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Comté, Seigneuries et Fiefs

La Seigneurie du Krak de Montréal ou Schaubek
Pendant toute la durée du douzième siècle, les rois de Jérusalem s'efforcèrent d'étendre le plus loin possible leur domination sur l'Arabie Pétrée. Le Ouady-el-Arisch, au-delà duquel commençait le désert de Sïn, nommé par les Croisés la Grande-Berrie, formait vers l'Egypte la frontière du royaume latin. Ils s'attribuèrent alors la possession de la péninsule Sinaïtique, puisque nous lisons dans la Chronique de Bernard le Trésorier (1) que le Mont-Sinaï est « en la terre le seignor de Krak » et que l'évêque grec de Pharan résidant au couvent de Sainte-Catherine est mentionné alors comme suffragant de l'archevêque latin du Krak.
1. Mas Latrie Chroniques d'Ernoul et Bernard le Trésorier, page 68.

On en doit donc conclure que la seigneurie de Krak était comprise entre Aïlat, sur le golfe Elanitique, au sud, et le cours d'eau nommé aujourd'hui le Zerka-Maïn, qui formait sa limite nord. Je citerai à l'appui de cette opinion le passage suivant de Makrizi :
« La juridiction de Karak s'étend sur un espace de vingt journées de chameau d'Ela (Aïlat) jusqu'à Zizah. »

Or, les ruines de Zizah sont situées entre la source du Zerka-Maïn et la route du Hadj à la hauteur de Medaba.
Le même renseignement est également donné, dans les mêmes termes, par le géographe arabe Khalil-ben-Schaïn-Thaherita (2).
2. Rosenmuller. Analecta Arabica, page 39.

Le renseignement géographique fourni par la charte du 31 juillet, citée plus bas, se trouve donc complété par les historiens arabes.

Une route directe passant par Er-Remaïl et Kalaat Om-Gouseïr, permet de se rendre d'Hébron à Petra en quatre jours de marche. Ce devait être alors la voie directe de Jérusalem à Montréal.
La province du domaine royal appelée terre de Montréal, ou d'Oultre-Jourdain, se composait de la région située à l'est de la mer Morte et du Ouady-Araba. Ce fut une des plus importantes et c'est celle sur laquelle nous possédons le moins de documents contemporains.

Une charte du 31 juillet 1161 (1), relative à un échange entre le roi Baudoin III et Philippe de Milly, vicomte de Naples, nous apprend que la terre dite d'Oultre Jourdain, s'étendait depuis le Ouady-Zerka, au nord, jusqu'à la mer Rouge, au sud.
1. Strehelke. Tab. Ord. Teutonique, nº 3, page 3.

Nous savons, par Albert d'Aix et Guillaume de Tyr que dès l'année 1103, le roi Baudoin Ier avait également étendu sa domination sur la partie occidentale de l'Arabie Pétrée par la construction d'un château élevé très près du Ouady-Araba, pour dominer, dit l'historien latin, les routes commerciales qui traversent cette contrée (2).
2. Albert d'Aix, Livre XII, chapitre 21.

Dans la charte dont je viens de parler, on trouve la confirmation de ce fait, c'est-à-dire du tribut payé au trésor royal par les caravanes de marchands arabes et moyennant lequel elles obtenaient le passage sur le territoire des Francs en allant, par le désert, de l'Yémen ou de l'Egypte à Damas, ou en en revenant ; selon toute apparence, ces caravanes suivaient la route actuelle du Hadj, à partir du défilé nommé, aujourd'hui, Akaba-esch-Schamieh, ou bien celle qui passe par Schaubak. Tafilet et Karak, car ce sont les deux seules grandes voies commerciales de cette région.

Sept grandes forteresses relevaient alors de la seigneurie du Krak :
Schaubak ou le Krak de Montréal.
Le château de la vallée de Moïse.
Taphila.
Ahamant.
Le château de Ouaïra.
Karmaza.
La ville de Ela et l'île de Grave.

LE KRAK ou PETRA DESERTI, l'une des forteresses les plus importantes de la Syrie, construite en 1142 par Payen, bouteiller du royaume, devint la ville principale de cette baronnie, en même temps que la résidence de l'archevêque latin de Rabbah. (Voir pages 19 et suivantes)

CANZIR, aujourd'hui Kanzirieh, est le seul casal dépendant de Karak, que nous trouvions mentionné comme donné à l'Hôpital, dans un acte de l'année 1152; mais il est évident qu'outre la région s'étendant vers le nord jusqu'au Zerka, le territoire de Karak comprenait encore, au sud, les cantons de Tafilet et de Bozeirâah.

HOBELET (1), casal, formant un petit fief, si voisin du Krak, qu'il pouvait passer presque pour un faubourg de la ville.
1. Codices Diplomaticos, tome I, Page 62.

TAPHILIA, localité qui est désignée, sous le nom de Caphila et de Taphila, dans l'énumération des possessions des seigneurs de Krak et de Montréal, que j'ai publiée récemment. Cette bourgade formait un fief (2).
2. Rey. Supplément aux Familles d'Outre-Mer, page 15.

Les Francs entretenaient, alors, des barques sur la mer Morte, et elles payaient un droit qui formait l'un des revenus de la seigneurie de Krak et de Montréal (3).
3. Codices Diplomaticos, tome I. nº 62, page 62.

SCHAUBEK ou le Krak de Montréal, château élevé par le roi Baudoin Ier, en 1115, subsiste encore, bien qu'ayant été fort remanié par les Arabes, au quatorzième siècle.
Voici, du reste, la description que Guillaume de Tyr nous a laissée de cette forteresse (1) :
« Erat autem municipum in colle situm edito, turribus, muris et antemuralibus egregie munitum ; erat que ei suburbium extra præsidium situm in declivio collis. »
1. Guillaume de Tyr, Livre I, page 62.

Le pèlerin Thetmar, qui visita ce château en 1217, dit qu'il était muni d'une triple ceinture de remparts étagés.
Une famille noble de Syrie, passée ensuite en Chypre, et à laquelle semble avoir appartenu un jurisconsulte célèbre, avait pris le nom de ce fief, et on voit apparaître plusieurs de ses membres comme témoins d'actes importants pendant les douzième et treizième siècles.

BENI-SALEM (2), casal relevant de Montréal, est la seule dépendance de ce fief dont le nom nous soit parvenu.
2. Codices Diplomaticos, tome I, page 62.

Au moyen âge, la culture des cannes à sucre paraît avoir pris un grand développement dans le territoire de Schaubek, puisqu'à cette époque, une espèce de poudre de sucre était désignée, dans le commerce, sous le nom de sucre de Krak et de Montréal (3).
3. A. Gauldry. L'Ile de Chypre, page 157. - Mas Latrie Histoire de Chypre, tome I, page 95.

LE CHATEAU DE LA VALLéE DE MOïSE formait le second fief; il était nommé aussi Sela, forme hébraïque du nom de Petra, ce qui ne saurait laisser le moindre doute sur l'identification du site qui nous occupe avec celui de la capitale des Nabatéens.
Ce château, dominant le Ouady Mousa, s'élève sur les bords du Syk, où il a été vu par Robinson et par d'autres voyageurs. Il est placé entre le Mont-Hor et le village d'El Djy (4), un peu au-dessus du théâtre de Petra, non loin de l'édifice nommé Kasr-Pharoun. Il était appelé El Aswit, quand, en 1116, il fut occupé par le roi Baudouin Ier.
4. Ce village est mentionné par Edrisi.

Le texte suivant, qui se rapporte à la fondation du château de la vallée de Moïse, décrit fort exactement le site de Petra:
« ........ Ac deinde in vallem quamdam cunctis terræ frugibus satis uberimam; in qua invenerunt et eum fontem quem Sanctus Moyses, jubente Domino, elicuisse fertur de petrâ virgâ bis percussâ, perenni cursu vivaciter manantem, adeo ut molendinos satis volubiles habere posset eius rivus, nullâ unquam siccitate arescens. Invenerunt ibi et oratorium quod Sancti Aaron hodie que dicitur in-montis vertige situm........(1) »
1. Historia Hierosolymitana, secundo, pars ap. Bongars. page 599.

Voici la description de ce lieu que nous lisons dans un passage extrait des Novaïri, par Quatremere, et publié par lui dans son Mémoire sur les Nubathéens:
« Là est le tombeau du prophète Aaron, frère de Moïse, situé à gauche du chemin qui conduit dans la Syrie. Près de là est le château appelé Aswit; le sultan (Bibars) s'y rendit en gravissant la montagne et se convainquit par ses yeux que c'était une citadelle extrêmement forte et d'une architecture admirable. Il arriva aux villes des enfants d'Israël; on désigne sous ce nom des excavations pratiquées dans les rochers et qui présentent des formes magnifiques.
Un y voit des maisons soutenues par des colonnes; les portes sont ornées de figures gravées au ciseau.....................rien de tout cela n'est bâti, mais tout est taillé dans le roc en forme de grottes. »
Thetmar, qui visita le Mont-Hor, vers 1217, en se rendant au Mont-Sinaï, y trouva un petit monastère grec qu'il nomme Muscera (2).
2. Il me semble retrouver dans ce nom de Muscera une confirmation d'un passage de la Bible, car nous lisons au sixième verset du dixième chapitre du Deuteronome, qu'Aaron mourut dans un lieu nommé Mosera.

C'est le même mentionné en 1100 par Foulcher de Chartres.
Le pèlerin allemand dit encore que la Berrie, ou désert de Babylone (Egypte), commence à l'ouest du Mont-Hor.

Le territoire de ce fief, appelé par les chroniqueurs latins « Li Vaux Moyse », comprenait un certain nombre de petites vallées fertiles arrosées par des sources et des ruisseaux, et ils décrivaient cette contrée en ces termes:
« Cette terre entor qui estoit tote coverte d'arbres portanz fruiz de figuiers, d'oliviers et autre arbre de la bonne manière si que sembloit forest c'estoit tote la richesse del pays ne li gængneur ne vivoient guières d'autres choses que de leur fruiz qu'il vendouent mout chiers. »

Ce château communiquait avec Montréal, situé sur le versant est du massif Iduméen, par un chemin passant à El Beydah. Il demeura au pouvoir des Francs jusqu'en 1189.
Il a été fort rarement question, dans les actes contemporains, du fief nommé Ahamant (1), que l'on peut, sans témérité, identifier avec la bourgade de Mâan, située sur la route du Hadj, à six heures au sud-est de Schaubak. Palgrave, qui s'y arrêta en 1862, au commencement de son voyage en Arabie, y signale un vieux château et dit que la ville était entourée d'anciens remparts. On remarque encore, en ce lieu, de beaux jardins et de nombreuses traces d'anciennes cultures.
1. Tab. Ord. Teutonique, nº 3, page 3.

Le château de Ouaïra était dans le Djebel Scherah, probablement entre le Ouady Mousa et Schaubak, car nous savons qu'en 1158, les Egyptiens, après l'avoir vainement assiégé, se portèrent sur Montréal (2).
2. Historiens arabes des Croisades, tome I, page 472.

Le dernier fief est le château de Ouady-Gerba, qui paraît se retrouver au Djebel-Scherah, vers l'extrémité sud-est du massif Iduméen, dans la localité ruinée de Djerba, où se voient les restes d'une forteresse située au bord d'une vallée qui porte encore de nos jours le nom de Ouady-Djarba.


Quant à la forteresse maritime d'Ela, qui semble avoir été fondée à la même époque que Montréal, elle demeura au pouvoir des Francs jusqu'au mois de décembre 1170. Ils possédaient également, alors, dans le golfe Hellénistique, l'île de Grave, qui n'est séparée de la côte que par un bras de mer de peu de largeur. Ce rocher, encore couvert des ruines d'un vaste château, fut visité en 1827, par le comte Léon de Laborde.

Postérieurement à 1170, cette place fut réoccupée par Renaud de Châtillon, seigneur de Karak, et ce fut dans son port qu'il arma, en 1182, la flottille qui lui servit pour son expédition maritime sur les côtes d'Arabie. (Voir plus haut pages 155 et suivantes.)
Foulcher de Chartres nous apprend que l'on comptait sept journées de cheval de Jérusalem à Ela. Il ne reste plus aujourd'hui que des décombres informes des édifices élevés en ce lieu par les Croisés.
Aboul Féda, qui écrivait entre les années 1273 et 1332, décrit en ces termes le château d'Ela:
« Nostra tempestate turris est in qua prefectus Egyptus residet, arcem olim habuit in mare (l'île de Graye) sed ea destructa prefectus in turrim ad littus sitam se recepit. »

Il me reste, maintenant, à parler de l'abbaye du Mont-Sinaï et de la péninsule de ce nom, qui fit partie de la seigneurie du Krak.
Les Assises de Jérusalem, dans l'énumération des forces du royaume, citent Michel du Sinaï comme devant être un chevalier, et je suis bien tenté de voir dans ce passage la trace d'un fief oublié, relevant de Karak, et situé sur la rive droite du golfe Hellénistique, dans le voisinage de la montagne sainte.

Voici ce que dit Bernard le Trésorier en parlant de la seigneurie du Krak et de l'abbaye du Mout-Sinaï:
« Ançois que je vous parole plus de celle mer (la mer Morte) vous dirai si li Crac siet. Il siet en Arabe. Après si est Mons Sinaï en la terre le seignor de Crac. Cel Mons Sinaï est entre la mer Rouge et le Crac (1). »
1. Mas Latrie, Chronique d'Ernoul et Bernard le Trésorier, page 68 et suivantes.

Nous savons que le pèlerin Thetmar, visitant l'île de Grave, en 1217, la trouva habitée par des prisonniers francs que le Soudan d'Egypte y avait internés.
Les environs de Karak, de Petra, de Maan, etc., n'ont été que fort peu explorés, surtout vers l'est, et il est probable que d'autres établissements des Latins devront être découverts de ce côté, par la suite.

Au moyen âge, il y avait une population syrienne assez nombreuse entre le Ouady-Araba et Hébron.
Les bourgades et les villages qu'elle occupait alors ont laissé des ruines, dont les plus importantes se voient encore à El Meschrifeh, Sebaïta, Kouzeïfeh, Abdeh, etc.; dans toutes ces localités se rencontrent des restes d'églises, des tours fortifiées, ainsi que des traces d'irrigations et de cultures importantes.
La péninsule du Sinaï paraît avoir été occupée par les Latins dès le règne de Baudoin II, ainsi que tend à le prouver le passage suivant de Guibert de Nogent:
« Sed eo tempore (en 1112) rex apud Cavas castrum in Arabia situm concesserat. IIoc non valde procul a Sina monte ad regionem tuendam construxerat ; nam et eo usque regnum dilataverat. »
L'abbé évêque du Mont-Sinaï était alors devenu suffragant de l'archevêque latin du Krak.

J'ai parlé plus haut d'un fief latin que je crois avoir existé dans la péninsule Sinaïtique. A l'appui de cette opinion, M. Lottin de Laval me signale, non loin du Ouady Pharan, un canton nommé encore Dar-el-Frandgi, ainsi que les restes d'une forteresse d'apparence occidentale dominant le Ouady Alayat, dans la vallée de Pharan, à cinq heures du Mont-Oreb. Devrait-on voir dans ces restes ceux du château signalé par Guibert de Nogent ?

Tabari cite au nombre des forteresses relevant de la seigneurie du Krak, qui furent rendues à Salah-ed-Din, en 1189, celle de Karmaza, mais nous ne possédons malheureusement aucune indication sur le site de ce château, encore à retrouver.

Pour la contrée située à l'est de la partie moyenne du cours du Jourdain, et qui doit être ici rattachée au domaine royal sous le nom de Terre d'Oultre-Jourdain, la domination franque se borna peut-être, d'abord, aux tributs annuels que le roi Baudoin Ier levait, dès l'année 1118, sur la montage du Djebel Adjloun et les environs de Szalt (1).
1. Historiens arabes des Croisades, tome I, page 315.

Plusieurs des quarante chevaliers mentionnés par les Assises peuvent fort bien n'avoir eu que des fiefs de soudée, car, ici, la domination latine semblerait n'avoir été que nominale pendant assez longtemps, puisque Baudouin II, roi de Jérusalem, s'étant emparé du château de Djerasch en 1122, détruisit cette forteresse, qu'il trouvait trop éloignée des possessions chrétiennes pour pouvoir être conservée (2) ?
2. Guillaume de Tyr, Historiens occidentaux des Croisades, tome I. page 536.

On ne saurait cependant douter, aujourd'hui, malgré le peu de renseignements que nous possédons à ce sujet, que la région nommée le Belka n'ait été bientôt après possédée par les Francs.
On voit, antérieurement à 1130, Raymond du Puy donner à l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat les casaux de Bethsura et de La, dans le Belka (3), nom porté encore de nos jours par la région montueuse de la rive orientale du Jourdain, située entre les deux cours d'eau appelés, l'un l'Ouad-Zerka Main, qui est le Torrens spinarum de l'Ecriture, et le Nahar Zerka, le Jabbok de l'antiquité.
3. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, pages 45, 63, 102.

Guillaume de Tyr (4) nous apprend encore qu'en 1157, les Francs reprirent un château très fort situé au-delà du Jourdain, en la terre de Galaad (5). Nul doute que la région dont il est ici question ne se retrouve dans le Djebel Gilead, qui forme l'extrémité nord du Belka, non loin de Szalt.
4. Guillaume de Tyr, éditions P. Paris, tome II, page 224.
3. Guillaume de Tyr, éditions P. Paris : « Cil ne furent mie oiseus, ainçois recovrerent lors une bone forteresce qui siet outre le flun Jordain, en la terre de Galaad : c'en une roche tpop furz que nostre gent avoient tenue autre foiz. »


En 1175, Burchard de Strasbourg, se rendant par le désert du Caire à Damas, dit qu'en quittant le mont Sinaï, il traversa une contrée souvent dévastée formant, à l'est, les marches des colonies latines. C'est là qu'il trouva la ville de Busseret (Bosrah), où il admira de belles ruines et une forteresse très importante occupée par les Musulmans (1). Cette relation confirme ce que nous savions déjà; c'est-à-dire que la route du Hadj formait, de ce côté, comme la ligne de démarcation entre les Francs et les Musulmans. A plusieurs reprises, les troupes chrétiennes parcoururent cette région, et notamment en 1183, quand les Latins vinrent camper à El-Ealeh, près de Hesban, pour contraindre Salah-ed-din à lever le siège de Karak (2).
1. Pertz. Script, rer. Germ., tome XXI, page 238.
2. Historiens arabes des Croisades, tome III, page 81.
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Fief du Darum
C'était la moins importante des baronnies du domaine royal; sa devise n'était que de deux chevaliers.
Le Darum consistait en une petite forteresse carrée ; à chaque angle s'élevaient des tours, dont l'une, plus importante que les autres, servait de donjon à la place (3).
3. Guillaume de Tyr, page 975.

Ce château, qui n'était long que d'un jet de pierre, dit Guillaume de Tyr, n'avait ni fossés ni barbacanes, et était à un quart de mille de la mer.
Autour du château s'était élevée une bourgade, possédant une église, et habitée par des cultivateurs. C'est là que s'acquittait le péage dû par les caravanes venant d'Egypte.

Le territoire de ce fief, qui fut un moment possédé par la famille d'Ibelin, ne paraît pas avoir jamais eu de limites bien déterminées.
Schultens donne pour étymologie à ce nom de Darum le mot hébreux Darôm (midi).
Nous savons que le Darum était le poste le plus avancé des Francs vers le sud ; Guillaume de Tyr dit qu'il était à quatre milles de Gadres.
M. Guérin croit avoir retrouvé le site de ce château au village de Deir el Balat.
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Comté de Japhe (Jaffa) et d'Ascalon
Le comté de Japhe (Jaffa) et d'Ascalon était la première des quatre grandes baronnies du royaume et comprenait toute la partie sud de la plaine littorale, nommée par les historiens sacrés plaine de Saron.
Il s'étendait donc entre la mer et les montagnes de Juda, étant limité au nord par la rivière nommée le Leddar, au sud par le fief du Darum et le désert de Sïn, nommé alors la Berrie.

Le territoire particulier d'Ascalon se composait de soixante-douze grands casaux et de vingt autres moins considérables (1).
1. Tafel et Thomas. Ap. Font. Rer. Aust., tome XIII, page 398.

Ibelin, la Blanche-Garde, Mirabel, le Natron, Montgisard et le Chastel-Beroard en étaient les principales forteresses.
Gadres, Rame, Lydda et Accaron en étaient, après Japhe (Jaffa) et Ascalon, les villes les plus importantes.
La ville épiscopale était Lydda, nommée aussi Saint-Georges, et de ce siège relevaient les abbayes de Saint-Abacuc ou Saint-Joseph d'Arimathie à Rentis, et celle des Trois-Ombres.
Enfin, les prieurés de Saint-Jean l'Evangéliste et de Sainte-Catherine de Montgisard.

ACCARON (1), aujourd'hui Ekron ou Akir, demeura au pouvoir des Francs, de 1106 à 1187; c'était, à cette époque, une bourgade assez importante.
1. Raoul de Coggehsal. Ampl. Collection, tome V, page 563.

AGELEN-LA-HAUTE (2), casal s'élevant sur le site de la ville d'Eglon de la Bible, aujourd'hui Kharbet-Adjlan.
2. Codices Diplomaticos, tome I, nº 128, page 150.

AGELEN-LA-BASSE (3), casal voisin du précédent, mais évidemment situé en plaine, comme son nom l'indique. Position encore indéterminée.
3. Codices Diplomaticos, tome I, nº 128, page 150.

AMOUHDE (4), casal voisin d'Ascalon, mais dont le site n'a point encore été retrouvé.
4. Codices Diplomaticos, tome I, nº 128, page 150.

ASCALON. Pour la description des ruines de cette ville, voir mon Etude sur l'Architecture militaire des Croisés, page 205.

ASSIR ou SERRA (5), casal de Rame, dont la moitié des dîmes appartenaient à Notre-Dame de Josaphat.
5. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, page 37.

AZOT (6) avait remplacé la ville des Philistins si souvent mentionnée dans la Bible; elle avait cour de bourgeoisie. La bourgade moderne qui la remplace se nomme Esdoud. Plusieurs membres de la famille d'Ibelin portèrent le titre de seigneurs d'Azot.
6. Codices Diplomaticos, tome 1, page 48 et 325.

BAINEOLBEDERAN (7), casal voisin d'Ascalon; position encore à trouver. Donné au Saint-Sépulcre en 1155, par Amaury, comte de Japhe (Jaffa) et d'Ascalon.
7. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 58, page 115.

BEITDERAS-LA-SECONDE (8), casal donné en 1256 à l'Hôpital par Jean d'Ibelin, comte de Japhe, dont le site s'identifie parfaitement avec le village moderne de Beit-Daras.
8. Codices Diplomaticos, tome nº 128, page 150.

BEITHBEZIN (1), aujourd'hui Bethbesan, casal de Baudouin de Rame, dont les dîmes appartenaient à l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat.
1. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, page 64-101.

BERMENAYN (2), casal dépendant de Lydda, donné à l'Hôpital en même temps que Bethiben, par Hugues de Rame.
2. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 181, page 322.

BEROART (le château) était situé, dit Albert d'Aix, à deux milles d'Ascalon, mais les périples de la côte de Syrie le désignent comme un Caput Beroardi et le placent à dix milles d'Ascalon, vers Jaffa, ce qui me ferait pencher à l'identifier avec le petit cap qui forme le port d'Ebneh.
Cependant, M. Guérin (3) signale un petit château, du moyen âge qu'il vit, au bord de la mer, à une lieue environ d'Esdoud, et qu'il décrit en ces termes:
« ...... Quant au château fort, il est encore en partie debout et mesure quatre-vingts pas de long sur cinquante-trois de large; il était flanqué d'une tour ronde à chacun de ses angles; deux autres tours défendaient ses portes, qui s'ouvraient, l'une à l'orient, l'autre à l'occident, du côté de la mer..... »
3. Guerin, tome II, page 72.

Il est aujourd'hui nommé Minat-el-Kalah. Ce château paraît avoir formé un fief, car on voit, en 1169, Nicolas de Beroard confirmer une donation faite à l'ordre de Saint-Lazare par Hugues, seigneur d'Ibelin (4).
4. Codices Diplomaticos, tome I, nº 12. page 13-33.

BETHIBEN (5), casal dépendant de Lydda, donné à l'Hôpital en 1127 par Hugues de Rame. Position à chercher; selon toute apparence entre Rame et Ibelin.
5. De Marsy. Cartulaire de l'Ordre Saint-Lazare, nº 25.

BEZZE (1), casal donné à l'Hôpital en 1256 par Jean d'Ibelin, aujourd'hui Ket Bezzeh.
1. Codices Diplomaticos, tome I, nº 128, page 150.

BLANCHE GARDE (la) (2), forteresse bâtie par le roi Foulques en 1140, aujourd'hui Tell es Saphieh.
2. Architecture militaire des Croisades, page 123. — Guillaume de Tyr, Livre XV chapitre 5.

CAICAPHA ou CARCAPHA (3), casal donné à l'église de Bethléem en 1111, par le roi Baudouin Ier, aujourd'hui Ket Kerkafa.
3. Guillaume de Tyr, Livre XI, chapitre 12.

CALA (4), casal situé entre Rame et Mirabel, possédé par l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat, et que je crois retrouver dans le village ruiné de Deir-el-Kalat.
4. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, page 79.

CAPHYRIA ou SAPHARIA (5), casal voisin de Rame, possédé par les moines de Notre-Dame de Josaphat. Aujourd'hui Kefirah; identification due à M. Delaborde.
5. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, page 30, 46, 64, 101.

CASAL DES BAINS, village dépendant de Mirabel. mentionné par Vinisauf, aujourd'hui Ket Om-el-Hammam.

CAMSA (6), casal donné à l'Hôpital en 1256 par Balian d'Ibelin, comte de Japhe et d'Ascalon, dont le site paraît se retrouver dans les Kharbet Kamas.
6. Codices Diplomaticos, tome I, nº 128, page 150.

CANCI ou ZANZI (7), casal situé entre Rame et Japhe, possédé en 1216 par l'Ordre Teutonique.
7. Strehelke. Tab. Ord. Teutonique, page 272.

CAPHARUTH (8), qui s'identifie avec le village nommé aujourd'hui Kafarout. Ce village est mentionné en 1171, dans un privilège de Bernard, évêque de Lydda.
8. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 181, page 323.

CARCAFAS (9), casal du territoire d'Ascalon possédé, en 1178, par l'abbaye du Mont-Sion. Le même, je crois, que Caicapha.
9. Charte inédite.

CATHARA (1), casal du territoire d'Ibelin appartenant au Saint-Sépulcre, aujourd'hui Gederah.
1. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 58, page 116.

CEPHRIE (2), casal ruiné, voisin de Saint-Georges de Lydda, donné, antérieurement à l'année 1138, à l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat. Aujourd'hui Ket Scheprieh.
2. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, page 49.

CHOLE, casal dépendant de Rame et dont le site pourrait peut-être s'identifier avec le village moderne de Kouly; près Rentis.

CORTEIZ (3), casal vendu au Saint-Sépulcre par Balian d'Ibelin. Position inconnue.
3. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 59, page 92-117.

DARCHIBOAM ou DARYEBOAM (4), casal du fief du comte de Japhe, mais qui semble avoir été dans le territoire de Jérusalem.
4. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, page 44, 47, 64, 101-102.

DARMERSOR (5), casal vendu aux chanoines du Saint-Sépulcre par Hugues d'Ibelin.
5. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 59, page 117.

DEIR MUSIM (6), casal vendu aux chanoines du Saint-Sépulcre par Hugues d'Ibelin, est ensuite mentionné en 1155, dans un privilège du même seigneur. L'identification de ce lieu avec les ruines de Deir Mahzen ne saurait faire l'objet d'aucun doute.
6. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 57, 63, page 114, 128.

DERSABET ou DERSABEB (7), casal voisin d'Ibelin, vendu par Hugues d'Ibelin aux chanoines du Saint-Sépulcre.
7. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 50, 56, page 92, 110-117.

ELGEDEIDE (8), casal relevant d'Ascalon, nommé de nos jours El Djedeideh; ce casal fut donné à l'Hôpital en 1256, par Jean d'Ibelin, comte de Japhe.
8. Codices Diplomaticos, tome I, nº 128, page 150.

ELROUEIHEIB (9); ce casal fut donné à l'Hôpital en 1256, par Jean d'Ibelin, comte de Japhe.
9. Codices Diplomaticos, tome I, nº 128, page 150.

FALUGE (1), casal échangé à l'Hôpital, en 1165, contre celui de Soma ; ce village, appelé aujourd'hui Faloudjeh, est situé au bord du torrent de Semsem, en face du village d'Arak-Menchieh.
1. Codices Diplomaticos, tome I, nº 197, page 211.

FORBIE (2), casal à trois lieues de Gadres, vers Ascalon, aujourd'hui Herbieh. Ce lieu fut, en 1244, le théâtre d'un combat désastreux pour les Francs.
2. Mémorial du roi Richard, page 346.

GADRES ou GAZE, château élevé en 1149, par le roi Amaury, sur les ruines de la Gaza des Philistins, et donné par lui aux Templiers; il était construit sur un petit plateau dominant de vingt mètres, à peu près, la plaine environnante.
Voici la description que nous a laissée l'historien Guillaume de Tyr (3) du site de cette forteresse et de la bourgade qui en dépendait:
« ...... Castrum ergo totum collem supra quem civitas fundata fuerat, ut prediximus, non potuit occupare : sed convenientes quidam ad loci illius habitationem, ut tutius ibi morarentur, reliquam partem collis, portis et muro, sed humili et infirmo, tentaverant munire. »
3. Guillaume de Tyr, livre XX, chapitre 20. page 970.

Il ne subsiste plus que les restes d'une tour barlongue; et l'emplacement de cette forteresse est aujourd'hui nommé Bordj-el-Atika, ou le Vieux-Château, par opposition au château neuf élevé par le sultan Selim Ier, et que Bonaparte fit sauter en 1799.

Non loin, à l'ouest, se voit une belle église du douzième siècle, transformée maintenant en mosquée, et qui était dédiée à saint Jean-Baptiste.
C'est là, je crois, tout ce que l'on peut retrouver de la Gadres des Croisades.

Un autre souvenir de cette époque est cependant encore à noter dans l'appellation de Bab-ed-Daroum, porte du Darum, donnée, de nos jours, à l'entrée sud de Gaza.

GELADIA (1), casal appartenant au Saint-Sépulcre, qui l'avait acheté de Jean Goman, et qui s'identifie avec le village moderne de Djeladieh.
1. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 166, page 296.

GEMAIL (2), casal dont les dîmes appartenaient à Notre-Dame de Josaphat.
2. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, page 37, 64, 101.

GENDAS (3), casal voisin de Raine, donné à l'Hôpital par Hugues de Ram en 1127, village de Djindas, au nord-est de Lydda.
3. Codices Diplomaticos, tome 1, nº 12, page 13-33.

GESCHALE (4), casal où se trouvaient quatre charrues de terre données à l'Hôpital en 1207. Aujourd'hui Ket Gazaleh.
4. Codices Diplomaticos, tome 1, nº 176, page 218.

GHIT ou GATH (5), casal du Saint-Sépulcre voisin de Lydda.
5. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 181, page 323.

HELEIQUAT (6), casal donné à l'Hôpital en 1256, par Jean d'Ibelin, comte de Japhe, aujourd'hui El Houleikat.
6. Codices Diplomaticos, tome 1, nº 128, page 150.

HUETDEBES (7), casal vendu en 1160 au Saint-Sépulcre par Hugues d'Ibelin.
7. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 37, 60, 63, page 114, 121, 128.

IBELIN fut le fief de la famille la plus considérable du royaume. On y trouve encore quelques vestiges du château élevé sur les ruines de l'antique Jamnia par Balian le Français, premier seigneur d'Ibelin Nous savons, par Guillaume de Tyr, que ce château était carré avec tours aux angles.

Au milieu de ces ruines se voient encore les restes d'une petite église, mais ces débris sont à peu près enfouis sous les maisons du village moderne d'Ebneh, construit entièrement avec ses débris, et qui paraît occuper tout l'emplacement de la petite ville environnant, au moyen âge, le tertre sur lequel s'élevait le château.

JAPHE (JAFFA), au point de vue commercial et maritime, ne fut jamais qu'une ville secondaire du royaume latin et ne tira son importance que de son voisinage de Jérusalem.
Son mouillage fut toujours considéré comme dangereux, et les Latins ne paraissent point avoir essayé d'y construire un port.
A cette époque, la ville était divisée en deux parties : la cité haute, qui formait le château, et la ville basse, ou Bourg-Neuf (1).
1. Joinville.

Le voyageur Jean Kootwyck, qui visita les ruines de Japhe en 1596, signale deux grandes tours carrées couronnant la colline, et les dessins du voyageur hollandais de Bruyn, faits en 1681, nous montrent encore des restes considérables de ce château.

On ne retrouve plus aujourd'hui, au milieu des maisons de la ville moderne, qu'un fragment de l'enceinte de cette forteresse, consistant en deux tourelles, l'une carrée, l'autre arrondie, reliées par un gros mur. Ces restes, qui se retrouvent facilement dans le dessin de de Bruyn, servent aujourd'hui de poudrière à la ville de Jaffa et sont désignés sous le nom de El-Kalah (le Château).

Quand, en 1395, le seigneur d'Anglure visita la Terre-Sainte (2), il trouva reconnaissables, au milieu des ruines de ce château, celles de l'église Saint-Pierre.
2. Pèlerin d'Anglure, page 51.

Le Bourg-Neuf, nom sous lequel Joinville désigne la ville basse (3), dont saint Louis releva les murailles, entourait le château et paraît avoir occupé à peu près la même superficie et avoir eu la même forme que la ville actuelle.
3. Joinville, page 108.

Au moment du siège de Jaffa par les Français en 1799, on voyait encore deux tours barlongues et les bases de plusieurs autres, qui semblent avoir fait partie des défenses élevées par saint Louis. Elles étaient composées d'une enceinte semi-circulaire de murailles avec tours, les deux extrémités se terminaient à la mer par de gros ouvrages arrondis.

Celui du Nord subsistait quand Corneil de Bruyn visita Jaffa en 1681.
Dans le Cartulaire du Saint-Sépulcre, on trouve mentionnée une église de Saint-Nicolas, située extra muros.
Joinville dit qu'une des principales tours de Japhe était nommée tour du Patriarche, et que ce fut saint Louis qui fonda la maison des Frères Mineurs de cette ville.
Le cartulaire de l'abbaye de Josaphat nous fait connaître l'existence des chapelles de Sainte-Croix et de Saint-Laurent, s'élevant, dans le château, près de l'église de Saint-Pierre (1).
1. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, page 83.

KAFREHERRE (2), casal dont les dîmes sont données à l'église Saint-Jean de Naples par Balian d'Ibelin, qui s'identifie avec le village de Kefer-Haret.
2. Codices Diplomaticos, tome 1, nº 191, page 236.

KEPHRECYLTA (3), casal du Saint-Sépulcre dans le territoire de Lydda. Quelques voyageurs pensent que ce casal pourrait se retrouver dans le village de Kefer Ischa.
3. Codices Diplomaticos, tome 1, nº 181, page 323.

LUCERI (4), casal très voisin du château de Mirabel et qui paraît pouvoir s'identifier avec les ruines nommées Ket Doucerah.
4. Codices Diplomaticos, tome 1, nº 181, page 323.

LYDDE ou SAINT-GEORGES, ville épiscopale dépendant de Rame. Elle était administrée par un vicomte. On y voit encore des restes importants de la cathédrale bâtie au douzième siècle Aujourd'hui Lydda.

MACHOZ (1), casal très voisin d'Ascalon, concédé à l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat par Hugues, comte Japhe et d'Ascalon, aujourd'hui Ket Makkous.
1. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, page 47, 65, 102.

MAEN (le château de) (2), poste militaire qui s'élevait sur l'un des contreforts des montagnes, au sud-est de Rame (Rameh, ar-Rame or ar-Rama), et dont M. Guérin a retrouvé les ruines à Deir Main, ou plutôt sur la colline qui le domine et porte le nom d'El Bordj. Cette forteresse fut démantelée par Salah-ed-din en 1192.
2. Mémoire du roi Richard, page 280.

MALAGUES (3), casal donné en 1256 à l'Hôpital par Jean dlbelin, comte de Japhe et d'Ascalon, et que le Dr Prutz identifie avec les ruines d'Oum Lakis.
3. Codices Diplomaticos, tome 1, nº 128, page 150.

MARESCALCIE (4), casal dont les dîmes furent données, en 1122, à l'église Saint-Jean de Naples par Balian, comte de Japhe et d'Ascalon. Ce casal, cité avec Mirabel, Rentie et Kefreherre, dont il était voisin, doit peut-être se retrouver dans les Ket Mesmar, signalées par M. V. Guérin ?
4. Codices Diplomaticos, tome 1, nº 191, page 236.

MEJEZIE (5), casal possédé par l'ordre de Saint-Lazare, qui l'avait reçu, en 1155, d'Amaury, comte de Japhe et d'Ascalon ; ce village était très voisin d'Ascalon. Doit être El Medjdel, dont un quartier est encore nommé Djimmeizeh.
5. De Marsy Cartulaire de l'Ordre de Saint-Lazare, nº 15.

MELIUS (6), casal des environs d'Ascalon, donné en 1111 à l'Hôpital par Hugues du Puiset, comte de Japhe.
6. Codices Diplomaticos, tome 1, nº 2, page 2.

MIRABEL (7), château et fief qui passèrent de la famille d'Hierges dans celles des Ibelins; les ruines de cette forteresse se voient encore dans le village de Medjdel-Yaba, qui s'est bâti de leurs débris. On y trouve également, les restes d'une belle église du douzième siècle (8).
7. Codices Diplomaticos, tome 1, page 236.
8. Historiens arabes des Croisades, tome III. page 302.

MONTGISARD (2), château et fief important du comté de Japhe, et qui, d'après un passage de Guillaume de Tyr, était situé dans le diocèse de Lydda, non loin de Rame et au sud de Mirabel. Malheureusement, ce site n'a point encore été retrouvé.
2. Guillaume de Tyr, livre XXI, chapitre 23.

NATRON, Notron, Natrum (le), château sur la route de Japhe à Jérusalem, possédé par les Templiers, nommé aujourd'hui El Latroun (3). Pris par Salah-ed-din en 1187, ce château fut démantelé en 1192, et est maintenant presque complètement ruiné. C'est, je crois, la même forteresse, qu'en 1244 nous trouvons désignée sous le nom de Turo Militum prope Jérusalem (4).
3. Historiens arabes des Croisades, tome III, page 33-99.
4. Codices Diplomaticos, tome 1, page 321, et Mémorial du roi Richard, page 280.


Latrun: Crusader castle of Toron des Chevaliers
Vestiges de château d'El Latroun des Templiers en 1187.

ODABEB (5), casal dépendant de la terre de Vuetmoamel et mentionné dans un privilège de Baudoin III, en 1155.
5. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 56-59, page 110-117.

PHETORA (6). casal voisin d'Ascalon, donné à l'Hôpital en 1256 par Jean d'Ibelin, comte de Japhe, aujourd'hui Ket Berderah.
6. Codices Diplomaticos, tome 1, nº 128, page 150.

PORPHILIA (7), casal voisin de Lydda et qui s'identifie avec le village moderne de Berfilya.
7. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 181, page 322.

RAME, RAMLEH, ville et fief du comté de Japhe, aujourd'hui Ramleh, dont les seigneurs ont fourni un chapitre aux Familles d'Outre-Mer. Elle était administrée par un vicomte. On y voit encore une belle église du douzième siècle transformée en mosquée. Aboulfeda attribue la fondation de cette ville à Soliman, fils du calife Abdel-Melek.

RENTIE (1), casal dépendant de Lydda, aujourd'hui Rentieh.
1. Codices Diplomaticos, page 236.

RENTIS (l'abbaye de Saint-Joseph d'Arimathie de) ; quelques ruines de ce monastère se voient encore dans le village arabe dont le nom n'a pas changé, et qui, d'après certains auteurs, remplace la bourgade d'Arimathie.

ROMEMBRE (2), casal possédé par l'abbaye de Mont-Sion. Il était situé dans le territoire d'Ascalon. Peut-être Ket Om-er-Ribyah, entre Esdoud et Hammameh ?
2. Charte inédite.

SAARETHE (3), casal donné en 1256 à l'Hôpital par Jean d'Ibelin, comte de Japhe, et qui me paraît pouvoir être identifié avec le village de Keratieh.
3. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 128, page 150.

SAPHORIA ou SAPHIRIA (4). Voir Caphyria.
4. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 128, page 247.

SAURONA ou SARONA (5), casal voisin de Rame et de Lydda et dont le site se retrouve dans le village moderne de Saraphend.
5. Guillaume de Tyr, livre X, chapitre 20.

SEMSEM (6), casal donné en 1256 à l'Hôpital par Jean d'Ibelin, comte de Japhe et d'Ascalon, aujourd'hui Simsim.
6. Codices Diplomaticos tome I, nº 128, page 150.

TARPHIM (7), casal dont les dîmes appartenaient à l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat.
7. Delabordes, Chartes de Terre-Sainte, page 37, 64, 101.

VUETMOAMEL ou ODEMAMEL (8), terre voisine de Rame vendue, ainsi que ses dépendances, par Hugues d'Ibelin, aux chanoines du Saint-Sépulcre, en 1155. Le peu que nous savons de la position de ce fief donne à penser qu'il pourrait, peut-être, s'identifier avec le site d'Amouas ?
8. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 50-58, page 92, 111, 117.

YAZOUR, casal à sept kilomètres au sud-est de Jaffa, dont les environs furent, en 1102, le théâtre d'une bataille perdue par les Francs (1). Quelques voyageurs ont voulu voir dans ce village le château des Plaines, mentionné dans le Mémorial du roi Richard (page 2S0) comme démantelé en 1192 par Salah-ed-Din. Ce bourg est encore nommé Yazour.
1. Guillaume de Tyr, livre X, chapitres 20-22.

ZEITE (2), casal donné en 1256 à l'Hôpital par Jean d'Ibelin, comte de Japhe et d'Ascalon, dont la position paraît se retrouver au village moderne de Zita.
2. Codices Diplomaticos, tome I, nº 128, page 150.

ZEOPHIR (3), casal donné en 1111 à l'église de Betléhem; ce lieu s'identifie parfaitement avec les ruines nommées es Saouafir.
3. Guillaume de Tyr, livre XI, chapitre 12.

ZIBI ou ZIMI (4), casal vendu aux chanoines du Saint-Sépulcre par Hugues d'Ibelin en 1155. Ce que nous savons de sa position me conduit à proposer l'identification de ce casal avec le village moderne de Djimzou.
4. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 59, page 117.
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Seigneurie d'Arsur
La seigneurie d'Arsur paraît avoir été limitée au nord par la rivière de Rochetaillée, aujourd'hui Nahar-el-Hakdhar, à l'est par la seigneurie de Naples, à l'ouest par la mer et vers le sud par le Leddar, appelé, de nos jours, Nahar-el-Aoudjeh.

L'étang marécageux qui se trouve non loin de l'embouchure du Nahar-el-Hakdhar, et qu'il traverse, paraît s'être nommé, au temps des Croisades, le lac de Castorie (5). 5. Codices Diplomaticos, tome I, nº 140: page 171-173.

La seigneurie et le château d'Arsur furent cédés à l'Hôpital le 1er mai 1261, par Balian d'Ibelin, pour une rente annuelle de quatre mille besans sarrasins.

L'enceinte de la ville, construite en petit appareil, flanquée de tours arrondies, était précédée d'un fossé de quinze mètres de large. En 1854, M. Guérin put encore reconnaître les traces de deux des portes, mais il ne reste plus guère que des décombres et des arasements de cette première ligne de défense.

Quant à l'intérieur de la cité, il a été complètement bouleversé par les habitants qui, depuis bien des années, exploitent ces ruines comme une véritable carrière.

A l'ouest, sur une colline dominant la mer, s'élèvent les restes du château. Il est de forme carrée et consiste en une enceinte flanquée de tours barlongues ; en avant des murailles régnait un profond fossé en grande partie comblé.

Vers la mer et sous le commandement du château, deux pointes de la falaise revêtues de talus en maçonnerie déterminent un petit port, aujourd'hui ensablé, et qui avait environ un hectare de superficie. Aux extrémités des deux pointes dont je viens de parler s'élevaient deux tours maintenant renversées ; deux petits môles, dont on aperçoit encore les vestiges, fermaient ce port.

Les dispositions générales du château et du port sont reproduites sur le sceau des seigneurs d'Arsur, publié par Séb., Paoli (1).
1. Codices Diplomaticos tome I, Sigillographie, nº 56.

La forteresse qui nous occupe fut élevée, en 1251, par le roi Saint-Louis, et semble, à en juger par les débris qui se voient encore, avoir présenté une grande ressemblance avec les murailles de Césarée.
Les seigneurs d'Arsur ont fourni un chapitre aux Familles d'Outre-Mer.
En 1265, le sultan Malek-ed-Daher-Bybars, s'étant rendu maître d'Arsur, réduisit en ruines la ville et le château.

BOMBRAC, localité assez voisine d'Arsur, mentionnée par G. Vinisauf et que je crois retrouver dans les ruines nommées Ket Ibreikeh, au nord de Kalkilieh (1).
1. Itinéraire du roi Richard, page 291.

CAUQUELIE ou CALCALIA (2), fief relevant de cette seigneurie ; se retrouve aujourd'hui dans le village moderne de Kalkilieh (3).
2. Codices Diplomaticos, page 171.
3. Cartulaire du Saint-Sépulcre, page 280.


HARRAMES ou ARAMES (4), casal vendu, en 1232, aux Templiers, pour 15,000 besants, par Jean d'Ibelin, seigneur d'Arsur, et qui parait s'identifier avec le village ruiné nommé El-Haram-Ibn-Ali.
4. Continuateur de Guillaume de Tyr, page 398.

LARGIEOUS (5), casal situé entre le torrent de Trousse-Paille et la rivière du Leddar ; peut être identifié avec le village moderne de Jieyous, dont la situation s'accorde bien avec l'indication topographique qui précède. Il est situé entre le Ouady Sir au nord et l'Ouad-el-Azzoun au sud.
5. Codices Diplomaticos, tome I, page 189.
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Le Comté de Césarée
Le comté de Césarée était borné, au sud, par la rivière de Mondisder, à l'ouest par la mer, à l'est par la vicomté de Naples et la principauté de Galilée; cette seigneurie paraît s'être étendue jusqu'à Athlit ou Château Pèlerin ; la limite nord semble avoir été le cours d'eau nommé aujourd'hui Ouady Mileh. Les villes principales de cette seigneurie, après Césarée, étaient:
Chaco, aujourd'hui Kakoun, et le Merle, qui s'identifie avec la bourgade moderne de Tantourah ; ces villes possédaient cour de bourgeoisie et étaient administrées par des vicomtes.

Voici, par ordre alphabétique, les casaux de Césarée dont les noms nous sont parvenus:

ADEKA (1), casal dans le territoire de Césarée, donné à l'Hôpital par Jean du Bessan.
1. Codices Diplomaticos, tome I, nº 30, page 33.

ALDESIE (2); ce casal est mentionné en l'année 1131, dans un acte de Grenier, seigneur de Césarée.
2. Codices Diplomaticos, tome I, nº 13, page 14.

ALLAR (3), casal dépendant de Césarée, mentionné en 1200 dans le même acte que le suivant. Ce point paraît se retrouver dans le village moderne d'Ellar.
3. Codices Diplomaticos, tome I, nº 9, page 288.

ALOEN (4), ce casal est mentionné en 1200, dans un acte d'Adhémar, comte de Césarée, relevant de cette seigneurie. Un lieu nommé El Alay'an se trouve près du village de El Mesadi et convient assez à la position.
4. Codices Diplomaticos, tome I, nº 9, page 288.

ARONIA (5), casal cité, en 1181, dans une charte de Baudoin, roi de Jérusalem.
5. Codices Diplomaticos, tome I, nº 70, page 71.

ARTABEC (6), casal vendu à l'Hôpital, en 1135, par Hysembard et sa femme Roarde. Il confinait au nord le casal de la Latine, à l'est Kalansoue et au sud Calodie. Peut-être Irtach ?, village dans lequel se retrouve, déjà, l'Irtah des listes de Thoutmès III.
6. Rey, Recherches sur la Domination Latine en Orient.

BELEISM (7), château voisin de Chaco (Kakoun).
7. Codices Diplomaticos, tome I, page 33.

BETHALLA (8), casal relevant de Césarée, possédé, dès l'année 1115, par l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat.
8. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, page 30-46-64-101.

BEZZEMEL (9), casal de Césarée que nous trouvons cité, en 1200, dans un acte d'Adhémar, comte de Césarée.
dans un acte de Gauthier de Césarée en 1145; ce lieu me paraît identique avec le village nommé Subbarim. Ce casal paraît avoir appartenu à l'hôpital.
9. Codices Diplomaticos, tome I, nº 9, page 288.

SAINTE-ANNE (1), casal du comté de Césarée mentionné dans un acte de Baudoin en 1182. Aujourd'hui Ket Hanneh.
1. Codices Diplomaticos, tome I, nº 71, page 71.

SAINT-PIERRE DE CESAREE (2), casal dépendant de Césarée, mentionné dans le même acte. Position aujourd'hui inconnue. 2. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 71, page 144.

SAMARITA ou SAMARITANO (3), casal de Césarée mentionné en 1200 dans un acte d'inféodation du comte Adhémar. L'identification de ce casal avec le village moderne de Zemmarim ne paraît faire l'objet d'aucun doute.
3. Codices Diplomaticos, tome I, nº 9 bis, page 288.

SOETA (4), casal inféodé en 1200 par Adhémar de Césarée; son site devrait être retrouvé dans le village moderne de Choueïkah.
4. Codices Diplomaticos, tome I, nº 9, page 288.

SOLIMANIA (5), casal mentionné en 1200 dans un acte d'Adhémar de Césarée; ce lieu est nommé aujourd'hui Kharbet-es-Solimanieh.
5. Codices Diplomaticos, tome I, nº 9, page 288.

TOUR ROUGE (la) (6), casal voisin de Caco, cédé en 1242 à l'Hôpital par Pèlerin, abbé de la Latine. Aujourd'hui un village nommé Bordj-el-Ataot ou Bordjez-Zeta. se voit à une lieue au sud-ouest de Kakoun, peut-être marque le site de ce casal.
6. Codices Diplomaticos, tome I, nº 218. page 238.

TOUR DES SALINES (la) (7), située sur un tertre au bord de la mer et donnée à l'Hôpital, aujourd'hui Bordj-el-Meleh, près de l'embouchure du Nahar Zerka. Cette tour semble avoir primitivement porté le nom de Tour de Saint-Lazare (8).
7. Codices Diplomaticos, tome I, nº 72, page 72.
8. Orient Latin Série Geog., tome III, page 181-190.


TRASSIM (2), casal du comté de Césarée, cité en 1200, dans un acte d'inféodation du comte Adhémar. Ce lieu paraît se retrouver dans le village moderne de Drahymeh.
2. Codices Diplomaticos, tome, I, nº 9, page 288.

ZEBEDEL (3), casal relevant de Césarée et mentionné dans un acte d'Adhémar, seigneur de cette ville; ce village porte encore, aujourd'hui, le nom de Zebdeh.
3. Codices Diplomaticos, tome, I, nº 218, page 258.
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La Seigneurie de Naples (Naplouse)
Les limites de cette seigneurie ne peuvent être établies d'une manière tout à fait précise, et j'ai dû les indiquer en me basant sur les renseignements que j'ai pu recueillir, dans les cartulaires, relativement à certains villages.
Je dirai donc seulement qu'elle était limitée au nord par la seigneurie du Bessan et la principauté de Galilée, à l'ouest par les baronnies de Césarée et d'Arsur, au sud par le territoire de Jérusalem ; à l'est, enfin, elle s'étendait jusqu'au Jourdain et comprenait peut-être même quelques cantons situés sur la rive gauche de ce fleuve.

AGE (4), casal sis dans le territoire du Sabast (Sebaste), possédé en 117S par Notre-Dame du Mont-Sion. Ce village est encore nommé Ajjeh.
4. Charte inédite.

ASCHAR (5), casal dont la possession fut confirmée à l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat en 1115 par le roi Baudoin Ier.
Selon toutes apparences, c'est avec les ruines nommées El Achaïr qu'il faut identifier ce village.
5. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, page 29, 37, 45, 81, 102.

BETHER ou BYTIR (1) ; ce casal, qui s'identifie avec les ruines nommées Ket Et Tyreh, fut attribué, en 1130, par le Roi Baudoin II à l'abbaye de Josaphat.
1. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, page 46-61-101.

BETHEFLORI (2), casal du territoire de Naples donné au Saint-Sépulcre par le roi Baudoin II. Position à retrouver.
2. Cartulaire du Saint-Sépulcre, page 90-93-96-224.

BURIN (3); ce casal, très voisin de Naples, était possédé, en 1178, par l'abbaye de Notre-Dame du Mont-Sion et se retrouve, sans hésitation, dans la bourgade moderne du même nom.
3. Charte inédite.

CAPHASTRUM (4), casal possédé, à la même époque, par les moines du Mont-Sion et qui paraît devoir être identifié avec les ruines nommées Kefer Istoun.
4. Charte inédite.

GASRACOS (5), casal voisin d'Aschar, donné à l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat par le roi Baudoin III, le 13 mars 1159, et dont le site n'a point encore été retrouvé.
5. Delaborde. Chartes de Terre-Sainte, page 80-81-83.

FAME (6), casal du territoire du Sabast, possédé, en 1178, par l'abbaye de Notre-Dame du Mont-Sion; ce village porte encore aujourd'hui le nom de Fameh.
6. Charte inédite.

FUNDECOMIE (7), casal vendu à l'Hôpital en 1178 par Amaury, vicomte de Naples. Ce lieu s'identifie avec le village moderne de Founde Koumieh, au nord de Sebastich.
7. Codices Diplomaticos, tome I, page 64.

GERABLE (8); ce casal, que nous trouvons également mentionné en 1178 parmi les dépendances de l'abbaye de Notre-Dame du Mont-Sion, s'identifie avec les ruines nommées Ket Scherabeh.
8. Charte inédite.

GUL (1), la seule trace qui reste de ce casal, possédé par les religieux du Mont-Sion, est le nom porté encore, à présent, par le ruisseau au bord duquel il paraît avoir été situé, nommé Ouady Ghoul. et qui se trouve au nord-est de Naplouse, entre cette ville et le village de Tallouza; ce cours d'eau descend du Mont-Ebal.
1. Charte inédite.
FORBELET (2), forteresse dominant le cours moyen du Jourdain, au sud de Bessan, et fréquemment citée par les Historiens des Croisades.
2. Mas Latrie, Chroniques de Bernard le Trésorier, page 99.

« Dont se logea Salehadins es montaignes devant Forbelet....... »
J'ai recherché avec soin le site de ce château, et je crois l'avoir retrouvé dans un édifice militaire médiéval dont les ruines occupent le sommet d'une haute colline et portent, aujourd'hui, le nom de Kalaat Maleh. Si on admet cette identification, cette fortesse doit être comprise dans les dépendances de Naples.

KAFARHONE (3); ce casal fut concédé, en 1177, à la maison de Notre-Dame des Allemands par le roi Amaury.
3. Strehelke. Tab. Ord. Teutonique, nº 8. page 9.

KAFERMELEH (4), casal donné, en 1133, au Saint-Sépulcre, par Baudoin II. Ce village porte encore le nom de Kefer Melik.
4. Cartulaire du Saint-Sépulcre, page 93-98.

LATHARA (5), casal vendu, en 1178, à l'Hôpital par Amaury, vicomte de Naples; c'est aujourd'hui un hameau nommé El Atara.
5. Codices Diplomaticos, tome I, page 64.

LOIA (6), ce casal est mentionné, en 1178, dans un acte d'Amaury, vicomte de Naples, comme étant au nord de Sileth; je retrouve ce casal dans les ruines de Laouah, au nord de Sileth-ed-Dahar.
6. Codices Diplomaticos, tome I. page 64.

MARECHALERIE (la), château situé dans la vallée du Jourdain.
Peut-être ce lieu pourrait-il se retrouver dans la ruine nommée Meskarah, au pied de la colline de Sartabeh. Il est vrai que le mot Meskarah, signifiant palmier, semble indiquer ici l'emplacement d'une de ces belles plantations de dattiers que nous savons avoir existé au moyen âge dans la vallée du Jourdain.

MEZERA (1), casal donné en 1155 au Saint-Sépulcre, par Baudoin III. Ce village porte aujourd'hui le nom de Mezeirah.
1. Cartulaire du Saint-Sépulcre, page 93.

NAPLES (aujourd'hui NAPLOUSE), qui donnait son nom à cette baronnie, occupe le fond d'une vallée séparant le Mont-Ebal du Garizim.
On y voit encore les restes d'une belle église du douzième siècle (2). Selon toutes probabilités, c'était l'Eglise dite de la Passion et de la Résurrection, mentionnée dans plusieurs actes du Cartulaire du Saint-Sépulcre.
Un contrefort du Mont-Garizim, nommé Ras-Kikis, supporte les restes d'une petite forteresse complètement ruinée, qui fut le château des seigneurs de Naples.
2. Cartulaire du Saint-Sépulcre, page 267-289.

Cette ville possédait, au douzième siècle, une maison de l'ordre de l'Hôpital (3).
3. Codices Diplomaticos, tome I, page 236.

Au temps de la domination franque, les monts Ebal et Garizim étaient nommés Mont-Abel et Mont-Chayn (4).
4. Orient. Latin Série Geographie, tome. III, page 83.

SAFFIR (5), casal relevant de Naples, donné, en 1155, au Saint-Sépulcre, par Baudoin; ce lieu paraît s'identifier assez bien avec le village moderne de Safrin.
3. Cartulaire du Saint-Sépulcre, page 93, et Tab. Ord. Teutonique, nº 8, page 9.

SAINT-JOB (in terra Dothaïm) (6), château possédé par l'Hôpital dans la seigneurie de Naples. Ce lieu paraît être celui qui est, aujourd'hui, nommé Tell Dothan. 6. Mas Latrie Chroniques de Bernard le Trésorier, page 193.

SAINT-SAMUEL (1), casal du territoire de Naples, mentionné en 117S dans un acte d'Amaury, vicomte de Naples.
1. Codices Diplomaticos, tome I. nº 63. page 64.

SANIET ou SAPUE (2) casal du territoire de Naples; possédé antérieurement à 1130 par l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat.
2. Delaborde, Chartes de Terre-Sainte, page 47-65.

SEBASTE ou LE SABAST (3), ville épiscopale s'élevant sur le site de Samarie. Elle était administrée par un vicomte. C'est aujourd'hui une bourgade nommée Sébastien, où l'on voit encore les ruines imposantes de l'église Saint-Jean-Baptiste, élevée au douzième siècle par les Croisés, ainsi que celle de ses vastes dépendances.
3. Familles d'Outre-Mer, page 803.

SELETH ou SILETH (4), casal donné à l'Hôpital eu 1178, par Amaury, vicomte île Naples. C'est aujourd'hui un village arabe nommé Siletli ed-Dahar.
4. Codices Diplomaticos, tome I, nº 65, page 65.

SEYLOX (5), casal dépendant de Naples qui a remplacé la ville judaïque de Silô, aujourd'hui Seïloun. Ce village avait été donné, en 1110, par le roi Baudoin Ier à l'évêché de Bethlehem.
5. Guillaume de Tyr, Livre XV, chapitre 12.

ZAYTHAR (6), casal donné par Philippe de Naples et sa famille, à l'hôpital de Saint-Lazare (les Mesiaux de Jérusalem. Cette donation, faite pendant le siège d'Ascalon, est confirmée en 1155, par Amaury, comte de Japhe et d'Ascalon. Aujourd'hui Ket Zeita ?
6. De Marsy. Cartulaire de Saint-Lazare, nº 14.
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Seigneurie du Bessan
On trouve dans une des chartes formant le Cartu-lairc du Saint-Sépulcre (7), la mention de la limite séparant la principauté de Galilée de la seigneurie du Bessan, et, d'après ce texte, je suis amené à considérer le Ouady Oscheh comme la limite mentionnée.
A l'est, le territoire du Bessan était borné par le Jourdain. A l'ouest, cette seigneurie paraît avoir eu pour limite une ligne commençant à l'Aïn Djalout et venant rejoindre la naissance de l'Oued Melek, qui paraît avoir formé la limite sud de cette baronnie.
7. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 74, page 149.

ARDELLE (1), casal de la seigneurie du Bessan donné à l'ordre teutonique le 26 mars 1173 par le roi Amaury Ier. Il paraît s'identifier avec le village moderne de Berdela.
1. Tab. Ord. Teutonique, page 7.

ASSERA (2), casal donné à l'Hôpital par Jean, seigneur du Bessan. Le site de ce village se retrouve, je crois, dans les ruines nommées Tell-el-Aschera.
2. Codices Diplomaticos, tome I, nº 26, page 29.

BESSAN (le), c'est sur un petit tertre nommé Kalaat-el-Hesan ou Tell-el-Hosn, que s'élèvent les restes de ce château. Il était peu considérable et était cependant pourvu d'une double enceinte; M. Guérin a encore trouvé en place les pieds droits de la porte du château: on y reconnaissait encore fort bien les rainures de la herse.
La bourgade du Bessan, nommée aujourd'hui Beysan, ne fut point d'une grande importance, et les auteurs du moyen âge parlent seulement de ses riches jardins plantés de palmiers.

GELUTH (3), casal de l'abbaye du mont Thabor, cédé à Hugues du Bessan en 1152 par Pierre, abbé du mont Thabor. Les ruines de ce village se voient encore près de l'Aïn Djalout, dont il tirait son nom.
3. Codices Diplomaticos, tome I, nº 160, page 204.

REHAP (4), casal donné en même temps qu'Ardelle aux chevaliers teutoniques. Ce lieu se nomme aujourd'hui Ket Rehab, et est placé au sud de Beysan.
4. Tab. Ord. Teutonique, page 7.

TUBANIE (1), casal tirant son nom d'une source voisine dupetit Gérin. dite fontaine de Tubanie, et qui fut cédé à Hugues du Bessan en même temps que Geluth.
1. Codices Diplomaticos, tome I, page 204.
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Seigneurie du Caimont
CAIMONT (le), château situé au nord-est de la chaîne du Carmel, vers la plaine d'Esdrelon, et qui était compté au nombre des baronnies du domaine royal; nous ne possédons aucun renseignement sur l'étendue des dépendances territoriales de ce fief.
Ce lieu est nommé maintenant Tell Kaïmon, et a remplacé la Joknea antique.
Il y avait au Caimont, disent les Assises, cour de bourgeoisie et justice.
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Seigneurie de Cayphas (Hïfa)
Cette seigneurie ne posséda jamais qu'un territoire assez restreint.
La ville de Cayphas (Haïfa) était assez peu considérable. On voit encore, aujourd'hui, sur la colline aux pieds de laquelle elle est bâtie, la base du vieux donjon carré des seigneurs de Cayphas, que nous trouvons figuré sur leur sceau.

Sceau de Haïfa
Sceau de Haïfa

Son mouillage, abrité par le cap Carmel, était et est encore l'un des meilleurs de la côte de Syrie.
Cette seigneurie n'avait point de ville épiscopale et paraît, au spirituel, avoir relevé de l'évêché d'Acre.
Sur le mont Carmel et sur ses contreforts, se trouvaient plusieurs monastères:
D'abord, le prieuré de Notre-Dame des Carmes, berceau de l'Ordre, puis les couvents grecs de Sainte-Marguerite et de Saint-Jean de Tire.
La forêt de palmiers désignée, au moyen âge, sous le nom de Palmarée de Cayphas, semble avoir été située à l'est de la ville, vers l'embouchure du Kison.

ANNA (1), casal mentionné dans le Cartulaire de l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat, qui s'identifie, je crois, avec le village nommé aujourd'hui Hannaneh, sur le versant nord-est du Carmel.
1. Delaborde, Chartes de Terre-Sainte, page 208.

CAPHARNAUM (2), casal situé au bord de la mer et dont le site a été identifié avec les ruines nommées Tell-el-Keniseh.
2. Codices Diplomaticos, tome I, page 2 et 32.

DIGEGIA (3), casal relevant de Cayphas, donné, en 1201, à l'Hôpital par Christine, fille de Roger, seigneur de Cayphas.
3. Codices Diplomaticos, tome I, page 91.

FAUCONNERIE (la) (4), casal situé entre le Caïmont et Recordane.
4. Codices Diplomaticos, tome I, page 178.

LECARA ou LO CARA (5), casal appartenant au Saint-Sépulcre, peut-être El-Carnac, village ruiné, sur les pentes nord-est du Carmel ?
5. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 167, page 303.

TYMINI ou GALGALA (6), casal situé sur les flancs du mont Carmel, donné, par Tancrède, à l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat, antérieurement à 1120, aujourd'hui Tinany.
6. Delaborde, Chartes de Terre-Sainte, page 30-34-45-68-101-102.
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La Principauté de Galilée et la terre à l'est du Jourdain
Cette seigneurie fut une des quatre grandes baronnies du domaine royal. Ses limites, qui ne sont pas très nettement déterminées par les auteurs contemporains, semblent avoir été, vers le nord, la vallée de l'Ouad Aouba; vers l'ouest, une ligne passant par le sommet des crêtes du mont Jermak, s'infléchit au sud-ouest, vers Kison, en suivant les collines basses qui se voient à l'ouest des villages de Zekkanïn, de Kefer Menda et de Bedar; au sud, elle était bornée par la chaîne du Carmel jusqu'à Djennin, nommé alors le Grand-Gérin, et, de ce point au Jourdain, par une ligne venant rejoindre le fleuve un peu au nord de Bessan et qui paraît avoir été le Ouady Oscheh.

La domination latine s'établit également d'une manière très sérieuse (1) à l'est et au nord-est du lac de Tibériade. Pendant le douzième siècle, les Francs y possédèrent la contrée nommée alors la terre de Suete, Suhete ou Sueka, qui semble avoir formé au moins un des fiefs de la princée de Galilée, puisque nous trouvons dans le Code diplomatique de Paoli (2) et dans le Cartulaire du Saint-Sépulcre (3) plusieurs actes dans lesquels, entre les années 1165 et 1170, paraît comme témoin un personnage nommé Guillaume de Sueta ou Sueka (4).
1. Assises de Jérusalem, tome I, page 422.
2. Codices Diplomaticos, tome I, nº 41, page 42.
3. Cartulaire Saint-Sépulcre, nº 123-124, page 227-228.
4. Codices Diplomaticos, tome I, page 2.


Dès l'année 1110, nous trouvons cité dans Paoli le don fait aux hospitaliers d'un casal situé en la terre de Soethe (5).
5. Le village moderne de Suhita, entre Belinas et beit-Djenn, parait bien devoir être identifié avec la localité du moyen âge qui nous occupe.

Ibn Djobaïr (1), voyageur musulman, qui traversa cette contrée en 1184, nous apprend que la route de Damas à Tibériade atteignait, alors, la frontière du royaume latin entre Beit-Djenn et Belinas, à un lieu-dit le chêne de la Balance. Cet endroit était situé à peu près à égale distance de ces deux villes.
1. Historiens arabes des Croisades, t. III, page 446.

On sait que les écrivains arabes du douzième et treizième siècles désignent sous le nom de Souad ou Saouad de Damas toute la région s'étendant au sud de cette ville jusqu'au Belka (2); et Naoua, aujourd'hui Neve, est citée par Aboulfeda comme se trouvant dans cette province.
2. Historiens arabes des Croisades, tome III, page 766.

Or, la terre de Suete est désignée par plusieurs autres historiens arabes sous le nom de Savada ou Soad (3), c'est-à-dire la Contrée noire, nom qui convient parfaitement à l'aspect et à la nature essentiellement basaltique de toute cette région. 3. Vilken. Comment. Bell. sacr. ex Aboulfeda, page 128-203.

Voici donc parfaitement établie l'identification de la terre de Suite ou de Suhete avec le Djolan, contrée s'étendant à l'est du lac de Tibériade et du cours supérieur du Jourdain.
Si, maintenant, nous recherchons ce que les historiens, tant arabes qu'occidentaux, nous apprennent sur la domination latine dans cette région, nous trouvons dès l'année 1105, le récit de l'invasion du Saouad par les Francs, qui élevèrent une forteresse nommée Aal (4) entre ces cantons et el Bathanieh (le Hauran). Ce château fut bientôt détruit par Thogtekin, mais deux conventions survenues entre ce prince et le roi Baudoin Ier, l'une en 1109 (5) et l'autre en 1111 (6), abandonnèrent aux Latins les revenus de la moitié du Saouad et du Djebel Aouf.
4. Historiens arabes des Croisades, tome III, page 529.
5. Historiens arabes des Croisades, tome III, page 491.
6. Historiens arabes des Croisades, tome III, page 541.


De nouvelles expéditions des Francs dans le Hauran, notamment en 1113 et 1119 (1), où, à la suite du combat Bouser (Bouser et Hariri), ils pénétrèrent dans le Ledja et prirent la ville d'Adraha; d'autres, en 1125 et en 1129, affermirent leur domination sur la contrée de Suete.
1. Historiens arabes des Croisades, tome III, page 561.

En 1150, on voit figurer, parmi les donations faites à l'abbaye de Notre Dame de Josaphat de Jérusalem, les casaux de Saint-Georges de Chaman et de Zebezeb, situés dans la terre de Suhete, à l'est du lac de Tibériade (2). Le site du premier semble devoir être retrouvé dans un village ruiné qui se voit près des Aïoun Schumanw, sur la route de Safed à Kuneïtrah, entre le village de Naouarau et le Tell Abou-Khanzir.
2. Delaborde, Chartes de Terre-Sainte, page 28-65-69.

D'après les Assises de Jérusalem, la principauté de Galilée devait quarante chevaliers pour les terres qu'elle possédait à l'est du Jourdain et du lac Tabarie.
Plusieurs de ces chevaliers peuvent fort bien n'avoir eu que des fiefs de soudée.
Guillaume de Tyr relate, en 1182, la reprise, par les Francs, d'un château s'élevant dans la terre de Suhete, non loin de Tabarie, à seize milles au-delà du Jourdain et dont la possession rendait les Latins maîtres de tout le pays environnant (3). Cette forteresse dont, malheureusement, nous ignorons le nom, semble être la même qui avait été vainement assiégée par Nour-ed-din en 1158.
3. Guillaume de Tyr, Livre I, page 1090.

Pour la contrée située à l'est de la partie moyenne du cours du Jourdain, la domination franque se borna peut-être d'abord aux tributs annuels que le roi Baudoin Ier levait dès l'année 1118 sur la montagne du Djebel Adjloun et les environs de Szalt.

Saphet, le château de la Fève, le Chastellet, Forbelet aux Templiers, et Belvoir aux Hospitaliers, étaient les principales forteresses de cette seigneurie, dont Tibériade était la ville principale.


Le Lyon, nom porté au moyen âge par l'antique Mejiddo de la Bible, ainsi que le Grand-Gérin, aujourd'hui Djennïn, Palmer, Casal-Robert, nommé en arabe Kefer-Kanna, en étaient les bourgades administrées par des vicomtes.
Nazareth était le siège de l'archevêché dont relevait l'évêque de Tabarie, ainsi que les abbés du Mont-Thabor et de Palmérium.

AIN MEHER, village et source de Galilée, célèbres par le combat où Jacquelin de Maillé, Maître du Temple, perdit la vie, en mai 1187; aujourd'hui Aïn Mahel, près de Nazareth.

ARABIA (1), casal vendu à l'Ordre teutonique en 1234, par Isabelle du Bessan, femme de Bertrand Porcelet; il est nommé, de nos jours, Arrabeh. Ce village forma, avec Zekkanïn (2), un fief dont les possesseurs portèrent le nom.
1. Tab. Ord. Teutonique, page 3-62-64.
2. Supplément aux Familles d'Outre-Mer, page 15.


ARBEL ou ERBEL (3), casal de l'abbaye du Mont-Thabor, aujourd'hui Irbid.
3. Codices Diplomaticos, tome I, rr 156, page 200-296.

AYLOT (4), casal voisin de Nazareth, mentionné le 9 octobre 1255 dans un acte d'Henry, archevêque de cette ville; ce village est aujourd'hui nommé Eilout.
4. Recherches sur la Domination des Latins en Syrie, page 37.

BATUF (5), casal de l'église de Nazareth, donné en 1259 à l'Hôpital par Henry, archevêque de Nazareth; ce nom se retrouve aujourd'hui dans le Merdj-el-Battouf.
5. Codices Diplomaticos, tome I, nº 133, page 162.

BEDAR (6), casal donné aux chanoines du Saint-Sépulcre en 1111, par le roi Baudoin Ier; ce village porte encore le même nom.
6. Guillaume de Tyr, Livre XI, chapitre 12.

BELVOIR ou COQUET (7), village et forteresse appartenant à l'Hôpital, aujourd'hui Kaukab-el-Haoua. Cette localité avait, antérieurement, formé un fief relevant du prince de Galilée, qui fut vendu en 1168 à l'Hôpital par Yvon Velos, son dernier possesseur.
7. Codices Diplomaticos, tome I. nº 46, page 47.

Ce château est carré, mesurant 160 mètres sur 120; il est flanqué aux angles et sur ses faces de tours barlongues. De trois côtés il est muni de fossés taillés dans le roc et sur le quatrième ses murs couronnent l'escarpement de la montagne. Au milieu de l'enceinte s'élèvent les restes d'un édifice qui fut, selon toute apparence, un donjon formant réduit.

BETELCANZIR (1), casal possédé par le Saint-Sépulcre et que nous trouvons mentionné dans un accord entre les chanoines et le Grand-Maître du Temple.
1. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 75. page150.

BIRBERHAM (2), casal de la terre de Suhete, donné à l'Hôpital par Pierre de Lens, antérieurement à 1154.
2. Codices Diplomaticos, tome I, nº 30, page 32.

BUBIN (3), casal possédé par le Saint-Sépulcre, et que nous trouvons mentionné dans un accord entre les chanoines et le Grand-Maître du Temple.
3. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 75, page 150.

BURIE ou BURY (4), village et château situés au pied du Mont-Thabor: ce fut un des fiefs importants de la principauté de Galilée qui s'identifie avec le village moderne de Dabourieh.
4. Codices Diplomaticos, tome I, nº 156, page 200.

CAFARMAZERE (5), casal donné à l'Hôpital par Arnoul Loferenc, donation confirmée en 1154 par le roi Baudoin III, nommé aujourd'hui Kefer Musur: ce village est situé à l'est du Petit-Hermon, entre cette montagne et le Jourdain.
5. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 30, page 32.

CAFREQUENNE ou CASAL ROBERT (6), grosse bourgade administrée par un vicomte; le territoire de ce casal était limité à l'est par Quepsene et la gastine de Jubeil, à l'ouest par les casaux de Séphorie et de Romette, enfin, au nord, par le territoire du casal de Touran; c'est aujourd'hui le village de Kefer-Kana. Le revenu annuel de ce casal paraît avoir été de 400 besans sarrasins.
6. Codices Diplomaticos, tome I, nº 23, page 141-173.

CANA-GALILEE (1), casal de l'Eglise de Nazareth cédé à l'Hôpital en 1259, aujourd'hui Kana-el-Jelil.
1. Codices Diplomaticos, tome I, page 162.

CAPHARMADA (2), casal de l'Eglise de Nazareth; ce village s'identifie facilement avec le village arabe de Kefer Menda, au nord-ouest de Séphorie.
2. Codices Diplomaticos, tome I, page 200.

CAPHARDIN (3), casal du Saint-Sépulcre mentionné dans un accord avec l'ordre du Temple.
3. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 75, page 151.

CAPHARSEPTI (4), casal donné en 1101 par Tancrède à l'abbaye du Mont-Thabor, puis qui, après être passé à l'Eglise de Nazareth, fut cédé à l'Hôpital en 1259, aujourd'hui Kefer-Sabt.
4. Codices Diplomaticos, tome I, nº 133, page 162-200.

CASRIELME (5), casal voisin de Tibériade, donné en 1119 à l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat. Position à retrouver.
5. Delaborde, Chartes de Terre-Sainte, page 30-32-47-65-69-101.

CHASTELLET (le) (6), forteresse élevée en 1178 par le roi Baudoin IV pour commander le passage du Jourdain au pont dit des Filles de Jacob (Djeser benat Yakoub). Défendu par les Templiers, il fut pris et ruiné l'année suivante par Salah-ed-din.
6. Guillaume de Tyr, Livre XXI, ch. 23.

Les ruines de cette forteresse nommée aujourd'hui Kasr-el-Athara consistent en une enceinte de forme rectangulaire avec tours carrées aux angles et présentant dans son plan une grande analogie avec Belvoir.

CORSIE ou CORSY (7), casal voisin de Tabarie, donné aux Teutoniques en 1241 par Philippe de Maugastel et dont le site paraît se retrouver dans les ruines de l'antique Chorozaïn nommées aujourd'hui Kharbet-el-Kerâze, près de l'embouchure de l'Oued-es-Semak.
7. Tab. Ord. Teutonique, nº 90, page 72-124.

CRESUM (1), casal de l'abbaye du Mont-Thabor qui l'avait reçu de Tancrède en 1101; le site de ce casal pourrait peut-être s'identifier avec celui du village moderne de Besum.
1. Codices Diplomaticos, tome I, nº 156, page 200.

DEMIE (2), casal appartenant à l'Hôpital en 1255; ce lieu est indiqué dans la charte où il est mentionné comme se trouvant entre le Thabor et le lac de Tibériade: je suis très porté à proposer son identification avec le village de Dameh.
2. Codices Diplomaticos, tome I, nº 18, page 296.

DERE (3), casal appartenant à l'abbaye du Mont-Thabor, peut-être aujourd'hui et-Tyreh ?
3. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 142, page 259.

DERISAUTH (4). Peut-être Deir et-Saudan ?
4. Codices Diplomaticos, tome I, nº 46, page 47.

DERILAHOUAH (5), casaux donnés en 1168 à l'Hôpital, par Gauthier de Tibériade.
5. Codices Diplomaticos, tome I, nº 46, page 47.

EGDIS (6), casal appartenant à l'Hôpital. Positions à rechercher.
6. Codices Diplomaticos, tome I, nº 18, page 296.

ENDOR (7), casal également du Mont-Thabor et qui répond à la localité biblique du même nom.
7. Codices Diplomaticos, tome I, nº 156, page 200.

FENE (le) ou la FèVE (Castellum Fabe) (8), château de Galilée possédé par les chevaliers du Temple et dont les ruines se reconnaissent facilement au village d'El-Fouleh. Il en subsiste encore des restes assez considérables.

La plaine d'Esdrelon est nommée, par certains écrivains du moyen âge, la plaine de la Fève.
8. Mas Latrie, Chroniques d'Ernoul et Bernard le Trésorier, page 98-102-143.

FORBELET (1), château appartenant à l'Hôpital, situé non loin du Jourdain.
1. Guillaume de Tyr, Livre XXII, chapitre 26.

GALAFICE (2), casal échangé en avril 1169, par Foulques Tibériade avec Pons de Cayphas.
2. Tab. Ord. Teutonique, nº 4, page 5.

GATREGALA (3),casal échangé en avril 1169, par Foulques Tibériade avec Pons de Cayphas. Sites à retrouver.
3. Tab. Ord. Teutonique, nº 4, page 5.

GEBUL (4), casal appartenant au Saint-Sépulcre, situé aux pieds des montagnes de la Galilée, dans la vallée du Jourdain, aujourd'hui Jebul.
4. Cartulaire du Saint-Sépulcre, tome I, nº 149-167, page 149-303.

GERIN(le Grand) ou DJENIN (5), était au douzième siècle une petite ville ayant cour de bourgeoisie et administrée par un vicomte; c'est aujourd'hui une grosse bourgade nommée Djenïn. La famille qui possédait ce fief et en a pris le nom a fourni un chapitre aux suites des Familles d'Outre-Mer. Cette bourgade était entourée de murailles.
En 1555, le moine Boniface y vit encore, à l'entrée du village, les ruines d'une grande église médiévale.
5. Mas Latrie, Chroniques d'Ernoul et de Bernard le Trésorier page 98-106.

GERIN (le petit), casal s'élevant sur les ruines de la Jezraël biblique, aujourd'hui Jezraïn.

GOBIAS (les deux) (6), casaux échangés par Foulques de Tibériade avec Pons de Cayphas, au mois d'avril 1178.
6. Tab. Ord. Teutonique, nº 4, page 5.

HATTIN (7), casal célèbre par la bataille qu'y perdit le 4 juillet 1187 Gui de Lusignan et qui amena la chute du royaume de Jérusalem; ce village porte encore aujourd'hui le même nom; c'est sur la colline nommée Krons Hattin (les cornes de Hattin) que le roi fut fait prisonnier.
7. Codices Diplomatiques, tome I, nº 56, page 57.

HEEDIX (1), casal dont la dîme appartenait à l'abbaye du Mont-Thabor. Site à retrouver.
1. Codices Diplomaticos, tome I, nº 06, page 57.

HELKAR ou HERCAR (2), casal donné au Saint-Sépulcre par Guillaume de Burie, aujourd'hui Ket El Kara.
2. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 121, page 228 et 286.

HEULEM (3), casal dont la dîme appartenait à l'abbaye du Mont-Thabor.
3. Codices Diplomaticos, tome I, nº 06, page 57.

HUBELET (4), casal du Saint-Sépulcre situé sur la croupe orientale du Petit Hermon; son emplacement est encore nommé Ket Ybela.
4. Cartulaire du Saint-Sépulcre, page 226 et Codices Diplomaticos, nº 34, page 47.

HUXENIA (5), casal de Galilée.
5. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 149, page 149-248.

JAUNY (6), place de guerre, citée avec Saphet, qui me paraît devoir être identifiée avec le Kalaat Schouuy, situe au sud de cette forteresse, plutôt qu'avec Ibelin, comme le font MM. Rohricht et Gorgens, à qui j'emprunte la mention de ce château.
6. Rohricht et Gorgens, tome I, page 292.

JERRAZ (7), casal situé dans le Rhor du Jourdain, donné en 1115 à l'abbaye Notre-Dame de Josaphat par Guillaume de Bures. Position à retrouver.
7. Delaborde, Chartes de Terre-Sainte, page 28-46-65-102.

JHERIO (8), casal appartenant à l'Hôpital en 1168, époque où nous le voyons mentionné dans un acte de Gautier de Tibériade.
8. Codices Diplomaticos, tome I, nº 46, page 47.

JUBEIL (9), casal donné à l'Hôpital et qui doit être identifié, je crois, avec le village arabe nommé Om-ed-Djebeil.
9. Codices Diplomaticos, tome I, page 296.

JUBEIM (10), casal de l'abbaye du Mont-Thabor.
10. Codices Diplomaticos tome I, page 200.

KAFRA (1), casal de Galilée appartenant au Saint-Sépulcre, aujourd'hui Kefrah.
1. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 124, page 228.

LEGIONE ou le LYON (2), cette petite ville, qui répondait au site de la Megiddo antique, formait un des fiefs de la principauté de Galilée, était administrée par un vicomte et avait cour de bourgeoisie (3) : son nom moderne est El Leddjoun. Sanuto nous apprend que cette bourgade fut incendiée par les Templiers le 26 janvier 1264 (4).
2. Tab. Ord. Teutonique, page 6.
3. Assises de Jerusalem, tome I, page 427.
4. Marin. Sanup. Ap. Bongars, page 222.


LACOMEDIE (5), Toron, situé entre la petite Palmarée et le lac de Tibériade, donné par Eschive de Tabarie à l'Hôpital ainsi que le droit de pêche dans le lac jusqu'à un jet de pierre et le droit d'utiliser pour des moulins les sources qui vont se jeter dans le lac.
5. Codices Diplomaticos, tome I, page 242.

LUBIE (6), casal donné en 1101 à l'abbaye du Mont-Thabor par Tancrède, aujourd'hui Loubieh.
6. Codices Diplomaticos, tome I, page 200-296.

LOSSERIM (7), casal vendu à l'hôpital en même temps que Jherio, par Simon Cheveron, se retrouve dans les ruines nommées Ket es Sirin.
7. Codices Diplomaticos, tome I, nº 46, page 47.

MALUF (8), casal appartenant à l'Eglise de Nazareth, le village qui le remplace porte le même nom.
8. Codices Diplomaticos, tome I, nº 156, page 200.

MANGANA (9), casal donné en 1101 à l'Eglise du Mont-Thabor par Tancrède.
9. Codices Diplomaticos, tome I, nº 156, page 200.

MARECHALERIE (la) (10), casal dans la plaine de Touran et près duquel s'engagea la bataille de Hattin. Ces ruines portent maintenant le nom de Kharbet Meskarah.
10. R. de Coggesshal.

MESARA ou MESSA (1), casal donné aux moines du Mont-Thabor par Tancrède, aujourd'hui El Mesrâa ?
1. Codices Diplomaticos, tome I, nº 6, page 200.

MOGAR (2), casal possédé par l'Ordre Teutonique, aujourd'hui el Mogar. 2. Strehelke, Tab. Ord. Teutonique, nº 4, page 5.

NAZARETH, ville archiépiscopale de la principauté de Galilée, possédait cour de bourgeoisie et était administrée par un vicomte.
Il ne subsiste plus, aujourd'hui, dans cette ville, aucun vestige des constructions élevées par les Croisés.
Nous savons qu'elle ne fut jamais fortifiée.
Les Latins y avaient élevé deux grandes Eglises: la première, dédiée à l'Annonciation et qui servait de cathédrale, occupait remplacement où se voit aujourd'hui le couvent des Franciscains.

La seconde fut édifiée sur l'emplacement de la maison où fut élevé Jésus; elle était dédiée à saint Gabriel, et la source qui alimentait d'eau Nazareth passait sous cette église par un aqueduc qui se voit encore sous l'édifice qui, au siècle dernier, a remplacé l'église des Croisés.

Raoul de Coggesshal nous apprend que c'est dans le cimetière de Notre-Dame de Nazareth que furent enterrés, en mai 1187, les Templiers tués au combat d'Aïn Mahel.

NAIM (3), casal de Galilée dans la plaine d'Esdrelon, aux pieds du Petit-Hermon, aujourd'hui Naïn.
3. Guillaume de Tyr, Livre XXII, chapitre 21.

NAURE ou NAURES (4), casal de Galilée situé entre le Petit-Hermon et les montagnes de Gelboé, mentionné en 1270 dans un acte intervenu entre Hugues de Revel, Grand-Maître de l'Hôpital et Thomas, légat du Saint-Siège et évêque titulaire de Bethlehem. Ce casal s'identifie sans peine avec le village actuel d'En-Naurah.
4. Codices Diplomaticos, tome I, nº 131, page 192.

PALMER ou PALMERIUM (1), bourgade possédant cours de bourgeoisie et justice. Position à retrouver.
1. Assises de Jérusalem, et Familles d'Outre-Mer, page 837.

PONT DE JUDAIRE (le) (2), était sur le Jourdain à peu près à la hauteur du Bessan. Peut-être le Djiser el Maktona ?
2. Continuateur de Guillaume de Tyr, Livre XXXI, chapitre 12.

PONT DE SENNABRA (le), nom donné au moyen âge par les historiens arabes au Djiser Medjamah. Ce nom était celui d'un village sur la rive gauche du Jourdain.

RAINE (3), casal de Galilée que nous trouvons mentionné dans un acte en 1254; ce village est encore nommé El Reineh.
3. Codices Diplomaticos, tome I, nº 123, page 141.

RAYM (4), casal possédé par l'abbaye du Mont-Thabor.
4. Codices Diplomaticos, tome I, nº 156, page 200.

ROMA (5), casal possédé par l'abbaye du Mont-Thabor; ce village subsiste encore à présent et porte le nom de Tell-Roumah.
5. Codices Diplomaticos, tome I, nº 156, page 200.

ROMETTA (6), casal possédé par l'abbaye du Mont-Thabor; le site de ce village se retrouve dans le bourg de Roumanch, à deux kilomètres à l'est du précédent.
6. Codices Diplomaticos, tome I, nº 156, page 200.

SAINT-GEORGES DE CHAMAN (7), casal de la terre de Suhete près de la plaine de Medan, concédé en 1126 à l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat par Guillaume de Bures. Je crois avoir retrouvé le site de ce village dans des ruines voisines des Aïoun Schaman (sources de Chaman) et portant le même nom, sur la route de Safed à Kuneitrah, entre le village de Naouaran et le Tell-Abou-Khanzir.
7. Delaborde, Chartes de Terre-Sainte, page 40.

SAINT-JOB (1), casal voisin du précédent, donné également à l'abbaye de Josaphat par le même seigneur, en 1129.
1. Delaborde, Chartes de Terre-Sainte, page 43.

SAKA (2), casal qui se trouvait entre le Kison et Capharmada.
2. Baluze, Miscell, tome VI, nº 56, page 57.

SAPHET (le). Forteresse possédée par les Templiers. La ville moderne de Safed, bâtie sur trois collines groupées autour du château, se divise en cinq quartiers entremêlés de jardins.

La citadelle est de forme à peu près ovale. Elle mesure quatre cents mètres de long, sur quatre-vingt-quinze de large.
Ses murs, hauts encore de dix mètres environ, forment une double enceinte que sépare un fossé taillé dans le roc vif. Les pierres de revêtement sont de très grand appareil et taillées à bossages.

En 1863, on voyait sur le terre-plein central de cette forteresse les restes de deux édifices considérables; le premier était un donjon carré et l'autre semble avoir été un grand logis.

Un premier château, élevé vers 1140, par les Croisés, fut détruit, en 1189, par Salah ed-din. Saphet ayant été rendu aux Templiers en 1240, ils relevèrent la forteresse dont nous voyons aujourd'hui les restes.
Les chroniques arabes parlent d'un puits très profond qui alimentait d'eau la garnison.

En dehors de la ville actuelle se voient encore les restes de deux ouvrages avancés du château. Ils étaient également construits en blocs énormes taillés à bossages. Mais, comme celles du château, ces ruines, chaque jour dépecées par les habitants, qui en ont fait de véritables carrières, auront bientôt disparu.

En 1870, MM. Mieulet et Derrien trouvèrent encore une tour barlongue connaissable, formant l'un des flanquements de l'ouvrage situé vers le sud, en avant de la citadelle, de l'autre côté du col, couvert de jardins, où passe la route de Safed à Tibériade.

Le Sultan Malek-ed-Daher-Bybars enleva Saphet aux Templiers en 1266 et massacra les défenseurs de la place, au mépris de la capitulation.
Nous savons, par Baluze, que 260 casaux relevaient du Saphet.

SARD (1), château situé sur la rive droite du Jourdain.
1. Guillaume de Tyr, Livre XIII, chapitre 17.

SARONIE (2), casal donné en 1256 par Josselin de Tournel à l'Hôpital, aujourd'hui Sarona.
2. Codices Diplomaticos, tome I, nº 18, page 296.

SCIRA ou SCIERA (3), casal donné par Tancrède, en l'année 1101, à l'abbaye du Mont-Thabor; c'est, actuellement, le village de Es Sajerah.
3. Codices Diplomaticos, tome I, nº 156, page 200.

SELLEM (4), casal possédé par les Teutoniques; ce village porte encore le même nom.
4. Strehelke, Tab. Ord. Teutonique, nº 4, page 5.

SEPHORIE, grosse bourgade voisine de Nazareth, nommé aujourd'hui Saphourieh, où se voyaient les restes d'une belle église à trois nefs élevée au douzième siècle sous le vocable de sainte Anne.
Une tour, bâtie par les Templiers, au sommet de la colline dominant Saphourieh, demeure encore intacte.

SESYE (5), casal situé près du Jourdain, donné â l'Hôpital par Tancrède en 1101.
5. Codices Diplomaticos, tome I, nº 156, page 200.

SISARA (6), casal donné à l'Hôpital en 1255, mais qui ne paraît être même que Sciera.
6. Codices Diplomaticos, tome I, nº 18, page 296.

TABARIE, ville principale de la principauté de Galilée, s'élève sur la rive occidentale du lac auquel elle donne son nom.
Avant le tremblement de terre de 1837, l'enceinte du moyen âge latin était encore à peu près intacte; elle était flanquée de tourelles rondes. Malheureusement, en beaucoup de points, ce n'est plus, aujourd'hui, qu'un monceau de ruines.

Du vieux château des princes de Galilée, qui s'élevait un peu au-dessus de l'endroit où se voit la forteresse arabe moderne, sur le sommet de l'escarpement bordant l'ouad Bereïdeh, il ne reste plus que des arasements informes.

THANIS ou TANNOCH (1), casal possédé par l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat, aujourd'hui Ta'anouk, entre el Leddjoun et Djenïn. Bonne identification due à M. Delaborde.
1. Delaborde, Chartes de Terre-Sainte, page 36-54-58-61-82-116.

TOURAN (2), casal de Galilée mentionné en 1254 dans un acte de Julien, Seigneur de Sagette. Ce village porte encore le même nom.
2. Delaborde, Chartes de Terre-Sainte, nº 133, page 141.

TUKBASAIM (3), casal dépendant du Mont-Thabor.
3. Cartulaire du Saint-Sépulcre, nº 142. page 239.

UBREM, casal voisin de Capharmada.

ZEBEZEB (4), casal de la terre de Suethe, concédé à l'abbaye de Notre-Dame de Josaphat en 1115 par Théobald de Nigelle. Positions à retrouver.
4. Delaborde, Chartes de Terre-Sainte, page 30-31-46-65-69-102.

ZEKANIN (5), casal vendu aux chevaliers Teutoniques en 1234 par Isabelle du Bessan, femme de Bertrand Porcellet; ce lieu s'identifie avec le village moderne de Sakknin.
5. Tab. Ord. Teutonique, page 8-62-64.
Sources: Emmanuel, Guillaume Rey - Les Colonies Franques de Syrie aux XIIe et XIIIe siècles. Paris Editions Picard, 1883
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