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Chartes de l'Ordre de Malte
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Trois chartes du XIIe siècle

Nous réunissons sous le même titre trois documents intéressant l'ordre de l'Hôpital au XIIe siècle.
Les deux premiers sont tirés des Archives de la Haute-Garonne et avaient été indiqués par M. Saige dans son essai « Sur l'ancienneté de l'Hôpital de SaintJean de Jérusalem » (1) ; mais la date qu'il leur assignait de (10S0 à 1100) (2) nous paraît, grâce à un examen plus attentif, devoir être avancée d'une dizaine d'années ; la première pièce est certainement postérieure à 1100, et nous inclinons à penser, sans en avoir de preuve absolument certaine, qu'il en est de même de la seconde. Ces documents nous donnent le nom du frère Gérard, hospitalier, que l'on considère comme le fondateur et le premier grand-maître de l'Hôpital, et auquel on attribua le miracle d'avoir nourri, pendant le siège de Jérusalem en 1099, les chrétiens qui l'assiégeaient, en leur jetant des pierres qui se changeaient en pains (3).

Ils nous font connaître aussi les noms de deux seigneurs : Forton de Hautefaie qui alla deux fois en Terre Sainte, probablement à l'occasion de la première croisade et ensuite quelques années après, et Chauvet de Taises qui s'y trouvait au moins à l'époque de l'un de ces deux voyages.

Le second de ces documents revêt une forme peu ordinaire ; c'est une charte-notice contenant trois actes différents : le premier est la donation de Fonsorbes par le comte d'Astarac, le second l'accensement par le donataire du dit Fonsorbes en faveur de Forton de Hautefaie, le troisième l'abandon par divers seigneurs de droits et de terres complétant la donation primitive.

La troisième pièce est conservée aux Archives de Malte, à la Cité de La Valette. Elle emprunte un intérêt particulier aux signatures qui la terminent: nous avons peu d'exemples de diplômes de cette sorte, souscrits à la fois en grec et en latin ; ce document a déjà été publié ; mais comme il l'a été sans les souscriptions grecques (4), nous avons cru qu'il était utile de l'imprimer de nouveau et d'y joindre un facsimilé héliographique. Il donne des détails inconnus sur certains noms et certaines fonctions du rite grec en Terre Sainte à cette époque. La présence des prélats grecs qui figurent en 1173 dans cette charte ne laisse pas que de nous embarrasser. Voici comment nous croyons pouvoir expliquer celle de l'archevêque de Gaza: dès que les croisés s'emparaient d'une ville épiscopale sur les Infidèles, ils y remplaçaient par un prélat latin l'évêque grec qu'ils y trouvaient ; or, à l'époque où fut rédigée la charte, Gaza était encore au pouvoir des Musulmans: il est donc naturel qu'elle eût un archevêque grec. Cet archevêque joignait à son titre celui d'éleuthéropolis, bien que cette dernière ville appartînt aux Latins, probablement parce que ceux-ci n'y avaient pas mis d'évêque, et surtout parce que l'Hôpital en cédait précisément l'usufruit par notre charte.

La présence de Théoctiste, abbé grec du Saint Sépulcre, de Jean, prieur grec et de deux ou trois moines du monastère grec de la Résurrection est plus difficile à expliquer ; le culte, dans ces sanctuaires et à cette époque, passait jusqu'ici pour avoir été accaparé par les Latins. On peut se demander si les témoins de la charte, malgré leurs titres sonores, n'étaient pas d'humbles restes de l'ancien clergé grec, vivant sans fonctions réelles, soit en cachette à Jérusalem, soit peut-être à Gaza auprès de l'archevêque.

On remarquera la mention que fait la pièce de l'empereur Manuel Comnène: c'est une preuve de plus de l'influence que ce prince chercha à exercer en Terre Sainte (5).
Joseph DELAVILLE LE ROULX

I



1100-1110 (?)
Foupier Favard, sa mère et son fils, donnent à l'Hôpital de Jérusalem, représenté par frère Gérald, hospitalier, la terre de « Diosovol »
[Toulouse, Archives départementales de la Haute Garonne, Ordre de Malte, Fonsorbes, Liasse I, n° 1].
In nomine Domini nostri Jhesu Christi.
Notum sit omnibus hominibus, presentibus et futuris, quod ego Folperius Favardus et Folperia, mater mea, et Garssia Willelmus, filius meus, nos insimul pro nobis et pro successoribus nostris damus et concedimus Domino Deo, et beate Marie, et sancto Iohanni Babtiste et domui Hospitalis Ierusalem, et fratri Geraldi (sic) hospitalario et omnibus aliis fratribus presentibus et futuris, propter redemptionem animarum nostrarum atque parentum nostrorum, terram et honorem quam vocant Diosovol, libenter, sine omni retentione, quod ibi non facimus, scilicet decemas et primicias, cultum et incultum, intradas et eixidas, bocs et aquas, praz et pasteues, homines et feminas, qui in ipso loco provenerint, qui vocatur a Dios ovol. Totum hoc fuit factum et ita positum in manu Ameli, episcopi (6), Tolosa, qui donat et concedit hospitali Ierusalem locum de facienda ecclesia, à Dios ovol ita quo modo ecclesia se pertinet de decemas et de primicias et oblationes. Istud predictum donum fecerunt et concesserunt dominus Folperius Favardus, et domina Folperia, mater sua, et Garssia Willelmus, filius Folperii Favardi, ita quomodo part Saladera donec ad terram de Bausona, et ita quomodo part la terra de Bausona donec ad Lambaum, et alia parte del bocs de Pic Augel donec ad Lambaum, et ita como part la gota de Nabarban donec Lambaum.
Hujus rei sunt testes: dominus GAUTERIUS de TARIDA, et FORTANARIUS de SABOLEA, et ARNALDUS de VINHNAMONT, et POUGES de SANT IOHAN.

II



1100-1110 (?)
Sanche, comte d'Astarac, Bernard, son fils, et plusieurs autres seigneurs donnent au Saint Sépulcre et à l'Hôpital de Jérusalem la terre de Fonsorbes, avec plusieurs autres lieux, droits et redevances.
[Toulouse, Archives départementales de la Haute Garonne, Ordre de Malte, Fonsorbes, Liasse I, n° 1]
In nomine Domini nostri Ihesu Christi.
Incipit carta de illo honore qui dicitur Fonsorbas (7) quem dedit Sancius, Astariacensis comes, dimidiam videlicet partem quam ipse habebat in proprio alodio, totum dedit Domino et Sancto Sepulcro ipse et filius eius Bernardus ; hoc quod ipsi habebant sine ullo clamore, et decimam et primiciam, et omnia que ad ecclesiam et ad villam pertinent, totum dederunt pater et filius pro redemptione animarum suarum ab integro Domino et Sancto Sepulcro et Hospitali Iherusalem et habitantibus ibi ; et hoc donum fuit factum in illo loco inter duas vias que se individunt (sic), una ad Salvetatem Sancte Marie de Bonaquiete (8), et alia ad Salvetatem Sancte Fidis (9).

Visores vero fuerunt isti: ARNALDUS BERNARDUS de BA ... CAVA, et CUNPS (?) de BASOL, et GUILLELMUS de Toi, et multi alij.
Hunc vero honorem Forto de Altafaia a comite Astariacensi, Domino et Sancto Sepulcro adquisivit, et breve huius adquisitionis coram supradictis testibus confirmatum domino Geraldo Iherusalem presentavit. Forto vero, post hoc factum, a domino Geraldo, ut huius honoris a se adquisiti breve sibi faceret, Geraldus noluit, set ad Sanctum Egidium venire fecit ad dominum Durandum (10) et quod ipse ei faceret ex sua parte concessum esset. Predictus vero Forto ad Sanctum Egidium ad dominum Durandum veniens, et rem istam ei per ordinem pandens, retulit hec Fortoni, dicens quicquam de helemosina in tali honore ita vasto nolle expendi suo consilio ; si vero quilibet homo per se Deo inde servire vellet, et locum hedificaret, hoc libens concederet. Hoc audiens Forto promisit se Deo servire et censum Hospitali secundum quod Deus ei preberet, quandiu viveret, et sub dompno Durando hoc benefactum, dum viveret, pro redemptione anime sue Deo servaret. Et hoc a Fortone promisso, dompnus Durandus misit me ad comitem Astaracensem, ut honorem predictum mihi demonstrare faceret. Comes vero misit me ad San cium Forto de Toi, et Sancius Forto duxit me Fortonem, et honorem mihi demonstravit, de decimario de Toi monasterio usque ad Mazerolas, et de decimario de Candoniol usque ad Fontanilas (11), prout decime erant divise.

Carta hec et donum hujus honoris factum fuit apud Cimorram (?), in presentia dompni R[AIMUNDI] (12), Ausiensis archiepiscopi. Visores huius rei fuerunt: BERNARDUS BARTELA, ARNALDUS DUSA, CALVETUS de SAMATA, et alij multi.

Et Arnaldus Astariacensis dedit similiter pro amore Dei, quemadmodum Dodo de Sarmata dedit Salvetatem Sancte Fidis francamente, dedit hunc predictum honorem ; postea penitens, retinuit agrarium et acaptationem terrarum, excepto casales, et illic aliud cum casalibus et honoribus liberaliter dedit. Et ibi Raimundus de Pibrac dedit similiter Deo et Sancto Sepulcro, pro redemptione animarum suorum parentum, et Petrus similiter dedit, et Willelmus pro redemptione anime sue, et Guillelmus habebat in pignore pro XV solidis, quos Forto de Altafaia ei redidit. Et facta est concordia ut casales nec plus longi sint, nisi quantum sunt in Salvetate Sancte Fidis. Et homines qui habebant agrum cultum apud fontem Sanz Adel, Eitius (?) de Mazerolis et Pontius, frater ejus, dederunt Deo et Sancto Sepulcro pro redemptione animarum suarum. Et Willelmus de Marca dedit quod ibi habebit Deo et Sancto Sepulcro, et investivit hunc hominem cum ciroteca quam in manu habebat. Et Peregrinus de Argunbal similiter dedit Deo et Sancto Sepulcro hoc quod ipse in eodem loco habebat. Et Calvetus de Taises clamabat rectum habere in decima, et in presentia domini Geraldi reliquid, et totum et ex toto quod ad decimam pertinet et ad primitiam similiter dedit. Et Forto de Altafaia, qui hunc locum adquisivit, preterquam regressus est ad Iherusalem, censum laudat et affirmat omnibus diebus usque ad consumationem seculi Deo et Sancto Sepulcro assidue tribui in pauperum helemosina. Si quis autem de censo illo aliquid retinuerit, in inferno sepultus sit. Fiat. Fiat. Amen. Amen.

III



1173 - Jerusalem (13)
Cession par Jobert, grand-maître de l'Hôpital, à Mélète, Syrien, archevêque de Gaza et d'Eleuthéropalis, du monastère de Saint Georges de Gibelin, sa vie durant, et affiliation du dit Mélète à l'ordre de Saint Jean de Jérusalem.
[Archives de Malte, Division l, volume III, pièce 10].
Notum sit omnibus, tam posteris quam presentibus, quod ego Josbertus, Dei dispensatione magister hospitalis Iherusalem, licet indignus, presto et concedo Meleto, Suriano (14), Surianorum et Grecorum, Gazam (15) et Jabin (16) habitantium, finesque eorum archiepiscopo, tenendum et possidendum in vita sua monasterium Sancti Georgij, quod est Bersabee, quod nostra lingua dicitur Gybelin (17), tali pacto seu conditione, ut post mortem ipsius redeat in ius et proprietatem Hospitalis cum omnibus apparamentis et melioramentis que prefatus Meletus ibi fecerit, tam in mobili quam in stabili. Et quicquid de suo remanserit Hospitali, concedo ut sit eLemosina ab eo sanctis Christi pauperibus collata pro salute anime sue (18) et peccatorum suorum remissione, eorumque omnium quorum beneficio seu consilio et auxilio prescriptum locum, ad honorem Dei et pauperum Christi qui sunt in Hospitali Iherusalem vel erunt utilitatem, reedificaverit vel melioraverit, et sit elemosina pro domino Manuele, sanctissimo Constantinopolitano, imperatore Romanorum semper augusto, ut Deus eum sic in presenti regere et dirigere dignetur ad ecclesie (19) bonum, quatinus in futuro regnum percipiat eternum. Pro hoc autem beneficio predictum Meletum in confratriam domus recipimus et in omnibus Dei serviciis que in ea fiunt et que facta sunt et fient usque in finem, dignam ei concedimus communitatem.

Hanc autem prestacionem et concessionem facio ego JOSBERTUS, Hospitalis Iherusalem magister, consilio et voluntate tocius nostri capituli, teste fratre G[ARINO] de Melna (20), preceptore domus Hospitalis , teste fratre STEPHANO thesaurario (21), teste fratre GAR-
NERIO (22), Gybelini castellano, teste fratre GUILLELMO DACER (23), teste fratre OLDINO (24), Bellivideri castellano, teste fratre BONITO, qui hanc cartam scripsit iussu nostro, anno ab incarnatione Domini M.° C.° LXX° III.

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Sources : Delaville Le Roulx, Joseph. Trois chartes du XIIe siècle. Mélanges sur l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Paris M D CCCC X - BNF

NOTES
1. Bibliothèque de l'école des Chartes, 1864, pages 532-560.
2 Bibliothèque de l'école des Chartes, 1864, page 556.
3. Exordium ord. Hospit. (Migne, Pair, lat., CLV c. 1103)
4. Paoli, Codice diplomatico del sacro milit, ord. Gerosolimitano, I, n° LIV, page 54, — L'existence des souscriptions grecques n'est pas même indique dans cet ouvrage ; Paoli a de plus laissé chapper quelques erreurs que nous rectifions.
5. Cf. Vogué, Eglises de Terre Sainte, pages 98-99.
6. Amelius, évêque de Toulouse de 1106 à 1139 (Gallia christiana, XIII, col. 15).
7. Fonsorbes, Haute-Garonne, arrondisement de Muret, canton de Saint Lys.
8. Bonrepos de Sainte-Foy, Haute-Garonne, arrondissement de Muret, canton de Saint Lys.
9. La Salvetat de Sainte-Foy, Haute-Garonne, arrondissement de Toulouse, canton de Leguevin, près du cours d'eau de Sandreme
10. Nous ne savons ce que peut être ce lieu de Saint Gilles dont il est ici question. Il semble bienque ce soit une localité du midi de la France ; il ne serait cependant pas impossible qu'il s'agit d'un lieu de Terre Sainte. Nous connaissons un casal de Saint Gilles que Bohémond d'Antioche donna aux Hospitaliers en 1175, situé près de Gabulus (S. Paoli, Codice diplomatico, I, n° LVIII, page 58). Ce qui semblerait confirmer cette conjecture c'est que nous trouvons, en Terre Sainte, mention d'un frère de l'Hôpital, appelé Durand, qui intervient dans un acte de 1125 (S. Paoli, Codice Diplomatico, I, n° VII, page 8). Si ce personnage peut s'identifier avec celui dont il est ici question, il devient probable qu'il s'agit d'une localité de Terre Sainte.
11. Fontenilles, Haute-Garonne, arrondissement de Muret, canton de Saint Lys, au N. 0. de Fonsorbes.
12. Raimond Il de Pardiac, archevêque d'Auch, entre 1080 et 1118.
13. Ce diplôme a dû être fait à Jérusalem, siège de l'ordre de Saint Jean ; c'est ce qui résulte de la présence, comme témoins, à côté du grand-maitre, des hauts dignitaires de l'ordre, le grand précepteur et le trésorier ; les châtelains de Gibelin et de Beauvoir se trouvaient alors accidentellement à Jérusalem (?)
14. Nous ne savons rien de ce Mélète, archevêque de Gaza et d'Eleuthéropolis. Le Quien (Oriens christianus, III. 619-620) n'indique que Matus, archevêque en 1146 ou en 1151, d'après Dosithée Notaras Histoire des patriarches de Jérusalem (en grec mod., Bucarest, 1715, in-folio), page 752 ; cf. Gregorios Palamas Jérusalem (Jérusalem, 1862, 8°), page 456.
15. S. Paoli Gazzam.
16. Ou éleuthéropolis, aujourd'hui Bêt-Djibrin. Les Latins l'ont appelé Gibelin.
17. S. Paoli: Gibelin.
18. S. Paoli: mee.
19. S. Paoli: omne.
20. S. Paoli : de Melinis. Les actes donnent indistinctement : de Melnis ou de Melna : cette dernière forme est plus fréquente.
— Nous pensons qu'il s'agit du précepteur de la maison de l'Hôpital de Jérusalem, devenu ensuite le grand-précepteur de l'ordre, et non du précepteur de la maison de Gibelin. Nous trouvons, de 1173 (octobre) à 1181, quatre mentions de Garin de Maulne, dans lesquelles il porte indifféremment le titre de præceptor ou de præceptor Hospitalis ; à partir de 1181 jusqu'en 1186, il est mentionné trois fois sans aucune qualité honorifique.
— Il y a malheureusement d'autres textes qui ne laissent pas que d'être embarrassants ; c'est d'abord un acte qu'on doit dater du 25 janvier 1159 ou 1160 et dans lequel nous lisons : « Garinus de Melna præceptor », tandis que, en 1168, c'est un frère du nom d'Aymon qui porte le titre de præceptor Hospitalis Gibelini, qu'en 1176 le præceptor Hospitalis s'appelle Garnerius, et qu'en 1166 (29 avril) nous avons la mention de : « Frater Guigo de Mauni præceptor », qu'il nous parait bien difficile de ne pas adtnettre au nombre des précepteurs de Jérusalem. La question se complique donc: ces derniers textes rendent impossible l'hypothèse que Garin fût précepteur de Gibelin aussi bien que celle qu'il fût précepteur de Jérusalem, à moins d'admettre que les fonctions du préceptorat n'aient pas été exercées par lui sans interruption de 1158 à 1181 ; ce qui donnerait du poids à cette dernière supposition, c'est qu'à partir de 1181, Garin de Maulne n'est plus revêtu du titre de précepteur, et, s'il ne remplit plus cette fonction de 1181 à 1186, on a le droit de supposer qu'entre 1158-1159 et 1173, il a pu de même une première fois ne pas l'occuper sans interruption. Nous croyons donc que Garin de Maulne était précepteur de la maison de l'Hôpitalde Jérusalem ; cette maison, la première qui ait été fondée dans l'ordre, conserva et par cette ancienneté de fondation et par la vénération attachée au lieu où elle fut établie, la prééminence sur les autres maisons de l'ordre et devint la grande préceptorerie qui s'établit aux dernières années du XIIe siècle dans l'ordre de l'Hôpital.
— V. S. Paoli, Codice diplomatico, I, n° XLV, LXIX, CC et Giunta, n° II et VII, pages 46, 69, 243, 282 et 286.
— Strehlke, Tab. ord. Teut., n° 7, p. 8.
— Archives de Malle, division l, volume II, n° 18 et 40 ; volume III, n° 8 ; volume IV, n° 30.
— P. Antonio Paoli, Dell'origine ed istituto del sacro militar ordine di S. Giovamb. Gerosot. (Roma, 1781, in-40), pages 298-300.
21. S. Paoli: tesaurario — Sous Gibert d'Assailly, Etienne figure comme frère dans un acte sans date, dans lequel Castus est qualifié de trésorier ; nous savons, par un autre document, que ce dernier remplissait ces fonctions en 1168. Les autres mentions d'Etienne que nous avons de 1173 à 1181, au nombre de sept, ne coïncident pas toutes ensemble, surtout au point de vue des titres dont Etienne est qualifié. En octobre 1173, en juin 1174 et en 1175, il est trésorier, tandis qu'en 1175, d'après un autre document, cette fonction est aux mains de frère Gérard, et en mai 1178, de frère Geffroy ; Etienne (mai 1178) est alors hospitalier. Enfin en 1181 (9 novembre), il porte le titre d'hospitalier, de trésorier (avant septembre 1181) et de simple frère (10 septembre 1181). Quelle qu'ait été, à cette époque où l'ordre se formait, la mobilité des hautes dignités de l'Hôpital de S. Jean de Jérusalem, il semble difficile d'admettre que le titulaire d'une de ces charges l'ait quittée et reprise plusieurs fois en quelques années ; mais, comme nous ne pouvons supposer que les fonctions de trésorier et d'hospitalier aient pu être réunies sur la tête du même personnage, se qualifiant tantôt de l'une et tantôt de l'autre de ces dignités; comme nous pouvons encore moins prétendre que les documents sur lesquels nous nous appuyons puissent contenir des erreurs sur les qualifications données par eux aux chefs de l'ordre, il faut cependant nous en tenir à l'hypothèse contre laquelle nous émettons des doutes. Les hautes fonctions de l'administration de l'Hôpital étant alors moins un honneur qu'une charge, l'ordre, pour être fidèle à l'esprit d'humilité et de dévouement qui avait présidé à sa formation, les confiait à ses divers membres pour une période qu'il avait soin de rendre la plus courte possible ;
— S. Paoli, Codice diplomatico, I, n° XLIV, XLV, LIX, LXIX, CC, pages 45, 47, 59, 69, 243.
— Giunta, n° II, page 282.
— Archives de Malte, division I, volume III, n° 8, 26, 52 ; IV, n° 12).
22. S. Paoli: Gibelini ;
— Ce personnage se trouve encore, en 1174 et 1175, investi des mêmes fonctions.
— Pauli, Codice diplomatico, I, n° CC, page 244.
— Archives de Malte, division I, volume III, n° 26.
23. Il est appelé indifféremment dans les actes « Willelmus de Acer, de Acir, de Acerio » ; en 1158, 1175 et 1181 il n'a que le titre de frère de l'Hôpital, mais dans un acte d'avril 1185, il est qualifié de « prior clericorum » (Cartulaire du Saint Sépulcre, n° LXIII, page 130 ;
— S. Paoli, Codice diplomatico, I, n° XLIX, LXIX, pages 5°, 69, et Giunta, n° VII, p. 286.
24. Beauvoir, aujourd'hui Kokeb-el-Hawa, au nord de Betsan sur la route de Tibériade. Nous trouvons en 1166, le frére Oldinus Rollant « præceptor de Spina » (9 avril); c'est le même personnage que celui dont il est ici parlé (Archives de Malte, divison I, vol. II, n° 40) ; dans un acte de mars 1174 il est nommé « frater Odoinus » (S. Paoli, Codice diplomatico, I, n° LV, page 56).

Sources : Delaville Le Roulx, Joseph. Trois chartes du XIIe siècle. Mélanges sur l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Paris M D CCCC X - BNF

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