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Création de la Milice des pauvres chevaliers du Temple de Salomon

Des diverses fonctions dans les Maisons du Temple
La règle du Temple donne les noms des grands dignitaires de l'Ordre, elle détermine leur rôle ; aussi n'est-ce pas de ceux-là, dont nous voulons parler. Il ne s'agit ici que des fonctions plus modestes des frères du Temple qui habitaient les maisons de province, et en particulier celles de Picardie.

Une chose nous a frappé, en parcourant le « Procès des Templiers », c'est l'absence presque complète dans l'Ordre, au XIVe siècle, des frères chevaliers et le grand nombre des frères sergents, autrement dit, des non-nobles. Bien entendu nous ne parlons que pour la France et pour les maisons éparses dans les provinces, mettant hors de cause l'importante maison de Paris. Il est vrai de dire aussi que tous les sergents n'étaient peut-être pas forcément bourgeois ou vilains ; ce qui nous le fait supposer, c'est qu'un certain Jacques de Bergnicourt, qui fut dans une maison picarde, et qui est qualifié, « frère sergent du Temple » dit lui-même qu'il est de famille noble.

L'absence des chevaliers ou du moins leur nombre assez restreint dans l'Ordre, doit être attribuée à plusieurs causes. A la fin du XIIIe siècle, il n'y avait sans doute plus autant d'enthousiasme à aller visiter les Lieux-Saints ; les possessions françaises en Orient étaient bien menacées, et la perte de la Palestine en 1291, dut porter un grand coup à l'Ordre du Temple. En France les chevaliers s'accommodaient peu de la vie paisible des commanderies, ils en laissaient le soin aux frères sergents. Ainsi dans la règle française du Temple, qui est sans doute du commencement du XIIIe siècle, nous voyons qu'il y a déjà des frères sergents, commandeurs des maisons (1).

Le frère sergent commandeur n'a droit qu'à un cheval, il peut avoir un de ses frères pour écuyer ; tandis que le chevalier commandeur d'une maison (2) peut avoir quatre chevaux, et deux écuyers (3).

Dans les maisons où il n'y avait que des sergents, le commandeur seul avait un cheval, c'est du moins ce qui ressort des inventaires de maisons faits en 1307 et en 1308, après la chute des Templiers (4).
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De la fonction de chacun d'ans une commanderie
La plupart des maisons on commanderies ont un précepteur, appelé aussi commandeur, maître, procureur (5) ; tous ces mots désignent une même fonction. Nous venons d'en parler. Nous ajouterons, qu'un prêtre du Temple pouvait être précepteur, ex: Robert de Beauvais ou de Saint-Just, prêtre de l'ordre, fut précepteur de la maison du Temple de Beauvais, dite de Saint-Pantaléon, (6) puis précepteur de la baillie de Sommereux, et enfin précepteur de la baillie de Ponthieu (7).

Il y avait des maisons du Temple qui en raison de leur peu d'importance, n'avaient pas de précepteur et étaient habitées par un ou deux frères seulement.
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Au-dessus de ces précepteurs sont les précepteurs de baillies
Pour remplacer le précepteur, il y a le subpreceptor (8) appelé aussi « Custos domus », vicarius preceptoris, locum tenens preceptoris, (9) custos domus locopreceptoris, ex.

Mathieu de la Table, était « custos domus » de la Druelle (10) au début du XIVe siècle (11). Nous citerons en outre : Le sénéchal ex.: Jean de Pont-1'Evêque, (12) sénéchal de la maison du Temple de Montécourt, au XIVe siècle (13).
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Le maréchal
D'après la Règle du Temple (14), le maréchal est préposé à la maréchaussée : magasins, ateliers pour les chevaux, équipements, armes, armures, harnais. C'est lui qui achète les chevaux, les mulets, etc. Il est certain que dans les maisons du Temple en Picardie, son rôle était beaucoup moins étendu (15).
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Le claviger ou clavigerius (16)
C'est le gardien des clefs de la commanderie ; la garde des clefs, pouvait même être confiée à un prêtre, ainsi Thomas de Janville ou de Janval, prêtre de l'Ordre eut la garde des clefs de la maison de Forest (17) « cui claves traditoe fuerant (18). »

Dans les églises, le claviger n'est autre que le trésorier, mais le Temple a d'autres termes pour désigner cette fonction.
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Le trésorier
Il se nomme elemosinarius-camerarius (19). Ainsi Michel Musset ou Mouset était trésorier de la maison du Temple d'Oisemont (20) au moment de l'arrestation des Templiers.

Le « dispensator domus » sorte d'économe sans doute (21).

Nous ne sommes pas en mesure de dire, si dans chaque maison du Temple, en Picardie, on trouvait et le sénéchal et le maréchal, et même le trésorier, mais il est certain que toutes les commanderies avaient leur chapelle et un chapelain pour le service divin.
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Le chapelain
Il est appelé dans les actes « capellanus, presbyter, curatus », quand il a la cure d'une paroisse, « presbyter seu capellanus, capellanus capelloe domus » (22).

Mais il y avait bien d'autres frères du Temple, dans une commanderie; ne fallait-il pas des laboureurs, des bergers, des meuniers, etc. Or tous portaient l'habit de l'Ordre, en étoffe plus commune, il est vrai ; ils formaient comme une seconde catégorie, dans la classe des frères sergents.

M. de Curzon dit dans son introduction à la Règle du Temple (23) que des bâtiments secondaires s'élevaient à côté des édifices conventuels: étables, magasins, ateliers occupés par des métiers de toute sorte. Aussi la règle mentionne-t-elle des frères de métier, frères sergents attachés à divers services ménagers, four, cuisine, cave, jardin, moulin, grenier, bouverie, bergerie, porcherie.

Le procès du Temple, publié par Michelet, est rempli des dépositions de ces malheureux; nous nous demandons quelle foi on peut ajouter aux dépositions de gens qui sans nul doute n'avaient aucun rapport avec les chevaliers du Temple, si ce n'est celui du maître au domestique.

Nous trouvons par exemple:
Des laboureurs, « frères sergents agricultor, ou agricola domus, ou euram gerens aratrorum, laborator agrorum »
Des bergers, bergerius; « frères N. magister bergerius domus » (24)
Des vignerons « frères vineator domus » (25)
Des maçons « frères servants l'athomus »
Des charretiers, « frères servants carrugarius »
Il y avait un ou plusieurs frères, préposés à la garde des animaux, « custos anirnalium, pastorporcorums »
Des frères qui avaient la garde du cellier « frères servants cellerarius »
D'autres qui avaient le soin des granges, « frères grangiarii »
Dans beaucoup de commanderies il fallait des bateliers « frères portonarius »
Un frère, voyageant pour les affaires concernant sa Maison « viator domus » (26).

Il y avait bien d'autres frères de métier, mais l'énumération, de tous ceux qui sont mentionnés dans le Procès, serait fastidieuse.

Il fallait qu'au XIVe siècle, la position de précepteur d'une maison, fut bien peu de chose, puisque nous lisons dans le Procès (27) qu'un précepteur d'Oisemont, avait été mercier, « mercerius », avant d'entrer dans l'Ordre du Temple.

Dans les actes, quand il y a énumération de frères du Temple, on nomme tout d'abord le ou les chapelains, le précepteur de la baillie, puis les précepteurs des maisons ; c'est ce que nous voyons dans une charte se rapportant à la maison de Sériel, de l'an 1209 (28).

Dans une autre énumération, on nomme d'abord le précepteur, puis le frère qui a la garde des clefs « claviger » de la maison, les chevaliers, les sergents ou servientes.
Sources: Textes de Trudon des Ormes - Etudes Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie - Amiens, Imprimerie Yvert et Tellier - 1893.
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Notes
(1) - H. de Curzon. Règle du Temple, art. 180 page 134.
(2) - H. de Curzon. Règle du Temple, art. 180 page 134.
(3) Arnoul de Guise, frère du Temple, précepteur de la Commanderie picarde de Mouflières ; Somme, arrondissement d'Amiens, Canton d'Oisemont, avait un écuyer. « Michelet. Procès. I, 489 ».
(4) - Il ne faudrait pas induire de là qu'il y avait des maisons affectées aux seuls frères sergents.
(5) - Preceptor dans les chartes latines. Commandeur dans les actes français, jamais précepteur.
(6) - Procès des Templiers. tome I. page 291.
(7) - Procès des Templiers. tome I. pages 241, 371, 374, 471, etc.
(8) - Procès des Templiers, tome I. page 418, 7e ligne.
(9) - Procès des Templiers. tome II. page 280, 395. 413, 416.
(10) - La Druelle. Maison du Temple. Somme. Arr. de Montdidier, canton d'Ailly-sur-Noye. Commune de Louvrechies.
(11) - Procès des Templiers. tome II. page 380.
(12) - Pont-1'Evêque. Oise, arr. de Compiègne, Canton de Noyon.
(13) - Montécourt « maison du temple » département de la Somme, arr. de Péronne, canton de Ham, commune de Monchy-Lagache. Procès, tome II, p, 378, autre exemple, tome II. page 329.
(14) - H. de Curzon. Règle du Temple, page 89 et 90.
(15) - Procès des Templiers. tome II. page 327.
(16) - Procès des Templiers. tome II. page 43 à 19e ligne et page 172.
(17) - Forest-l'Abbaye. Somme, arrondissement, Abbeville, Canton, Nouvion.
(18) - Procès des Templiers. tome I. page 444.
(19) - Procès des Templiers. tome I. page 465.
(20) - Oisemont; « maison du temple » département: Somme, arr. d'Amiens, chef-lieu de canton.
(21) - Procès des Templiers. tome I. page 509 et tome II. page p. 288, 381, 415.
(22) - Procès des Templiers. tome II. page p. 428 et 442.
(23) - Règle du Temple. H. de Curzon. page XXII.
(24) - Procès des Templiers, tome II. page 293, et passim.
(25) - Procès des Templiers, tome II. page 38. Ou faisait, paraît-il, au XVI siècle du vin en Picardie, la preuve en est dans nombre de chartes, où il est question de vignes.
(26) - Procès des Templiers, I. 549.
(27) - Procès des Templiers, II, 132.
(28) - Sériel « maison du temple » département: Somme, arrondissement Doullens, canton d'Acheux, commune de Puchevillers.

Sources : Textes de Trudon des Ormes - Etudes Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie - Amiens, Imprimerie Yvert et Tellier - 1893.

Introduction à la Règle


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