Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem

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La ville de Bourganeuf ne peut pas avoir la prétention de faire remonter ses origines à la nuit des temps ni aux obscurités de la préhistoire ; son nom même s'y oppose et accuse une fondation relativement récente. En fait on ne trouve aucune trace ni aucune mention de Bourganeuf avant la fin du XIIe siècle. C'est vers cette époque que les documents commencent à parler de Burguetum novum (1), Burgus novus (2), Borguel-nou (3), Burguet-neuf (4), Borgueimuou (5), pour arriver à la forme moderne que j'ai rencontrée pour la première fois dans le terrier de la commanderie de 1543. Le patois, qui est très traditionaliste, dit encore aujourd'hui Bourgouniau.

Bourganeuf est donc une de ces villes du moyen-âge qui doivent leur naissance au fécond mouvement développé en France à partir du XIe siècle les forêts reculaient peu à peu devant la hache des défricheurs, l'anarchie des siècles précédents diminuait chaque jour, la « Trêve de Dieu » atténuait et espaçait les guerres féodales en même temps qu'elle donnait aux milices des paroisses l'idée de l'association et de l'aide mutuelle ; toutefois l'insécurité restait grande encore et tout naturellement les populations cherchaient une protection et se groupaient à l'abri de l'abbaye, du château ou s'accrochaient aux fortifications de la ville. Ces agglomérations formèrent peu à peu des villes nouvelles, des bourgs neufs ; c'est le terme général qui servait à les désigner.

Dans l'Histoire de France de Lavisse nous lisons ce passage : « C'est seulement au temps de Philippe Ier et de Louis-le-Gros que se manifestent, avec une continuité et une vigueur particulières, l'accroissement numérique et les progrès matériels du peuple urbain. C'est alors surtout que les bourgs neufs peuplés de marchands se multiplient le long des remparts des grandes villes, et que les abbayes attirent autour de leurs reliques, outre la population flottante des commerçants et des pèlerins, les bourgeois sédentaires, désireux de vivre à l'ombre d'un lieu saint.... Le clergé avait ce grand avantage de pouvoir fonder des asiles où les habitants bénéficieraient de l'inviolabilité attachée aux possessions de Dieu et de ses saints (6). »

Cette protection, issue du respect des biens d'Eglise ou provenant de la force des armes, trouvait sa complète réalisation dans les établissements, qui se multiplièrent à cette époque, des Ordres monastiques militaires. Un d'entre eux, les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, fut établi à Jérusalem après la prise de la ville par les Croisés en 1099 ; il se retira à Rhodes en 1310, puis à Malte en 1530 ; de là les noms de Chevaliers de Rhodes et de Chevaliers de Malte qui furent dans la suite donnés successivement à ses membres.
Les deux buts principaux de cette institution étaient les services charitables et la défense des chrétiens contre les Musulmans : c'est surtout ce dernier point de vue, ce côté brillant et propre à séduire l'imagination, que l'histoire a mis en lumière ; on a beaucoup écrit sur les luttes de l'Ordre en Terre-sainte et ses campagnes contre les infidèles, où se distingua, par exemple, le célèbre Pierre d'Aubusson, un des hommes les plus en vue de son temps ; on a décrit leurs efforts pour purger la Méditerranée des corsaires turcs ; mais il serait non moins intéressant d'étudier les services de protection rendus par les Chevaliers et le rôle économique qu'ils ont joué. Leurs maisons qu'on appelait couvents, auberges ou hôpitaux étaient échelonnées le long des routes, surtout dans les régions solitaires et boisées ; fidèles à leur nom d'Hospitaliers, ils soignaient les malades ; à leurs débuts surtout ils cultivaient et faisaient cultiver leurs domaines, dans des contrées souvent ingrates, donnant l'exemple du défrichement et de l'agriculture (7).

Or, les Hospitaliers vinrent bâtir dans notre région un de ces châteaux fortifiés qui étaient comme autant de postes avancés de protection, dans un temps où n'existait aucune police organisée ; les populations vinrent vite s'abriter autour de lui et les maisons qu'elles construisirent furent le commencement de Bourganeuf.

Toutes les notices qui ont traité cette question sont d'accord sur le fait et l'époque approximative de la fondation de la ville ; Duval, dans ses Esquisses marchoises, écrit: « ... Peu à peu, autour du prieuré et à l'abri de l'enceinte fortifiée bâtie par les Chevaliers, des maisons se groupèrent, un bourg se forma : telle est en réalité l'origine de Bourganeuf » (8). Mais cet auteur prétend que l'Ordre militaire en question était celui des Templiers ; c'est seulement lors de leur suppression, en 1313, que l'établissement de Bourganeuf, aurait été dévolu aux Hospitaliers. Cette assertion est reproduite par Niepce (9), Vayssière (10) et l'abbé Lecler (11).

Par contre le Pouillé du diocèse (12), de Joseph Nadaud, attribue formellement Bourganeuf, dès les origines, aux Hospitaliers ; en plus de l'autorité générale attribuée à cet ouvrage, nous nous plaisons à remarquer que le savant auteur commença ses recherches et son ministère ecclésiastique dans la région, comme vicaire de Saint-Pardoux-Lavaud. Dans un article publié dans la Grande Encyclopédie, M. Antoine Thomas, membre de l'Institut, écrit de son côté que « dès 1195 l'ordre de St-Jean-de-Jérusalem était installé à Bourganeuf qui était le chef-lieu d'une commanderie ; c'est donc par erreur que tous les historiens locaux ont répété que l'Ordre de Malte n'aurait été maître de Bourganeuf qu'après la confiscation des biens des Templiers, en 1313 » Tel était aussi l'avis de Zénon Toumieux qui avait beaucoup étudié le passé de notre région (13).

Nous croyons, en effet, qu'il n'y a jamais eu d'établissement de Templiers à Bourganeuf et il est de l'intérêt historique de détruire cette légende locale.

D'abord nous appuyons notre affirmation sur ce qu'on pourrait appeler les preuves négatives : aucun des auteurs cités plus haut n'a pu fournir un document établissant l'existence des Templiers à Bourganeuf ; on connaît les noms de leurs préceptories dans le diocèse de Limoges d'après le célèbre procès les archives de la Haute-Vienne (14) possèdent un accord fait le 23 juin 1282, c'est-à-dire peu de temps avant la suppression de l'Ordre, entre l'évêque de Limoges et Francon de Bort, commandeur des maisons du Temple dans le Limousin ; cet acte accordait à toutes les chapelles des Templiers une « église mère » dont elles dépendaient. Or, dans ces documents il est bien question des établissements de la contrée : Charrières, Chamberaud, Sous-Parsat, Paulhac, Blaudeix, etc. de Bourganeuf, nulle part. J'ai demandé à MM. Duval et Lecler de vouloir bien m'indiquer les sources de leur assertion le premier avoue qu'il « s'est peut-être trop avancé en affirmant que Bourganeuf devait son origine aux Templiers » (15) ; et le second convient « qu'il est très probable », d'après les documents récemment mis au jour, que cette origine doit être attribuée aux Hospitaliers (16).

En effet, nous possédons de nombreux titres montrant que ceux-ci étaient établis à Bourganeuf bien avant 1313 ; il serait fastidieux de les citer tous contentons-nous d'en signaler quelques-uns. Les premières franchises furent octroyées à la ville en 1308 par le Grand maître Foulques de Villaret ; l'Ordre y était déjà depuis un certain temps, puisque l'administration des commandeurs avait donné lieu à des plaintes reconnues justifiées par le Grand maître (17). Près d'un siècle auparavant, le 30 octobre 1218, Roger, prieur d'Aureil, en Limousin, vendait à la maison de l'Hôpital de Bourganeuf et à B. de Capoléger, maître de ladite maison, tous les droits qu'il possédait à Rioublanc, actuellement commune de Morterolle (18).
Le même Hoger, on 1210, avait déjà cédé aux Hospitaliers « Morna et las Chabaceiras » moyennant une rente annuelle de 50 sols (19).
En 1207 an autre prieur d'Aureil, W. de Pouroi avait vendu aux mêmes Hospitaliers la terre de Vilette (20).

Le 28 septembre 1195, Audoin de Gimel faisait donation à l'abbaye de Saint-Martial d'une rente de sept setiers de seigle qu'il percevait des Hospitaliers de Bourganeuf (21).
Enfin un document nous fait remonter encore de quelques années : c'est une convention entre Gui, prieur d'Aureil, et Adémar de Peyrat, où comparaissent comme témoins un templier de Charrières et P. Nègre, Hospitalier de Borguen-nou ; Gui ayant été prieur de 1189 à 1194, nous pouvons placer cet acte vers 1190 (22).

Dans le Cartulaire de l'abbaye du Palais, conservé en Angleterre, mais que nous avons pu consulter grâce à la copie que M. Antoine Thomas a bien voulu nous confier, il est question également plusieurs fois, dans les chartes des environs de 1200, des Hospitaliers de Bourganeuf : ainsi, au folio 3, se trouve un accord entre Bernard, abbé du Palais, et G. (Guillaume Jambaud) un des premiers commandeurs du couvent au folio 12, dans l'acte de donation de la terre de Grandvallet, comparaît comme témoin « Willelmus, cellararius de Burgo-novo, hospitalarius » au folio 70, on lit un échange de biens entre l'abbé du Palais, d'une part, et Guillaume de Bramon, maître des Hospitaliers du Limousin et les frères de Bourganeuf, de l'autre enfin au verso du folio 48, dans une donation datée de 1209, est citécomme témoin « Petrus, clericus, hospitalarius »
Il est donc certain que les Chevaliers de St-Jean-de-Jérusalem étaient établis à Bourganeuf bien avant le procès et la suppression des Templiers et que même ils y possédaient une commanderie assez importante à en juger par les nombreuses transactions dont nous venons de citer quelques-unes. Comme d'ailleurs la ville n'était pas assez importante alors pour contenir à la fois un prieuré d'Hospitaliers et une préceptorie du Temple, il faut admettre que les Chevaliers de Saint-Jean n'ont pas succédé aux Templiers, ni profité de la confiscation de leurs biens ; il faut conclure que ce n'est pas autour d'un établissement de ces derniers, mais de l'Ordre similaire de Saint-Jean, que vinrent se grouper les premières habitations du bourg neuf qui devait devenir Bourganeuf. Ce qui a pu donner lieu à confusion et faire naître la légende, c'est que, en effet, le Temple possédait dans les environs des maisons, comme Charrières, qui passèrent aux Hospitaliers et furent placées sous la dépendance de Bourganeuf, quand cette commanderie devint chef-lieu de la langue d'Auvergne.

Mais à quelle date les Hospitaliers vinrent-ils construire leur château ? Nous ne sommes pas en mesure de faire une réponse précise à cette question aucun document connu ne fixe cette date. Des titres de la Commanderie furent brûlés sur la place publique de Bourganeuf, le 10 août 1793, avec ceux des abbayes de Rénévent et du Palais (23) ; d'autres sont conservés aux Archives de la Creuse la part la plus importante se trouve aux Archives du Rhône (24) ni ici ni là on ne signale la charte de fondation. Il est vrai que les titres de Malte ne sont pas encore inventoriés en entier à Lyon y trouvera-t-on un éclaircissement à la question ? L'avenir le dira.

J'ai entendu répéter à Bourganeuf que nos plus anciennes chartes auraient été pillées par les Turcs à la prise de Rhodes et emportées par eux à Constantinople ; je me suis mis en rapport avec un religieux qui habite cette ville et qui m'a écrit « .... Au point de vue intellectuel Constantinople n'est pas encore loin de la barbarie. Il n'y a point de bibliothèque officielle, point d'archives que l'on peut consulter. ...Impossible de savoir si les anciennes chartes de Rhodes ont été transportées à Constantinople. Il n'y a probablement pas un Turc qui le sache ! Vous ne sauriez croire à quel point ce peuple se désintéresse des questions historiques et archéologiques. Sous une mince couche de civilisation il est resté ce qu'il était il y a cinq cents ans, un peuple barbare » (25).

Il n'y a donc rien à chercher de ce côté. D'ailleurs on lit dans l'ouvrage déjà cité de Niepce que les titres de l'ordre déposés à Rhodes avaient été détruits « au brulement advenu à la chancellerie à Rhodes, ainsi qu'il appert d'une bulle du pape Clément VII, disant sub hujusmodi eventu litterœ, libri et monumenta antiqua privilegiorum et indultorum, eis ab apostolica sede concessorum, perierunt et deperdita fuerunt » (26).
Si donc un habitant de Bourganeuf visitait l'île curieuse de Rhodes, il y trouverait des souvenirs intéressants : les armes du grand Maître Pierre d'Aubusson qui figuraient autrefois dans le vitrail du chœur de notre église, restauré par lui, restent encore sculptées sur les murailles et sur la porte qui rappelle son nom, et un voyageur a pu écrire que « la Rhodes actuelle, dans son ensemble, date de son magistère » (27).
La construction de l'hôpital fut également commencée par Jean de Lastic qui a bâti ici la tour qui porte son nom mais que le voyageur n'y cherche pas les parchemins datant l'origine de sa ville.

Actuellement nous pouvons nous appuyer sur les documents déjà cités, sur les renseignements fournis par les cartulaires d'Aureil et du Palais et aussi sur la fondation de l'église, aujourd'hui disparue de Font-Loup dans cette pièce (28) qui paraît remonter à 1150 environ, intervient comme témoin un certain Bru de Borguet nou ; et ce Brun est bien le plus ancien habitant de Bourgancuf qui soit connu ! ... A l'aide de ces indications nous affirmons simplement l'existence des Hospitaliers et le commencement de la formation de la ville un peu avant le milieu du XIIe siècle (29).
Dans son Histoire de Peyrat, M. Cousseyroux rappelle, d'après les Historiens de France (30) que l'armée des Brabançons mit le siège devant le château fort de Peyrat en 1184 et s'en empara et que de là elle se rendit à Bénévent ; il ajoute : « Si les Historiens de France ne parlent pas de Bourganeuf, c'est que cette ville n'existait pas lors de la prise de Peyrat. Elle ne fut construite qu'après 1184 » Il est évident que la ville ne sortit pas de terre d'un seul jet, comme Minerve tout armée du cerveau de Jupiter ; c'est peu à peu que les maisons se groupèrent et il n'est pas étonnant que l'agglomération ne fut pas encore importante dans cette fin du XIIe siècle. Elle dut cependant prendre une extension assez rapide, puisque dès 1308, nous l'avons vu, elle obtenait ses premières franchises ; l'église était sûrement bâtie avant 1200, d'après tous les archéologues qui l'ont étudiée, et enfin nous avons cité la mention de Bourganeuf avant 1184.

Comment et pourquoi l'Ordre des Hospitaliers avait-il été amené à se fixer dans notre région ? Car le hasard n'a pas présidé au choix de l'emplacement de leurs maisons ces emplacements étaient désignés par l'état des lieux et la force des choses. « Pour s'en convaincre, dit un de leurs historiens, rappelons-nous seulement que le moment de la plus grande activité du service des Hospitaliers, dans l'intérieur de la France, a été celui de la fréquence des mouvements militaires des Croisades et des allées et venues incessantes des Croisés isolés et des pèlerins de tous pays. L'absence de toute organisation régulière de police armée rendait alors le parcours des routes, à travers des campagnes peu peuplées et couvertes de forêts, parfois très dangereux, et imposa aux Chevaliers la mission de protéger les pieux voyageurs et de les héberger. Nous sommes en conséquence persuadés que leurs établissements... étaient répartis de distance en distance, de telle façon que, depuis les points les plus éloignés, les pèlerins qui, sans aucun doute, marchaient par petites caravanes, pouvaient parcourir la France, y trouver des gîtes et arriver aux points de mer sous bonne escorte » (31).

Ajoutons que souvent ces couvents étaient placés sur le bord des grandes voies romaines qui sillonnaient le vaste territoire des Gaules et qui servirent longtemps encore après les invasions et faisons en l'application à Bourganeuf ce point se trouvait éloigné des centres, dans une région montagneuse et boisée, sur la route qui, au moyen-âge, mettait en communication Lyon et Clermont, d'une part, avec Limoges et l'Océan de l'autre ; il n'est pas étonnant que cette situation ait attiré l'attention de l'Ordre hospitalier et militaire et se soit imposée à son dévouement.

Dès la fondation de cet Ordre, dont l'institution répondait aux besoins de l'époque, la générosité des chrétiens se manifesta en sa faveur ; les chevaliers qui y entraient et qui, le plus souvent, appartenaient aux plus riches familles, ceux qui avaient pris part aux Croisades, les nombreux pèlerins de Terre sainte qui rapportaient dans leur pays le témoignage de la charité et du courage des Hospitaliers, furent autant de sources des biens considérables qu'ils possédèrent.
Z. Toumieux croyait que ce qui devait devenir la seigneurie de Bourganeuf leur fut donné par les barons de Laron (32) ; on ne peut dans l'état actuel de nos connaissances sur nos origines, prouver cette opinion et l'appuyer sur des documents certains, mais ce qui la rend vraisemblable c'est que d'abord cette ancienne et puissante famille féodale et celle des Gimel, ses alliés, dominaient la région où elles avaient des possessions étendues en 1140, Gérald de Laron fait donation d'une métairie à Bouzogle, qui, dans ces temps reculés, était le chef-lieu d'une paroisse dans le périmètre de laquelle se trouvait certainement ce qui devait être la ville et qui alors était une simple agglomération ou même un terrain non bâti ; en 1180, un fils de Guillaume de Gimel qui est qualifié de « quidam miles de Larunt », donne également une rente de trois setiers de seigle qu'il avait sur Magnat et trois sur Font-Loup ; l'an 1100, autre donation par un Laron sur le territoire de Saint-Junien, etc. Nous trouvons tous ces détails et d'autres similaires dans le cartulaire d'Aureil (33). De plus nous avons cité plus haut un acte de 1195, par lequel Audoin de Gimel cède à l'abbaye de St-Martial « ....sept setiers et une émine de seigle qu'il percevait sur les Hospitaliers de Bourganeuf » quelle était l'origine de cette rente qui se trouvait si rapprochée de la fondation du couvent ? Ne pourrait-on pas supposer qu'elle venait de sa donation ou de sa vente par la famille féodale ? Du moins il paraît certain que le couvent avait été établi dans la mouvance de ces puissants seigneurs.

Bourganeuf devint bientôt une Commanderie importante, et, plus tard, le chef-lieu de l'une des grandes divisions administratives de l'Ordre ; on sait, en effet, qu'il était partagé en huit Langues ou Nations ; Bourganeuf fut la capitale et la résidence officielle du grand Prieur de la Langue d'Auvergne. C'était une circonscription territoriale considérable comprenant les maisons du Velay, de l'Auvergne, de la Marche, du Bourbonnais, du Limousin, du Forez, de la Savoie et du Lyonnais ; aussi la charge de grand Prieur fut elle occupée par les représentants des plus grandes familles de l'Ancien Régime dans cette vaste région.

Le grand Prieur était seigneur spirituel et temporel de Bourganeuf, et, jusqu'à la Révolution, l'histoire de la ville semble se confondre avec celle de la Commanderie, qui, dans les siècles passés, contribua, pour une large part, à sa prospérité, surtout aux époques où les grands Prieurs furent fidèles à la loi de la résidence. C'est ainsi que la seconde moitié du XVe siècle paraît avoir été une période brillante de cette commune histoire. En 1439, Charles VII séjourne à Bourganeuf. C'est le temps où Jean de Lastic (34) construit la tour qui porte encore son nom, et ajoute à l'église une chapelle collatérale où Jacques de Milly (35) octroie les franchises communales définitives ; où Pierre d'Aubusson (36) fait restaurer le chœur de l'église à laquelle s'ajoutent les autres chapelles où son neveu, Gui de Blanchefort (37), fait élever la tour de Zizim la présence du prince turc et de son escorte, ajoutée à celle des grands Prieurs et de leurs Chevaliers, fut aussi pour la cité une cause de mouvement et de vie l'industrie et le commerce s'y développèrent et firent des progrès sensibles le terrier de 1543 y mentionne des papeteries et même une fabrique de tapisseries (38). La ville conserve encore un certain nombre des anciennes maisons bâties à cette époque, avec leurs escaliers de granit et leurs fenêtres sculptées, de sorte que, si ces vieux souvenirs disparaissaient, les pierres elles-mêmes les rappelleraient.
Sources : E. Parinet. Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, page 555 à 566, tome 21. Guéret 1919-1921 - BNF

1. Archives du la Haute- Vienne, II n° provisoire 6822 ; charte de 1195.
2. Cartulaires d'Aureil et de l'Arlige, publiés par G. de Senueville (Limoges, 1900), page 377 charte d'Aureil du 30 octobre 1218.
3. Archives de la Haute-Vienne, D 946 [texte de 1200 environ, publié par MM. Leroux, Molinier et Antoine Thomas, dans les Documents historiques. concernant la Marche et le Limousin (Limoges, 1888), tome I, page 100].
4. Charte des franchises de Bourganeuf [1448] publiée dans les Ordonnances des rois de France, tome XV, page 54 et suivantes.
5. Journal de Gérald Tarneau, 1425, publié par A. Leroux Chartes chroniques et mémoriaux. (Tulle et Limoges, 1886), page 215.
6. A. Luchaire dans l'Histoire de France de Lavisse, tome II. Pour notre région, cf. L. Dnval, Chartes communales et franchises locales du département de la Creuse [Guéret, 1877], Introduction, page XLI : Moutier-Rozeille, Moutier-Malcard, Moutier-d'Ahun, Rénôvent-l'Abbaye, La Forét-du-Temple, etc.
7. C'est ainsi que Féniers, un des points les plus élevés de la Creuse, fut une de leurs commanderies importantes.
8. L. Duval, Esquisses marchoises (Guéret, 1879) page 254.
9. Niepce, Le Grand-prieuré d'Auvergne (Lyon, 1883) page 86 et suivantes.
10. A. Vaysière, l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte en Limousin (Tulle et Limoges, 1884) page 22.
11. A. Lecler, Dictionnaire de la Creuse, v° Bourganeuf.
12. Pouillé historique du diocèse de Limoges publié par A. Lecler, page 342.
13. Article publié dans le journal Le Chercheur, n° du 22 mars 1903.
14. Archives de la Haute-Vienne, G 9, folio 70 et suivants publié par A. Lecler dans le Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, tome LIV, page 493.
15. Lettre du 19 avril 1910.
16. Lettre du 17 avril 1916.
17. Atttoine Thomas. Les premières franchises de Bourgancuf [Mémoires de la Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, tome XX, page 5 et suivantes]
18. Cartulaires d'Aureil et de l'Artige, page 377. Le prieuré d'Aureil avait de nombreuses possessions dans la région.
19 et 20. Archives de la Haute-Vienne. D 679.
21. Archives de la Haute- Vienne. D 679, II n° provisoire 6.822.
22. Cartulaires d'Aureil et de l'Artige, page 246.
23. Mémoires manuscrits du notaire Maritaud, de Bourganeuf (inédits).
24. En 1760, séduits sans doute par l'importance de la ville de Lyon et par la plus grande facilité des communications entre elle et les commanderies et aussi avec Malle, les grands Prieurs se décident à transporter leur résidence dans cette ville ; les archives les suivirent peu à peu, ce qui explique que les vieux titres qui intéressent l'histoire de Bourganeuf se trouvent en grande partie dans la capitale du département du Rhône.
26. Lettre du P. Raymond Ganin, du 14 juillet 1914.
26. Niepce, Histoire du grand prieuré d'Auvergne, page 1.
27. J. Mayor, Illustration du 15 juin 1912.
28. Publiée dans les Documents historiques sur la Marche et le Limousin (tome I, page 153), où il lui a été donné comme date « vers 1200 » ; mais, parmi les autres témoins se trouvent l'archidiacre Ramnulphe de Guéret, qui intervient dans un autre acte daté de 1141 (même ouvrage, tome I, page 134), et Geoffroy, (lui était prieur de Bénévent avant 1143 (Roy-Pierrefitte, Etudes historiques sur les monastères du Limousin et de la Marche, Abbaye de Bénévent, page 20). Il faut donc placer l'acte bien avant 1200.
29. M. Leroux dit que les Hospitaliers avaient pris pied dans la France méridionale dès le XIIe siècle, peu après la réforme de 1118. [Le Massif central, (Paris 1808), tome 1, page 209].
30. Tome XVIII, page 223.
31. Lavirotte. Mémoire sur les Etablissements des Hospitaliers en Bourgogne.
32. Article public dans le journal Le Chercheur du 22 mars 1903.
33. Sur les possessions des Laron, cf. Louis Guibert, Les enclaves poitevines dit diocèse de Limoges, (Limoges, 1886), page 19. Au premier folio du cartulaire du Palais on voit Roger de Laron donner aux moines tout ce qu'il possède à Quinsat. Les Laron résidaient au manoir de Laron près de Saint-Julien-le-Petit.
34. J. de Lustic fut grand Prieur de 1427 à 1437.
35. J. de Milly occupa cette charge de 1445 à 1454. Il donna les franchises le 3 Juin 1448 ; elles furent confirmées par Charles VII l'année suivante.
36. Pierre d'Aubusson resta seulement grand Prieur de 1474 à 1476.
37. Gui de Blanchefort, grand Prieur de 1483 à 1512, fit bâtir la grosse tour en 1484.
38. L. Duval, Esquisses Marchoises, page 264.

Sources : E. Parinet. Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, page 555 à 566, tome 21. Guéret 1919-1921 - BNF
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« Devant le beffroi, » dit Vaultier (1598), « l'église de Saint-Jean qui était une commanderie dépendante de l'ordre Saint-Jean de Jérusalem et possédait une belle ferme à Lagny-le-Sec et autres revenus, etc. »L'établissement à Senlis de ces religieux-soldats remontait à 1170. Des dates postérieures indiqueront la situation que le Temple a toujours occupée à Senlis : 1290. « Domus hospitalis Sancti Johannis Jerosolimitani ante befredum civitatis Silvanectensis, maison « hospitalière de Saint-Jean de Jérusalem devant le beffroi de « la cité »
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L'an 1742, Messire Sextius-Ange de Ricard, chevalier Bailly grand-croix de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Castelsarrasin, Lavilledieu et autres membres en dépendant, pour satisfaire aux statuts de son ordre et aux décrets du Chapitre général, après requête présentée à M. le Sénéchal de Toulouse fit procéder à l'arpentage de tous les domaines lui appartenant.
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La découverte récente et toute fortuite de sépultures à Lannouée, en Yvignac, attire l'attention sur cette commanderie qui eut longtemps un certain renom dans l'histoire de Bretagne.
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Le château qui servait autrefois de chef-lieu à la commanderie de Rayssac existe encore, et se trouve situé au sud-est et à cinq ou six kilomètres d'Albi. Lorsqu'on vient de cette ville, on arrive à Rayssac en contournant le puy ou mamelon du Roc, qui forme de ce côté le flanc gauche de la vallée du Tarn. De l'endroit où s'élève le vieux manoir des Hospitaliers on n'aperçoit plus la silhouette d'Albi, masquée par la masse du mamelon, et on n'entend plus ni les bruits de la ville ni ceux de la plaine. C'est un site solitaire, où la vue, resserrée entre les pentes des coteaux voisins, ne jouit guère de quelques échappées que du côté du levant ; un site qui respire le calme de la nature champêtre, et qui, en favorisant le recueillement et la prière, ne pouvait que plaire à une communauté religieuse.
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La question de l'établissement en Avignon des Frères Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem est assez obscure. Voici cependant un document authentique qui peut servir de point de départ.
Au mois de juillet 1199, intervint un accord entre l'église de Notre-Dame des Doms et les Hospitaliers de Saint-Jean. L'évêque Rostang, avec l'assentiment de ses chanoines, concéda à Garsias de Liza, grand-maître de l'ordre, à Raymond d'Aiguille, prieur de Saint-Gilles et aux autres frères de l'Hùpital, la faculté de construire une église et d'établir un cimetière à eux dans la cité d'Avignon, c'est-à-dire à l'intérieur des anciens remparts, dans une propriété du chevalier Brocardus ou dans tout autre endroit, dans la ville ou hors la ville, qui leur serait le plus agréable.
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Avant l'arrivée des Croisés dans la Palestine, il existait à Jérusalem une maison religieuse qui portait le nom d'Hôpital Saint-Jean. C'était une maison d'hommes pieux qui donnaient leurs soins aux pèlerins malades venus d'Europe. Après la prise de Jérusalem, plusieurs seigneurs, touchés des vertus que l'on pratiquait dans cette maison, prirent l'habit des Hospitaliers (c'était le nom que l'on donnait aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem) et fondèrent des établissements en Europe.
Les princes dotèrent de riches présents dans leurs Etats cet ordre qui, par ses statuts, fut, comme celui des Templiers, un ordre militaire. Après l'abolition de l'ordre du Temple, les Hospitaliers recueillirent une grande partie de ses biens. A la différence de celui des Templiers, l'ordre des Hospitaliers sut se conserver pur.
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Ce qui semble essentiel dans le passé de Maisonnisses, c'est qu'ancien établissement du Temple, il fut ensuite une Commanderie de l'Ordre de Malte, qui avait le patronage de l'église.
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L'ouvrage intitulé : Ordre de Malte. Histoire du Grand Prieuré de Toulouse, par M. A. Du Bourg (Toulouse 1883), contient à la page 143, un court chapitre 10 intitulé : Saint-Girons - Audinat (sic) - Sallan (sic) et ainsi conçu : « Les archives nous faisant complètement défaut, pour ces différentes possessions de l'Ordre dans la partie montagneuse de l'Ariège, nous ne pouvons que les mentionner ici ; elles devaient constituer primitivement une petite commanderie réunie dans la suite à cause de son peu d'importance à celle de Caignac. Notre-Dame de Sallan (lire: Salau), qui en dépendait et qui même lui avait donné son nom, était une chapelle bâtie dans les régions les plus abruptes des Pyrénées ».
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La Langue d'Auvergne, c'est de cette dernière que dépendait la Commanderie de Genevois, lorsqu'on 1773, son grand Bailli, résidant à Lyon, procéda au regroupement de ses biens et de ses archives. Dans un souci d'économie, il ordonne que soient détruites les chapelles des différents membres de Compesières, « trop dispendieuses à entretenir », dit-il. Il charge son fermier général, le sieur Charles de Montfalcon, d'effectuer ce travail. Alors s'élèvent de fortes protestations en Savoie, et en 1779, l'un des fermiers, celui du membre de l'Hôpital de Droise, près de Grésy-sur-Aix, se révolte.
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Le prieuré d'Auvergne de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem s'étendait, d'ouest en est, au-delà de l'Auvergne proprement dite, grosso modo du Limousin au Simplon. Une importante commanderie, celle du Genevois dont le siège était à Compesières, couvrait une notable partie de la Haute-Savoie et du canton de Genève. Parmi les « membres » de cet établissement, se trouvait Moussy, aujourd'hui petit hameau sur la commune de Cornier. Siège d'un des domaines agricoles dépendant de Compesières, Moussy possédait une chapelle, dont les descriptions lors des visites des membres de l'ordre inspectant les établissements à partir du XVIe siècle, confirment sa dévolution au culte, bien qu'à la fin de l'Ancien Régime certains membres de l'ordre de Malte aient songé à la supprimer. Il n'en fut heureusement rien. Etude réalisée par M. Jean-Bernard de Vaivre.
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En étudiant l'histoire des temps passés, il est impossible de ne pas se sentir attiré par un sentiment de sympathique curiosité vers le moyen-âge, et surtout vers ce XIIe siècle en qui il semble se résumer tout entier. C'est qu'on y sent la vie palpiter de toutes parts, sous son écorce encore rude et presque barbare, poussant les peuples dans ces entreprises follement héroïques, auxquelles notre époque, toute positive qu'elle soit, ne peut refuser son admiration. La foi vive de cette époque ne se contentait plus de bâtir des églises ou de peupler des cloîtres; il lui fallait des modes de manifestation plus actifs et plus énergiques. Le besoin de locomotion, qui avait jadis entraîné les hordes barbares vers l'empire Romain, semblait se réveiller de nouveau et allait ramener les peuples de l'Occident vers leur antique berceau, avec une impulsion d'autant plus grande, qu'à cette force inconnue venait s'ajouter l'élan des sentiments religieux, arrivés alors à leur efflorescence la plus pure et la plus vivace. Aussi à peine un appel à la guerre sainte est-il parti du haut de la chaire de Saint-Pierre, que les peuples se soulèvent en masse, et se jettent sur les chemins inconnus pour courir à la délivrance de Jérusalem.
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Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem ne furent pas établis à Reims tant que subsista la milice du Temple, mais ils avaient dès cette époque de très-importants domaines dans le diocèse, c'est-à-dire les commanderies de Crilly, de Saint-Jean de Rametz, de Grandchamp et de Sainte-Croix.

Nous avons peu trouvé de titres relatifs aux possessions rémoises : nous citerons seulement:
1º don de 32 sols de surcens fait sur sa maison, par Agnès, veuve de Raoul de Bazoches, et d'un étal à la Poissonnerie, à charge de célébrer solennellement son obit (mars 1421).
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Mise en ligne d'une étude réalisée par M. Moyse Gérard, sur les inspections des commanderies de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem en Franche-Comté et plus particulièrement dans le diocèse de Besançon.

Je n'ai fait apparaitre pour le moment que les dites Commanderies, Maisons ou Granges cités dans l'étude.

Cette étude est visible dans son ensemble sur le site Internet de Percée    
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L'étude que l'abbé Guillaume vient de faire paraître éclaire d'un jour nouveau les origines de la commanderie de Gap. Elle a pour base un rouleau du XII siècle contenant l'analyse de donations faites à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à cette époque et concernant Gap. C'est là le véritable intérêt du travail de notre honorable collègue ; la question de l'origine des chevaliers de Malte, loin de faire l'objet principal de cette étude comme on pourrait le penser d'après le titre même, n'y est l'occasion d'aucun élément nouveau qui serve à résoudre le problème, sauf peut-être un point spécial sur lequel nous nous proposons d'insister.
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On pourrait penser qu'il n'est rien de plus facile que de répondre à une première question sur les origines de l'implantation, dans le diocèse de Saintes, des ordres militaires : chronologie et localisation des fondations, poids respectif de l'ordre du Temple et de l'ordre de l'Hôpital, organisation des deux ordres, jusqu'au procès qui aboutit, au début du XIVe siècle, à la suppression du Temple et au rattachement de ses maisons à l'Hôpital. Nous disposons, en effet, pour cette période, d'importantes compilations et éditions de documents. De 1894 à 1906 Delaville Le Roulx a publié, en quatre forts volumes, environ 5 000 documents constituant un Cartulaire général des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (1100-1310). Dès 1841-1851 était paru, sous le nom de Jules Michelet, l'édition du Procès des Templiers, qui permit à Trudon des Ormes de dresser une liste des maisons du Temple.
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Son origine nous est inconnue par suite d'un incendie survenu dans les dernières années du XVe siècle. La commanderie, ou salle, dans laquelle les commandeurs et, en leur absence, leurs procureurs, faisaient leur demeure, fut brûlée, « tellement que ne se garda rien sauf les murailles en tout gastées ; les coffres dans lesquels estoient les documents et papiers de la Religion, comme estoient reconnaissances, lièves et autres seignements et actes et titres avec le demeurant, tout fut bruslé tellement que ne demeura rien »
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Dans le cours de ses savantes études sur le Velay, notre confrère M. Chassaing ne pouvait négliger les deux grands ordres de chevalerie qui ont eu tant d'éclat et ont rendu tant de services à la chrétienté durant le moyen âge. Pour faire suite au Cartulaire des Templiers paru eu 1882, il nous donne aujourd'hui, en un beau volume correctement et élégamment imprimé, celui des Hospitaliers.

On sait combien sont rares les documents relatifs aux premiers temps de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
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Deux membres de la commanderie Hospitalière de Devesset en Haut-Vivarais et leurs chapelles
Sainte-Epine de Tournon et Saint-Georges d'Annonay

Les ordres militaires, dans le sud-est de la France, bénéficient d'un grand intérêt depuis plusieurs années. Parmi eux, l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem et l'ordre du Temple font l'objet de nombreuses publications en raison de la densité de leurs établissements. Le Vivarais, province épousant l'actuel département de l'Ardèche, n'est pas une région dans laquelle les Templiers et les Hospitaliers se sont fortement implantés. Toutefois, c'est dans le Bas-Vivarais que se concentre le plus grand nombre de commanderies créées par les ordres. Quant au Haut-Vivarais, une unique maison hospitalière, dont la commanderie-chef était Devesset, se constitua sur son territoire. Le bailliage de Devesset s'étendait jusque dans les diocèses du Puy et de Viviers, dans lesquels il possédait principalement des granges, mais les nombreux membres et annexes qui lui étaient rattachés étaient surtout installés dans l'actuel département de la Loire. La commanderie de Devesset possédait deux membres en Ardèche : Sainte-Epine de Tournon et Saint-Georges d'Annonay.
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