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Le Chastel Rouge ou Qalaat Yahmur

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Chastel-Rouge-Qalaat-Yahmur



La tour maîtresse

Ouvrage majeur et central de la place forte, la tour maîtresse se présente comme une construction rectangulaire d’environ 15 mètres sur 14 mètres ; elle est entièrement construite en moyen appareil assisé lisse de 0,4 mètres d’assise à joints fins non beurrés. Elle s’appuie à l’ouest sur la salle voûtée formant le front occidental ; en revanche, elle est indépendante des deux autres ailes longeant les courtines.

Le niveau 0
Le niveau inférieur est accessible depuis la cour par une porte au milieu de la façade orientale. Il est couvert de voûtes d’arêtes retombant sur des consoles et sur un pilier central carré ; il est percé de plusieurs baies rectangulaires placées en hauteur, qui ne semblent pas avoir résulté d’un élargissement. Seule la face ouest en était dépourvue, ce qui permet de penser que la tour maîtresse fut construite en même temps, ou après la salle voûtée de cette face.

Ce niveau est occupé (en 1995) par des habitants locaux bédouins, qui utilisent le local comme durent l’utiliser, quelques siècles auparavant, les tenants de la forteresse. L’espace est découpé par des tentures, permettant d’isoler des zones de vie différentes ; mais la salle sert de résidence multifonctionnelle.

Un dispositif particulier est à noter : un important contrefort couronné en glacis, en moyen appareil de 0,4 mètres d’assise a été plaqué contre le parement nord de la tour maîtresse, sur une quinzaine d’assises de hauteur et sur une largeur de cinq mètres environ.

Le niveau 1
Le premier étage est accessible aujourd’hui par deux escaliers. Le premier, évoqué plus haut, se trouve dans l’épaisseur du mur de la salle occidentale, partant de l’angle nord-ouest ; sa voûte rampante en berceau est constellée de marques de tâcherons chrétiennes.

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Vue du sommet de l'escalier voûté ménagé dans le mur de la salle ouest,
et porte de l'escalier de la tour (photo B.Michaudel)


Elle débouche sur la terrasse ménagée au-dessus de la salle voûtée occidentale par une saillie de la voûte, comme si primitivement un second niveau avait été prévu au-dessus de cette terrasse.

Un second escalier, plus moderne, longe la face méridionale de la tour maîtresse, débouchant directement sur la terrasse au-dessus de la salle voûtée occidentale. De la terrasse, on accède directement à la porte du premier étage, certainement la porte principale de la tour, réservée à l’accès « noble ». Cette porte est ménagée dans une niche couverte d’un arc brisé, pourvu primitivement de deux bancs latéraux ; la niche est percée, en partie supérieure, par deux conduits verticaux qui correspondent à un double assommoir.

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Face ouest de la tour au premier étage


La porte proprement dite est surmontée d’un linteau massif, surmonté d’une plate-bande formant décharge, en ménageant un léger interstice entre le linteau et la clef de l’arc de plate-bande. Au-dessus, le tympan est estampé en son centre d’une niche rectangulaire qui a pu contenir les armes ou le blason du constructeur.

Cette porte donne accès à une salle approximativement carrée, au centre de laquelle se trouve un pilier carré aux angles abattus supportant les retombées des voûtes d’arêtes.

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Vue du pilier de la salle du premier étage


Il n’est pas difficile de voir que ce haut espace était primitivement séparé verticalement en deux niveaux : on voit encore dans la maçonnerie les encoches des trous de boulins destinés à accueillir les poutres d’un plancher séparant niveau 1 et niveau 2.

La salle du niveau 1, ainsi limitée verticalement par son plancher, était largement ouverte sur l’extérieur par sept fenêtres rectangulaires assez spacieuses ; côté sud, regardant l’entrée, trois archères à ébrasement simple et forte plongée permettaient de contrôler l’entrée de l’enceinte. Il s’agissait ici d’une salle résidentielle plus que défensive, en raison du nombre des ouvertures « civiles ».

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Vue partielle de la salle du premier étage



Le niveau 2
Le niveau 2 était donc séparé du niveau 1 par un plancher dont demeurent les témoins. Son accès s’effectuait, très curieusement, depuis la terrasse de la salle voûtée occidentale : au débouché de l’escalier à marques de tâcheron, une porte est ménagée à angle droit dans la face de la tour, donnant accès à un escalier intra-mural montant aux niveaux supérieurs (Photo 132).

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Vue du sommet de l'escalier voûté ménagé dans le mur de la salle ouest,
et porte de l'escalier de la tour (photo B.Michaudel)


Il n’existait pas, semble-t-il, de communication intérieure entre niveau 1 et niveau 2.

Ce niveau 2 était couvert par les voûtes d’arêtes mentionnées ci-dessus ; sur les deux axes de la tour, des doubleaux à profil rectangulaire retombaient par des consoles sur le pilier central et sur les faces intérieures. L’accès s’effectuait à l’ouest, par une porte ménagée dans la paroi de l’escalier intra-mural. La salle elle-même n’était pourvue que d’archères à ébrasement simple sans plongée, à l’exception de la face nord où se trouvait l’escalier.

Le niveau 3
Ce même escalier conduit à la terrasse. Celle-ci est aujourd’hui arasée ; cependant, Paul DESCHAMPS mentionne deux étages de défense sommitale : des archères sous niches en arc brisé surmontées par un chemin de ronde crénelé, sur le même schéma que les défenses sommitales de Sahyun, Marqab, mais également « Dimashq » Damas. Il évoque aussi une tourelle située à l’angle sud qui ne semble pas être de facture croisée. Aucune de ces structures n’est aujourd’hui conservée, mais une photographie ancienne de la tour maîtresse prise par Paul DESCHAMPS révèle clairement une construction rectangulaire posée sur la terrasse.

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A gauche porte dans la muraille d'enceinte - A droite pour d'entrée du 1er étage de la Tour



Extrait du livre Fortifications au Proche-Orient de Jean Mesqui.

Vous pouvez lire sur le site Internet la totalité des études réalisées par Jean Mesqui - Fortifications au Proche-Orient

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Yahmur Château de la Syrie Qalaat Yahmur (Yahmur Castle): Qalaat Yahmur (Yahmur Castle)
A 12 km au sud-est de Tartous, il y a des sites archéologiques dans les environs des vestiges Croisés, y compris certains des tombeaux romains. Le Chastel Rouge - Qalaat Yahmur, n’a probablement pas été fortifié par les Byzantins Xe siècle. « Sic : Il est toujours debout pour montrer la grandeur de ce pays face aux envahisseurs et saluer notre victoire sur ces dits envahisseurs. »

L’empire Byzantin, héritier de l’enceint empire Romain d’Orient perdit ce lieu et d’autres à la suite des premières conquêtes Arabes. L’empereur Nicéphore rétabli l’autorité de Byzance sur se territoire et construisit le château Chastel Rouge - Qalaat Yahmur.

R.DUSSAUD a proposé d’identifier Qalaat Yahmur avec une fortification appelée Castrum Rubrum (« Château Rouge ») dans le cartulaire des Hospitaliers : ce château fut donné en 1177 par le comte Raymond de Tripoli aux Hospitaliers, ainsi que le casal appelé aussi « tour de Bertrand Milon ». En 1178, les deux frères de Montolieu renonçaient à tous leurs droits sur le Castellum rubrum concédé aux Hospitaliers par le comte, contre 400 besants d’or.

Il est certain que les Hospitaliers nouveaux propriétaires de Chastel Rouge - Qalaat Yahmur, modifièrent très largement l’ancien château Byzantin. Ce qu’il en reste de nos jours est presque en totalité l’œuvres des Hospitaliers de Saint-Jean. L'architecture ressemble dans son aspect actuel aux autres châteaux construits ou réhabilités par les Croisés et les Ordres Militaires.

Chastel Rouge - Qalaat Yahmur, a été conquit par Saladin en 1188, les croisés, l’année suivante l’ont récupérés. Il est resté entre leurs mains jusqu’en 1289 et deux ans avant la chute de Tartous.

Le donjon, qui est essentiellement une tour de guet fortifiée avec un mur d'enceinte, a été construit dans le cadre de la défense extérieure de Tartous et de Tripoli, à Chastel Rouge - Qalaat Yahmur, il y avait Safita ou Chastel Blanc des Templiers et un autre château du nom d’Areimeh. Ces châteaux étaient assez proches les uns des autres, ils communiquaient entre eux à l’aide de grands bûchers, avertissant ainsi des dangers qui se préparaient.

Sources : CometoSyria

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Qalaat Yamur Yahmur (Chastel Rouge, Jammur, Cestrum Rubrum, Balata Yammer)
(Chastel Rouge ou Castrum Rubrum), 20 km à l'ouest de Safita sur la route de Tartous. Comme Arima, Qalaat Yahmur était une petite forteresse, et son haut donjon est toujours impressionnant.

Les informations sur ce château sont très rares. L’empereur byzantin Nicéphore Phokas à bien fait construire les premières bases de ce château. Dans certaines de ces pierres on peu voir d'origine romaine des blocs de réutilisations.

Au début du 12e Siècle, c’est en 1112, que le château de la Principauté d'Antioche a été conquis par le comte de Tripoli.

1177-1178, Raymond III de Tripoli remis le château aux Hospitaliers de Saint-Jean. Celui-ci avait intérêt à fixer les Hospitaliers à l’externe nord-est de la principauté d’Antioche et à la limite du comté de Tripoli dans le système de défense de l’importante citée de Tartus.

Les propriétaires de ce château, la famille de Montolieu en fut très largement indemnisée.

Si l’on se refaire à la première constriction du château par les byzantins, les Hospitaliers de Saint-Jean ont pratiquement reconstruit ce château et ce que l’on peut encore voir de nos jours reste en totalité leur œuvre.

1188, Saladin s’empare du château après la bataille de Hattin, le château de façon temporaire.

Il est définitivement en mains musulmanes en 1289. Par la suite, les Arabes ont complété l'enceinte, en par les deux tourelles qui existent toujours.

Sources traduites de l'Allemand : Les châteaux médiévaux en Syrie

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