quau XVIème siècle après lagrandissement du rempart). Les deux cours étaient situées de part et dautre de la rue du Temple et reliées par une galerie couverte qui surplombait la rue.
Plan de la commanderie appelée « du Temple de Montferrand », sous gestion hospitalière au XVIIIème siècle. Le nord est situé à gauche sur le cliché.
Archives départementales du Puy-de-Dôme (F-63). Cliché L. dAgostino.
La cour des logis
La cour principale, au nord, regroupait les logis des habitants de la commanderie (commandeur, chevaliers, sergents, chapelains, donats, domestiques et métayers) et la chapelle. Les côtés sud et est de cette cour étaient formés par deux bâtiments dhabitation. Le bâtiment est était constitué de cuvages, un sellier, une buanderie, un poulailler, des chambres et une cuisine. Le bâtiment sud était constitué au nord dun portail dentrée - probablement défendu par une herse et une bretèche - , surmonté de la chambre du commandeur, et au sud par un bâtiment occupé par des cuvages - contenant probablement du vin - au rez-de-chaussée, de la salle où se tenait le chapitre provincial du grand prieuré dAuvergne jusquau XIVème siècle au premier étage: cette description tend à prouver que la commanderie occupait déjà ce site au moins depuis le XIVe siècle, puisque dès cette époque le siège du grand prieuré fut transféré à Bourganeuf.

Sources: L. dAgostino, Templiers et Hospitaliers en Auvergne au Moyen Age
Au centre de la cour se trouvaient un puits et la chapelle de la commanderie « toute bastie de pierre de taille dedans et dehors entierement pavée et voultée ayant neufs cannes de long et trois de large [18 * 6 m]. Le cœur [était] séparé de barreaux de bois et sièges pour les prebstres.[...] Ung clocher ouvert où il y a trois cloches lune desquelles est toute neufve. » Chose assez surprenante, « y a ung passage ou gallerie de bois pour aller [du bâtiment situé au sud] au clocher de ladite chapelle couvert de bois et tuilles plates à deux pendants. »
La basse cour
Autour de cet espace conventuel défini par la chapelle et les logis, sorganisaient les organes économiques de la commanderie.
Le jardin de la commanderie avait « vingt deux cannes de long et sept de large » [44 * 14 m = 616 mètres carrés] où il y avait « quelques treilles et arbres fructiers » ; il était « entouré de murailles. »
La basse cour de la commanderie, située du côté sud de la rue du Temple, regroupait les écuries, dont le grenier servait à stocker les semences, et une grange où étaient conservées les récoltes. Les écuries ne sont pas visibles sur le plan.
Ordre des Hospitaliers
2. Membre. Ronzière (La)
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Issoire, Canton: Champeix, Commune: Chadeleuf - 63
Domaine du Temple de Ronzière
La Ronzière
hameau, hameau, commune de Chadeleuf.
— La Rauzetta (1277);
— Domus militiae Templi de Rosera (1295);
— La Rosière, la Rausiére ; en langage du pays la Rauseyra, la Rauseira, la Rauzeita.
— Il y avait une Maison de chevaliers templiers établie au XIIe siècle, supprimée en 1309, lors de labolition de lOrdre, et annexée en 1312 à celle des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (Malte) de Montferrand. Ces derniers la conservèrent jusquen 1790.
— Ont été commandeurs templiers à la Ronzière.
— Raymond de Murol, 1294
— Ymbert Blanc, 1301-1309.
— Pour la liste des commandeurs de lordre de Saint-Jean de Jérusalem, depuis 1313 jusquen 1790, voir Montferrand.
— Il y avait à la Ronzière une chapelle mentionnée dans un terrier de 1679, laquelle était en ruines en 1750.
— La maison du commandeur, la grange, les écuries, furent rebâties entièrement en 1750. Cest à cette époque que fut fait un beau plan visuel de cette commanderie, lequel se trouve actuellement aux Archives départementales du Puy-de-Dôme, parmi les titres de cette commanderie.
— Voyez Interrogatoire des Templiers dAuvergne. bibliothèque de Clermont, manuscrits sur lAuvergne, n° 74. — Histoire de Montferrand, par A. Tardieu, pages 62, 63.
Sources: Ambroise Tardieu, Grand Dictionnaire du Département du Puy-de-Dôme - Moulins, 1877
Ordre des Templiers
Annexe. Gignat, Pont-Guison
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Issoire, Canton: Brassac-les-Mines, Commune: Gignat - 63
Templiers, Domaine du Pont
Cest peut-être près Le Pont Chassaing, et plus précisément, près de la commanderie de Chassaing IGN et Chauliad sur la carte de Cassini.
Cest peut-être le Domaine du Pont, près de Gignat et près de la commanderie de Chassaing sur la carte de lIGN
Ordre des Templiers
3. Membre. Culhat
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Thiers, Canton: Lezoux, Commune: Culhat - 63
Domaine du Temple de Culhat
« Revenu 3550 livres »
Culhat
— Cuylhac (1286)
— Culhac (1315)
— Léglise. Construction du XIe siècle. On y voit les cordons à damier du style romano-byzantin. On aperçoit dans le cimetière, une lanterne des morts de forme ronde, élevée de 4 mètres ; le bas sert de charnier ; ce fanal est du XIIe siècle.
— La cure était, avant 1789, à la nomination du commandeur du lieu.
— La paroisse avait alors pour patron saint Martin.
— Culhat fut dabord une dépendance de la commanderie de Templiers de Fouilhouze qui lui était voisine. Ce lieu fut visité en 1286 par Simon de Beaulieu, archevêque de Bourges, dans sa tournée pastorale.
— En 1309, Culnat, passa avec la commanderie de Fouilhouze à la commanderie de Saint-Jean de Ségur des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem de Montferrand.
— Postérieurement, jusquen 1789, les commandeurs de Montferrand se qualifiaient commandeurs de Culhat.
— Il y a, aux Archives départementales du Puy-de-Dôme, un curieux plan colorié de la commanderie de Culhat, dans une liasse qui appartient à la commanderie de la Ronzière.
Sources: Ambroise Tardieu, Grand Dictionnaire du Département du Puy-de-Dôme. Moulins, 1877
Ordre des Templiers
4. Membre. Foulhouze ou Fouillouze (La)
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Thiers, Canton: Lezoux, Commune: Culhat - 63
Domaine du Temple La Foulhouze
Commandeur: M. de Lespinasse.
Etat de la commanderie en 1745.
Montferrand. Culhat. Fouillouze (hameau de Culhat). La commanderie des Hospitaliers de Montferrand, portait le nom de Saint-Jean-de-Ségur. La Ronzière.
La Foulhouze
— Village, commune de Culhat.
— La Foilleuse (1283) ; Folhos (1307) ; La Folhosa (1309) ; Folhosa (1315); La Folhoze (1540)
— La Commanderie.
— Les chevaliers Templiers eurent, dabord, à la Foulhouze, une commanderie qui fut supprimée en 1309, lors de labolition de leur ordre du Temple, et donnée à celle des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem de Monferrand à laquelle elle fut annexée en 1312, et dont elle ne fut plus quune dépendance jusquen 1789.
— Les commandeurs de Montferrand se qualifiaient commandeurs de la Foulhouze (voir à ce sujet le mot Monferrand pour la liste de ces commandeurs)
— En 1283, Simon de Beaulieu archevêque de Bourges, en tournée pastorale, vint à la Foulhouze, quil qualifie maison de Templiers (Domus Temploariorum).
— Il y revint en 1286 et fut alors reçu par le précepteur (commandeur) en 1309, Jean Senauld, précepteur (commandeur) des Templiers de la Foulhouze, reconnut que sa commanderie devait, à chaque évêque de Clermont et pour mutation, une obole dor.
Sources: Ambroise Tardieu, Grand Dictionnaire du Département du Puy-de-Dôme — Moulins, 1877
Ordre des Templiers
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