 | Le terme d'art roman est désormais consacré, Focillon (en rappelant qu'il était dû à un archéologue normand, M. de Gerville, qui l'employa en 1818) considérant que ce terme « évoquait heureusement la coïncidence avec le développement des langues et littératures romanes ». Dans cette acception Le siècle de l'An Mil, traité dans un précédent volume, ce siècle au cours duquel les racines non classiques s'étaient greffées sur les vieux modèles carolingiens, relève à l'évidence de l'art roman. Les choix arbitraires qu'exige souvent la clarté de l'exposé ne doivent en effet jamais faire oublier qu'aucune solution de continuité n'est venue troubler une lente évolution qui du Xe à la fin du XIIe siècle a caractérisé la période romane.
La difficulté, pour l'historien d'art, commence au moment où il s'efforce de cerner les influences, de préciser les évolutions et de tenter d'en préciser la genèse, d'éclairer les différentes facettes d'un art assurément cohérent mais dont, à bien regarder, les modes d'expression ont connu une incroyable diversité ; l'existence d'un très grand nombre de centres d'activité rend la vue d'ensemble plus difficile encore, à quoi s'ajoutent les particularités propres aux différentes techniques : architecture, sculpture, peinture, arts précieux, qui n'ont pas toujours suivi une évolution parallèle.
Auteurs : Xavier Barral i Altet ; François Avril ; Dannielle Gaborit-Chopin.
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