Les études hospitalières

I. La Commanderie de Gimbrède (1)
Département: Gers, Arrondissement: Condom, Canton: Miradoux — 32

Ordre de Malte
Commanderie de Gimbrède

Son origine nous est inconnue par suite d'un incendie survenu dans les dernières années du XVe siècle. La commanderie, ou salle, dans laquelle les commandeurs et, en leur absence, leurs procureurs, faisaient leur demeure, fut brûlée, «  tellement que ne se garda rien sauf les murailles en tout gastées ; les coffres dans lesquels estoient les documents et papiers de la Religion, comme estoient reconnaissances, lièves et autres seignements et actes et titres avec le demeurant, tout fut bruslé tellement que ne demeura rien (2)  »

Ce fut grand dommage pour la connaissance de la fondation de cette commanderie et des droits du commandeur qui eut trop à les disputer aux usurpateurs, ne pouvant produire ses titres.

Gimbrède figure à la dernière place des quatorze paroisses mises sous la protection immédiate du Saint-Siège par le pape Innocent IV, le 3 octobre 1246, sur les instances des frères et du commandeur de la milice du Temple, en Agenais (3).

Les premiers commandeurs de Gimbrède connus, Gaston de Castelmauron (1169-1179), Pierre de Gavarred (1266), paraissent comme témoins dans les archives d'Argenten.
1. Tous les documents indiqués par les références proviennent du Fonds de Malte des archives du département de la Haute-Garonne.
2. Gimbrède, Liasse X.
3. Argenten, L, I.

 

II. Compromis entre le commandeur et les habitants au sujet de la propriété du bois de Gimbrède (1298)
Les archives de Gimbrède renferment un document original, contemporain des Templiers. C'est un compromis entre les habitants et les Templiers écrit en langue romane sur parchemin tellement usé qu'on ne peut y lire que l'essentiel. Chaque partie prétendait que la propriété du bois de Gimbrède, situé dans le dîmaire de Campagnac, lui appartenait. Elles s'engagèrent, à peine de 1.000 sous arnandins, par acte passé dans la maison de Gimbrède, le sixième jour avant la fin de juillet 1298, à s'en remettre à un arbitrage. Bernard de Laroque, commandeur d'Argenten, procéda du consentement de «  Fray Rainon Bertran, comandaire de Gimbreda, de fray Vidal Gros, caperan de la meissa maison, de fray Vidal Manhan, de fray Pey Lat, de fray Pey de la Fita, de fray Guilhem de Ricau, fraires habitans e résidents de la maison de Gimbreda.  » L'un des témoins fut Guilhaume Bernardi, commandeur d'Agen (1). La propriété du bois de Gimoère fut adjugée à la maison de Gimbrède, comme le prouve une autre sentence de 1481.
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III. Donation à Pierre des Bordes (1307). — Donation de revenus à Bertrand des Bordes (1307)

Ordre de Malte
Moulins de Roques

En 1307, le 9 juin, fut confirmée à Poitiers, par le pape Clément V, la donation qu'avait faite Bernard de Trèbes, commandeur d'Agen et de Gimbrède, de la moitié des moulins de Roques, sur le Gers, près du château d'Astaffort, à Pierre des Bordes, pour une conque de froment, mesure de Layrac. L'autre moitié de ces moulins, frère Arnaud, prieur de Layrac (Lot-et-Garonne), la donna au même Pierre des Bordes (2).

Pierre des Bordés, laïque, habitant la ville d'Astaffort, était aussi remarquable par sa piété que par sa famille. Il était frère de Bertrand des Bordes, doyen du Puy-en-Velay, archidiacre de Montaut (Lot-et-Garonne), dans la cathédrale d'Agen, camérier du pape Clément V qui le fit évêque d'Albi en 1308 et cardinal en 1310. Bertrand céda à son frère, le 12 octobre 1307, la faculté de construire dans le voisinage de l'église Saint-Félix d'Astaffort, une chapelle avec autel, de la doter d'une somme de 400 livres Arnaldaises (3).
1. Gimbrède, L. VIII.
2. Regestum Clement, V, 7.182-7.183.
3. Ibidem, 5.298.


Cette chapelle fut construite avec l'autorisation de l'évêque d'Agen et du recteur d'Astaffort, en l'honneur de Dieu et de la bienheureuse Vierge Marie, avec droit de sépulture.

Clément V accorda, 8 février 1311, une indulgence de un an et quarante jours aux personnes pénitentes et confessées qui visiteraient pieusement cette chapelle, le jour de Noël et de Pâques et à chaque fête de la Sainte Vierge, de saint Jean Baptiste, de saint Jacques, de saint André et de saint Bertrand; plus cent jours d'indulgence pour la visite qu'ils y feraient durant l'octave de ces fêtes (1).

Le dernier commandeur des maisons du Temple en Provence, Bernard de Laroque, avait, par acte fait à Montpellier le VIII des ides de juillet 1307, témoigné sa gratitude des bons services rendus à son Ordre par Bertrand des Bordes, en lui donnant les revenus de la commanderie de Golfech
Commanderie de Golfech
, près la bastide de Valence-d'Agen (Valence, Tarn-et-Garonne), de Moret (peut-être l'Hôpital) près Condom (Gers), de Bonnefont
Gimbrède, Bonnefont
, limitrophe du Nomdieu (Lot-et-Garonne), de Lomiès, banlieue de Nérac, diocèse d'Agen, les agriers et les terrages que la maison de Gimbrède, diocèse de Lectoure, avait dans le lieu et le district de Roulhac (2) et dont les paroisses de Lieux (3) et de Martissans, diocèse d'Agen, pour en jouir sa vie durant, sous le cens annuel de 20 sous arnaudins payables au commandeur de la maison d'Agen, à la fête de saint Michel (4).
1. Regestum Clement V, 7.477.
2. Rouillac, près Gimbrède (Gers) ou Rouillac près de de Nomdieu (Lot-et-Garonne) ?
3. Lieux, parroisse de Saint-Martin de Lieux, de nos jour totalement disparue.
4. Regestum Clement, V, 7.602.


Au mois d'octobre suivant, Philippe-le-Bel fit arrêter tous les membres de la milice du Temple dans toute la France. L'ordre fut supprimé en 1312, au concile de Vienne en Dauphiné, et ses biens donnés aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem pour, servir à l'oeuvre de la Terre Sainte.
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IV. Paréage entre le commandeur de Gimbrède et le vicomte de Lomagne
La paroisse de Gimbrède avait été donnée à l'Ordre du Temple par un vicomte de Lomagne, sous la réserve d'hommage à faire au changement de commandeur et de vicomte.

Avant 1280 (1), Philippe, soeur et héritière de Vézian III, dernier descendant mâle des vicomtes de Lomagne et d'Auvillar (Tarn-et-Garonne), apporta cette dot à Hélie Talayran, fils d'Archambault, comte de Périgord.
1. Dans son testament fait au mois d'août 1260, Jeanne de Toulouse, femme d'Alfonse de Poitiers, avait légué tous ses biens à sa cousine Philippe de Lomagne, avec ordre à ses exécuteurs testamentaire de la marier comme ils le jugeraient à propos. Histoire du Languedoc, tome VI.

Le nouveau seigneur et le commandeur de Gimbrède, Jean Sans de Ligardes, ne furent pas d'accord sur leurs droits respectifs au sujet de la juridiction et des territoires de Gimbrède et de Roulhac. Ils soumirent le différend à l'arbitrage du père du vicomte Talayran et d'un commandeur de l'Ordre de Saint-Jean, du consentement du commandeur d'Argenten, alors supérieur de l'Ordre dans la sénéchaussée d'Agenais. La sentence, prononcée en présence du commandeur qui l'accepta, contenait ce qui suit:
— La juridiction mère, mixte et «  impere  » de Gimbrède appartiendra au commandeur de Gimbrède dans tout ce territoire.

— Dans les fiefs que le commandeur de Gimbrède possède dans la juridiction de Roulhac, il pourra connaître et juger dans le lieu et selon les coutumes de Roulhac, tous les débats qui surgiront, et y mettre et lever tous règlements utiles.

— S'il arrive qu'un fivatier du commandeur du lieu de Rouilhac, y commette un crime entraînant confiscation de biens, le commandeur pourra prendre ces fiefs de son autorité propre.

— Quand le commandeur prétendra que certaines possessions ou héritages appartiennent à sa commanderie par acquêts ou donations, le vicomte les ratifie et les ratifiera à lui et à ses successeurs qui lui en feront hommage.

— Le commandeur, avec les autres frères présents, reconnaît et confesse en vérité que le lieu de Gimbrède avec ses appartenances, la haute et basse juridiction et tout le territoire sont tenus en hommage du vicomte.

— Voici ce que le commandeur de Gimbrède tient en hommage de monseigneur le vicomte de Lomagne :
— Dans le lieu de Gimbrède, la juridiction haute et basse avec les francs fiefs de la Burte, de Gimoère, de Graulet, de Mangeblanc, l'honneur de Fontherbe et tout ce que le commandeur tient en l'honneur de Beauclaire, entre le ruisseau de Gayan qui descend dans l'Auroue, le ruisseau de Nèguepoulin, le ruisseau de Lanause, le ruisseau de Metau, le bois de Mauroux, le ruisseau de Gissepelaee, ainsi que tous les autres biens que le commandeur a dans la vicomté de Lomagne. Il reconnaît qu'il les tient en fief noble du vicomte. Pour tout cela, il promet et confesse qu'il est tenu dès maintenant et à l'avenir, quand il y aura lieu de le faire, de donner au vicomte une paire d'éperons dorés avec leurs housseaux de cuir.

— Pour les territoires de Rossignol et de Gau, situés dans la juridiction de Flamarens, le commandeur doit donner, lui et ses successeurs, une paire de gants blancs en signe de supériorité.

La vicomtesse donna son approbation à cet arrangement. Le commandeur, Jean Sans de Ligardes, fit hommage, ce même jour, à Montaigut de Quercy, sans préjudicier aux fors et coutumes de Lomagne, en présence de messires Béraut de Faudoas, Loys de Saint-Pierre et plusieurs autres (1).

La vicomtesse Philippe laissa son héritage à son mari, qui, devenu comte de Périgord en 1295, céda les vicomtés de Lomagne et d'Auvillars, en 1301, au roi Philippe-le-Bel. Celui-ci les donna en 1305 à Arnaud Garcie de Goth, frère du pape Clément V.
Clément V conféra, par acte daté à Poitiers le 23 mars 1308, pour les droits ecclésiastiques sans doute, ces deux seigneuries à Arnaud Garcie (2).
L'héritière de ce dernier, Régine de Goth, épousa, en 1311, Jean d'Armagnac, qui transmit la Lomagne et Auvillars à ses descendants.
1. Mémoire écrit sur papier au XVe siècle. (Gimbrède, L. X, 4.)
2. Regesta Clement, V, 3.556.)
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V. Hommage au vicomte (1374-1402-1418)
Le 7 août 1374, le commandeur de Gimbrède, Gaucher de la Bastide-Rolland, prieur de Toulouse, donna procuration aux chevaliers Pierre Capluc et Pierre Buci, à l'effet d'administrer sa commanderie et de prêter en son nom serment et hommage de fidélité au comte d'Armagnac, vicomte de Lomagne, comme l'avaient fait ses prédécesseurs (3).
Le 13 novembre 1402, le chevalier Moron du Mas donne semblable procuration (4).
3. Gimbrède, L. X, I.
4. Gimbrède, L. X, 2.


Sous le règne de Charles VI, Jean, comte d'Armagnac, Fezensac, Rodez et Pardiac, vicomte de Lomagne, Auvillar, Fezensaguet, Brulhois, Creissels, Carladais et Murat, seigneur des terres de Rivière, Aure et Montagnes de Rouergue, reçoit dans la ville de Lectoure et dans l'habitation du damoiseau Hispan de Doulcet, le 18 octobre 1818, l'hommage et le serment de fidélité du chevalier Mathon du Mas, commandeur et seigneur de Gimbrède. A genoux, ayant ôté son couvre-chef et sa ceinture, les deux mains jointes entre les mains du comte assis et tenant le missel sur ses genoux, le commandeur fait serment d'être son fidèle homme et vassal, de ne rien faire contre sa personne et ses intérêts, mais de garder sa personne, sa vie, ses membres, ses terres, son état, ses juridictions et honneurs de tout son pouvoir, sauf son droit et le droit d'autrui. Il reconnaît qu'il tient, comme ses prédécesseurs, du seigneur comte, vicomte de Lomagne, le lieu de Gimbrède en fief noble et gentil, avec toutes ses appartenances et avec toute juridiction, haute, moyenne et basse, pouvoir mere et mixte et leur exercice, les terres cultes et incultes, prés, vignes, bois, herbages, péages, vacants et habitations, landes, barthes, moulins, eaux, places de moulins, chasses et toutes sortes de profits et revenus seigneuriaux et droit de prélation dans toute l'étendue du territoire. Il lui paie, à titre d'acapte ou de reconnaissance, la paire d'éperons dorés avec leurs attaches en soie que doit tout commandeur de Gimbrède.

Cet acte eut pour témoins Bernard de Grossolles chancelier d'Armagnac, seigneur de Saint-Martin, Bernard de Rivière, sénéchal d'Armagnac, Géraud de Lomagne, seigneur de Fimarcon, Othon, seigneur de Montaut, Ayssimo, seigneur de Montesquiou, Raymond Pierre de Rafin, Jean de Baseous, chevalier, et Me Bertrand Barrière, (n re) royal (1).
1. Gimbrède, L. X, 3) Extrait des hommages d'Armagnac.
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VI. Foires et marchés. Maison commune. Malade (1341)
Le 18 mai 1341, un acte avait été passé entre le lieutenant du commandeur et les consuls et la communauté de Gimbrède pour le règlement de certaines affaires.

Magnifique et puissant seigneur Louis Pettavi, lieutenant du roi de France en Languedoc, avait autrefois accordé au commandeur et aux habitants de Gimbrède une foire et des marchés. La foire devait se tenir à Gimbrède le jour de la fête de saint George, patron de la paroisse, et pouvait durer huit jours. Les marchés étaient fixés au mardi de chaque semaine.

Les consuls et communauté demandaient à Guillaume de Latour, chevalier de Saint-Jean, commandeur de Serres, lieutenant de noble et puissant seigneur Bertrand de Cances, commandeur et seigneur de Gimbrède et d'Ayguetinte
Ayguetinte: Annexe de La Cavalerie
(1), d'accorder aux marchands étrangers qui viendraient à la foire et aux marchés les mêmes libertés et les mêmes privilèges dont ils jouissaient dans les villes voisines. Le lieutenant le leur accorda volontiers; il leur donna l'investiture féodale d'une maison qu'ils avaient achetée de Roustan, de sa femme Géraude de Serres et de Simon de Durfort. Une convention conclue entre eux assigna au commandeur le droit de vendre du vin, à l'exclusion de toute autre personne, dans le lieu de Gimbrède, pendant quinze jours continus du mois d'août. Enfin les habitants vendirent au commandeur, pour y bâtir une maison, un emplacement de douze arrazes contigu à la place des foires et marchés (2).
Plus tard, le droit de vente du vin par le commandeur, à l'exclusion de tous les autres habitants, fut accordé pour tout le mois de mai (3).
1. Ayguetinte: Annexe de La Cavalerie — Département: Gers, Arrondissement: Condom, Canton: Valence-sur-Baïse — 32
2. Gimbrède, L. VIII.
3. Grand-Prieuré de Toulouse, visites générales, A. 1693, nº 417.
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VII. Rejet des prétentions du seigneur des Dunes sur le bois de Gimbrède (1480)
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Castelsarrasin, Canton: Auvillar, Commune: Dunes — 82

Les Templiers avaient, en 1298, soumis à un arbitrage le débat soulevé par les habitants de Gimbrède à propos du bois et territoire de Gimoère. La sentence des arbitres apparaît en 1481, dans un autre procès soutenus par les Hospitaliers.

Dès l'année 1480, noble et puissant seigneur messire Robert de Balsac, sénéchal d'Agenais et seigneur de Dunes, élève des prétentions sur le bois et territoire de Gimoère, contigu au bois de Dunes, contre le commandeur de Gimbrède, Pierre de Ferrand, prieur de Toulouse. La question est remise à l'arbitrage de Guillaume de Vitrac et de Sans de Las, licenciés en lois. Le commandeur expose qu'il est, comme ses prédécesseurs ont été, «  en possession et saisine de tenir et posséder le boys et territoire de Gimoère comme appartenant et estant des appartenances de la commanderie de Gimbrède, d'arrenter le gland, d'y mettre et faire mettre bestailh, couper les arbres et les vendre, prendre bestiailhs qui sans son congié ou de ses officiers y sont trouvés et les mener au lieu de Gimbrède et détenir jusques à tant que ceulx à qui appartiennent lesdits bestiailhs ont esmendé la tala ou dommaige et composé avec le commandeur ou ses officiers; et pareillement y prendre les personnes qui sans son congié y y coupent arbres et font et emportent fustes et arbres au boys avecques leurs chevaulx ou somiers et les mener à Gimbrède et illec les détenir et punir ou admettre à composition pour le dommaige donné audit boys.  »

«  Item, s'il appert que les habitans ayent mis aucun bestiailh dedans ledit boys ou fait autres actes sans congié du commandeur ou de ses officiers de quoy veuillent prendre possession ce est sans le savoir du commandeur ny de ses officiers.  »

«  Item ledit commandeur tient ledit bois et territoire en hommage de monseigneur le vicomte de Lomagne, pour lequel et certaines autres terres est tenu de bailher une per de gans blancs audit vicomte de Lomagne.  »

Sept témoins, hommes des mieux informés et des plus recommandables, attestent que, depuis vingt, trente, quarante et même cinquante ans, ils ont vu le commandeur de Gimbrède exercer ces droits de seigneurie.
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VIII. Droit de justice reconnu au commandeur à l'encontre d'Henri d'Albret, roi de Navarre (1543)
Les vicomtés de Lomagne et d'Auvillar, confisqués en 1481 sous Charles d'Armagnac, passèrent par don du roi dans la famille d'Albret, Henri II d'Albret, roi de Navarre, épousa en 1526 Marguerite de Valois, soeur du roi de France, François Ier. Il disputa les droits de haute justice de Gimbrède au commandeur. Celui-ci eut recours au roi contre ses puissants adversaires. A la suite de cette requête, François Ier donna des lettres ordonnant aux juges de Gaure et de Verdun de faire une enquête sur les droits de haute justice de Gimbrède disputés au commandeur par ses chers et bien-aimés beau-frère et soeur le Roy et la reine de Navarre (24 octobre 1543) (1).
1. Gimbrède, L. X, 2.
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IX. Droits des consuls dans l'exercice de la justice
Le bon droit du commandeur fut reconnu et confirmé. Dans certaines affaires les magistrats municipaux avaient le droit d'intervenir. Au quatrième jour dû mois de mai 1537, sur la place de Gimbrède, au pied de l'échelle qui conduit aux prisons ou «  carcès  » du commandeur, le bailli de ce dernier amène un prévenu pour l'y enfermer. Devant lui se présentent les «  saiges hommes A. du Boys et A. de Dieulofet, consuls dudict lieu. Ils exposent que quand le bailly avait prins ung habitant, pour quelque cas que eust commis, excepté de crimes exigeant peines corporelles, que iceuls consuls, le pourraient prendre des mains du bailly avant qu'il le mît prisonnier èz carces desdicts consuls dans icelluy lieu où le détiennent vingt-quatre heures et, icelles expirées, le rendroient èz mains du bailly ; et que cela auroient par privilèges, coustume ancienne, de laquelle eulx et leurs prédécesseurs auroient joi et uzé le temps passé quant le cas advenoit et tant de temps qu'il n'est mémoyre du contraire.  »
Le bailli, reconnaissant la justesse de la requête des consuls, leur livre le prévenu qu'ils conduisent dans les prisons municipales (1).
Les consuls de Gimbrède avaient aussi le droit d'exiger que le nouveau commandeur fasse serment de respecter les privilèges locaux ; le commandeur Pierre de Goson Melac le fit supprimer par le parlement de Toulouse en 1556 (2).
1. Golfech, L. VIII.
2. Ibidem.
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X. Excès du seigneur de Lieux à Gimbrède (1535)
Saint-Martin de Lieux, est une paroisse qui a totalement disparue, impossible de la localiser
Une petite guerre ensanglanta le lieu de Gimbrède en 1535. Noble frère George de Manas, recteur de Gimbrède et commandeur de Lieux (Saint-Martin de) nommé au mois de septembre 1530, voulut avoir toute la dîme de sa petite commanderie. Noble Jean de Gout, seigneur temporel de Lieux, prétendait avoir droit à la moitié de cette dîme. De là procès. Jean de Gout en conçut une telle inimitié qu'il se porta contre son adversaire à des paroles et à des actes regrettables. Son gendre, Joachim de Mouluc, frère de Blaise de Monluc, dans l'espace de deux ans, attaqua trois fois le recteur de Gimbrède et enleva à son serviteur, sur la voie publique, un cheval et plusieurs autres choses. Enfin, la veille de la Circoncision, à Grisolles, il aborda le recteur avec des paroles extrêmement irritantes et le provoqua en duel. Comme le recteur refusait et cherchait à fuir sa présence, Monluc le menaça de lui faire son affaire avant que quatre mois fussent écoulés. Le jour de l'Epiphanie, 6 janvier, il vint à Gimbrède accompagné d'environ vingt-cinq hommes armés de balistes, d'épées, d'arquebuses et autres armes invisibles. Rencontrant un prêtre, il lui demanda s'il voulait devenir recteur de cette paroisse, car il s'était proposé de tuer le recteur en ce même jour. Arrivé à la place close de Gimbrède, dans laquelle était la maison du recteur, il va y pénétrer quand un habitant ferme subitement la porte; il court à une autre porte, mais une femme, montée sur les murs crie de la fermer vite. Les assaillants accablent cette femme d'insultes et essayent de la tuer à coups d'arquebuses. Ils tirent par les fenêtres et autres ouvertures de la maison où sont le recteur avec son frère (le chevalier Jacques de Manas), ses trois serviteurs, Jean de la Batut, prêtre de Lectoure, et deux autres prêtres de Gimbrède. Voyant leur vie en danger, les assiégés se défendent avec des balistes et des arquebuses. Dans le combat trois ou quatre des assaillants sont blessés; l'un d'eux, un vagabond nommé Arnaud de Flamarens, mourut un mois après de sa blessure, peut-être par la faute ou la négligence des chirurgiens.

Des informations judiciaires furent faites tant sur l'agression des assaillants que sur la mort d'Arnaud de Flamarens. George de Manas et Jean de la Batut, quoique prêtres, avaient combattu très vigoureusement pour défendre leur vie; n'étant pas certains de n'être pas les auteurs de la blessure qui avait causé la mort, ils demandèrent, pour plus de sûreté de conscience, la dispense requise en pareil cas. Le préfet de la Sacrée Pénitencerie, Antoine, cardinal des quatre saints couronnés, délégua, pour les absoudre, le doyen de Notre-Dame du Camp, au diocèse de Pamiers, le doyen de la collégiale Saint-Cybar de Rieux et le prévôt de Lavaur. La bulle en fut donnée à Rome, près Saint-Pierre, sous le sceau de l'office de la Pénitencerie, aux ides de mars, la seconde année du pontificat du pape Paul III, 15 mars 1535 (1).
1. Gimbrède, L. X.

Joachim de Monluc n'avait pas été découragé par sa défaite du 6 janvier; il était rentré en campagne le 27 février suivant. Son premier exploit le fit condamner par le parlement de Toulouse, 29 mars 1535, à la prise de corps et saisie de biens. Ses complices, nommés dans le décret, sont frappés des mêmes peines.

Décret de prise de corps et saisie de biens contre les assaillants du château de Gimbrède (29 mars 1535)
François, par la grâce de Dieu, roi de France. Au premier huissier de nostre parlement ou notre sergent sur ce requis salut. En ensuyvant l'ordonnance de nostre court de parlement séant à Thoulouse, donnée ce aujourdhuy date des présentes, veues certaines informations faittes à la requeste de nostre amé frère George de Manas, recteur de Gimbrède, nous te mandons et commettons par ces présentes que à la requeste dudit de Manas tu prene et saisisses au corps en quelque part que trouves pourront estre dans nostre royaulme et dans lieux saincts, ensemble leurs biens, Jehan de Gout, seigneur de Lieux, Joachim de Montluc, son beau-fils, François de Massac dict Calhac, autre appelé monsieur de Roques, ung autre nommé le bastard de Lieux, autrement Francilhon de Massas, ung nommé le capdet de Gavarret, ex-tuteur soubz la charge du capitaine Montluc, frère dudict Joachim, Anthoine de Lanusse, seigneur de Lachapelle, l'adventurier Cadalhan, Landon, Brau, Poton de Vic, Borrondelle, autre dict Masere d'Astafort, Jammet Gaturle de Monseigneur de Leoux, Odet deu Breton, de Cadalhan, ung appelé Bernadas; et iceulx admenes prisonniers avecques bonne et seure garde aux prisons de la conciergerie de nostre palaye à Tholose, pour illec estre condamnés à droict; prene aussi et saisisses tous et chacuns leurs biens; et ou aprehender ne pourra les dicts de Gout, Monluc, Massac, de Roques, le bastard de Lieux autrement Francilhon, le capdet de Gavarret, Lanusse, de Cadalhan, Brau, de Vic, Borrondelle, autre dict Masere de Stafort, Gaturle de Monseigneur, de Leoux, deu Breton et ung appelé Bernadas, leurs dicts biens prins demeurais saisis en nostre main et soubz icelle baillés pour régir et gouverner à gens souffisans et responsables qui en puissent et saichent rendre compte et prestér le reliqua quant et à. qui apartiendra... (1).
1. Gimbrède, L. X.

Les condamnés se dérobèrent aux poursuites. La campagne du 27 février avait été faite par Joachim de Monluc avec de nouveaux compagnons d'armes, leurs noms figurent dans un arrêt de la cour de Toulouse daté du 2 juin 1537.

Arrêt de la cour du parlement de Toulouse ordonnant que le sieur de Gout et ses complices seront ajournés à trois biefs jours surpeine de confiscation de corps et de biens et néanmoins seront condamnés à restituer les meubles et effets qu'ils auroient enlevés au château de Gimbrède (2 juin 1527)

C'est la demande, profit et utilité de défaut que baille par devant vous, très honorés et redoubtés seigneurs Messieurs tenans pour le roy nostre sire la court souveraine de parlement séant à Thoulouse, frère George de Manas, prestre et bachelier es droicts, recteur de Gimbrède et commandeur de Lieux, ordre de Saint-Jean de Jérusalem, impétrant et demandeur en cas d'excès, meurtre, agressions et ravissemens de biens, le procureur du roy nostre sire joinct avecques luy, contre Martin Dhugoy, Jean Deubust dict monseigneur de Lartigue, habitant de Valence en Armaignac, Jehan Lescarre, barbier, Blaise de Lascombes, Guillaume Sarramiera et Bernard Bailles adjournés à comparoir en personne à fin de ban et sur peine de confiscation de corps et de biens et à présent défaillans, pour venir à laquelle le demandeur présuppose que en haine du procès pendant céans entre Jehan du Gout, escuyer, appelant du sénéchal de Thoulouse ou de son lieutenant d'une part, et le demandeur appelé d'autre pour raison des décimes des fruicts provenans en sa dite commanderie de Lieux, le susdict défaillans, accompagnés de Jehan de Masencome dit de Monluc, escuier, gendre du dict de Gout, et de plusieurs aultres maulvais garsons gens de sac et de corde armez et embastonnez de plusieurs harnois invasibles, l'an mil cinq cent trente-cinq et le vingt septiesme jour de février vindrent au lieu de Gimbrède où le demandeur, comme recteur, la plus grande partie du temps faict sa résidence, où quant furent, pour ce que les portes dudict lieu estoient fermés de nuit, eschallaient en forme de guerre les murailles du dict lieu et après que furent entrés le long de la nuict se tindrent cachés et latitez jusques à l'aubbe du jour que les portes du chasteau du dict lieu, où frère Gérault de Golard, chevalier du dict ordre de sainct Jehan de Jérusalem et le demandeur habitent, furent ouvertes; dans lequel firent diligence de trouver le demandeur, lequel par le vouloir de Dieu le créateur pour lors estoit en la présente cité de Tholose a la poursuite dudict procès, jurant, renyant et blasphémant le nom de Dieu qu'ils le tueroient; et, pour ce que ne purent trouver le demandeur pour mettre leur maulvais et damné propos à exécution, se mirent à chercher par le dict chasteau ledit Golard, lequel, estant dans son lit, oyant le bruit et craignant estre meurtri par les dicts défaillans et leurs complices, se leva en chemise et se jecta par une fenestre dudict chasteau en terre pour saulver sa vie; en quoy faisant se brisa tout le corps et se rompit ung pié, duquel est encores impotent et mutillé et en a demeuré longuement au lit malade. Et, non contans de ce, prendrent et ravire tous les biens meubles et argent que les dicts demandeur et de Golard avoient dans ledict chasteau, de la valeur de deux mille livres tournois. Et plus baptirent et navrèrent les serviteurs dudict de Golard. Et en sortant de la dicte maison trouvaient, en la rue publique, Arnault Lanes, serviteur du dict demandeur, lequel inhumainement blessarent tellement que tou incontinent mourut sans faire aucune confession. Ont faicts et commis plusieurs agressions, ravissemerts de biens et aultres voyes de faict sur lesquelles informations tant par autorité de la court de céans que du seneschal d'Armaignacs ont été faictes (1).
1. Gimbrède, L, IX.

Le 6 novembre suivant, la cour rendit un arrêt par lequel les sieurs de Gout, de Monluc et leurs complices étaient condamnés au bannissement perpétuel et leurs biens confisqués au roi pour leurs grands et énormes excès, violences, meurtres, homicides, assemblées illicites de gens en armes, violences, agressions de villes fortes et ravissements de biens (2).
2. Gimbrède, L, IX.

La cour de Toulouse rendit deux autres arrêts: l'un du 8 juin 1540, l'autre du 20 du même mois en faveur du commandeur de Gimbrède. Elle fixait à 1.500 livres la somme qui lui était due, et à 100 livres la fondation d'un obit pour l'âme d'Arnault Lannes, tué par la bande de Monluc. Elle ordonnait qu'il serait vendu aux enchères les parties les moins utiles des domaines confisqués au seigneur de Lieux. Les bordes de Capblanc et de Caillavet, une autre maison avec terres et vignes, situées dans la paroisse de Gimbrède, furent vendues 1.500 livres tournois; quelques terres dans la paroisse de Rouilhac, atteignirent le prix de 100 livres. Le tout fut adjugé à George de Manas et à Géraud de Golard, derniers enchérisseurs et créanciers, pour 1.600 livres tournois.

Ces biens valaient bien davantage. Blaise de Monluc, frère de Joachim, négocia leur rachat. Réunis dans la rectorie de Gimbrède, le 21 juin 1541, George de Manas, procureur du commandeur, et Blaise de Monluc concluent un traité. Déjà le roi avait donné des lettres de rémission ; il avait octroyé les terres confisquées au seigneur de Lieux et non vendues, à Jean d'Escoubleau, seigneur de Sourdis, qui les avait rendues à Blaise. Celui-ci s'engage, pour lui et les siens, à tenir valable le décret de confiscation et l'acquisition faite par les commandeurs de Gimbrède et de Lieux; il aura la faculté, durant l'espace de six ans, de racheter pour la somme de 800 livres, la borde de Capblanc, et pour autres 800 livres la borde de Cailhavet avec les autres terres de Gimbrède. En attendant le paiement le commandeur percevra tous les fruits; les fruits levés avant le paiement lui demeureront, les fruits à lever dans l'année du paiement seront partagés par moitié. Moyennant ces 1,600 livres le commandeur se trouvera indemnisé et se chargera de l'obit de 100 livres fondé en faveur d'Arnault Lannes. De plus il remet à Blaise de Monluc les terres acquises à Rouilhac aux dépens du seigneur de Lieux (1).
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XI. Cause des troubles
Lieux, salle de Lieux, paroisse Saint-Martin de Lieux, maintenant introuvable, sise entre les juridictions des vicomtés de Lomagne et de Brulhois, confrontant aux juridictions de Roulhac, d'Astaffort, de Saint-Pierre de Serres et de Gimbrède, était un domaine noble de médiocre importance, composé de terres, prés, vignes, albarèdes et bois. La dîme, prise au dixième des fruits, donnait, en 1563, vingt-six sacs deux cartons blé froment, cinq sacs seigle brun, neuf sacs mixture, trois sacs quatre cartons avoine, cinq agneaux, six charges de vendange. La moitié de cette dîme, qui fut estimée valoir 40 livres, mit la guerre entre le commandeur, seigneur religieux et le seigneur temporel. Les sénéchaux d'Agenais, d'Armagnac et de Toulouse, les parlements de Bordeaux et de Toulouse eurent à s'en occuper longuement, ainsi que le Conseil du roi.

Le commandeur George de Manas disait qu'il avait le droit de percevoir l'entière dîme, comme ses prédécesseurs l'avaient toujours pratiqué, que Jean du Gout, étant laïque et marié était inhabile à posséder cette dîme qui était ecclésiastique ; que s'il avait eu cette dîme pendant quatorze ans, c'était par arrentement consenti par le commandeur ou ses procureurs; que s'il la détenait encore c'était par usurpation et contre le gré du commandeur. Jean du Gout étant allé de vie à trépas après les agressions contre le commandeur, sa veuve Jeanne de Saint-Etienne, leur fille et héritière, femme de Joachim de Monluc, Jeanne du Puy et Hugues de Flamarens déclarèrent par leur procureur dans un acte signifié le 3 octobre 1536, qu'elles ne prétendaient rien sur les dîmes de Lieux. Pour ces raisons, un arrêt du grand conseil, en date du dernier décembre 1538, maintint George de Manas en possession et saisine de l'entière dîme de Lieux.

George de Manas se hâta de se faire mettre en possession ; il en jouit jusqu'à sa mort. Ce fut la cause d'une série de procès commencés de son vivant et terminés après sa mort, en 1565, par l'acceptation que fit le commandeur de l'état des choses telles qu'elles existaient avant les procès, et de la restitution des fruits perçus au détriment de la famille du Gout depuis l'année 1538.

Joachim de Mansencome, dit de Monluc, avait épousé, le 12 février 1533, Anne du Goult, fille de Jean du Goult, seigneur temporel de Lieux et de Jeanne de Saint-Etienne. Les «  du Goult  », appelés aussi «  del God  », étaient de la famille de Bertrand de Got, qui fut évêque de Saint-Bertrand de Comminges (1295-1299), archevêque de Bordeaux (1300-1305), avant son élévation au Souverain Pontificat (1305-1314).

Bertrand du Goult acquit, par contrat du 8 avril 1418, la terre de Lieux sise dans le diocèse d'Agen, entre Astaffort et Gimbrède, qui était dans le diocèse de Lectoure; il la transmit à ses descendants. La seigneurie spirituelle appartenait au commandeur de Gimbrède; la justice haute, moyenne et basse était partagée entre le commandeur de Gimbrède et le seigneur d'Astaffort. Ce dernier finit par l'avoir tout entière.
Dans le contrat de mariage de sa fille, Jean du Goult donnait tous ses biens au premier enfant mâle qui naîtrait de son union avec Joachim de Monluc.
Pour se soustraire aux fâcheuses conséquences de ses exploits à Gimbrède, Joachim de Monluc se mit au service de François 1er dans ses guerres d'Italie. Il servit sous Henri II ; François II le fit gouverneur de la ville d'Albe en Piémont; Charles IX le nomma gouverneur de Pignerol.

Pendant ce temps, Anne du Goult et son unique fils avaient suivi Jean du Goult au tombeau. Devenu, par leur mort, seigneur de Lieux, Joachim de Monluc s'occupa de faire casser le jugement qui l'avait dépouillé de sa moitié de dîme. Sans son autorisation Anne du Goult, pendant la minorité de leur fils, avait, déclaré ne rien prétendre sur cette dîme. Monluc exposa sa cause au roi Henri II qui donna (1er avril 1555), des lettres de reprise adressées au grand Conseil pour faire réviser le procès entre lui et Georges de Manas. Il ne put les utiliser, étant retenu en Piémont par le gouvernement de la ville d'Albe durant les guerres; ce qui fit interrompre le cours du procès.

Voulant le traiter favorablement à cause des grands et agréables services rendus à ses prédécesseurs, le roi François II donna d'autres lettres royaux signés à Saint-Germain-en-Laye le 14 septembre 1560, scellés du grand sceau, mandant aux gens tenant le grand Conseil de faire droit aux parties. Ce roi étant mort, son successeur, Charles IX, signa à Paris le 20 septembre 1561, de nouvelles lettres de reprise du procès mandant aux conseillers de son grand Conseil d'appeler les parties intéressées et de faire droit.

Le seigneur de Lieux basait son droit sur des documents informes entachés d'erreurs évidentes; qu'il produisait avec trop de fermeté, ce qui lui valut ses condamnations.
«  En l'an mil deux cent trente-trois le pape Clément quint eut plusieurs grands afaires pour maintenir et soustenir la foy contre les hérétiques si bien quil feut contrainct implorer layde et secours du vicomte de Lomaigne et nobles du païs, avec laide desquels il fict si bien, il chassa et expulsa les hérétiques dudict païs et réduisit à la loy chrestienne tout icelluy païs. En récompense de ce secours, ledict pape Clément quint feict ung don audit vicomte de Lomaigne et aux nobles de ces païs par deux bulles, l'une datée du 4 des ides de février (10 février) mil deux cent trente-trois, et l'autre du 2 des ides de juillet, 5e année de son pontificat (14 juillet 1310). C'est à savoir que ung chacun desdits nobles, en son fief, terre et juridiction, leveroyt la moitié des dixmes, l'autre moitié seulement restente à l'église et aux curés d'icelle. Et en mesme temps l'évesque et chapitre de Lectore; ensemble l'archevesque et chapitre d'Aux accordarent le semblable auxdicts nobles dudict païs et vicomté de Lomaigne quils leveroient et prendroient la moitié des dixmes, l'autre moitié réservée à l'église, De rechief auroit esté confirmé par le pape depuis ce don. Plusieurs curés du païs de Lomaigne qui auroient voulu empescher lesdits nobles de prendre ledit dixme en auroient esté toujours déboutés par arrêts de la cour de la cour de Thoulouse et du grand Conseil.

«  L'an mil quatre cent dix-huit, Bertrand du Goult, lequel estoit sorti de la mesme maison et famille que le pape Clément cinquiesme acquit de Bertrand et de Sanson et de Massanis la seigneurie de Saint-Martin de Lieux; et porte par exprès le contract d'acquisition qu'il luy feut vendu avec la moitié de la dixme d'icelluy lieu de Lioux. Aussi l'hommage que Bertrand de Goult feiçt au vicomte de Lomagne de ladite seigneurie de Lioux porte par exprès avec la moitié de la dixme qui monstre la continuation de la possession d'icelle dixme. Si bien que de tous temps et par temps immémorial qu'il n'est mémoire du contrère les prédécesseurs du demandeur et ont tousiours jouy paisiblement et sans contredit jusques en l'an mil cinq-cents trente-trois ou trente-quatre que feu George de Manas auroit troublé Jehan du Goult en sa possession.  » — L. Lieux.

Clément V n'avait pu donner la moitié de la dîme aux possesseurs de fiefs en Lomagne en 1233 : il n'était pas né. Le pape, à cette date, s'appelait Grégoire IX. S'il avait fait cette donation, Clément V n'aurait pas manqué de le mentionner dans la bulle du 14 juillet 1310. Ce n'est pas l'évêque qui donnait la moitié de la dîme. Au contraire, ses diocésains donnaient, en vertu d'une convention un autre quart de leurs dîmes, n'en gardant que la moitié. La dîme, impôt sur le revenu réel des terres, appartenait, en Lomagne, aux propriétaires; ils en donnaient avant la convention de 1233, un quart à l'église. La bulle de Clément V consacrait cette convention; un bref, nº 6.375, désignait trois chanoines d'Agen chargés de tenir la main à son observation rigoureuse.
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XII. Convention entre l'Evêque de Lectoure et les propriétaires partageant la dîme par moitié (1233), confirmée par Clément V, en 1310
Gérauld (1) par la grâce de Dieu, évêque de Lectoure...
1. Gérault n'est pas cité, ni aucun autre évêque, en 1233, dans la liste des évêques de Lectoure.
L'antique ennemi ayant semé la zizanie, la discorde grande et de longue durée divisa nos prédécesseurs et notre église d'avec les détenteurs des dîmes.

Nous faisons connaître à tous nos diocésains que Nous, sur le conseil d'hommes bons et prudents, avons convenu avec la grande et plus saine partie des détenteurs des dîmes, pour un bien de paix et la cessation de la discorde, ce qui suit:
«  Nous et notre église nous posséderons et aurons librement et paisiblement, dorénavant et à perpétuité, la moitié de toutes leurs dîmes; pareillement ils retiendront et auront à perpétuité, librement et paisiblement, l'autre moitié, à moins qu'ils veuillent, par piété ou par autre juste titre, la remettre à l'évêque ou à l'église. Nous avons encore convenu avec eux, pour Nous et nos successeurs, que nous ne leur demanderons rien de la moitié qui leur reste; que à ce sujet nous ne les excommunierons pas, que nous ne leur refuserons pas les sacrements pendant leur vie ni à leur mort. Cependant, si, ce que à Dieu ne plaise, ils ne veulent pas observer la convention faite entre eux et Nous, nous consentons, comme de juste, que le nouveau quart qu'ils ont cédé à l'église leur soit restitué et les choses remises à l'ancien état. Et si l'évêque ne veut pas le restituer, les excommunie ou les traduit devant les tribunaux, ils auront le droit de le prendre de leur propre autorité, sauf le quart des dîmes en tout et partout, réservé à l'évêque et à l'église de Lectoure qui en avaient la paisible et tranquille possession ayant le présent traité. Ce traité et accord, beaucoup de personnes, comme nous l'avons dit, ont juré de l'observer; Nous l'étendons à tous ceux qui voudraient à l'avenir s'entendre avec Nous.  »

Afin que cette convention demeure ferme et inviolée. Nous avons fait apposer à la présente charte le sceau de notre vénérable Père Monseigneur A. (1) archevêque d'Auch et le nôtre, et les Sceaux des chapitres des églises d'Auch et de Lectoure.
Donné à Nogaro, le 4 des ides de février, l'an du seigneur 1233. (Regert : de Clément V, nº 6374, édition Vaticane.)
1. A. Amameu Ier de Grisinhac, archives d'Auch, 1226-1242.
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XIII. Fin du Procès de Lieux (1565)
Clément V confirme, 14 juillet 1310, la convention publiée par l'évêque de Lectoure en 1233, convention par laquelle les propriétaires donnent un autre quart de leurs dîmes à l'église, n'en gardant que la moitié.

A notre cher fils noble Arnauld Garcie de Got, vicomte de Lomagne et d'Auvillar.
Votre sincère dévotion envers Nous nous engage à témoigner à votre personne notre bienveillance spéciale et nos gracieuses libéralités.
Votre pétition Nous a appris que, un grave sujet de discorde avait été suscité et trop longuement discuté, dans le passé, entre Gérauld, évêque de Lectoure, et un grand nombre de ses prédécesseurs d'une part, et les détenteurs et percepteurs des dîmes dans le diocèse de Lectoure, tant nobles que non nobles à raison de ces dîmes, d'autre part; que enfin l'évêque, désirant mettre fin à cette discorde, après avoir pris conseil d'hommes prudents, pour un bien de paix et de concorde, fit avec bon nombre et la plus saine partie des décimateurs et des détenteurs des dîmes, la convention suivante: L'évêque et l'église de Lectoure auront et percevront, dès maintenant et à perpétuité, librement et sans difficulté, la moitié de toutes les dîmes de la Lomagne, en ce diocèse, et les détenteurs susdits auront et retiendront à perpétuité l'autre moitié; convention prouvée par lettrés patentes faites à ce sujet et munies des sceaux de l'archevêque d'Auch et de l'évêque de Lectoure, des chapitres des églises d'Auch et de Lectoure.

C'est pourquoi, attendu que vous et vos vassaux percevez et avez coutume de percevoir librement, conjointement ou séparément, et que vous êtes en possession paisible et tranquille de percevoir la moitié de ces dîmes, Nous, écoutant vos supplications, avons pour agréable et ratifiée la contention que vous et vos vassaux avez depuis longtemps de percevoir ces dîmes; pour vous, pour vos successeurs et leurs vassaux, par autorité apostolique, de science certaine, la confirmant, suppléant tout défaut, s'il y en a.

Donné dans le prieuré de Grausello, 2 des ides de juillet, de Notre Pontificat année 5e. — Regest. Clément V, nº 6373. A. V. 1 volume, folio 458. — Edition vaticane.

Georges de Manas mourut le 2 janvier 1562. Il avait été contraint de sortir de son bénéfice de Gimbrède où il résidait et de se retirer à Toulouse, parce que les terres et toutes les églises du diocèse de Lectoure avaient été saccagées et pillées et les prêtres et gens d'Eglise tués ou chassés par les Huguenots.

Son héritier par bénéfice d'inventaire, François de Doulcet-Massaguet, receveur au grand prieuré, et Etienne d'Arzac, nouveau commandeur de Gimbrède et de Lieux, reprirent le procès. Les deux parties, désirant éviter de plus grands frais, se remirent à la décision de deux arbitres nommés par le jugé-mage d'Armagnac, en attendant le jugement à intervenir au fond.

L'arrêt des arbitres condamne, le 5 août 1562, Doulcet et d'Alzac. Il remet Joachim de Monluc en possession et jouissance de prendre et percevoir la moitié des dîmes de Lieux ; il condamne Doulcet et d'Arzac, respectivement chacun, pour son regard, à lui rendre et restituer les fruits de la moitié des dîmes de Lieux perçus depuis l'arrêt du dernier décembre 1538 et aux dépens.

Plusieurs arrêts, tant du parlement de Toulouse que du grand Conseil, en ordonnent l'exécution. Enfin il reçoit son exécution le 12 janvier 1565.

Le 12 janvier 1565, dans la ville d'Astaffort, devant Colom, notaire royal, Joachim de Masencome dit de Monluc, chevalier de l'ordre du roi, prince de Chabanais, seigneur de Lieux, Faiges, Longueville et autres places, et Etienne d'Arzac, commandeur de Gimbrède et Lieux, agissant en son nom et aux noms des receveurs de son Ordre, accordent que la moitié des fruits décimaux perçus par le commandeur dans l'espace de vingt-quatre années, du dernier décembre 1538 au 5 août 1562, s'élève à 40 livres tournois pour chacune de des années, en tout à 960 livres tournois; le commandeur s'engage à les payer, ainsi que la taxe dés dépens de l'exécution de l'arrêt qui sera faite par le juge-mage. Le commandeur paiera aussi la moitié des fruits décimaux qu'il à perçus depuis le décès de George de Manas.

Les dépens à bailler par Etienne d'Arzac et François Doulcet à Joachim de Mouluc se montèrent à 416 livres 9 sols tournois que la cour ordonna de payer par signification du 9 février 1565. — L. Lieux.
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XIV. Les Protestants à Gimbrède, (1562-1587)
Dans la commanderie de Gimbrède, les Huguenots démolirent le choeur, les autels et une partie du couvert de l'église de Gimbrède; ils ruinèrent l'église champêtre de Campagne, sans oublier l'église N.-D. de Beauclaire dont ils emportèrent la charpente et les deux cloches. L'auteur et bénéficiaire de ce dernier exploit, Jehan Lafont, capitaine, voisin de l'église, fut condamné par la cour du parlement de Toulouse, le 8 août 1584, à rendre les cloches et la charpente qui se trouva pourrie; la réparation coûta 400 livres. Le commandeur fut obligé de payer les trois quarts des réparations. Depuis cette époque néfaste, la paroisse Saint-Martin de Lieux n'eut plus d'église. Le commandeur de Gimbrède s'occupa de remettre en bon état les églises de Campagne et de Beauclaire. — Golfech. L. XVI.

De leurs repaires de Puymirol, Montauban et Lectoure, les Réformés continuèrent leurs dévastations et leurs pillages sur les terres de Golfech et de Gimbrède. N'ayant rien touché de ses revenus en 1586 et 1587, le commandeur de Golfech et Gimbrède obtint du bureau des finances de Toulouse, le 16 mars 1588, un avis motivé qu'il devait être déchargé entièrement des décimes ordinaires dues au roy pour ces deux années. — Golfech L. IX et X (1).
1. Cet avis, qui intéresse la commanderie du Grand-Prieuré de Toulouse, a été publié, en 1914 dans la Commanderie de Nomdieu, par J. Benaben, page 196.
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XV. Droits du commandeur de Gimbrède
Le commandeur de Gimbrède était seigneur haut justicier, seigneur spirituel, seigneur foncier et direct.
En qualité de seigneur haut justicier, il nommait les officiers de justice et percevait les émoluments tels que confiscations, amendes et autres frais sauf à payer les officiers. Il établissait à chaque premier de l'an, quatre consuls sur huit qui lui étaient présentés annuellement. Les consuls prêtaient serment entre ses mains ou entre les mains du juge délégué par lui. Ils étaient juges de police et du criminel en concurrence avec le juge ou son lieutenant.

Seigneur spirituel, curé primitif ou poltron, le commandeur de Gimbrède avait le droit de nommer le recteur, nomination que confirmait l'évêque de Lectoure. A titre de curé primitif, le commandeur percevait la dîme dans toute l'étendue de la paroisse et des annexes, à charge de loger le vicaire perpétuel, et de lui faire un traitement suffisant lui permettant d'avoir deux vicaires secondaires l'un pour Gimbrède et l'autre pour Rouillac.

A Gimbrède, le commandeur percevait la dîme des gros fruits, linet, chanvre et du carnelage des laines et agneaux à raison de dix, un; des légumages, fèves et garrousses, pois, lentilles, fèves romaines, millet gros et menu et autres grains de cette nature, de douze un, le tout sur les champs, les biens tenants étant obligés d'avertir le seigneur, ses procureurs ou fermiers du jour qu'ils se proposaient de couper leur récolte, pour que le seigneur fasse couper sa part en même temps.

Dans le parsan de Casau-Gaillard, paroisse de Gimbrède, le commandeur ne prenait que douze gerbes sur vingt-huit; le recteur de Gimbrède en prenait huit, et le seigneur de Rouillac les autres huit. Dans ce parsan de Casau-Gaillard, le commandeur prenait seul la dîme des laines et des agneaux; le recteur y avait la dîme du chanvre et du linet.
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XVI. Roulhac, Bordes, les Affittes, Saint-Pastour
Roulhac
Dans l'étendue de la paroisse de Roulhac la dîme se payait, comme à Gimbrède, de toute espèce de grains. De vingt-huit gerbes, le commandeur en prenait douze, le recteur sept, le seigneur de Rouilhac neuf. La dîme du vin était partagée en portions égales entre le commandeur et le seigneur de Rouilhac. Le recteur partageait avec le seigneur de Rouilhac la dîme des linet et chanvre, et il avait le quart de la dîme des grains de toute espèce.

Dans le parsan de Beauclaire, paroisse de Miradoux, le commandeur avait les trois quarts de la dîme de tous les fruits, l'autre quart revenant au curé de Miradoux qui administrait les sacrements aux habitants.

Dans le parsan de Gardepelat, juridiction de Miradoux, le commandeur prenait l'entière dîme des grains, vins, chanvres, linets, laines et agneaux à raison de dix un, aux métairies ou hameaux appelés au Moulin neuf, à Trauquesègue, Bernadet et Estrememau. Toutefois, dans un parsan de ce canton, le recteur de Miradoux prend un quart de la dîme et en entier la dîme du linet et du chaiivre parce qu'il y administre les sacrements. Au même parsan de Gardepelat, le commandeur possède noblement une terre labourable d'environ 8 concades.

Dans les lieux de Sainte-Mère et de Saint-Pessère aux lieux appelés les Castillons-du-Frandat, le commandeur prend la dîme des grains de toute espèce, au dixième.

Bordes
Au parsan des Bordes, juridiction et paroisse de Cuq, le commandeur de Gimbrède prenait l'entière dîme du vin et les trois quarts de celle des grains, l'autre quart étant perçu par le curé de Cuq pour l'administration des sacrements aux habitants. — visite générale — Seigneur foncier, le commandeur prenait dans ce terroir les fiefs, rentes et ventes. — Gimbrède, Reconnaissances, année 1546. — L. XIII.

Ce parsan provenait d'une donation faite à l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Raymond de Roquefort et lsarn Revel donnèrent à Dieu, à la Bienheureuse Marie et à l'hôpital de Saint-Jean tous les fivatiers de Cuq et tout ce qu'ils avaient de dîmes sur les maisons de ce château, savoir: les dîmes des Carnelages et les oblations, sous la condition d'y avoir leur sépulture. Plus tard, la discorde survint entre l'hôpital et Foulques, évêque (de Toulouse, 1206-1231).

Le seigneur Raymond de Roquefort réduisit cette discorde avec le concours des prudhommes de Cuq, sur le mandat du seigneur évêque et du seigneur prieur de Saint-Jean, qui s'engagèrent sous peine de cent sous tolza chacun. Sur le conseil des prudhommes de Cuq, Raymond de Roquefort refit sa donation à l'hôpital. — L. Bordes.
Le domaine des Bordes, juridiction de Cuq, avait cinq maisons nommées Pardiac, Bordes, Blaise, Cabillan et Tourrès. — Visite générale, nº 415, année 1668.
«  Memoria quod Ramundus Rupefortis et Isarns Revel dederunt Deo et Beate Marie et hospitali Sancti Johannis omnes afficavos de Cuco et quidquid aberent ad decimandum infra domos castri, cilicet de Carnalagiis et oblationes earum et illos ad sepeliendum. Et deinde fuit discordia inter ospitalem et domini Fulconis episcopi. Quam discordiam duisit dns Rs Rupeforti cum probis ominibus castri de Cuco mandato dni espiseopi et dni prioris Sancti Johannis; et fuerunt fideiussores datione ab utraque parte c sols tolos; et auditis consilio et ratione proborum omnium de Cuco dns Rs restituit ospitali, ut melius patet, ut donum fecerat dicti ospitali; et de hoc, sicut scriptum, habemus possessionem XL annos et plus.  » — L. Bordes, petit parchemin sans date.

Les Affites
Le commandeur de Gimbrède possédait dans la juridiction de sa commanderie le beau domaine des Affites, de las Affitas, composé de cinq métairies: métairie des Affites, de deux paires de labourage et soixante concades de bois en haute futaie et taillis; métairie des Moulins à vent, d'une paire; du Brana, de deux paires et quinze concades de bois à haute futaie; métairie de Piquetachon, de deux paires; Gaillofe, de une paire. Les métairies des Affites et de Piquetachon étaient possédées noblement, ainsi que une pièce de terre appelée lo camp deu Temple.

Le bois des Affites faisait trop les affaires des habitants de Roulhac pour éviter leurs incursions et leurs tentatives d'accaparement. Ajournés par frère Honoré de Grâce, commandeur du Burgaud et de Gimbrède, à la barre du parlement de Toulouse ils n'osèrent courir les risques d'un procès. Par un acte notarié du 27 août 1526, ils renoncèrent à toute prétention sur le bois des Affites et s'engagèrent à payer au commandeur 80 livres tournois en réparation des dommages qu'ils lui avaient causés. — L. Rolhac.

Le territoire des Affites eut un commandeur dans la personne de frère Jean de Lescure, nommé en 1533 par Guillaume de Roquefeuil, commandeur de Golfech, de Sauvanhas et de Gimbrède. — Gimbrède, L. XL.

Saint-Pastour
Domaine composé des métairies, rurales payant la taille au roi, de Randé, juridiction de Miradoux, d'une paire de labourage; de Berduc, juridiction de Castelarroy, de deux paires de labourage; de Ranquine, juridictiont de Gimbrède, de deux paires de labourage; de Labordette, juridiction de Miradoux, de deux paires de labourage; devait son nom au chevalier Pierre de Saint-Pastour qui l'avait acquis (1596-1606). — Gimbrhde, L. VI. — Ses revenus étaient versés à la caisse du receveur de l'Ordre de la Langue de Provence. — Visite générale.
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XVII. Dépropriement (1) de M, le commandeur de Pomerols, 11 juillet 1718
1. Ce dépropriement ou testament est écrit en six pages sur papier fil; au bas de chaque page le commandeur de Pomerols a mis sa signature d'une main tremblante. Ce commandeur décéda le 15 juillet 1718, vers 8 heures du soir. Le lendemain, Maitre Jean-Jacques Fieuzal, procureur juridictionnel dudit lieu, requit Maitre Pierre Doste, juge ordinaire dudit lieu, de faire la visite et inventaire du château. L'inventaire est signé Doste, juge; Fieuzal, proc; d'office, et Dusclier, greffier.
Les clefs furent remises au procureur. — Gimbrède, L. XIII.

Le onzième juillet mil sept cens dix-huit, Messire frère Remon Modenne de Pomerols, chevalier de lordre de Saint-Jean de Jérusalem, seigneur commandeur de Golfech, Gimbrède et autres membres en depandants, pour esviter que les meubles, monnoye, argenterie et autres effaits qu'il a eu son pouvoir ne soit dispersés ou dissipés après sa mort contre son intention et les statuts de son ordre, et pour qu'il n'y ait du trouble pour letat et nombre diceux, ma chargé a moy Maitre Pierre Boscredon, prestre et vicaire perpétuel de la paroisse de Gimbrède, de luy escrire lédit estat et deproprimant pour les remettre après sa mort entre les mains des messieurs de lordre.

Et premièrement ma dit avoir quatre flambeaux dargent poinçonnés, douze couteaux dargent poinçonnés, douze cuillieres, douze fourgettes, deux grandes cuillieres potageres, le tout dargent poinçonné, deux saladiers dargent à cotte de melon poinçonné; plus une escuelle et assiette dargent sans poinçon et sans couvert; plus un bassin et une esguiere dargent aché; plus quatre flambeaux dargent aché un peu usés; plus un sucrié dargent aché; plus quatre flambeaux destin fin avec deux autres de leton; plus une paire de monuhettes et porte mouchettes dargent aché usées; plus une vieille cuillère et fourgette dargent avec son estog pour porter en campaigne; plus deux-lits de camp jumeaux faits à tombeau de chargette verte avec leur couverture de mesme étoffe et falbala tout au tour le tout bordé dun galon blan: il y a à chacun une couverture blanche de laine de Montpellier, deux mattelas de crin pesant euviron vingt cinq livres chacun avec deux chevets pareillement de crin; plus deux bureaux, plus une table de noyer en menuserie avec son tiroir; plus un grand cabinet autremant garde robe pour les habits le devant fait et travaillé en menuserie; plus un autre cabinet de noyer fait en pointe de diamant; plus un priedieu de noyer avec une seule porte et un crusifix par dessus de fonte en bosse; plus une cheze de commoditte garnie de toile rayée; plus trois douzenes de cheses de paille; plus quatre dousenes détain rafiné; plus douze assiettes creuses détain rafiné; plus deux grands plats de même avec deux autres moyens; plus un bassin et ayguère detain rafiné; plus deux poelles des fer; plus deux casserolles et une sans qeue; plus une grande cosse et une petite; plus un bassinoir; plus une poissonnière; plus une grande lechefritte de fer; plus en rechaud de leton; plus deux tartieres, une grande et une moyenne; plus un écumoir; plus deux lampes; plus deux broches de fer; plus une cuisinière de fer blanc; plus une carmailliere avec sa servante; plus trois poëlles à feu dont il y en a une pour la cuisine; plus une garniture de cheminée composée de deux chenets en maniere dassier avec sa pelle et pincettes; plus deux tripiets; plus six couvertes un peu usées; plus huit matellas pour les valets de laine de montaigne; plus une couverte de meulet de bat jaune; avec cinq croix de Malte; plus deux cheveaux un noir et un rouge tous les deux arhachés de selle, bride, ousse de drapt jaune, avec les fourreaux de même et feaux fourreaux du cuir; plus trois fusils; plus deux paires de pistolets; plus dans une chambre voisine de la sienne, il y a une tapisserie de Bergamme double, plus un lit à quatre quenouilles garnis de chargette feuille morte avec sa couverture de mesme avec sa soubs pente en falbala garni de deux matelas, une couverte blanche et traversier de plume doie; plus deux chaises canebas a l'ancienne mode de bois de noyer; plus un grand tapis de canebas; plus un cabinet de noyer a garde robe; plus un miroir a quadre de noyer pour servir a la toilette; plus deux fauteuils garnis de mesme que le lit; plus une cassette de noyer avec sa serrure; plus les habits qui consistent a un habit de drap complet avec son surtout de mesme le tout garni de boutons dor; plus un surtout decarlatte bordé dun galon dor; plus surtout de camelot roucbe; plus un autre habit dun droguet de Poitou garni de boutons dorfebrerie; plus un autre habit dun penchena dAngleterre garni de boutons dor. Il ne met pas les autres habits comme estant de peu de valeur, les ayant donnés à Saint Jean. Plus deux croix de Malte, une grande et une petite avec une seule chaîne dor pour les deux; plus deux chauderons; plus une bassine; plus deux grilles; plus quarante sacs a tenir du blé; plus a la salle une tapisserie destoffe de Tunis; plus trois paires de chenets avec trois pailles et trois pincettes; plus au sallon une tapisserie détoffe de Tunis avec douze caquetoires rouges; plus une fontenne avec sa cubette de cuivre; plus a la chambre jaune un lit garni dune couette, traversier et deux matellas avec un couvre pied en contre pointe d'indienne et les rideaux de chargette bordés dun ruban bleu; plus une table filletée dor avec ses glindons aussi filletés; plus un miroir avec un cadre filleté dor; plus huit caquetoires rouches; plus une tapisserie détoffe de Tunis; plus une garniture de cheminée, savoir paile, pincettes et mordaches.

Plus a dit avoir quatre mille cent livres ou entre ses mains ou celles de monsieur Fiusal qui a employé de cette somme depuis le commencement de sa maladie comme il paraîtra paa son compte.

Ledit seigneur commandeur de Pomerols, en vertu du bref à luy accordé par son Eminence Monseigneur l'illustrissime Raymond Perelles de Roquefeul, grand Maître de lordre de Saint-Jérusalem, conservateur du saint Sépulchre de Iesus-Ohrist, expédie a Malthe le 7 aoust 1708, signé Ferdin, Conteras vice chancelier et icelle du grand sceau de la Religion et du seigneur grand Maître avec son effigie en cire noire, par lequel son Eminence permet audit seigneur Pomerols de disposer du cinquième de ses effets, et profitant de ladite grâce, ayant premièrement invoqué le saint nom de Dieu, a déclaré vouloir avant toutes choses que ses debtes feussent payées, avec les dons quil fait à ses domestiques pour les bons et agréables services quil en a receus:
Premièrement a Iean Vidal, son valet de chambre, trente ecus — 90 livres.
Plus a Marthe Conte, sa gouvernante, trente ecus — 90. livres.
Plus veut quil soit payé au nommé Lamarque vingt livres quil déclare luy devoir — 20 livres.
Plus à Brigadier, quinze livres — 15 livres.
Plus a Raymond, son jardinier, quinze livres — 15 livres.
Plus a Chavin, quinze livres — 15 livres.
Plus a Marguerite, sa seconde servante, quinze livres — 15 livres.
Plus a Lafleur, son garde terre — 15 livres.
Plus a Iean Leigue, quinze livres — 15 livres.
Plus a Huguet, son laquay — 15 livres.
Plus a Philip, quinze livres — 15 livres.
Il donne ce dessus a ses domestiques outre et par dessus leurs gages par pure gratification.
Plus a Monsieur Fiusal, un lit de camp.

Et pour ce qui est du restant de son cinquième accordé par son Eminence Monseigneur le Grand Maitre, suivant la grâce a luy accordée, il le donne a messire François Angelique Modene de Pomerols, abbé du Locdieu, son frère, en par luy payant les susdits légats, priant Monsieur le receveur de lordre de faire exécuter sa ditte volonté. Il déclare de plus que ledit estat et dépropriement a esté fait en toute sincérité de conscience le 11 juillet 1718 dans son chasteau de Gimbrède, aioutant quil veut quil soit dit dans leglise de Gimbrède un annuel et quil soit donné pour la décoration dicelle quinze livres.
Le commandeur de Pomerols, Gimbrède, L. XIII
Soures: M. L'abbé Benaben — Commanderie de Gimbrède — Bulletin de la Société archéologique du Gers, XXIe année, premier et deuxième trimestres 1920. Auch 1920.
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XIX. Liste des Commandeurs de Gimbrède
1169-1179. — Gaston de Castelmauron.
1266-xxxx. — Pierre de Gavarret.
1280-xxxx. — Jean Sans de Ligardes.
1298-xxxx. — Ramond Bernard.
1307-xxxx. — Bernard de Trèbes.
1333-xxxx. — Aycard de Miramont.
1341-xxxx. — Bertrand de Cances.
1374-xxxx. — Gaucher de La Bastide-Rolland.
1380-xxxx. — Pierre de Ferrand.
1381-1395. — Jean de Lantar.
1395-1402. — Maron de Mas.
1418-xxxx. — Mathon de Mas.
1451-xxxx. — Sans de Lisardos.
1488-xxxx. — Menaud de Viemont, administrateur.
1494-xxxx. — Odon de Ganges.
1521-xxxx. — Gabriel de Pomeirols.
1525-1528. — Jean de Roquelaure, commandeur de Golfech, Sauvagnas, Auvillar...
1530-xxxx. — Géraud de Massas.
1533-xxxx. — Guillaume de Roquefeuilh, commandeur de Golfech...
1535-1538. — Géraud de Golard dît Castelnau.
1540-xxxx. — Raimond de La Tour.
1543-1546. — Jean de Malravan, commandeur de Golfech.
1548-xxxx. — Pierre de Goson-Melac, grand prieur.
1555-1557. — Charles d'Urro.
1562-xxxx. — Etienne Darzac.
1572-1575. — Mathurin de Leseout, commandeur de Golfech.
1591-1595. — P. d'Esparbes de Lussan, commandeur de Golfech...
1605-xxxx. — Pierre de Saint-Pastour.
1647-xxxx. — Antoine de Puget-Saint-Marc.
1667-xxxx. — Nicolas de Villages.
1701-xxxx. — Gauthier de Gugnier.
Soures: M. L'abbé Benaben — Commanderie de Gimbrède — Bulletin de la Société archéologique du Gers, XXIe année, premier et deuxième trimestres 1920. Auch 1920.
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XVIII. Pièces justificatives
Règlement entre le vicomte de Lomagne et le commandeur de Gimbrède touchant les juridictions et territoires de Gimbrède et, de Roulhac.

Pièces justificatives

Soures: M. L'abbé Benaben — Commanderie de Gimbrède — Bulletin de la Société archéologique du Gers, XXIe année, premier et deuxième trimestres 1920. Auch 1920.

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