Généalogie des Maîtres

Généalogies des Grands Maitres

Bertrand de Thessy. 13 mai 1230 &mdash Guérin. 1 mai 1231 — mai 1236
Le successeur de Garin de Montaigu est peu connu. Les listes des grands-maîtres l'appellent Bertrand de Texi (une d'entre elles lui donne même, par une faute de lecture évidente, le nom de Gexi) (1), et l'Estoire d'Eracles, Bertrand le Lorigne ou le Lorne (2). Les seuls documents dans lesquels il est nommé, deux analyses dues à Raybaud, portent Thessy, et il n'y a pas lieu de suspecter l'exactitude de cette forme puisque Raybaud, en rédigeant ces analyses, avait les originaux sous les yeux (3). De sa patrie nous ne savons rien, et des événements auxquels il fut mêlé peu de chose. Son élection eut lieu probablement dans l'été de l'année 1228, puisque son prédécesseur était mort avant le 1 mars 1228; son magistère ne peut pas s'être étendu au delà du printemps de 1231, puisque le 1 mai 1231 son successeur Guérin était déjà en fonctions (4).

Ces résultats positifs n'avaient pas jusqu'ici été dégagés par les historiens de l'Ordre pour un double motif : le premier est qu'ils ne connaissaient pas les deux mentions consignées par Raybaud dans un inventaire que nous avons été le premier à signaler; le second est que, trompés (5) ou embarrassés par la similitude de noms des deux grands-maîtres Garin de Montaigu et Guérin, ils avaient vainement cherché à établir des concordances chronologiques que les faits démentent aujourd'hui; en sorte que, pour la période qui s'étend entre 1228 et 1240 environ, aucune de leurs hypothèses ne concorde avec la réalité.

Il va sans dire que nous ne savons absolument rien des antécédents de Thessy avant son élévation au magistère. A peine pouvons-nous conjecturer des diverses formes sous lesquelles son nom s'est conservé en France (Taissy, Taizy, Tessy, Thésy, Thôzey, etc.) et en Italie (Tiesi, Tezzi, etc.) qu'il pouvait être originaire de l'un ou de l'autre de ces deux pays, plus vraisemblablement du premier, la désinence Thessy étant plus voisine des formes françaises que des formes italiennes.

L'élection de Thessy coïncide avec l'arrivée de l'empereur Frédéric II en Terre Sainte. Celui-ci partit de Brindisi le 28 juin 1228, et, après un séjour de six semaines (21 juillet-3 septembre) à Chypre, débarqua à Acre le 7 septembre. Il avait quitté l'Italie malgré l'excommunication dont Grégoire IX l'avait frappé (29 septembre 1228), et arrivait en Orient avec la double intention de faire reconnaître sa suzeraineté sur l'île de Chypre, — c'est à ce premier résultat qu'il avait employé son séjour dans l'île, — et de prendre la couronne de Jérusalem, grâce aux intelligences qu'il entretenait avec le sultan d'Egypte Malek el Kamel. S'il avait espéré venir en quelque sorte chercher son pardon à Jérusalem même, il avait compté sans l'opiniâtre indignation du souverain pontife, qui avait envoyé outremer l'injonction formelle aux trois maisons militaires de lui refuser obéissance, chargé le patriarche de promulguer la sentence d'excommunication, et frappé par avance d'interdit tout lieu où l'empereur poserait le pied. A son débarquement il fut honorablement reçu par le clergé et les barons, mais l'excommunication encourue avait mis les Chrétiens en défiance, et successivement les éléments sur lesquels il comptait s'appuyer s'éloignèrent de lui. Obéissant aux ordres du pape, Thessy cessa ouvertement de le reconnaître comme roi de Jérusalem ; le Temple suivit l'exemple de l'Hôpital, et les bans généraux de l'armée furent publiés, non au nom de Frédéric II, mais à ceux de Dieu et de la chrétienté. Le clergé se déroba, et la plupart des croisés étrangers regagnèrent l'Occident. Il ne resta à Frédéric, pour faire valoir ses revendications, que les barons de Syrie et de Chypre, auxquels Grégoire IX n'avait pas défendu de lui obéir, les contingents impériaux déjà passés en Syrie, et l'ordre Teutonique, qui ne put se décider à abandonner la cause d'un empereur allemand.

Grâce à ces défections successives, Frédéric II se trouva à la tête d'un contingent très restreint (6). La croisade, il est vrai, devait dans sa pensée revêtir un caractère plus diplomatique que militaire ; les trêves avec les Sarrasins n'étant pas expirées, le besoin d'un déploiement considérable de combattants était moins impérieux. Il n'était plus question, comme jadis, de faire appel à l'enthousiasme religieux et guerrier des croisés pour abattre la puissance musulmane; on ne croyait plus possible de reconquérir la Terre Sainte et de rétablir l'ancien royaume latin de Jérusalem dans son intégrité; l'ambition de l'empereur se bornait à consolider la domination latine dans les limites des territoires qu'elle avait, quarante ans plus tôt, réussi à défendre contre Saladin. Pour accomplir ce programme, il fallait suppléer à la force des armes par l'habileté de la diplomatie. Néanmoins, malgré cette orientation nouvelle, les ressources militaires dont Frédéric II disposait semblaient trop restreintes, et les concours qui lui étaient restés fidèles trop rares et trop hésitants, pour qu'en Occident comme en Orient on pût espérer un heureux résultat de la campagne de l'empereur.

A peine arrivé, Frédéric II (novembre 1228) se mit en marche sur Jaffa ; il était suivi de loin par les chevaliers du Temple et de l'Hôpital (7), effrayés de voir l'armée chrétienne s'engager au milieu des troupes de l'ennemi très supérieures en nombre, au moment où la fin des trêves approchait et où celles-ci pouvaient être dénoncées. Le but de l'empereur, en agissant de la sorte, était de se rapprocher du sultan d'Egypte et de hâter la conclusion des négociations entamées avec lui. Elles durèrent trois mois, et aboutirent, le 18 février 1229, à la signature d'un traité de paix, plus séduisant qu'avantageux. Si Jérusalem, Bethléem et Nazareth étaient restituées aux Latins, ceux-ci ne recevaient que les villages situés sur les routes qui menaient de la côte à ces trois villes, et quelques bonnes positions sur le rivage et dans l'intérieur, Jaffa, Césarée, le Toron et Montfort. Les Musulmans gardaient tous les points stratégiques essentiels. A Jérusalem même, si le droit de relever les murailles était reconnu à Frédéric II, stipulation illusoire à cause des sommes considérables que l'exécution de ce travail eût exigées, et que ni lui, ni les Musulmans n'étaient capables de rassembler, les Infidèles conservaient le droit de juridiction sur leurs nationaux et la possession du temple de Notre-Seigneur (mosquée d'Omar ou Kubbet es Sakhrah) et du Temple de Salomon (mosquée El Aksa). La principauté d'Antioche restait en dehors de la convention, et l'empereur interdisait à ses sujets de la secourir en cas d'attaque (8). Il s'engageait enfin à détourner les princes d'Occident de faire la guerre à Malek el Kamel, et à le défendre si ceux-ci la lui déclaraient. La durée du traité était fixée à dix ans, cinq mois et quarante jours, à partir du 24 février 1229 (9).

Le but politique poursuivi par l'empereur était atteint. Maître de la Ville Sainte, il se hâta d'y faire son entrée solennelle, et, en posant lui-même sur sa tête la couronne de Jérusalem (18 mars 1229), dont aucun prélat n'avait osé ceindre le front d'un prince excommunié, de légitimer les droits au trône qu'il tenait du chef de sa femme ; puis il retourna à Acre, et, devant l'accueil nettement hostile des Chrétiens, qui l'obligea à mettre la ville en état de siège pour assurer sa sécurité personnelle, il prit rapidement les dispositions indispensables à la défense du royaume, et s'embarqua le 1 mai 1229 pour l'Italie, où l'appelaient de graves intérêts. Si la conclusion de la paix satisfaisait les ambitions de Frédéric II, elle avait été accueillie avec un égal mécontentement par les Musulmans et par les Latins. Les premiers étaient indignés que Jérusalem, la seconde ville de l'Islam au témoignage de Mahomet, ait été si facilement sacrifiée, quand Saladin, moins d'un demi-siècle auparavant, avait hautement repoussé la pensée de la livrer à Richard Coeur de Lion. Interprète du sentiment public, le sultan de Damas, Malek el Nacer Daoud, avait énergiquement refusé de ratifier cette cession. Les Chrétiens, de leur côté, n'avaient pas lieu de se féliciter des résultats, plus apparents que réels, que l'empereur se flattait d'avoir obtenus pour eux. L'abandon aux Sarrasins des deux sanctuaires vénérés était un blasphème, la liberté pour eux de venir à Bethléem, une folie, puisqu'aucun souvenir religieux ne les rattachait au berceau du Sauveur; enfin, l'omission systématique dans le traité de la principauté d'Antioche, du comté de Tripoli et du nord de la Syrie, une injure gratuite pour les populations chrétiennes de ces régions, qui n'avaient jamais refusé au royaume de Jérusalem, dans les circonstances critiques qu'il avait traversées, leur appui et leurs secours. Aussi le patriarche, au nom du clergé de Terre Sainte, et les grands-maîtres du Temple et de l'Hôpital avaient-ils opposé un refus formel à la reconnaissance du traité, dont les avantages étaient illusoires et les inconvénients manifestes. Le seul point sur lequel il était favorable à la cause latine était la prorogation pour dix années de la trêve entre Chrétiens et Musulmans, et la restitution de quelques prisonniers, encore retenus en Egypte à la suite de la croisade de Damiette (10).

Aussitôt après le départ de l'empereur, l'inefficacité des garanties stipulées apparut aux yeux de tous. La paix, quoique fidèlement observée par les princes musulmans, laissait le champ libre aux brigandages et aux incursions des Arabes, et la Palestine passait par de continuelles alarmes : pillages, massacres des habitants et excès de toute sorte se succédaient, sans que les Latins pussent y mettre fin. Au nord de la Syrie, les Templiers et les Hospitaliers avaient, à l'automne de 1229, profitant de l'exclusion dont ils avaient été l'objet dans le traité, dirigé une incursion heureuse contre les Musulmans de Barin, pillé la ville et les environs, et fait un butin considérable (11). Par contre les Chrétiens avaient, du château des Kurdes, dirigé une attaque malheureuse sur Hamah (juillet-août 1230), qui leur avait valu une sanglante défaite et un grand nombre de prisonniers (12).

La situation était en somme fort inquiétante, et Frédéric II, occupé ailleurs, ne songeait pas à secourir la Terre Sainte. L'opinion publique avait poussé la reine Alix, veuve du roi de Chypre Hugues I et grand-tante du fils de Frédéric, à réclamer, en qualité de parente la plus proche de Conrad, la régence du royaume de Jérusalem, dont la coutume d'outre-mer exigeait formellement l'établissement en cas d'éloignement du souverain, — ce qui était le cas pour le jeune prince (1230). Cette requête, à laquelle l'empereur répondit évasivement, était un symptôme de l'état des esprits et de l'anxiété générale. Les Chrétiens, isolés en Terre Sainte, abandonnés par leur protecteur naturel et mal soutenus par ses agents, se sentaient incapables de se défendre avec leurs seules ressources; l'espoir leur revint cependant quand ils apprirent que Frédéric II avait fait la paix avec le S. Siège (juillet 1230), qu'il avait été relevé (28 août) de l'excommunication qui pesait sur lui (13), et qu'il avait donné ordre (août 1230) de restituer aux Templiers et aux Hospitaliers les biens qu'il leur avait confisqués en Sicile (14).

L'illusion fut courte, et les événements se chargèrent, comme nous le verrons plus loin, de dissiper les sympathies que l'empereur, en se soumettant au pape, avait réveillées un instant en sa faveur parmi les habitants de la Palestine. Thessy, en présence du pardon que Grégoire IX accordait à l'excommunié et de la restitution que celui-ci promettait aux Hospitaliers, n'avait plus de raison de persévérer dans l'hostilité qu'il professait contre Frédéric II ; mais, ne pouvant oublier que l'Ordre avait été systématiquement exclu de la paix de 1229, il se borna à se tenir à l'écart, et mourut sans se départir de l'attitude froide et réservée qu'il s'était imposée vis-à-vis de l'empereur.

La lutte contre la politique impériale absorba à tel point les chrétiens de Terre Sainte pendant la durée du magistère de Thessy que l'Hôpital ne fut, de leur part, l'objet d'aucune libéralité et d'aucune transaction ; leurs préoccupations étaient ailleurs. L'Occident, au contraire, continua à l'Ordre, dans les mêmes proportions que sous le grand-maître précédent, les faveurs et les avantages qu'il s'était habitué à leur accorder. Parmi les pays dans lesquels le développement des Hospitaliers fut particulièrement actif, l'Espagne (15) et l'Allemagne (16) sont au premier rang ; les causes de cette activité ont déjà été signalées, et il est inutile d'y revenir ici.

Nous n'avons, naturellement, aucun élément pour apprécier d'une façon sérieuse les qualités déployées par Bertrand de Thessy pendant son passage au magistère. Les annalistes de l'Ordre ont seuls porté sur lui un jugement, dont nous ne pouvons contrôler la véracité. Devons-nous, avec eux, louer la probité, la piété et la vertu de ce grand maître ? Les points de comparaison nous font défaut, sauf un, qui malheureusement est en opposition avec ce que disent ces panégyristes. Ceux-ci font honneur à Bertrand de Thessy de nombreux accroissements survenus à l'Hôpital en Syrie, tandis que nous avons précisément constaté qu'aucune trace de ces progrès ne nous a été conservée. Cette contradiction formelle jette sur l'ensemble de ce témoignage un sérieux discrédit ; si elle n'empêche pas absolument d'en faire état, elle éveille notre suspicion, et nous autorise à n'accueillir que sous les plus extrêmes réserves les éloges décernés à Bertrand de Thessy (17).

A la mort de Thessy, le choix de l'Ordre appela Guérin au pouvoir. Le nouvel élu avait été prieur de France (mai 1225-juin 1229), et remplissait probablement encore cette fonction au moment où il fut promu au magistère (18). Nous ignorons l'époque exacte de son élévation à la grande maîtrise ; le seul point hors de doute est que le 1 mai 1231 il était déjà grand-maître (19). Peut-être serait-on en droit de placer son élection dans l'été de 1230, en remarquant que la dernière mention de Thessy date du 13 mai 1230 (20), et que dès novembre 1230 le prieuré de France n'était plus aux mains de Guérin (21). Si l'on suppose, ce qui est fort vraisemblable, que Guérin passa directement de la charge de prieur de France à la dignité magistrale, la promotion du nouveau grand-maître se trouve ainsi limitée entre le 13 mai et le mois de novembre de l'année 1230.

La patrie de Guérin ne nous est pas connue ; mais, en raison de la dignité de prieur de France, dont il était revêtu, il n'est pas téméraire de supposer qu'il était français ; les charges prieurales, en effet, semblent avoir été réservées à des dignitaires originaires du prieuré qu'ils étaient chargés d'administrer.

Si, au moment où Guérin prit en mains le gouvernement de l'Hôpital, la situation en Syrie, par l'accord intervenu entre Frédéric II et le pape, semblait se détendre, les affaires de Chypre prenaient en revanche une tournure de plus en plus inquiétante. On sait que l'empereur, après avoir renoncé à soutenir ses prétentions personnelles à la couronne de Jérusalem, qu'il s'était cependant posée lui-même sur la tête, ne défendait plus que les droits de son fils Courad. S'appuyant sur les coutumes allemandes, il prétendait que la régence du royaume de Jérusalem comme père de l'héritier du trône, et celle de Chypre comme empereur d'Occident, devaient lui appartenir. Il avait, avant de débarquer en Syrie, pendant l'escale qu'il fit à Chypre, réussi à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'île, mais s'était vu refuser l'hommage par les seigneurs chypriotes. Jean et Philippe d'Ibelin, régents du royaume pendant la minorité du roi Henri I de Lusignan, leur neveu, défendaient énergiquement contre lui leurs droits et ceux de leur pupille ; leur parti, nettement hostile à l'empereur, se recrutait parmi les parents et vassaux de la famille d'Ibelin, qui, possessionnée à la fois en Chypre et en Syrie, prêtait à Frédéric II, pour ses domaines de Syrie, l'hommage qu'elle lui devait en qualité de régent de Jérusalem, mais le lui refusait pour les terres qu'elle tenait dans l'île et sur lesquelles elle ne reconnaissait que la suzeraineté du 'roi de Chypre. Après le départ de l'empereur, les Ibelin, malgré les efforts des Impériaux, avaient repris le pouvoir et ramené le jeune roi en Chypre ; effrayé de leurs progrès, Frédéric II avait, en janvier 1231, envoyé un corps de troupes de secours en Orient sous le commandement de Richard Filangieri, maréchal de l'empire, avec la mission de briser la résistance du régent Jean d'Ibelin, sire de Beirout. Le premier acte de Filangieri fut la prise de la ville et le siège du château de Beirout (1231). Cette intervention énergique du représentant impérial, et les violences auxquelles il se livra à l'égard des barons, loin d'apaiser les esprits, les excitèrent, et bientôt la résistance aux ordres du maréchal devint générale. La plus grande partie de la noblesse de Chypre et de Syrie se groupa autour du sire de Beirout et du roi de Chypre ; la confrérie de S. André, association de prières depuis longtemps établie, et devenue, en présence du danger commun, un groupement politique de tous les mécontents, organisa la ville en véritable commune à l'exemple des communes d'Italie. Malgré tant de sympathies et le concours militaire des barons, Ibelin, en tentant de secourir la garnison de Beirout, éprouva à casal Imbert (3 mai 1232) une défaite complète (22). Mais, avec une énergie incroyable, il sut, grâce au dévouement des siens, grâce à l'appui du jeune roi Henri, se procurer l'argent et les hommes nécessaires pour reconstituer son armée. Son neveu Jean de Césarée trouva 16 000 besants en vendant Cafarlet aux Hospitaliers ; son autre neveu Jean d'Ibelin en obtint 15 000 des Templiers en leur cédant le casal d'Arames (23), et vendit également à l'Hôpital des maisons qu'il possédait à Acre, dans la rue de la Vieille Reine (24).

Quelle fut, pendant ces tristes événements, l'attitude du grand-maître Guérin? L'Hôpital, comme le Temple, s'abstint de prendre parti dans la querelle. Le rôle de ces deux ordres n'était ni de combattre l'empereur, depuis qu'il s'était réconcilié avec le pape, ni de favoriser les menées du lieutenant impérial, dont la conduite allait à l'encontre des vrais intérêts des chrétiens de Syrie ; mais leur médiation fut toujours acquise aux tentatives d'accord entre les partis. C'est ainsi qu'ils s'entremirent, sans succès il est vrai, quand Ibelin se porta, en 1232, au secours de Beirout assiégé, pour amener la paix entre lui et le maréchal (25). En revanche, pour ne pas se départir de la neutralité qu'ils s'étaient imposée, les Templiers refusèrent de donner asile à Balian, fils de Jean de Beirout, dans leur maison de Moncoqu, près de Tripoli, et les Hospitaliers l'éconduisent de la même façon (26).

Frédéric II, à la première nouvelle de la révolte d'Acre, avait résolu d'envoyer des renforts à son lieutenant en Terre Sainte (juillet 1232). Il en fut dissuadé par le pape, qui s'offrit comme médiateur entre les belligérants, et décida, dans l'intérèt de la pacification qu'il se flattait d'amener, le rappel du légat Géraud de Lausanne, trop compromis par ses dispositions malveillantes à l'égard de l'empereur (27), et son remplacement par Albert, patriarche d'Antioche, dont le zèle à la cause impériale était depuis longtemps connu (28). Une série de bulles, adressées pendant le mois de juillet 1232 aux diverses autorités de Terre Sainte, témoigne de l'activité mise par le pontife à amener la concorde ; Grégoire IX demande successivement aux barons et aux bourgeois d'Acre, aux ordres militaires, et notamment aux Hospitaliers, d'écouter la voix du nouveau légat et de se rallier à la cause impériale (29). Celle-ci, en effet, semblait de jour en jour plus compromise; les Ibelin avaient reconquis Chypre à leur influence, et y avaient abattu sans retour le parti allemand (fin de l'année 1232 — avril 1233); en Terre Sainte l'anarchie était générale, et l'autorité du représentant de Frédéric II partout méconnue. Les efforts du patriarche d'Antioche aboutirent à la conclusion d'un accord, dont les bases nous sont inconnues, et que le souverain pontife ratifia le 22 mars 1234 (30). Mais la décision du légat ne satisfit personne ; Grégoire IX dut insister auprès de Jean d'Ibelin, des prélats, barons et chefs des ordres militaires pour la faire observer (7-8 août 1234), et envoyer en Syrie un nouveau légat, l'archevêque Thierry de Ravenne, chargé d'en assurer l'exécution, et, au cas où il se heurterait à un refus absolu, de rétablir les choses dans l'état où elles se trouvaient avant les difficultés soulevées par le lieutenant de l'empereur (31). Ce que le pape avait prévu arriva; l'archevêque de Ravenne ne réussit pas dans sa mission. Ibelin déconseillait tout, accommodement, persuadé que la Syrie n'obtiendrait de Frédéric II de garanties sérieuses qu'après avoir obligé les dernières troupes impériales, par la prise de Tyr, à évacuer la Palestine. La perspective du siège de Tyr épouvantait tellement le souverain pontife que, pour conjurer le danger dont elle menaçait les Impériaux, il enjoignit aux Hospitaliers, comme aux autres ordres militaires (28 juillet 1235), de détourner Jean d'Ibelin et les bourgeois d'Acre d'un pareil dessein (32). Pendant ce temps, l'archevêque, brusquant les choses, mettait la ville d'Acre en interdit, mesure violente et dangereuse que Grégoire IX dut désavouer, et les habitants d'Acre envoyaient des plénipotentiaires à la cour pontificale pour obtenir un arrangement définitif sous le patronage du S. Siège. Cet accord, conclu au commencement de l'année 1236, fut considéré comme définitif par Grégoire IX (33) ; mais quand les députés, de retour à Acre, firent connaître le résultat de leur mission, ce fut un déchaînement général. Il est probable que le refus par Frédéric II de rappeler Richard Filangieri, de comprendre le roi de Chypre dans le traité et de faire droit aux réclamations du patriarche de Jérusalem, — points que le pape avait acceptés dans un avant-projet qui nous a été conservé, — et l'abolition de la commune jurée, imposée aux bourgeois d'Acre, avaient paru inacceptables à la noblesse aussi bien qu'à la bourgeoisie du royaume de Jérusalem. Les efforts du pontife échouaient encore une fois, et la situation n'était pas modifiée (34).

Pendant cette période les Sarrasins, fidèles observateurs du traité de 1229, laissaient quelque répit aux chrétiens de Terre Sainte, et, sauf des escarmouches de frontières, entretenaient avec eux des relations pacifiques. L'année 1233, cependant, est marquée par une expédition contre le prince d'Hamah, à laquelle l'Hôpital fut directement intéressé et prit une part importante. Malek el Modaffer refusait de payer aux Hospitaliers le tribut annuel auquel son frère et prédécesseur Malek en Nacer Kilidj, pour s'assurer leur appui, s'était engagé envers eux (35). Les Latins profitèrent du répit que leur donnaient alors les affaires de Chypre pour réunir, afin de l'y contraindre, dans la plaine de la Boquée (El Bukeia), au pied du château du Crac, une armée, composée des Templiers sous les ordres de leur grand-maître Armand de Périgord, de 80 chevaliers du royaume de Jérusalem sous la conduite de Pierre d'Avalon, de 100 chevaliers chypriotes commandés par Jean d'Ibelin, et de 30 chevaliers de la principauté d'Antioche obéissant à Henri d'Antioche, frère du prince Bohémond V. Le grand-maître Guérin se joignit à ces divers contingents avec toutes les forces de l'Ordre : 100 chevaliers, 400 sergents à cheval et 1 500 hommes de pied. En une campagne de 8 jours, les Chrétiens pillèrent Barin (Montferrand) et ses environs, Merdjemin, la Somaquié (Somakieh), et regagnèrent la Boquée sans avoir été inquiétés. Malek el Kamel et Malek el Aschraf, sultans d'Egypte et de Damas, effrayés et redoutant une alliance des Latins avec le sultan d'Iconium, qu'ils se préparaient eux-mêmes à attaquer, s'entremirent auprès du prince d'Hamah, leur neveu, et obtinrent de lui le paiement du tribut (36). Cette expédition semble se placer aux environs du mois d'octobre, car à ce moment nous constatons à Acre la présence de Jean d'Ibelin, seigneur de Beirout, qui y prit part (37), tandis que pendant la plupart des autres mois de cette année Ibelin résida à Chypre (38).

Sauf cette courte campagne contre les Infidèles, le magistère de Guérin fut pacifique. L'Ordre, en restant étranger au conflit qui déchirait la Terre Sainte, profita de cette situation exceptionnelle pour consolider sa position en Orient, d'abord par une série d'achats (39), d'échanges (40), de donations (41) et de conventions (42), ensuite en appliquant ses efforts à obtenir, pour les contestations dans lesquelles il était impliqué, une solution définitive.

Parmi celles-ci l'une des plus graves était la question des rapports des Hospitaliers avec Bohémond IV, comte de Tripoli; les violences dont ce prince s'était rendu coupable à leur égard, et que nous avons racontées plus haut, avaient déterminé l'excommunication de celui-ci (5 mars 1230) et la mise en interdit du comté. Cette mesure extrême eut-elle sur l'opiniâtreté de Bohémond un effet salutaire ? Comprit-il qu'abandonné des Templiers qui, depuis la mort du roi d'Arménie, n'avaient plus lieu de joindre leur cause à la sienne, il n'avait aucune raison de continuer la résistance ? Trouva-t-il, en présence de la politique inaugurée en Terre Sainte par Frédéric II, et dont, comme les barons du royaume, il subissait les conséquences désastreuses, que son intérêt lui commandait de se rapprocher des ordres militaires du Temple et de l'Hôpital? Toujours est-il qu'il se décida à prêter l'oreille aux ouvertures que le patriarche de Jérusalem Giraud de Lausanne, légat du S. Siège, lui avait fait faire, et à accepter l'arbitrage de ce dernier. L'accord fut conclu, le 27 octobre 1231, sur les bases suivantes : les Hospitaliers renonçaient à toutes les donations et concessions consenties en leur faveur dans la principauté d'Antioche par Raymond-Rupin, à l'exception de Gibelet et du château de la Vieille, qu'ils conservaient. En échange, Bohémond s'engageait à leur payer deux rentes, l'une de 873 besants d'Antioche, l'autre de 316 besants de Tripoli, respectivement assises sur ses revenus d'Antioche et de Tripoli (43). Il confirmait en même temps le don et la vente de biens à Cellorie, qui avaient été faits per Jean Nicéphore à l'Ordre le 1 décembre 1217 (44).

Le passé était oublié, les griefs antérieurs définitivement réglés par cette convention, et les possessions, privilèges et droits de l'Hôpital solennellement ratifiés par. le prince. La soumission de Bohémond ne tarda pas à porter ses fruits : le S. Siège se hâta (10 avril 1233) de lever l'excommunication (45), mais Bohémond mourut peu de temps après qu'elle fut rapportée (46).

Entre le Temple et l'Hôpital les causes de désaccord, nées de contacts journaliers et d'intérêts opposés, étaient fréquentes. Guérin s'efforça de les aplanir par voie d'arbitrage, en recourant aux bons offices des légats du S. Siège, médiateurs naturels entre les parties. Le premier litige concernait les trêves conclues séparément par chacun des deux ordres avec les Sarrasins, et la question de savoir jusqu'à quel point elles engageaient celui d'entre eux qui ne les avait pas conclues. Il s'agissait, en l'espèce, d'une trêve intervenue entre le sultan d'Alep et les Hospitaliers pour Gibelet. On se rappelle qu'une décision antérieure du légat (15 octobre 1221) avait attribuée cette ville par moitié au Temple et à l'Hôpital (47). Dans ces conditions, les Templiers devaient-ils ratifier et observer cette trêve ? La décision de l'arbitre (18 juin 1233) les y obligea, en les mettant, puisqu'ils étaient copropriétaires avec les Hospitaliers, sur le même pied qu'eux au point de vue des avantages aussi bien que des obligations de toute nature qu'entraînait cette copropriété, et proclama la réciprocité absolue des engagements pris et des résolutions à prendre par chacun des deux ordres (48). En revanche, à l'égard de Saône (Sahoun), l'arbitrage garantissait au Temple comme à l'Hôpital l'entière liberté de conclure ou de rompre la trêve sans que la conduite de l'un engageât celle de l'autre.

La seconde controverse à régler était relative au régime des eaux du Nahr en Naaman, qui assurait le fonctionnement des moulins d'Acre, dont les plus voisins de la source du fleuve appartenaient au Temple et les plus rapprochés de l'embouchure aux Hospitaliers. Les questions d'eau, toujours délicates à déterminer, prenaient en Syrie une importance exceptionnelle du fait que le débit des rivières était fort inégal et généralement très restreint ; aussi l'affaire des moulins d'Acre avait-elle passionné et échauffé les esprits à un degré extraordinaire, et faisait-elle craindre que les parties en cause ne recourussent à la voie des armes pour faire triompher leurs prétentions (49). Une prompte solution, pour empêcher les pires excès, s'imposait; elle intervint, sur les conseils du légat Thierry de Ravenne, entre les deux grands-maîtres, le 25 juillet 1235 (50), sous forme d'une réglementation du niveau [des eaux et des barques que chacun des deux ordres aurait le droit d'entretenir dans son bief. Contre le prince d'Antioche Bohémond V, Guérin dut également recourir à l'arbitrage de Barthélémy, évêque de Valénie, délégué par le pape (51), pour se faire mettre en possession du château de Maraclée, que le prince lui disputait, et se faire indemniser des dommages que celui-ci avait causés à l'Ordre à cette occasion. Mais la décision de l'évêque (22 novembre 1234), rendue par défaut (52), n'assurait aux Hospitaliers que la possession provisoire du château, et ajournait la fixation des dommages et intérêts ; elle ne fut pas acceptée par Bohémond, et la querelle se prolongea à l'état aigu pendant de longues années.

En Occident, l'état de l'Ordre pendant le magistère de Guérin semble stationnaire. Dans ses rapports avec les divers pouvoirs civils et religieux, l'Hôpital s'applique, comme en Orient, à régler les contestations pendantes, à faire reconnaître ses droits, à améliorer ou à préciser sa position par des transactions et des échanges partiels (53). Les souverains, sauf en Espagne (54) et Portugal (55), et à un moindre degré en Angleterre (56), ne lui font plus de libéralités territoriales et de concessions de privilèges importantes; ils se bornent à ratifier les donations de leurs sujets et de leurs prédécesseurs, et à confirmer les arrangements nouveaux intervenus entre lui et leurs vassaux (57). Le généreux élan qui caractérise le XIIe siècle s'est du reste ralenti partout au XIIIe siècle, et les Hospitaliers en subissent le contrecoup. La maison de Brienne, cependant, leur donne des biens étendus (58), mais ces faveurs s'expliquent par les relations que ses attaches avec les familles régnantes de Chypre, de Jérusalem et de l'empire latin de Constantinople ne pouvaient manquer de créer entre elle et eux. Toutes les fois, en effet, que les circonstances ont mis l'Hôpital en contact direct avec l'Occident, ce contact a eu, pour le développement de l'Ordre, d'heureux résultats; nous les avons déjà constatés maintes fois, et les constatons encore ici.

Parmi les transactions conclues par Guérin, l'une d'entre elles, celle du 3 octobre 1233 entre la ville de Marseille et les grands-maîtres de l'Hôpital et du Temple, mérite d'être particulièrement signalée. Elle garantissait la liberté de navigation dans le port de Marseille à quatre navires par an, deux de chaque ordre, au moment des passages de mars et d'août réglementait le nombre des pèlerins autorisés à s'embarquer sur chacun de ces bâtiments, et donnait ainsi aux relations commerciales entre l'Occident et l'Orient la fixité qu'elles réclamaient. Antérieurement à cette convention, les deux ordres jouissaient d'un privilège analogue pour le transport des pèlerins et des marchandises de Marseille en Orient et en Espagne.

Le nouveau contrat précisa les conditions de cette navigation. On sait que les vaisseaux du Temple et de l'Hôpital, partant des ports d'Espagne, touchaient à Marseille pour y compléter leur chargement avant de faire voile vers la Terre Sainte ; il ne leur était pas défendu de faire escale sur les côtes de Languedoc et de Provence, et d'y prendre des marchandises à destination du Levant. Cet état de choses, fort préjudiciable au commerce marseillais, fut modifié par l'engagement pris par le Temple et l'Hôpital de ne plus faire relâcher leurs bâtiments entre Collioure et Monaco. Au prix de cette concession, la ville de Marseille consentit à leur accorder la libre pratique dans les conditions que nous venons d'exposer. Il est superflu d'insister sur la portée de cette convention ; elle assurait les ravitaillements en hommes, denrées, chevaux et approvisionnements de » toute nature, dont dépendait l'existence même des ordres militaires en Orient, et à ce titre avait pour eux une importance capitale (59).

En Angleterre, un curieux conflit mérite d'être signalé. Une grande dame, Marguerite de Lascy, avait fondé à Acornbury une maison de religieuses, auxquelles elle avait imposé une règle et un costume particuliers. Elle affilia ensuite cette maison à l'Hôpital, sans songer que cette affiliation empêcherait ses religieuses de suivre la règle et de porter l'habit qu'elle leur avait choisis. Guérin, défenseur des règlements de l'Ordre, insistant pour qu'ils fussent observés à Acornbury comme dans les autres couvents d'Hospitalières, le S. Siège (8 avril 1233) dut intervenir, et, en faisant rétablir l'ancien état de choses, rendit au couvent d'Acornbury son indépendance (60). Mais pendant ce temps les Hospitaliers avaient obtenu en Angleterre un jugement qui consacrait leurs droits, et obligeait Marguerite de Lascy à soumettre ses religieuses à l'habit et à la règle des Hospitalières (61) : Grégoire IX intervint une seconde fois pour faire surseoir à l'exécution du jugement (62).

Les délégués du pape avaient ensuite excommunié Marguerite de Lascy, qui avait fait défaut, ne voulant pas se présenter en justice en l'absence de son mari, et il avait fallu une nouvelle intervention pontificale (23 juillet 1234) pour annuler cette excommunication, aussi hâtive que rigoureuse (63). L'affaire, reprise, deux ans plus tard, par ordre du S. Siège, sur une plainte de Marguerite de Lascy et de son mari, et sur une plainte des religieuses qui, depuis la mort de leur prieure, ne pouvaient procéder à une nouvelle élection (12 et 28 avril 1236), fut soumise à de nouveaux juges (64). Elle fut terminée le 16 juillet 1237 par une décision de Grégoire IX, qui affranchit définitivement les religieuses d'Acornbury de l'obéissance qu'elles devaient à l'Hôpital (65). Cet épisode caractéristique témoigne de la persévérance avec laquelle les Hospitaliers, pour défendre leurs intérêts, surent recourir, pendant plus de cinq ans, aux subtilités de la procédure ecclésiastique.

Le magistère de Guérin prit fin dans l'été de 1236, entre le mois de mai, date du dernier acte souscrit par le grand-maître, et le 20 septembre, date du premier acte connu de son successeur (66). Des faits que nous avons exposés il est facile de dégager le rôle joué par Guérin, et de porter sur lui un jugement d'ensemble, dont les éléments nous sont fournis par le témoignage des anciens annalistes de l'Ordre. Guérin, disent-ils, fut un grand-maître économe, ennemi de l'ostentation et de la vaine gloire. Il sut profiter de la période de paix pendant laquelle il gouverna l'Hôpital pour lui constituer un trésor considérable. Cette appréciation résume avec un rare bonheur et les qualités personnelles de Guérin et les heureux résultats que leur mise en pratique eut sur le développement et l'administration de l'Ordre tout entier (67).
Sources : Joseph Delaville Le Roulx. Les Hospitaliers en Terre Sainte et à Chypre (1100-1310). Paris, E. Leroux, 1904. In-8º, XIII-440 pages.
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Les Notes
1. Dugdale, Monasticon Anglicanum, VI, 797.
2. Historiens occidentaux des croisades, II, 365 et 372. On s'explique difficilement cette désignation. Faut-il supposer que le rédacteur de l'Eracles a confondu Bertrand avec Nicolas le Lorgne, qui précisément occupait le magistère au moment où il terminait sa chronique, ou que Bertrand et Nicolas étaient tous deux louches (lorgne) ?
3. 13 mai 1230. Arbitrage par Géraud de Lausanne, patriarche de Jérusalem, entre le grand-maître Bertrand de Thessy et T., évêque de Limisso, au sujet des dîmes de Limisso (Cartulaire, II, nº 1959).
— 23 juillet 1231. Confirmation par le grand-maître Guérin d'un acensement de maisons, consenti par le prédécesseur de celui-ci Bertrand de Thessy en faveur d'une dame nommée Gille (Cartulaire, II, nº 1990).
4. Cartulaire, II, nº 1983.
5. Pauli cependant (Codice diplomatique, I, 341) avait nettement établi l'existence distincte des deux grands-maîtres Garin de Montaigu et Guérin.
6. Il était, d'après les évaluations les plus optimistes, de 2 000 chevaliers d'outre-mer, 1 500 cavaliers et 10 000 hommes de pied (Huillard-Bréholles, Histoire dipi. Frid. II, I, page CCCXXX).
7. Estoire d'Eracles, 373.
8. Cette défense visait spécialement le prince d'Antioche Bohémond IV, les Templiers et les Hospitaliers.
9. Mas-Latrie, Histoire de Chypre, I, 246-50. Rohricht, Gesch. des Konigreichs Jerusalem, 779-86.
10. Sur le séjour de Frédéric en Terre Sainte, voir Mas-Latrie, Histoire de Chypre, I, 251-3, et Rohricht, Gesch. des Konigreichs Jerusalem, 786-96.
11. Ibn el Atir (Historiens orientaux des croisades, II, 180) place cette incursion à la fin de l'an 626 de l'hégire, c'est à dire avant le 20 novembre 1229.
12. El-Aini, Le Collier de perles, dans Historiens orientaux des croisades, II, 194.
13. Bohmer-Ficker, Regesta imperii, V, I, 367.
14. Cartulaire, II, nº 1967. Il est probable que cette confiscation dut être opérée comme représailles de l'hostilité manifestée en Terre Sainte contre l'empereur par les ordres militaires. Frédéric II, comprenant que l'appui de ceux-ci lui était indispensable en Syrie, se décida à la révoquer; mais, la restitution tardant à se faire, le pape Grégoire IX, dans une série de lettres, insista énergiquement auprès de l'empereur pour en hâter l'exécution (19 janvier-22 août 1231). De leur côté, les Hospitaliers, pour la faciliter, proposèrent de remettre au grand-maître des Teutoniques la garde des fiefs qu'ils avaient reçus au royaume de Sicile du temps de la reine Constance, mère de Frédéric II, jusqu'à ce qu'un arbitrage eût prononcé sur la légitimé de leurs droits (Cartulaire, II, nº 1973, 1975-6, 1982, 1986 et 1991).
15. — Actes d'Alphonse IX, roi de Castille et Léon: avril 1228 (Cartulaire, II, nº 1913);
— Et 1 juillet 1230 (Cartulaire, II, nº 1964);
— De Jacques I d'Aragon : 18 juillet 1228 (Cartulaire, II, nº 1918);
— 10 novembre 1228 (Cartulaire, II, nº 19256);
— Et 22 mai 1230 (Cartulaire, II, nº 1960);
— De la comtesse d'Urgel : 27 juin 1230 (Cartulaire, II, nº 1963).
16. — Les actes rendus en faveur des Hospitaliers allemands sont très nombreux; ils émanent des comtes de Tockenbourg : 1228 (Cartulaire, II, no 1904);
Des comtes de Kybourg : 1129 (Cartulaire, II, nº 1937);
— Et 18 avril 1230 (Cartulaire, II, nº 1958);
Des ducs de Saxe : 13 août 1228 (Cartulaire, II, nº 1921);
— Et 1229 (CartuL, II, nº 1935);
Des ducs de Limbourg : septembre 1228 (Cartulaire, II, nº 1922);
Des ducs de Poméranie : 1239 (Cartulaire, nº 1936);
Des ducs d'Autriche-Styrie : 13 mars 1231 (Cartulaire, II, nº 1978).
17. Dugdale, Monast. Anglic, VI, 797. V. plus haut, p. 34, note 3.
18. Ces dates, données par les pièces dans lesquelles Guérin figure comme prieur de France (Cartulaire, II, nº 1812 et 1941), n'ont rien d'absolu.
19. Cartulaire, II, nº 1983.
20. Cartulaire, II, nº 1959.
21. H. prieur de France en novembre 1230 (Cartulaire, II, nº 1970).
22. Mas-Latrie, Histoire de Chypre, I, 264-80; Rohricht, Gesch. des Konigreichs Jerusalem, 797-819.
23. Estoire d'Eracles, 398. Nous savons que les Hospitaliers avaient des intérêts à Cafarlet dès 1207 (Cartulaire, II, nº 1250); mais nous n'avons pas, ce qui est étonnant, l'acte concernant la vente de ce casal par Jean de Césarée. Comme il est certain qu'en 1255 Cafarlet appartenait aux Templiers (Cartulaire, II, nº 2725, note), il est possible que l'Eracles ait commis une confusion, et que Cafarlet ait été vendu non aux Hospitaliers, mais aux Templiers.
25. Cartulaire, II, nº 2016.
25. Estoire d'Eracles, 394 ; Gestes des Chiprois, 83.
26. Gestes des Chiprois, 87. Balian essuya le même refus de la part des Cisterciens de l'abbaye de Beaulieu et des représentants de l'évêque de Bethléem à Montpèlerin.
27. 12 et 25 juillet 1232 (Cartulaire, II, nº 2022 et 2024).
28. Huillard-Bréholles, Hist. dipl. Frid. II, I, p. CCCXLVII.
29. Bulles du 26 juillet 1232 (Cartulaire, II, nº 2025-6. Cf. nº 2022 et 2024).
30. Monum. Germania hist., Epistolae, I, nº 578.
31. Auvray, Registres de Grégoire IX, I, nº 2040-5; Cartulaire, II, nº 2088.
32. Cartulaire, II, nº 2118.
33. Bulle du 11 février 1236 (Cartulaire, II, nº 2137).
34. Huillard-Bréholles, Hist. dipl. Frid. II, I, p. CCCXLIX-CCCLII.
35. Aboul Faradj (Chronicon Syriacum, 506) dit qu'en 1230 les Templiers et les Hospitaliers, formant un corps d'armée de 500 chevaliers et de 2 700 hommes de pied, réclamèrent au prince d'Hamah le tribut en retard, envahirent la région d'Hamah et furent battus. Il se pourrait qu'il ait fait confusion avec l'expédition de 1233.
36. Estoire d'Eracles, 403-5.
37. 3 et 24 octobre 1233 (Cartulaire, II, nº 2067 ; Mas-Latrie, Histoire de Chypre, II, 58, note 1).
37. Le 10 juin, en juillet, en août et le 2 décembre, Jean d'Ibelin est à Nicosie (Mas-Latrie, Histoire de Chypre, II, 51 et 56; III, 638-9 et 643).
39. 28 septembre 1231. Vente à l'Ordre du casal Manueth par Nicolas, petit-fils de Sait le Syrien (Cartulaire, II, nº 1996)
— 30 septembre 1232. Promesse par Alix, reine de Chypre, de donner la préférence à l'Ordre en cas de vente d'une maison qu'elle possédait à Acre (Cartulaire, II, nº 2033)
— 4 avril 1232. Vente à l'Ordre de maisons à Acre par Jean, fils de feu Philippe d'Ibelin, avec garantie par les membres de la famille du vendeur contre les revendications de la veuve et de la fille de celui-ci (Cartulaire, II, nº 2015).
40. Novembre 1235. Echange de maisons à Acre entre l'Ordre et Pierre Anteaume (Cartulaire, II, nº 2126).
41. Septembre 1231. Don à l'Ordre par Alix, princesse d'Antioche, du casal de Tortiafa, avec une gâtine, et d'une maison au Toron (Cartulaire, II, nº 1993).
— Novembre 1235. Don à l'Ordre de maisons à Jérusalem par Stéphanie, fille de Buongiovanni (Cartulaire, II, nº 2127).
— Décembre 1235. Don à l'Ordre par Sibylle de Sourdevaus, veuve d'Aymar de Layron, de vignes et terres dans un domaine hors de la porte de S. Paul [à Césarée] (Cartulaire, II, nº 2129).
42. Mai 1236. Robert, abbé de S. Marie Latine, loue en emphytéose perpétuelle à l'Ordre les casaux de Mondisder et de Tour Rouge, au territoire de Césarée, et s'engage à le mettre en possession desdits casaux dès que le bail, consenti pour ces casaux aux Templiers, sera expiré (Cartulaire, II, nº 2141-2).
43. Cartulaire, II, nº 1999 et 2000-2.
44. Cartulaire, II, nº 2003.
45. Cartulaire, II, nº 2048.
46. Nous ignorons la date exacte de la mort de Bohémond IV. Elle peut cependant être placée en février ou mars 1234, et voici comment on peut l'établir. Nous avons constaté que la chancellerie d'Antioche et de Tripoli suivait le style du 25 mars ou celui de pâques. Or, un document de Bohémond V, émané de la troisième année de son principat, porte la date de janvier 1236 (1237, vraie date), ce qui exclut pour l'avènement de Bohémond V le mois de janvier 1234. Deux autres actes de mars 1233 (1234, vraie date) sont datés de la première année du principat. Il est donc certain que Bohémond V succéda à son père en février ou mars 1234 (G. Muller, Documenti sulle relazioni delle citta Toscane coli Oriente, 99 et 100; Strehlke, Tabula ordinis Theutonici, 64).
47. Cartulaire, II, nº 1735.
48. Cartulaire, II, nº 2058.
49. Grégoire IX, le 23 août 1235, ignorant encore la conclusion de l'accord du 25 juillet, menaçait les Templiers et les Hospitaliers de l'excommunication s'ils ne l'acceptaient pas, et leur enjoignait de ne pas tourner contre eux-mêmes les armes qu'ils ne devaient tourner que contre les Infidèles (Cartulaire, II, nº 2120 et 2121).
50. Cartulaire, II, nº 2107 et 2117.
51. 17 décembre 1233 (Cartulaire, II, nº 2071).
52. Cartulaire, II., nº 2094. Cf. Cartulaire, II, nº 2150 (vidimus du 20 septembre 1236).
53. Voir par exemple : Cartulaire, II, nº 1792, 2114, (Cf. nº 1781), 1979, 1981, 2065 et 2092.
54. Cartulaire, II, nº 2040, 2062, 2097, 2102 et 2124.
55. Cartulaire, II, nº 2014 et 2032.
56. Cartulaire, II, nº 2035,2056-7, 2068, 2075, 2105 et 2109.
57. Cartulaire, II, nº 2005, 2108, 2020, 2023, 2028, 2036, 2038-9, 2046, 2060, 2066, 2082, 2091, 2096, 2131, 2131-2.
58. Cartulaire, II, nº 1935,1988 et 2123.
59. Cartulaire, II, nº 2067 et 2079.
60. Cariulaire, II, nº 2017.
61. L'Ordre avail obtenu ce jugement du prieur de S. Albans en vertu de la bulle « Quoniam nimis dispendiosum » (Cf. Cartulaire, II, nº 1188 et 1672), qui l'exemptait, à cause de la distance et des frais, de comparaître en cour de Rome quand il était cité en justice.
62. Cartulaire, Il, nº 2059.
63. Cartulaire, II, nº 2086.
64. Cartulaire, II, nº 2138 et 2140.
65. Cartulaire, II, nº 2167.
66. Cartulaire, II, nº 2142 et 2150.
67. Dugdale, Monast. Anglic, VI, 797, V. plus haut, p. 34, note 3.

Sources : Joseph Delaville Le Roulx. Les Hospitaliers en Terre Sainte et à Chypre (1100-1310). Paris, E. Leroux, 1904. In-8º, XIII-440 pages.
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