Les études hospitalières

Commanderie Saint-Jean de Senlis
Département: Oise, Arrondissement et Canton: Senlis - 60

Domus Hospitalis Senlis
Domus Hospitalis Senlis

« Devant le beffroi, » dit Vaultier (1598), « l'église de Saint-Jean qui était une commanderie dépendante de l'ordre Saint-Jean de Jérusalem et possédait une belle ferme à Lagny-le-Sec et autres revenus, etc. » L'établissement à Senlis de ces religieux-soldats remontait à 1170.
« Domus hospitalis Sancti Johannis Jerosolimitani ante befredum civitatis Silvanectensis, maison « hospitalière de Saint-Jean de Jérusalem devant le beffroi de « la cité »
Des dates postérieures indiqueront la situation que le Temple a toujours occupée à Senlis : 1290.

Notre ville joua un rôle sombre dans l'histoire de leur condamnation. C'est à Senlis que se réunit le Concile général (avril 1305) qui condamna les Templiers au bannissement, avant que Robert de Courtenay livrât (1315) au supplice du feu neuf chevaliers pour « leur mauvaise foi qu'ils tenoient »
— 1324. Concile de Senlis sous Guillaume de Trie, où Jean de Marigny, frère d'Enguerrand de Marigny et évêque de Beauvais.
— 1349. « En l'an de l'Incarnation Notre Seigneur MCCCXLIX..... « Plusieurs Templiers tant à Paris comme vers le moulin « Saint-Anthoine près du chemin de Senlis furent « ars en may »
Le plus grand crime des Templiers pour Philippe-le-Bel était probablement leur fortune.

Ceux de Senlis possédaient des terres ou revenus à Senlis :
— Le « four dou Temple » que Jean Choisel et Marie avaient vendu (1215) aux chevaliers de Saint-Jean « avec toutes ses dépendances et les banniers qui étoient tenus par le ban a cuire le pain dans le dit four »
— Les « prez dit, commandeur, lieu « dit les prez de l'archidiacre près l'abreuvoir derrière Saint-Etienne (1344 et 1392) »
— A Saint-Christophe en Halatte.
— A Lagny-le-Sec.
— A Vaumoise.
— Une forêt entre Verneuil et Senlis : (1202).
— Arbitrage en février 1207-1208 « à Senlis dans la maison de la milice du Temple, entre les frères de la milice du Temple et le comte de Beaumont au sujet d'une aumône dans la forêt de Vinecel »
— Le moulin de Barberie [Barberise] qu'ils tenaient de la libéralité d'Adélaïde, mère de Louis VII (1147).

L'on pourra lire parmi les dignitaires de l'hôpital Saint-Jean de Senlis les noms qui suivent:
1227. Simon de Borretz, maître ou procureur. Voir Halatte (Choisel) et Victoire.
Simon a vendu à Eudes de Montgrésin, chevalier, neveu de Raoul de la Fontaine, vingt arpents de bois auprès de Coye (apud Coyam), etc.
— 1693. Le commandeur Aliaume de Forges rappelle cette querelle de juridiction : « L'an de l'Incarnation 1273 devant estoit avenu que un Bancicié et sa femme estoient ou four de lopital [Saint-Jean] et avint que en ce four cil Bancisiez bati sa femme ; cil de lopital alerent la, le prinrent et l'envoyerent en leur prison. Li mere sur ce il requist à avoir celi Bancisiez. Li Commanderies de Lopital qui avoit nom Frère Aliaume de Forges renonca que point de joustice ni avoit li opitaux et ce a fere furent presens Pierre de la Porte meres, Henry de Montaigny, Lambert de la Porte, Pierre dou Murat, Jehan de Ponthermer, etc. »
— 1312. Renier de Creil, bourgeois de Senlis, administrateur des biens des Templiers dans le bailliage de Senlis.
— 1313. Jehan de Pringy, commandeur de l'hôpital Saint-Jean de Senlis, dont Desmaretz nous a dessiné le scel.
— 1344. Olivier Poisson.
— 1355. Jean du Bois, commandeur de l'hôpital Saint-Jean de Senlis. Sceau en Desmaretz (1).
— 1371, 1380, 1392. Jean de Villers-Saint-Paul, commandeur de Lagny-le-Sec et de Senlis. On rencontre, dit Simon dans ses additions à l'histoire de Beauvais, aux années 1460 à 1462, Pierre de Villers-Saint-Paul, Raoul (1467), Florimond (1472) et Jean (1492), probablement neveux de Pierre, tous abbés de Saint-Lucien.
— Pierre Plaou, Templier: Est-ce le même que Pierre, dit Plaoul, évêque de Senlis, proviseur de Sorbonne, lequel, après Gilles Deschamps, harangua le pape Benoit, à Avignon, sur ce texte : Spiritus sanctus vos docebit omnia ?
— 1420, 1422, 1423. Jean le Fèvre, que l'on appelle gaîment la Fleur.
— 1432. Simon Caruene et Jean Cornu, administrateurs.
— 1437. Jean Berthier, commandeur de Laigneville et procureur de Senlis.
— 1440, 1444. Jean Foulon.
— 1448, 1458. Jean le Roy, prêtre, commandeur de Lagny-le-Sec. Les revenus de la commanderie de Senlis diminuèrent à ce point qu'il fallut les réunir à ceux de la commanderie de Lagny-le-Sec.
— 1475, 1477. Jean Simart, prêtre.
— 1485, 1487, 1488. Geoffroy le Couturier (2).

L'on saluera à leur suite :
— 1503. Etienne Bernard, commandeur de Senlis et de Lagny-le-Sec. Millin et Hennin, dans les Monuments historiques, indiquent le tombeau d'Etienne Bernard et de Jean Vast de Sandricourt dans la commanderie de Saint-Jean-en-l'Isle (1515).
— 1520. Balthazar d'Apremont, commandeur de Lagny-le-Sec, amiral des galères de Saint-Jean de Jérusalem, qui a succédé à Balthazar, son frère.
— 1566. Fr. Phillibert Lhullier, chevalier, commandeur.
— 1619. Guillaume Becquaulle.
— 1619, 1639. Jacques de Mesmes-Marolles.
— 1657. François de la Rochechouart, commandeur des commanderies de Senlis et de Lagny-le-Sec.
— 1676. Le prince Louis de Lorraine, abbé de Royaumont, etc...
— 1712, 1754. Adrien de la Viefville de Vignacourt, chevalier.

Les érudits qui voudront connaître plus en détail l'histoire des Templiers de Senlis, leur fortune, leurs différents, pourront consulter avec profit : 1315. « Arrêt confirmant une sentence (supra) du bailli de Senlis pour l'ordre du Temple contre le maire et les jurés de Senlis, qui au mépris des privilèges de l'ordre, avaient arrêté une femme dans une maison du Temple scise à Senlis »
— Un Etat des revenus de la commanderie de Lagny-le-Sec et de Senlis, etc., en 1690.
— Terrier de 1667 à 1777.
— Plan du domaine de la Commanderie au faubourg de Villevert où moulin Saint-Tron.

La maison Saint-Jean de Senlis occupait entre le beffroy, la rue dite Saint-Jean, la rue du Temple, etc., un vaste emplacement partagé aujourd'hui entre la belle propriété de Mme Champion, un tronçon de la rue Neuve-de-Paris et la maison de la même rue, n° 11. Il ne reste aucun vestige de son église. Son architecture offrait-elle quelqu'un de ces types étranges qui frappent le regard à plus d'un édifice de Templiers ?
Son aspect rappelait-il par son plan circulaire ou polygonal, comme à Laon ou Paris (1493), le Saint-Sépulcre de Jérusalem ?
Le sculpteur avait-il, soit caprice, soit goût du symbolisme, orné sa frise puissante de quelque représentation de chasse, comme à Ivry-Le-Temple ?
Cette église était le centre d'une confrérie de la Conception (1354) à laquelle Simon Moullet léguait par un testament déjà cité une tunique.
Il ne demeure guère de l'ancien hôpital Saint-Jean qu'une tour de la fin du XVe siècle, un escalier à vis et une porte dont nous donnons un crayon. Les accolades de cette porte sont terminées à chacune de leurs extrémités et à leur rencontre par autant d'écussons : à gauche, un écusson palé, au chef de la religion (représentant un commandeur de la maison d'Amboise, peut-être Esmery, 1503 à 1512) ; à droite, un écusson écartelé au 1 et au 4 de..., au sanglier au chef de..., chargé de 3 roses...; au 2 et au 3 de... à la croix componée de..., cantonnée de quatre fleurs de lys de...; au chef de la religion, de gueules à la croix d'argent ; au sommet un écusson écartelé au 1 et au 4 de gueules à la croix d'argent qui est de la religion ; au 2 et au 3 d'or à la croix ancrée de gueules qui est d'Aubusson (-1503).
Une croix était dressée à l'endroit dit aujourd'hui Pavillon Saint-Jean, en face de l'église Sainte-Geneviève. L'hôpital Saint-Jean a donné son nom aux rues Saint-Jean et du Temple : — « rue Saint-Jean à Sainte-Geneviève (1741), maison appelée le marc d'argent »
— « in vico du Temple « (1389) où demeurait un Jean Lescot, maçon, lathomus »
Aux Lescot que nous avons déjà cités au chapitre Notre-Dame, § I, XI, ajoutons : « Messire Jean Lescot, chanoine capitulant demi-prébendé (1522) », lequel habitait, sur la place du Puits-Notre-Dame, « à côté de Monseigneur maître Pierre deux chers confrères.
— Dans le voisinage se dressaient les hôtels du pélican, du cheval rouge et du cheval blanc, Notre-Dame, Saint-Michel (1741), le faisan, « le chandelier (1782) tenant à Saint- Georges et à la truye qui file vis à vis le portail de Sainte-Geneviève »

Plan de Senlis au milieu du XVIe siècle

1 Laur[entius] Postel (1354), maître [præceptor] de Lagny-le-Sec. Lagny-le-Sec, a écrit Mgr Allou, de l'ancien diocèse de Meaux, aujourd'hui du diocèse de Beauvais, domaine acheté par les Templiers en 1209. Il y avait là une très belle chapelle du XIIIe siècle, dédiée d'abord à saint Christophe, et plus tard, quand les Hospitaliers vinrent, à saint Jean-Baptiste. 2. Histoire du Schisme d'Occident, chroniques de Saint-Denis et Juvenal des Ursins. — « Nos rois, » dit l'auteur de l'Histoire ecclésiastique de la chapelle des Rois — Nos rois et ceux d'Angleterre choisissaient ordinairement leurs « aumôniers parmi les chevaliers du Temple, » etc., tome II page 191.
Sources: Müller, Eugène. Monographie des rues, places et monuments de Senlis, pages 557 à 562. Senlis 1880. - Bnf

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