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Cabas, Sabaillan, Sauveterre. (32)
Cabas, de nos jours Cabas-Loumassès (32), Sabaillan (32), Sauveterre, (32).
Dans le voisinage immédiat de Lalane-Arqué, les Hospitaliers possédaient un établissement entouré d'un vaste territoire. C'était l'hôpital de Cabas, petite commanderie, dont nous ignorons l'origine, et dont nous ne pouvons constater l'existence que vers le milieu du XIIIe siècle. La plus ancienne charte de ses archives nous transporte, le lundi après le dimanche de la sainte Trinité, de l'année 1257, dans la petite ville de Panassac et nous montre le seigneur Galaubias de Panassac, près du cercueil de son fils bien-aimé, Raymond Garsia, donnant à la maison de Cabas et au Commandeur, Guillaume de Lalane, une rente annuelle de 3 sols morlans, la faculté de dépaissance pour leurs troupeaux et le droit de chasse sur toutes ses terres, à la condition que les Hospitaliers célébreraient, tous les ans, à pareil jour, le service divin pour l'âme du défunt et que, se rendant sur son tombeau, ils y réciteraient des prières, suivant l'usage pratiqué de tous temps pour les seigneurs de Panassac. De cette commanderie dépendait encore un établissement secondaire à Saint-Léon et des fiefs assez considérables à Sabaillan.
Vers la fin du XIIIe siècle, le précepteur de Cabas, Bertrand Cadolhe, conçut le projet d'ériger sur son territoire une bastide et le soumit à l'approbation de Guillaume de Villaret, Grand-Prieur de Saint-Gilles. Muni de la charte, par laquelle son supérieur lui accordait tous les pouvoirs nécessaires, l'Hospitalier commença avec le noble seigneur, Centulle, comte d'Astarac, des pourparlers qui aboutirent à un traité de paréage, signé à Castelnau de Barbarens le 16 juin 1296. Par cet accord, le précepteur cédait au comte la moitié de la juridiction et de tous les revenus de Cabas, réservant seulement pour lui et ses successeurs la totalité des droits ecclésiastiques et de la seigneurie spirituelle ; Centulle s'engageait de son côté à élever la bastide à ses frais et à respecter toutes les franchises dont jouissaient déjà les habitants. Chacun des successeurs du comte et du précepteur, en prenant possession de Cabas, devait être tenu de jurer qu'il respecterait pendant toute sa vie toutes les conditions de ce traité. Cette bastide, qui avait reçu de ses fondateurs le nom de Sainte-Grâce, reprit bientôt après son ancienne appellation de Cabas.
Dans la charte de procuration, dont nous parlions tout à l'heure, le Grand-Prieur Guillaume de Villaret, autorisait de plus le précepteur à traiter avec l'archevêque d'Auch, pour échanger les droits que l'hôpital possédait à Saint-Léon, contre la seigneurie spirituelle de la paroisse de Sabaillan. Cet accord, qui dût être conclu quelque temps après, en augmentant la puissance des Hospitaliers à Sabaillan, eût pour résultat d'inspirer de l'ombrage au seigneur temporel de cette localité, Dalmace de Sabaillan, avec lequel le précepteur B. Cadolhe, fut obligé de transiger pour la réglementation de leurs droits respectifs (1301).
La petite commanderie de Cabas, qui avait, outre Sabaillan, des dépendances à Sauveterre, Montléon, Castelnau-de-Magnoac, fut accrue, après la suppression de l'Ordre du Temple, du membre de Lalane-Arqué. Mais au bout de peu de temps, elle fut supprimée et alla se fondre dans celle de Boudrac.
Liste des Commandeurs de Cabas
-----1257. Wilhelm de Lalane.
1296-1301. Bertrand Cadolhe.
-----1328. Géraud de Lobens.
1397-1421. Jean de Bégordan.
Liste des Commandeurs du membre de Sabaillan
1465. Guillaume de Salies.
1536. Bernard Foucaud.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
TopDans le voisinage immédiat de Lalane-Arqué, les Hospitaliers possédaient un établissement entouré d'un vaste territoire. C'était l'hôpital de Cabas, petite commanderie, dont nous ignorons l'origine, et dont nous ne pouvons constater l'existence que vers le milieu du XIIIe siècle. La plus ancienne charte de ses archives nous transporte, le lundi après le dimanche de la sainte Trinité, de l'année 1257, dans la petite ville de Panassac et nous montre le seigneur Galaubias de Panassac, près du cercueil de son fils bien-aimé, Raymond Garsia, donnant à la maison de Cabas et au Commandeur, Guillaume de Lalane, une rente annuelle de 3 sols morlans, la faculté de dépaissance pour leurs troupeaux et le droit de chasse sur toutes ses terres, à la condition que les Hospitaliers célébreraient, tous les ans, à pareil jour, le service divin pour l'âme du défunt et que, se rendant sur son tombeau, ils y réciteraient des prières, suivant l'usage pratiqué de tous temps pour les seigneurs de Panassac. De cette commanderie dépendait encore un établissement secondaire à Saint-Léon et des fiefs assez considérables à Sabaillan.
Vers la fin du XIIIe siècle, le précepteur de Cabas, Bertrand Cadolhe, conçut le projet d'ériger sur son territoire une bastide et le soumit à l'approbation de Guillaume de Villaret, Grand-Prieur de Saint-Gilles. Muni de la charte, par laquelle son supérieur lui accordait tous les pouvoirs nécessaires, l'Hospitalier commença avec le noble seigneur, Centulle, comte d'Astarac, des pourparlers qui aboutirent à un traité de paréage, signé à Castelnau de Barbarens le 16 juin 1296. Par cet accord, le précepteur cédait au comte la moitié de la juridiction et de tous les revenus de Cabas, réservant seulement pour lui et ses successeurs la totalité des droits ecclésiastiques et de la seigneurie spirituelle ; Centulle s'engageait de son côté à élever la bastide à ses frais et à respecter toutes les franchises dont jouissaient déjà les habitants. Chacun des successeurs du comte et du précepteur, en prenant possession de Cabas, devait être tenu de jurer qu'il respecterait pendant toute sa vie toutes les conditions de ce traité. Cette bastide, qui avait reçu de ses fondateurs le nom de Sainte-Grâce, reprit bientôt après son ancienne appellation de Cabas.
Dans la charte de procuration, dont nous parlions tout à l'heure, le Grand-Prieur Guillaume de Villaret, autorisait de plus le précepteur à traiter avec l'archevêque d'Auch, pour échanger les droits que l'hôpital possédait à Saint-Léon, contre la seigneurie spirituelle de la paroisse de Sabaillan. Cet accord, qui dût être conclu quelque temps après, en augmentant la puissance des Hospitaliers à Sabaillan, eût pour résultat d'inspirer de l'ombrage au seigneur temporel de cette localité, Dalmace de Sabaillan, avec lequel le précepteur B. Cadolhe, fut obligé de transiger pour la réglementation de leurs droits respectifs (1301).
La petite commanderie de Cabas, qui avait, outre Sabaillan, des dépendances à Sauveterre, Montléon, Castelnau-de-Magnoac, fut accrue, après la suppression de l'Ordre du Temple, du membre de Lalane-Arqué. Mais au bout de peu de temps, elle fut supprimée et alla se fondre dans celle de Boudrac.
Liste des Commandeurs de Cabas
-----1257. Wilhelm de Lalane.
1296-1301. Bertrand Cadolhe.
-----1328. Géraud de Lobens.
1397-1421. Jean de Bégordan.
Liste des Commandeurs du membre de Sabaillan
1465. Guillaume de Salies.
1536. Bernard Foucaud.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Cadarsac (33)
Après la suppression de l'Ordre du Temple, Arveyres fut joint à Cadarsac, seigneurie que les Hospitaliers possédaient dans les environs ; augmentée de la chapellenie de Saint-Jean de Fargues et de Mauriac, elle forma une petite commanderie distincte et vint se fondre, après une courte existence, dans celle de Bordeaux.
En 1369, le cadavre d'un étranger fut trouvé sur le territoire de Cadarsac, où les Hospitaliers possédaient un château féodal et dont ils étaient seigneurs hauts justiciers. Le bailli du commandeur venait de faire procéder à son ensevelissement, lorsque le Prévôt royal du Pays d'entre-deux-mers crut l'occasion favorable pour chercher à s'emparer de la haute justice de Cadarsac, sur laquelle il élevait des prétentions peu justifiées ; il se présenta avec ses hommes d'armes, pour exhumer ce cadavre et faire acte de haute juridiction, en procédant lui-même à sa nouvelle sépulture. Mais le Commandeur proteste hautement en faveur du maintien de ses droits et parvint à triompher de son adversaire.
Sur d'autres points, la lutte fut plus longue et plus difficile. Les Hospitaliers, à peine entrés en possession du domaine des Templiers à Arveyres, furent obligés, comme ces derniers l'avaient été précédemment, de défendre les droits, qui venaient de leur échoir, contre maintes prétentions rivales. C'est ainsi qu'en 1353, le noble et puissant baron, Bérard d'Albret, entre les mains de qui se trouvait alors la châtellenie de Vayres, reprit la discussion dont nous parlions tout à l'heure et, malgré le désistement consenti jadis par Guitard du Borg, il essaya d'enlever aux chevaliers la haute justice d'Arveyres. Après de longs pourparlers, une transaction fut conclue entre les deux parties : le commandeur devait avoir la haute justice, avec cette réserve que, s'il s'agissait, d'une peine de mort, le coupable devait être remis aux officiers du seigneur de Veyres, lesquels devaient procéder à l'exécution, en dehors des croix de la commanderie ; les habitant d'Arveyres étaient exempts du service de garde et de guet au château de Vayres ; chacune des deux parties s'engageait de plus à ne pas recevoir dans ses terres les vassaux de l'autre. Malgré cette transaction, qui paraissait définitive, nous voyons les mêmes difficultés suscitées de nouveau en 1480, aux commandeurs par « dame Jehane de la Tour », veuve du baron de Vayres, comme tutrice de ses enfants, Jehan et Gabriel d'Albret ; une enquête faite à ce sujet par le sénéchal de Guyenne démontra la validité des droits des chevaliers et, quelques années plus tard, nous trouvons le commandeur, Pierre de Ribon, et messire de Ladouze, gouverneur du château de Vayres, occupés à replanter les croix de limites, qui séparaient les deux juridictions. Pendant cette période, d'autres voisins du lieu d'Arveyres tentaient de leur côté d'arracher quelques portions de ce riche domaine aux Hospitaliers. Les dîmes de cette paroisse leur furent inutilement disputées, successivement par l'abbé de la Faize (1353), par celui de ta Sauve Majeure (1372) et enfin paf les Chartreux du monastère de Notre-Dame de Beauclère (1498).
Le château des commandeurs à Arveyres était un sombre manoir féodal, qui avait conservé jusqu'à la fin son aspect guerrier, « entouré de hautes murailles, garnies de créneaux, et l'abord de son pont-levis protégé par un ravelin. »
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
TopEn 1369, le cadavre d'un étranger fut trouvé sur le territoire de Cadarsac, où les Hospitaliers possédaient un château féodal et dont ils étaient seigneurs hauts justiciers. Le bailli du commandeur venait de faire procéder à son ensevelissement, lorsque le Prévôt royal du Pays d'entre-deux-mers crut l'occasion favorable pour chercher à s'emparer de la haute justice de Cadarsac, sur laquelle il élevait des prétentions peu justifiées ; il se présenta avec ses hommes d'armes, pour exhumer ce cadavre et faire acte de haute juridiction, en procédant lui-même à sa nouvelle sépulture. Mais le Commandeur proteste hautement en faveur du maintien de ses droits et parvint à triompher de son adversaire.
Sur d'autres points, la lutte fut plus longue et plus difficile. Les Hospitaliers, à peine entrés en possession du domaine des Templiers à Arveyres, furent obligés, comme ces derniers l'avaient été précédemment, de défendre les droits, qui venaient de leur échoir, contre maintes prétentions rivales. C'est ainsi qu'en 1353, le noble et puissant baron, Bérard d'Albret, entre les mains de qui se trouvait alors la châtellenie de Vayres, reprit la discussion dont nous parlions tout à l'heure et, malgré le désistement consenti jadis par Guitard du Borg, il essaya d'enlever aux chevaliers la haute justice d'Arveyres. Après de longs pourparlers, une transaction fut conclue entre les deux parties : le commandeur devait avoir la haute justice, avec cette réserve que, s'il s'agissait, d'une peine de mort, le coupable devait être remis aux officiers du seigneur de Veyres, lesquels devaient procéder à l'exécution, en dehors des croix de la commanderie ; les habitant d'Arveyres étaient exempts du service de garde et de guet au château de Vayres ; chacune des deux parties s'engageait de plus à ne pas recevoir dans ses terres les vassaux de l'autre. Malgré cette transaction, qui paraissait définitive, nous voyons les mêmes difficultés suscitées de nouveau en 1480, aux commandeurs par « dame Jehane de la Tour », veuve du baron de Vayres, comme tutrice de ses enfants, Jehan et Gabriel d'Albret ; une enquête faite à ce sujet par le sénéchal de Guyenne démontra la validité des droits des chevaliers et, quelques années plus tard, nous trouvons le commandeur, Pierre de Ribon, et messire de Ladouze, gouverneur du château de Vayres, occupés à replanter les croix de limites, qui séparaient les deux juridictions. Pendant cette période, d'autres voisins du lieu d'Arveyres tentaient de leur côté d'arracher quelques portions de ce riche domaine aux Hospitaliers. Les dîmes de cette paroisse leur furent inutilement disputées, successivement par l'abbé de la Faize (1353), par celui de ta Sauve Majeure (1372) et enfin paf les Chartreux du monastère de Notre-Dame de Beauclère (1498).
Le château des commandeurs à Arveyres était un sombre manoir féodal, qui avait conservé jusqu'à la fin son aspect guerrier, « entouré de hautes murailles, garnies de créneaux, et l'abord de son pont-levis protégé par un ravelin. »
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
Caignac (31)
Commanderie de Caignac (31)
Membres : Thor-Boulbonne ; Aignes (31) ; Rival ; Saint-Michel-de-Lanès (11) ; Viviers ; Saint-Quirc (09) ; Canens (ancienne Maison du Temple 31) ; La Cavalerie-de-Pamiers (09) ; Ciuraguel ; Lagarde (31) ; Gardouch (31) ; Les Salles (31) ; Copadel (ancienne Maison du Temple 31); Saverdun (09) ; Audinat ; Saint-Girons (09) ; Notre-Dame-de-Sallan.
Sur les hauts plateaux du Lauragais, à peu de distance de la commanderie de Renneville (31), se trouve le petit village de Caignac (31), dont aujourd'hui l'humble aspect dénué de tout caractère, ne répond guère à l'importance que lui attribuent ses anciennes et intéressantes archives.
Au commencement du XIIe siècle, dans le territoire appelé Caniag, s'élevait une église dont le dîmaire appartenait aux seigneurs de Laurac, sans doute ses fondateurs ; tout autour de ce sanctuaire, le territoire avait été érigé en « Salvetat », c'est-à-dire en lieu de franchise. Vers 1136, Guillebert de Laurac, sa femme dame Nave et leurs fils, Guillebert, Sicart, Gausbert et Hugues, donnèrent à l'Hôpital, représenté par Raymond de la Bruguière et Izarn de Puysuiran, leurs droits sur cet honneur, en réservant pour les habitants leurs privilèges, qui consistaient « à ne rien payer à leurs seigneurs pour leur avoine, leur paille, leurs œufs, leurs fromages, leurs légumes, leurs bœufs, en un mot pour tout ce qui servait à leur subsistance, et à ne leur faire ni corvée, ni charroi ; les Hospitaliers s'engageaient de plus à être les défenseurs de cette ville. En même temps, Pierre de Goireville et sa famille cédaient à l'hôpital leur portion de droits « sur cette église, ses dîmes, son cimetière, les offrandes qui y étaient faites, toute la partie inculte et déserte du territoire, une redevance de 4 deniers toisas, d'un setier d'avoine et d'un repas pour deux chevaliers et deux clercs sur chaque casal, les droits de justice, de forge et de four de la ville, les eaux, les herbes et les bois de Caniag. »
Exemple que s'empressèrent de suivre les autres seigneurs de cette localité, Bernard Mir de Laurac, Wilhelm-Pons de la Tour, Bernard de Belpech, Bernard de Gibel.
Les archives mentionnent ensuite une assez longue série de donations, parmi lesquelles nous nous contenterons de citer celle que Beg de Calmont et Matfred, firent entre les mains de Bernard d'Azillan, seigneur de la maison de Caignac
Commanderie de Caignac, le premier, « en échange d'un cheval sellé et harnaché, du prix de dix sols toisas ; » le second, « pour réparer les torts qu'il avait fait éprouver à Bernard de Puysuiran, Prieur de l'hôpital en lui enlevant 60 sols melgoriens (1147), et celle que fit en 1166 le chevalier Arnaud Guillaume, de tous les vassaux qu'il possédait à Caignac, en présence de Domn. Dominique, abbé de Boulbonne et de ses frères Guillaume et Augier de Calmont.
Grâce à ces nombreuses libéralités, les Hospitaliers se trouvaient ainsi avoir l'entière possession de la ville et du territoire de Caignac. Mais, malgré la donation si complète qui leur avait été faite par Guillebert de Laurac, ils se trouvaient encore sous la suzeraineté de cette famille puissante qui était à la tête de tout le pays. C'est ce que nous apprend une charte concédée par Sicard de Laurac fils du précédent et par ses propres enfants Sicard, Guillaume-Pierre, Guillabert et Hugues Bonafoz. Ils confirment la donation de 1136 et octroient au Prieur Gérald de Saint-André, l'autorisation de fortifier la ville qu'ils avaient construite, d'élever pour lui dans une partie quelconque de son alleu, une place forte complètement libre de leur juridiction et de recevoir dans leurs murs, « autant qu'ils pourront en contenir, des villains, « des marchands et des clercs. » Les Hospitaliers ne doivent pas « donner asile à des pillards, voleurs ou soudards « (guerratores) ; » ils doivent au contraire, appeler les habitants à l'aide pour les expulser immédiatement de la ville « soit de jour, soit de nuit, » s'ils étaient parvenus à s'y introduire. Sicard de Laurac, promet aux chevaliers de Saint-Jean de les secourir de toute sa puissance, toutes les fois qu'il en sera besoin ; il leur donne de plus la juridiction sur tous les autres seigneurs habitant sur ce territoire ; car c'est au Prieur de Toulouse ou, à son défaut, au ministre de l'hôpital de Caignac que doivent s'adresser ces derniers pour contraindre leurs vassaux à leur payer leurs redevances. Si les seigneurs de Laurac sont à l'avenir en guerre avec quelqu'un, ils prennent l'engagement de ne pas livrer bataille sur ce territoire, et même de ne pas le faire traverser par leurs troupes. Ils jurent enfin solennellement sur les saints évangiles d'observer pour toujours les promesses qu'ils viennent de faire et de ne jamais enfreindre les privilèges concédés. Cette charte octroyée au mois de septembre 1171, se termine par cette formule caractéristique : « Ludovico regnante apud Francos, » qui vient nous dire que l'unité française, cette grande œuvre de notre monarchie était une notion complètement inconnue à cette époque, du moins dans nos pays.
D'autres donations vinrent ajouter à la commanderie de Caignac des domaines, des seigneuries et des redevances dans les territoires voisins, Marquain, Lagarde, Gardouch, etc.
Il est probable que les chevaliers de l'hôpital, ne tardèrent pas à profiter des privilèges concédés par la charte de 1171 et qu'ils se mirent bientôt à l'œuvre, pour achever de construire et de fortifier leur ville de Caignac. Quoiqu'il n'en soit pas fait mention dans les archives, il est permis de supposer que l'octroi d'une charte de franchises et de commune accompagna l'érection de la place, comme c'était l'usage général en pareil cas ; d'autant plus que nous trouvons Caignac pourvu de son consulat dès les premières années du XIIIe siècle. Un document qui n'est pas daté, mais que son écriture doit faire attribuer à cette époque, nous transporte sur la place publique de Caignac, qui, paraît-il, avait eu ses orages intestins, sa guerre civile, tout comme une grande cité. En présence de toute la population, les trois consuls jurent sur les saints Evangiles, au nom de leurs concitoyens, qu'ils vivront désormais en paix entre eux ; « Si quelqu'un contrevient à cette promesse et prend les armes, tous doivent se lever contre lui : » serment que tout le peuple répète après ses magistrats. Ce n'était pas seulement entre les citoyens d'une même ville, mais entre ceux de villes voisines que ce moyen de pacification, fondé sur le respect de la foi jurée, était mis en pratique. Les archives nous ont conservés un acte du même genre, conclus entre les habitants de Caignac et ceux de Lagarde. Les consuls des deux villes renoncent pour eux et leurs communautés à leurs luttes et jurent de vivre désormais dans la paix et l'union (1239).
Nous trouvons dans une reconnaissance faite en 1262, par un habitant du hameau de « Arzelers » au précepteur, Fr. Azemar de Miramont, des détails singuliers sur la manière dont était prélevé le droit « d'albergue » dans cette localité. Le précepteur partait de Caignac un jour à son choix, entre la Noël et le dimanche de la septuagésime, emmenant à sa suite « les frères, les sœurs, les donats, les employés, les clients et les chiens de l'hôpital, » pour se rendre à Arzelers ; il pouvait même inviter sur la route, les personnes, qu'il voudrait, à se joindre à lui. Les vassaux devaient fournir à manger et à boire au chevalier et à toute sa suite et lui payer le soir après le souper, et avant qu'il se levât de table, huit sols toisas ; après quoi le précepteur devait partir incontinent avec tous ses gens, à moins qu'il ne reçût de ses vassaux l'autorisation de prolonger son séjour (15 janvier 1262).
Dans un autre hameau le droit « d'albergue », se réduisait à fournir un repas une fois par an à quatre chevaliers ou à quatre frères (Reconnaissance de 1279).
Nous voyons par là que, dans ces contrées, le droit « d'albergue » s'exerçait alors sous sa forme primitive et n'avait pas encore été transformé en simple redevance pécuniaire. Si les commandeurs de Caignac percevaient ce droit de leurs vassaux, ils le devaient à leur tour au Roi. Mais comme ce dernier ne pouvait eu usé que très rarement dans beaucoup de localités pour lui, ses officiers, ou ses troupes et que la perception en aurait été forcément très irrégulière, les « albergues » dues au Roi avaient été transformées depuis longtemps en un impôt annuel, usage que les seigneurs ne tardèrent pas à introduire chez eux. C'est ainsi qu'en 1293, le roi Philippe IV, accorda à la requête du Précepteur de Caignac, frère Ermengaud des Aiguilliers, une réduction temporaire de la rente de 32 setiers d'avoine et de 15 sols toisas qui lui étaient dû pour l'albergue. En 1415 Guillaume de Calmont précepteur et les consuls de Caignac, reconnaissent qu'ils doivent au roi pour l'albergue 16 setiers d'avoine et 15 sols toisas, tout en maintenant leur droit d'être hébergés par le bailli royal d'Avignonet (31), quand ils viennent lui apporter cette redevance.
Les archives nous apprennent que, durant la seconde moitié du XIIIe siècle, des réparations ou plutôt des augmentations furent faites à l'enceinte fortifiée de la ville de Caignac. Nous trouvons en effet un accord qui fut conclu à ce sujet entre le commandeur et les consuls : Le premier cède aux seconds, moyennant 15 francs d'or, pour la réparation qu'ils se proposaient de faire « la motte qui touche au fort de la ville » et l'emplacement de certains greniers qu'ils devaient démolir à leurs frais : il leur fournira de plus tout le bois qui leur sera nécessaire pour cette entreprise et s'engage à donner asile dans son fort, pendant tout le temps qu'elle durera, à tous les habitants et à leurs mobiliers. A ces conditions, les consuls s'engagent à faire construire, dans l'espace d'un an, les nouvelles murailles, « qui doivent avoir vingt palmes de haut ; » ils n'y feront pratiquer qu'une seule porte, qui aura deux clefs, une pour eux et l'autre pour le commandeur. La barrière, construite entre le fort du commandeur et celui des consuls, aura deux portes dont on ne se servira qu'en temps de nécessité, pour faire passer le guet. La garde des murailles se fera par les soins des deux parties ; les consuls y placeront des sentinelles, dont le nombre sera déterminé par le commandeur et ce dernier sera obligé de pourvoir à la sûreté de son château et de son fort, pour la garde duquel les consuls lui fourniront un homme à chaque guet de nuit. Notons enfin une disposition assez remarquable par laquelle le commandeur était tenu de faire « son tour de guet, comme un simple habitant ou de se faire remplacer. » Ce projet de l'accord, qui devait être traduit dans la suite par quelque notaire des environs dans son latin barbare et prétentieux, est écrit en langue vulgaire et n'est pas daté. La forme de ses lettres semble le faire remonter à la deuxième partie du XIIIe siècle, ce qui est confirmé par ce fait que le commandeur traite, dans cet acte, au nom du Prieur de Saint-Gilles, ou de son lieutenant à Toulouse ; or, nous avons vu ailleurs que le Prieuré de Toulouse fut supprimé de 1250 à 1315. C'est donc dans cet intervalle que l'on doit placer la construction des dernières fortifications de Caignac.
Ce fut sans doute à l'occasion de l'agrandissement de la ville qu'en 1299, Guillaume de Villaret, Prieur de Saint-Gilles octroya aux habitants de Caignac une charte de coutumes. Malheureusement une grande partie de ce document ayant été déchiré et le reste étant devenu presque complètement illisible, nous nous voyons forcés de nous contenter de cette simple indication de son existence. Nous trouvons, peu de temps après, d'autres accords faits entre les commandeurs et les consuls de Caignac : en 1316, ces derniers promettent, au nom des habitants, de porter leur blé à moudre au moulin que le commandeur venait de faire construire ; en 1350, le chevalier Guichard de l'Ongle autorise ses vassaux de Caignac à bâtir des fours particuliers dans leurs maisons, à la condition qu'ils ne s'en serviront que pour leur usage personnel.
Dans cette période la commanderie de Caignac avait reçu, lors de l'organisation du Prieuré de Toulouse, une partie des dépouilles de l'ordre du Temple dans la contrée : Copadel, dépendance du Temple de Toulouse, située dans le territoire de Saint-Félix de Valflour ; et la ville, ainsi que le château de Canens
Maison du Temple de Canens, membre important de l'ancienne commanderie de Montsaunès.
Dépendance des templiers, puis de la commanderie d'hospitaliers de Caignac. Château d'origine templière orné des insignes de l'ordre de Malte.
Comme nous avons pu le voir par tout ce qui précède, la juridiction de Caignac, appartenait toute entière aux commandeurs ; les actes de donation l'établissaient formellement et jamais une protestation ne s'était élevée contre cet état de choses. Les droits du Roi à Caignac se bornaient à cette albergue, dont nous avons eu l'occasion de parler tout à l'heure et que le commandeur et les consuls venaient payer régulièrement tous les ans au bailli royal d'Avignonet. Mais vers le XVe siècle, profitant de la négligence des Hospitaliers, et peut être aussi du désir des populations de se soustraire à l'influence directe de leurs seigneurs, les officiers royaux tentèrent d'usurper la juridiction de Caignac et réussirent même à faire ratifier leurs prétentions par leurs adversaires. Car nous voyons le précepteur, G. de Calmont, reconnaître en 1415 au roi, cette juridiction, qui serait exercée en son nom par les consuls d'Avignonet. Il ne s'éleva pas pendant bien longtemps de protestation à cet égard. Mais dans le XVIe siècle un commandeur, plus vigilant ou plus puissant que ses prédécesseurs, réclama énergiquement le rétablissement de ses droits. Il obtint gain de cause ; la juridiction entière de Caignac lui fut reconnue, malgré les protestations du Procureur du Roi, et des consuls d'Avignonet, par jugement de MM. les Trésoriers de France (1532), et, l'année suivante, le Parlement de Toulouse ordonnait la main levée de cette juridiction qui fut ne plus disputée désormais aux Hospitaliers.
Pendant ce temps, la commanderie de Caignac avait acquis une plus grande importance, par l'adjonction successive de plusieurs établissements considérables que l'ordre Saint-Jean possédait dans les environs, comme le Rival, Siuraguel et surtout Saint-Jean de Thor. Elle fut arrentée en 1580, au prix de 1,000 livres tournois : certains extraits de cet acte nous paraissent dignes d'être cités ici, à cause des détails qu'ils nous donnent sur la force et la paie d'une garnison de château féodal à cette époque :
« Ils (les rentiers) s'engagent à tenir le chasteau et mayson de Caignac, soubs l'obéissance de Dieu et du Roy en tout temps de pays et de guerre ; et pour ce faire, ledict sieur commandeur sera tenu leur allouer sur leur arrentement, en temps de pays pour la solde de ung soldat, qui gardera la porte, affin que le chasteau ne soyt surprins, dix livres pour chascun moys, et en temps de guerre, ce que Dieu ne veilhe, ledict commandeur allouera ausdits rentiers quatre soldats de surplus, à mesme solde de 10 livres pour moys durant ledict temps de guerre, qui seront en tout cinq soldats ; et, si lesdicts rentiers seroyent si fort pressés par les ennemys, venant assailhir la mayson, que lesdicts cinq soldats ne porroient soufflr, sera loysible ausdicts rentiers y mectre davantage, en cas de nécessité et à une extrémité, à mesme solde... Et pour les gaiges de la centinelle qui se tient le jour à la tour de la Viz, pour descouvrir, ledict sieur commandeur sera tenu payer la moytié et les habitans l'autre moytié. » (8 juin 1580).
Pendant les guerres de religion, la force de ses murailles put mettre Caignac à l'abri d'un coup de main des Huguenots, qui étaient maîtres de tout le pays avoisinant et qui dévastèrent la plus grande partie de ses dépendances, ainsi que nous l'avons déjà vu et que nous allons le constater dans l'étude des membres de la Commanderie. Dans le dénombrement de ses possessions, fait en 1657, par le commandeur Louis de Tersac Montberaut, il est question « du chasteau de Caignac, grand et spatieux, bien basty, partie de pierres de taille, partie de tuylles, revêtu de quatre belles tours carrées et un doujon attaché à celle qui tient le degré do la mayson... »
Liste des Commandeurs de Caignac.
-----1136. Raymond de la Bruguière.
1140-1152. Bernard d'Azillan.
-----1153. Raymond de Boville.
-----1166. Raymond Petit.
-----1171. Géraud de Saint-André.
-----1172. Bernard de Gavaldan.
-----1173. Hugues de Sordhia.
1175-1176. Gausfred.
1178-1182. Raymond Matfred.
-----1192. Pierre Soubiran.
-----1201. Boson.
1202-1204. Raymond de Rieux.
-----1205. Guillaume Raymond.
1209-1213. Pons.
1213-1214. Guillaume de Lordat.
1215-1223. Pons (2°fois).
1223-1224. Athon de Vacquiers.
1224-1225. Guillaume de Boyer.
1225-1226. Géraud de Miramont.
1228-1230. Amicl de Pailhès.
1231-1232. Roger de Saint-Mézard.
1235-1236. Pierre d'Arren.
-----1237. Sanche de l'Epée.
-----1238. Guillaume de Saint-Romain.
-----1239. Pierre de Cayrane.
1252-1255. Sicart de Miramont.
1256-1258. Bertrand de Fau.
1258-1262. Sicard de Miramont (2e fois).
1262-1263. Azemar de Miramont.
-----1264. Guillaume de Las Tours.
-----1266. Guillaume de Saint Jean.
-----1267. Fabre de Virac.
1269-1272. Albert de Rosset.
1274-1276. Guillaume du Puy.
1277-1278. Galhartde Caritat.
1278-1279. Géraud de Colomb.
1280-1284. Bernard de Savignae.
-----1285. Arnaud de La Mastra.
1286-1288. Raymond de Saint-Just.
1291-1295. Ermengaud des Aguilhiers.
-----1299. Arnaud de Montlaur.
1301-1305. Bernard de Villars.
0007-1308. Blie de Montdragon.
1309-1310. Raymond de Valmale.
1311-1312. Bertrand de Jocon.
1313-1314. Pierre de Caylus.
1314-1315. Pons de Castelnau.
1315-1316. Guillaume de Chavadon.
1316-1317. Raymond de Cariuscio.
1317-1318. Raymond des Alpes de Alpibus.
-----1332. Reginald de Mirepoix.
1323-1330. Guillaume de Relhane.
1331-1339. Stulte de Ruthène.
1345-1358. Guichard de l'Ongle.
1359-1361. Pons de Rafaud.
-----1370. Guibert de Buzens.
1380-1391. Bernard de Belpoch.
1393-1396. Bertrand Claustra. Receveur du Grand-Prieuré.
1397-1398. Ayméric de Montlaur.
1399-1400. Ëlzias de Rossac.
-----1437. Pierre de Raffin.
1457-1475. Guillaume de Calmont.
1489-1494. Jean de Roquelaure Saint-Aubin.
1494-1495. Bernard de Montlezun.
1497-1508. Gaston de Verdusan.
1513-1534. Géraud de Massas, Receveur du Grand-Prieuré.
1541-1545. Philippe du Broc.
1560-1561. Balthazar de Coulans.
-----1570. Philippe de Vir-Toulanès.
-----1580. François de Moreton-Chabrillant.
1599-1607. Arthur de Glandevez Pépin.
1611-1617. Jean de Rodulphe Beauvoir, Receveur du Grand-Prieuré.
1618-1628. Georges de Castellane d'Alluys.
1629-1634. Jacques de Chasteauneuf-Montléger.
1635-1657. Louis de Tersac-Montberaut.
1669-1670. Gabriel de Grilhet-Cazillac.
1695-1696. Gaspard de Blacas Carros.
-----1726. Joseph de Forbin d'Oppède.
1736-1743. Jean-Antoined'Hautpoul.
1753-1765. Joseph-Gabriel de Thomas de Gignac.
1783-1789. N. d'Eaulx.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
TopMembres : Thor-Boulbonne ; Aignes (31) ; Rival ; Saint-Michel-de-Lanès (11) ; Viviers ; Saint-Quirc (09) ; Canens (ancienne Maison du Temple 31) ; La Cavalerie-de-Pamiers (09) ; Ciuraguel ; Lagarde (31) ; Gardouch (31) ; Les Salles (31) ; Copadel (ancienne Maison du Temple 31); Saverdun (09) ; Audinat ; Saint-Girons (09) ; Notre-Dame-de-Sallan.
Sur les hauts plateaux du Lauragais, à peu de distance de la commanderie de Renneville (31), se trouve le petit village de Caignac (31), dont aujourd'hui l'humble aspect dénué de tout caractère, ne répond guère à l'importance que lui attribuent ses anciennes et intéressantes archives.
Au commencement du XIIe siècle, dans le territoire appelé Caniag, s'élevait une église dont le dîmaire appartenait aux seigneurs de Laurac, sans doute ses fondateurs ; tout autour de ce sanctuaire, le territoire avait été érigé en « Salvetat », c'est-à-dire en lieu de franchise. Vers 1136, Guillebert de Laurac, sa femme dame Nave et leurs fils, Guillebert, Sicart, Gausbert et Hugues, donnèrent à l'Hôpital, représenté par Raymond de la Bruguière et Izarn de Puysuiran, leurs droits sur cet honneur, en réservant pour les habitants leurs privilèges, qui consistaient « à ne rien payer à leurs seigneurs pour leur avoine, leur paille, leurs œufs, leurs fromages, leurs légumes, leurs bœufs, en un mot pour tout ce qui servait à leur subsistance, et à ne leur faire ni corvée, ni charroi ; les Hospitaliers s'engageaient de plus à être les défenseurs de cette ville. En même temps, Pierre de Goireville et sa famille cédaient à l'hôpital leur portion de droits « sur cette église, ses dîmes, son cimetière, les offrandes qui y étaient faites, toute la partie inculte et déserte du territoire, une redevance de 4 deniers toisas, d'un setier d'avoine et d'un repas pour deux chevaliers et deux clercs sur chaque casal, les droits de justice, de forge et de four de la ville, les eaux, les herbes et les bois de Caniag. »
Exemple que s'empressèrent de suivre les autres seigneurs de cette localité, Bernard Mir de Laurac, Wilhelm-Pons de la Tour, Bernard de Belpech, Bernard de Gibel.
Les archives mentionnent ensuite une assez longue série de donations, parmi lesquelles nous nous contenterons de citer celle que Beg de Calmont et Matfred, firent entre les mains de Bernard d'Azillan, seigneur de la maison de Caignac

Commanderie de Caignac, le premier, « en échange d'un cheval sellé et harnaché, du prix de dix sols toisas ; » le second, « pour réparer les torts qu'il avait fait éprouver à Bernard de Puysuiran, Prieur de l'hôpital en lui enlevant 60 sols melgoriens (1147), et celle que fit en 1166 le chevalier Arnaud Guillaume, de tous les vassaux qu'il possédait à Caignac, en présence de Domn. Dominique, abbé de Boulbonne et de ses frères Guillaume et Augier de Calmont.
Grâce à ces nombreuses libéralités, les Hospitaliers se trouvaient ainsi avoir l'entière possession de la ville et du territoire de Caignac. Mais, malgré la donation si complète qui leur avait été faite par Guillebert de Laurac, ils se trouvaient encore sous la suzeraineté de cette famille puissante qui était à la tête de tout le pays. C'est ce que nous apprend une charte concédée par Sicard de Laurac fils du précédent et par ses propres enfants Sicard, Guillaume-Pierre, Guillabert et Hugues Bonafoz. Ils confirment la donation de 1136 et octroient au Prieur Gérald de Saint-André, l'autorisation de fortifier la ville qu'ils avaient construite, d'élever pour lui dans une partie quelconque de son alleu, une place forte complètement libre de leur juridiction et de recevoir dans leurs murs, « autant qu'ils pourront en contenir, des villains, « des marchands et des clercs. » Les Hospitaliers ne doivent pas « donner asile à des pillards, voleurs ou soudards « (guerratores) ; » ils doivent au contraire, appeler les habitants à l'aide pour les expulser immédiatement de la ville « soit de jour, soit de nuit, » s'ils étaient parvenus à s'y introduire. Sicard de Laurac, promet aux chevaliers de Saint-Jean de les secourir de toute sa puissance, toutes les fois qu'il en sera besoin ; il leur donne de plus la juridiction sur tous les autres seigneurs habitant sur ce territoire ; car c'est au Prieur de Toulouse ou, à son défaut, au ministre de l'hôpital de Caignac que doivent s'adresser ces derniers pour contraindre leurs vassaux à leur payer leurs redevances. Si les seigneurs de Laurac sont à l'avenir en guerre avec quelqu'un, ils prennent l'engagement de ne pas livrer bataille sur ce territoire, et même de ne pas le faire traverser par leurs troupes. Ils jurent enfin solennellement sur les saints évangiles d'observer pour toujours les promesses qu'ils viennent de faire et de ne jamais enfreindre les privilèges concédés. Cette charte octroyée au mois de septembre 1171, se termine par cette formule caractéristique : « Ludovico regnante apud Francos, » qui vient nous dire que l'unité française, cette grande œuvre de notre monarchie était une notion complètement inconnue à cette époque, du moins dans nos pays.
D'autres donations vinrent ajouter à la commanderie de Caignac des domaines, des seigneuries et des redevances dans les territoires voisins, Marquain, Lagarde, Gardouch, etc.
Il est probable que les chevaliers de l'hôpital, ne tardèrent pas à profiter des privilèges concédés par la charte de 1171 et qu'ils se mirent bientôt à l'œuvre, pour achever de construire et de fortifier leur ville de Caignac. Quoiqu'il n'en soit pas fait mention dans les archives, il est permis de supposer que l'octroi d'une charte de franchises et de commune accompagna l'érection de la place, comme c'était l'usage général en pareil cas ; d'autant plus que nous trouvons Caignac pourvu de son consulat dès les premières années du XIIIe siècle. Un document qui n'est pas daté, mais que son écriture doit faire attribuer à cette époque, nous transporte sur la place publique de Caignac, qui, paraît-il, avait eu ses orages intestins, sa guerre civile, tout comme une grande cité. En présence de toute la population, les trois consuls jurent sur les saints Evangiles, au nom de leurs concitoyens, qu'ils vivront désormais en paix entre eux ; « Si quelqu'un contrevient à cette promesse et prend les armes, tous doivent se lever contre lui : » serment que tout le peuple répète après ses magistrats. Ce n'était pas seulement entre les citoyens d'une même ville, mais entre ceux de villes voisines que ce moyen de pacification, fondé sur le respect de la foi jurée, était mis en pratique. Les archives nous ont conservés un acte du même genre, conclus entre les habitants de Caignac et ceux de Lagarde. Les consuls des deux villes renoncent pour eux et leurs communautés à leurs luttes et jurent de vivre désormais dans la paix et l'union (1239).
Nous trouvons dans une reconnaissance faite en 1262, par un habitant du hameau de « Arzelers » au précepteur, Fr. Azemar de Miramont, des détails singuliers sur la manière dont était prélevé le droit « d'albergue » dans cette localité. Le précepteur partait de Caignac un jour à son choix, entre la Noël et le dimanche de la septuagésime, emmenant à sa suite « les frères, les sœurs, les donats, les employés, les clients et les chiens de l'hôpital, » pour se rendre à Arzelers ; il pouvait même inviter sur la route, les personnes, qu'il voudrait, à se joindre à lui. Les vassaux devaient fournir à manger et à boire au chevalier et à toute sa suite et lui payer le soir après le souper, et avant qu'il se levât de table, huit sols toisas ; après quoi le précepteur devait partir incontinent avec tous ses gens, à moins qu'il ne reçût de ses vassaux l'autorisation de prolonger son séjour (15 janvier 1262).
Dans un autre hameau le droit « d'albergue », se réduisait à fournir un repas une fois par an à quatre chevaliers ou à quatre frères (Reconnaissance de 1279).
Nous voyons par là que, dans ces contrées, le droit « d'albergue » s'exerçait alors sous sa forme primitive et n'avait pas encore été transformé en simple redevance pécuniaire. Si les commandeurs de Caignac percevaient ce droit de leurs vassaux, ils le devaient à leur tour au Roi. Mais comme ce dernier ne pouvait eu usé que très rarement dans beaucoup de localités pour lui, ses officiers, ou ses troupes et que la perception en aurait été forcément très irrégulière, les « albergues » dues au Roi avaient été transformées depuis longtemps en un impôt annuel, usage que les seigneurs ne tardèrent pas à introduire chez eux. C'est ainsi qu'en 1293, le roi Philippe IV, accorda à la requête du Précepteur de Caignac, frère Ermengaud des Aiguilliers, une réduction temporaire de la rente de 32 setiers d'avoine et de 15 sols toisas qui lui étaient dû pour l'albergue. En 1415 Guillaume de Calmont précepteur et les consuls de Caignac, reconnaissent qu'ils doivent au roi pour l'albergue 16 setiers d'avoine et 15 sols toisas, tout en maintenant leur droit d'être hébergés par le bailli royal d'Avignonet (31), quand ils viennent lui apporter cette redevance.
Les archives nous apprennent que, durant la seconde moitié du XIIIe siècle, des réparations ou plutôt des augmentations furent faites à l'enceinte fortifiée de la ville de Caignac. Nous trouvons en effet un accord qui fut conclu à ce sujet entre le commandeur et les consuls : Le premier cède aux seconds, moyennant 15 francs d'or, pour la réparation qu'ils se proposaient de faire « la motte qui touche au fort de la ville » et l'emplacement de certains greniers qu'ils devaient démolir à leurs frais : il leur fournira de plus tout le bois qui leur sera nécessaire pour cette entreprise et s'engage à donner asile dans son fort, pendant tout le temps qu'elle durera, à tous les habitants et à leurs mobiliers. A ces conditions, les consuls s'engagent à faire construire, dans l'espace d'un an, les nouvelles murailles, « qui doivent avoir vingt palmes de haut ; » ils n'y feront pratiquer qu'une seule porte, qui aura deux clefs, une pour eux et l'autre pour le commandeur. La barrière, construite entre le fort du commandeur et celui des consuls, aura deux portes dont on ne se servira qu'en temps de nécessité, pour faire passer le guet. La garde des murailles se fera par les soins des deux parties ; les consuls y placeront des sentinelles, dont le nombre sera déterminé par le commandeur et ce dernier sera obligé de pourvoir à la sûreté de son château et de son fort, pour la garde duquel les consuls lui fourniront un homme à chaque guet de nuit. Notons enfin une disposition assez remarquable par laquelle le commandeur était tenu de faire « son tour de guet, comme un simple habitant ou de se faire remplacer. » Ce projet de l'accord, qui devait être traduit dans la suite par quelque notaire des environs dans son latin barbare et prétentieux, est écrit en langue vulgaire et n'est pas daté. La forme de ses lettres semble le faire remonter à la deuxième partie du XIIIe siècle, ce qui est confirmé par ce fait que le commandeur traite, dans cet acte, au nom du Prieur de Saint-Gilles, ou de son lieutenant à Toulouse ; or, nous avons vu ailleurs que le Prieuré de Toulouse fut supprimé de 1250 à 1315. C'est donc dans cet intervalle que l'on doit placer la construction des dernières fortifications de Caignac.
Ce fut sans doute à l'occasion de l'agrandissement de la ville qu'en 1299, Guillaume de Villaret, Prieur de Saint-Gilles octroya aux habitants de Caignac une charte de coutumes. Malheureusement une grande partie de ce document ayant été déchiré et le reste étant devenu presque complètement illisible, nous nous voyons forcés de nous contenter de cette simple indication de son existence. Nous trouvons, peu de temps après, d'autres accords faits entre les commandeurs et les consuls de Caignac : en 1316, ces derniers promettent, au nom des habitants, de porter leur blé à moudre au moulin que le commandeur venait de faire construire ; en 1350, le chevalier Guichard de l'Ongle autorise ses vassaux de Caignac à bâtir des fours particuliers dans leurs maisons, à la condition qu'ils ne s'en serviront que pour leur usage personnel.
Dans cette période la commanderie de Caignac avait reçu, lors de l'organisation du Prieuré de Toulouse, une partie des dépouilles de l'ordre du Temple dans la contrée : Copadel, dépendance du Temple de Toulouse, située dans le territoire de Saint-Félix de Valflour ; et la ville, ainsi que le château de Canens

Maison du Temple de Canens, membre important de l'ancienne commanderie de Montsaunès.
Dépendance des templiers, puis de la commanderie d'hospitaliers de Caignac. Château d'origine templière orné des insignes de l'ordre de Malte.
Comme nous avons pu le voir par tout ce qui précède, la juridiction de Caignac, appartenait toute entière aux commandeurs ; les actes de donation l'établissaient formellement et jamais une protestation ne s'était élevée contre cet état de choses. Les droits du Roi à Caignac se bornaient à cette albergue, dont nous avons eu l'occasion de parler tout à l'heure et que le commandeur et les consuls venaient payer régulièrement tous les ans au bailli royal d'Avignonet. Mais vers le XVe siècle, profitant de la négligence des Hospitaliers, et peut être aussi du désir des populations de se soustraire à l'influence directe de leurs seigneurs, les officiers royaux tentèrent d'usurper la juridiction de Caignac et réussirent même à faire ratifier leurs prétentions par leurs adversaires. Car nous voyons le précepteur, G. de Calmont, reconnaître en 1415 au roi, cette juridiction, qui serait exercée en son nom par les consuls d'Avignonet. Il ne s'éleva pas pendant bien longtemps de protestation à cet égard. Mais dans le XVIe siècle un commandeur, plus vigilant ou plus puissant que ses prédécesseurs, réclama énergiquement le rétablissement de ses droits. Il obtint gain de cause ; la juridiction entière de Caignac lui fut reconnue, malgré les protestations du Procureur du Roi, et des consuls d'Avignonet, par jugement de MM. les Trésoriers de France (1532), et, l'année suivante, le Parlement de Toulouse ordonnait la main levée de cette juridiction qui fut ne plus disputée désormais aux Hospitaliers.
Pendant ce temps, la commanderie de Caignac avait acquis une plus grande importance, par l'adjonction successive de plusieurs établissements considérables que l'ordre Saint-Jean possédait dans les environs, comme le Rival, Siuraguel et surtout Saint-Jean de Thor. Elle fut arrentée en 1580, au prix de 1,000 livres tournois : certains extraits de cet acte nous paraissent dignes d'être cités ici, à cause des détails qu'ils nous donnent sur la force et la paie d'une garnison de château féodal à cette époque :
« Ils (les rentiers) s'engagent à tenir le chasteau et mayson de Caignac, soubs l'obéissance de Dieu et du Roy en tout temps de pays et de guerre ; et pour ce faire, ledict sieur commandeur sera tenu leur allouer sur leur arrentement, en temps de pays pour la solde de ung soldat, qui gardera la porte, affin que le chasteau ne soyt surprins, dix livres pour chascun moys, et en temps de guerre, ce que Dieu ne veilhe, ledict commandeur allouera ausdits rentiers quatre soldats de surplus, à mesme solde de 10 livres pour moys durant ledict temps de guerre, qui seront en tout cinq soldats ; et, si lesdicts rentiers seroyent si fort pressés par les ennemys, venant assailhir la mayson, que lesdicts cinq soldats ne porroient soufflr, sera loysible ausdicts rentiers y mectre davantage, en cas de nécessité et à une extrémité, à mesme solde... Et pour les gaiges de la centinelle qui se tient le jour à la tour de la Viz, pour descouvrir, ledict sieur commandeur sera tenu payer la moytié et les habitans l'autre moytié. » (8 juin 1580).
Pendant les guerres de religion, la force de ses murailles put mettre Caignac à l'abri d'un coup de main des Huguenots, qui étaient maîtres de tout le pays avoisinant et qui dévastèrent la plus grande partie de ses dépendances, ainsi que nous l'avons déjà vu et que nous allons le constater dans l'étude des membres de la Commanderie. Dans le dénombrement de ses possessions, fait en 1657, par le commandeur Louis de Tersac Montberaut, il est question « du chasteau de Caignac, grand et spatieux, bien basty, partie de pierres de taille, partie de tuylles, revêtu de quatre belles tours carrées et un doujon attaché à celle qui tient le degré do la mayson... »
Liste des Commandeurs de Caignac.
-----1136. Raymond de la Bruguière.
1140-1152. Bernard d'Azillan.
-----1153. Raymond de Boville.
-----1166. Raymond Petit.
-----1171. Géraud de Saint-André.
-----1172. Bernard de Gavaldan.
-----1173. Hugues de Sordhia.
1175-1176. Gausfred.
1178-1182. Raymond Matfred.
-----1192. Pierre Soubiran.
-----1201. Boson.
1202-1204. Raymond de Rieux.
-----1205. Guillaume Raymond.
1209-1213. Pons.
1213-1214. Guillaume de Lordat.
1215-1223. Pons (2°fois).
1223-1224. Athon de Vacquiers.
1224-1225. Guillaume de Boyer.
1225-1226. Géraud de Miramont.
1228-1230. Amicl de Pailhès.
1231-1232. Roger de Saint-Mézard.
1235-1236. Pierre d'Arren.
-----1237. Sanche de l'Epée.
-----1238. Guillaume de Saint-Romain.
-----1239. Pierre de Cayrane.
1252-1255. Sicart de Miramont.
1256-1258. Bertrand de Fau.
1258-1262. Sicard de Miramont (2e fois).
1262-1263. Azemar de Miramont.
-----1264. Guillaume de Las Tours.
-----1266. Guillaume de Saint Jean.
-----1267. Fabre de Virac.
1269-1272. Albert de Rosset.
1274-1276. Guillaume du Puy.
1277-1278. Galhartde Caritat.
1278-1279. Géraud de Colomb.
1280-1284. Bernard de Savignae.
-----1285. Arnaud de La Mastra.
1286-1288. Raymond de Saint-Just.
1291-1295. Ermengaud des Aguilhiers.
-----1299. Arnaud de Montlaur.
1301-1305. Bernard de Villars.
0007-1308. Blie de Montdragon.
1309-1310. Raymond de Valmale.
1311-1312. Bertrand de Jocon.
1313-1314. Pierre de Caylus.
1314-1315. Pons de Castelnau.
1315-1316. Guillaume de Chavadon.
1316-1317. Raymond de Cariuscio.
1317-1318. Raymond des Alpes de Alpibus.
-----1332. Reginald de Mirepoix.
1323-1330. Guillaume de Relhane.
1331-1339. Stulte de Ruthène.
1345-1358. Guichard de l'Ongle.
1359-1361. Pons de Rafaud.
-----1370. Guibert de Buzens.
1380-1391. Bernard de Belpoch.
1393-1396. Bertrand Claustra. Receveur du Grand-Prieuré.
1397-1398. Ayméric de Montlaur.
1399-1400. Ëlzias de Rossac.
-----1437. Pierre de Raffin.
1457-1475. Guillaume de Calmont.
1489-1494. Jean de Roquelaure Saint-Aubin.
1494-1495. Bernard de Montlezun.
1497-1508. Gaston de Verdusan.
1513-1534. Géraud de Massas, Receveur du Grand-Prieuré.
1541-1545. Philippe du Broc.
1560-1561. Balthazar de Coulans.
-----1570. Philippe de Vir-Toulanès.
-----1580. François de Moreton-Chabrillant.
1599-1607. Arthur de Glandevez Pépin.
1611-1617. Jean de Rodulphe Beauvoir, Receveur du Grand-Prieuré.
1618-1628. Georges de Castellane d'Alluys.
1629-1634. Jacques de Chasteauneuf-Montléger.
1635-1657. Louis de Tersac-Montberaut.
1669-1670. Gabriel de Grilhet-Cazillac.
1695-1696. Gaspard de Blacas Carros.
-----1726. Joseph de Forbin d'Oppède.
1736-1743. Jean-Antoined'Hautpoul.
1753-1765. Joseph-Gabriel de Thomas de Gignac.
1783-1789. N. d'Eaulx.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Cambrai (59)
Cambrai (59) Département, Nord. Région, Nord-Pas-de-Calais.
Le commandeur du Fresnoy avait, au XIVe siècle, dans la ville de Cambrai, une maison où il se retirait, et mettait en sûreté ce qu'il avait de plus précieux. Comme elle était assez grande, on en louait une partie. En effet, nous voyons un commandeur du Fresnoy, du nom de frère Michel Ricobart, accorder, en 1356, à Jehan Leclercq et à sa femme, un bail à vie, moyennant une redevance annuelle de 27 livres parisis, de la maison de l'Hôpital à Cambrai, appelée alors « le Croc, qui siet au Marché devant les Maisiaux de Cambrai, avec le jardin derrière, sauf que nous retenons, dit le Commandeur, pour nos et nos frères, pour notre héberge et des familiers de l'Hôpital, la loge dessus la petite estable en la cour de la maison, la petite place à réédifîer et un grenier pour mettre VI ou VIII mines de grains creus sur les terres de l'Ospilal (1). »
Cette maison n'est plus mentionnée dans les titres du XVe siècle. Elle aura été probablement accordée à cens ou à rente perpétuelle.
1. Cartulaire de Hainaut-Cambrésis à Mons, Archives de l'État, folio 48 n° 72, folio 2 n° 4.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
TopLe commandeur du Fresnoy avait, au XIVe siècle, dans la ville de Cambrai, une maison où il se retirait, et mettait en sûreté ce qu'il avait de plus précieux. Comme elle était assez grande, on en louait une partie. En effet, nous voyons un commandeur du Fresnoy, du nom de frère Michel Ricobart, accorder, en 1356, à Jehan Leclercq et à sa femme, un bail à vie, moyennant une redevance annuelle de 27 livres parisis, de la maison de l'Hôpital à Cambrai, appelée alors « le Croc, qui siet au Marché devant les Maisiaux de Cambrai, avec le jardin derrière, sauf que nous retenons, dit le Commandeur, pour nos et nos frères, pour notre héberge et des familiers de l'Hôpital, la loge dessus la petite estable en la cour de la maison, la petite place à réédifîer et un grenier pour mettre VI ou VIII mines de grains creus sur les terres de l'Ospilal (1). »
Cette maison n'est plus mentionnée dans les titres du XVe siècle. Elle aura été probablement accordée à cens ou à rente perpétuelle.
1. Cartulaire de Hainaut-Cambrésis à Mons, Archives de l'État, folio 48 n° 72, folio 2 n° 4.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Campagnolles (34)
Languedoc-Roussillon, Département Hérault, Arrondissement de Béziers (chef-lieu) - 34. Campagnolles se trouve sur la carte de Cassini à 10 km de Béziers.
Cet établissement de l'Ordre de Saint-Jean remonte aux premières années du XIIe siècle. Le 4e jour des kalendes de mai 1108, Guillaume Pons de Campagnolles, Ermeiruz sa femme, et Adalaisce de Pignan, donnèrent à l'Ordre de Saint-Jean les deux églises de Saint-André-de-Campagnolles et de Saint-Pierre-de-Polignan; cette donation fut faite avec l'assentiment et en présence d'Arnaud, évêque de Béziers, et du chapitre de Saint-Nazaire.
1144. Pierre de Campagnolles vend au commandeur ses droits sur les dîmaires de ces deux églises.
1149. Dame Ricarde Laurette donne au commandeur de l'hôpital de Campagnolles ses droits sur la ville de Milhan.
Au mois de mai de l'année 1190, Roger, vicomte de Béziers, et la comtesse Adalaisce sa femme, donnent à l'Ordre de Saint-Jean le château, la ville et le territoire de Campagnolles, avec toute la juridiction et toutes les albergues qu'ils y percevaient; ils ajoutent le privilège d'y élever autant de places fortifiées qu'ils le voudront.
1200. Cécile, son mari Pierre de Castries et leurs enfants donnent à l'hôpital de Campagnolles tous les droits qu'ils pouvaient avoir sur les biens possédés par l'Ordre de Saint-Jean dans l'archevêché de Narbonne et l'évêché de Béziers.
1240. Guillaume de Puyserguier donne les droits seigneuriaux qu'il avait sur la ville de Milhan et son territoire.
1276. Sentence arbitrale entre le commandeur et les habitants de Campagnolles d'une part, et de l'autre le Prieur du monastère de Fontcaude, au sujet des dîmes de la paroisse ; elles sont adjugées au commandeur; le couvent devra de plus laisser aux habitants l'eau du ruisseau de Corbeyrac 4 jours et 4 nuits par semaine, pour abreuver leurs bestiaux et arroser leurs prés.
1300. Transaction avec l'évêque de Béziers pour les limites des territoires de Campagnolles, de Cazoul et de Romejean.
1305. Arnaud de Borrasque vend au commandeur des censés sur certaines terres, situées auprès de l'église de Notre-Dame-des-Prés, de Pézenas, au prix de 1,700 livres.
Liste des commandeurs de Campagnoles
1109. Raymond de Fendelles.
1144. Bernard de Puysuiran.
1318. Raymond Eymeric.
1227 Raymond Bayle.
1249. Pierre de Cabanes.
1233 1258. Pons de Saint-Marcel.
1258-1239. Pierre Rogier.
1287. Jourdain de Caldayrac.
1293-1308. Pons Rogier.
1303-1320. Pierre de Caylus.
1321 1324. Guillaume de Savignac.
1371. Nicolas de Solier.
1390. Raymond de Cazillac.
1439-1459. Raymond de Ricard.
1474-1477. André de Crozillac.
1479-1480. Pierre de Ricard.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
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Cet établissement de l'Ordre de Saint-Jean remonte aux premières années du XIIe siècle. Le 4e jour des kalendes de mai 1108, Guillaume Pons de Campagnolles, Ermeiruz sa femme, et Adalaisce de Pignan, donnèrent à l'Ordre de Saint-Jean les deux églises de Saint-André-de-Campagnolles et de Saint-Pierre-de-Polignan; cette donation fut faite avec l'assentiment et en présence d'Arnaud, évêque de Béziers, et du chapitre de Saint-Nazaire.1144. Pierre de Campagnolles vend au commandeur ses droits sur les dîmaires de ces deux églises.
1149. Dame Ricarde Laurette donne au commandeur de l'hôpital de Campagnolles ses droits sur la ville de Milhan.
Au mois de mai de l'année 1190, Roger, vicomte de Béziers, et la comtesse Adalaisce sa femme, donnent à l'Ordre de Saint-Jean le château, la ville et le territoire de Campagnolles, avec toute la juridiction et toutes les albergues qu'ils y percevaient; ils ajoutent le privilège d'y élever autant de places fortifiées qu'ils le voudront.
1200. Cécile, son mari Pierre de Castries et leurs enfants donnent à l'hôpital de Campagnolles tous les droits qu'ils pouvaient avoir sur les biens possédés par l'Ordre de Saint-Jean dans l'archevêché de Narbonne et l'évêché de Béziers.
1240. Guillaume de Puyserguier donne les droits seigneuriaux qu'il avait sur la ville de Milhan et son territoire.
1276. Sentence arbitrale entre le commandeur et les habitants de Campagnolles d'une part, et de l'autre le Prieur du monastère de Fontcaude, au sujet des dîmes de la paroisse ; elles sont adjugées au commandeur; le couvent devra de plus laisser aux habitants l'eau du ruisseau de Corbeyrac 4 jours et 4 nuits par semaine, pour abreuver leurs bestiaux et arroser leurs prés.
1300. Transaction avec l'évêque de Béziers pour les limites des territoires de Campagnolles, de Cazoul et de Romejean.
1305. Arnaud de Borrasque vend au commandeur des censés sur certaines terres, situées auprès de l'église de Notre-Dame-des-Prés, de Pézenas, au prix de 1,700 livres.
Liste des commandeurs de Campagnoles
1109. Raymond de Fendelles.
1144. Bernard de Puysuiran.
1318. Raymond Eymeric.
1227 Raymond Bayle.
1249. Pierre de Cabanes.
1233 1258. Pons de Saint-Marcel.
1258-1239. Pierre Rogier.
1287. Jourdain de Caldayrac.
1293-1308. Pons Rogier.
1303-1320. Pierre de Caylus.
1321 1324. Guillaume de Savignac.
1371. Nicolas de Solier.
1390. Raymond de Cazillac.
1439-1459. Raymond de Ricard.
1474-1477. André de Crozillac.
1479-1480. Pierre de Ricard.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
Campbernard (31)
Campbernard (31)
Ce territoire, qui dépendait de la commanderie de Poucharramet, était situé dans la juridiction de Sainte-Foy, ce qui occasionna plus d'une fois des débats entre les commandeurs et les consuls de cette ville. Ainsi ces derniers voulurent forcer les vassaux de l'Hôpital, bordeliers de Campbernard, à contribuer aux tailles imposées aux habitants de Sainte-Foy ; d'où, protestations des Hospitaliers et enfin transaction par laquelle le territoire de Campbernard était divisé en deux parties ; les habitants de la première, située du côté de Sainte-Foy devant participer aux tailles, tandis que les autres en seraient exempts (1326).
Elle était certes loin d'être sûre et tranquille à cette époque l'existence de ces malheureux paysans isolés dans les fermes de la campagne, de ces bordeliers, comme les appelle le document précédent. Toute précaire que fut la défense que procuraient leurs murailles aux habitants des petites villes, ils avaient plus de chances d'échapper aux ravages que la guerre occasionnait si souvent autour d'eux. Aussi les habitants des champs jetaient-ils des regards d'envie sur ceux de la petite ville dont-ils voyaient les murailles s'élever au bout de leur horizon ; ils se considéraient comme formant dans la nation une classe inférieure soumise à des dangers incessants et à des ruines périodiques ; leur ambition constante était d'imiter leur exemple, quand ils seraient parvenus à former dans les environs un groupe assez considérable pour créer a leur tour une ville. Il nous a été bien souvent donné dans le cours des XIIe et XIIIe siècles d'assister à cet intéressant spectacle. Mais il devient assez rare dans les siècles postérieurs. Voici pour-tant un fait de ce genre qui date du commencement du XIVe siècle. Un jour les manants et habitants de Campbernard vinrent trouver le Commandeur de Boudrac, Roger de Polastron, pour lui exposer qu'ils avaient l'intention de construire un « lieu fermé, afin d'y abriter leurs personnes et leurs mobiliers, et obvier ainsi aux dommages que leur causent les incursions des gens d'armes ; » ils demandèrent au chevalier de leur concéder un emplacement pour cela, moyennant une censé suffisante et une redevance annuelle pour chaque maison bâtie dans l'intérieur ; ils représentèrent de plus « qu'ils n'avaient pas de coutumes écrites comme les habitants de Boudrac et ceux de Saint-Clar, » et supplièrent le Commandeur de leur octroyer une charte qu'ils choisiront d'un commun « accord. » Ces demandes, transmises par le Commandeur, trouvèrent un favorable accueil auprès du Grand-Prieur, Jean de Ranguis ; avec l'avis du chapitre provincial, il chargea le chevalier de Polastron d'accorder à ses vassaux de Campbernard les faveurs sollicitées, « s'en référant à sa conscience pour sauvegarder les intérêts de l'Ordre » (19 juin 1500).
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
TopCe territoire, qui dépendait de la commanderie de Poucharramet, était situé dans la juridiction de Sainte-Foy, ce qui occasionna plus d'une fois des débats entre les commandeurs et les consuls de cette ville. Ainsi ces derniers voulurent forcer les vassaux de l'Hôpital, bordeliers de Campbernard, à contribuer aux tailles imposées aux habitants de Sainte-Foy ; d'où, protestations des Hospitaliers et enfin transaction par laquelle le territoire de Campbernard était divisé en deux parties ; les habitants de la première, située du côté de Sainte-Foy devant participer aux tailles, tandis que les autres en seraient exempts (1326).
Elle était certes loin d'être sûre et tranquille à cette époque l'existence de ces malheureux paysans isolés dans les fermes de la campagne, de ces bordeliers, comme les appelle le document précédent. Toute précaire que fut la défense que procuraient leurs murailles aux habitants des petites villes, ils avaient plus de chances d'échapper aux ravages que la guerre occasionnait si souvent autour d'eux. Aussi les habitants des champs jetaient-ils des regards d'envie sur ceux de la petite ville dont-ils voyaient les murailles s'élever au bout de leur horizon ; ils se considéraient comme formant dans la nation une classe inférieure soumise à des dangers incessants et à des ruines périodiques ; leur ambition constante était d'imiter leur exemple, quand ils seraient parvenus à former dans les environs un groupe assez considérable pour créer a leur tour une ville. Il nous a été bien souvent donné dans le cours des XIIe et XIIIe siècles d'assister à cet intéressant spectacle. Mais il devient assez rare dans les siècles postérieurs. Voici pour-tant un fait de ce genre qui date du commencement du XIVe siècle. Un jour les manants et habitants de Campbernard vinrent trouver le Commandeur de Boudrac, Roger de Polastron, pour lui exposer qu'ils avaient l'intention de construire un « lieu fermé, afin d'y abriter leurs personnes et leurs mobiliers, et obvier ainsi aux dommages que leur causent les incursions des gens d'armes ; » ils demandèrent au chevalier de leur concéder un emplacement pour cela, moyennant une censé suffisante et une redevance annuelle pour chaque maison bâtie dans l'intérieur ; ils représentèrent de plus « qu'ils n'avaient pas de coutumes écrites comme les habitants de Boudrac et ceux de Saint-Clar, » et supplièrent le Commandeur de leur octroyer une charte qu'ils choisiront d'un commun « accord. » Ces demandes, transmises par le Commandeur, trouvèrent un favorable accueil auprès du Grand-Prieur, Jean de Ranguis ; avec l'avis du chapitre provincial, il chargea le chevalier de Polastron d'accorder à ses vassaux de Campbernard les faveurs sollicitées, « s'en référant à sa conscience pour sauvegarder les intérêts de l'Ordre » (19 juin 1500).
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Canabieres (12)
Commanderie de Canabières
Les Canabières, près de Salles-Curan, Midi-Pyrénées, Département de l'Aveyron - 12.
Ce château, situé sur la montagne de Levezou (actuellement dans le canton de Salles-Curan), est un des plus anciens établissements de l'Ordre de Saint-Jean dans le Rouergue. Adémar, évêque de Rodez, donna à l'hôpital de Jérusalem et à Gérard, serviteur de Dieu et procureur des pauvres de Jésus-Christ, l'Eglise de Sainte-Marie-de-Canabières, qui dépendait de la mense épiscopale. Or, Gérard étant mort en 1120, c'est à une date antérieure que nous devons faire remonter cette donation : cette dernière fut complétée par la cession que fit Aldebert de Malvass de ses droits sur ce territoire; l'évêque Adémar et Raymond de Luzençon y ajoutèrent la seigneurie du Pered (Bouloc).
1152. Donation par Hugues de Cambolas de ses droits sur le lieu de Sarlit.
1172. Donation par Raymond de Saint-Michel de la moitié du mas de la Fagette.
1185. Donation par Echer de la Roque du fief du Mazel, et par Gat de Peirebrune de ceux de Condal, du Mont et du Fau.
Par un acte, daté de la maison de l'hôpital de Saint-Jean-d'Acre, Henri, comte de Rodez, sentant sa fin approcher, fait donation à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, entre les mains du Grand-Maître Guérin de Montaigut, de la ville de Canet, de ses droits sur la Bastide de Sauveterre (de Pradines), des mas qu'il possédait à Frontignan, près de Canabières et près de Bouloc (15e jour des kalendes de novembre 1221).
1305. Accord entre nobles Berenger et Hugues d'Arpajon et Bernard Peyre, commandeur de Canabières, au sujet de leurs droits de justice sur le mas de Toyrac, situé dans le mandement de Durenque.
1326. Sentence arbitrale entre Arnaud de Lendorthe, vicomte de Cadars, et le commandeur Pierre de Mandailles, au sujet de la juridiction du lieu de Bellegarde.
1456. Accord entre Raymond Ricard, Grand-Prieur de Saint-Gille et commandeur, de Canabières, et le procureur de l'oeuvre de Sainte-Marie de Rodez, pour leurs droits respectifs sur le territoire de Malevielh.
1644. Arrêt du parlement de Toulouse maintenant le commandeur de Canabières, contre les prétentions du chapitre de Rodez, dans l'exemption de la dîme pour le territoire d'Aboul.
Cette commanderie comprenait la seigneurie spirituelle et temporelle du lieu de Canabières et de ses dépendances, Saint-Jean-de-Bouloc, Canet, Bellegarde, le domaine de Bolhac, le fief d'Aboul, la seigneurie spirituelle et temporelle de la paroisse de Tauriac, de son annexe, Saint-Martial, et enfin de la Clau, ancienne Maison du Temple réunie à celle des Canabières au XVe siècle.
Liste des Commandeurs de Canabières.
1120. Pons.
1182. Gérald de Montalègre.
1209. Benoit.
1216-1218. Rostaing de Collonges.
1220. Pierre d'Espirac.
1228. Julien de Castries
1234. Pierre de Gabriac.
1256-1257. Guillaume de Roques.
1260-1267. Pons de Raymond.
1266-1270. Guillaume de Montaut.
1276-1280. Pons Guillaume.
1280-1281. Raymond de Tournel.
1232-1284. Guillaume du Luc.
1300-1306. Bertrand Peyre.
1313-1315. Pierre de Caldayrac.
1321-1329. Pierre do Maudailles.
1333 1351. Roger de Montaut
1366-1333. Raymond de Cazillac.
1386. Pierre de Caylus.
1396-1404. Guillaume de Prunet.
1414-1417. Berenger d'Alon.
1438-1456. Raymond de Ricard, Grand-Prieur de Saint-Gilles.
1519-1531. Guyot de Marcillac.
1548-1551. Pierre de Gozon.
1560-1561. André de Demandols.
1626-1627. Jean de Bèvre.
1634. Jean-Baptiste de Gallan-Castelnau.
1640. Jean-Gille de Fougasse-Bertalasse.
1657-1658. Claude de Villeneuve-Tourette.
1658-1666. François de Verdelin.
1699. Joseph de Saignes.
1723. Pierre de Thibaud-Saves.
1770-1775. Louis-François de Raymond-Modène.
1781-1789. Dominique-Gaspard-Balthazar de Gaillard-d'Agoult.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
TopLes Canabières, près de Salles-Curan, Midi-Pyrénées, Département de l'Aveyron - 12.
Ce château, situé sur la montagne de Levezou (actuellement dans le canton de Salles-Curan), est un des plus anciens établissements de l'Ordre de Saint-Jean dans le Rouergue. Adémar, évêque de Rodez, donna à l'hôpital de Jérusalem et à Gérard, serviteur de Dieu et procureur des pauvres de Jésus-Christ, l'Eglise de Sainte-Marie-de-Canabières, qui dépendait de la mense épiscopale. Or, Gérard étant mort en 1120, c'est à une date antérieure que nous devons faire remonter cette donation : cette dernière fut complétée par la cession que fit Aldebert de Malvass de ses droits sur ce territoire; l'évêque Adémar et Raymond de Luzençon y ajoutèrent la seigneurie du Pered (Bouloc).
1152. Donation par Hugues de Cambolas de ses droits sur le lieu de Sarlit.
1172. Donation par Raymond de Saint-Michel de la moitié du mas de la Fagette.
1185. Donation par Echer de la Roque du fief du Mazel, et par Gat de Peirebrune de ceux de Condal, du Mont et du Fau.
Par un acte, daté de la maison de l'hôpital de Saint-Jean-d'Acre, Henri, comte de Rodez, sentant sa fin approcher, fait donation à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, entre les mains du Grand-Maître Guérin de Montaigut, de la ville de Canet, de ses droits sur la Bastide de Sauveterre (de Pradines), des mas qu'il possédait à Frontignan, près de Canabières et près de Bouloc (15e jour des kalendes de novembre 1221).
1305. Accord entre nobles Berenger et Hugues d'Arpajon et Bernard Peyre, commandeur de Canabières, au sujet de leurs droits de justice sur le mas de Toyrac, situé dans le mandement de Durenque.
1326. Sentence arbitrale entre Arnaud de Lendorthe, vicomte de Cadars, et le commandeur Pierre de Mandailles, au sujet de la juridiction du lieu de Bellegarde.
1456. Accord entre Raymond Ricard, Grand-Prieur de Saint-Gille et commandeur, de Canabières, et le procureur de l'oeuvre de Sainte-Marie de Rodez, pour leurs droits respectifs sur le territoire de Malevielh.
1644. Arrêt du parlement de Toulouse maintenant le commandeur de Canabières, contre les prétentions du chapitre de Rodez, dans l'exemption de la dîme pour le territoire d'Aboul.
Cette commanderie comprenait la seigneurie spirituelle et temporelle du lieu de Canabières et de ses dépendances, Saint-Jean-de-Bouloc, Canet, Bellegarde, le domaine de Bolhac, le fief d'Aboul, la seigneurie spirituelle et temporelle de la paroisse de Tauriac, de son annexe, Saint-Martial, et enfin de la Clau, ancienne Maison du Temple réunie à celle des Canabières au XVe siècle.
Liste des Commandeurs de Canabières.
1120. Pons.
1182. Gérald de Montalègre.
1209. Benoit.
1216-1218. Rostaing de Collonges.
1220. Pierre d'Espirac.
1228. Julien de Castries
1234. Pierre de Gabriac.
1256-1257. Guillaume de Roques.
1260-1267. Pons de Raymond.
1266-1270. Guillaume de Montaut.
1276-1280. Pons Guillaume.
1280-1281. Raymond de Tournel.
1232-1284. Guillaume du Luc.
1300-1306. Bertrand Peyre.
1313-1315. Pierre de Caldayrac.
1321-1329. Pierre do Maudailles.
1333 1351. Roger de Montaut
1366-1333. Raymond de Cazillac.
1386. Pierre de Caylus.
1396-1404. Guillaume de Prunet.
1414-1417. Berenger d'Alon.
1438-1456. Raymond de Ricard, Grand-Prieur de Saint-Gilles.
1519-1531. Guyot de Marcillac.
1548-1551. Pierre de Gozon.
1560-1561. André de Demandols.
1626-1627. Jean de Bèvre.
1634. Jean-Baptiste de Gallan-Castelnau.
1640. Jean-Gille de Fougasse-Bertalasse.
1657-1658. Claude de Villeneuve-Tourette.
1658-1666. François de Verdelin.
1699. Joseph de Saignes.
1723. Pierre de Thibaud-Saves.
1770-1775. Louis-François de Raymond-Modène.
1781-1789. Dominique-Gaspard-Balthazar de Gaillard-d'Agoult.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
Capoulet (09)
Capoulet connu sous le nom de Capoulet-et-Junac 09, Villeneuve-d'Olmes 09.
Capoulet (sur la carte de Cassini proche de Tarascon-sur-Ariège se nomme de nos jours Capoulet-et-Junac 09)
La réunion de la commanderie de Capoulet à celle de Gabre ayant été antérieure au pillage de cette dernière par les Huguenots, ses archives ne furent guère plus respectées. Cette circonstance nous empêche de pouvoir fixer d'une manière précise la fondation de l'hôpital de Capoulet, que nous croyons néanmoins pouvoir faire remonter aux dernières années du XIIe siècle. Bien avant cette époque, différentes donations avaient été faites à l'hôpital de Jérusalem dans la contrée. Il est même question dans les archives d'une ancienne commanderie désignée sous le nom des Olmes (de Ulmis), que tout me porte à croire n'être autre que Villeneuve-des-Olmes, située dans le voisinage; plus tard cette commanderie n'était plus mentionnée, il est à croire qu'elle cessa d'exister, quand les Hospitaliers établirent à Capoulet le centre de leurs possessions dans la contrée.
En 1142, Beringuier Arnal, donna à l'Ordre de Saint-Jean, son fief du « Sallent ». Cette même année, dame Mabriffe, fille de P. de Cavanh, se dépouillait de tous ses biens en faveur de l'ordre entre les mains d'Yzarn de Roquefort, commandeur des Olmes ; en 1168, Pierre d'Asnave cédait aux Hospitaliers son droit à un repas annuel pour quatre personnes, droit qu'il prélevait sur ses vassaux de Capoulet. Un membre de la famille, comtale, Raymond Roger, avait donné dans le mois de juillet 1149, une portion du territoire d'Asnave, avec le consentement de Roger Bernard, comte de Foix, son neveu et de Bernard Roger son frère «.
Mais parmi toutes ces donations, la plus importante fut celle que firent, le dimanche après l'Epiphanie de l'année 1172 (9 janvier 1173), noble Bernard de Foix, se femme et leurs enfants, Raymond et Bertrand, à l'hôpital de Jérusalem, à Baynaud de Verdun et à Pierre de Saint-André, religieux de cet Ordre, des rentes qu'ils possédaient à Capoulet, ainsi que de la dime du moulin vieux qu'ils avaient près du château de Foix. Quelques années plus tard nous trouvons la confirmation faite par Pierre et Baymond de Nielglos, de la donation faite par leur père des'droits de leur famille sur la ville de Capoulet (1177).
Cette même année, l'ordre de Saint-Jean recevait du chevalier W. d'Asnave, une partie du territoire voisin, donation dont le comte Bernard Roger de Foix consentait à se porter leur caution : pendant que le seigneur W. d'Alsen donnait à l'hôpital, à son frère Pierre, Prieur de Saint-Jean de Toulouse, ses droits sur la terre de « Saos », jusqu'au jour où son neveu serait d'âge à être armé chevalier.
La commanderie de Capoulet ne fut constituée définitivement que plus tard; car nous voyons pendant quelque temps encore, figurer à la tète des possessions de l'Ordre dans cette contrée les commandeurs des « Olmes » et de « Savartès » ; ce ne fut que dans la première partie du XIIIe siècle, que ces différentes dénominations furent remplacées par celle de commandeurs de Capoulet. Mentionnons encore les donations que firent en 1181, Pierre d'Arnave de ses droits sur la ville de Sen, Brunet de Nielglos, des siens sur celle d'Essen, et B. de Babat, sur le territoire d'Enot; en 1202, Bogier d'Aniaux, du quart de la dîme de l'église de Saint-Vincent et enfin en 1211, Arnaud de Castelverdun, de ce qu'il possédait dans le fort de Capoulet et son territoire.
L'inventaire que nous consultons, nous fournit en outre plusieurs témoignages de la faveur que prodiguaient les comtes de Foix à la maison de Capoulet et à ses vassaux. C'est ainsi que, le quatrième jour des kalendes d'août (28 juillet) 1292, nous voyons Vezian de Roquefort, écuyer, reconnaître au nom du comte de Foix, que les habitants de Capoulet étaient exempts de fouage envers ce dernier, comme vassaux de l'hôpital.
Le deuxième jour des nones de mai (6 mai) 1314, Gaston de Foix fit remise à ces mêmes habitants « à qui il voulait témoigner son affection, » du droit d'albergue de 50 sols que leur communauté lui payait annuellement.
Signalons encore l'acte par lequel noble Jourdain de Rabat, seigneur et baron de Nielglos, « voulant donner à Roger de Salesse, Commandeur de Capoulet, un témoignage de son amitié et de sa reconnaissance, pour les services qu'il en avait reçus, » céda pour toujours à l'hôpital le droit de prendre les bois de chauffage et de construction et, de mener paître les troupeaux dans sa forêt de las Quints, située dans la vallée de Nielglos, le samedi veille de Pâques 1343 (11 avril 1342).
Dans le courant du XIVe siècle, on vit quelques nobles dames, appartenant, l'une à la puissante maison de Rabat, l'autre à la famille comtale de Foix, venir successivement recevoir dans l'église de Capoulet, l'humble habit de sœur Hospitalière. L'Ordre de Saint-Jean ne négligea pas de leur témoigner sa reconnaissance pour le lustre que leur admission dans ses rangs lui donnait, dans la contrée et pour les largesses qu'elles avaient dû lui faire à cette occasion, car nous voyons dans cette période, à la tête de l'hôpital de Capoulet les nobles commanderesses, sœur Condor de Rabat (1325-1332) et soeur Sybille de Foix (1381-1393). Le nom de cette dernière ne figurant pas dans les généalogies de la maison comtale, ni de ses différentes branches, il est probable que Sybille de Foix, dont il est ici question, était une fille naturelle de Gaston Phébus.
En 1321, nous trouvons les paroissiens de Niaux, vassaux de l'hôpital, en révolte complète contre l'autorité ecclésiastique : ils refusaient obstinément de payer les dîmes et les prémisses de leurs terres. Devant cette attitude, l'évêque de Pamiers eut recours aux mesures de rigueur et à la requête de l'archidiacre P. Audaric lança les foudres de l'excommunication contre les révoltés. Après avoir persisté longtemps dans leur rébellion, ces derniers prirent enfin le parti de demander grâce ; « désirant redevenir vrais enfants de l'église et reconnaissant leur faute, » ils envoyèrent des députés pour apporter leur soumission à l'évêque.
Les guerres religieuses produisirent à Capoulet, comme au chef de la Commanderie, à laquelle il venait d'être réuni, bien des désordres et des ruines. Sa position retirée au milieu des montagnes, ne préserva pas cet établissement des dévastations des Huguenots ; car la visite de 1648, ne constate plus sur cet emplacement que l'existence d'une petite chapelle située dans l'enceinte des murailles de l'ancienne commanderie. Les vassaux de l'hôpital ou leurs voisins tâchèrent de leur côté de profiter des embarras du commandeur, pour usurper ses droits et s'insurger contre les usages respectés jusqu'alors. Nous trouvons en 1627, le Commandeur occupé, à exposer au Parlement de Toulouse, que ses vassaux de Capoulet refusaient de travailler les terres de l'hôpital ; la cour plaça la commanderie sous la sauvegarde royale et enjoignit aux habitants d'y venir faire les journées de travail prescrites par les coutumes du pays. Ce même Commandeur assignait en même temps en justice les consuls de la ville de Sigier, pour leur faire défendre de mettre un bailli à Capoulet, « et de se rendre dans cette ville le jour de la fête, en y transportant leurs livres consulaires, comme si la juridiction lui en appartenait. »
Liste des Commandeurs de Capoulet.
-----1142. Isarn de Roquefort, commandeur des Olmes.
-----1172. Raymond de Verdun.
-----1181. Benoit.
-----1182. Bernard de Gavaldan.
1202-1211. Bernard de Videnhac, Commandeur de Savartès ou de Capoulet.
1217-1218. Pierre de Saquet.
1230-1232. Bernard-Amiel dePailhès
1231-1251. Bernard de Durban.
1258 1259. Pierre Boyer.
1260-1265. Pierre Vascon.
1266-1269. Bernard del Mas.
1281-1282. Géraud de Colomb.
1283-1284. Jean de Muret.
1285-1286. Guillaume Castel.
1288-1290. Pierre de Saint-Sernin.
1292-1304. Guillaume de Guerrejat.
1316-1317. Raymond de Sacquet.
1317-1332. Soeur Condor de Rabat.
1236-1340. Hugues de Gavarret.
1341-1342. Gailhard de Sales.
1343-1345. Roger de Salesse.
1346-1347. Huges de Gros.
1347-1350. Arnaud de Saint-Martin.
1353-1351. Guillaume de Montaigut.
1354-1355. Olivier de Raffin.
1355-1364. Bernard de Spaon.
1361-1365. Berengier de Saint-Félix.
1374-1376. Guillaume de Calatrave.
1381-1393. Soeur Sybille de Foix.
1408-1410. Jean Sabathier.
-----1438. Bernard de Montlezun.
(Vers 1500 réunion de Capoulet a Gabre)
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
TopCapoulet (sur la carte de Cassini proche de Tarascon-sur-Ariège se nomme de nos jours Capoulet-et-Junac 09)
La réunion de la commanderie de Capoulet à celle de Gabre ayant été antérieure au pillage de cette dernière par les Huguenots, ses archives ne furent guère plus respectées. Cette circonstance nous empêche de pouvoir fixer d'une manière précise la fondation de l'hôpital de Capoulet, que nous croyons néanmoins pouvoir faire remonter aux dernières années du XIIe siècle. Bien avant cette époque, différentes donations avaient été faites à l'hôpital de Jérusalem dans la contrée. Il est même question dans les archives d'une ancienne commanderie désignée sous le nom des Olmes (de Ulmis), que tout me porte à croire n'être autre que Villeneuve-des-Olmes, située dans le voisinage; plus tard cette commanderie n'était plus mentionnée, il est à croire qu'elle cessa d'exister, quand les Hospitaliers établirent à Capoulet le centre de leurs possessions dans la contrée.
En 1142, Beringuier Arnal, donna à l'Ordre de Saint-Jean, son fief du « Sallent ». Cette même année, dame Mabriffe, fille de P. de Cavanh, se dépouillait de tous ses biens en faveur de l'ordre entre les mains d'Yzarn de Roquefort, commandeur des Olmes ; en 1168, Pierre d'Asnave cédait aux Hospitaliers son droit à un repas annuel pour quatre personnes, droit qu'il prélevait sur ses vassaux de Capoulet. Un membre de la famille, comtale, Raymond Roger, avait donné dans le mois de juillet 1149, une portion du territoire d'Asnave, avec le consentement de Roger Bernard, comte de Foix, son neveu et de Bernard Roger son frère «.
Mais parmi toutes ces donations, la plus importante fut celle que firent, le dimanche après l'Epiphanie de l'année 1172 (9 janvier 1173), noble Bernard de Foix, se femme et leurs enfants, Raymond et Bertrand, à l'hôpital de Jérusalem, à Baynaud de Verdun et à Pierre de Saint-André, religieux de cet Ordre, des rentes qu'ils possédaient à Capoulet, ainsi que de la dime du moulin vieux qu'ils avaient près du château de Foix. Quelques années plus tard nous trouvons la confirmation faite par Pierre et Baymond de Nielglos, de la donation faite par leur père des'droits de leur famille sur la ville de Capoulet (1177).
Cette même année, l'ordre de Saint-Jean recevait du chevalier W. d'Asnave, une partie du territoire voisin, donation dont le comte Bernard Roger de Foix consentait à se porter leur caution : pendant que le seigneur W. d'Alsen donnait à l'hôpital, à son frère Pierre, Prieur de Saint-Jean de Toulouse, ses droits sur la terre de « Saos », jusqu'au jour où son neveu serait d'âge à être armé chevalier.
La commanderie de Capoulet ne fut constituée définitivement que plus tard; car nous voyons pendant quelque temps encore, figurer à la tète des possessions de l'Ordre dans cette contrée les commandeurs des « Olmes » et de « Savartès » ; ce ne fut que dans la première partie du XIIIe siècle, que ces différentes dénominations furent remplacées par celle de commandeurs de Capoulet. Mentionnons encore les donations que firent en 1181, Pierre d'Arnave de ses droits sur la ville de Sen, Brunet de Nielglos, des siens sur celle d'Essen, et B. de Babat, sur le territoire d'Enot; en 1202, Bogier d'Aniaux, du quart de la dîme de l'église de Saint-Vincent et enfin en 1211, Arnaud de Castelverdun, de ce qu'il possédait dans le fort de Capoulet et son territoire.
L'inventaire que nous consultons, nous fournit en outre plusieurs témoignages de la faveur que prodiguaient les comtes de Foix à la maison de Capoulet et à ses vassaux. C'est ainsi que, le quatrième jour des kalendes d'août (28 juillet) 1292, nous voyons Vezian de Roquefort, écuyer, reconnaître au nom du comte de Foix, que les habitants de Capoulet étaient exempts de fouage envers ce dernier, comme vassaux de l'hôpital.
Le deuxième jour des nones de mai (6 mai) 1314, Gaston de Foix fit remise à ces mêmes habitants « à qui il voulait témoigner son affection, » du droit d'albergue de 50 sols que leur communauté lui payait annuellement.
Signalons encore l'acte par lequel noble Jourdain de Rabat, seigneur et baron de Nielglos, « voulant donner à Roger de Salesse, Commandeur de Capoulet, un témoignage de son amitié et de sa reconnaissance, pour les services qu'il en avait reçus, » céda pour toujours à l'hôpital le droit de prendre les bois de chauffage et de construction et, de mener paître les troupeaux dans sa forêt de las Quints, située dans la vallée de Nielglos, le samedi veille de Pâques 1343 (11 avril 1342).
Dans le courant du XIVe siècle, on vit quelques nobles dames, appartenant, l'une à la puissante maison de Rabat, l'autre à la famille comtale de Foix, venir successivement recevoir dans l'église de Capoulet, l'humble habit de sœur Hospitalière. L'Ordre de Saint-Jean ne négligea pas de leur témoigner sa reconnaissance pour le lustre que leur admission dans ses rangs lui donnait, dans la contrée et pour les largesses qu'elles avaient dû lui faire à cette occasion, car nous voyons dans cette période, à la tête de l'hôpital de Capoulet les nobles commanderesses, sœur Condor de Rabat (1325-1332) et soeur Sybille de Foix (1381-1393). Le nom de cette dernière ne figurant pas dans les généalogies de la maison comtale, ni de ses différentes branches, il est probable que Sybille de Foix, dont il est ici question, était une fille naturelle de Gaston Phébus.
En 1321, nous trouvons les paroissiens de Niaux, vassaux de l'hôpital, en révolte complète contre l'autorité ecclésiastique : ils refusaient obstinément de payer les dîmes et les prémisses de leurs terres. Devant cette attitude, l'évêque de Pamiers eut recours aux mesures de rigueur et à la requête de l'archidiacre P. Audaric lança les foudres de l'excommunication contre les révoltés. Après avoir persisté longtemps dans leur rébellion, ces derniers prirent enfin le parti de demander grâce ; « désirant redevenir vrais enfants de l'église et reconnaissant leur faute, » ils envoyèrent des députés pour apporter leur soumission à l'évêque.
Les guerres religieuses produisirent à Capoulet, comme au chef de la Commanderie, à laquelle il venait d'être réuni, bien des désordres et des ruines. Sa position retirée au milieu des montagnes, ne préserva pas cet établissement des dévastations des Huguenots ; car la visite de 1648, ne constate plus sur cet emplacement que l'existence d'une petite chapelle située dans l'enceinte des murailles de l'ancienne commanderie. Les vassaux de l'hôpital ou leurs voisins tâchèrent de leur côté de profiter des embarras du commandeur, pour usurper ses droits et s'insurger contre les usages respectés jusqu'alors. Nous trouvons en 1627, le Commandeur occupé, à exposer au Parlement de Toulouse, que ses vassaux de Capoulet refusaient de travailler les terres de l'hôpital ; la cour plaça la commanderie sous la sauvegarde royale et enjoignit aux habitants d'y venir faire les journées de travail prescrites par les coutumes du pays. Ce même Commandeur assignait en même temps en justice les consuls de la ville de Sigier, pour leur faire défendre de mettre un bailli à Capoulet, « et de se rendre dans cette ville le jour de la fête, en y transportant leurs livres consulaires, comme si la juridiction lui en appartenait. »
Liste des Commandeurs de Capoulet.
-----1142. Isarn de Roquefort, commandeur des Olmes.
-----1172. Raymond de Verdun.
-----1181. Benoit.
-----1182. Bernard de Gavaldan.
1202-1211. Bernard de Videnhac, Commandeur de Savartès ou de Capoulet.
1217-1218. Pierre de Saquet.
1230-1232. Bernard-Amiel dePailhès
1231-1251. Bernard de Durban.
1258 1259. Pierre Boyer.
1260-1265. Pierre Vascon.
1266-1269. Bernard del Mas.
1281-1282. Géraud de Colomb.
1283-1284. Jean de Muret.
1285-1286. Guillaume Castel.
1288-1290. Pierre de Saint-Sernin.
1292-1304. Guillaume de Guerrejat.
1316-1317. Raymond de Sacquet.
1317-1332. Soeur Condor de Rabat.
1236-1340. Hugues de Gavarret.
1341-1342. Gailhard de Sales.
1343-1345. Roger de Salesse.
1346-1347. Huges de Gros.
1347-1350. Arnaud de Saint-Martin.
1353-1351. Guillaume de Montaigut.
1354-1355. Olivier de Raffin.
1355-1364. Bernard de Spaon.
1361-1365. Berengier de Saint-Félix.
1374-1376. Guillaume de Calatrave.
1381-1393. Soeur Sybille de Foix.
1408-1410. Jean Sabathier.
-----1438. Bernard de Montlezun.
(Vers 1500 réunion de Capoulet a Gabre)
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Carlat (15)
Commanderie de Carlat (ancienne Maison du Temple)
L'ancien temple de Carlat fut choisi comme le chef lieu de la commanderie nouvelle, qui comprit les temples d'Albignac, du Monteil, les membres de l'Hôpital de Champfranchesse, de la Barbary, de Corrèze, du Couderc, de Mascheix, de Villedieu et de la Salvetat.
1. Chef
Le membre de Carlat, chef-lieu comprenait l'église paroissiale, une maison forte, le tout sis sur le roc de Carlat, une maison et des biens-fonds à Aurillac et à Caussac, des rentes et des droits de justice.
L'église était dédiée à Notre-Dame-du-Puy. Le commandeur était curé primitif, décimateur, patron et collateur. Les dîmes se levaient à la onzième gerbe et produisaient environ 538 setiers de tout grain (20).
Les rentes annuelles payables en toute justice haute, moyenne et basse se prélevaient sur les paroisses environnantes savoir : dans la paroisse de Carlat à Cabannes, Lessenat, Celles, Peyrose ; dans l'ancienne paroisse de Raulhac à Lobéjal, Les Bousquants, La Cassade, Montcalvin, Badaillac, La Queyrie, Cropières, Lavergne, Peuchmourier, Gouls, Rentières, Barriac, Guimont, La Mouzonade ; dans la paroisse Saint-Clément, au bourg ; dans la paroisse de Saint-Etienne à Escaseaux, Espeils, La Grange ; dans la paroisse de Cros, à Morzières ; dans la paroisse de Labrousse, à Drulhes, Roussy, Teil et au bourg ; dans la paroisse d'Arpajon, à Lapeyrusse, Carsac, La Vergne ; dans la paroisse de Polminhac. à Maurejouls, Esmons, Salès, Murat. Lagasse ; aux bourgs de Prondels, l'Hôpital, Négreserre, Albignac, Mur-de-Barrès, Taussac, Alleix, Peyrac, Cassaniouse, Montredon, Saint-Santin,Saint-Etienne-de-Maurs,Saint-Constant, Maurs, Mourjou, Marcolès, Saint-Paul, Reilhac, Vézac, Trémolet, Boussac, Giou-de-Mamou (21). Elles s'élevaient à :
Froment ---------------------- 40 setiers
Seigle et avoine ------------- 300 setiers
Gélines ---------------------- 40
Argent ----------------------- 50 livres
Manoeuvres. ------------------ 30
Annexe de l'Hôpital de Pierrefitte.
Dans la paroisse do Giou-de-Mamou l'ordre possédait une chapelle, desservie par un chapelain, les dîmes de Pierrefitte et quelques rentes, dont il jouissait en toute justice.
20. En voici le détail :
Dimerie du bourg de Carlat, 120 setiers ;
Dimerie du Puy Hasset, ]20 setiers ;
Dinierie de Calves, 120 setiers ;
Dimerie de Celles, 50 setiers ;
Dimerie de Montcalvy et Tersont, 10 setiers ;
Dimerie de Sagergues, paroisse de Saint-Simon, 10 setiers. (Archives du Rhône, série H.)
21. Terriers de 1460 (au nom de frère Berald d'Adié), 1571 (Thomas de la Tour), 1623 (Charles de Saint-Viance), 1735 (Vincent de Vogué), 1769 (Saint-Viance).
2. Membre. L'Hôpital de Corrèze
Situé dans le diocèse de Tulle en Bas-Limousin, ce membre comprenait la chapelle d'Orleat de Bar, dont finit par s'emparer le chapitre de Saint-Martin de Tulle, des dîmes et des cens.
Les dîmes se prélevaient à la dixième gerbe sur les villages de Soubslarcie, de Boucine, de Souillier, de La Chastre, de La Borie, de Durcant, de Laprade, de Reignat, de Brousse, de Lebech, de Puymaigre et du château de Ternat, produisant bon an, mal an, 200 setiers, mesure de Tulle.
Les rentes donnaient :
Seigle --------------------- 21 setiers
Froment -------------------- 5 setiers
Avoine --------------------- 11 setiers
Poules --------------------- 3
Sols ----------------------- 22
Les lods étaient dûs au vingtième denier en toute justice dans la paroisse de Corrèze. Les rentes de Boucine, paroisse de Corrèze, produisaient :
Seigle ---------------- 16 setiers
Poules ---------------- 2
Sols ------------------ 10
La dîme de Meyrignac-l'Eglise donnait 7 setiers, celle d'Orleat de Bar 50 setiers de grains et 50 sols argent.
Quant aux rentes d'Orleat, elles se prélevaient au tènement du Buisson : froment, 2 setiers, seigle, 4 setiers, avoine, 15 ras, argent, 21 sols.
La rente du village de Mont, paroisse de Chillat, produisait 5 setiers seigle, 5 setiers froment, argent, 2 sols.
3. Membre. Le Couderc
En Bas-Limousin, à 2 kilomètres du château de Sédières, ce membre comprenait le presbytère, une église paroissiale, des dîmes et des rentes.
L'église, dédiée à saint-Jean-Baptiste, était à la collation du commandeur de Carlat comme curé primitif et seigneur spirituel.
Les dîmes se prélevaient au Couderc.
Les rentes donnaient :
Seigle -------------------- 55 setiers
Avoine -------------------- 18 setiers
Argent -------------------- 5 livres, 10 sols
Poules -------------------- 4
Oeufs --------------------- 72
La rente de Maillarode, paroisse de Saint-Martial :
Seigle -------------------- 28 sel;iers
Avoine -------------------- 9 setiers
Poules -------------------- 3
Oeufs --------------------- 50
Argent -------------------- 18 sols
La rente de Vedrenne, paroisse de Guimont :
Seigle -------------------- 24 setiers
Avoine -------------------- 10 setiers
Géline -------------------- 1
Oeufs --------------------- 50
Sols ---------------------- 20
La rente de Guimont :
Seigle -------------------- 4 setiers
Sols ---------------------- 3 et 4 deniers
La rente de Courbiat, paroisse de Paudrigne :
Seigle -------------------- 8 setiers
Avoine -------------------- 8 setiers
Sols ---------------------- 18
La rente du Breuil, paroisse de Saint-Priest, se levait au vingtième denier et devait produire environ 30 setiers de grains.
4. Membre. Mascheix
Ce membre, situé dans la paroisse Chaneille-Mascheix, se composait également d'une église paroissiale dédiée à Saint-Jean, des dîmes, cens et de la haute justice.
Les dîmes se percevaient à la dixième gerbe sur la paroisse de Mascheix sur le village de Servut, paroisse de Lostanges, et sur celui de Laumont, paroisse de Sérilhac. Ces deux derniers villages donnaient 10 seliers de grains.
Les cens se percevaient sur le village de Sevrut, paroisse de Lostanges :
Seigle ---------------------- 10 setiers
Avoine ---------------------- 3 setiers
Poules ---------------------- 4
Argent ---------------------- 30 sols
Sur le village de Mascheix :
Froment ---------------------- 1 setier
Seigle et avoine ------------- 12 —
Poules ----------------------- 15
Argent ----------------------- 12 sols
Sur le village du Til, paroisse de Saint-Hilaire :
Seigle ---------------------- 10 setiers
Avoine ---------------------- 4 setiers
Poules ---------------------- 4
Sols ------------------------ 8
Sur le village de la Faye, paroisse de Monceaux :
Seigle ---------------------- 8 setiers
Avoine ---------------------- 5 setiers
Poules ---------------------- 6
Sols ------------------------ 8
Sur le village de Laumont, paroisse de Sérilhac :
Seigle ---------------------- 4 setiers 4 quartons
Avoine ---------------------- 1 setiers 4 quartons
Poules ---------------------- 4
Argent ---------------------- 30 sols
Tous ces villages étaient de la haute justice de Carlat. Le commandeur de Carlat était collateur et patron de de l'église de Mascheix.
5. Membre. L'Hôpital de Champfranchesse
Dans la paroisse de Saint-Cirgues-de-Malbert se composait d'une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, d'une maison forte, entourée de cours et jardins, écurie et grange d'un domaine, de dîmes et de rentes.
Le domaine fort important comprenait 83 séterées dans une seule enclave, plus la terre du commandeur contenant 3 séterées, un grand pré d'environ 53 charettées de foin, un paccage ayant 20 sélerées, un bois de 60 séterées et tout autour 20 séterées de paccages.
Le commandeur de Carlat avait la directe sur les villages de l'Hôpital, La Varenne, Roullilanges, Treymont, paroisse de Saint-Cirguos ; de Falgéres, Roupeyroux et Vedesche, paroisse de Saint-Rémy, de Merlhiac, Pommier, Lafarge, Tronche, Lacoste, Pailhers, etc.
Il en tirait bon an, mal an :
Froment --------------------- 18 setiers
Seigle ---------------------- 123 —
Avoine ---------------------- 80 —
Gélines --------------------- 27
Oeufs ----------------------- 200
Argent ---------------------- 17 livres, 5 sols
Journées -------------------- 24
Les dîmes de l'Hôpital se prélevaient à la 11me gerbe sur les villages de Roupeyroux et de Lemont, paroisse de Saint-Rémy. Leur produit annuel était de 40 à 45 setiers de grains mesure de Salers.
Annexe du Monteil
Cette annexe, sise paroisse de Saint-Rémy-de-Salers, était à une lieue de l'Hôpital (22). Elle se composait d'une chapelle, d'un domaine comprenant maisons d'exploitation, écuries, granges, cours, jardins, prés, champs, paccages, bois et montagne. Les prés du Clos se fauchaient en cinq journées, celui de Lacoste en trois, celui de Laumont en six, celui de Runeros avait 2 séterées. La terre de Ribeyrolles demandait 12 setiers de semence, une autre 15 setiers. La terre Delconte mesurait 3 séterées et demie. La montagne contenait 25 têtes.
Les rentes, prélevées sur Roupeyroux, donnaient :
Argent ---------------------- 23 sols, 8 deniers
Seigle ---------------------- 15 setiers, 3 quartons
Avoine ---------------------- 26 —
Froment ---------------------- 3 —
Gélines ---------------------- 2
Journées --------------------- 2
22. Terriers d'Aude, de Saint-Chamans, de Saint-Julien, de Villars, de la Tour, de Saint-Viance, du Cluzeau, de Vogué.
6. Membre. L'Hôpital de la Barbary
Le membre de l'Hôpital de la Rarbary, dans la paroisse du Vigean, ne comprenait que des rentes assises sur le bourg du Vigean, les villages d'Ortigiers, La Borde, Ayres, Endriou, Le Prat, Cabanes, l'Hôpital, Combes, Menteyrolles et les affars Dalgé, de Lavergne, de la Peyre et de Coste-Planc.
Elles revenaient à 98 setiers de seigle, 90 charges d'avoine, mesure de Mauriac, les 5 setiers faisant la charge, 10 livres, 5 sols d'argent, 11 gélines, 9 manoeuvres, un mouton, le tout en haute, moyenne et basse justice. Il y avait aussi une masure avec tour à quinze pas du château de Montfort.
7. Membre. Vllledieu
Le membre de Villedieu se composait d'une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste dans laquelle on célébrait la messe le dimanche, de la dîme de Villedieu s'élevant à 15 setiers, mesure de Maurs, qui valaient 20 à 22 setiers mesure d'Aurillac ; des droits de lods et ventes à raison du sixième denier et de justice haute, moyenne et basse sur le village de Standieu ; et de rentes produisant :
Seigle -------------------- 10 setiers
Avoine -------------------- 7 quartes
Argent -------------------- 6 deniers
8. Membre. La Salvetat
Le membre de La Salvetat se composait d'une église paroissiale sous le titre de Saint-Jean-Baptiste, d'une maison, de trois petits prés appelés de l'Hôpital, de la Planque, du Thiron, d'une garenne, dite du Freyx, à l'usage du curé.
La dîme du bourg de la Salvetat produisait 90 setiers de grains, mesure d'Aurillac, plus la dîme des agneaux sur toute la paroisse de la Salvetat. La dîme des grains à la onzième gerbe sur les villages du Rili et de Bessiros montait, année commune, à 24 setiers ; sur une partie des villages d'Ugaulx et d'Ugoles, paroisse de Saint-Mamet, à 60 setiers ; sur le village de la Rodde, à 8 setiers; sur le village de Prantignat, à 40 setiers ; sur le village de Cassaniouze, paroisse de Roannes, à 40 setiers ; sur le village de Silvestre, paroisse de Roumégoux, à 15 setiers, soit en tout 217 setiers.
Les rentes se percevaient en toute justice au sixième denier sur la Salvetat, Cazalat, Laveissière, Vaurs, paroisse de la Salvetat ; Mastrebuys, paroisse de Roanne ; Uzols et Uzaux, paroisse de Saint-Mamet; La Bouigue, Lauriac, Valette, Lou Mas, Lou Mazet, Poujols, Le Pont, Loussereyre, paroisse de Vitrac ; Villecreux et Marcolès ; Caignac et Silvestre, paroisse de Roumégoux ; Causse, Saint-Constant, Villedieu, Le Trioullet, La Ribbe, Lentilhac, Le Bousquet, etc. Ces rentes se montaient à 160 setiers.
Sources : Bouffet (Abbé Hippolyte), Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Haute-Auvergne, dans Revue de la Haute-Auvergne, Aurillac, t. XVI (1914).
TopL'ancien temple de Carlat fut choisi comme le chef lieu de la commanderie nouvelle, qui comprit les temples d'Albignac, du Monteil, les membres de l'Hôpital de Champfranchesse, de la Barbary, de Corrèze, du Couderc, de Mascheix, de Villedieu et de la Salvetat.
1. Chef
Le membre de Carlat, chef-lieu comprenait l'église paroissiale, une maison forte, le tout sis sur le roc de Carlat, une maison et des biens-fonds à Aurillac et à Caussac, des rentes et des droits de justice.
L'église était dédiée à Notre-Dame-du-Puy. Le commandeur était curé primitif, décimateur, patron et collateur. Les dîmes se levaient à la onzième gerbe et produisaient environ 538 setiers de tout grain (20).
Les rentes annuelles payables en toute justice haute, moyenne et basse se prélevaient sur les paroisses environnantes savoir : dans la paroisse de Carlat à Cabannes, Lessenat, Celles, Peyrose ; dans l'ancienne paroisse de Raulhac à Lobéjal, Les Bousquants, La Cassade, Montcalvin, Badaillac, La Queyrie, Cropières, Lavergne, Peuchmourier, Gouls, Rentières, Barriac, Guimont, La Mouzonade ; dans la paroisse Saint-Clément, au bourg ; dans la paroisse de Saint-Etienne à Escaseaux, Espeils, La Grange ; dans la paroisse de Cros, à Morzières ; dans la paroisse de Labrousse, à Drulhes, Roussy, Teil et au bourg ; dans la paroisse d'Arpajon, à Lapeyrusse, Carsac, La Vergne ; dans la paroisse de Polminhac. à Maurejouls, Esmons, Salès, Murat. Lagasse ; aux bourgs de Prondels, l'Hôpital, Négreserre, Albignac, Mur-de-Barrès, Taussac, Alleix, Peyrac, Cassaniouse, Montredon, Saint-Santin,Saint-Etienne-de-Maurs,Saint-Constant, Maurs, Mourjou, Marcolès, Saint-Paul, Reilhac, Vézac, Trémolet, Boussac, Giou-de-Mamou (21). Elles s'élevaient à :
Froment ---------------------- 40 setiers
Seigle et avoine ------------- 300 setiers
Gélines ---------------------- 40
Argent ----------------------- 50 livres
Manoeuvres. ------------------ 30
Annexe de l'Hôpital de Pierrefitte.
Dans la paroisse do Giou-de-Mamou l'ordre possédait une chapelle, desservie par un chapelain, les dîmes de Pierrefitte et quelques rentes, dont il jouissait en toute justice.
20. En voici le détail :
Dimerie du bourg de Carlat, 120 setiers ;
Dimerie du Puy Hasset, ]20 setiers ;
Dinierie de Calves, 120 setiers ;
Dimerie de Celles, 50 setiers ;
Dimerie de Montcalvy et Tersont, 10 setiers ;
Dimerie de Sagergues, paroisse de Saint-Simon, 10 setiers. (Archives du Rhône, série H.)
21. Terriers de 1460 (au nom de frère Berald d'Adié), 1571 (Thomas de la Tour), 1623 (Charles de Saint-Viance), 1735 (Vincent de Vogué), 1769 (Saint-Viance).
2. Membre. L'Hôpital de Corrèze
Situé dans le diocèse de Tulle en Bas-Limousin, ce membre comprenait la chapelle d'Orleat de Bar, dont finit par s'emparer le chapitre de Saint-Martin de Tulle, des dîmes et des cens.
Les dîmes se prélevaient à la dixième gerbe sur les villages de Soubslarcie, de Boucine, de Souillier, de La Chastre, de La Borie, de Durcant, de Laprade, de Reignat, de Brousse, de Lebech, de Puymaigre et du château de Ternat, produisant bon an, mal an, 200 setiers, mesure de Tulle.
Les rentes donnaient :
Seigle --------------------- 21 setiers
Froment -------------------- 5 setiers
Avoine --------------------- 11 setiers
Poules --------------------- 3
Sols ----------------------- 22
Les lods étaient dûs au vingtième denier en toute justice dans la paroisse de Corrèze. Les rentes de Boucine, paroisse de Corrèze, produisaient :
Seigle ---------------- 16 setiers
Poules ---------------- 2
Sols ------------------ 10
La dîme de Meyrignac-l'Eglise donnait 7 setiers, celle d'Orleat de Bar 50 setiers de grains et 50 sols argent.
Quant aux rentes d'Orleat, elles se prélevaient au tènement du Buisson : froment, 2 setiers, seigle, 4 setiers, avoine, 15 ras, argent, 21 sols.
La rente du village de Mont, paroisse de Chillat, produisait 5 setiers seigle, 5 setiers froment, argent, 2 sols.
3. Membre. Le Couderc
En Bas-Limousin, à 2 kilomètres du château de Sédières, ce membre comprenait le presbytère, une église paroissiale, des dîmes et des rentes.
L'église, dédiée à saint-Jean-Baptiste, était à la collation du commandeur de Carlat comme curé primitif et seigneur spirituel.
Les dîmes se prélevaient au Couderc.
Les rentes donnaient :
Seigle -------------------- 55 setiers
Avoine -------------------- 18 setiers
Argent -------------------- 5 livres, 10 sols
Poules -------------------- 4
Oeufs --------------------- 72
La rente de Maillarode, paroisse de Saint-Martial :
Seigle -------------------- 28 sel;iers
Avoine -------------------- 9 setiers
Poules -------------------- 3
Oeufs --------------------- 50
Argent -------------------- 18 sols
La rente de Vedrenne, paroisse de Guimont :
Seigle -------------------- 24 setiers
Avoine -------------------- 10 setiers
Géline -------------------- 1
Oeufs --------------------- 50
Sols ---------------------- 20
La rente de Guimont :
Seigle -------------------- 4 setiers
Sols ---------------------- 3 et 4 deniers
La rente de Courbiat, paroisse de Paudrigne :
Seigle -------------------- 8 setiers
Avoine -------------------- 8 setiers
Sols ---------------------- 18
La rente du Breuil, paroisse de Saint-Priest, se levait au vingtième denier et devait produire environ 30 setiers de grains.
4. Membre. Mascheix
Ce membre, situé dans la paroisse Chaneille-Mascheix, se composait également d'une église paroissiale dédiée à Saint-Jean, des dîmes, cens et de la haute justice.
Les dîmes se percevaient à la dixième gerbe sur la paroisse de Mascheix sur le village de Servut, paroisse de Lostanges, et sur celui de Laumont, paroisse de Sérilhac. Ces deux derniers villages donnaient 10 seliers de grains.
Les cens se percevaient sur le village de Sevrut, paroisse de Lostanges :
Seigle ---------------------- 10 setiers
Avoine ---------------------- 3 setiers
Poules ---------------------- 4
Argent ---------------------- 30 sols
Sur le village de Mascheix :
Froment ---------------------- 1 setier
Seigle et avoine ------------- 12 —
Poules ----------------------- 15
Argent ----------------------- 12 sols
Sur le village du Til, paroisse de Saint-Hilaire :
Seigle ---------------------- 10 setiers
Avoine ---------------------- 4 setiers
Poules ---------------------- 4
Sols ------------------------ 8
Sur le village de la Faye, paroisse de Monceaux :
Seigle ---------------------- 8 setiers
Avoine ---------------------- 5 setiers
Poules ---------------------- 6
Sols ------------------------ 8
Sur le village de Laumont, paroisse de Sérilhac :
Seigle ---------------------- 4 setiers 4 quartons
Avoine ---------------------- 1 setiers 4 quartons
Poules ---------------------- 4
Argent ---------------------- 30 sols
Tous ces villages étaient de la haute justice de Carlat. Le commandeur de Carlat était collateur et patron de de l'église de Mascheix.
5. Membre. L'Hôpital de Champfranchesse
Dans la paroisse de Saint-Cirgues-de-Malbert se composait d'une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, d'une maison forte, entourée de cours et jardins, écurie et grange d'un domaine, de dîmes et de rentes.
Le domaine fort important comprenait 83 séterées dans une seule enclave, plus la terre du commandeur contenant 3 séterées, un grand pré d'environ 53 charettées de foin, un paccage ayant 20 sélerées, un bois de 60 séterées et tout autour 20 séterées de paccages.
Le commandeur de Carlat avait la directe sur les villages de l'Hôpital, La Varenne, Roullilanges, Treymont, paroisse de Saint-Cirguos ; de Falgéres, Roupeyroux et Vedesche, paroisse de Saint-Rémy, de Merlhiac, Pommier, Lafarge, Tronche, Lacoste, Pailhers, etc.
Il en tirait bon an, mal an :
Froment --------------------- 18 setiers
Seigle ---------------------- 123 —
Avoine ---------------------- 80 —
Gélines --------------------- 27
Oeufs ----------------------- 200
Argent ---------------------- 17 livres, 5 sols
Journées -------------------- 24
Les dîmes de l'Hôpital se prélevaient à la 11me gerbe sur les villages de Roupeyroux et de Lemont, paroisse de Saint-Rémy. Leur produit annuel était de 40 à 45 setiers de grains mesure de Salers.
Annexe du Monteil
Cette annexe, sise paroisse de Saint-Rémy-de-Salers, était à une lieue de l'Hôpital (22). Elle se composait d'une chapelle, d'un domaine comprenant maisons d'exploitation, écuries, granges, cours, jardins, prés, champs, paccages, bois et montagne. Les prés du Clos se fauchaient en cinq journées, celui de Lacoste en trois, celui de Laumont en six, celui de Runeros avait 2 séterées. La terre de Ribeyrolles demandait 12 setiers de semence, une autre 15 setiers. La terre Delconte mesurait 3 séterées et demie. La montagne contenait 25 têtes.
Les rentes, prélevées sur Roupeyroux, donnaient :
Argent ---------------------- 23 sols, 8 deniers
Seigle ---------------------- 15 setiers, 3 quartons
Avoine ---------------------- 26 —
Froment ---------------------- 3 —
Gélines ---------------------- 2
Journées --------------------- 2
22. Terriers d'Aude, de Saint-Chamans, de Saint-Julien, de Villars, de la Tour, de Saint-Viance, du Cluzeau, de Vogué.
6. Membre. L'Hôpital de la Barbary
Le membre de l'Hôpital de la Rarbary, dans la paroisse du Vigean, ne comprenait que des rentes assises sur le bourg du Vigean, les villages d'Ortigiers, La Borde, Ayres, Endriou, Le Prat, Cabanes, l'Hôpital, Combes, Menteyrolles et les affars Dalgé, de Lavergne, de la Peyre et de Coste-Planc.
Elles revenaient à 98 setiers de seigle, 90 charges d'avoine, mesure de Mauriac, les 5 setiers faisant la charge, 10 livres, 5 sols d'argent, 11 gélines, 9 manoeuvres, un mouton, le tout en haute, moyenne et basse justice. Il y avait aussi une masure avec tour à quinze pas du château de Montfort.
7. Membre. Vllledieu
Le membre de Villedieu se composait d'une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste dans laquelle on célébrait la messe le dimanche, de la dîme de Villedieu s'élevant à 15 setiers, mesure de Maurs, qui valaient 20 à 22 setiers mesure d'Aurillac ; des droits de lods et ventes à raison du sixième denier et de justice haute, moyenne et basse sur le village de Standieu ; et de rentes produisant :
Seigle -------------------- 10 setiers
Avoine -------------------- 7 quartes
Argent -------------------- 6 deniers
8. Membre. La Salvetat
Le membre de La Salvetat se composait d'une église paroissiale sous le titre de Saint-Jean-Baptiste, d'une maison, de trois petits prés appelés de l'Hôpital, de la Planque, du Thiron, d'une garenne, dite du Freyx, à l'usage du curé.
La dîme du bourg de la Salvetat produisait 90 setiers de grains, mesure d'Aurillac, plus la dîme des agneaux sur toute la paroisse de la Salvetat. La dîme des grains à la onzième gerbe sur les villages du Rili et de Bessiros montait, année commune, à 24 setiers ; sur une partie des villages d'Ugaulx et d'Ugoles, paroisse de Saint-Mamet, à 60 setiers ; sur le village de la Rodde, à 8 setiers; sur le village de Prantignat, à 40 setiers ; sur le village de Cassaniouze, paroisse de Roannes, à 40 setiers ; sur le village de Silvestre, paroisse de Roumégoux, à 15 setiers, soit en tout 217 setiers.
Les rentes se percevaient en toute justice au sixième denier sur la Salvetat, Cazalat, Laveissière, Vaurs, paroisse de la Salvetat ; Mastrebuys, paroisse de Roanne ; Uzols et Uzaux, paroisse de Saint-Mamet; La Bouigue, Lauriac, Valette, Lou Mas, Lou Mazet, Poujols, Le Pont, Loussereyre, paroisse de Vitrac ; Villecreux et Marcolès ; Caignac et Silvestre, paroisse de Roumégoux ; Causse, Saint-Constant, Villedieu, Le Trioullet, La Ribbe, Lentilhac, Le Bousquet, etc. Ces rentes se montaient à 160 setiers.
Sources : Bouffet (Abbé Hippolyte), Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Haute-Auvergne, dans Revue de la Haute-Auvergne, Aurillac, t. XVI (1914).
Casteljaloux (47)
Commanderie de Casteljaloux (47)
Les Hospitaliers avaient, soit à Casteljaloux, soit dans les environs, plusieurs possessions, venant pour la plupart de la munificence des sires d'Albret. Nous l'apprenons par un document du XIIIe siècle, fourni par les archives de cette Commanderie. C'est la charte par laquelle Amanieu d'Albret confirma les donations, faites par ses ancêtres à l'hôpital de Jérusalem, des dîmes du « moulin de Casteljaloux » et de « Castelnau-de-Sarnès », de la seigneurie de « Cazalis » ; il augmenta lui-même la liste des libéralités de sa famille par la cession qu'il fit du moulin de « Cazeneuve ».
Ce parchemin fut scellé des armoiries du sire d'Albret, à Casteljaloux, en présence de Cenebrun de Melinhan, d'Arnaud Garsias de Sescas, de Bernard de Pompejac, d'Odon de Noailhan, de Lombard de Socasse (1241).
Dans la suite, les Hospitaliers acquirent une résidence dans la ville même. Pardeilhan de Vacquey, bourgeois de Casteljaloux, donna à l'Ordre de Saint-Jean « une maison bâtie en pierres et en bois, couverte de tuiles et située dans la grande rue (1411). »
Après avoir dit que la « jurande » de Casteljaloux voulut témoigner à l'Ordre sa sympathie, en abolissant par un arrêt tous les impôts qu'on avait prélevés jusqu'alors sur la vente des vins de la Commanderie (1678), nous aurons épuisé toutes les indications fournies par ce fonds peu considérable d'archives.
L'importance de cette dépendance d'Argenteins, où les procès-verbaux de visites ne trouvent à mentionner que la maison « sise dans la grand rue Saint-Raphaël, » la seigneurie spirituelle de la paroisse Saint-Romain et quelques rentes dans la ville, n'aurait pas suffi pour motiver son érection en Commanderie, si les agréments de la résidence dans un centre populeux ne l'eussent désignée naturellement comme chef-lieu de la nouvelle circonscription.
Vers 1780, Casteljaloux fut donc détaché, comme nous l'avons dit plus haut, d'Argenteins, pour former une Commanderie distincte avec les membres de Fargues, Neufonds, Argenton, Moleyres, Sainte-Marie de Veyriès, Cavaissac, Cazalis, Sarpouras, Montréal et Saint-Jean-d'Augenès.
Commandeur de Casteljaloux
1780-1786. René de Léaumont.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
TopLes Hospitaliers avaient, soit à Casteljaloux, soit dans les environs, plusieurs possessions, venant pour la plupart de la munificence des sires d'Albret. Nous l'apprenons par un document du XIIIe siècle, fourni par les archives de cette Commanderie. C'est la charte par laquelle Amanieu d'Albret confirma les donations, faites par ses ancêtres à l'hôpital de Jérusalem, des dîmes du « moulin de Casteljaloux » et de « Castelnau-de-Sarnès », de la seigneurie de « Cazalis » ; il augmenta lui-même la liste des libéralités de sa famille par la cession qu'il fit du moulin de « Cazeneuve ».
Ce parchemin fut scellé des armoiries du sire d'Albret, à Casteljaloux, en présence de Cenebrun de Melinhan, d'Arnaud Garsias de Sescas, de Bernard de Pompejac, d'Odon de Noailhan, de Lombard de Socasse (1241).
Dans la suite, les Hospitaliers acquirent une résidence dans la ville même. Pardeilhan de Vacquey, bourgeois de Casteljaloux, donna à l'Ordre de Saint-Jean « une maison bâtie en pierres et en bois, couverte de tuiles et située dans la grande rue (1411). »
Après avoir dit que la « jurande » de Casteljaloux voulut témoigner à l'Ordre sa sympathie, en abolissant par un arrêt tous les impôts qu'on avait prélevés jusqu'alors sur la vente des vins de la Commanderie (1678), nous aurons épuisé toutes les indications fournies par ce fonds peu considérable d'archives.
L'importance de cette dépendance d'Argenteins, où les procès-verbaux de visites ne trouvent à mentionner que la maison « sise dans la grand rue Saint-Raphaël, » la seigneurie spirituelle de la paroisse Saint-Romain et quelques rentes dans la ville, n'aurait pas suffi pour motiver son érection en Commanderie, si les agréments de la résidence dans un centre populeux ne l'eussent désignée naturellement comme chef-lieu de la nouvelle circonscription.
Vers 1780, Casteljaloux fut donc détaché, comme nous l'avons dit plus haut, d'Argenteins, pour former une Commanderie distincte avec les membres de Fargues, Neufonds, Argenton, Moleyres, Sainte-Marie de Veyriès, Cavaissac, Cazalis, Sarpouras, Montréal et Saint-Jean-d'Augenès.
Commandeur de Casteljaloux
1780-1786. René de Léaumont.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Castelnau-d'Estretefonds (31)
Hôpital de Saint-Pierre du Bousquet, commanderie de Castelnau-d'Estretefonds (31).
Au mois de novembre 1170, Robert abbé de Saint-Michel de Gaillac, au nom du chapitre de ses religieux, donna à l'hôpital de Jérusalem, à Eschafred, précepteur de Fronton, l'église de Saint-Pierre du Bousquet avec tous ses droits et toutes ses dépendances. Il se réserva une redevance annuelle d'une livre d'encens qui serait apportée à l'abbaye, « le messager devant y trouver son dîner comme un des moines ; » par contre Eschafred s'engageait à donner l'hospitalité à l'abbé et à ses successeurs s'ils passaient jamais par Fronton ou le Bousquet.
Vers le milieu du siècle suivant, l'abbé de Saint-Sernin vint disputer au commandeur de Fronton la possession des dîmes de Saint-Pierre et, prétendant que cette paroisse n'était qu'une annexe de celle de Saint-Georges qui lui appartenait, fit enlever violemment en 1253, les récoltes des Hospitaliers. L'affaire remise à l'arbitrage de Pierre du Port, précepteur de Serres, de B. de Prinhac, hôtelier du chapitre Saint-Sernin et d'Arnaud d'Escalquens, se termina à l'avantage de l'ordre de Saint-Jean. (Juin 1257).
Commencé par un achat de terres que fit le Prieur de Toulouse en 1183, l'établissement des Hospitaliers à Castelnau s'accrut par plusieurs donations qui lui furent faites dans le courant du XIIIe siècle.
Quelques possessions données à l'Ordre du Temple par Béguine, fille de Béguin de Castelnau en 1245, vinrent dans la suite augmenter les possessions de l'hôpital dans cette petite ville.
Il ne faut pas confondre Castelnau « Castelnau-Rivière-Basse », Hautes-Pyrénées (65), possession de l'Ordre du Temple et Castelnau-d'Estretefonds (31) possession de l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean.
Liste des Commandeurs du membre de Castelnau-d'Estretefonds.
1252. Joan Anglais.
1460. Bertrand de Pozols, prêtre.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
TopAu mois de novembre 1170, Robert abbé de Saint-Michel de Gaillac, au nom du chapitre de ses religieux, donna à l'hôpital de Jérusalem, à Eschafred, précepteur de Fronton, l'église de Saint-Pierre du Bousquet avec tous ses droits et toutes ses dépendances. Il se réserva une redevance annuelle d'une livre d'encens qui serait apportée à l'abbaye, « le messager devant y trouver son dîner comme un des moines ; » par contre Eschafred s'engageait à donner l'hospitalité à l'abbé et à ses successeurs s'ils passaient jamais par Fronton ou le Bousquet.
Vers le milieu du siècle suivant, l'abbé de Saint-Sernin vint disputer au commandeur de Fronton la possession des dîmes de Saint-Pierre et, prétendant que cette paroisse n'était qu'une annexe de celle de Saint-Georges qui lui appartenait, fit enlever violemment en 1253, les récoltes des Hospitaliers. L'affaire remise à l'arbitrage de Pierre du Port, précepteur de Serres, de B. de Prinhac, hôtelier du chapitre Saint-Sernin et d'Arnaud d'Escalquens, se termina à l'avantage de l'ordre de Saint-Jean. (Juin 1257).
Commencé par un achat de terres que fit le Prieur de Toulouse en 1183, l'établissement des Hospitaliers à Castelnau s'accrut par plusieurs donations qui lui furent faites dans le courant du XIIIe siècle.
Quelques possessions données à l'Ordre du Temple par Béguine, fille de Béguin de Castelnau en 1245, vinrent dans la suite augmenter les possessions de l'hôpital dans cette petite ville.
Il ne faut pas confondre Castelnau « Castelnau-Rivière-Basse », Hautes-Pyrénées (65), possession de l'Ordre du Temple et Castelnau-d'Estretefonds (31) possession de l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean.
Liste des Commandeurs du membre de Castelnau-d'Estretefonds.
1252. Joan Anglais.
1460. Bertrand de Pozols, prêtre.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Castelnau-Picampeau (31)
Seigneurie de Castelnau-Picampeau (31).
Les commandeurs de Poucharramet n'avaient que la seigneurie spirituelle de la paroisse de Castelnau de Picampeau. Nous ne trouvons à noter dans les archives de cette ville qu'un procès soutenu par ses habitants contre leur précepteur, à l'occasion de certains droits qui leur avaient été réclamés, et que confirma Hoirie de Langlade, bailli en Gascogne pour le roi de France (1299) et le traité que le Grand-Prieur conclut en 1567 avec ses vassaux de Castelnau pour la reconstruction de leur église.
Liste des Commandeurs du Membre de Castelnau.
1533-1561. Monet de Guiramand.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
TopLes commandeurs de Poucharramet n'avaient que la seigneurie spirituelle de la paroisse de Castelnau de Picampeau. Nous ne trouvons à noter dans les archives de cette ville qu'un procès soutenu par ses habitants contre leur précepteur, à l'occasion de certains droits qui leur avaient été réclamés, et que confirma Hoirie de Langlade, bailli en Gascogne pour le roi de France (1299) et le traité que le Grand-Prieur conclut en 1567 avec ses vassaux de Castelnau pour la reconstruction de leur église.
Liste des Commandeurs du Membre de Castelnau.
1533-1561. Monet de Guiramand.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Castelsarrasin (82)
Le plus ancien document que nous fournissent les archives de cette commanderie se rapporte à la fin du XIIIe siècle. De sorte que nous ne pouvons rien savoir sur la date de sa fondation ni sur le nom du donateur.
Au XIIIe siècle les Hospitaliers possédaient dans cette ville la seigneurie spirituelle et le dîmaire de l'église Saint-Jean, ainsi que plusieurs fiefs situés dans les environs. Le 2 mai 1213 Bertrand de Saint-André y ajouta tout ses droits sur le dîmaire de l'église Sainte-Marie-d'Alem, petit oratoire de dévotion situé dans la campagne voisine.
L'année 1282 trouva les Hospitaliers de Castelsarrasin occupés à maintenir leurs droits contre des prétentions rivales. Quelque importante donation venait d'être faite aux religieux du Mont-Carmel; ceux-ci se disposaient à venir s'établir sur leur nouveau fief, situé dans le dîmaire de l'Hôpital, et à y jeter les fondements de leur monastère. Mais une telle entreprise était contraire aux privilèges de l'Ordre et le commandeur s'opposa formellement à l'érection de la chapelle conventuelle sur un territoire dont il était le seigneur spirituel. Il fallut que frère Pierre d'Amol, Prieur des Carmes de Castelsarrasin, agissant au nom de frère Laurens, Provincial des Maisons du Mont-Carmel en Aquitaine, entrât en pourparlers avec le précepteur Bernard Pierre, qui consentit enfin à un accommodement. Il fut convenu que les Carmes pourraient construire une église, un oratoire, des maisons, un cloître, avoir un jardin, un verger dans un endroit quelconque de la paroisse de l'Hôpital, pourvu que ce fût hors des murs et des barrières de Castelsarrasin ; il leur était permis de donner dans leur cimetière la sépulture à ceux qui en exprimeraient le désir, en respectant toutefois les droits de l'église paroissiale ; ils pouvaient enfin avoir trois cloches dans leur établissement, au réfectoire, à la salle capitulaire, d'après l'usage de leur Ordre, et enfin à l'église ; en compensation de ces faveurs, les Carmes s'engageaient à payer au commandeur une rente de 60 sols tournois, 20 à la Toussaint, 20 à la Noël et 20 à Pâques (juin 1282).
Malgré cet accord, la paix ne subsista pas longtemps entre les deux couvents rivaux; dans les premières années du siècle suivant, nous retrouvons la guerre allumée, les adversaires abandonnant les voies légales et cherchant à faire triompher leurs prétentions par la violence. Nous voyons, en effet, Pierre Pictavi, juge de Villelongue, chargé de faire une enquête « sur les excès commis par Bernard de Saint-Maurice, chevalier de Saint-Jean, précepteur de Castelsarrasin, et ses complices, contre les frères du Mont-Carmel de cette ville. » Au mois de juillet de l'année 1313, comparurent devant lui les accusés, qui, se retranchant derrière leur qualité de religieux, refusèrent de reconnaître la compétence du tribunal laïque et se réclamèrent de la juridiction épiscopale. Tel ne fut pas l'avis du juge, qui leur répondit que « le fait de port d'armes et d'excès commis dans l'église de Sainte-Marie du Mont-Carmel les rendant passibles de peines corporelles, ils étaient justiciables de la cour du sénéchal de Toulouse. » Les archives n'ont pas livré à nos investigations la suite et le dénouement de cette affaire, qui auraient pu offrir de l'intérêt pour l'étude de la législation de cette époque.
Là ne s'arrête pas la série des luttes qu'eurent à soutenir les commandeurs de Castelsarrasin. Dans la seconde moitié du XIVe siècle, c'est contre un chevalier de Saint-Jean, Bernard del Tor, précepteur du Temple d'Agen, que celui de Castelsarrasin avait à se défendre par les armes. Il s'agissait du membre de Golfech, ayant jadis appartenu aux Templiers et réuni à Castelsarrasin ; le premier occupa par les armes cette ville, qui fut adjugée à son adversaire par le Grand-Maître, ainsi que nous le verrons plus en détail dans l'étude de cette Commanderie.
L'église de Saint-Jean, située près des remparts, fut reconstruite vers le milieu du XIVe siècle, si l'on peut en juger par le style de son architecture. C'est ce que vient confirmer l'inscription sur sa façade de la date 1560 et du nom du Grand-Prieur, P. de Tresbons.
Nous avons vu plus haut que les Hospitaliers de Castelsarrasin possédaient la petite chapelle de Notre-Dame du Halem, située tout près de la ville. Deux documents relatifs à cette dépendance de la Commanderie nous ont paru présenter quelque intérêt ; dans le premier, nous voyons les Hospitaliers céder à une certaine Jehanne de Amatoria un petit ermitage situé près de la chapelle, « avec pouvoir de le transmettre à sa mort à telle recluse qu'elle voudra (24 juillet 1386) ; dans le second, nous voyons que cet ermitage, étant devenu vacant, fut donné à frère Jehan Merault, religieux de l'Ordre de Saint-François, natif de la « province de Hainaut » (1654).
Au commencement du XVIe siècle, la commanderie de Castelsarrasin augmentée de celles de la Villedieu (du Temple) et de la Bastide-du-Temple devint chambre prieurale, et reprit son premier état en 1570. Le chef-lieu de la commanderie, qui avait d'abord été établi à Castelsarrasin, le fut dans la suite à la Villedieu-du-Temple.
Commandeurs Hospitaliers de Castelsarrasin
-----1223. Géraud de Saint-André.
-----1234. Bertrand de Cobirac.
-----1145. Jourdain de Saint-André.
-----1257. Raymond.
1260-1276. Bernard Maurin.
1282-1292. Bertrand Pierre.
1293-1297. Pierre de Tournel.
1298-1307. Gaucelin de Tournel.
1308-1323. Bernard de Saint-Maurice
1323-1338. Guillaume de Chavanon.
1338-1361. Raymond Berenger.
1361-1362. Arnaud Roger.
1371-1372. Pierre d'Adhémar des Roziers.
(En 1500 Castelsarrasin est érigée en Chambre prieurale)
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
TopAu XIIIe siècle les Hospitaliers possédaient dans cette ville la seigneurie spirituelle et le dîmaire de l'église Saint-Jean, ainsi que plusieurs fiefs situés dans les environs. Le 2 mai 1213 Bertrand de Saint-André y ajouta tout ses droits sur le dîmaire de l'église Sainte-Marie-d'Alem, petit oratoire de dévotion situé dans la campagne voisine.
L'année 1282 trouva les Hospitaliers de Castelsarrasin occupés à maintenir leurs droits contre des prétentions rivales. Quelque importante donation venait d'être faite aux religieux du Mont-Carmel; ceux-ci se disposaient à venir s'établir sur leur nouveau fief, situé dans le dîmaire de l'Hôpital, et à y jeter les fondements de leur monastère. Mais une telle entreprise était contraire aux privilèges de l'Ordre et le commandeur s'opposa formellement à l'érection de la chapelle conventuelle sur un territoire dont il était le seigneur spirituel. Il fallut que frère Pierre d'Amol, Prieur des Carmes de Castelsarrasin, agissant au nom de frère Laurens, Provincial des Maisons du Mont-Carmel en Aquitaine, entrât en pourparlers avec le précepteur Bernard Pierre, qui consentit enfin à un accommodement. Il fut convenu que les Carmes pourraient construire une église, un oratoire, des maisons, un cloître, avoir un jardin, un verger dans un endroit quelconque de la paroisse de l'Hôpital, pourvu que ce fût hors des murs et des barrières de Castelsarrasin ; il leur était permis de donner dans leur cimetière la sépulture à ceux qui en exprimeraient le désir, en respectant toutefois les droits de l'église paroissiale ; ils pouvaient enfin avoir trois cloches dans leur établissement, au réfectoire, à la salle capitulaire, d'après l'usage de leur Ordre, et enfin à l'église ; en compensation de ces faveurs, les Carmes s'engageaient à payer au commandeur une rente de 60 sols tournois, 20 à la Toussaint, 20 à la Noël et 20 à Pâques (juin 1282).
Malgré cet accord, la paix ne subsista pas longtemps entre les deux couvents rivaux; dans les premières années du siècle suivant, nous retrouvons la guerre allumée, les adversaires abandonnant les voies légales et cherchant à faire triompher leurs prétentions par la violence. Nous voyons, en effet, Pierre Pictavi, juge de Villelongue, chargé de faire une enquête « sur les excès commis par Bernard de Saint-Maurice, chevalier de Saint-Jean, précepteur de Castelsarrasin, et ses complices, contre les frères du Mont-Carmel de cette ville. » Au mois de juillet de l'année 1313, comparurent devant lui les accusés, qui, se retranchant derrière leur qualité de religieux, refusèrent de reconnaître la compétence du tribunal laïque et se réclamèrent de la juridiction épiscopale. Tel ne fut pas l'avis du juge, qui leur répondit que « le fait de port d'armes et d'excès commis dans l'église de Sainte-Marie du Mont-Carmel les rendant passibles de peines corporelles, ils étaient justiciables de la cour du sénéchal de Toulouse. » Les archives n'ont pas livré à nos investigations la suite et le dénouement de cette affaire, qui auraient pu offrir de l'intérêt pour l'étude de la législation de cette époque.
Là ne s'arrête pas la série des luttes qu'eurent à soutenir les commandeurs de Castelsarrasin. Dans la seconde moitié du XIVe siècle, c'est contre un chevalier de Saint-Jean, Bernard del Tor, précepteur du Temple d'Agen, que celui de Castelsarrasin avait à se défendre par les armes. Il s'agissait du membre de Golfech, ayant jadis appartenu aux Templiers et réuni à Castelsarrasin ; le premier occupa par les armes cette ville, qui fut adjugée à son adversaire par le Grand-Maître, ainsi que nous le verrons plus en détail dans l'étude de cette Commanderie.
L'église de Saint-Jean, située près des remparts, fut reconstruite vers le milieu du XIVe siècle, si l'on peut en juger par le style de son architecture. C'est ce que vient confirmer l'inscription sur sa façade de la date 1560 et du nom du Grand-Prieur, P. de Tresbons.
Nous avons vu plus haut que les Hospitaliers de Castelsarrasin possédaient la petite chapelle de Notre-Dame du Halem, située tout près de la ville. Deux documents relatifs à cette dépendance de la Commanderie nous ont paru présenter quelque intérêt ; dans le premier, nous voyons les Hospitaliers céder à une certaine Jehanne de Amatoria un petit ermitage situé près de la chapelle, « avec pouvoir de le transmettre à sa mort à telle recluse qu'elle voudra (24 juillet 1386) ; dans le second, nous voyons que cet ermitage, étant devenu vacant, fut donné à frère Jehan Merault, religieux de l'Ordre de Saint-François, natif de la « province de Hainaut » (1654).
Au commencement du XVIe siècle, la commanderie de Castelsarrasin augmentée de celles de la Villedieu (du Temple) et de la Bastide-du-Temple devint chambre prieurale, et reprit son premier état en 1570. Le chef-lieu de la commanderie, qui avait d'abord été établi à Castelsarrasin, le fut dans la suite à la Villedieu-du-Temple.
Commandeurs Hospitaliers de Castelsarrasin
-----1223. Géraud de Saint-André.
-----1234. Bertrand de Cobirac.
-----1145. Jourdain de Saint-André.
-----1257. Raymond.
1260-1276. Bernard Maurin.
1282-1292. Bertrand Pierre.
1293-1297. Pierre de Tournel.
1298-1307. Gaucelin de Tournel.
1308-1323. Bernard de Saint-Maurice
1323-1338. Guillaume de Chavanon.
1338-1361. Raymond Berenger.
1361-1362. Arnaud Roger.
1371-1372. Pierre d'Adhémar des Roziers.
(En 1500 Castelsarrasin est érigée en Chambre prieurale)
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Caubins (64)
Commanderie de Caubin (64).
Non loin de la ville d'Orthez et en dessous de la ville d'Arthez-de-Béarn se trouve la paroisse de Caubins, où les Hospitaliers avaient jadis établi le centre de leurs différentes possessions du Béarn. Les archives ne nous apprennent ni quand, ni par qui l'hôpital de Caubins fut fondé ; nous ne pouvons tout d'abord en constater l'existence qu'à l'aide des chartes de donations qui vinrent dans la suite accroître la prospérité de la nouvelle Commanderie et étendre ses possessions dans toute la contrée.
Un habitant de la ville d'Orthez, Bernard d'Abbadie, se rendit un jour, accompagné de dame Caritas, sa femme, à l'hôpital de Caubins, où il donna au Commandeur, pour l'entretien et la nourriture des pauvres, les deux dîmaires de Cazaubon et de Puy-du-Bourg, ainsi que les offrandes recueillies à l'église pendant l'Avent et le Carême ; les deux époux offrirent de plus leurs personnes à l'Ordre ; mais, n'ayant encore qu'imparfaitement appris l'humilité religieuse, le donateur eut soin de stipuler que, lorsqu'il voudrait entrer et vivre dans la maison de l'Hôpital, il y serait traité sur le même pied que les principaux, et ne céderait le pas qu'aux prêtres. Cette donation fut faite en présence de « Sanzanier », évêque de Lescar, c'est-à-dire dans les dernières années du XIIe siècle (1179-1200), et approuvée par « Guillelmot et Arnaud d'Andons », seigneurs de cette contrée.
Peu de temps après, Guiraud de Garos et Bernard, son fils, donnèrent à l'hôpital de Caubins l'église de « Notre-Dame des Usclades » avec tout son dîmaire ; le précepteur W. d'Anglars, après leur avoir remis en retour la somme de 260 sols, les reçût comme frères de l'Hôpital : cette donation, approuvée par Guy-Odon d'Andoins, eût lieu sous l'épiscopat de Raymond de Bénac (1203-1220).
En l'année 1220, ce même seigneur de Garos donna à l'Ordre, à « frère Martin Pierre, précepteur du Béarn, aux frères et soeurs de Caubins », tout son fief de « Castelviel » ; en retour de cette libéralité, le donateur reçut des Hospitaliers la somme de 239 sols de bons morlans.
Signalons encore la cession qui fut faite à l'Hôpital par Guillaume de « Clavère, bourgeois d'Orthez », de tous ses droits spirituels et temporels sur la paroisse de Saint-Jacques de Poyet, pour la somme de 4100 sols de bons morlans (5 mai 1341).
De cet établissement dépendaient aussi les paroisses de « Sault-de-Navaille », « d'Argélos » et de « la Haderne », situées dans le voisinage, ainsi que la « seigneurie de Saint-Justin », dans le vicomte de Marsan. Cette dernière possession, éloignée du centre de la Commanderie, peu habitée et presque inculte, ne rapportait guère de revenus à l'Ordre. Aussi les Hospitaliers se trouvèrent-ils heureux de pouvoir entrer en pourparlers à ce sujet avec Gaston, vicomte de Béarn, et sa fille Constance, vicomtesse de Marsan. Ils consentirent à céder à cette dernière la terre et la seigneurie de Saint-Justin, où elle s'engageait à élever une bastide à ses frais, le fief de « Garbay » et la moitié des dîmes de « Saint-Martin », de « Gontaud » et de « Saint-Jean-de-Sabonnières » ; dame Constance promettait d'obtenir de l'évêque d'Aire, pour le commandeur de Caubins, la seigneurie spirituelle de la paroisse de Saint-Justin, avec tous ses droits, faisait remise d'une redevance de 4 sols morlans que lui payait annuellement l'Ordre de l'Hôpital, et accordait aux chevaliers l'autorisation de construire des moulins sur la rivière de l'Adour, les droits d'usage et de dépaissance sur le territoire de Saint-Justin, ainsi que l'exemption de leudes et de péages, pour eux et leurs denrées, dans toute l'étendue de la vicomte de Marsan.
Les Hospitaliers se réservaient, dans l'intérieur de la bastide, un emplacement libre et découvert pour y construire l'église, y établir un cimetière et y élever une résidence pour eux ; la haute juridiction de Saint-Jean-de-Sabonnières devait être indivise entre les vicomtes de Marsan et les Commandeurs de Caubins. Ce traité de paréage fut conclu dans le sein du chapitre provincial, tenu à Fronton, le dimanche avant l'Ascension, de l'année 1280 ; et la charte porte encore les attaches, auxquelles étaient jadis suspendues les sceaux de Guillaume de Villaret, Grand-Prieur de Saint-Gilles, de Gaston de Béarn et de la vicomtesse de Marsan.
Pendant les guerres contre les Anglais, les différents seigneurs se livraient entre eux à des luttes acharnées, suivant les partis qu'ils avaient embrassés, ce qui rendait la désolation du pays encore plus complète. Le vicomte de Marsan s'empara, durant cette période, de tout ce qui, dans le territoire de Saint-Justin, appartenait à Pelegry de Bacquas, Commandeur de Caubins et vassal du comte d'Armagnac, son ennemi mortel. Après le rétablissement de la paix, le chevalier Bernard de Mauvezin s'empressa de réclamer la restitution de ce qui avait été enlevé à son prédécesseur, et de faire valoir les droits que lui donnait le traité de 1280.
En effet, Aliénor de Comminges, comtesse de Foix, vicomtesse de Béarn et de Marsan, en qualité de tutrice de son fils Gaston, écrivit de Roquefort de Marsan, le 6 du mois de mars 1343, à son bailli de Saint-Justin, l'ordre de remettre aux Hospitaliers ce qu'ils avaient perdu, notamment les moulins construits sur l'Adour.
Dans le courant du XIVe siècle, les officiers de « noble baron messire Guillelmot d'Andoins » avaient tenté de prélever, au préjudice du Commandeur certains droits sur les habitants de Castelviel. Mais le baron, ayant écouté les réclamations des Hospitaliers et appris par ces derniers que ces droits, l'Ordre les devaient à la libéralité de ses ancêtres, défendit à ses officiers de molester à l'avenir les chevaliers de Saint-Jean. Cette charte fut publiée solennellement, le 7 décembre 1372, au château d'Anoye, en présence de « noble dame Nabrunissen d'Espaigne, dame d'Andoins », et d'une foule de seigneurs.
Ce fut surtout contre les prétentions des Prieurs d'Orthez, qui réclamaient les dîmes de la paroisse de Caubins, que les Commandeurs eurent à défendre leurs droits. Malgré une sentence arbitrale, prononcée le 5 octobre 1354, dans le cloître de la cathédrale de Tarbes, en faveur des Hospitaliers, le même procès fut repris, cent ans plus tard, devant la cour du sénéchal, qui confirma le premier jugement (25 mai 1457).
Plus tard, les archiprêtres de Lescar et de Tarbes ayant essayé d'obliger les Commandeurs de Caubins à participer aux paiements des cotisations du clergé, nous voyons ces derniers porter immédiatement leurs plaintes au Grand-Conseil de Béarn, qui, en présence des privilèges royaux et des bulles pontificales présentées par les Hospitaliers, ne put s'empêcher de reconnaître et de confirmer leurs exemptions, et de défendre aux Commissaires de l'Assemblée du clergé de les troubler à l'avenir sous peine de 25 marcs d'argent applicables au fisc de la Reine (1564).
A cette époque, la réunion de la Commanderie de Morlas, qui avait été précédée de celles de Noarrieu, de Mauvezin et de Saint-Léon, donne une importance réelle à cette circonscription de l'Ordre. Nous voici, du reste, arrivés à une époque de crise terrible pour cette Commanderie ; nous voulons parler des guerres de Religion qui furent particulièrement désastreuses dans cette contrée, placée sous la domination de la farouche huguenote, Jeanne d'Albret. L'histoire est là pour dire avec quel fanatisme cette princesse chercha à implanter la réforme dans ses états et quelles persécutions les catholiques eurent à y subir. Sans cesse, de la ville de Pau s'élançaient des bandes armées, chargées de saccager les villes catholiques, de dévaster les récoltes ou de brûler les maisons religieuses. Aussi ne sommes-nous pas étonnés de voir, dons la requête présentée par le Receveur du Prieuré de Toulouse aux Trésoriers généraux de France en 1588, figurer, parmi les Commandeurs victimes des luttes religieuses, celui de Caubins et Morlas, et de l'entendre déclarer que dans toute cette période il n'a pu retirer aucun revenu de sa circonscription, que ses églises sont en ruines et abandonnées. Les traces de ce désastre furent longues à disparaître et, pendant tout le XVIIIe siècle, nous voyons les Commandeurs occupés à réparer les monuments et à réédifier leurs églises.
Les membres de cette circonscription étaient répandus en grand nombre, non-seulement en Béarn, mais dans les contrées voisines, c'étaient :
Dans les environs d'Orthez, « Caubins » et son annexe « Dordens », avec le fief de « Castelviel », où le Commandeur avait la moyenne et la basse justice ; la chapelle de « Notre-Dame d'Usclade » ; la « Haderne » et « Argelos », avec la chapelle « Saint-Jacques », où le curé de la paroisse devait se rendre processionnellement chaque année pour y dire la messe et y prêcher ; le « Sault-de-Navaille » et la « chapelle Saint-Jean », qui était située dans le cimetière de ce nom, et où le Commandeur devait faire célébrer deux messes par an ; tout auprès de là, « Saint-Jean de Noarrieu (Maison du Temple) » et son annexe « Notre-Dame de Chaustin ».
Dans la partie orientale du Béarn, nous trouvons autour de « Morlas », où les chevaliers avaient leur hôpital, les seigneuries et les paroisses de « Serre-Morlas », de « Sexère », de « Laurenties », « d'Espéiches », de « Maspie », « d'Anoye », de « Villpinte », de « Ger », de « Garlin », de « Saint-Jean de Boelho », la « chapelle de Notre-Dame de Berlanne », et la petite ville de « Luc », avec les ruines de son hôpital et les tours de son vieux château féodal.
Dans les Landes, les Commandeurs prélevaient les dîmes d'une partie des paroisses de la ville de « Mont-de-Marsan », et possédaient les seigneuries spirituelles et temporelles de « Saint-Justin » et son annexe « Saint-Martin de Gontaud », avec les dîmaires de « Bourriot » et « d'Ayant ».
Enfin de cette circonscription dépendait le membre de « Saint-Léon », situé en plein Agenais.
Grâce à ses accroissements successifs, cette Commanderie avait acquis, comme on le voit, une réelle importance.
Le procès-verbal de la visite de 1752 nous apprend que son revenu s'élevait à 16.953 livres et se trouvait réduit par les charges incombant au Commandeur, à la somme de 13.475 livres.
Liste des Commandeurs de Caubins
-----1190. Donat d'Angueis.
-----1210. Wilhelm d'Algar.
-----1920. Martin Pierre.
-----1330. Pelegry de Bacquas.
-----1341. Gibbert de Puy-Auriol.
1313-1344. Bernard de Mauvezin.
1354-1357. Bérenger de Saint-Félix.
-----1373. Guillaume - Bernard de Ger.
-----1412. Guiraud Salamon.
1415-1421. Amanieu de Montbrun.
-----1457. Jean de Gavoston.
-----1470. Manaud de Viemont.
1488-1490. Bernard de Montlezun.
1490-1494. Raymond de Balaguer.
1512-1515. Guyot de Panat.
1516-1517. Louis de Lausière.
1520-1522. Bernard de Gorsols.
1525-1540. Gautier de Bourdeille.
1540-1549. Pierre de Beaulac.
1551-1552. Balthazar de Colant.
1556-1557. Severin d'Azas.
1556-1562. Antoine de Thézan-Vénasque.
1564-1565. Louis de Mende.
1578-1579. Gérard de Bretonnet.
1583-1585. Jean de Laroquan.
1599-1610. Antoine de Paulo, Grand-Prieur de Saint-Gilles.
1610-1624. Claude d'Urre Ventirol.
1624-1634. Henri d'Escalebras.
1654-1659. Charles d'Estaing.
1659-1662. François de Tresseman-Chastuel.
1668-1673. Bertrand de Moreton Chabrillant.
1687-1710. Joseph de Leydet Calissane.
1715-1717. N. de Madron.
1723-1748. Charlesde Roquefort Marquin, Grand-Prieur de Toulouse.
1752-1765. Etienne d'Esparbès-Lussan.
1769-1772. Charles de Cruzy-Marcillae.
1783-1788. N. de Parade.
Liste des commandeurs du membre de Sault-de-Noailles
1299. Barthélémy.
1512. Pierre de Montelzum.
Liste des commandeurs du membre de Saint-Justin
1488. Pierre de Campagne.
1501. Jean de Bornazel.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
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Un habitant de la ville d'Orthez, Bernard d'Abbadie, se rendit un jour, accompagné de dame Caritas, sa femme, à l'hôpital de Caubins, où il donna au Commandeur, pour l'entretien et la nourriture des pauvres, les deux dîmaires de Cazaubon et de Puy-du-Bourg, ainsi que les offrandes recueillies à l'église pendant l'Avent et le Carême ; les deux époux offrirent de plus leurs personnes à l'Ordre ; mais, n'ayant encore qu'imparfaitement appris l'humilité religieuse, le donateur eut soin de stipuler que, lorsqu'il voudrait entrer et vivre dans la maison de l'Hôpital, il y serait traité sur le même pied que les principaux, et ne céderait le pas qu'aux prêtres. Cette donation fut faite en présence de « Sanzanier », évêque de Lescar, c'est-à-dire dans les dernières années du XIIe siècle (1179-1200), et approuvée par « Guillelmot et Arnaud d'Andons », seigneurs de cette contrée.
Peu de temps après, Guiraud de Garos et Bernard, son fils, donnèrent à l'hôpital de Caubins l'église de « Notre-Dame des Usclades » avec tout son dîmaire ; le précepteur W. d'Anglars, après leur avoir remis en retour la somme de 260 sols, les reçût comme frères de l'Hôpital : cette donation, approuvée par Guy-Odon d'Andoins, eût lieu sous l'épiscopat de Raymond de Bénac (1203-1220).
En l'année 1220, ce même seigneur de Garos donna à l'Ordre, à « frère Martin Pierre, précepteur du Béarn, aux frères et soeurs de Caubins », tout son fief de « Castelviel » ; en retour de cette libéralité, le donateur reçut des Hospitaliers la somme de 239 sols de bons morlans.
Signalons encore la cession qui fut faite à l'Hôpital par Guillaume de « Clavère, bourgeois d'Orthez », de tous ses droits spirituels et temporels sur la paroisse de Saint-Jacques de Poyet, pour la somme de 4100 sols de bons morlans (5 mai 1341).
De cet établissement dépendaient aussi les paroisses de « Sault-de-Navaille », « d'Argélos » et de « la Haderne », situées dans le voisinage, ainsi que la « seigneurie de Saint-Justin », dans le vicomte de Marsan. Cette dernière possession, éloignée du centre de la Commanderie, peu habitée et presque inculte, ne rapportait guère de revenus à l'Ordre. Aussi les Hospitaliers se trouvèrent-ils heureux de pouvoir entrer en pourparlers à ce sujet avec Gaston, vicomte de Béarn, et sa fille Constance, vicomtesse de Marsan. Ils consentirent à céder à cette dernière la terre et la seigneurie de Saint-Justin, où elle s'engageait à élever une bastide à ses frais, le fief de « Garbay » et la moitié des dîmes de « Saint-Martin », de « Gontaud » et de « Saint-Jean-de-Sabonnières » ; dame Constance promettait d'obtenir de l'évêque d'Aire, pour le commandeur de Caubins, la seigneurie spirituelle de la paroisse de Saint-Justin, avec tous ses droits, faisait remise d'une redevance de 4 sols morlans que lui payait annuellement l'Ordre de l'Hôpital, et accordait aux chevaliers l'autorisation de construire des moulins sur la rivière de l'Adour, les droits d'usage et de dépaissance sur le territoire de Saint-Justin, ainsi que l'exemption de leudes et de péages, pour eux et leurs denrées, dans toute l'étendue de la vicomte de Marsan.
Les Hospitaliers se réservaient, dans l'intérieur de la bastide, un emplacement libre et découvert pour y construire l'église, y établir un cimetière et y élever une résidence pour eux ; la haute juridiction de Saint-Jean-de-Sabonnières devait être indivise entre les vicomtes de Marsan et les Commandeurs de Caubins. Ce traité de paréage fut conclu dans le sein du chapitre provincial, tenu à Fronton, le dimanche avant l'Ascension, de l'année 1280 ; et la charte porte encore les attaches, auxquelles étaient jadis suspendues les sceaux de Guillaume de Villaret, Grand-Prieur de Saint-Gilles, de Gaston de Béarn et de la vicomtesse de Marsan.
Pendant les guerres contre les Anglais, les différents seigneurs se livraient entre eux à des luttes acharnées, suivant les partis qu'ils avaient embrassés, ce qui rendait la désolation du pays encore plus complète. Le vicomte de Marsan s'empara, durant cette période, de tout ce qui, dans le territoire de Saint-Justin, appartenait à Pelegry de Bacquas, Commandeur de Caubins et vassal du comte d'Armagnac, son ennemi mortel. Après le rétablissement de la paix, le chevalier Bernard de Mauvezin s'empressa de réclamer la restitution de ce qui avait été enlevé à son prédécesseur, et de faire valoir les droits que lui donnait le traité de 1280.
En effet, Aliénor de Comminges, comtesse de Foix, vicomtesse de Béarn et de Marsan, en qualité de tutrice de son fils Gaston, écrivit de Roquefort de Marsan, le 6 du mois de mars 1343, à son bailli de Saint-Justin, l'ordre de remettre aux Hospitaliers ce qu'ils avaient perdu, notamment les moulins construits sur l'Adour.
Dans le courant du XIVe siècle, les officiers de « noble baron messire Guillelmot d'Andoins » avaient tenté de prélever, au préjudice du Commandeur certains droits sur les habitants de Castelviel. Mais le baron, ayant écouté les réclamations des Hospitaliers et appris par ces derniers que ces droits, l'Ordre les devaient à la libéralité de ses ancêtres, défendit à ses officiers de molester à l'avenir les chevaliers de Saint-Jean. Cette charte fut publiée solennellement, le 7 décembre 1372, au château d'Anoye, en présence de « noble dame Nabrunissen d'Espaigne, dame d'Andoins », et d'une foule de seigneurs.
Ce fut surtout contre les prétentions des Prieurs d'Orthez, qui réclamaient les dîmes de la paroisse de Caubins, que les Commandeurs eurent à défendre leurs droits. Malgré une sentence arbitrale, prononcée le 5 octobre 1354, dans le cloître de la cathédrale de Tarbes, en faveur des Hospitaliers, le même procès fut repris, cent ans plus tard, devant la cour du sénéchal, qui confirma le premier jugement (25 mai 1457).
Plus tard, les archiprêtres de Lescar et de Tarbes ayant essayé d'obliger les Commandeurs de Caubins à participer aux paiements des cotisations du clergé, nous voyons ces derniers porter immédiatement leurs plaintes au Grand-Conseil de Béarn, qui, en présence des privilèges royaux et des bulles pontificales présentées par les Hospitaliers, ne put s'empêcher de reconnaître et de confirmer leurs exemptions, et de défendre aux Commissaires de l'Assemblée du clergé de les troubler à l'avenir sous peine de 25 marcs d'argent applicables au fisc de la Reine (1564).
A cette époque, la réunion de la Commanderie de Morlas, qui avait été précédée de celles de Noarrieu, de Mauvezin et de Saint-Léon, donne une importance réelle à cette circonscription de l'Ordre. Nous voici, du reste, arrivés à une époque de crise terrible pour cette Commanderie ; nous voulons parler des guerres de Religion qui furent particulièrement désastreuses dans cette contrée, placée sous la domination de la farouche huguenote, Jeanne d'Albret. L'histoire est là pour dire avec quel fanatisme cette princesse chercha à implanter la réforme dans ses états et quelles persécutions les catholiques eurent à y subir. Sans cesse, de la ville de Pau s'élançaient des bandes armées, chargées de saccager les villes catholiques, de dévaster les récoltes ou de brûler les maisons religieuses. Aussi ne sommes-nous pas étonnés de voir, dons la requête présentée par le Receveur du Prieuré de Toulouse aux Trésoriers généraux de France en 1588, figurer, parmi les Commandeurs victimes des luttes religieuses, celui de Caubins et Morlas, et de l'entendre déclarer que dans toute cette période il n'a pu retirer aucun revenu de sa circonscription, que ses églises sont en ruines et abandonnées. Les traces de ce désastre furent longues à disparaître et, pendant tout le XVIIIe siècle, nous voyons les Commandeurs occupés à réparer les monuments et à réédifier leurs églises.
Les membres de cette circonscription étaient répandus en grand nombre, non-seulement en Béarn, mais dans les contrées voisines, c'étaient :
Dans les environs d'Orthez, « Caubins » et son annexe « Dordens », avec le fief de « Castelviel », où le Commandeur avait la moyenne et la basse justice ; la chapelle de « Notre-Dame d'Usclade » ; la « Haderne » et « Argelos », avec la chapelle « Saint-Jacques », où le curé de la paroisse devait se rendre processionnellement chaque année pour y dire la messe et y prêcher ; le « Sault-de-Navaille » et la « chapelle Saint-Jean », qui était située dans le cimetière de ce nom, et où le Commandeur devait faire célébrer deux messes par an ; tout auprès de là, « Saint-Jean de Noarrieu (Maison du Temple) » et son annexe « Notre-Dame de Chaustin ».
Dans la partie orientale du Béarn, nous trouvons autour de « Morlas », où les chevaliers avaient leur hôpital, les seigneuries et les paroisses de « Serre-Morlas », de « Sexère », de « Laurenties », « d'Espéiches », de « Maspie », « d'Anoye », de « Villpinte », de « Ger », de « Garlin », de « Saint-Jean de Boelho », la « chapelle de Notre-Dame de Berlanne », et la petite ville de « Luc », avec les ruines de son hôpital et les tours de son vieux château féodal.
Dans les Landes, les Commandeurs prélevaient les dîmes d'une partie des paroisses de la ville de « Mont-de-Marsan », et possédaient les seigneuries spirituelles et temporelles de « Saint-Justin » et son annexe « Saint-Martin de Gontaud », avec les dîmaires de « Bourriot » et « d'Ayant ».
Enfin de cette circonscription dépendait le membre de « Saint-Léon », situé en plein Agenais.
Grâce à ses accroissements successifs, cette Commanderie avait acquis, comme on le voit, une réelle importance.
Le procès-verbal de la visite de 1752 nous apprend que son revenu s'élevait à 16.953 livres et se trouvait réduit par les charges incombant au Commandeur, à la somme de 13.475 livres.
Liste des Commandeurs de Caubins
-----1190. Donat d'Angueis.
-----1210. Wilhelm d'Algar.
-----1920. Martin Pierre.
-----1330. Pelegry de Bacquas.
-----1341. Gibbert de Puy-Auriol.
1313-1344. Bernard de Mauvezin.
1354-1357. Bérenger de Saint-Félix.
-----1373. Guillaume - Bernard de Ger.
-----1412. Guiraud Salamon.
1415-1421. Amanieu de Montbrun.
-----1457. Jean de Gavoston.
-----1470. Manaud de Viemont.
1488-1490. Bernard de Montlezun.
1490-1494. Raymond de Balaguer.
1512-1515. Guyot de Panat.
1516-1517. Louis de Lausière.
1520-1522. Bernard de Gorsols.
1525-1540. Gautier de Bourdeille.
1540-1549. Pierre de Beaulac.
1551-1552. Balthazar de Colant.
1556-1557. Severin d'Azas.
1556-1562. Antoine de Thézan-Vénasque.
1564-1565. Louis de Mende.
1578-1579. Gérard de Bretonnet.
1583-1585. Jean de Laroquan.
1599-1610. Antoine de Paulo, Grand-Prieur de Saint-Gilles.
1610-1624. Claude d'Urre Ventirol.
1624-1634. Henri d'Escalebras.
1654-1659. Charles d'Estaing.
1659-1662. François de Tresseman-Chastuel.
1668-1673. Bertrand de Moreton Chabrillant.
1687-1710. Joseph de Leydet Calissane.
1715-1717. N. de Madron.
1723-1748. Charlesde Roquefort Marquin, Grand-Prieur de Toulouse.
1752-1765. Etienne d'Esparbès-Lussan.
1769-1772. Charles de Cruzy-Marcillae.
1783-1788. N. de Parade.
Liste des commandeurs du membre de Sault-de-Noailles
1299. Barthélémy.
1512. Pierre de Montelzum.
Liste des commandeurs du membre de Saint-Justin
1488. Pierre de Campagne.
1501. Jean de Bornazel.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Cazalis (40)
Commanderie de Cazalis (40)
Les sires d'Albret avaient été, sans doute, dans le courant du XIIe siècle, les fondateurs de l'hôpital de Cazalis et s'étaient dépouillés en faveur du nouvel établissement de toute leur seigneurie sur cette Salvetat. Elle était située au milieu des landes, dans la juridiction de Cazeneuve, qui appartenait aux seigneurs d'Albret.
Les guerres contre les Anglais, dont cette région fut le dernier et le plus sanglant théâtre, l'avaient complètement dévastée et détruit les quelques ressources qu'une patiente industrie était parvenue à créer au milieu du désert. Les moissons et les villages avaient été brûlés, les habitants dispersés, et une morne solitude s'étendait sur toute la contrée.
Tous les efforts des Commandeurs de Cazalis allaient donc tendre au but de créer les ressources qui venaient de leur être brusquement arrachées. Mais toutes leurs tentatives pour repeupler le territoire de Cazalis se brisèrent devant les obstacles soulevés par les sires d'Albret, dans la crainte de voir fonder dans leur voisinage une ville rivale de la place de Cazeneuve. Aussi exigèrent-ils impérieusement le paiement du droit dit de la table (de la taula), que les habitants de Cazalis étaient obligés, en leur qualité d'étrangers, de verser, lorsqu'ils apportaient leurs denrées sur le marché de Cazeneuve. Or, cette dernière localité étant la seule qui pût servir de centre de transaction dans cette vaste étendue de pays, si peu habitée, cet impôt ne laissait pas que d'être très onéreux pour Cazalis ; il s'élevait tous les ans, en moyenne, à la somme de 20 livres morlanes ou de 40 écus d'or. Cette charge éloignait beaucoup d'habitants qui allaient transporter leur résidence dans des pays plus favorisés. Ce fut ce misérable état de choses que vint exposer le chevalier Bernard de Bérenger, précepteur de Cazalis, « à très magnifique prince Charles, sire d'Albret, seigneur de la ville et du château de Cazeneuve. » Celui-ci, « après avoir pris l'avis de son vénérable conseil, » fit proposer un traité de paréage au Commandeur, qui, après l'avoir examiné et soumis à l'approbation de Fourtanier de Lat, Commandeur d'Argenteins, de B. de Bélat, du Nom-Dieu, commissaires, députés à cet effet par le Grand-Prieur de Toulouse, y donna son consentement et se rendit à Nérac, auprès du sire d'Albret, pour en signer l'acte solennel. Ce document, intéressant à plus d'un titre, va fixer un moment notre attention.
La seigneurie entière de Cazalis avait été donnée aux Hospitaliers par les fondateurs de cette maison ; le Commandeur consent à la partager avec le sire d'Albret, qui prendra la moitié des amendes et des rentes féodales, les droits ecclésiastiques étant réservés intégralement à l'Hôpital ; la justice sera exercée au nom des deux seigneurs par un bailli commun, et on pourra appeler des sentences de ce dernier au tribunal de Cazeneuve ; tous deux devront coopérer par égale part à la construction d'une prison commune dans le lieu de Cazalis. Moyennant ces concessions, le sire d'Albret déclare les habitants de Cazalis exempts pour toujours de l'impôt de la Table, et leur concède de plus le droit de dépaissance dans toute l'étendue de sa terre de Cazeneuve. Mais il fait introduire en revanche la défense formelle aux Hospitaliers de construire dans l'avenir, à Cazalis, un château fort, « qui pourrait devenir une cause de dommage et de ruine pour la ville et le château de Cazeneuve. » C'est dans cette dernière place que se réfugieront les habitants en cas de danger ; aussi doivent-ils contribuer, comme ceux de Cazeneuve, à ses charges, aux réparations de ses murailles et à sa garde.
Ce traité, où les chevaliers de Saint-Jean achetaient chèrement, comme on le voit, l'exemption accordée, fut signé devant les portes du château de Nérac, en présence de la cour du sire d'Albret, où figuraient Etienne de Taularesse, seigneur de Puyjardin, bailli de Tartas, messire Hymbert de Voisin, bachelier èz décrets, juge ordinaire de toute la seigneurie, Bertrand de Valyns, seigneur de Péjan, J. de Contramoret, P. du Chêne, Amanieu de Montaigut (3 août 1461).
Il fut approuvé et confirmé le 28 juin de l'année suivante par le chapitre provincial, réuni à Toulouse.
Grâce aux privilèges obtenus par le Commandeur pour ses vassaux de Cazalis, le nombre de ces derniers ne tarda pas à augmenter et la prospérité de cette circonscription à renaître, malgré quelques tentatives violentes faites par certains officiers trop zélés du sire d'Albret, pour s'emparer du moulin de « Bordeis ». Le Commandeur demanda justice au Comte lui-même, et une sentence, rendue par le Conseil privé de ce dernier, défendit de troubler à l'avenir les chevaliers dans leurs droits (1498).
Les archives de Cazalis nous fournissent déplus un exemple de l'indépendance que manifestaient souvent les chevaliers de Saint-Jean envers les autorités diocésaines, quand ils croyaient que les prérogatives de leur Ordre étaient menacées. Dans une de ses tournées pastorales, l'évêque de Basas se rendit dans la paroisse de Cazalis pour y administrer le sacrement de la confirmation. Le commandeur d'Argenteins, François de Tressemans Chastuel, ne lui permit d'entrer dans l'église qu'après avoir déclaré par acte public qu'il n'entendait pas par là porter atteinte aux privilèges de l'Ordre (1669).
Les procès-verbaux de visite nous apprennent que, par suite de l'accroissement de la population et de l'immense étendue de ce territoire, sur une portion de la paroisse de Cazalis, avait été créé l'annexe de « Bourridech » dont les commandeurs conservaient la seigneurie spirituelle.
Commandeurs de Cazalis
1355-1363. Jacques-Guillaume de la Pradèfe.
1463-1482. Pierre de Campagne.
(En 1482, réunion de Cazalis à Argenteins.)
1461. Bernard de Bérenger.
1498-1500. Raymond de Boutet.
Membres Templiers et Hospitaliers rattachés à Cazalis
Sainte-Marie-de-Veyriès
En 1254, dame Marie de Caumont et Xans Augier, son fils, donnèrent au Temple de Cours la dîme de Sainte-Marie de Veyriès.
Quelque temps après, l'évêque de Basas approuva cette donation et confirma aux Templiers la seigneurie spirituelle qui venait de leur être conférée (1259).
Sainte-Marie de Veyriès
Commandeur du membre de Veyriès
1508. Pierre de Ribon.
Sarpouras
La seigneurie de cette localité, située dans le voisinage de Marsan, appartenait par moitié aux Hospitaliers et aux seigneurs de la Porte, ainsi que nous l'apprend une transaction conclue au XVe siècle entre le commandeur d'Argenteins et messire Jean de Bergson seigneur de la Porte.
Saint-Jean d'Angenès
Les chevaliers de Saint-Jean possédaient encore plusieurs seigneuries spirituelles dans le pays de Marsan, entre autres celles de Saint-Jean d'Angenès, dont la chapelle de dévotion fut ruinée lors des guerres de Religion, d'Auzac, de Graulons, de Saint-Sylvestre, etc.
Montréal
Le commandeur était seigneur spirituel de cette paroisse et en partageait la dîme avec l'Evêque de Condom.
Commandeurs du membre de Montréal
1328. Vital de Saint-Salvi.
1380. Bernard de Loupe.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
TopLes sires d'Albret avaient été, sans doute, dans le courant du XIIe siècle, les fondateurs de l'hôpital de Cazalis et s'étaient dépouillés en faveur du nouvel établissement de toute leur seigneurie sur cette Salvetat. Elle était située au milieu des landes, dans la juridiction de Cazeneuve, qui appartenait aux seigneurs d'Albret.
Les guerres contre les Anglais, dont cette région fut le dernier et le plus sanglant théâtre, l'avaient complètement dévastée et détruit les quelques ressources qu'une patiente industrie était parvenue à créer au milieu du désert. Les moissons et les villages avaient été brûlés, les habitants dispersés, et une morne solitude s'étendait sur toute la contrée.
Tous les efforts des Commandeurs de Cazalis allaient donc tendre au but de créer les ressources qui venaient de leur être brusquement arrachées. Mais toutes leurs tentatives pour repeupler le territoire de Cazalis se brisèrent devant les obstacles soulevés par les sires d'Albret, dans la crainte de voir fonder dans leur voisinage une ville rivale de la place de Cazeneuve. Aussi exigèrent-ils impérieusement le paiement du droit dit de la table (de la taula), que les habitants de Cazalis étaient obligés, en leur qualité d'étrangers, de verser, lorsqu'ils apportaient leurs denrées sur le marché de Cazeneuve. Or, cette dernière localité étant la seule qui pût servir de centre de transaction dans cette vaste étendue de pays, si peu habitée, cet impôt ne laissait pas que d'être très onéreux pour Cazalis ; il s'élevait tous les ans, en moyenne, à la somme de 20 livres morlanes ou de 40 écus d'or. Cette charge éloignait beaucoup d'habitants qui allaient transporter leur résidence dans des pays plus favorisés. Ce fut ce misérable état de choses que vint exposer le chevalier Bernard de Bérenger, précepteur de Cazalis, « à très magnifique prince Charles, sire d'Albret, seigneur de la ville et du château de Cazeneuve. » Celui-ci, « après avoir pris l'avis de son vénérable conseil, » fit proposer un traité de paréage au Commandeur, qui, après l'avoir examiné et soumis à l'approbation de Fourtanier de Lat, Commandeur d'Argenteins, de B. de Bélat, du Nom-Dieu, commissaires, députés à cet effet par le Grand-Prieur de Toulouse, y donna son consentement et se rendit à Nérac, auprès du sire d'Albret, pour en signer l'acte solennel. Ce document, intéressant à plus d'un titre, va fixer un moment notre attention.
La seigneurie entière de Cazalis avait été donnée aux Hospitaliers par les fondateurs de cette maison ; le Commandeur consent à la partager avec le sire d'Albret, qui prendra la moitié des amendes et des rentes féodales, les droits ecclésiastiques étant réservés intégralement à l'Hôpital ; la justice sera exercée au nom des deux seigneurs par un bailli commun, et on pourra appeler des sentences de ce dernier au tribunal de Cazeneuve ; tous deux devront coopérer par égale part à la construction d'une prison commune dans le lieu de Cazalis. Moyennant ces concessions, le sire d'Albret déclare les habitants de Cazalis exempts pour toujours de l'impôt de la Table, et leur concède de plus le droit de dépaissance dans toute l'étendue de sa terre de Cazeneuve. Mais il fait introduire en revanche la défense formelle aux Hospitaliers de construire dans l'avenir, à Cazalis, un château fort, « qui pourrait devenir une cause de dommage et de ruine pour la ville et le château de Cazeneuve. » C'est dans cette dernière place que se réfugieront les habitants en cas de danger ; aussi doivent-ils contribuer, comme ceux de Cazeneuve, à ses charges, aux réparations de ses murailles et à sa garde.
Ce traité, où les chevaliers de Saint-Jean achetaient chèrement, comme on le voit, l'exemption accordée, fut signé devant les portes du château de Nérac, en présence de la cour du sire d'Albret, où figuraient Etienne de Taularesse, seigneur de Puyjardin, bailli de Tartas, messire Hymbert de Voisin, bachelier èz décrets, juge ordinaire de toute la seigneurie, Bertrand de Valyns, seigneur de Péjan, J. de Contramoret, P. du Chêne, Amanieu de Montaigut (3 août 1461).
Il fut approuvé et confirmé le 28 juin de l'année suivante par le chapitre provincial, réuni à Toulouse.
Grâce aux privilèges obtenus par le Commandeur pour ses vassaux de Cazalis, le nombre de ces derniers ne tarda pas à augmenter et la prospérité de cette circonscription à renaître, malgré quelques tentatives violentes faites par certains officiers trop zélés du sire d'Albret, pour s'emparer du moulin de « Bordeis ». Le Commandeur demanda justice au Comte lui-même, et une sentence, rendue par le Conseil privé de ce dernier, défendit de troubler à l'avenir les chevaliers dans leurs droits (1498).
Les archives de Cazalis nous fournissent déplus un exemple de l'indépendance que manifestaient souvent les chevaliers de Saint-Jean envers les autorités diocésaines, quand ils croyaient que les prérogatives de leur Ordre étaient menacées. Dans une de ses tournées pastorales, l'évêque de Basas se rendit dans la paroisse de Cazalis pour y administrer le sacrement de la confirmation. Le commandeur d'Argenteins, François de Tressemans Chastuel, ne lui permit d'entrer dans l'église qu'après avoir déclaré par acte public qu'il n'entendait pas par là porter atteinte aux privilèges de l'Ordre (1669).
Les procès-verbaux de visite nous apprennent que, par suite de l'accroissement de la population et de l'immense étendue de ce territoire, sur une portion de la paroisse de Cazalis, avait été créé l'annexe de « Bourridech » dont les commandeurs conservaient la seigneurie spirituelle.
Commandeurs de Cazalis
1355-1363. Jacques-Guillaume de la Pradèfe.
1463-1482. Pierre de Campagne.
(En 1482, réunion de Cazalis à Argenteins.)
1461. Bernard de Bérenger.
1498-1500. Raymond de Boutet.
Membres Templiers et Hospitaliers rattachés à Cazalis
Sainte-Marie-de-Veyriès
En 1254, dame Marie de Caumont et Xans Augier, son fils, donnèrent au Temple de Cours la dîme de Sainte-Marie de Veyriès.
Quelque temps après, l'évêque de Basas approuva cette donation et confirma aux Templiers la seigneurie spirituelle qui venait de leur être conférée (1259).
Sainte-Marie de Veyriès
Commandeur du membre de Veyriès
1508. Pierre de Ribon.
Sarpouras
La seigneurie de cette localité, située dans le voisinage de Marsan, appartenait par moitié aux Hospitaliers et aux seigneurs de la Porte, ainsi que nous l'apprend une transaction conclue au XVe siècle entre le commandeur d'Argenteins et messire Jean de Bergson seigneur de la Porte.
Saint-Jean d'Angenès
Les chevaliers de Saint-Jean possédaient encore plusieurs seigneuries spirituelles dans le pays de Marsan, entre autres celles de Saint-Jean d'Angenès, dont la chapelle de dévotion fut ruinée lors des guerres de Religion, d'Auzac, de Graulons, de Saint-Sylvestre, etc.
Montréal
Le commandeur était seigneur spirituel de cette paroisse et en partageait la dîme avec l'Evêque de Condom.
Commandeurs du membre de Montréal
1328. Vital de Saint-Salvi.
1380. Bernard de Loupe.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Celles (15)
Commanderie de Celles (ancienne Maison du Temple)
L'ancienne Maison du Temple de Celles au procès des Templiers, fut conservé comme chef lieu de la commanderie de ce nom. Elle était assez considérable, sans qu'il fui besoin d'y adjoindre d'autres biens de l'Hôpital.
Elle se composait d'une église dédiée à saint Hilide, siège de la paroisse (le curé était à la nomination du précepteur) ; d'un château-fort aux murs crénelés, soutenus par quatre tours et entouré de fossés ; d'un domaine comprenant maisons et bâtiments d'exploitation, prés, terres, paccages, bois, étang, de droits de justice, de dîmes et d'une directe (18), qui s'étendait en 1703 à 7 paroisses, 25 villages, et comptait 358 censitaires (19).
Les dîmes étaient d'un excellent rapport. Elles se levaient à la dixième gerbe, et pour la commodité du collecteur, elles avaient été divisées :
La dîme de Ribbes comprenait les villages de Ribes, Ribettes, Baynac, La Champ et Secourieux ;
La dîme de Giraltat comprenait les villages de Giraltat, Combe-Robert, Seveyrac, Savignac, Mallet ;
La dîme dite de La Rivière comprenait les villages de Celles, Traverges, Longe-Saigne, le Moulin de Celles, etc.
18. Liste des Terriers parvenus jusqu'à nous : Terrier de 1430 au profit de Jean de Lastic, reçu Talamendier et Brumenchon, notaires ;
Terrier de 1542 au profit de Gabriel de Lestang-Murat, reçu Heurdère, notaire ;
Terrier de 1580 au profit de Claude de Tersat, reçu Dumas, notaire ;
Terrier do 1598 au profit de Jean du Pourg, reçu Dumas, Theilhard et Darfeuille, notaires ;
Terrier de 1644 au profit de Gaspard de Maisonseule, reçu Darfeuille et Maigne, notaires ; Terrier de 1668 au profit de Louis de Fay de Gerlande, reçu Darfeuille ;
Terrier de 1703 au profit de Jean de Saint-Viance, reçu Lardon, notaire ;
Terrier de 1765 au profit de Gilbert de Montagnac, reçu Teilhard, notaire.
19. Rien n'indiquant mieux l'étendue géographique de la commanderie, voici village par village, le nombre des censitaires contenu dans le terrier de 1703 :
La commanderie de Celles avait quatre annexes :
Annex de Tempel
L'annexe du Tempel, située dans le prieuré de Bonnac, se composait d'un pré de trois charretées de foin, d'un four banal, d'une directe s'étendant aux villages suivants : Cronte, Tempel dans le prieuré de Bonnac ; la Roche, la Bastide, le Verdier, Solinhac dans le prieuré de Molompize ; Massiac et les Avenoux dans le prieuré de Rochefort, et comptant 92 empithéotes.
La dîme de Tempel se levait à la septième gerbe. Le commandeur payait un tiers du traitement du curé de Bonnac.
Annexe d'Auriac
L'annexe d'Auriac, paroisse de Faverolles, dépendait en grande partie de Celles, l'autre partie était à Montchamp. Les choses restèrent en l'état, ce que les Châteauneuf avaient donné aux Templiers demeura uni à Celles, ce qu'ils avaient donné aux Hospitaliers resta à Montchamp. La part de Celles comprenait 33 empithéotes. Il n'y avait point de dîmes.
Annexe de Narnhac
Le précepteur de Celles ne possédait a Narnhac ni domaine, ni dîmes, mais quelques cens portant sur 18 censitaires à Narnhac et 4 à Buxers ; la commanderie des Hospitaliers de Montchamp avait l'autre moitié des cens. Le donateur, un vicomte de Murat avait fait part égale aux Templiers de Celles et aux Hospitaliers de Loubeysargues.
Annexe d'Allanche-Pradiers
Cette annexe n'avait que des cens, perçus sur les deux maisons Périers à Allanche et sur les tènements des Coustels à Pradiers.
A la différence des autres commanderies Celles n'a pas de membres, mais quatre annexes situées aux quatre points cardinaux, formant ainsi une croix de Templier, dont Celles était le centre. Quatre hauts barons ont dessiné sur le sol d'Auvergne cette croix : les Rochefort ont donné Tempel, les Chateauneuf d'Apchier Auriac, les vicomtes de Murat Narnhac, les Mercoeur, Allanche-Pradiers.
Sources : Bouffet (Abbé Hippolyte), Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Haute-Auvergne, dans Revue de la Haute-Auvergne, Aurillac, t. XVI (1914).
TopL'ancienne Maison du Temple de Celles au procès des Templiers, fut conservé comme chef lieu de la commanderie de ce nom. Elle était assez considérable, sans qu'il fui besoin d'y adjoindre d'autres biens de l'Hôpital.
Elle se composait d'une église dédiée à saint Hilide, siège de la paroisse (le curé était à la nomination du précepteur) ; d'un château-fort aux murs crénelés, soutenus par quatre tours et entouré de fossés ; d'un domaine comprenant maisons et bâtiments d'exploitation, prés, terres, paccages, bois, étang, de droits de justice, de dîmes et d'une directe (18), qui s'étendait en 1703 à 7 paroisses, 25 villages, et comptait 358 censitaires (19).
Les dîmes étaient d'un excellent rapport. Elles se levaient à la dixième gerbe, et pour la commodité du collecteur, elles avaient été divisées :
La dîme de Ribbes comprenait les villages de Ribes, Ribettes, Baynac, La Champ et Secourieux ;
La dîme de Giraltat comprenait les villages de Giraltat, Combe-Robert, Seveyrac, Savignac, Mallet ;
La dîme dite de La Rivière comprenait les villages de Celles, Traverges, Longe-Saigne, le Moulin de Celles, etc.
18. Liste des Terriers parvenus jusqu'à nous : Terrier de 1430 au profit de Jean de Lastic, reçu Talamendier et Brumenchon, notaires ;
Terrier de 1542 au profit de Gabriel de Lestang-Murat, reçu Heurdère, notaire ;
Terrier de 1580 au profit de Claude de Tersat, reçu Dumas, notaire ;
Terrier do 1598 au profit de Jean du Pourg, reçu Dumas, Theilhard et Darfeuille, notaires ;
Terrier de 1644 au profit de Gaspard de Maisonseule, reçu Darfeuille et Maigne, notaires ; Terrier de 1668 au profit de Louis de Fay de Gerlande, reçu Darfeuille ;
Terrier de 1703 au profit de Jean de Saint-Viance, reçu Lardon, notaire ;
Terrier de 1765 au profit de Gilbert de Montagnac, reçu Teilhard, notaire.
19. Rien n'indiquant mieux l'étendue géographique de la commanderie, voici village par village, le nombre des censitaires contenu dans le terrier de 1703 :

La commanderie de Celles avait quatre annexes :
Annex de Tempel
L'annexe du Tempel, située dans le prieuré de Bonnac, se composait d'un pré de trois charretées de foin, d'un four banal, d'une directe s'étendant aux villages suivants : Cronte, Tempel dans le prieuré de Bonnac ; la Roche, la Bastide, le Verdier, Solinhac dans le prieuré de Molompize ; Massiac et les Avenoux dans le prieuré de Rochefort, et comptant 92 empithéotes.
La dîme de Tempel se levait à la septième gerbe. Le commandeur payait un tiers du traitement du curé de Bonnac.
Annexe d'Auriac
L'annexe d'Auriac, paroisse de Faverolles, dépendait en grande partie de Celles, l'autre partie était à Montchamp. Les choses restèrent en l'état, ce que les Châteauneuf avaient donné aux Templiers demeura uni à Celles, ce qu'ils avaient donné aux Hospitaliers resta à Montchamp. La part de Celles comprenait 33 empithéotes. Il n'y avait point de dîmes.
Annexe de Narnhac
Le précepteur de Celles ne possédait a Narnhac ni domaine, ni dîmes, mais quelques cens portant sur 18 censitaires à Narnhac et 4 à Buxers ; la commanderie des Hospitaliers de Montchamp avait l'autre moitié des cens. Le donateur, un vicomte de Murat avait fait part égale aux Templiers de Celles et aux Hospitaliers de Loubeysargues.
Annexe d'Allanche-Pradiers
Cette annexe n'avait que des cens, perçus sur les deux maisons Périers à Allanche et sur les tènements des Coustels à Pradiers.
A la différence des autres commanderies Celles n'a pas de membres, mais quatre annexes situées aux quatre points cardinaux, formant ainsi une croix de Templier, dont Celles était le centre. Quatre hauts barons ont dessiné sur le sol d'Auvergne cette croix : les Rochefort ont donné Tempel, les Chateauneuf d'Apchier Auriac, les vicomtes de Murat Narnhac, les Mercoeur, Allanche-Pradiers.
Sources : Bouffet (Abbé Hippolyte), Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Haute-Auvergne, dans Revue de la Haute-Auvergne, Aurillac, t. XVI (1914).
Chalou-Moulineux et Etampes (91)
Temple de Chalou-Moulineux et le Temple d'Etampes
Voire Maison du Temple de Chalou-Moulineux et Le Temple d'Etampes.
Le revenu général de la commanderie d'Etampes en 1495, était de 285 livres; ses charges étaient de la moitié de cette somme. Il s'élevait, en 1546, à 1,030 livres; en 1666, à 3,600 livres; en 1757, à 5,900 livres; en 1783, à 10,000 livres; en 1788, à 13,466 livres.
Noms des commandeurs Hospitaliers de Chalou-Moulineux et d'Etampes
1345. Frère Jehan de Duyson.
1356. Fr. Guillaume Potart.
1371. Fr. Pierre de Provins.
1374. Fr. Guillaume Gaillardé.
1391. Fr. Regnaut Guerry.
1409. Fr. Jehan de Beaubos.
1465. Fr. Pierre Louffart, Chevalier, Conseiller du Roi.
1495. Fr. Jean Erre, prêtre.
1508. Fr. Jean Dore.
1516. Fr. Henri de Normain, prêtre.
1526. Fr. Robert de Bourdon.
1529. Fr. Guillaume Quignon, prêtre, Prieur de Saint-Jean-en-l'IsIe.
1541. Le Chevalier Edme de Saint-Martin.
1544. Le Chevalier Antoine de Lyon.
1560. Fr. Florent Petit.
1580. Fr. Martin Desmoulins.
1594. Fr. Pierre Lemaire.
1595. Fr. Michel Lefebvre.
1602. Le Chevalier Claude Perrot.
1610. Le Chev. Charles de Belotte.
1654. Le chev. Henri de Rosnel, prêtre, Prieur du Temple, à Paris.
1675. Fr. Noël Laugeris, chevalier magistral.
1686. Le Chev. Charles De Rosnel, Chancelier au Grand-Prieuré de France.
1692. Fr. Henri Gobert.
1707. Fr. Gilbert-Jean Jacques Arquier.
1724. Fr. Nicolas Brucelles.
1755. Fr. Libéral Louis Geouffré.
1772. Fr. Jean-Charles-Félix Le Planquois.
1780. Fr. Louis-Augustin Godeheu, chevalier magistral.
1786. Fr. François Anfry, servant d'armes.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
TopVoire Maison du Temple de Chalou-Moulineux et Le Temple d'Etampes.
Le revenu général de la commanderie d'Etampes en 1495, était de 285 livres; ses charges étaient de la moitié de cette somme. Il s'élevait, en 1546, à 1,030 livres; en 1666, à 3,600 livres; en 1757, à 5,900 livres; en 1783, à 10,000 livres; en 1788, à 13,466 livres.
Noms des commandeurs Hospitaliers de Chalou-Moulineux et d'Etampes
1345. Frère Jehan de Duyson.
1356. Fr. Guillaume Potart.
1371. Fr. Pierre de Provins.
1374. Fr. Guillaume Gaillardé.
1391. Fr. Regnaut Guerry.
1409. Fr. Jehan de Beaubos.
1465. Fr. Pierre Louffart, Chevalier, Conseiller du Roi.
1495. Fr. Jean Erre, prêtre.
1508. Fr. Jean Dore.
1516. Fr. Henri de Normain, prêtre.
1526. Fr. Robert de Bourdon.
1529. Fr. Guillaume Quignon, prêtre, Prieur de Saint-Jean-en-l'IsIe.
1541. Le Chevalier Edme de Saint-Martin.
1544. Le Chevalier Antoine de Lyon.
1560. Fr. Florent Petit.
1580. Fr. Martin Desmoulins.
1594. Fr. Pierre Lemaire.
1595. Fr. Michel Lefebvre.
1602. Le Chevalier Claude Perrot.
1610. Le Chev. Charles de Belotte.
1654. Le chev. Henri de Rosnel, prêtre, Prieur du Temple, à Paris.
1675. Fr. Noël Laugeris, chevalier magistral.
1686. Le Chev. Charles De Rosnel, Chancelier au Grand-Prieuré de France.
1692. Fr. Henri Gobert.
1707. Fr. Gilbert-Jean Jacques Arquier.
1724. Fr. Nicolas Brucelles.
1755. Fr. Libéral Louis Geouffré.
1772. Fr. Jean-Charles-Félix Le Planquois.
1780. Fr. Louis-Augustin Godeheu, chevalier magistral.
1786. Fr. François Anfry, servant d'armes.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Champagne (78)
Commanderie de Champagne
Commanderie de Champagne, commune de Champagne, sous Goussainville et près de Houdan 78
Le chef-lieu de cette ancienne commanderie de l'Hôpital était situé sur le chemin de Prouvais à Houdan. Nous avons trouvé des lettres qui prouvent que cet établissement remontait à une époque très-reculée. Ces lettres sont de l'année 1174, et émanent de Simon de Montfort qui, par amour de Dieu et pour le salut de son âme, accordait à la maison du saint Hôpital-de-Jérusalem, pour les besoins de la maison que les frères du dit Hôpital avaient à Champagne, « ad usum domûs quam fratres ejusdem Hospitalis habent apud Campagnias », la libre et entière jouissance de leur domaine, ainsi que le droit de faire recueillir le bois mort dans un lieu appelé « Equilina », pour faire chez eux deux feux « ad duos ignes », l'un pour se chauffer, et l'autre pour la cuisine.
Isabelle, épouse du seigneur Osmond de Chaumont, donna au commencement du XIIIe siècle, à l'Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, deux setiers de grain à prendre chaque année par les frères de Champagne, sur son gaignage ou métairie de Serville (canton Anet 28), « in suo guegnagio de Sarvilla ». Michel Louis, frère d'Isabelle et seigneur de Dreux, confirma cette donation par une charte de l'année 1213.
Le Commandeur était seigneur temporel et spirituel de Champagne. Il avait le patronage et la collation de la cure avec toutes les dîmes de la paroisse. Le chevalier Foucault de Rochechouart, lorsqu'il était Grand-Prieur de France, avait fait remise aux habitants de Champagne de toutes leurs tailles, à la condition qu'ils lui paieraient chaque année, le lendemain de la Noël, deux sols par feu.
Il y avait à Champagne un fief appelé le fief de Beaulieu, qui relevait de la Commanderie. Il consistait en terres tenues en coterie et qui, ayant été saisies en 1493, faute d'hommes et de devoirs, furent réunies au domaine de l'Hôpital. Ce fief comptait au XIVe siècle, 200 arpents de terre, dont la moitié seulement était cultivée en 1373, et rapportait dix livres tournois, a raison de deux sols l'arpent ; plus quatre arpents de pré, d'un revenu de quatre livres, quatre arpents de vigne estimés d'un menu rapport, et un moulin loué 10 setiers de blé, valant à raison de 4 sols le setier, 40 sols (Livre-Vert).
La commanderie de Champagne avait alors un membre, qui était une maison à Dreux, avec des cens et rentes qu'elle faisait recevoir, d'après le Livre-Vert chaque année : à Conde-sur-Montfort (Condé-sur-Risle 27), à Mantes, à Louviers-soubz-la-Tour-Neufve (Louvières et Tourneuve, au sud de Saint-Lucien, carte de Cassini), à Beaufou (à l'est de Senantes 28) à Vacheresses (Vacheresses-les-Hautes, près de Beaufour, carte de Cassini), à Montfort (Eure), à Garantières (Garancières-en-Drouais 28) à Marcherez (Marchezais, canton Anet 28) à Mésières (Mezières-en-Drouais, canton de Dreux 28) à Luré (Luray, cantont Dreux 28), etc.
La commanderie avait encore justice moyenne à Louvières, à Beaufour et à Vacheresses-les-Hautes.
Le revenu de la maison de Champagne qui était, en 1473, de 79 livres 18 sols, s'élevait en 1757, à 1,600 livres. Il était descendu en 1783, à 1,480 livres.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Commanderie de Champagne
Commanderie de Champagne, commune de Champagne, sous Goussainville et près de Houdan 78

La maison de Champagne, aujourd'hui encore (en 1899), chef-lieu d'une toute petite commune de 123 habitants, canton d'Anet, sur le chemin de Prouais à Houdan, fut une des plus anciennes fondations de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem : elle existait en effet en 1174. Simon de Montfort accordait en cette année aux frères de l'Hôpital qui habitaient Champagne la libre et entière jouissance de tout leur domaine avec le droit de prendre le bois mort dans la forêt Iveline (1).
Il faut attendre l'année 1213 pour trouver dans nos titres mention du prieuré de Champagne. Isabelle, épouse d'Osmond de Chaumond, donne deux setiers de blé sur sa métairie de Serville. Michel Louis de Dreux confirma l'acte généreux de sa soeur. En 1243, le vicomte Thibaud de Chaudon, Alix sa femme et leur fils Guy firent l'aumône de quatre arpents de terre arable entre les Touches et la Musse (2). Quelques autres acquisitions faites en 1259 et 1275 augmentèrent le territoire qui, au XIVe siècle, comptait 200 arpents de terre. Le Livre-Vert en donne l'aperçu suivant :
« La commanderie de Champaignes, chef de baillie, a cure. La maison de Dreux, membre d'icelle à présent a chapelle, de l'Hôpital ancien. »
« Frère Jehan du Tremblay, prestre et curé dudit Champaigne, de l'âge de LX ans et commandeur d'icelle baillie. »
« Valeur LXXIX livres, XVIII sols, V deniers obole franc pour XX sols tournois. »
D'après un acte de 1564, Champaigne avait un manoir, droit de justice, haute, moyenne et basse, droit de colombier, de voierie, etc.
Le revenu s'élevait en 1757 à 1600 livres et était descendu en 1783 à 1480 livres.
Parmi les dépendances du prieuré, il faut mentionner le fief de Beaulieu, réuni à la Commanderie en 1493, faute d'hommage et devoirs liges ; une maison à Dreux où se payaient les cens annuels, des terres à Condé-sur-Montfort, à Louviers-soubz-la-Tour-Neufve, à Beaufou, commune de Vacheresses-les-Hautes, à Garencières, Marchezais, Mézières, Luray, etc. Les terres de la Commanderie sont toujours réputées comme les plus fertiles de la contrée.
La commanderie de Champagne est encore entourée de fossés desséchés et de murailles en partie conservées. Mais les bâtiments convertis en ferme n'ont rien de remarquable. Non loin de là, se présente la petite église, dédiée à Sainte-Croix, d'une pauvreté désolante. Un autel en bois, quelques bancs rustiques, trois pauvres statues mal dégrossies font tout son mobilier. Les fonds baptismaux, car l'église était autrefois paroissiale (3), ont disparu ; ils étaient en pierre et ornés de fines sculptures sur tout le pourtour de la cuve ; l'aigle du lutrin orne aujourd'hui l'église de Goussainville. Rien à l'extérieur pour attirer le regard, la gravure ci-jointe nous dispense d'une description inutile. Enfin cette chapelle a vu disparaître son sanctuaire vers le milieu du XIXe siècle, par suite de vétusté.
(1) Charte III. Simon de Monfort (1) donne à la maison de l'Hôpital et au prieuré de Champagne (près de Dreux) la libre et franche jouissance de son domaine ainsi que le droit de cueillir le bois mort et les branches des arbres abattus dans un lieu appelé « Equilina », pour le chauffage et la cuisine.
Original en parchemin aux Archives Nationales, S, 4982, n° 11, muni de la queue en parchemin pour le sceau perdu.
1. Simon de Montfort était fils d'Amaury. Il épousa Alix, et en eut trois fils Aimery, Guy et Simon. Son père, Amaury, assista au concile de Reims avec Guy de Gallardon et plusieurs autres seigneurs du pays chartrain, à côté de Geoffroy de Lèves, évêque de Chartres, de Bernier abbé de Bonneval, d'Etienne abbé de Saint-Jean en Vallée. On sait que dans ce concile, le 2 novembre 1119, Calixte II édicta une bulle en faveur du Chapitre de Chartres pour le préserver du vice de la simonie.
(2) Charte CXXXIV : Donation par Thibaud de Chaudon et Alix sa femme, de quatre arpents et demi de terre à l'Hôpital de Champagne.
(3) Il y avait en 1733, 100 communiants, 400 livres de revenu ; la commune n'a plus que 123 habitants en 1899, à peine si on célèbre une fois l'an la messe dans la chapelle.
Sources : Abbé Charles Métais - Les Templiers en Eure-et-Loir - Histoire et Cartulaire - Archives du diocèse de Chartres - VII - Chartres 1902
TopCommanderie de Champagne, commune de Champagne, sous Goussainville et près de Houdan 78
Le chef-lieu de cette ancienne commanderie de l'Hôpital était situé sur le chemin de Prouvais à Houdan. Nous avons trouvé des lettres qui prouvent que cet établissement remontait à une époque très-reculée. Ces lettres sont de l'année 1174, et émanent de Simon de Montfort qui, par amour de Dieu et pour le salut de son âme, accordait à la maison du saint Hôpital-de-Jérusalem, pour les besoins de la maison que les frères du dit Hôpital avaient à Champagne, « ad usum domûs quam fratres ejusdem Hospitalis habent apud Campagnias », la libre et entière jouissance de leur domaine, ainsi que le droit de faire recueillir le bois mort dans un lieu appelé « Equilina », pour faire chez eux deux feux « ad duos ignes », l'un pour se chauffer, et l'autre pour la cuisine.
Isabelle, épouse du seigneur Osmond de Chaumont, donna au commencement du XIIIe siècle, à l'Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, deux setiers de grain à prendre chaque année par les frères de Champagne, sur son gaignage ou métairie de Serville (canton Anet 28), « in suo guegnagio de Sarvilla ». Michel Louis, frère d'Isabelle et seigneur de Dreux, confirma cette donation par une charte de l'année 1213.
Le Commandeur était seigneur temporel et spirituel de Champagne. Il avait le patronage et la collation de la cure avec toutes les dîmes de la paroisse. Le chevalier Foucault de Rochechouart, lorsqu'il était Grand-Prieur de France, avait fait remise aux habitants de Champagne de toutes leurs tailles, à la condition qu'ils lui paieraient chaque année, le lendemain de la Noël, deux sols par feu.
Il y avait à Champagne un fief appelé le fief de Beaulieu, qui relevait de la Commanderie. Il consistait en terres tenues en coterie et qui, ayant été saisies en 1493, faute d'hommes et de devoirs, furent réunies au domaine de l'Hôpital. Ce fief comptait au XIVe siècle, 200 arpents de terre, dont la moitié seulement était cultivée en 1373, et rapportait dix livres tournois, a raison de deux sols l'arpent ; plus quatre arpents de pré, d'un revenu de quatre livres, quatre arpents de vigne estimés d'un menu rapport, et un moulin loué 10 setiers de blé, valant à raison de 4 sols le setier, 40 sols (Livre-Vert).
La commanderie de Champagne avait alors un membre, qui était une maison à Dreux, avec des cens et rentes qu'elle faisait recevoir, d'après le Livre-Vert chaque année : à Conde-sur-Montfort (Condé-sur-Risle 27), à Mantes, à Louviers-soubz-la-Tour-Neufve (Louvières et Tourneuve, au sud de Saint-Lucien, carte de Cassini), à Beaufou (à l'est de Senantes 28) à Vacheresses (Vacheresses-les-Hautes, près de Beaufour, carte de Cassini), à Montfort (Eure), à Garantières (Garancières-en-Drouais 28) à Marcherez (Marchezais, canton Anet 28) à Mésières (Mezières-en-Drouais, canton de Dreux 28) à Luré (Luray, cantont Dreux 28), etc.
La commanderie avait encore justice moyenne à Louvières, à Beaufour et à Vacheresses-les-Hautes.
Le revenu de la maison de Champagne qui était, en 1473, de 79 livres 18 sols, s'élevait en 1757, à 1,600 livres. Il était descendu en 1783, à 1,480 livres.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Commanderie de Champagne
Commanderie de Champagne, commune de Champagne, sous Goussainville et près de Houdan 78

La maison de Champagne, aujourd'hui encore (en 1899), chef-lieu d'une toute petite commune de 123 habitants, canton d'Anet, sur le chemin de Prouais à Houdan, fut une des plus anciennes fondations de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem : elle existait en effet en 1174. Simon de Montfort accordait en cette année aux frères de l'Hôpital qui habitaient Champagne la libre et entière jouissance de tout leur domaine avec le droit de prendre le bois mort dans la forêt Iveline (1).
Il faut attendre l'année 1213 pour trouver dans nos titres mention du prieuré de Champagne. Isabelle, épouse d'Osmond de Chaumond, donne deux setiers de blé sur sa métairie de Serville. Michel Louis de Dreux confirma l'acte généreux de sa soeur. En 1243, le vicomte Thibaud de Chaudon, Alix sa femme et leur fils Guy firent l'aumône de quatre arpents de terre arable entre les Touches et la Musse (2). Quelques autres acquisitions faites en 1259 et 1275 augmentèrent le territoire qui, au XIVe siècle, comptait 200 arpents de terre. Le Livre-Vert en donne l'aperçu suivant :
« La commanderie de Champaignes, chef de baillie, a cure. La maison de Dreux, membre d'icelle à présent a chapelle, de l'Hôpital ancien. »
« Frère Jehan du Tremblay, prestre et curé dudit Champaigne, de l'âge de LX ans et commandeur d'icelle baillie. »
« Valeur LXXIX livres, XVIII sols, V deniers obole franc pour XX sols tournois. »
D'après un acte de 1564, Champaigne avait un manoir, droit de justice, haute, moyenne et basse, droit de colombier, de voierie, etc.
Le revenu s'élevait en 1757 à 1600 livres et était descendu en 1783 à 1480 livres.
Parmi les dépendances du prieuré, il faut mentionner le fief de Beaulieu, réuni à la Commanderie en 1493, faute d'hommage et devoirs liges ; une maison à Dreux où se payaient les cens annuels, des terres à Condé-sur-Montfort, à Louviers-soubz-la-Tour-Neufve, à Beaufou, commune de Vacheresses-les-Hautes, à Garencières, Marchezais, Mézières, Luray, etc. Les terres de la Commanderie sont toujours réputées comme les plus fertiles de la contrée.
La commanderie de Champagne est encore entourée de fossés desséchés et de murailles en partie conservées. Mais les bâtiments convertis en ferme n'ont rien de remarquable. Non loin de là, se présente la petite église, dédiée à Sainte-Croix, d'une pauvreté désolante. Un autel en bois, quelques bancs rustiques, trois pauvres statues mal dégrossies font tout son mobilier. Les fonds baptismaux, car l'église était autrefois paroissiale (3), ont disparu ; ils étaient en pierre et ornés de fines sculptures sur tout le pourtour de la cuve ; l'aigle du lutrin orne aujourd'hui l'église de Goussainville. Rien à l'extérieur pour attirer le regard, la gravure ci-jointe nous dispense d'une description inutile. Enfin cette chapelle a vu disparaître son sanctuaire vers le milieu du XIXe siècle, par suite de vétusté.
(1) Charte III. Simon de Monfort (1) donne à la maison de l'Hôpital et au prieuré de Champagne (près de Dreux) la libre et franche jouissance de son domaine ainsi que le droit de cueillir le bois mort et les branches des arbres abattus dans un lieu appelé « Equilina », pour le chauffage et la cuisine.
Original en parchemin aux Archives Nationales, S, 4982, n° 11, muni de la queue en parchemin pour le sceau perdu.
1. Simon de Montfort était fils d'Amaury. Il épousa Alix, et en eut trois fils Aimery, Guy et Simon. Son père, Amaury, assista au concile de Reims avec Guy de Gallardon et plusieurs autres seigneurs du pays chartrain, à côté de Geoffroy de Lèves, évêque de Chartres, de Bernier abbé de Bonneval, d'Etienne abbé de Saint-Jean en Vallée. On sait que dans ce concile, le 2 novembre 1119, Calixte II édicta une bulle en faveur du Chapitre de Chartres pour le préserver du vice de la simonie.
(2) Charte CXXXIV : Donation par Thibaud de Chaudon et Alix sa femme, de quatre arpents et demi de terre à l'Hôpital de Champagne.
(3) Il y avait en 1733, 100 communiants, 400 livres de revenu ; la commune n'a plus que 123 habitants en 1899, à peine si on célèbre une fois l'an la messe dans la chapelle.
Sources : Abbé Charles Métais - Les Templiers en Eure-et-Loir - Histoire et Cartulaire - Archives du diocèse de Chartres - VII - Chartres 1902
Champignolles (21)
Champignolles-Les-Hospitaliers, commune d'Arnay-le-Duc
Sur cette seigneurie les Hospitaliers avaient établi un petit hospice qui se trouvait alors favorablement placé sur l'ancienne chaussée conduisant de Paris à Chalon, abandonnée seulement depuis un siècle et demi, laquelle coupait à angle droit la voie romaine venant d'Autun et allant à Besançon. Il est fait mention pour la première fois de cet établissement dans une charte de 1198, portant échange entre Renaud, Vierg d'Autun, et les frères hospitaliers de la maison de Champaignoules.
Puis, en 1224, ils obtinrent d'Arnulfe de Monestoi (Epinac) le droit de prendre du bois pour le chauffage de leur four banal dans sa forêt de Coeffant, hameau de la paroisse de Champignolles.
Enfin, en 1242, Hugues, chevalier seigneur de Jersainval (Jours-en Vaux), donne à ces religieux des droits d'usage dans les bois et de pâturage sur toutes les terres de sa seigneurie.
L'église de Champignolles, dont le choeur seul est certainement du moyen-âge, à en juger par l'architecture extérieure, contient des débris de tombes avec des inscriptions du XIVe siècle, attestant la présence des Hospitaliers dans ce lieu.
Une ancienne grange, voisine de l'église, qui servait peut-être d'hospice, s'appelait encore dans les titres du XVIIe siècle, Grange de l'Hôpilal. Au-dessous de ce vaste bâtiment, on a trouvé à plusieurs reprises des squelettes humains ayant à côté d'eux des bâtons ferrés, lesquels auraient appartenu à des pèlerins surpris par la mort en cet hospice.
Fond de la commanderie de Beaune H 1219 : Champainoles, 1225.
Charmasse Cartulaire de l'Eglise d'Autun I-II, page 285 : Hospitalarii de Champagnioles, 1289.
Charmasse Cartulaire de l'Eglise d'Autun, page 327, d'après une copie du XVe siècle: Ecclesia de Champignolis, 1290.
Fond de la commanderie de Beaune H 1219 : Champaygnoles, 1293.
Charmasse, Cartulaire de l'Eglise d'Autun, III, page 306 : Champaignoules, 1373.
Lognon Pouillés, I, page 82 : Domus de Iherusalem de Champaignolis, XIVe siècle.
César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.
TopSur cette seigneurie les Hospitaliers avaient établi un petit hospice qui se trouvait alors favorablement placé sur l'ancienne chaussée conduisant de Paris à Chalon, abandonnée seulement depuis un siècle et demi, laquelle coupait à angle droit la voie romaine venant d'Autun et allant à Besançon. Il est fait mention pour la première fois de cet établissement dans une charte de 1198, portant échange entre Renaud, Vierg d'Autun, et les frères hospitaliers de la maison de Champaignoules.
Puis, en 1224, ils obtinrent d'Arnulfe de Monestoi (Epinac) le droit de prendre du bois pour le chauffage de leur four banal dans sa forêt de Coeffant, hameau de la paroisse de Champignolles.
Enfin, en 1242, Hugues, chevalier seigneur de Jersainval (Jours-en Vaux), donne à ces religieux des droits d'usage dans les bois et de pâturage sur toutes les terres de sa seigneurie.
L'église de Champignolles, dont le choeur seul est certainement du moyen-âge, à en juger par l'architecture extérieure, contient des débris de tombes avec des inscriptions du XIVe siècle, attestant la présence des Hospitaliers dans ce lieu.
Une ancienne grange, voisine de l'église, qui servait peut-être d'hospice, s'appelait encore dans les titres du XVIIe siècle, Grange de l'Hôpilal. Au-dessous de ce vaste bâtiment, on a trouvé à plusieurs reprises des squelettes humains ayant à côté d'eux des bâtons ferrés, lesquels auraient appartenu à des pèlerins surpris par la mort en cet hospice.
Fond de la commanderie de Beaune H 1219 : Champainoles, 1225.
Charmasse Cartulaire de l'Eglise d'Autun I-II, page 285 : Hospitalarii de Champagnioles, 1289.
Charmasse Cartulaire de l'Eglise d'Autun, page 327, d'après une copie du XVe siècle: Ecclesia de Champignolis, 1290.
Fond de la commanderie de Beaune H 1219 : Champaygnoles, 1293.
Charmasse, Cartulaire de l'Eglise d'Autun, III, page 306 : Champaignoules, 1373.
Lognon Pouillés, I, page 82 : Domus de Iherusalem de Champaignolis, XIVe siècle.
César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.
Chateau de Mail (95)
Le Château de Mail
Ancien domaine seigneurial du Mail (1) dont il ne restait plus au XVe siècle qu'une grange, appelée « La Grange l'auxerroise », servant à renfermer les récoltes des terres et le produit des dimes qui appartenaient à la commanderie.
On ne trouve aucun titre qui puisse faire connaître l'origine de ce domaine qui, depuis le XIVe siècle, a toujours fait partie du Grand-Prieuré de France.
Dans un procès-verbal de visite, en 1456, des maisons de la commanderie, on lit : « La granche aucerroise où souloit avoir le Château de May qui est détruit par la guerre depuis quarante ans, avec une grant quantitez de terre qui à présent sont en désert, et aucune quantité de menuz cens, lesquelz sont perduz pour ce que nul y demeure. »
Pour remettre les terres en bon état de culture, le Grand-Prieur, Bertrand de Cluys, les avait données en viagé à un frère de l'Ordre, Josse Delaporte. Ce religieux en avait fait un bail, en 1478, à un nommé Mercier, demeurant, est-il dit dans l'acte, audit lieu du « Château de Mailg, assis entre Argentueil et Franconvilie ». Le bail comprenait, outre les terres, un moulin, sans la justice du lieu et les droits seigneuriaux, que le bailleur se réservait. Le fermage était fixé à cent sols parisis, mais le preneur devait faire bâtir à ses frais sur l'emplacement de l'ancien château une maison avec grange, écuries, étables, etc., et défricher soixante arpents de terre par année.
Au siècle dernier, il ne restait plus de cet ancien domaine qu'une chapelle et 450 arpents de terre, affermés avec quelques rentes seigneuriales, 400 livres.
1. Ce lieu n'est indiqué sur aucune ancienne carte; mais d'après un titre de 1478, on voit que le château de Mail était situé entre Argenteuil et Franconville (Val d'Oise).
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
TopAncien domaine seigneurial du Mail (1) dont il ne restait plus au XVe siècle qu'une grange, appelée « La Grange l'auxerroise », servant à renfermer les récoltes des terres et le produit des dimes qui appartenaient à la commanderie.
On ne trouve aucun titre qui puisse faire connaître l'origine de ce domaine qui, depuis le XIVe siècle, a toujours fait partie du Grand-Prieuré de France.
Dans un procès-verbal de visite, en 1456, des maisons de la commanderie, on lit : « La granche aucerroise où souloit avoir le Château de May qui est détruit par la guerre depuis quarante ans, avec une grant quantitez de terre qui à présent sont en désert, et aucune quantité de menuz cens, lesquelz sont perduz pour ce que nul y demeure. »
Pour remettre les terres en bon état de culture, le Grand-Prieur, Bertrand de Cluys, les avait données en viagé à un frère de l'Ordre, Josse Delaporte. Ce religieux en avait fait un bail, en 1478, à un nommé Mercier, demeurant, est-il dit dans l'acte, audit lieu du « Château de Mailg, assis entre Argentueil et Franconvilie ». Le bail comprenait, outre les terres, un moulin, sans la justice du lieu et les droits seigneuriaux, que le bailleur se réservait. Le fermage était fixé à cent sols parisis, mais le preneur devait faire bâtir à ses frais sur l'emplacement de l'ancien château une maison avec grange, écuries, étables, etc., et défricher soixante arpents de terre par année.
Au siècle dernier, il ne restait plus de cet ancien domaine qu'une chapelle et 450 arpents de terre, affermés avec quelques rentes seigneuriales, 400 livres.
1. Ce lieu n'est indiqué sur aucune ancienne carte; mais d'après un titre de 1478, on voit que le château de Mail était situé entre Argenteuil et Franconville (Val d'Oise).
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Chenay (Le) (91)
Chenay (Le) Hôpital Ancien
Le Chenay, commune d'Etampes : Département Essonne, Chef-lieu d'arrondissement et canton Etampes - 91.
A une demi-lieue de la ville d'Etampes. Cette terre seigneuriale provenait aux Hospitaliers d'un des comtes d'Etampes. On trouve des lettres du mois de juillet 1374, de Louis, comte d'Etampes et seigneur de Lunel, par lesquelles ce personnage déclare que, pour se libérer envers Robert de Juilly, Grand-Prieur de France d'une rente annuelle et perpétuelle de dix muids de froment qui lui était due à cause de sa commanderie d'Etampes, il a cédé et abandonné à lui et à ses successeurs « toutes les maisons, censives, droitures, terres, rentes et revenus quelconques, assis en la ville du Chesnoy, près Estampes, qui furent du propre héritage de Bertrand d'Arboville, et de Gillet son frère et autres, et aussi du comte Louis, par forfaiture et par achat; tous lesquels biens avait donné depuis peu, pour partie d'une fondation au Chapitre de Notre-Dame d'Estampes, qui y avoit renoncé et dont le détail suit :
"Un manoir, sis au Chesnoy, avec maison, jardin ;
244 arpents de terre au chemin de Boissy, tenus en fief dudit Seigneur ;
22 septiers de terre à la Pointe au Goux ;
9 arpents appelés le Vau-du-Bois ;
24 arpents à l'Orme-aux-Bretons ;
4 arpents vers la Grange-Pael ;
40 septiers au chantier de Favereuses ;
Une pièce de terre en la Vallée au Prévost ;
Un manoir et 4 arpents audit Chesnoy. »
Il y avait au Chenay une chapelle appartenant à l'Hôpital et dédiée à Saint-Crapais. Au siècle dernier, un Cordelier d'Etampes y venait dire la messe un jour de la semaine, et recevait du commandeur 49 livres par an. Les habitants y ajoutèrent 60 livres pour avoir une autre messe les dimanches et fêtes.
Le revenu de l'Hôpital du Chenay, en 1495, était de vingt livres en argent et de huit muids de grains, moitié blé, moitié avoine. Le chapelain séculier, qui desservait alors la chapelle, recevait chaque année, pour ses gages et le luminaire, quinze livres.
Ce même revenu, en 1662, était de 201 livres et de 7 muids de froment : il s'élevait, en 1757, à 4,500 livres, et en 1788 à 2,800 livres, en y réunissant celui de l'ancien Temple d'Etampes.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
TopLe Chenay, commune d'Etampes : Département Essonne, Chef-lieu d'arrondissement et canton Etampes - 91.
A une demi-lieue de la ville d'Etampes. Cette terre seigneuriale provenait aux Hospitaliers d'un des comtes d'Etampes. On trouve des lettres du mois de juillet 1374, de Louis, comte d'Etampes et seigneur de Lunel, par lesquelles ce personnage déclare que, pour se libérer envers Robert de Juilly, Grand-Prieur de France d'une rente annuelle et perpétuelle de dix muids de froment qui lui était due à cause de sa commanderie d'Etampes, il a cédé et abandonné à lui et à ses successeurs « toutes les maisons, censives, droitures, terres, rentes et revenus quelconques, assis en la ville du Chesnoy, près Estampes, qui furent du propre héritage de Bertrand d'Arboville, et de Gillet son frère et autres, et aussi du comte Louis, par forfaiture et par achat; tous lesquels biens avait donné depuis peu, pour partie d'une fondation au Chapitre de Notre-Dame d'Estampes, qui y avoit renoncé et dont le détail suit :
"Un manoir, sis au Chesnoy, avec maison, jardin ;
244 arpents de terre au chemin de Boissy, tenus en fief dudit Seigneur ;
22 septiers de terre à la Pointe au Goux ;
9 arpents appelés le Vau-du-Bois ;
24 arpents à l'Orme-aux-Bretons ;
4 arpents vers la Grange-Pael ;
40 septiers au chantier de Favereuses ;
Une pièce de terre en la Vallée au Prévost ;
Un manoir et 4 arpents audit Chesnoy. »
Il y avait au Chenay une chapelle appartenant à l'Hôpital et dédiée à Saint-Crapais. Au siècle dernier, un Cordelier d'Etampes y venait dire la messe un jour de la semaine, et recevait du commandeur 49 livres par an. Les habitants y ajoutèrent 60 livres pour avoir une autre messe les dimanches et fêtes.
Le revenu de l'Hôpital du Chenay, en 1495, était de vingt livres en argent et de huit muids de grains, moitié blé, moitié avoine. Le chapelain séculier, qui desservait alors la chapelle, recevait chaque année, pour ses gages et le luminaire, quinze livres.
Ce même revenu, en 1662, était de 201 livres et de 7 muids de froment : il s'élevait, en 1757, à 4,500 livres, et en 1788 à 2,800 livres, en y réunissant celui de l'ancien Temple d'Etampes.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Clisson (44)
La Maison du Temple de Clisson sous les Hospitaliers
En même temps qu'eux les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem eurent-ils eux-mêmes en cette ville un établissement hospitalier ? Il faut bien le croire, puisqu'en 1217 Guillaume sire de Clisson, reconnaissant avoir pris pour faire les murs et les douves de son château certaine aire propriété de l'Hôpital, concède à Dieu et à la Sainte Maison de l'Hôpital « Deo et Sancte Domui Hospitalis » un autre terrain contigu aux dits fossés de son château et libre de toute servitude.
Dans cet acte, qui prouve la construction du château de Clisson au commencement du XIIIe siècle, il n'est point question des Templiers, mais bien des Hospitaliers ; il ne s'agit pas non plus de la commanderie de Saint-Antoine qui ne fut fondée à Clisson qu'en 1433 par le seigneur du lieu, le prince Richard de Bretagne ; Saint-Antoine se trouvait d'ailleurs en la paroisse de Gétigné et nullement contiguë au château de Clisson : La commanderie des Hospitaliers de Saint-Antoine de Clisson, aux mains en 1564 d'André de Brenas et en 1639 de Pascal Langier, devait au sire de Caisson « une aiguille d'argent à toute mutation de commandeur. » Mais cet établissement n'eut jamais de rapport avec la maison hospitalière du Temple de Clisson.
L'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, désigné toujours aux XIIe et XIIIe siècles sous le nom de Sainte Maison de l'Hôpital, avait donc dès cette époque quelque terre près de la demeure des sires de Clisson.
On ne sait rien par ailleurs de cette terre parce que tous les biens des Templiers et des Hospitaliers à Clisson furent réunis pour ne plus former qu'un seul établissement, après la dissolution de l'Ordre du Temple en 1312.
Une charte nous prouve que les chevaliers de l'Hôpital entrèrent en possession du Temple de Clisson aussitôt après la ruine des Templiers. En 1319, en effet, nous voyons Jean de Boncourt, commandeur de l'Hôpital de Nantes, jouissant déjà du Temple de Clisson. Il obligea alors Raoul Langlais, paroissien de Saint-Hilaire du Bois, à renoncer à d'injustes prétentions sur la terre de la Pallaire en Cugand, qu'Olivier Gaudin avait donnée au Temple de Clisson en même temps que sa propre personne.
Depuis cette époque et jusqu'à la Révolution, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem possédèrent le Temple de Clisson, appelé souvent à cause d'eux l'Hôpital de la Magdeleine et parfois même l'Hôpital Saint-Jean de Clisson.
Mais cette commanderie fut presque toujours donnée avec quelque autre bénéfice analogue au chevalier qui s'en trouva pourvu Il semble même que dès le XIVe siècle le Temple de Clisson fut uni régulièrement à lu commanderie de Boisferré, en la paroisse de Gesté, en Anjou. Les aveux rendus en 1562 et 1574, reproduisant des actes beaucoup plus anciens, disent formellement « La commanderie du Temple de Clisson, membre de la commanderie du Temple de Boisferré. » Il est fait mention dés 1207 du commandeur de Boisferré, frère Geoffroy « de Lucoferri preceptore ». (Cartulaire de Coudrie, Arch. du Poitou).
« Gesté est une commune du canton de Beaupreau, arrondissement de Cholet (Maine-et-Loire). »
Lorsque Boisferré fut uni lui-même d'abord à la commanderie de Villedieu-en-Pleine-Perche, en Anjou : « Cette commanderie se trouvait, à côté de Boisferré, dans la paroisse de la Blouère ; c'est aujourd'hui la commune de Villedieu-la-Blouère, canton de Beaupreau, arrondies de Cholet (Maine-et-Loire) », puis à celle du Temple de Mauléon, en Poitou : « La commanderie du Temple de Mauléon avait son siège dans la paroisse Saint-Sauveur du Temple, en l'évêché de la Rochelle, aujourd'hui commune du Temple, canton de Châtillon-sur-Sévre, arrondis, de Bressuire (Deux-Sèvres) », il entraîna à sa suite le Temple de Clisson, d'abord aux mains du commandeur de Villedieu, puis en celles du commandeur de Mauléon ; ce dernier conserva jusqu'en 1789 la commanderie de Clisson.
Le Temple de Clisson formait une seigneurie qualifiée de châtellenie dans les aveux rendus au roi en 1633, 1639 et 1685 ; elle relevait du Comté de Nantes mais comprenait quelques fiefs tenus sous la mouvance de Clisson ; aussi devait elle à ce dernier seigneur « un besant d'or valant 25 sols monnoye », Déclaration de la baronnie de Clisson en 1544 et 4079.
Le commandeur du Temple de Clisson avait droit de « juridiction haute, moyenne et basse, avec fourches patibulaires entant au fief de ladite commanderie ; et sont tenus les subjets dudit seigneur commandeur conduire les malfaiteurs jusques au lieu où ils seront exécutés et ce soubs peine d'amende » : Déclarations du Temple de Clisson en 1601 et 1633 (Archives de la Loire Inférieurs). Cette haute justice s'exerçait à la Magdeleine de Clisson en l'auditoire de la commanderie et avait, en outre, un second siège au bourg de Boussay.
D'après un état dressé en 1596, la juridiction du Temple de Clisson atteignait quarante paroisses, savoir : Sainte-Magdeleine, Saint-Brice et Saint-Gilles de Clisson, le Bignon, Boussay, la Bernardière, la Boissière, la Bruffière, la Chapelle-Bassemer, Château-Thébaud (avec le village de la Templerie), Chavagne, Cugand, Gesté, Gétigné, Gorges, la Guyonnière, l'Herbregement, les Landes-Gémusson, le Longeron, le Loroux-Bottereau, Maisdon, Monnières, Montaigu, Montbert, MouzilIon, le Pallet, Remouillé, Saint-Aubin, Saint-André-Treize-Voies (ayant encore la maison du Temple), Saint-Colombin, Saint-Denis de la Chevesche, Saint-Fiacre, Saint-Hilaire de Lonlay, Saint-Hilaire du Bois, Saint-Julien de Concelles, Saint-Lumine de Clisson (avec son Hôpitau), Tiffauges, Torfou, Vallet et Vieillevigne : (Etat du Temple de Clisson en 1596, archives de la Vienne, malgré le titre que porte cette nomenclature, il nous semble qu'on a réuni ici les dépendances de Boisferré à celles de Clisson. Nous pensons que cette dernière commanderie ne s'étendait seule que dans une trentaine de paroisses, tout au plus, appartenant au diocèse de Nantes). De ces paroisses, la majeure partie appartenait au diocèse de Nantes, les autres dépendaient des évêchés d'Angers, de la Rochelle et de Luçon.
Plusieurs droits féodaux particuliers distinguaient la seigneurie du Temple de Clisson ; tels étaient les suivants :
- droit de neume consistant originairement à exiger la neuvième partie des meubles laissés par un roturier, décédé intestat, mais changé plus tard en la meilleure robe du défunt ou en cinq sols monnaie.
- droit de demander à Pâques, deux oeufs de poule et un denier à chaque habitant du bourg du Temple de Clisson.
- droit de faînage, consistant en trois deniers perçus à la Saint Jean-Baptiste des mêmes vassaux.
- droit de bouteillage par lequel il était dû au commandeur un denier par chaque pipe de vin vendu en la paroisse Sainte-Magdeleine de Clisson.
- droit de ban et étanche donnant pouvoir au commandeur, de vendre seul du vin pendant quarante jours (depuis la vigile de Pasques jusques à la feste de l'Ascension, sans que ses hommes et subjects pussent vendre vin durant ledit temps soubs peine d'amende, et n'oseroient mesme lesdicts subjects en aller quérir aultre part soubs peine de ladicte amende « déclaration du Temple de Clisson en 1602 »).
Notons encore que le Chapitre de la collégiale Notre-Dame de Clisson tenait de la commanderie du Temple la terre noble de la Jarrie « à debvoir d'hommage et obéissance et un besant d'or pour rachapt (déclaration du Temple de Clisson 1602) »
Mais, si les commandeurs du Temple de Clisson se faisaient ainsi rendre certains devoirs féodaux, ils avaient en même temps grand soin de faire respecter les privilèges de leurs vassaux.
Ainsi, en 1406 et 1407, le capitaine du château de Clisson voulant que les hommes du fief du Temple vinssent faire le guet audit château, le commandeur en appela au duc de Bretagne ; celui-ci défendit au seigneur de Clisson de contraindre les sujets du Temple à remplir un devoir dont ils étaient exempts par privilège de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Plus tard, en 1471, le fermier des coutumes du sire de Clisson ayant saisi une somme de sel qu'avait un habitant du bourg de la Magdeleine, sous prétexte que celui-ci refusait de payer l'imposition mise sur le sel, le commandeur lui fit voir en justice que tous les vassaux du Temple étaient « francs et exempts » d'impôts semblables.
Vers 1500, Mathurin Salleau, sujet du Temple de Clisson, tenant les écoles de cette ville, avait fixé sur le faite de sa maison la croix de fer, témoignage des privilèges des vassaux du Temple ; les officiers du sire de Clisson renversèrent un jour cette croix, mais mal leur en prit, car aussitôt, le commandeur les fit condamner à la replacer et à payer des dédommagements à son homme.
Le manoir de la commanderie du Temple de Clisson s'élevait près de l'église et du cimetière de la Magdeleine dans une très agréable position. Avec sa cour et son jardin, ce logis ne contenait que dix boisselées de terre. Dévasté vers le milieu du XVe siècle, mais encore debout en 1562, il fut détruit par les guerres de la Ligue; en 1633 en ne voyait plus à Clisson qu'une « mazure de la commanderie, avec le jardin du Temple, là où anciennement estoit le chasteau de ladite commanderie, ruisné par les guerres civiles, le tout enclos de murailles fort vieilles et caduques, proche l'église parochiale de la Magdeleine, entre ladite église et son cimetière. (Déclarations du Temple de Clisson en 1562 et 1633). »
Quand vint la Révolution, cinq petites maisons avec jardins et prairies constituaient ce qu'on appelait à Clisson la commanderie du Temple ; le tout fut incendié aussi bien que l'église et que la ville entière de Clisson pendant la guerre de Vendée en 1793. Aujourd'hui un pavillon moderne, élevé sur l'emplacement du vieux manoir, porte encore le nom de maison du Temple.
Le commandeur de Clisson avait aussi dans cette ville un auditoire pour rendre la justice, un moulin banal « avec destroit sur ses subjets », un four à ban « où sont tenus lesdits subjets faire cuire leur pain » et la dîme des jardins du bourg de la Magdeleine.
Au XVIIe siècle, le commandeur possédait en outre certains domaines dans les paroisses des environs : en Cugand la métairie de la Basse-Pallaire (déclaration du Temple de Clisson en 1592 et 1633), un bois, dix journaux de prairies, plus de quarante journaux de vignes sans compter la vigne des Glalopines, la moitié de l'ile, des moulins et des pêcheries de Plessart, sur la rivière de Sèvre ; enfin plusieurs dîmes de grain et de vin, notamment celle du fief de la Lamproie qu'il partageait avec le sire de Clisson.
- en la Bruffière, la prairie de l'Hôpitau contenant sept journaux près le village de la Ratterie et des rentes en deniers, chapons et grains, outre certaines dîmes.
- en Vieillevigne, une métairie et un fief comprenant plusieurs villages (Cette terre est appelée tantôt « La Joussière », tentôt « Lautamière », parfois la « Sauvagère », cette diversité de noms provient probablement de ce qu'elle contenait quatre maisons).
- en Maisdon la métairie du Rétail.
- en Gorges, des rentes en vin du pays : « quatre-vingt quatre pots de vin » dû par un tenancier, « vingt-quatre pots » par un autre, etc.
Le commandeur du Temple de Clisson jouissait encore d'un fief appelé Boisferré, distinct de la commanderie de ce nom, mais en dépendant à l'origine, qualifié « chastellenie, avec seneschal, procureur, notaire et autres officiers » et s'étendant dans les paroisses du Loroux-Bottereau, la Chapelle-Bassemer et Saint-Julien de Concelles. Il y possédait des rentes et y levait des dîmes, par exemple sur les vignes de la Templerie au Loroux et sur les champs des Hospitaliers en la Chapelle-Bassemer. Le recteur du Loroux lui devait un setier de blé et la dame prieure de Sainte-Radegonde de Barbechat quatre setiers ; celle-ci tenait de lui sa terre de la Templerie.
Nous connaissons les revenus du Temple de Clisson par quelques baux à ferme consentis par ses commandeurs :
Frère Jacques du Liège l'afferma 1.130 livres en 1639 ;
Frère François Budes 1.500 livres en 1648 et 2.100 livres en 1654;
Et Frère Jacques Le Voyer 2.275 livres en 1707.
Les commandeurs du Temple de Clisson avaient obtenu de l'évêque de Nantes l'érection en paroisse du « bourg de la Magdeleine » qui leur appartenait féodalement. Il nous semble très probable que cette faveur fut accordée aux Templiers plutôt qu'aux Hospitaliers leurs successeurs à Clisson. La Magdeleine était d'ailleurs une toute petite paroisse ne comptant que cent quatre-vingts habitants au moment de la Révolution.
Le recteur de Sainte-Magdeleine de Clisson était présenté à l'évêque par le commandeur du Temple de Clisson. Il jouissait d'un beau presbytère « vaste logement avec jardin et prairie, dans une position charmante » ; il avait même une vigne en 1633. Recevant du commandeur une portion congrue et n'ayant guère de casuel, il vivait honnêtement néanmoins en desservant plusieurs chapellenies fondées dans son église, notamment celle de Sainte-Catherine annexée à sa cure.
Ce recteur était tenu, en vertu de son bénéfice, à chanter dans son église les vêpres tous les samedis, la grand'messe et les vêpres tous les dimanches ordinaires, les matines, grand'messe et doubles vêpres à toutes les fêtes solennelles.
Parmi ces dernières, figuraient les fêtes de la Nativité de saint Jean-Baptiste et de sa Décollation ; ces jours-là, le commandeur de Clisson devait faire célébrer avec pompe l'office divin à l'autel Saint-Jean : en y chantait « premières et secondes vespres, matines et grande messe à notes ». On y gagnait aussi les indulgences du « pardon de Saint-Jean » accordé par le Pape aux églises et chapelles appartenant aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Mais en ces jours de fêtes le commandeur du Temple de Clisson prenait toutes les offrandes faites à l'autel Saint-Jean et « tous les deniers provenant du pardon. »
Le droit de « mortuage », exigé pour inhumation faite en l'église de la Magdeleine de Clisson, était partagé entre le commandeur et le recteur, sauf pour les sépultures choisies devant l'autel Saint-Jean, dont le « mortuage » appartenait tout entier au seul commandeur.
Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902
TopEn même temps qu'eux les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem eurent-ils eux-mêmes en cette ville un établissement hospitalier ? Il faut bien le croire, puisqu'en 1217 Guillaume sire de Clisson, reconnaissant avoir pris pour faire les murs et les douves de son château certaine aire propriété de l'Hôpital, concède à Dieu et à la Sainte Maison de l'Hôpital « Deo et Sancte Domui Hospitalis » un autre terrain contigu aux dits fossés de son château et libre de toute servitude.
Dans cet acte, qui prouve la construction du château de Clisson au commencement du XIIIe siècle, il n'est point question des Templiers, mais bien des Hospitaliers ; il ne s'agit pas non plus de la commanderie de Saint-Antoine qui ne fut fondée à Clisson qu'en 1433 par le seigneur du lieu, le prince Richard de Bretagne ; Saint-Antoine se trouvait d'ailleurs en la paroisse de Gétigné et nullement contiguë au château de Clisson : La commanderie des Hospitaliers de Saint-Antoine de Clisson, aux mains en 1564 d'André de Brenas et en 1639 de Pascal Langier, devait au sire de Caisson « une aiguille d'argent à toute mutation de commandeur. » Mais cet établissement n'eut jamais de rapport avec la maison hospitalière du Temple de Clisson.
L'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, désigné toujours aux XIIe et XIIIe siècles sous le nom de Sainte Maison de l'Hôpital, avait donc dès cette époque quelque terre près de la demeure des sires de Clisson.
On ne sait rien par ailleurs de cette terre parce que tous les biens des Templiers et des Hospitaliers à Clisson furent réunis pour ne plus former qu'un seul établissement, après la dissolution de l'Ordre du Temple en 1312.
Une charte nous prouve que les chevaliers de l'Hôpital entrèrent en possession du Temple de Clisson aussitôt après la ruine des Templiers. En 1319, en effet, nous voyons Jean de Boncourt, commandeur de l'Hôpital de Nantes, jouissant déjà du Temple de Clisson. Il obligea alors Raoul Langlais, paroissien de Saint-Hilaire du Bois, à renoncer à d'injustes prétentions sur la terre de la Pallaire en Cugand, qu'Olivier Gaudin avait donnée au Temple de Clisson en même temps que sa propre personne.
Depuis cette époque et jusqu'à la Révolution, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem possédèrent le Temple de Clisson, appelé souvent à cause d'eux l'Hôpital de la Magdeleine et parfois même l'Hôpital Saint-Jean de Clisson.
Mais cette commanderie fut presque toujours donnée avec quelque autre bénéfice analogue au chevalier qui s'en trouva pourvu Il semble même que dès le XIVe siècle le Temple de Clisson fut uni régulièrement à lu commanderie de Boisferré, en la paroisse de Gesté, en Anjou. Les aveux rendus en 1562 et 1574, reproduisant des actes beaucoup plus anciens, disent formellement « La commanderie du Temple de Clisson, membre de la commanderie du Temple de Boisferré. » Il est fait mention dés 1207 du commandeur de Boisferré, frère Geoffroy « de Lucoferri preceptore ». (Cartulaire de Coudrie, Arch. du Poitou).
« Gesté est une commune du canton de Beaupreau, arrondissement de Cholet (Maine-et-Loire). »
Lorsque Boisferré fut uni lui-même d'abord à la commanderie de Villedieu-en-Pleine-Perche, en Anjou : « Cette commanderie se trouvait, à côté de Boisferré, dans la paroisse de la Blouère ; c'est aujourd'hui la commune de Villedieu-la-Blouère, canton de Beaupreau, arrondies de Cholet (Maine-et-Loire) », puis à celle du Temple de Mauléon, en Poitou : « La commanderie du Temple de Mauléon avait son siège dans la paroisse Saint-Sauveur du Temple, en l'évêché de la Rochelle, aujourd'hui commune du Temple, canton de Châtillon-sur-Sévre, arrondis, de Bressuire (Deux-Sèvres) », il entraîna à sa suite le Temple de Clisson, d'abord aux mains du commandeur de Villedieu, puis en celles du commandeur de Mauléon ; ce dernier conserva jusqu'en 1789 la commanderie de Clisson.
Le Temple de Clisson formait une seigneurie qualifiée de châtellenie dans les aveux rendus au roi en 1633, 1639 et 1685 ; elle relevait du Comté de Nantes mais comprenait quelques fiefs tenus sous la mouvance de Clisson ; aussi devait elle à ce dernier seigneur « un besant d'or valant 25 sols monnoye », Déclaration de la baronnie de Clisson en 1544 et 4079.
Le commandeur du Temple de Clisson avait droit de « juridiction haute, moyenne et basse, avec fourches patibulaires entant au fief de ladite commanderie ; et sont tenus les subjets dudit seigneur commandeur conduire les malfaiteurs jusques au lieu où ils seront exécutés et ce soubs peine d'amende » : Déclarations du Temple de Clisson en 1601 et 1633 (Archives de la Loire Inférieurs). Cette haute justice s'exerçait à la Magdeleine de Clisson en l'auditoire de la commanderie et avait, en outre, un second siège au bourg de Boussay.
D'après un état dressé en 1596, la juridiction du Temple de Clisson atteignait quarante paroisses, savoir : Sainte-Magdeleine, Saint-Brice et Saint-Gilles de Clisson, le Bignon, Boussay, la Bernardière, la Boissière, la Bruffière, la Chapelle-Bassemer, Château-Thébaud (avec le village de la Templerie), Chavagne, Cugand, Gesté, Gétigné, Gorges, la Guyonnière, l'Herbregement, les Landes-Gémusson, le Longeron, le Loroux-Bottereau, Maisdon, Monnières, Montaigu, Montbert, MouzilIon, le Pallet, Remouillé, Saint-Aubin, Saint-André-Treize-Voies (ayant encore la maison du Temple), Saint-Colombin, Saint-Denis de la Chevesche, Saint-Fiacre, Saint-Hilaire de Lonlay, Saint-Hilaire du Bois, Saint-Julien de Concelles, Saint-Lumine de Clisson (avec son Hôpitau), Tiffauges, Torfou, Vallet et Vieillevigne : (Etat du Temple de Clisson en 1596, archives de la Vienne, malgré le titre que porte cette nomenclature, il nous semble qu'on a réuni ici les dépendances de Boisferré à celles de Clisson. Nous pensons que cette dernière commanderie ne s'étendait seule que dans une trentaine de paroisses, tout au plus, appartenant au diocèse de Nantes). De ces paroisses, la majeure partie appartenait au diocèse de Nantes, les autres dépendaient des évêchés d'Angers, de la Rochelle et de Luçon.
Plusieurs droits féodaux particuliers distinguaient la seigneurie du Temple de Clisson ; tels étaient les suivants :
- droit de neume consistant originairement à exiger la neuvième partie des meubles laissés par un roturier, décédé intestat, mais changé plus tard en la meilleure robe du défunt ou en cinq sols monnaie.
- droit de demander à Pâques, deux oeufs de poule et un denier à chaque habitant du bourg du Temple de Clisson.
- droit de faînage, consistant en trois deniers perçus à la Saint Jean-Baptiste des mêmes vassaux.
- droit de bouteillage par lequel il était dû au commandeur un denier par chaque pipe de vin vendu en la paroisse Sainte-Magdeleine de Clisson.
- droit de ban et étanche donnant pouvoir au commandeur, de vendre seul du vin pendant quarante jours (depuis la vigile de Pasques jusques à la feste de l'Ascension, sans que ses hommes et subjects pussent vendre vin durant ledit temps soubs peine d'amende, et n'oseroient mesme lesdicts subjects en aller quérir aultre part soubs peine de ladicte amende « déclaration du Temple de Clisson en 1602 »).
Notons encore que le Chapitre de la collégiale Notre-Dame de Clisson tenait de la commanderie du Temple la terre noble de la Jarrie « à debvoir d'hommage et obéissance et un besant d'or pour rachapt (déclaration du Temple de Clisson 1602) »
Mais, si les commandeurs du Temple de Clisson se faisaient ainsi rendre certains devoirs féodaux, ils avaient en même temps grand soin de faire respecter les privilèges de leurs vassaux.
Ainsi, en 1406 et 1407, le capitaine du château de Clisson voulant que les hommes du fief du Temple vinssent faire le guet audit château, le commandeur en appela au duc de Bretagne ; celui-ci défendit au seigneur de Clisson de contraindre les sujets du Temple à remplir un devoir dont ils étaient exempts par privilège de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Plus tard, en 1471, le fermier des coutumes du sire de Clisson ayant saisi une somme de sel qu'avait un habitant du bourg de la Magdeleine, sous prétexte que celui-ci refusait de payer l'imposition mise sur le sel, le commandeur lui fit voir en justice que tous les vassaux du Temple étaient « francs et exempts » d'impôts semblables.
Vers 1500, Mathurin Salleau, sujet du Temple de Clisson, tenant les écoles de cette ville, avait fixé sur le faite de sa maison la croix de fer, témoignage des privilèges des vassaux du Temple ; les officiers du sire de Clisson renversèrent un jour cette croix, mais mal leur en prit, car aussitôt, le commandeur les fit condamner à la replacer et à payer des dédommagements à son homme.
Le manoir de la commanderie du Temple de Clisson s'élevait près de l'église et du cimetière de la Magdeleine dans une très agréable position. Avec sa cour et son jardin, ce logis ne contenait que dix boisselées de terre. Dévasté vers le milieu du XVe siècle, mais encore debout en 1562, il fut détruit par les guerres de la Ligue; en 1633 en ne voyait plus à Clisson qu'une « mazure de la commanderie, avec le jardin du Temple, là où anciennement estoit le chasteau de ladite commanderie, ruisné par les guerres civiles, le tout enclos de murailles fort vieilles et caduques, proche l'église parochiale de la Magdeleine, entre ladite église et son cimetière. (Déclarations du Temple de Clisson en 1562 et 1633). »
Quand vint la Révolution, cinq petites maisons avec jardins et prairies constituaient ce qu'on appelait à Clisson la commanderie du Temple ; le tout fut incendié aussi bien que l'église et que la ville entière de Clisson pendant la guerre de Vendée en 1793. Aujourd'hui un pavillon moderne, élevé sur l'emplacement du vieux manoir, porte encore le nom de maison du Temple.
Le commandeur de Clisson avait aussi dans cette ville un auditoire pour rendre la justice, un moulin banal « avec destroit sur ses subjets », un four à ban « où sont tenus lesdits subjets faire cuire leur pain » et la dîme des jardins du bourg de la Magdeleine.
Au XVIIe siècle, le commandeur possédait en outre certains domaines dans les paroisses des environs : en Cugand la métairie de la Basse-Pallaire (déclaration du Temple de Clisson en 1592 et 1633), un bois, dix journaux de prairies, plus de quarante journaux de vignes sans compter la vigne des Glalopines, la moitié de l'ile, des moulins et des pêcheries de Plessart, sur la rivière de Sèvre ; enfin plusieurs dîmes de grain et de vin, notamment celle du fief de la Lamproie qu'il partageait avec le sire de Clisson.
- en la Bruffière, la prairie de l'Hôpitau contenant sept journaux près le village de la Ratterie et des rentes en deniers, chapons et grains, outre certaines dîmes.
- en Vieillevigne, une métairie et un fief comprenant plusieurs villages (Cette terre est appelée tantôt « La Joussière », tentôt « Lautamière », parfois la « Sauvagère », cette diversité de noms provient probablement de ce qu'elle contenait quatre maisons).
- en Maisdon la métairie du Rétail.
- en Gorges, des rentes en vin du pays : « quatre-vingt quatre pots de vin » dû par un tenancier, « vingt-quatre pots » par un autre, etc.
Le commandeur du Temple de Clisson jouissait encore d'un fief appelé Boisferré, distinct de la commanderie de ce nom, mais en dépendant à l'origine, qualifié « chastellenie, avec seneschal, procureur, notaire et autres officiers » et s'étendant dans les paroisses du Loroux-Bottereau, la Chapelle-Bassemer et Saint-Julien de Concelles. Il y possédait des rentes et y levait des dîmes, par exemple sur les vignes de la Templerie au Loroux et sur les champs des Hospitaliers en la Chapelle-Bassemer. Le recteur du Loroux lui devait un setier de blé et la dame prieure de Sainte-Radegonde de Barbechat quatre setiers ; celle-ci tenait de lui sa terre de la Templerie.
Nous connaissons les revenus du Temple de Clisson par quelques baux à ferme consentis par ses commandeurs :
Frère Jacques du Liège l'afferma 1.130 livres en 1639 ;
Frère François Budes 1.500 livres en 1648 et 2.100 livres en 1654;
Et Frère Jacques Le Voyer 2.275 livres en 1707.
Les commandeurs du Temple de Clisson avaient obtenu de l'évêque de Nantes l'érection en paroisse du « bourg de la Magdeleine » qui leur appartenait féodalement. Il nous semble très probable que cette faveur fut accordée aux Templiers plutôt qu'aux Hospitaliers leurs successeurs à Clisson. La Magdeleine était d'ailleurs une toute petite paroisse ne comptant que cent quatre-vingts habitants au moment de la Révolution.
Le recteur de Sainte-Magdeleine de Clisson était présenté à l'évêque par le commandeur du Temple de Clisson. Il jouissait d'un beau presbytère « vaste logement avec jardin et prairie, dans une position charmante » ; il avait même une vigne en 1633. Recevant du commandeur une portion congrue et n'ayant guère de casuel, il vivait honnêtement néanmoins en desservant plusieurs chapellenies fondées dans son église, notamment celle de Sainte-Catherine annexée à sa cure.
Ce recteur était tenu, en vertu de son bénéfice, à chanter dans son église les vêpres tous les samedis, la grand'messe et les vêpres tous les dimanches ordinaires, les matines, grand'messe et doubles vêpres à toutes les fêtes solennelles.
Parmi ces dernières, figuraient les fêtes de la Nativité de saint Jean-Baptiste et de sa Décollation ; ces jours-là, le commandeur de Clisson devait faire célébrer avec pompe l'office divin à l'autel Saint-Jean : en y chantait « premières et secondes vespres, matines et grande messe à notes ». On y gagnait aussi les indulgences du « pardon de Saint-Jean » accordé par le Pape aux églises et chapelles appartenant aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Mais en ces jours de fêtes le commandeur du Temple de Clisson prenait toutes les offrandes faites à l'autel Saint-Jean et « tous les deniers provenant du pardon. »
Le droit de « mortuage », exigé pour inhumation faite en l'église de la Magdeleine de Clisson, était partagé entre le commandeur et le recteur, sauf pour les sépultures choisies devant l'autel Saint-Jean, dont le « mortuage » appartenait tout entier au seul commandeur.
Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902
Comberanche (24)
Hospitaliers Antonins de Comberanche
Département : Dordogne, Arrondissement : Périgueux, Canton : Ribérac - 24.
Le logis ; la chapelle ; le moulin sont 13e siècle ; le reste de 17e ; 19e siècle
La commanderie de Comberanche est attestée dès le 13e siècle : l'Espital de Cumba Ayzencha, d'après le dictionnaire de Gourgues, puis souvent citée au 14e siècle. C'était un établissement de grande importance qui, après les Croisades, devint certainement une étape des pèlerins sur la route de Saint-Jacques de Compostelle (Dusolier). La commanderie passe ensuite dans le giron de l'ordre de Malte jusqu'au 16e siècle, puis est affermée à des notables locaux mentionnés à partir du 18e siècle et portant le titre de « Seigneur Commandeur ».
Il ne reste de la commanderie que la chapelle, devenue église paroissiale, ainsi que divers éléments architecturaux visibles dans les habitations qui bordent la route traversant le bourg de Comberanche. L'ensemble comprenait vraisemblablement le moulin de Comberanche, situé au sud-ouest sur l'attier de Comberanche, proche d'un gué sur la Dronne.
La commanderie dépendait de celle de Condat et du Grand Prieuré de Toulouse. Elle possédait deux annexes, l'une à Chambeuil, commune de Vanxains, dans le même canton, l'autre à Pheliet, commune de Bertric-Burée (canton de Verteillac), ainsi que des terres dans la commune de Cherval.
L'église Saint-Jean ayant une nef à deux travées, un faux carré jadis couvert d'une coupole et une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four, s'apparente étroitement à nos édifices religieux construits au XIIe siècle.
Moins rigoristes que les Templiers, les Hospitaliers auront fait appel à des maîtres d'oeuvre locaux. On ne peut passer sous silence, au gouttereau septentrional du faux carré, la présence d'une élégante rose à quatre lobes. Ce rappel de l'art oriental, toujours curieux à déceler, n'est pas rare dans la région, car nous en avons maints exemples aux églises situées au sud de notre département. S'ils constituent une preuve tangible des influences islamiques qui se sont manifestées dans notre art roman sur les routes d'Espagne, ils n'en témoignent pas moins de l'importance de nos voies et, par conséquent, de l'organisation qu'elles comportaient.
Cette organisation dont nous avons reconnu l'activité au nord et à l'est de notre département, paraît avoir été plus développée encore au sud.
En plus de la route passant à Aubeterre, déjà identifiée dans l'un de nos ouvrages, une autre voie, parallèle à cette dernière, conduisait à la Gironde, si l'on en juge par les commanderies qui la jalonnaient. On voit combien tout avait été mis en oeuvre pour faciliter le passage des pèlerins dans notre contrée.
Les Templiers en Charente les Commanderies et leurs Chapelles - Charles Daras - S.A.H.C.
Commanderie de Comberanches
Ce petit établissement que l'Ordre de Saint-Jean possédait à l'extrémité occidentale du Périgord, est mentionné dès l'année 1232.
Après la chute du Temple, on adjoignit à cette circonscription le Temple des Eyssards, situé dans les environs.
La possession de ce membre devint l'objet de longues et vives disputes entre les Commandeurs de Combarenches et ceux de Soulet, qui le réclamaient, chacun de son côté ; un accord conclu entre eux en 1458, décida que le Temple des Eyssards appartiendrait à par égale parts aux deux compétiteurs ; ces discussions furent définitivement terminées en 1480 par la réunion simultanée de Combarenches et de Soulet à la Commanderie de Condat.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Commanderie de Comberanches
C'est une propriété privée, elle ne se visite pas.
Commune dénommée maintenant Combéranche-et-Epeluche à 9 km au nord - ouest de Ribérac. Alt. 70 m. Combarencha (Occitan).
Comberanches est citée comme étant une ancienne commanderie de l'ordre de Malte, mais elle est signalée aussi comme templière. Je pense que l'on doit confondre avec la préceptorerie templière d'Epeluche qui commandait le gué sur la Dronne, et pour laquelle nous n'avons pas d'autres renseignements.
Si l'église romane de Combéranches, de plan rectangulaire à nef unique était templière, elle fut ornée par les hospitaliers, car on trouve des croix de Malte sur le retable en bois sculpté et sur les trois vitraux des ouvertures.
En 1883, le P. Caries signalait que subsistaient encore quelques pierres tombales portant la croix caractéristique (citation d'Emile Dussolier « Docteur Emile Dussolier, Bulletin Société historique et archéologique du Périgord, tome XLV, 1921 »).
On relève :
- Espital de Cumba Ayzencha, XIIe siècle. (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem).
- La Mounar, « Luoc apela lo Mounar del hospital de Combeyranche » 1250.
- La Faurie, commune d'Epeluche, Terra apelada la fauria, en 1260 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem).
- Gelatem, « El mas gelatem », 1260 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem Combeyranche).
- L'Hôpital, Gommune de Servanche, « Loc apelat Lespital de Servanchas » 1460 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem Combeyranche).
- Peytavie (la) maynem. 1560 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem Comberanche).
- Raymondie (la) Mayn., de la Raymondie (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem Comberanche) 1560.
- Portail (le) LoPourtal, 1613 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem Comberanche).
- Combeyrancha, 1373 (Lesp. Ordre de Saint-Jean de Jérusalem).
- Combeyranchia, 1380 (Lesp.10).
- Sarrault, arpent de Foucheyrie, 1606 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem).
- Volvey, le mayn. Desmier, arpent, 1606 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem) (Dictionnaire De Gourgues).
- Petitone 1613 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem).
La commanderie de Comberanche possédait plusieurs annexes dépendantes, l'une située à Chambeuil (24) commune de Ribérac1 l'autre à Phéliet dans la commune de Bertric, et des possessions dans la commune de Cherval.
« Marguerite Fargeon, veufve, tient dans la tenance de Chambeuilh, fondalité du seigneur commandeur de Combéranche, en tout hérittage sept journaux, vingt brasses et quatorze carreaux, et, par ce, doibt de rentes foncières : froment un boisseau 3/4 picotin ; gellines quatre ; journal un ; argent trois deniers. Arpenté et cottizé par moy soubssigné, au mois de mars 1688, au requis dudict seigneur et du consentement des tenanciers. Signé : Descombes, notaire royal héréditaire et arpenteur » (Archives de Me Léonardon, notaire à Ribérac). Archives dép. de la Dordogne.
Après la chute du Temple on adjoignit en 1320 la commanderie des Essards située en Charente, mais cette dernière devint l'objet de disputes entre les commandeurs de Comberanche et du Soulet. Un accord en 1458 décida que l'autorité dépendrait des deux commandeurs. Cela dura jusqu'en 1480 par la réunion de ces possessions à Condat-sur-Vézère.
La commanderie de Comberanche (la plus importante du Périgord à l'époque de son plein exercice) fut adjugée au XVIIIe siècle à des laïques. Le seul moulin, avec ses dépendances était sous-affermé pour cent livres de rente seconde « outre et par dessus la seigneuriale deue au seigneur commandeur de Combeyranche » à Antoine Desvergnes, meunier de la Bourjade et à sa femme Marie Biay « Acte du 23 mai 1743, Pierre Dusolier de Fonjoumard, notaire. Arch. dép. de la Dordogne. »
En 1788 un contrat fut passé entre le commandeur et Jean-Josph de Labonne, notaire royal et juge de Saint-Méard. Ce contrat renseigne exactement sur les revenus de la commanderie. En voici l'essentiel (cité par le docteur Emile Dussolier, dans le Bulletin, de la Société historique et archéologique du Périgord, t. XLV de 1921) :
« Le septième octobre mil sept cent quatre vingt huit, fut présent M. Joseph André, juge de Saint-Nexant et bourgeois de la ville de Bergerac, y habitant, lequel comme procureur fondé de Mr le chevalier frère Gaspard du Poët, commandeur d'Argence « Arsins, commanderie très importante de la Gironde »
Et ledit chevalier, comme fondé de procuration de très illustre vénérable bailly frère Victor Nicolas Vachon de Belmont, grand-croix de Saint-Jean de Jérusalem, ancien capitaine des escadres de l'Ordre...
Donne par ces présentes, à titre de ferme, pour six années et six récoltes suivies, complettes et consécutives, qui ne commenceront à prendre cours qu'au premier du mois de may 1790, à Mr Jean Joseph de la Bonne, notaire royal et juge de Saint-Méard....
En premier lieu la maison de réserve, la métairie de Comberanche, prés, terres labourables et fonds en dépendant, appartenant à Mr le commandeur, le tout situé en la paroisse de Comberanche ;
En second lieu, la métairie du Soulet, située dans la paroisse de Cherval, avec tous les cheteaux desdits biens, gros et menus, effets, ustensiles de labourage et culture avec les cens et rentes dépendant dudit membre de Comberanche, consistant en 541 boisseaux blé froment, plus 193 boisseaux avoine, le tout mesure de Ribérac, Aubeterre, Bertric, Latourblanche et Mareuil...
117 gélines, 78 journées d'homme, argent 48 livres, le tout en rente foncière et directe, dus sur les fonds situés dans la paroisse de Comberanche et autres circonvoisines...
Demeure compris aussi dans le présent bail la quantité de trente boisseaux méture dû et à prendre annuellement dans le moulin de Comberanche...
Ledit bail consenty et accepté moyennant la somme de 4700 livres annuellement, y compris 600 livres de pot de vin...
Comme aussy ledit Sr de la Bonne sera tenu de payer, indépendamment dudit bail et sans diminution d'icelluy, savoir à Mr le curé de Comberanche 50 livres, à Mr l'archiprêtre de Gouts 12 livres, à Mr le juge de Comberanche 16 livres et audit Sr procureur d'office dudit lieu 4 boisseaux froment, le tout annuellement... « Archives départementales de la Dordogne Dumonteil notaire. »
En somme, en dehors de 500 livres de pot de vin, il s'agissait d'un bail annuel de 4778 livres. Lorsqu'on compare ce revenu à celui de la commanderie d'Arsins, la plus riche de la Guyenne et qui n'était que de 6000 livres on se rend bien compte de l'importance de la commanderie de Combérenche « Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Guyenne par le baron de Marquessac, Bordeaux, 1886.Veuve Justin Dupuy, éditeur. »
Et cette importance, la commanderie la tenait bien de ses terres de Combérenche et non de ses membres.
L'annexe de Phéliet était bien peu de chose. C'était un ancien cimetière, dans l'intérieur duquel se trouvait une petite chapelle et, tant contenu que contenant réalisait environ cinq brasses. François Dexant-Lagarde, notaire de Bertric, et délégué par le directoire de Bergerac pour l'expertise, estimait le tout 300 livres, en 1793, « Archives départementales de la Dordogne Q. 742. Ordre de Malte. Pièce 27. »
Quant à la métairie du Soulet, elle comprenait, outre la maison du colon, composée d'une seule chambre et d'une grange, sept journaux de terre, d'un seul tenant, dont trois de vignes et quatre de prés « dans l'intérieur des terres y ayant une ancienne chapelle sans couverture, presque écroulée » et un moulin de deux meules tournantes, le tout sous-loué au citoyen Montardit par le Sr Labonne pour 527 livres 10 sols, « Arch. Départementales de la Dordogne Q. 742. Ordre de Malte. Pièce 26. »
Le docteur Emile Dussolier qui visita la commanderie de Comberanche en août 1921, fit une description des lieux, « Bulletin Société historique et archéologique du Périgord, t. XLV III, 1921. »
Nous en reproduisons l'essentiel :
«... La commanderie de Comberanche consiste en deux corps de logis, diagonalement opposés de part et d'autre de la route d'Epeluche à Saint-Paul Lizonne, à l'entrée du village. Ces deux bâtiments durent, fort vraisemblablement, à l'origine, être solidaires par quelque porte les réunissant et sous laquelle aurait passé le chemin conduisant au gué de la Dronne...
Bâtiment sud :
Ce bâtiment, affecte la forme d'un rectangle, orienté de l'est à l'ouest, parallèlement et au sud de la route d'Epeluche à Saint-Paul, présente une partie principale située entre deux ailes carrées, à toiture légèrement surélevée et formant l'une et l'autre saillie sur le côté sud, donnant sur une vaste cour herbeuse qui a conservé toute l'allure d'une cour d'honneur.
Ce bâtiment est extérieurement, caractérisé par les vestiges d'une galerie en bois du XVIIe siècle, courant le long de la face du premier étage, occupant tout l'espace ménagé entre les deux ailes et reposant sur trois piliers en pierre, dont on peut, grâce aux tores sur les quatre angles faire remonter la construction au XIIe siècle, c'est-à-dire à l'époque de l'édification de l'église. Le pilier se termine en haut par une pierre formant le sommier d'arcs aujourd'hui disparus.
A l'extrémité ouest de la galerie, on remarque les restes d'une porte en partie fermée, décorée d'une accolade noyée dans la maçonnerie, qui est du XVe siècle.
L'intérieur du logis, tant par ses cheminées, par ses menuiseries, que par les ferrements des portes et des croisées, révèle le XVIIe siècle et l'élégance de ces ferrements est même à souligner. Tranchant sur cette époque, une cheminée du rez-de-chaussée, par son corps en pente sur les trois faces, reposant sur cadre en bois, caractérise nettement l'époque gothique.
Ce premier corps de logis est continué par un autre bâtiment, perpendiculaire à lui, fermant à l'ouest la cour d'honneur...
Nous trouvons là, cinq pièces à la suite, qui sont, du sud au nord, une chambre sans caractère, la cuisine, avec une cheminée du XIVe siècle, une pièce dite du pressoir à huile et deux petites et hautes ouvertures, donnant sur la route du gué de la Dronne, l'écurie et enfin, une dernière pièce, où l'on trouve deux meurtrières, qui renferme le puits très profond.
Ce puits mesure onze mètres d'eau en hiver et six en été. A quelques pieds au-dessus le niveau de l'eau, est l'entrée d'un souterrain dont on ignore l'aboutissement.
En face de ce bâtiment ouest, sont des servitudes consistant en cuvier, grange et écurie.
A l'est du bâtiment, le premier décrit et sur le prolongement du bâtiment des servitudes, une tour isolée, aux murs envahis par le lierre, à toiture pointue, à allure de pigeonnier, qui sert actuellement de four et de buanderie, a pu avoir jadis, un passé plus noble...
Bâtiment nord
Ce bâtiment aux vestiges extérieurs presque disparus, est constitué, comme le précédent, par un rez-de-chaussée, un étage et des combles... une des caractéristiques est la réunion, dans la principale salle du rez-de-chaussée, qui servait vraisemblablement de cuisine, du puits et du four. On discerne, dans cette disposition, le souci évident de parer aux éventualités d'un siège. De cette pièce part un escalier étroit accédant à la partie ouest de l'étage, tandis que le reste de l'étage est commandé par un escalier de pierre. Sur le palier de ce dernier escalier s'ouvre une porte qui donne accès au jardin qui est en contre-haut de la maison, il est séparé d'elle par un saut de loup. Ce jardin forme terrasse, au nord de la maison, sur le chemin de Combéranche à Allemans qui le longe à l'est.
Une petite tour carrée, située au nord-est de ce jardin, accentue par sa surveillance le semblant de défense constitué par ce saut de Loup... Ces tours, ces traces de défenses... voilà bien des arguments pour faire de cette commanderie « une maison forte qui était l'aboutissement presque général de toutes les demeures de l'Ordre à une époque où il n'était pas superflu de se défendre contre les bandes de la guerre de Cent ans, d'abord, des Huguenots, plus tard et de mettre à l'abri des pillards de tout temps les récoltes et les recettes qui devaient aller au-delà des mers. »
L'importance de la commanderie de Combéranche était telle qu'elle possédait un prêtre que nommait le commandeur. Située sur une voie conduisant du nord vers le sanctuaire de Saint-Jacques de Compostelle, la commanderie dut, à cette situation un des éléments de son importance, car les hospitaliers avaient ajouté aux trois voeux monastiques, celui de secours et protection aux pèlerins.
Le 21 fructidor an 2, les possessions de la commanderie de Malte ; furent mises aux enchères comme biens nationaux, et adjugés le 1er vendémiaire an 3. Il y eut vingt-six procès-verbaux témoignant de cette opération « Archives départementales de la Dordogne. Q 742, N° 727 à 752. ».
Le prix total de la vente par douze acquéreurs, atteignit près de quatre vingt mille francs, mais sans les bâtiments de la commanderie qui avaient été aliénés par l'ordre de Malte des années auparavant.
Actuellement les bâtiments de la commanderie existent toujours et ne sont pas accessibles librement à la visite.
Sources : André Goineaud-Bérard, Les Templiers et Hospitaliers en Périgord. Edition Pilote 24 2002.
TopDépartement : Dordogne, Arrondissement : Périgueux, Canton : Ribérac - 24.
Le logis ; la chapelle ; le moulin sont 13e siècle ; le reste de 17e ; 19e siècleLa commanderie de Comberanche est attestée dès le 13e siècle : l'Espital de Cumba Ayzencha, d'après le dictionnaire de Gourgues, puis souvent citée au 14e siècle. C'était un établissement de grande importance qui, après les Croisades, devint certainement une étape des pèlerins sur la route de Saint-Jacques de Compostelle (Dusolier). La commanderie passe ensuite dans le giron de l'ordre de Malte jusqu'au 16e siècle, puis est affermée à des notables locaux mentionnés à partir du 18e siècle et portant le titre de « Seigneur Commandeur ».
Il ne reste de la commanderie que la chapelle, devenue église paroissiale, ainsi que divers éléments architecturaux visibles dans les habitations qui bordent la route traversant le bourg de Comberanche. L'ensemble comprenait vraisemblablement le moulin de Comberanche, situé au sud-ouest sur l'attier de Comberanche, proche d'un gué sur la Dronne.
La commanderie dépendait de celle de Condat et du Grand Prieuré de Toulouse. Elle possédait deux annexes, l'une à Chambeuil, commune de Vanxains, dans le même canton, l'autre à Pheliet, commune de Bertric-Burée (canton de Verteillac), ainsi que des terres dans la commune de Cherval.
L'église Saint-Jean ayant une nef à deux travées, un faux carré jadis couvert d'une coupole et une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four, s'apparente étroitement à nos édifices religieux construits au XIIe siècle.
Moins rigoristes que les Templiers, les Hospitaliers auront fait appel à des maîtres d'oeuvre locaux. On ne peut passer sous silence, au gouttereau septentrional du faux carré, la présence d'une élégante rose à quatre lobes. Ce rappel de l'art oriental, toujours curieux à déceler, n'est pas rare dans la région, car nous en avons maints exemples aux églises situées au sud de notre département. S'ils constituent une preuve tangible des influences islamiques qui se sont manifestées dans notre art roman sur les routes d'Espagne, ils n'en témoignent pas moins de l'importance de nos voies et, par conséquent, de l'organisation qu'elles comportaient.
Cette organisation dont nous avons reconnu l'activité au nord et à l'est de notre département, paraît avoir été plus développée encore au sud.
En plus de la route passant à Aubeterre, déjà identifiée dans l'un de nos ouvrages, une autre voie, parallèle à cette dernière, conduisait à la Gironde, si l'on en juge par les commanderies qui la jalonnaient. On voit combien tout avait été mis en oeuvre pour faciliter le passage des pèlerins dans notre contrée.
Les Templiers en Charente les Commanderies et leurs Chapelles - Charles Daras - S.A.H.C.
Commanderie de Comberanches
Ce petit établissement que l'Ordre de Saint-Jean possédait à l'extrémité occidentale du Périgord, est mentionné dès l'année 1232.
Après la chute du Temple, on adjoignit à cette circonscription le Temple des Eyssards, situé dans les environs.
La possession de ce membre devint l'objet de longues et vives disputes entre les Commandeurs de Combarenches et ceux de Soulet, qui le réclamaient, chacun de son côté ; un accord conclu entre eux en 1458, décida que le Temple des Eyssards appartiendrait à par égale parts aux deux compétiteurs ; ces discussions furent définitivement terminées en 1480 par la réunion simultanée de Combarenches et de Soulet à la Commanderie de Condat.
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Commanderie de Comberanches
C'est une propriété privée, elle ne se visite pas.
Commune dénommée maintenant Combéranche-et-Epeluche à 9 km au nord - ouest de Ribérac. Alt. 70 m. Combarencha (Occitan).
Comberanches est citée comme étant une ancienne commanderie de l'ordre de Malte, mais elle est signalée aussi comme templière. Je pense que l'on doit confondre avec la préceptorerie templière d'Epeluche qui commandait le gué sur la Dronne, et pour laquelle nous n'avons pas d'autres renseignements.
Si l'église romane de Combéranches, de plan rectangulaire à nef unique était templière, elle fut ornée par les hospitaliers, car on trouve des croix de Malte sur le retable en bois sculpté et sur les trois vitraux des ouvertures.
En 1883, le P. Caries signalait que subsistaient encore quelques pierres tombales portant la croix caractéristique (citation d'Emile Dussolier « Docteur Emile Dussolier, Bulletin Société historique et archéologique du Périgord, tome XLV, 1921 »).
On relève :
- Espital de Cumba Ayzencha, XIIe siècle. (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem).
- La Mounar, « Luoc apela lo Mounar del hospital de Combeyranche » 1250.
- La Faurie, commune d'Epeluche, Terra apelada la fauria, en 1260 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem).
- Gelatem, « El mas gelatem », 1260 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem Combeyranche).
- L'Hôpital, Gommune de Servanche, « Loc apelat Lespital de Servanchas » 1460 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem Combeyranche).
- Peytavie (la) maynem. 1560 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem Comberanche).
- Raymondie (la) Mayn., de la Raymondie (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem Comberanche) 1560.
- Portail (le) LoPourtal, 1613 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem Comberanche).
- Combeyrancha, 1373 (Lesp. Ordre de Saint-Jean de Jérusalem).
- Combeyranchia, 1380 (Lesp.10).
- Sarrault, arpent de Foucheyrie, 1606 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem).
- Volvey, le mayn. Desmier, arpent, 1606 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem) (Dictionnaire De Gourgues).
- Petitone 1613 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem).
La commanderie de Comberanche possédait plusieurs annexes dépendantes, l'une située à Chambeuil (24) commune de Ribérac1 l'autre à Phéliet dans la commune de Bertric, et des possessions dans la commune de Cherval.
« Marguerite Fargeon, veufve, tient dans la tenance de Chambeuilh, fondalité du seigneur commandeur de Combéranche, en tout hérittage sept journaux, vingt brasses et quatorze carreaux, et, par ce, doibt de rentes foncières : froment un boisseau 3/4 picotin ; gellines quatre ; journal un ; argent trois deniers. Arpenté et cottizé par moy soubssigné, au mois de mars 1688, au requis dudict seigneur et du consentement des tenanciers. Signé : Descombes, notaire royal héréditaire et arpenteur » (Archives de Me Léonardon, notaire à Ribérac). Archives dép. de la Dordogne.
Après la chute du Temple on adjoignit en 1320 la commanderie des Essards située en Charente, mais cette dernière devint l'objet de disputes entre les commandeurs de Comberanche et du Soulet. Un accord en 1458 décida que l'autorité dépendrait des deux commandeurs. Cela dura jusqu'en 1480 par la réunion de ces possessions à Condat-sur-Vézère.
La commanderie de Comberanche (la plus importante du Périgord à l'époque de son plein exercice) fut adjugée au XVIIIe siècle à des laïques. Le seul moulin, avec ses dépendances était sous-affermé pour cent livres de rente seconde « outre et par dessus la seigneuriale deue au seigneur commandeur de Combeyranche » à Antoine Desvergnes, meunier de la Bourjade et à sa femme Marie Biay « Acte du 23 mai 1743, Pierre Dusolier de Fonjoumard, notaire. Arch. dép. de la Dordogne. »
En 1788 un contrat fut passé entre le commandeur et Jean-Josph de Labonne, notaire royal et juge de Saint-Méard. Ce contrat renseigne exactement sur les revenus de la commanderie. En voici l'essentiel (cité par le docteur Emile Dussolier, dans le Bulletin, de la Société historique et archéologique du Périgord, t. XLV de 1921) :
« Le septième octobre mil sept cent quatre vingt huit, fut présent M. Joseph André, juge de Saint-Nexant et bourgeois de la ville de Bergerac, y habitant, lequel comme procureur fondé de Mr le chevalier frère Gaspard du Poët, commandeur d'Argence « Arsins, commanderie très importante de la Gironde »
Et ledit chevalier, comme fondé de procuration de très illustre vénérable bailly frère Victor Nicolas Vachon de Belmont, grand-croix de Saint-Jean de Jérusalem, ancien capitaine des escadres de l'Ordre...
Donne par ces présentes, à titre de ferme, pour six années et six récoltes suivies, complettes et consécutives, qui ne commenceront à prendre cours qu'au premier du mois de may 1790, à Mr Jean Joseph de la Bonne, notaire royal et juge de Saint-Méard....
En premier lieu la maison de réserve, la métairie de Comberanche, prés, terres labourables et fonds en dépendant, appartenant à Mr le commandeur, le tout situé en la paroisse de Comberanche ;
En second lieu, la métairie du Soulet, située dans la paroisse de Cherval, avec tous les cheteaux desdits biens, gros et menus, effets, ustensiles de labourage et culture avec les cens et rentes dépendant dudit membre de Comberanche, consistant en 541 boisseaux blé froment, plus 193 boisseaux avoine, le tout mesure de Ribérac, Aubeterre, Bertric, Latourblanche et Mareuil...
117 gélines, 78 journées d'homme, argent 48 livres, le tout en rente foncière et directe, dus sur les fonds situés dans la paroisse de Comberanche et autres circonvoisines...
Demeure compris aussi dans le présent bail la quantité de trente boisseaux méture dû et à prendre annuellement dans le moulin de Comberanche...
Ledit bail consenty et accepté moyennant la somme de 4700 livres annuellement, y compris 600 livres de pot de vin...
Comme aussy ledit Sr de la Bonne sera tenu de payer, indépendamment dudit bail et sans diminution d'icelluy, savoir à Mr le curé de Comberanche 50 livres, à Mr l'archiprêtre de Gouts 12 livres, à Mr le juge de Comberanche 16 livres et audit Sr procureur d'office dudit lieu 4 boisseaux froment, le tout annuellement... « Archives départementales de la Dordogne Dumonteil notaire. »
En somme, en dehors de 500 livres de pot de vin, il s'agissait d'un bail annuel de 4778 livres. Lorsqu'on compare ce revenu à celui de la commanderie d'Arsins, la plus riche de la Guyenne et qui n'était que de 6000 livres on se rend bien compte de l'importance de la commanderie de Combérenche « Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Guyenne par le baron de Marquessac, Bordeaux, 1886.Veuve Justin Dupuy, éditeur. »
Et cette importance, la commanderie la tenait bien de ses terres de Combérenche et non de ses membres.
L'annexe de Phéliet était bien peu de chose. C'était un ancien cimetière, dans l'intérieur duquel se trouvait une petite chapelle et, tant contenu que contenant réalisait environ cinq brasses. François Dexant-Lagarde, notaire de Bertric, et délégué par le directoire de Bergerac pour l'expertise, estimait le tout 300 livres, en 1793, « Archives départementales de la Dordogne Q. 742. Ordre de Malte. Pièce 27. »
Quant à la métairie du Soulet, elle comprenait, outre la maison du colon, composée d'une seule chambre et d'une grange, sept journaux de terre, d'un seul tenant, dont trois de vignes et quatre de prés « dans l'intérieur des terres y ayant une ancienne chapelle sans couverture, presque écroulée » et un moulin de deux meules tournantes, le tout sous-loué au citoyen Montardit par le Sr Labonne pour 527 livres 10 sols, « Arch. Départementales de la Dordogne Q. 742. Ordre de Malte. Pièce 26. »
Le docteur Emile Dussolier qui visita la commanderie de Comberanche en août 1921, fit une description des lieux, « Bulletin Société historique et archéologique du Périgord, t. XLV III, 1921. »
Nous en reproduisons l'essentiel :
«... La commanderie de Comberanche consiste en deux corps de logis, diagonalement opposés de part et d'autre de la route d'Epeluche à Saint-Paul Lizonne, à l'entrée du village. Ces deux bâtiments durent, fort vraisemblablement, à l'origine, être solidaires par quelque porte les réunissant et sous laquelle aurait passé le chemin conduisant au gué de la Dronne...

Image - André Goineaud-Bérard
Bâtiment sud :
Ce bâtiment, affecte la forme d'un rectangle, orienté de l'est à l'ouest, parallèlement et au sud de la route d'Epeluche à Saint-Paul, présente une partie principale située entre deux ailes carrées, à toiture légèrement surélevée et formant l'une et l'autre saillie sur le côté sud, donnant sur une vaste cour herbeuse qui a conservé toute l'allure d'une cour d'honneur.
Ce bâtiment est extérieurement, caractérisé par les vestiges d'une galerie en bois du XVIIe siècle, courant le long de la face du premier étage, occupant tout l'espace ménagé entre les deux ailes et reposant sur trois piliers en pierre, dont on peut, grâce aux tores sur les quatre angles faire remonter la construction au XIIe siècle, c'est-à-dire à l'époque de l'édification de l'église. Le pilier se termine en haut par une pierre formant le sommier d'arcs aujourd'hui disparus.

Plan et dessin de la Commanderie de Combéranche, par Jacques Dussolier, 1920 BSHAP L 48.

Plan et dessin de la Commanderie de Combéranche, par Jacques Dussolier, 1920 BSHAP L 48.
A l'extrémité ouest de la galerie, on remarque les restes d'une porte en partie fermée, décorée d'une accolade noyée dans la maçonnerie, qui est du XVe siècle.
L'intérieur du logis, tant par ses cheminées, par ses menuiseries, que par les ferrements des portes et des croisées, révèle le XVIIe siècle et l'élégance de ces ferrements est même à souligner. Tranchant sur cette époque, une cheminée du rez-de-chaussée, par son corps en pente sur les trois faces, reposant sur cadre en bois, caractérise nettement l'époque gothique.
Ce premier corps de logis est continué par un autre bâtiment, perpendiculaire à lui, fermant à l'ouest la cour d'honneur...
Nous trouvons là, cinq pièces à la suite, qui sont, du sud au nord, une chambre sans caractère, la cuisine, avec une cheminée du XIVe siècle, une pièce dite du pressoir à huile et deux petites et hautes ouvertures, donnant sur la route du gué de la Dronne, l'écurie et enfin, une dernière pièce, où l'on trouve deux meurtrières, qui renferme le puits très profond.
Ce puits mesure onze mètres d'eau en hiver et six en été. A quelques pieds au-dessus le niveau de l'eau, est l'entrée d'un souterrain dont on ignore l'aboutissement.
En face de ce bâtiment ouest, sont des servitudes consistant en cuvier, grange et écurie.
A l'est du bâtiment, le premier décrit et sur le prolongement du bâtiment des servitudes, une tour isolée, aux murs envahis par le lierre, à toiture pointue, à allure de pigeonnier, qui sert actuellement de four et de buanderie, a pu avoir jadis, un passé plus noble...

Image - André Goineaud-Bérard
Bâtiment nord
Ce bâtiment aux vestiges extérieurs presque disparus, est constitué, comme le précédent, par un rez-de-chaussée, un étage et des combles... une des caractéristiques est la réunion, dans la principale salle du rez-de-chaussée, qui servait vraisemblablement de cuisine, du puits et du four. On discerne, dans cette disposition, le souci évident de parer aux éventualités d'un siège. De cette pièce part un escalier étroit accédant à la partie ouest de l'étage, tandis que le reste de l'étage est commandé par un escalier de pierre. Sur le palier de ce dernier escalier s'ouvre une porte qui donne accès au jardin qui est en contre-haut de la maison, il est séparé d'elle par un saut de loup. Ce jardin forme terrasse, au nord de la maison, sur le chemin de Combéranche à Allemans qui le longe à l'est.
Une petite tour carrée, située au nord-est de ce jardin, accentue par sa surveillance le semblant de défense constitué par ce saut de Loup... Ces tours, ces traces de défenses... voilà bien des arguments pour faire de cette commanderie « une maison forte qui était l'aboutissement presque général de toutes les demeures de l'Ordre à une époque où il n'était pas superflu de se défendre contre les bandes de la guerre de Cent ans, d'abord, des Huguenots, plus tard et de mettre à l'abri des pillards de tout temps les récoltes et les recettes qui devaient aller au-delà des mers. »
L'importance de la commanderie de Combéranche était telle qu'elle possédait un prêtre que nommait le commandeur. Située sur une voie conduisant du nord vers le sanctuaire de Saint-Jacques de Compostelle, la commanderie dut, à cette situation un des éléments de son importance, car les hospitaliers avaient ajouté aux trois voeux monastiques, celui de secours et protection aux pèlerins.
Le 21 fructidor an 2, les possessions de la commanderie de Malte ; furent mises aux enchères comme biens nationaux, et adjugés le 1er vendémiaire an 3. Il y eut vingt-six procès-verbaux témoignant de cette opération « Archives départementales de la Dordogne. Q 742, N° 727 à 752. ».
Le prix total de la vente par douze acquéreurs, atteignit près de quatre vingt mille francs, mais sans les bâtiments de la commanderie qui avaient été aliénés par l'ordre de Malte des années auparavant.
Actuellement les bâtiments de la commanderie existent toujours et ne sont pas accessibles librement à la visite.
Sources : André Goineaud-Bérard, Les Templiers et Hospitaliers en Périgord. Edition Pilote 24 2002.
Condat (24)
Condat.
De nos jours, Condat-sur-Vézère, Région Aquitaine, Département Dordogne, Arrondissement Sarlat-la-Canéda, Canton Terrasson-Lavilledieu - 24.

Transportons-nous maintenant dans cette charmante partie du Périgord, où la Vézère promène ses eaux limpides au milieu de coteaux verdoyants et de gracieux villages. Non loin de l'antique abbaye de Terrasson, nous trouvons groupés, aux pieds d'une colline, le petit bourg de Condat. En vain chercherions-nous parmi ses maisons coquettes et neuves, quelque reste d'antiquité légué par le Moyen-âge. Et pourtant cette localité, qui semble dater d'hier, était le chef-lieu d'une des principales Commanderies de l'Ordre de Saint-Jean, qui y possédait une demeure féodale. Malheureusement les archives de la Commanderie, riches en documents de toute sorte, à partir du XIVe siècle, sont presque muettes sur les époques antérieures, par suite sans doute de désastres survenus dans cette période. De sorte que nous ignorons complètement et le nom du donateur et la date de la fondation et nous sommes obligés de passer sous silence l'histoire de cet établissement pendant les XIIe et XIIIe siècles.
En l'année 1307, le Grand-Prieur de Saint-Gilles, Dragonet de Montdragon, dans le cours d'une de ses tournées d'inspection, était arrivé au château de Condat, lorsque se présentèrent devant lui les habitants de ce bourg, implorant sa miséricordieuse intervention, le suppliant de mettre un terme à plusieurs abus et à certaines exactions dont ils accusaient le Précepteur Raymond de Lavalette. Après avoir écouté avec bienveillance ces réclamations et ordonné une sérieuse enquête sur les faits en question, le Grand-Prieur réunit, avant son départ, les habitants dans l'église de Condat pour leur octroyer une charte de coutumes, destinée à faire droit à leurs plaintes.
Le Précepteur, en sa qualité de seigneur spirituel, sera obligé de faire célébrer les offices dans l'église de Condat avec toute la pompe requise, d'entretenir le luminaire usité, savoir cinq cierges sur le maître-autel et un sur ceux de saint Biaise et de sainte Catherine. La charte accorde les droits d'usage et de dépaissance dans les bois de la Commanderie, contient les règlements du four et du moulin et fixe les redevances à payer. Le Précepteur ne devra requérir les bêtes de travail de ses vassaux qu'en cas d'absolue nécessité ; il se chargera de leur nourriture pendant ce temps, etc. Après avoir apposé le sceau de ses armes au bas de cette charte, le Grand-Prieur en fit la remise solennelle aux vassaux de l'Hôpital, le samedi après la fête de saint Biaise 1307 (9 février 1308).
Comme cette charte vient de nous le montrer, le Commandeur de Condat, réunissait à la seigneurie spirituelle la moyenne et basse juridiction de cette localité. La haute justice en appartenait à la noble et illustre famille des seigneurs de Pons, famille qui avait dû, selon toute apparence, participer au premier établissement des Hospitaliers à Condat. Désirant témoigner à l'Ordre de Saint-Jean sa sympathie et sa profonde reconnaissance pour les prières que les Religieux faisaient continuellement à l'intention des membres de sa race, l'illustre et puissant seigneur Réginald (VI), vicomte de Carlat et en partie de Turenne, donna à Arnaud de Rivière, chevalier de l'hôpital et Commandeur de Condat, le droit de haute justice dans cette ville et son territoire. Le noble bienfaiteur de l'Ordre se réservait seulement, outre l'hommage dû par le Commandeur, la redevance de vingt livres, de la monnaie du pays, que les habitants devaient payer, à lui ou à ses descendants, « quand ils seraient armés chevaliers ou qu'ils passeraient les mers ; » le Précepteur s'engageait en outre à construire une chapelle dans l'église de Condat, à y faire peindre les armoiries du seigneur vicomte, et enfin à organiser un service de messes, qui y seront célébrées à l'avenir par les prêtres de l'Ordre pour lui et les membres de sa famille. Ceci se passait à Sarlat, le 1er mars 1376, en présence des chevaliers Bernard de Ferrières, Arnaud de Castanet, Guillaume de Saint-Riquier, etc. Par suite de cette libéralité due à l'illustre personnage, qui venait de se couvrir de gloire en chassant les Anglais du pays, les chevaliers de Saint-Jean se trouvèrent seuls seigneurs spirituels et temporels, hauts, moyens et bas justiciers, fonciers et directs du lieu de Condat. Dans une enquête sur leur haute juridiction faite vers la fin du XVe siècle, on lit la description des différentes constructions élevées par les Hospitaliers pour l'exercice de la justice ; nous y voyons qu'ils possédaient, « dans la ville de Condat, un pilori et un collier pour l'exposition des condamnés ; et sur le sommet de la montagne, des fourches patibulaires, pour y suspendre les criminels, et les autres instruments nécessaires pour exécuter les divers arrêts de la justice ; ces fourches patibulaires, érigées de tout temps en ce lieu, se composaient de 4 piliers, formant entre eux quatre ouvertures, dans chacune desquelles était plantée une fourche en bois. L'importance de cette dernière construction indiquait, comme nous l'apprend M. Viollet-le-Duc, la puissance féodale du seigneur haut justicier, « Les gentilshommes avaient droit pour leurs fourches patibulaires à 2 piliers ; les châtelains, à 3; les barons, à 4; les comtes, à 6 ; les ducs, à 8 ; le Roi seul pouvant en mettre autant qu'il le jugerait convenable, (Dictionnaire d'architecture). » On voit d'après cela que dans la hiérarchie féodale, les Commandeurs de Condat avaient rang de baron, dignité qui devait être augmentée au commencement du XVIIIe siècle par l'érection de la Commanderie en comté.
C'étaient du reste de puissants seigneurs que ces chevaliers dont l'autorité s'étendait ainsi sur un grand nombre de localités disséminées dans tout le Périgord. La suppression de l'Ordre du Temple avait adjoint de nombreuses et importantes possessions à celles qui formaient leur domaine primitif et aux membres de La Caneda, de Fontanilles etc., étaient venus s'ajouter les anciens Temples de Sarjac, de Saint-Nexans, d'Andrivaux, etc., et les hôpitaux de Montguiard, de Bonnefars, de Combarenches.
En l'année 1487, mourait dans le château de la Capelle-Livron, l'un des plus puissants chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean, Messire Guyot de Montarnal, qui avaient réuni à la commanderie de Bordeaux celles de Roquebrune et de Condat. Dès que là nouvelle de sa mort se fut répandue, le sénéchal de Périgord, pour mettre ce riche héritage à l'abri de convoitises criminelles, s'empressa de la placer sous le séquestre royal. Mais une telle démarche était contraire aux prérogatives de l'Ordre et le Receveur général du Grand-Prieuré de Toulouse, Oddet de las Graulas, vint réclamer; il obtint en effet la remise des dépouilles du défunt. Les chevaliers toutefois n'eurent pas lieu de se féliciter d'avoir réussi dans leurs premières démarches; les inconvénients que la sauvegarde royale eut pu prévenir se produisirent de toutes parts. Le corps du commandeur de Condat venait à peine d'être déposé dans son tombeau, que son frère, Jean de Montarnal, religieux de l'Ordre de Saint-Augustin, Prieur de Rudelle, en dépit des règles qui attribuaient à l'Ordre toutes les dépouilles de ses chevaliers, s'empara dans la chambre mortuaire, « de certains anneaux garnis de rubis et autres pierreries, valans mil escus. » Encouragée par cet exemple, une bande de voleurs s'abattit sur cette riche proie. Le chef de cette association, J. Escaffre, « desroba plusieurs d'iceulx biens à la dicte capelle, valans deux mile escus en or content, chaînes pierreries et autres choses. Il prit plusieurs lettres et escritures fort nécessaires, appartenant à la dicte religion et, qui plus est, trouva moyen d'avoir les clefs de la maison du Temple de Bourdeaux; illec se transporta et trouva moyen de ouvrir certain tronc, qui est en l'esglise de la commanderie et autres avec lui ses complices et y prinsta grant quantité de biens, en or et argent content autres et choses valans dix ou douze mile escus. »
Craignant de se voir découvert l'auteur de ces entreprises criminelles fit transporter son butin à Figeac, « dans l'hostel de Guillaume Sobressit » homme considérable de la ville, jouissant d'une grande popularité et qui parait avoir été l'instigateur de cette affaire. A la nouvelle de tous ces méfaits, messire Guy de Blanchefort, conseiller et chambellan du Roi, Grand-Prieur d'Auvergne, Procureur Général de l'Ordre en France, s'émut et porta ses plaintes en la chancellerie du Parlement de Bordeaux. Immédiatement est expédié l'ordre d'informer contre G. Sobressit. Mais les officiers de justice se refusent à procéder contre le coupable, prétendant « qu'il estoit grantamy parent ou affin d'Antoine de Murât, lieutenant du sénéchal au siège de Figeac. »
Nouvelles lettres ordonnant au juge de Montauban de poursuivre l'affaire. Ce dernier fit en effet appréhender G. Sobressit au lieu de Saint-Antoine de Marcelles et donna l'ordre de le diriger sous bonne escorte vers Montauban. Cependant son commissaire, accompagné de Bernard de Gros et de Bernard de Montlezun, chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean, après avoir déposé l'accusé dans les prisons de Drulhe qui se trouvaient sur son passage, se rendit à Figeac pour procéder à son enquête. Mais dans cette ville les attendait une longue suite d'aventures extraordinaires. Ecoutons le récit qu'en font les lettres patentes adressées par le Roi à son sénéchal de Quercy et datés de Saint-Leu-les-Angers, le 23e jour de juin 1488 :
« Et incontinent qu'ils furent arrivés audict lieu survint en leur logis, ung nommé G. Darias, soy-disant sergent, lequel arresta lesdicts commandeurs et tous leurs gens, biens et chevaulx, de part le viguier du dict Figeac. Auquel arrest, les commandeurs se opposèrent et demandèrent coppie du mandement par vertu duquel on les arrestoit, mais ledict sergent fist response que il n'en avoit aulcun et que ce estoit par le commandement du viguier du dict lieu. Quoy voyant, ledict commissaire qui estoit venu illec pour mettre à exécution nos dictes lettres et que ce que le sergent faisoit n'estoit que ung abuz, il arresta ledict sergent jusqu'à-ce qu'il sauroit si ledict viguier le advoueroit. Après lequel exploit, survint incontinent illec ung nommé Pierre de Comba, soy-disant syndic et consul de la ville de Figeac et ung nommé de Calmo, soy-disant procureur de G. Sobressit, avec cinq ou six autres. Lequel consul, tout furieux, et par grant arrogance dist audict commissaire qu'il avoit abusé d'avoir ainsi arresté ledict sergent et aussy luy dist qu'il avoit prins et arresté G. Sobressit, ce qui estoit contre les privilèges de la ville, car aux consuls en appartenoit et qu'il vouloit savoir où il l'avoit mené, en jurant le sang de Nostre-Seigneur que, avant que il partit de la ville il le rendroit, en cousteroit mille livres à la ville. Et lors ledict commissaire, voyant la fureur dudict consul, lui respondist que ils estoient bons et saiges et se garderoient de mesprendre et néantmoings, afin qu'il n'en prétendist cause d'ignorance il lui monstra nos lettres de commissions. Lesquelles vues par icelluy consul, il respondist ben malicieusement qu'il savoit bien ce que ce estoit que de commissions, et en ce faisant, survint illec ung autre nommé Aymeric Badit, soit disant nostre sergent lequel, par mandement dudict viguier, comme il disoit, arresta ledict commissaire et ses gens, chevaulx, pareilhement lesdicts Commandeurs. Et non contents de ce, ledict consul et autres consuls et habitants dudict Figeac firent grant assemblée de gens et les mirent aux portes pour empescher que icelluy commissaire et ceulx de sa compagnie ne partissent d'illec et leur furent les portes fermées ; et aussy environ l'ostellerie, où estoit logé ledict commissaire, furent mis gens pour garder lui et lesdicts Commandeurs, comme se fussent crimineulx, en manière que ils furent arrestés certains jours, pendant lesquels leur furent faicts et dicts plusieurs opprobres et injures ; mesmement Maistre P. Plegavant, aussy consul de la ville et soy-disant nostre procureur, adverty que ledict G. Sobressit estoit par auctorité de nos dictes lettres détenu prisonnier, il fist ung merveilleux et grant bruit et tumulte en icelle ville, en regnyant le nom et en jurant les plaies de Nostre-Seigneur, disoit que jamais ledict commissaire ni lesdicts chevaliers ne yssiroient de la ville que ils ne eussent rendu ledict prisonnier, là soit ce que il ne eust esté prins en ladicte ville et que ce seroit bien faict que on les mit tous en pièces ou que on les mist dans un mortier et que on les pillast comme saulce, et plusieurs autres paroles déshonnêtes et malsonnans contre l'auctorité de nous et de justice; mesmement feignant vouloir mettre le feu audict logeiz, en disant que ils avoient bien chastié aultres commissaires. Pour crainte desquelles choses et menasses, iceulx commissaires et Commandeurs ne eussent osé partir de leur logeiz sans très grant dangier de leurs personnes, et tellement fut en ce précédé par lesdicts consuls et aultres habitants de ladicte ville que ledict commissaire, pour le grant force et violence et oultraige que on luy foisoit, et pour esviter le grant dangier de sa personne et de ceulx de sa compagnie et à plus grant scandalle fust constrainct d'envoyer quérir ledict prisonnier et le faire admener audict Figeac, ce qui fut faict. Et icelluy Sobressit, illec arrivé, accompaigné de cens ou six vingt hommes qui se mirent avec lui, vint devers ledict commissaire et parla à luy bien arrogamment, et lui et aultres dirent plusieurs atroces injures contre ledict commissaire et lesdits Commandeurs; en appelant iceulx Commandeurs traistres, manans et que ils n'estoient pas chevaliers, mais villains et fils de villains, et plusieurs aultres graves et énormes injures et détestables. Et certains jours après ces choses ainsi faictes, fust dict audict commissaire et aux dicts Commandeurs que jamais ils ne partiroient de ladicte ville, sinon qu'ils voulsissent donner nos dictes lettres de commission. Laquelle chose conviet faire audict commissaire par force et violence, aultrement ne fust eschappé. Au moyen desquelles rébellions et désobéissances et aultres qui sont de très maulvaise conséquence, nos dictes lettres sont demeurées et demeurent inexécutées et ont esté les dictes choses faictes en grant esclandre, lésion et mespris de justice... »
L'autorité royale, ainsi méconnue et outragée, exigeait une répression solennelle et exemplaire pour cette ville en insurrection. Aussi le Roi, « ne voulant pas telles forces et violences contre luy et sa justice avoir lieu ni tolérer, mais telle et si griefve pugnicion estre faictes des délinquants que ce soit exemple à tous aultres », ordonne d'appréhender au corps G. Sobressit, en quelque lieu que l'on puisse le trouver « hors le lieu saint, » pour le ramener dans sa prison et de se saisir également des consuls et autres complices, ainsi que des voleurs des dépouilles du Commandeur Guy de Montarnal.
En dehors de ces embarras momentanés, ici comme ailleurs, les commandeurs furent souvent obligés d'entrer en luttes avec leurs voisins pour la défense de leurs droits. Nous voyons s'élever tout d'abord une discussion entre le Précepteur Bertrand de Pierre, chevalier de Saint-Jean, et l'abbé de Terrasson au sujet de leurs droits respectifs sur la forêt de Condat ; la sentence arbitrale de 1291 vient y mettre un terme. Une question de limites troubla aussi la paix dans le XVe siècle entre le commandeur Jean de Léoncel et Hélie de Bonnac, abbé de Saint-Amans; elle fut tranchée par la fixation définitive des bornes séparant le territoire de Condat et ceux de Couly et de Saint-Amans (1490). Mais c'est surtout avec les évêques de Sarlat que la lutte fut longue et sans cesse renaissante; d'après les bulles des Papes, et les privilèges concédés par les rois de France, les biens de l'Ordre de Saint-Jean étaient exempts des cotisations ordinaires. Ce privilège, les évêques de Sarlat ne consentirent pas sans difficulté à l'admettre. Il fallut qu'à bien des reprises les chevaliers de Saint-Jean obtinssent du Roi de France la confirmation de cette exemption (1512, 1535, 1544, 1550, 1554).
Pendant les guerres de religion, le Périgord faisait partie des seigneuries du sire d'Albret; ses principales places, Turenne, Balthezar, Neuvie, Beynac, Bergerac, Sainte-Foy la Grande, Castillon, étant occupées par des garnisons huguenotes, semblaient envelopper la commanderie et ses dépendances dans un immense cercle de fer ; il n'est pas surprenant qu'elle ait été dévastée à plusieurs reprises et que son commandeur ait pu exposer dans la requête de 1588 que dans les deux années précédentes toutes ses récoltes avaient été détruites complètement et prouver ces désastres par le témoignage de plusieurs habitants considérables du pays. Les procès-verbaux des visites de la commanderie viennent à leur tour nous parler des désastres de cette période, en répétant pour un grand nombre de ses églises ou chapelles cette indication dont la monotonie ne manque pas d'éloquence, « démolie jadis par les Religionnaires. »
Les Ordres de l'Hôpital et du Temple ne sont pas les seuls que la Terre-Sainte ait vu fonder dans un but presque identique, pendant la période des croisades.
Plusieurs rejetons prirent naissance à leur ombre; mais, après avoir rendu quelques services dans le principe, ils finirent par végéter et se fondre dans les deux premiers. Citons l'Ordre des chevaliers de Saint-Lazare et du Montcarmel, réuni bientôt à celui de Saint-Jean et que, dans le XVIe siècle, plusieurs papes avaient tenté inutilement de rétablir : il paraissait condamné à un oubli éternel, lorsque des circonstances fortuites vinrent lui rendre une existence passagère. Louis XIV, tout en témoignant une grande sympathie pour les chevaliers de Saint-Jean ne devait pas voir sans un certain déplaisir la puissance du Grand-Maître s'exercer, en dehors de la sienne, sur une partie de son royaume et sur l'élite de sa noblesse ; quoique l'influence française fut en général prépondérante dans les conseils de Malte, elle était quelquefois contrebalancée par celle des nations rivales ; état de choses qui pouvait créer des difficultés à la politique royale et devait dans tous les cas lui donner de l'ombrage. Ce furent sans doute ces considérations qui inspirèrent au grand Roi l'idée de reconstituer, pour la noblesse française exclusivement, l'Ordre de Saint-Lazare et de Montcarmel ; il devait, dans sa pensée, se substituer, dans le royaume, à celui de Malte. Afin de lui donner une vie qu'il croyait durable, il fut obligé de lui créer des ressources, par un édit de 1672, et de lui concéder un certain nombre de possessions en France. Sur cette liste figurait, sans doute par erreur, la commanderie de Condat. Mais, quand les chevaliers du Montcarmel vinrent pour en prendre possession, ils se trouvèrent en présence du Commandeur, Aymé de Calvisson qui refusa énergiquement l'abandon de ses droits et exhiba les titres de ses archives. Malgré la protection de Louis XIV et du marquis de Louvois, leur Grand-Maître, les nouveaux chevaliers furent contraints de se désister de leurs prétentions (1677).
De Condat, l'autorité du Commandeur s'étendait sur tout le Périgord, où étaient disséminées les localités relevant de sa seigneurie : Sarjac, La Caneda, Fontanilles, Traullac, Naussanès, Falgueyres, Cours, Saint-Aubin, Montguiard, le Fraisse, Bonnefare, Saint-Avit, Bonneville, Puylautier, la Salvetat-Grasset, Douville, Andrivaux, et ses annexes Chantegeline, Dourles et Escoubeys, Combarenche, le Temple des Essards, Soulet, Mortemart, Château-Missier, Pontarnaud, Puymartin, Jumillac, Excideuil, la Roche Saint-Paul, le Temple-de-l'Eau et le Temple-le-Sec.
Le revenu de la Commanderie s'élevait en 1752 à 20, 635 livres, et ses charges à 5, 218 livres.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
TopDe nos jours, Condat-sur-Vézère, Région Aquitaine, Département Dordogne, Arrondissement Sarlat-la-Canéda, Canton Terrasson-Lavilledieu - 24.

Transportons-nous maintenant dans cette charmante partie du Périgord, où la Vézère promène ses eaux limpides au milieu de coteaux verdoyants et de gracieux villages. Non loin de l'antique abbaye de Terrasson, nous trouvons groupés, aux pieds d'une colline, le petit bourg de Condat. En vain chercherions-nous parmi ses maisons coquettes et neuves, quelque reste d'antiquité légué par le Moyen-âge. Et pourtant cette localité, qui semble dater d'hier, était le chef-lieu d'une des principales Commanderies de l'Ordre de Saint-Jean, qui y possédait une demeure féodale. Malheureusement les archives de la Commanderie, riches en documents de toute sorte, à partir du XIVe siècle, sont presque muettes sur les époques antérieures, par suite sans doute de désastres survenus dans cette période. De sorte que nous ignorons complètement et le nom du donateur et la date de la fondation et nous sommes obligés de passer sous silence l'histoire de cet établissement pendant les XIIe et XIIIe siècles.
En l'année 1307, le Grand-Prieur de Saint-Gilles, Dragonet de Montdragon, dans le cours d'une de ses tournées d'inspection, était arrivé au château de Condat, lorsque se présentèrent devant lui les habitants de ce bourg, implorant sa miséricordieuse intervention, le suppliant de mettre un terme à plusieurs abus et à certaines exactions dont ils accusaient le Précepteur Raymond de Lavalette. Après avoir écouté avec bienveillance ces réclamations et ordonné une sérieuse enquête sur les faits en question, le Grand-Prieur réunit, avant son départ, les habitants dans l'église de Condat pour leur octroyer une charte de coutumes, destinée à faire droit à leurs plaintes.
Le Précepteur, en sa qualité de seigneur spirituel, sera obligé de faire célébrer les offices dans l'église de Condat avec toute la pompe requise, d'entretenir le luminaire usité, savoir cinq cierges sur le maître-autel et un sur ceux de saint Biaise et de sainte Catherine. La charte accorde les droits d'usage et de dépaissance dans les bois de la Commanderie, contient les règlements du four et du moulin et fixe les redevances à payer. Le Précepteur ne devra requérir les bêtes de travail de ses vassaux qu'en cas d'absolue nécessité ; il se chargera de leur nourriture pendant ce temps, etc. Après avoir apposé le sceau de ses armes au bas de cette charte, le Grand-Prieur en fit la remise solennelle aux vassaux de l'Hôpital, le samedi après la fête de saint Biaise 1307 (9 février 1308).
Comme cette charte vient de nous le montrer, le Commandeur de Condat, réunissait à la seigneurie spirituelle la moyenne et basse juridiction de cette localité. La haute justice en appartenait à la noble et illustre famille des seigneurs de Pons, famille qui avait dû, selon toute apparence, participer au premier établissement des Hospitaliers à Condat. Désirant témoigner à l'Ordre de Saint-Jean sa sympathie et sa profonde reconnaissance pour les prières que les Religieux faisaient continuellement à l'intention des membres de sa race, l'illustre et puissant seigneur Réginald (VI), vicomte de Carlat et en partie de Turenne, donna à Arnaud de Rivière, chevalier de l'hôpital et Commandeur de Condat, le droit de haute justice dans cette ville et son territoire. Le noble bienfaiteur de l'Ordre se réservait seulement, outre l'hommage dû par le Commandeur, la redevance de vingt livres, de la monnaie du pays, que les habitants devaient payer, à lui ou à ses descendants, « quand ils seraient armés chevaliers ou qu'ils passeraient les mers ; » le Précepteur s'engageait en outre à construire une chapelle dans l'église de Condat, à y faire peindre les armoiries du seigneur vicomte, et enfin à organiser un service de messes, qui y seront célébrées à l'avenir par les prêtres de l'Ordre pour lui et les membres de sa famille. Ceci se passait à Sarlat, le 1er mars 1376, en présence des chevaliers Bernard de Ferrières, Arnaud de Castanet, Guillaume de Saint-Riquier, etc. Par suite de cette libéralité due à l'illustre personnage, qui venait de se couvrir de gloire en chassant les Anglais du pays, les chevaliers de Saint-Jean se trouvèrent seuls seigneurs spirituels et temporels, hauts, moyens et bas justiciers, fonciers et directs du lieu de Condat. Dans une enquête sur leur haute juridiction faite vers la fin du XVe siècle, on lit la description des différentes constructions élevées par les Hospitaliers pour l'exercice de la justice ; nous y voyons qu'ils possédaient, « dans la ville de Condat, un pilori et un collier pour l'exposition des condamnés ; et sur le sommet de la montagne, des fourches patibulaires, pour y suspendre les criminels, et les autres instruments nécessaires pour exécuter les divers arrêts de la justice ; ces fourches patibulaires, érigées de tout temps en ce lieu, se composaient de 4 piliers, formant entre eux quatre ouvertures, dans chacune desquelles était plantée une fourche en bois. L'importance de cette dernière construction indiquait, comme nous l'apprend M. Viollet-le-Duc, la puissance féodale du seigneur haut justicier, « Les gentilshommes avaient droit pour leurs fourches patibulaires à 2 piliers ; les châtelains, à 3; les barons, à 4; les comtes, à 6 ; les ducs, à 8 ; le Roi seul pouvant en mettre autant qu'il le jugerait convenable, (Dictionnaire d'architecture). » On voit d'après cela que dans la hiérarchie féodale, les Commandeurs de Condat avaient rang de baron, dignité qui devait être augmentée au commencement du XVIIIe siècle par l'érection de la Commanderie en comté.
C'étaient du reste de puissants seigneurs que ces chevaliers dont l'autorité s'étendait ainsi sur un grand nombre de localités disséminées dans tout le Périgord. La suppression de l'Ordre du Temple avait adjoint de nombreuses et importantes possessions à celles qui formaient leur domaine primitif et aux membres de La Caneda, de Fontanilles etc., étaient venus s'ajouter les anciens Temples de Sarjac, de Saint-Nexans, d'Andrivaux, etc., et les hôpitaux de Montguiard, de Bonnefars, de Combarenches.
En l'année 1487, mourait dans le château de la Capelle-Livron, l'un des plus puissants chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean, Messire Guyot de Montarnal, qui avaient réuni à la commanderie de Bordeaux celles de Roquebrune et de Condat. Dès que là nouvelle de sa mort se fut répandue, le sénéchal de Périgord, pour mettre ce riche héritage à l'abri de convoitises criminelles, s'empressa de la placer sous le séquestre royal. Mais une telle démarche était contraire aux prérogatives de l'Ordre et le Receveur général du Grand-Prieuré de Toulouse, Oddet de las Graulas, vint réclamer; il obtint en effet la remise des dépouilles du défunt. Les chevaliers toutefois n'eurent pas lieu de se féliciter d'avoir réussi dans leurs premières démarches; les inconvénients que la sauvegarde royale eut pu prévenir se produisirent de toutes parts. Le corps du commandeur de Condat venait à peine d'être déposé dans son tombeau, que son frère, Jean de Montarnal, religieux de l'Ordre de Saint-Augustin, Prieur de Rudelle, en dépit des règles qui attribuaient à l'Ordre toutes les dépouilles de ses chevaliers, s'empara dans la chambre mortuaire, « de certains anneaux garnis de rubis et autres pierreries, valans mil escus. » Encouragée par cet exemple, une bande de voleurs s'abattit sur cette riche proie. Le chef de cette association, J. Escaffre, « desroba plusieurs d'iceulx biens à la dicte capelle, valans deux mile escus en or content, chaînes pierreries et autres choses. Il prit plusieurs lettres et escritures fort nécessaires, appartenant à la dicte religion et, qui plus est, trouva moyen d'avoir les clefs de la maison du Temple de Bourdeaux; illec se transporta et trouva moyen de ouvrir certain tronc, qui est en l'esglise de la commanderie et autres avec lui ses complices et y prinsta grant quantité de biens, en or et argent content autres et choses valans dix ou douze mile escus. »
Craignant de se voir découvert l'auteur de ces entreprises criminelles fit transporter son butin à Figeac, « dans l'hostel de Guillaume Sobressit » homme considérable de la ville, jouissant d'une grande popularité et qui parait avoir été l'instigateur de cette affaire. A la nouvelle de tous ces méfaits, messire Guy de Blanchefort, conseiller et chambellan du Roi, Grand-Prieur d'Auvergne, Procureur Général de l'Ordre en France, s'émut et porta ses plaintes en la chancellerie du Parlement de Bordeaux. Immédiatement est expédié l'ordre d'informer contre G. Sobressit. Mais les officiers de justice se refusent à procéder contre le coupable, prétendant « qu'il estoit grantamy parent ou affin d'Antoine de Murât, lieutenant du sénéchal au siège de Figeac. »
Nouvelles lettres ordonnant au juge de Montauban de poursuivre l'affaire. Ce dernier fit en effet appréhender G. Sobressit au lieu de Saint-Antoine de Marcelles et donna l'ordre de le diriger sous bonne escorte vers Montauban. Cependant son commissaire, accompagné de Bernard de Gros et de Bernard de Montlezun, chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean, après avoir déposé l'accusé dans les prisons de Drulhe qui se trouvaient sur son passage, se rendit à Figeac pour procéder à son enquête. Mais dans cette ville les attendait une longue suite d'aventures extraordinaires. Ecoutons le récit qu'en font les lettres patentes adressées par le Roi à son sénéchal de Quercy et datés de Saint-Leu-les-Angers, le 23e jour de juin 1488 :
« Et incontinent qu'ils furent arrivés audict lieu survint en leur logis, ung nommé G. Darias, soy-disant sergent, lequel arresta lesdicts commandeurs et tous leurs gens, biens et chevaulx, de part le viguier du dict Figeac. Auquel arrest, les commandeurs se opposèrent et demandèrent coppie du mandement par vertu duquel on les arrestoit, mais ledict sergent fist response que il n'en avoit aulcun et que ce estoit par le commandement du viguier du dict lieu. Quoy voyant, ledict commissaire qui estoit venu illec pour mettre à exécution nos dictes lettres et que ce que le sergent faisoit n'estoit que ung abuz, il arresta ledict sergent jusqu'à-ce qu'il sauroit si ledict viguier le advoueroit. Après lequel exploit, survint incontinent illec ung nommé Pierre de Comba, soy-disant syndic et consul de la ville de Figeac et ung nommé de Calmo, soy-disant procureur de G. Sobressit, avec cinq ou six autres. Lequel consul, tout furieux, et par grant arrogance dist audict commissaire qu'il avoit abusé d'avoir ainsi arresté ledict sergent et aussy luy dist qu'il avoit prins et arresté G. Sobressit, ce qui estoit contre les privilèges de la ville, car aux consuls en appartenoit et qu'il vouloit savoir où il l'avoit mené, en jurant le sang de Nostre-Seigneur que, avant que il partit de la ville il le rendroit, en cousteroit mille livres à la ville. Et lors ledict commissaire, voyant la fureur dudict consul, lui respondist que ils estoient bons et saiges et se garderoient de mesprendre et néantmoings, afin qu'il n'en prétendist cause d'ignorance il lui monstra nos lettres de commissions. Lesquelles vues par icelluy consul, il respondist ben malicieusement qu'il savoit bien ce que ce estoit que de commissions, et en ce faisant, survint illec ung autre nommé Aymeric Badit, soit disant nostre sergent lequel, par mandement dudict viguier, comme il disoit, arresta ledict commissaire et ses gens, chevaulx, pareilhement lesdicts Commandeurs. Et non contents de ce, ledict consul et autres consuls et habitants dudict Figeac firent grant assemblée de gens et les mirent aux portes pour empescher que icelluy commissaire et ceulx de sa compagnie ne partissent d'illec et leur furent les portes fermées ; et aussy environ l'ostellerie, où estoit logé ledict commissaire, furent mis gens pour garder lui et lesdicts Commandeurs, comme se fussent crimineulx, en manière que ils furent arrestés certains jours, pendant lesquels leur furent faicts et dicts plusieurs opprobres et injures ; mesmement Maistre P. Plegavant, aussy consul de la ville et soy-disant nostre procureur, adverty que ledict G. Sobressit estoit par auctorité de nos dictes lettres détenu prisonnier, il fist ung merveilleux et grant bruit et tumulte en icelle ville, en regnyant le nom et en jurant les plaies de Nostre-Seigneur, disoit que jamais ledict commissaire ni lesdicts chevaliers ne yssiroient de la ville que ils ne eussent rendu ledict prisonnier, là soit ce que il ne eust esté prins en ladicte ville et que ce seroit bien faict que on les mit tous en pièces ou que on les mist dans un mortier et que on les pillast comme saulce, et plusieurs autres paroles déshonnêtes et malsonnans contre l'auctorité de nous et de justice; mesmement feignant vouloir mettre le feu audict logeiz, en disant que ils avoient bien chastié aultres commissaires. Pour crainte desquelles choses et menasses, iceulx commissaires et Commandeurs ne eussent osé partir de leur logeiz sans très grant dangier de leurs personnes, et tellement fut en ce précédé par lesdicts consuls et aultres habitants de ladicte ville que ledict commissaire, pour le grant force et violence et oultraige que on luy foisoit, et pour esviter le grant dangier de sa personne et de ceulx de sa compagnie et à plus grant scandalle fust constrainct d'envoyer quérir ledict prisonnier et le faire admener audict Figeac, ce qui fut faict. Et icelluy Sobressit, illec arrivé, accompaigné de cens ou six vingt hommes qui se mirent avec lui, vint devers ledict commissaire et parla à luy bien arrogamment, et lui et aultres dirent plusieurs atroces injures contre ledict commissaire et lesdits Commandeurs; en appelant iceulx Commandeurs traistres, manans et que ils n'estoient pas chevaliers, mais villains et fils de villains, et plusieurs aultres graves et énormes injures et détestables. Et certains jours après ces choses ainsi faictes, fust dict audict commissaire et aux dicts Commandeurs que jamais ils ne partiroient de ladicte ville, sinon qu'ils voulsissent donner nos dictes lettres de commission. Laquelle chose conviet faire audict commissaire par force et violence, aultrement ne fust eschappé. Au moyen desquelles rébellions et désobéissances et aultres qui sont de très maulvaise conséquence, nos dictes lettres sont demeurées et demeurent inexécutées et ont esté les dictes choses faictes en grant esclandre, lésion et mespris de justice... »
L'autorité royale, ainsi méconnue et outragée, exigeait une répression solennelle et exemplaire pour cette ville en insurrection. Aussi le Roi, « ne voulant pas telles forces et violences contre luy et sa justice avoir lieu ni tolérer, mais telle et si griefve pugnicion estre faictes des délinquants que ce soit exemple à tous aultres », ordonne d'appréhender au corps G. Sobressit, en quelque lieu que l'on puisse le trouver « hors le lieu saint, » pour le ramener dans sa prison et de se saisir également des consuls et autres complices, ainsi que des voleurs des dépouilles du Commandeur Guy de Montarnal.
En dehors de ces embarras momentanés, ici comme ailleurs, les commandeurs furent souvent obligés d'entrer en luttes avec leurs voisins pour la défense de leurs droits. Nous voyons s'élever tout d'abord une discussion entre le Précepteur Bertrand de Pierre, chevalier de Saint-Jean, et l'abbé de Terrasson au sujet de leurs droits respectifs sur la forêt de Condat ; la sentence arbitrale de 1291 vient y mettre un terme. Une question de limites troubla aussi la paix dans le XVe siècle entre le commandeur Jean de Léoncel et Hélie de Bonnac, abbé de Saint-Amans; elle fut tranchée par la fixation définitive des bornes séparant le territoire de Condat et ceux de Couly et de Saint-Amans (1490). Mais c'est surtout avec les évêques de Sarlat que la lutte fut longue et sans cesse renaissante; d'après les bulles des Papes, et les privilèges concédés par les rois de France, les biens de l'Ordre de Saint-Jean étaient exempts des cotisations ordinaires. Ce privilège, les évêques de Sarlat ne consentirent pas sans difficulté à l'admettre. Il fallut qu'à bien des reprises les chevaliers de Saint-Jean obtinssent du Roi de France la confirmation de cette exemption (1512, 1535, 1544, 1550, 1554).
Pendant les guerres de religion, le Périgord faisait partie des seigneuries du sire d'Albret; ses principales places, Turenne, Balthezar, Neuvie, Beynac, Bergerac, Sainte-Foy la Grande, Castillon, étant occupées par des garnisons huguenotes, semblaient envelopper la commanderie et ses dépendances dans un immense cercle de fer ; il n'est pas surprenant qu'elle ait été dévastée à plusieurs reprises et que son commandeur ait pu exposer dans la requête de 1588 que dans les deux années précédentes toutes ses récoltes avaient été détruites complètement et prouver ces désastres par le témoignage de plusieurs habitants considérables du pays. Les procès-verbaux des visites de la commanderie viennent à leur tour nous parler des désastres de cette période, en répétant pour un grand nombre de ses églises ou chapelles cette indication dont la monotonie ne manque pas d'éloquence, « démolie jadis par les Religionnaires. »
Les Ordres de l'Hôpital et du Temple ne sont pas les seuls que la Terre-Sainte ait vu fonder dans un but presque identique, pendant la période des croisades.
Plusieurs rejetons prirent naissance à leur ombre; mais, après avoir rendu quelques services dans le principe, ils finirent par végéter et se fondre dans les deux premiers. Citons l'Ordre des chevaliers de Saint-Lazare et du Montcarmel, réuni bientôt à celui de Saint-Jean et que, dans le XVIe siècle, plusieurs papes avaient tenté inutilement de rétablir : il paraissait condamné à un oubli éternel, lorsque des circonstances fortuites vinrent lui rendre une existence passagère. Louis XIV, tout en témoignant une grande sympathie pour les chevaliers de Saint-Jean ne devait pas voir sans un certain déplaisir la puissance du Grand-Maître s'exercer, en dehors de la sienne, sur une partie de son royaume et sur l'élite de sa noblesse ; quoique l'influence française fut en général prépondérante dans les conseils de Malte, elle était quelquefois contrebalancée par celle des nations rivales ; état de choses qui pouvait créer des difficultés à la politique royale et devait dans tous les cas lui donner de l'ombrage. Ce furent sans doute ces considérations qui inspirèrent au grand Roi l'idée de reconstituer, pour la noblesse française exclusivement, l'Ordre de Saint-Lazare et de Montcarmel ; il devait, dans sa pensée, se substituer, dans le royaume, à celui de Malte. Afin de lui donner une vie qu'il croyait durable, il fut obligé de lui créer des ressources, par un édit de 1672, et de lui concéder un certain nombre de possessions en France. Sur cette liste figurait, sans doute par erreur, la commanderie de Condat. Mais, quand les chevaliers du Montcarmel vinrent pour en prendre possession, ils se trouvèrent en présence du Commandeur, Aymé de Calvisson qui refusa énergiquement l'abandon de ses droits et exhiba les titres de ses archives. Malgré la protection de Louis XIV et du marquis de Louvois, leur Grand-Maître, les nouveaux chevaliers furent contraints de se désister de leurs prétentions (1677).
De Condat, l'autorité du Commandeur s'étendait sur tout le Périgord, où étaient disséminées les localités relevant de sa seigneurie : Sarjac, La Caneda, Fontanilles, Traullac, Naussanès, Falgueyres, Cours, Saint-Aubin, Montguiard, le Fraisse, Bonnefare, Saint-Avit, Bonneville, Puylautier, la Salvetat-Grasset, Douville, Andrivaux, et ses annexes Chantegeline, Dourles et Escoubeys, Combarenche, le Temple des Essards, Soulet, Mortemart, Château-Missier, Pontarnaud, Puymartin, Jumillac, Excideuil, la Roche Saint-Paul, le Temple-de-l'Eau et le Temple-le-Sec.
Le revenu de la Commanderie s'élevait en 1752 à 20, 635 livres, et ses charges à 5, 218 livres.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
Confolens (16)
Hôpital ancien de Confolens
Département : Charente, Arrondissement : Confolens (Chef-lieu), Canton : Chef-lieu de 2 cantons - 16.

L'établissement hospitalier, le plus actif de la région, fonctionnait à Confolens, dans la paroisse Saint-Michel. Il avait été fondé par les Hospitaliers du Saint-Esprit qui en assuraient la direction. « L'ordre du Saint-Esprit avait été créé au XIIe siècle par Guy, petit-fils du comte de Montpellier. Sa fondation fut confirmée en 1198, par le pape Innocent III. La règle pratiquée par ces Hospitaliers était celle de saint Augustin ».
Il est bien curieux de découvrir, à l'extrémité de la ville, au lieu dit la Commanderie, sur le coteau qui la domine, l'ancienne chapelle de la communauté, utilisée de nos jours par les Ponts et Chaussées comme magasin. (Cette chapelle se trouve sur la route de Saulgond).
Reconstruite au XIVe siècle, la nef est longue de deux travées voûtées d'ogives. Dans la première travée, les nervures retombent en pénétration dans les colonnes, dans la suivante et le choeur, fermé par une cloison, elles s'appuient sur des culs-de-lampes. Des personnages ornent ceux du sanctuaire. Sur l'une des clefs de voûte, on distingue une croix de l'ordre du Saint-Esprit, et parmi les dalles qui recouvrent le sol, apparaissent des pierres tombales sous lesquelles furent inhumés des gouverneurs. (Une inscription relevée sur l'une d'elles le confirme).
Le portail est une réplique de celui de Saint-Maxime, l'église paroissiale de Confolens. Les trois rouleaux présentent les mêmes moulures toriques ; reçues par des chapiteaux sur colonnettes, elles se continuent délicatement le long des piédroits. Les crochets des chapiteaux sont identiques et un fenestrage semblable se voit à une chapelle accolée au nord de l'édifice. Une simple ouverture disposée sur le portail ajoure la façade, et une niche trilobée apparaît à droite de l'entrée de la chapelle.
Les Templiers en Charente les Commanderies et leurs Chapelles - Charles Daras - S.A.H.C.
TopDépartement : Charente, Arrondissement : Confolens (Chef-lieu), Canton : Chef-lieu de 2 cantons - 16.

L'établissement hospitalier, le plus actif de la région, fonctionnait à Confolens, dans la paroisse Saint-Michel. Il avait été fondé par les Hospitaliers du Saint-Esprit qui en assuraient la direction. « L'ordre du Saint-Esprit avait été créé au XIIe siècle par Guy, petit-fils du comte de Montpellier. Sa fondation fut confirmée en 1198, par le pape Innocent III. La règle pratiquée par ces Hospitaliers était celle de saint Augustin ».
Il est bien curieux de découvrir, à l'extrémité de la ville, au lieu dit la Commanderie, sur le coteau qui la domine, l'ancienne chapelle de la communauté, utilisée de nos jours par les Ponts et Chaussées comme magasin. (Cette chapelle se trouve sur la route de Saulgond).
Reconstruite au XIVe siècle, la nef est longue de deux travées voûtées d'ogives. Dans la première travée, les nervures retombent en pénétration dans les colonnes, dans la suivante et le choeur, fermé par une cloison, elles s'appuient sur des culs-de-lampes. Des personnages ornent ceux du sanctuaire. Sur l'une des clefs de voûte, on distingue une croix de l'ordre du Saint-Esprit, et parmi les dalles qui recouvrent le sol, apparaissent des pierres tombales sous lesquelles furent inhumés des gouverneurs. (Une inscription relevée sur l'une d'elles le confirme).
Le portail est une réplique de celui de Saint-Maxime, l'église paroissiale de Confolens. Les trois rouleaux présentent les mêmes moulures toriques ; reçues par des chapiteaux sur colonnettes, elles se continuent délicatement le long des piédroits. Les crochets des chapiteaux sont identiques et un fenestrage semblable se voit à une chapelle accolée au nord de l'édifice. Une simple ouverture disposée sur le portail ajoure la façade, et une niche trilobée apparaît à droite de l'entrée de la chapelle.
Les Templiers en Charente les Commanderies et leurs Chapelles - Charles Daras - S.A.H.C.
Cornebarrieu (31)
Cornebarrieu (31).
Dans la partie nord du territoire de Pibrac s'étendait l'alleu de Cornebarrieu (allodium de Cornebarrillio), au centre duquel s'élevait une église et un village que les anciens actes nous désignent sous le nom de Saint-Clément de Cassarac et qui prirent dans la suite la dénomination du fief où ils se trouvaient situés. Au mois de décembre de l'année 1128, Pierre de Pibrac donna à l'hôpital, à frère Raymond de Laignac, hospitalier, sa portion du dîmaire de l'église de Saint-Clément de Cassarac, en s'en réservant la seigneurie ; ceci se passait en présence d'Hugues de Pomarède, d'Esquat d'Iscio et de ses fils Raymond et Roger. Un des descendants de ce même seigneur, Pierre Raymond de Pibrac, compléta cette donation par la cession des droits qu'il possédait sur ce territoire (1180). Par suite, les Hospitaliers furent seigneurs spirituels du village de Cornebarrieu, dont ils partageaient les dîmes avec le chapitre de Saint-Etienne et le Prieur des Bénédictins de la Daurade. Malgré le peu d'importance de ce qu'ils y possédaient, Cornebarrieu fut érigé par eux en commanderie. Dans la première moitié du XVe siècle, cette commanderie cessa d'exister et fut réunie à celle de Garidech, ainsi que nous l'avons vu plus haut.
Voir l'église de Cornebarrieu
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
TopDans la partie nord du territoire de Pibrac s'étendait l'alleu de Cornebarrieu (allodium de Cornebarrillio), au centre duquel s'élevait une église et un village que les anciens actes nous désignent sous le nom de Saint-Clément de Cassarac et qui prirent dans la suite la dénomination du fief où ils se trouvaient situés. Au mois de décembre de l'année 1128, Pierre de Pibrac donna à l'hôpital, à frère Raymond de Laignac, hospitalier, sa portion du dîmaire de l'église de Saint-Clément de Cassarac, en s'en réservant la seigneurie ; ceci se passait en présence d'Hugues de Pomarède, d'Esquat d'Iscio et de ses fils Raymond et Roger. Un des descendants de ce même seigneur, Pierre Raymond de Pibrac, compléta cette donation par la cession des droits qu'il possédait sur ce territoire (1180). Par suite, les Hospitaliers furent seigneurs spirituels du village de Cornebarrieu, dont ils partageaient les dîmes avec le chapitre de Saint-Etienne et le Prieur des Bénédictins de la Daurade. Malgré le peu d'importance de ce qu'ils y possédaient, Cornebarrieu fut érigé par eux en commanderie. Dans la première moitié du XVe siècle, cette commanderie cessa d'exister et fut réunie à celle de Garidech, ainsi que nous l'avons vu plus haut.
Voir l'église de Cornebarrieu
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Cours (47)
Dans la partie orientale du Bazadois, s'élevait jadis un puissant château, entouré de hautes murailles et flanqué de onze tours. Ce donjon fut bâti par les Templiers qui s'y installèrent peu de temps après leur établissement à Argenteins.
Après la catastrophe du Temple et malgré les ordonnances du concile de Vienne, les Hospitaliers éprouvèrent de sérieuses difficultés pour prendre possession de la Commanderie de Cours. Le chevalier Guillaume de Caumont, seigneur de Montpouillan, avait été chargé par l'autorité royale de garder et d'administrer cette portion des dépouilles des Templiers. Fort peut-être de quelque protection puissante, il refusa absolument de restituer la Commanderie de Cours à ses légitimes possesseurs, et paraissait tout disposé à convertir la garde provisoire, qu'on lui avait confiée, en une occupation définitive, malgré les édits que les chevaliers de Saint-Jean avaient obtenus avec tant de difficultés, soit de Philippe IV, soit de son successeur. Les tentatives, faites par les religieux nommés à cette Commanderie pour en obtenir la restitution, furent longtemps infructueuses et vinrent se briser successivement devant la puissance de leur adversaire ou peut-être le mauvais vouloir des agents de l'autorité. Il fallut que le Grand-Prieur de Toulouse, Pierre de l'Ongle, prit lui-même en main cette affaire et envoyât le frère B. de Druilhe, porter directement ses doléances à la Cour du sénéchal d'Agen. Cette fois, la dignité du plaignant était trop considérable pour que l'on put ne pas avoir égard à ses justes réclamations, et le seigneur de Caumont fut obligé de restituer les biens dont il avait été le trop intéressé gardien (1330).
Ce ne fut du reste que le prélude d'attaques violentes dirigées incessamment dans la région contre les chevaliers de Saint-Jean. Sans parler des tentatives faites vers cette époque par l'évêque et le chapitre de Basas, pour prélever la taille sur les biens du commandeur, malgré les privilèges de l'Ordre, nous trouvons une longue série d'attaques et comme un débordement de haines qui se manifesta presque sans interruption contre les Hospitaliers pendant près de deux siècles.
Voici d'abord plusieurs seigneurs du pays, que le procureur du roi assigne devant le sénéchal d'Agen, sous l'accusation de s'être mis à la tête d'une troupe armée, d'avoir attiré dans une embuscade et inhumainement massacré trois chevaliers de Saint-Jean. A ces haines particulières vinrent se joindre, durant le XVe siècle, les désastres de la guerre. Pendant les désordres qui avaient succédé surtout en Guyenne à la guerre contre les Anglais, le sire d'Albret, comte de Dreux et de Gaure, captal de Buch, s'était emparé de Cours, de Romestang et les avait réunis à sa châtellenie de Casteljaloux. Dès que son petit-fils, Alain-le-Grand, lui eût succédé, le commandeur Fortanier de Lat, lui présenta ses réclamations qui avaient sans doute échoué jusque-là ; elles furent accueillies favorablement par le puissant baron. Le 15 juin 1471, ce dernier signa à Casteljaloux une ordonnance par laquelle il prescrivait la remise de Cours et de Romestang aux mains de leur légitime possesseur et défendait de lui occasionner aucun trouble à l'avenir. Marchant sur les traces de son suzerain, un gentilhomme de la contrée, Jean de Lamothe, seigneur de Noailhan, parvient à surprendre le château de la Roque, situé dans la juridiction de Cours ; il en chasse les Hospitaliers par la violence et ne consent à le leur rendre que devant un arrêt du Parlement de Bordeaux (1480).
Pendant toute cette période, les seigneurs de Guignols, ces anciens adversaires des commandeurs, avaient recommencé la lutte et renouvelé leurs tentatives pour s'emparer de la haute juridiction de Cours, objet de leurs prétentions invétérées. En 1467, nous voyons le chevalier, F. de Lat, ajourner devant le Parlement de Bordeaux le seigneur de Grignols, qui avait forcé les prisons de Cours pour en extraire les détenus et les soustraire ainsi à la juridiction du commandeur. Mais nous allons assister à une attaque plus sérieuse qui fut tentée peu de temps après. « Vers la fin du XVe siècle, messire Jean de Grignols, écuyer, organisa une puissante expédition contre la commanderie de Cours. Ayant réussi à tromper la vigilance de la garnison il se rendit maître du château, le livra au pillage, et en emmena triomphalement tout l'armement qui était tombé en son pouvoir, arbalètes, pièces d'artillerie etc. »
A la nouvelle de ce désastre, le chevalier François d'Esparbès de Lussan, Commandeur d'Argenteins et de Cours, porta ses plaintes au Parlement de Bordeaux. N'étant pas sans appréhension sur l'issue de ce procès et redoutant les suites de son aventure, le seigneur de Grignols fit supplier son adversaire de consentir à terminer l'affaire par des voies amiables. Le chevalier d'Esparbès y ayant consenti, l'entrevue eût lieu à Bazas et, après bien des pourparlers, l'accord fut conclu sur les bases suivantes : « Jean de Grignols devait rembourser au commandeur tous les frais de poursuite dépensés jusqu'à ce jour, lui donner de plus 80 francs bourdelois, comme indemnité, il s'engageait à rendre dans l'espace de huit jours l'artillerie et toutes les armes enlevées par lui au château de Cours, faute de quoi l'accord serait non avenu (1496). »
Reportons-nous à quelques années en arrière et rendons-nous dans la petite ville de Cours, pour assister à un spectacle assez intéressant. C'est en l'année 1459, le chevalier Fortanier de Lat, vient d'être pourvu de la commanderie de Cours et y arrive pour en prendre possession. Son premier soin est de réunir dans l'église paroissiale tous les habitants et de leur réclamer le serment de fidélité, qu'ils doivent à tout nouveau seigneur, écoutons la réponse des bonnes gens de Cours : ils ne se refusent pas à obéir à cette injonction, mais ils font observer avec cette indépendance municipale qui se rencontrait alors même dans les plus petites localités, que, d'après la coutume, le commandeur doit commencer par prêter le sien. Reconnaissant la justice de cette réclamation ; le chevalier Fortanier de Lat, jure à ses vassaux, la main étendue sur le missel et sur une relique de la vraie croix, « qu'il leur sera bon et loyal seigneur, gardera leurs franchises ; fors et coutumes, et les protégera contre toute violence selon son pouvoir ».
Immédiatement après, les consuls prêtent à leur tour leur serment de fidélité et reconnaissent le commandeur pour leur seigneur, haut, moyen et bas justicier.
Cette scène m'a paru digne de fixer un instant l'attention : elle montre comment nos pères entendaient l'honneur de leurs villes et de leur consulat, et quels étaient les rapports entre seigneurs et vassaux au moyen-âge, tandis qu'une, école moderne semble prendre à tâche de ne montrer, durant cette période, que la plus intolérable tyrannie vis-à-vis de la plus humiliante servilité.
L'année suivante, ce même commandeur inaugura son administration, après avoir sans doute complété les fortifications de la place, par l'octroi d'une nouvelle charte de coutumes à ses vassaux. Ce document traite surtout de la défense des remparts, de la garde des portes et donne des instructions détaillées sur la conduite à tenir dans le cas, où une troupe armée demanderait le passage à travers la ville, ou voudrait simplement se procurer des vivres (janvier 1460).
Dans ces temps troublés, c'étaient là des questions du plus haut intérêt et de la plus palpitante actualité.
Ce fut probablement pour confier la circonscription de Cours à des mains capables de la gouverner et de la soutenir dans ces périodes difficiles que les Grands Prieurs de Toulouse avaient fondu, vers le milieu du XVe siècle, cette commanderie dans celle d'Argenteins. Cette mesure fut définitivement confirmée par une bulle du Grand-Maître, Pierre d'Aubusson (1495).
Ce changement d'autorité se fit bientôt sentir et, en 1505, nous voyons le commandeur, Bernard de Goulard, obliger les officiers de Jean de Foix, archevêque de Bordeaux, dans ses juridictions de Loustrange et de Coultures, à lui rendre un prisonnier qu'ils s'étaient permis d'arrêter sur le territoire de Cours. Si, pendant les guerres religieuses il ne semble pas que la ville, protégée par ses hautes murailles, ait été prise et saccagée, il n'en fut pas de même de la campagne avoisinante, où les récoltes des Hospitaliers et de leurs vassaux furent sans cesse dévastées par les coureurs des garnisons huguenotes de la contrée. Seule, la masse imposante du château avait traversé, sans se laisser entamer, cette longue période si agitée ; le procès-verbal de visite de l'année 1752 peut nous, y faire pénétrer par son ravélin, nous permettre de nous promener : « dans sa vaste cour tout entourée de murailles et flanquée de neuf tours, et nous faire admirer le donjon, devant au milieu de toutes ses fortifications ses assises noircies par les siècles. »
Comme nous l'avons fait remarquer plus haut, Cours, à la fin du XVIIIe siècle fut de nouveau détaché d'Argenteins, et forma avec les membres de Saint-Loubert, Coutures, Montfrin, Nazareth, Romestang, Bouglon, la Tour d'Avance, Asques et Barbefère, une nouvelle commanderie qui n'eut qu'une existence bien éphémère (1780-1790).
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
TopAprès la catastrophe du Temple et malgré les ordonnances du concile de Vienne, les Hospitaliers éprouvèrent de sérieuses difficultés pour prendre possession de la Commanderie de Cours. Le chevalier Guillaume de Caumont, seigneur de Montpouillan, avait été chargé par l'autorité royale de garder et d'administrer cette portion des dépouilles des Templiers. Fort peut-être de quelque protection puissante, il refusa absolument de restituer la Commanderie de Cours à ses légitimes possesseurs, et paraissait tout disposé à convertir la garde provisoire, qu'on lui avait confiée, en une occupation définitive, malgré les édits que les chevaliers de Saint-Jean avaient obtenus avec tant de difficultés, soit de Philippe IV, soit de son successeur. Les tentatives, faites par les religieux nommés à cette Commanderie pour en obtenir la restitution, furent longtemps infructueuses et vinrent se briser successivement devant la puissance de leur adversaire ou peut-être le mauvais vouloir des agents de l'autorité. Il fallut que le Grand-Prieur de Toulouse, Pierre de l'Ongle, prit lui-même en main cette affaire et envoyât le frère B. de Druilhe, porter directement ses doléances à la Cour du sénéchal d'Agen. Cette fois, la dignité du plaignant était trop considérable pour que l'on put ne pas avoir égard à ses justes réclamations, et le seigneur de Caumont fut obligé de restituer les biens dont il avait été le trop intéressé gardien (1330).
Ce ne fut du reste que le prélude d'attaques violentes dirigées incessamment dans la région contre les chevaliers de Saint-Jean. Sans parler des tentatives faites vers cette époque par l'évêque et le chapitre de Basas, pour prélever la taille sur les biens du commandeur, malgré les privilèges de l'Ordre, nous trouvons une longue série d'attaques et comme un débordement de haines qui se manifesta presque sans interruption contre les Hospitaliers pendant près de deux siècles.
Voici d'abord plusieurs seigneurs du pays, que le procureur du roi assigne devant le sénéchal d'Agen, sous l'accusation de s'être mis à la tête d'une troupe armée, d'avoir attiré dans une embuscade et inhumainement massacré trois chevaliers de Saint-Jean. A ces haines particulières vinrent se joindre, durant le XVe siècle, les désastres de la guerre. Pendant les désordres qui avaient succédé surtout en Guyenne à la guerre contre les Anglais, le sire d'Albret, comte de Dreux et de Gaure, captal de Buch, s'était emparé de Cours, de Romestang et les avait réunis à sa châtellenie de Casteljaloux. Dès que son petit-fils, Alain-le-Grand, lui eût succédé, le commandeur Fortanier de Lat, lui présenta ses réclamations qui avaient sans doute échoué jusque-là ; elles furent accueillies favorablement par le puissant baron. Le 15 juin 1471, ce dernier signa à Casteljaloux une ordonnance par laquelle il prescrivait la remise de Cours et de Romestang aux mains de leur légitime possesseur et défendait de lui occasionner aucun trouble à l'avenir. Marchant sur les traces de son suzerain, un gentilhomme de la contrée, Jean de Lamothe, seigneur de Noailhan, parvient à surprendre le château de la Roque, situé dans la juridiction de Cours ; il en chasse les Hospitaliers par la violence et ne consent à le leur rendre que devant un arrêt du Parlement de Bordeaux (1480).
Pendant toute cette période, les seigneurs de Guignols, ces anciens adversaires des commandeurs, avaient recommencé la lutte et renouvelé leurs tentatives pour s'emparer de la haute juridiction de Cours, objet de leurs prétentions invétérées. En 1467, nous voyons le chevalier, F. de Lat, ajourner devant le Parlement de Bordeaux le seigneur de Grignols, qui avait forcé les prisons de Cours pour en extraire les détenus et les soustraire ainsi à la juridiction du commandeur. Mais nous allons assister à une attaque plus sérieuse qui fut tentée peu de temps après. « Vers la fin du XVe siècle, messire Jean de Grignols, écuyer, organisa une puissante expédition contre la commanderie de Cours. Ayant réussi à tromper la vigilance de la garnison il se rendit maître du château, le livra au pillage, et en emmena triomphalement tout l'armement qui était tombé en son pouvoir, arbalètes, pièces d'artillerie etc. »
A la nouvelle de ce désastre, le chevalier François d'Esparbès de Lussan, Commandeur d'Argenteins et de Cours, porta ses plaintes au Parlement de Bordeaux. N'étant pas sans appréhension sur l'issue de ce procès et redoutant les suites de son aventure, le seigneur de Grignols fit supplier son adversaire de consentir à terminer l'affaire par des voies amiables. Le chevalier d'Esparbès y ayant consenti, l'entrevue eût lieu à Bazas et, après bien des pourparlers, l'accord fut conclu sur les bases suivantes : « Jean de Grignols devait rembourser au commandeur tous les frais de poursuite dépensés jusqu'à ce jour, lui donner de plus 80 francs bourdelois, comme indemnité, il s'engageait à rendre dans l'espace de huit jours l'artillerie et toutes les armes enlevées par lui au château de Cours, faute de quoi l'accord serait non avenu (1496). »
Reportons-nous à quelques années en arrière et rendons-nous dans la petite ville de Cours, pour assister à un spectacle assez intéressant. C'est en l'année 1459, le chevalier Fortanier de Lat, vient d'être pourvu de la commanderie de Cours et y arrive pour en prendre possession. Son premier soin est de réunir dans l'église paroissiale tous les habitants et de leur réclamer le serment de fidélité, qu'ils doivent à tout nouveau seigneur, écoutons la réponse des bonnes gens de Cours : ils ne se refusent pas à obéir à cette injonction, mais ils font observer avec cette indépendance municipale qui se rencontrait alors même dans les plus petites localités, que, d'après la coutume, le commandeur doit commencer par prêter le sien. Reconnaissant la justice de cette réclamation ; le chevalier Fortanier de Lat, jure à ses vassaux, la main étendue sur le missel et sur une relique de la vraie croix, « qu'il leur sera bon et loyal seigneur, gardera leurs franchises ; fors et coutumes, et les protégera contre toute violence selon son pouvoir ».
Immédiatement après, les consuls prêtent à leur tour leur serment de fidélité et reconnaissent le commandeur pour leur seigneur, haut, moyen et bas justicier.
Cette scène m'a paru digne de fixer un instant l'attention : elle montre comment nos pères entendaient l'honneur de leurs villes et de leur consulat, et quels étaient les rapports entre seigneurs et vassaux au moyen-âge, tandis qu'une, école moderne semble prendre à tâche de ne montrer, durant cette période, que la plus intolérable tyrannie vis-à-vis de la plus humiliante servilité.
L'année suivante, ce même commandeur inaugura son administration, après avoir sans doute complété les fortifications de la place, par l'octroi d'une nouvelle charte de coutumes à ses vassaux. Ce document traite surtout de la défense des remparts, de la garde des portes et donne des instructions détaillées sur la conduite à tenir dans le cas, où une troupe armée demanderait le passage à travers la ville, ou voudrait simplement se procurer des vivres (janvier 1460).
Dans ces temps troublés, c'étaient là des questions du plus haut intérêt et de la plus palpitante actualité.
Ce fut probablement pour confier la circonscription de Cours à des mains capables de la gouverner et de la soutenir dans ces périodes difficiles que les Grands Prieurs de Toulouse avaient fondu, vers le milieu du XVe siècle, cette commanderie dans celle d'Argenteins. Cette mesure fut définitivement confirmée par une bulle du Grand-Maître, Pierre d'Aubusson (1495).
Ce changement d'autorité se fit bientôt sentir et, en 1505, nous voyons le commandeur, Bernard de Goulard, obliger les officiers de Jean de Foix, archevêque de Bordeaux, dans ses juridictions de Loustrange et de Coultures, à lui rendre un prisonnier qu'ils s'étaient permis d'arrêter sur le territoire de Cours. Si, pendant les guerres religieuses il ne semble pas que la ville, protégée par ses hautes murailles, ait été prise et saccagée, il n'en fut pas de même de la campagne avoisinante, où les récoltes des Hospitaliers et de leurs vassaux furent sans cesse dévastées par les coureurs des garnisons huguenotes de la contrée. Seule, la masse imposante du château avait traversé, sans se laisser entamer, cette longue période si agitée ; le procès-verbal de visite de l'année 1752 peut nous, y faire pénétrer par son ravélin, nous permettre de nous promener : « dans sa vaste cour tout entourée de murailles et flanquée de neuf tours, et nous faire admirer le donjon, devant au milieu de toutes ses fortifications ses assises noircies par les siècles. »
Comme nous l'avons fait remarquer plus haut, Cours, à la fin du XVIIIe siècle fut de nouveau détaché d'Argenteins, et forma avec les membres de Saint-Loubert, Coutures, Montfrin, Nazareth, Romestang, Bouglon, la Tour d'Avance, Asques et Barbefère, une nouvelle commanderie qui n'eut qu'une existence bien éphémère (1780-1790).
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Cours-de-Molac (Le) (56)
Hôpital Le Cours de Molac
Les deux ordres de Saint-Jean de Jérusalem et du Temple reçurent au XIIe siècle des biens en la paroisse de Molac (Commune du canton de Questembert, arr. de Vannes (Morbihan), évêché de Vannes.
Nous en avons la preuve dans les deux chartes de 1160 et de 1182 ; la première confirme les Chevaliers Hospitaliers dans la possession de l'aumônerie de Molac, « Eleemosina de Mollac » ; la seconde accorde la même faveur aux Templiers pour leur terre de « MoëLac. »
La tradition attribue à ces derniers chevaliers la construction de la chapelle de Notre-Dame de l'Hermain en Molac, mais c'est tout ce que nous en savons.
Nous sommes mieux renseignés sur l'Hôpital du Cours de Molac En la paroisse de Molac il y a un Temple fondé de saint Jean-Baptiste - dit l'État de la commanderie de Carentoir en 1643 - en lequel le service divin est fait et entretenu ; ladite chapelle couverte d'ardoizes en bonne réparation, sans aucun logement ny domaine du propre de ladite commanderie, fors quelques rentes et dîmes qui sont levés sur certains héritages situés autour de ladite chapelle, avec obéissance. Les frairiens y font faire le service aux festes et dimanches et celui qui y sert va quester par le village dudit lieu.
D'après l'aveu de 1574, le commandeur de Carentoir jouissait du tiers des oblations faites à la chapelle du Cours de Molac, le recteur de la paroisse percevait l'autre tiers et le surplus était laissé aux frairiens pour l'entretien du sanctuaire. Plus tard, le recteur abandonna sa part au prêtre chargé de desservir ce quartier; enfin une chapellenie ayant été fondée en ce lieu et dotée d'une maison et d'un jardin, un prêtre desservant s'y établit d'une manière permanente.
La chapelle du Cours de Molac - remplacée de nos jours par une église paroissiale moderne - était un édifice de forme rectangulaire avec un seul bas-côté au sud. Les fenêtres de style ogival avec meneaux en quatre-feuilles et en fleurs de lys présentaient les écussons des sires de Molac, de la Chapelle et de Rosmadec.
Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902
TopLes deux ordres de Saint-Jean de Jérusalem et du Temple reçurent au XIIe siècle des biens en la paroisse de Molac (Commune du canton de Questembert, arr. de Vannes (Morbihan), évêché de Vannes.
Nous en avons la preuve dans les deux chartes de 1160 et de 1182 ; la première confirme les Chevaliers Hospitaliers dans la possession de l'aumônerie de Molac, « Eleemosina de Mollac » ; la seconde accorde la même faveur aux Templiers pour leur terre de « MoëLac. »
La tradition attribue à ces derniers chevaliers la construction de la chapelle de Notre-Dame de l'Hermain en Molac, mais c'est tout ce que nous en savons.
Nous sommes mieux renseignés sur l'Hôpital du Cours de Molac En la paroisse de Molac il y a un Temple fondé de saint Jean-Baptiste - dit l'État de la commanderie de Carentoir en 1643 - en lequel le service divin est fait et entretenu ; ladite chapelle couverte d'ardoizes en bonne réparation, sans aucun logement ny domaine du propre de ladite commanderie, fors quelques rentes et dîmes qui sont levés sur certains héritages situés autour de ladite chapelle, avec obéissance. Les frairiens y font faire le service aux festes et dimanches et celui qui y sert va quester par le village dudit lieu.
D'après l'aveu de 1574, le commandeur de Carentoir jouissait du tiers des oblations faites à la chapelle du Cours de Molac, le recteur de la paroisse percevait l'autre tiers et le surplus était laissé aux frairiens pour l'entretien du sanctuaire. Plus tard, le recteur abandonna sa part au prêtre chargé de desservir ce quartier; enfin une chapellenie ayant été fondée en ce lieu et dotée d'une maison et d'un jardin, un prêtre desservant s'y établit d'une manière permanente.
La chapelle du Cours de Molac - remplacée de nos jours par une église paroissiale moderne - était un édifice de forme rectangulaire avec un seul bas-côté au sud. Les fenêtres de style ogival avec meneaux en quatre-feuilles et en fleurs de lys présentaient les écussons des sires de Molac, de la Chapelle et de Rosmadec.
Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902
Coursaget (03)
Chapelle de Coursaget
Département Allier, Arrondissement de Montluçon, Canton de Montluçon-Ouest - 03
Coursaget est un important village de la commune de Quinssaines. Il fut aussi un membre de la commanderie de la Croix au Bost. La chapelle existe toujours. C'est une modeste construction rectangulaire avec clocher-mur.
Sources : Georges CHATARD - Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.
TopDépartement Allier, Arrondissement de Montluçon, Canton de Montluçon-Ouest - 03
Coursaget est un important village de la commune de Quinssaines. Il fut aussi un membre de la commanderie de la Croix au Bost. La chapelle existe toujours. C'est une modeste construction rectangulaire avec clocher-mur.
Sources : Georges CHATARD - Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.
Crimolois (21)
Ce village voisin de Fauverney où, en 1168, les frères de l'hôpital de Saint-Jean avaient un manoir environné de fossés, lequel leur venait de la générosité d'Hugues de Magny.
Un peu plus tard son fils Aymond, en confirmant ce don en 1183, y ajouta celui des droits seigneuriaux et d'un fort beau domaine.
César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.
TopUn peu plus tard son fils Aymond, en confirmant ce don en 1183, y ajouta celui des droits seigneuriaux et d'un fort beau domaine.
César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.
Croisty (Le) (56)
Département Morbihan, Arrondissement Pontivy, Canton Guémené-sur-Scorff - 56
Aujourd'hui église paroissiale mais jadis trêve de la paroisse de saint Tugdual au diocèse de Vannes, le Croisty doit son nom la Maison de la Croix et son origine à un vieil établissement des Chevaliers Hospitaliers. « Le duc Conan IV mentionne dès 1160 cette fondation, sous le nom d'aumônerie de Quasgurq dans le doyenné de Guémené-Guégant « Eleemosina de Quasgurq in Kemenet-Guegant. » Si le nom du lieu paraît estropié dans cette charte, on le trouve mieux écrit dans le Cartulaire de Quimperlé ; vers l'an 1200 un certain Rotaud donna à l'abbaye de Sainte-Croix ce qu'il avait dans la paroisse de Priziac « juxta terram Hospilalis Jerosolimitani quae terra vocatur Croasti in Priziac. »
« Ce texte prouve que l'établissement du Croisty appartenait aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et non aux Templiers, comme on l'a dit trop souvent. Si aujourd'hui le peuple donne à la terre du Croisty le nom de terre du Temple et au moulin voisin le nom de Moulin du Temple, c'est par suite d'une confusion d'autant plus excusable qu'elle se retrouve dans quelques écrits des siècles derniers. L'église d'ailleurs est dédiée à saint Jean. »
Il est possible aussi que les Templiers aient eu quelques biens au Croisty à côté de ceux des Hospitaliers.
Le même texte prouve encore que le Croisty au commencement du XIIIe siècle faisait partie de la grande paroisse de Priziac. Mais au siècle suivant le Croisty était lui-même devenu paroisse et en 1422 on le trouve uni à la paroisse de saint Tugdual ; toutefois avant la Révolution il n'était plus considéré que comme une trêve de Saint-Tugdual ; il a été de nouveau érigé en paroisse en 1865.
« Le membre du Croixty - dit la déclaration de 1697 - a ses fiefs et juridiction, haulte, moyenne et basse, exercée audit bourg du Croixty, en la paroisse de Saint-Tugdual. »
« Le commandeur (de la Feuillée) est fondateur de l'église tréviale Saint-Jean du Croixty, et à luy seul appartiennent en icelle banc, enfeu et armoiries ; il a droit de présenter le chapelain ou curé pour le service d'icelle et d'y prendre les oblations. » avait six autels et des fonts baptismaux, et dans son trésor « une croix processionnelle d'argent, un crucifix et deux images de saints, le tout d'argent doré. » L'édifice est encore aujourd'hui une belle construction ogivale du XVIe siècle. Dans le transept, des anges tiennent une banderole portant ces mots : L'an mil cinq cenz cinquante troys, M. Pierre Le Dorfen a faict faire le boys de céans. Sur les sablières sont sculptées des scènes grotesques, notamment un homme unissant la patte d'un chien à celle d'un lièvre. Les meneaux sont en trilobés, quatre-feuilles, flammes et fleurs de lys. Le grand vitrail du choeur offre divers traits de la vie de saint Jean-Baptiste, et en 1720 on y voyait les armoiries du commandeur de Belthomas ; enfin au maitre-autel se voit une portion de retable en bois représentant six apôtres sous des dais de la Renaissance. Au bas de l'église s'élève une tour, et au sud de la nef est un porche carré accompagné d'un ossuaire dont les baies en anse de panier sont séparées par des colonnettes à volutes.
Revenons à la commanderie du Croisty.
Aux alentours du bourg du Croisty, dix villages avec un certain nombre de tenues dépendaient du commandeur. Celui-ci levait aussi la dîme dans la paroisse ; il cédait au recteur un tiers de cette dîme des grains blancs, mais conservait la dîme entière du sarrasin. Il jouissait aussi d'un étang et d'un moulin qu'il affermait 390 livres en 1697.
Quoique en 1540 Jean de la Barre ne prit que le titre de commandeur de Quimper et de Beauvoir, il rendit cependant aveu pour la commanderie de Saint-Jean du Croisty au diocèse de Vannes, en même temps qu'il le faisait pour ses commanderies de Quimper et de Beauvoir. C'est une preuve que, dès cette époque, le Croisty se trouvait uni à Saint-Jean de Quimper.
Près d'Hennebont, mais en la paroisse de Saint-Caradec, existait une dépendance de l'Hôpital du Croisty : c'était la chapelle de Saint-Sévérin, construite dans le village de ce nom. A l'origine, les commandeurs y possédaient même une maison appelée l'Hôpital, qui, en 1697, était déjà « ruisnée depuis plusieurs siècles. » Toutefois il leur restait encore quelques pièces de terre aux alentours, et une rente sur le manoir de Brangolo.
Dans la ville de Pontscorff, mais en la paroisse de Cléguer, s'élevait une autre maison appelée également l'Hôpital. C'était l'établissement des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, mentionné dans la charte de 1160 sous le nom de « Eleemosina de Cleker. » L'évêque manifesta en 1235 l'intention d'annexer les revenus de cette aumônerie à la chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, située au Bas-Pontscorff, près de l'Hôpital Saint-Jean ; mais ce projet ne reçut point d'exécution, et les Chevaliers Hospitaliers conservèrent leur propriété de Pontscorff qu'ils unirent plus tard au Croisty.
Les eaux du Scorff baignaient la maison de l'Hôpital et sa chapelle dédiée à saint Jean ; autour se trouvaient des prairies et un bois en dépendant. Enfin, à quelque distance dans la campagne apparaissait le village du Temple, relevant de Saint-Jean de Pontscorff ; ce qui indique qu'à l'origine, les deux Ordres des Hospitaliers et des Templiers avaient reçu des biens dans cette région.
« En 1794 et 1795, on vendit nationalement la chapelle de Saint-Jean, la maison dite l'Hôpital, le jardin attenant, le pré de la Commanderie et deux autres parcelles de terre. La chapelle, transformée en brasserie, se voit encore dans la rue du Temple. Elle est de forme rectangulaire avec une nef et deux bas-côtés ; elle a trois travées d'architecture et des colonnes cylindriques. Il reste à l'Est de larges fenêtres à plein cintre pour éclairer la nef et les bas-côtés. Il y avait autrefois sur le côté septentrional un grand portail avec un porche. » On voit encore dans ce sanctuaire, sculptés dans les sablières, des animaux et des personnages couchés horizontalement, tenant des écussons.
Non loin de Pontscorff, dans la paroisse de Redené, les Chevaliers de Malte possédaient la chapelle Saint-Jean de Lannou et percevaient quelques rentes de peu d'importance. Enfin, remarquons que le marquis de Pontcallec devait sur les terres de sa seigneurie, en Berné, une rente do 30 livres tournois à la chapelle Saint-Jean de Pontscorff.
Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902
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Aujourd'hui église paroissiale mais jadis trêve de la paroisse de saint Tugdual au diocèse de Vannes, le Croisty doit son nom la Maison de la Croix et son origine à un vieil établissement des Chevaliers Hospitaliers. « Le duc Conan IV mentionne dès 1160 cette fondation, sous le nom d'aumônerie de Quasgurq dans le doyenné de Guémené-Guégant « Eleemosina de Quasgurq in Kemenet-Guegant. » Si le nom du lieu paraît estropié dans cette charte, on le trouve mieux écrit dans le Cartulaire de Quimperlé ; vers l'an 1200 un certain Rotaud donna à l'abbaye de Sainte-Croix ce qu'il avait dans la paroisse de Priziac « juxta terram Hospilalis Jerosolimitani quae terra vocatur Croasti in Priziac. »« Ce texte prouve que l'établissement du Croisty appartenait aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et non aux Templiers, comme on l'a dit trop souvent. Si aujourd'hui le peuple donne à la terre du Croisty le nom de terre du Temple et au moulin voisin le nom de Moulin du Temple, c'est par suite d'une confusion d'autant plus excusable qu'elle se retrouve dans quelques écrits des siècles derniers. L'église d'ailleurs est dédiée à saint Jean. »
Il est possible aussi que les Templiers aient eu quelques biens au Croisty à côté de ceux des Hospitaliers.
Le même texte prouve encore que le Croisty au commencement du XIIIe siècle faisait partie de la grande paroisse de Priziac. Mais au siècle suivant le Croisty était lui-même devenu paroisse et en 1422 on le trouve uni à la paroisse de saint Tugdual ; toutefois avant la Révolution il n'était plus considéré que comme une trêve de Saint-Tugdual ; il a été de nouveau érigé en paroisse en 1865.
« Le membre du Croixty - dit la déclaration de 1697 - a ses fiefs et juridiction, haulte, moyenne et basse, exercée audit bourg du Croixty, en la paroisse de Saint-Tugdual. »
« Le commandeur (de la Feuillée) est fondateur de l'église tréviale Saint-Jean du Croixty, et à luy seul appartiennent en icelle banc, enfeu et armoiries ; il a droit de présenter le chapelain ou curé pour le service d'icelle et d'y prendre les oblations. » avait six autels et des fonts baptismaux, et dans son trésor « une croix processionnelle d'argent, un crucifix et deux images de saints, le tout d'argent doré. » L'édifice est encore aujourd'hui une belle construction ogivale du XVIe siècle. Dans le transept, des anges tiennent une banderole portant ces mots : L'an mil cinq cenz cinquante troys, M. Pierre Le Dorfen a faict faire le boys de céans. Sur les sablières sont sculptées des scènes grotesques, notamment un homme unissant la patte d'un chien à celle d'un lièvre. Les meneaux sont en trilobés, quatre-feuilles, flammes et fleurs de lys. Le grand vitrail du choeur offre divers traits de la vie de saint Jean-Baptiste, et en 1720 on y voyait les armoiries du commandeur de Belthomas ; enfin au maitre-autel se voit une portion de retable en bois représentant six apôtres sous des dais de la Renaissance. Au bas de l'église s'élève une tour, et au sud de la nef est un porche carré accompagné d'un ossuaire dont les baies en anse de panier sont séparées par des colonnettes à volutes.
Revenons à la commanderie du Croisty.
Aux alentours du bourg du Croisty, dix villages avec un certain nombre de tenues dépendaient du commandeur. Celui-ci levait aussi la dîme dans la paroisse ; il cédait au recteur un tiers de cette dîme des grains blancs, mais conservait la dîme entière du sarrasin. Il jouissait aussi d'un étang et d'un moulin qu'il affermait 390 livres en 1697.
Quoique en 1540 Jean de la Barre ne prit que le titre de commandeur de Quimper et de Beauvoir, il rendit cependant aveu pour la commanderie de Saint-Jean du Croisty au diocèse de Vannes, en même temps qu'il le faisait pour ses commanderies de Quimper et de Beauvoir. C'est une preuve que, dès cette époque, le Croisty se trouvait uni à Saint-Jean de Quimper.
Près d'Hennebont, mais en la paroisse de Saint-Caradec, existait une dépendance de l'Hôpital du Croisty : c'était la chapelle de Saint-Sévérin, construite dans le village de ce nom. A l'origine, les commandeurs y possédaient même une maison appelée l'Hôpital, qui, en 1697, était déjà « ruisnée depuis plusieurs siècles. » Toutefois il leur restait encore quelques pièces de terre aux alentours, et une rente sur le manoir de Brangolo.
Dans la ville de Pontscorff, mais en la paroisse de Cléguer, s'élevait une autre maison appelée également l'Hôpital. C'était l'établissement des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, mentionné dans la charte de 1160 sous le nom de « Eleemosina de Cleker. » L'évêque manifesta en 1235 l'intention d'annexer les revenus de cette aumônerie à la chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, située au Bas-Pontscorff, près de l'Hôpital Saint-Jean ; mais ce projet ne reçut point d'exécution, et les Chevaliers Hospitaliers conservèrent leur propriété de Pontscorff qu'ils unirent plus tard au Croisty.
Les eaux du Scorff baignaient la maison de l'Hôpital et sa chapelle dédiée à saint Jean ; autour se trouvaient des prairies et un bois en dépendant. Enfin, à quelque distance dans la campagne apparaissait le village du Temple, relevant de Saint-Jean de Pontscorff ; ce qui indique qu'à l'origine, les deux Ordres des Hospitaliers et des Templiers avaient reçu des biens dans cette région.
« En 1794 et 1795, on vendit nationalement la chapelle de Saint-Jean, la maison dite l'Hôpital, le jardin attenant, le pré de la Commanderie et deux autres parcelles de terre. La chapelle, transformée en brasserie, se voit encore dans la rue du Temple. Elle est de forme rectangulaire avec une nef et deux bas-côtés ; elle a trois travées d'architecture et des colonnes cylindriques. Il reste à l'Est de larges fenêtres à plein cintre pour éclairer la nef et les bas-côtés. Il y avait autrefois sur le côté septentrional un grand portail avec un porche. » On voit encore dans ce sanctuaire, sculptés dans les sablières, des animaux et des personnages couchés horizontalement, tenant des écussons.
Non loin de Pontscorff, dans la paroisse de Redené, les Chevaliers de Malte possédaient la chapelle Saint-Jean de Lannou et percevaient quelques rentes de peu d'importance. Enfin, remarquons que le marquis de Pontcallec devait sur les terres de sa seigneurie, en Berné, une rente do 30 livres tournois à la chapelle Saint-Jean de Pontscorff.
Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902
Croix-au-Bost (23)
La commanderie de la Croix-au-Bost
Département Creuse, Arrondissement d'Aubusson, Canton de Bellegarde-en-Marche - 23
Cette commanderie située dans la Marche était comprise dans le ressort de la Sénéchaussée de Guéret. C'est aujourd'hui un hameau important de la commune de Saint-Domet, dans la Creuse.
Chapelle de l'ancienne commanderie de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Peintures murales datées approximativement de 1250. Retable installé au XVIIIe siècle.
Sources : Georges CHATARD - Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.
La commanderie de la Croix-au-Bost
La Croix au Bost, réuni à Saint-Domet (Creuse).
1. Chef. — La Croix au Bost, dans la Marche, diocèse de Limoges, ressort de Guéret et de Paris ; à 2 lieues d'Aubusson et à une lieue du château de Saint-Maixant, consiste en une église de paroisse, une maison, une grange, un moulin, dixmes, terres, prés, cens.
2. Membre. Les Bruyères de la paroisse de Tardes où il y a chapelle, métairie, dixmes et cens.
3. Membre. — Lespinasse, en Limousin, diocèse de Limoges, parlement de Bordeaux, à 15 lieues du chef, dans la paroisse de Saint-Léger-la-Montagne ; chapelle, dixmes - 60 »
4. Membre. — Coursaget, en Bourbonnais, diocèse de Bourges, parlement de Paris, à 2 lieues de Montluçon et à 7 du chef, église de paroisse, terres, bois taillis, pasturages, dixmes - 750 »
5. Membre. — Le bois de Chassain, en Bourbonnais, ressort de Moulins, à 4 lieues de Moulins, à 2 lieues et demie de Souvigny, à 18 lieues du chef, diocèse de Bourges, consiste en une chapelle, métairie, cens, bois taillis, prés, terres - 120 »
6. Membre. — Feilloux, à 11 lieues du bois de Chassain et à 30 du chef, en Nivernais, diocèse de Nevers et à 6 lieues d'iceluy, à 3 lieues de Ressise, à 5 lieues de Moulins, à demi-heure du Prieuré de Montaupuy, à un quart de lieue de la paroisse de Neuville, consiste en une église de paroisse, chasteau, grange et domaine, terres, prés, bois, étang, justice, dixmes, pensions.
Annexe. — La chapelle de N.-D. de l'Hospital de Saint-Jean de Lichy, en la paroisse de Saint -Christophe-d'Ars, consiste en cens, dixmes et la justice de Mornay, affermé avec le membre ci-dessus - 300 »
7. Membre. — Palluet, en Auvergne, diocèse de Clermont, proche Saint-Pourçain, la rivière de Cyolles, entre deux ; chapelles, chasteau, domaine, pesche, vignes, cens - 200 »
Commandeur : M. de Saint-Aulaire.
Etat de la commanderie en 1745 - Croix au Bost (La). — Lespinasse. - Coursaget. — Palluet. — La Bruyère. — Feilloux.
Sources : Léopold Niepce, Le Grand Prieuré d'Auvergne - Lyon 1883
TopDépartement Creuse, Arrondissement d'Aubusson, Canton de Bellegarde-en-Marche - 23
Cette commanderie située dans la Marche était comprise dans le ressort de la Sénéchaussée de Guéret. C'est aujourd'hui un hameau important de la commune de Saint-Domet, dans la Creuse.
Chapelle de l'ancienne commanderie de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Peintures murales datées approximativement de 1250. Retable installé au XVIIIe siècle.
Sources : Georges CHATARD - Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.
La commanderie de la Croix-au-Bost
La Croix au Bost, réuni à Saint-Domet (Creuse).
1. Chef. — La Croix au Bost, dans la Marche, diocèse de Limoges, ressort de Guéret et de Paris ; à 2 lieues d'Aubusson et à une lieue du château de Saint-Maixant, consiste en une église de paroisse, une maison, une grange, un moulin, dixmes, terres, prés, cens.
2. Membre. Les Bruyères de la paroisse de Tardes où il y a chapelle, métairie, dixmes et cens.
3. Membre. — Lespinasse, en Limousin, diocèse de Limoges, parlement de Bordeaux, à 15 lieues du chef, dans la paroisse de Saint-Léger-la-Montagne ; chapelle, dixmes - 60 »
4. Membre. — Coursaget, en Bourbonnais, diocèse de Bourges, parlement de Paris, à 2 lieues de Montluçon et à 7 du chef, église de paroisse, terres, bois taillis, pasturages, dixmes - 750 »
5. Membre. — Le bois de Chassain, en Bourbonnais, ressort de Moulins, à 4 lieues de Moulins, à 2 lieues et demie de Souvigny, à 18 lieues du chef, diocèse de Bourges, consiste en une chapelle, métairie, cens, bois taillis, prés, terres - 120 »
6. Membre. — Feilloux, à 11 lieues du bois de Chassain et à 30 du chef, en Nivernais, diocèse de Nevers et à 6 lieues d'iceluy, à 3 lieues de Ressise, à 5 lieues de Moulins, à demi-heure du Prieuré de Montaupuy, à un quart de lieue de la paroisse de Neuville, consiste en une église de paroisse, chasteau, grange et domaine, terres, prés, bois, étang, justice, dixmes, pensions.
Annexe. — La chapelle de N.-D. de l'Hospital de Saint-Jean de Lichy, en la paroisse de Saint -Christophe-d'Ars, consiste en cens, dixmes et la justice de Mornay, affermé avec le membre ci-dessus - 300 »
7. Membre. — Palluet, en Auvergne, diocèse de Clermont, proche Saint-Pourçain, la rivière de Cyolles, entre deux ; chapelles, chasteau, domaine, pesche, vignes, cens - 200 »
Commandeur : M. de Saint-Aulaire.
Etat de la commanderie en 1745 - Croix au Bost (La). — Lespinasse. - Coursaget. — Palluet. — La Bruyère. — Feilloux.
Sources : Léopold Niepce, Le Grand Prieuré d'Auvergne - Lyon 1883
Croix-Huis (La) (22)
L'Hôpital de La Croix-Huis
La charte donnée en 1160 aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem mentionne l'aumônerie de la Croix-Huis sous la nom de « Edeemosina de Cruce Hahaguis. » « En la paroisse de Saint-Cast (Commune du canton de Matignon, arrondissement de Dinan (Côtes-d'Armor) prés Matignon, évesché de Saint-Brieuc, - nous apprend l'état de 1a commanderie de Carentoir en 1643, - est un aultre membre dépendant de ladite commanderie, appelé la Croix-Huis, où il y a une chapelle fondée de Saint Jean-Baptiste, desservie par dom Guy Gourneuff, lequel pour tout salaire reçoit les oblations et charités des voisins, et il y a audit lieu ornements suffisans pour y faire le service, lesquels sont audit Gourneuff qui y entretient pareillement les réparations de ladite chapelle, et sur le pignon d'icelle est une moyenne cloche. »
« Et il n'y a audit lieu aucun domaine ny logement du propre de ladite commanderie, fors quelques rentes, dîmes et obéissances sur quelques maisons et héritages situés aux environs de ladite chapelle. »
Comme aussi sur certains héritages qui sont ès paroisses de Henan-Bihan, Pléboulle, Pléhérel, Saint-Germain-de-lamer, Erquy, et se pourvoist toute juridiction à l'Hospital de Quessoy.
Le village Saint-Jean existe encore en Saint-Cast, mais sa chapelle a été renversée. On voyait aussi jadis en Pléboulle, Saint-Germain-de-la-mer, Quintenic et Henan-Bihan des villages avec chapelles sous le vocable du même Saint Jean patron des Hospitaliers ; on croit même que le village de la Croix, entre Pléboulle et Saint-Cast, est l'ancienne Croix-Huis.
En Henan-Bihan la chapelle Saint-Jean s'élevait au bord d'un chemin gallo-romain, et dans cette même paroisse les Hospitaliers possédaient en 1160 les aumôneries du Tertre-Conan et de la Grand'Fontaine. « Eleemosine de Tertre-Conan et de Grandifonte. »
L'Hôpital en Pléhérel est un gros village dont la possession fut également assurée aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1160 ; il est appelé alors « Eleemosina de Pleherel. »
On retrouve en Erquy le village des Hôpitaux et l'on dit qu'au temps des croisades cette paroisse possédait une léproserie à l'usage des soldats atteints de la lèpre et revenant de Terre-Sainte. « La chapelle de cet hôpital est aujourd'hui en ruines, mais elle a conservé la dénomination de chapelle du Saint-Sépulcre. »
Il est vraisemblable que ces divers hôpitaux et chapelles devaient à l'origine dépendre de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Notons encore quelques petites rentes que recueillait le possesseur de la Croix-Huis dans les paroisses de Collinée, Matignon et La Bouillie.
En Matignon le village de l'Hôpital était a l'origine aux Hospitaliers qui y rendaient, dit-on, la justice au pied d'une croix subsistant encore. L'Aumônerie de la Bouillie et ses dépendances leur appartenaient aussi ; elle est mentionnée dans la charte de 1160 sous le nom de « la Bollie cum appendiciis », comme étant leur propriété.
Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902
TopLa charte donnée en 1160 aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem mentionne l'aumônerie de la Croix-Huis sous la nom de « Edeemosina de Cruce Hahaguis. » « En la paroisse de Saint-Cast (Commune du canton de Matignon, arrondissement de Dinan (Côtes-d'Armor) prés Matignon, évesché de Saint-Brieuc, - nous apprend l'état de 1a commanderie de Carentoir en 1643, - est un aultre membre dépendant de ladite commanderie, appelé la Croix-Huis, où il y a une chapelle fondée de Saint Jean-Baptiste, desservie par dom Guy Gourneuff, lequel pour tout salaire reçoit les oblations et charités des voisins, et il y a audit lieu ornements suffisans pour y faire le service, lesquels sont audit Gourneuff qui y entretient pareillement les réparations de ladite chapelle, et sur le pignon d'icelle est une moyenne cloche. »
« Et il n'y a audit lieu aucun domaine ny logement du propre de ladite commanderie, fors quelques rentes, dîmes et obéissances sur quelques maisons et héritages situés aux environs de ladite chapelle. »
Comme aussi sur certains héritages qui sont ès paroisses de Henan-Bihan, Pléboulle, Pléhérel, Saint-Germain-de-lamer, Erquy, et se pourvoist toute juridiction à l'Hospital de Quessoy.
Le village Saint-Jean existe encore en Saint-Cast, mais sa chapelle a été renversée. On voyait aussi jadis en Pléboulle, Saint-Germain-de-la-mer, Quintenic et Henan-Bihan des villages avec chapelles sous le vocable du même Saint Jean patron des Hospitaliers ; on croit même que le village de la Croix, entre Pléboulle et Saint-Cast, est l'ancienne Croix-Huis.
En Henan-Bihan la chapelle Saint-Jean s'élevait au bord d'un chemin gallo-romain, et dans cette même paroisse les Hospitaliers possédaient en 1160 les aumôneries du Tertre-Conan et de la Grand'Fontaine. « Eleemosine de Tertre-Conan et de Grandifonte. »
L'Hôpital en Pléhérel est un gros village dont la possession fut également assurée aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1160 ; il est appelé alors « Eleemosina de Pleherel. »
On retrouve en Erquy le village des Hôpitaux et l'on dit qu'au temps des croisades cette paroisse possédait une léproserie à l'usage des soldats atteints de la lèpre et revenant de Terre-Sainte. « La chapelle de cet hôpital est aujourd'hui en ruines, mais elle a conservé la dénomination de chapelle du Saint-Sépulcre. »
Il est vraisemblable que ces divers hôpitaux et chapelles devaient à l'origine dépendre de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Notons encore quelques petites rentes que recueillait le possesseur de la Croix-Huis dans les paroisses de Collinée, Matignon et La Bouillie.
En Matignon le village de l'Hôpital était a l'origine aux Hospitaliers qui y rendaient, dit-on, la justice au pied d'une croix subsistant encore. L'Aumônerie de la Bouillie et ses dépendances leur appartenaient aussi ; elle est mentionnée dans la charte de 1160 sous le nom de « la Bollie cum appendiciis », comme étant leur propriété.
Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902
Cruchonniere (La) (28)
A une lieue de La Renardière, dans la paroisse de La Fontaine-Simon, se trouvait un domaine seigneurial qu\'on nommait La Cruchonnière, et qui avait été donné au commencement du XIIIe siècle aux frères de la sainte Maison de l\'Hôpital-de-Jérusalem, par Jean, comte de Chartres, seigneur de Riverage. Par ses lettres qui paraissent avoir été rédigées vers l\'année 1201, ce seigneur leur avait accordé les cens et rentes que lui devaient les habitants de La Fontaine-Simon, demeurant dans la seigneurie de La Crucheronnière. Ces habitants, au nombre de soixante, avaient à payer chaque année à la Toussaint, sept livres et sept sols deux pites, sous peine d\'amende par chacun d\'eux, de cinquante sols. Par ces mêmes lettres, le comte de Chartres donnait aux dits frères toutes les terres et la métairie qu\'il avait en la dite paroisse avec les dîmes auxquelles il avait droit dans la commanderie de La Renardière, à la condition que les hommes qui tiendraient les terres et la métairie paieraient sept deniers tournois par arpent aux Hospitaliers ; ce qui devait produire un total de seize livres dix sols huit deniers. L\'amortissement était en outre accordé pour cette terre, aux donataires qui devaient en avoir la jouissance libre de toutes charges.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
TopSources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Cunctis et Parentis (40)
Parentis, de nos jours, Parentis-en-Born, située dans le département des Landes.
Ce membre de la commanderie de Bordeaux était situé dans le pays de Born, la plus misérable partie des Landes, tout à fait sur la côte de l'Océan. Il se composait d'un certain nombre de fiefs et des dîmes de quelques pauvres paroisses : ainsi, les Hospitaliers possédaient dans la paroisse de Lit, la seigneurie de Cunctis, dans celle de Sainte-Eulalie, le territoire de Gessis, dans celle de Saint-Paul, le domaine de Leys, dans celle de Salle, le fief de Billos ; ils percevaient les dîmes de Parentis et de Sanginet, petite localité « dont les terres sont sujettes aux sables de la mer, » lisons-nous dans les procès-verbaux de visite ; ils avaient enfin la petite chapelle de Burgaud, bâtie au milieu des bois, sur la paroisse de Pontens. A ce membre avaient été adjoints pendant un certain temps ceux de Geys et de Bouchet, situés en pays de Bigorre et nous avons eu l'occasion de parler des difficultés que ces possessions créèrent au commandeur de Bordeaux.
Nous avons vu plus haut comment cette petite circonscription, fondue dans celle de Bordeaux, en avait été disjointe au XVe siècle, réunie à celle de Cazalis et comment enfin elle fut restituée à son premier état par le Grand-Prieur Pons de Maleville (1485).
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
TopCe membre de la commanderie de Bordeaux était situé dans le pays de Born, la plus misérable partie des Landes, tout à fait sur la côte de l'Océan. Il se composait d'un certain nombre de fiefs et des dîmes de quelques pauvres paroisses : ainsi, les Hospitaliers possédaient dans la paroisse de Lit, la seigneurie de Cunctis, dans celle de Sainte-Eulalie, le territoire de Gessis, dans celle de Saint-Paul, le domaine de Leys, dans celle de Salle, le fief de Billos ; ils percevaient les dîmes de Parentis et de Sanginet, petite localité « dont les terres sont sujettes aux sables de la mer, » lisons-nous dans les procès-verbaux de visite ; ils avaient enfin la petite chapelle de Burgaud, bâtie au milieu des bois, sur la paroisse de Pontens. A ce membre avaient été adjoints pendant un certain temps ceux de Geys et de Bouchet, situés en pays de Bigorre et nous avons eu l'occasion de parler des difficultés que ces possessions créèrent au commandeur de Bordeaux.
Nous avons vu plus haut comment cette petite circonscription, fondue dans celle de Bordeaux, en avait été disjointe au XVe siècle, réunie à celle de Cazalis et comment enfin elle fut restituée à son premier état par le Grand-Prieur Pons de Maleville (1485).
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)


