Maisons ou Hôpitaux

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Saclay   (91)
Domus Hospitalis Saclay
Département: Essonne, Arrondissement: Palaiseau, Canton: Bièvres — 91


Domus Hospitalis Saclay
Domus Hospitalis Saclay


C'était une maison que les Hospitaliers de Paris formèrent au XIIIe siècle au moyen de plusieurs acquisitions qu'ils firent à Saclay et aux environs.
La première date de 1194, et contient l'abandon par une noble Dame, nommée Osanne La Vilaine, à Dieu et aux pauvres de l'Hôpital de Jérusalem, de tout ce qu'elle possédait à Saclay, « in Sarcleio », en récompense de quoi les frères Isambard, Emery et Harduin de l'Hôpital, à Paris, lui donnent XX livres parisis.

Des lettres de l'abbé de Sainte-Geneviève, du mois de juin 1228, portent que Gaudefroy Pasquier de Vaucresson, « de Valle Cressonis », et Adeline, sa femme, ont renoncé à tous les droits qu'ils pouvaient avoir sur la terre de Saclay, qui est déclarée dans ces lettres avoir été donnée aux Hospitaliers par Guillaume de Saclay, seigneur du lieu.

Parmi les acquisitions faites à Saclay par l'Hôpital, nous ne mentionnerons que les plus importantes:
1 — Celle faite en 1228, d'Amaury d'Issy, chevalier, de quarante-trois arpents de terre avec des droits de champart, et de cens au village de Saclay, « in villa de Sarcleio ».

2 — Une autre faite en 1234 de la dime des Arpentis, « decime d'ArpentiDomus Hospitalis Arpenti
Domus Hospitalis Arpenti
, (commune de Vauhallan) », provenant du seigneur Milon de Repenti.

3 — Une troisième enfin, en 1306, ayant pour objet vingt arpents de terre sur « VilledombleDomus Hospitalis VilledombleDomus Hospitalis Villedomble (commune de Saclay) », avec quatre livres et huit sols de cens, à prendre chaque année à « Villiers-le-BâcleDomus Hospitalis Villiers-le-BâcleDomus Hospitalis Villiers-le-Bâcle (Commune de Châteaufort). »

Au XVIe siècle, la maison de Saclay consistait en une belle ferme et 300 arpents de terre. La ferme se trouvait dans la grande rue du village. Incendiée en 1633, elle ne fut point rebâtie. Les terres louées à diverses personnes rapportaient, en 1757, 3,600 livres.

Le Commandeur avait une partie de la seigneurie de Saclay, mais sans aucun droit de justice.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Sacquenay   (21)
Hôpital de Sacquenay
Département: Côte-d'Or, Arrondissement: Dijon, Canton: Selongey — 21


Hôpital de Sacquenay
Localisation: Hôpital de Sacquenay


Vers l'an 1100, le chevalier Odo, de Villa, quœ Icius vocatar (Is-sur-Tille), sentant approcher le terme de sa vie, donna aux religieux de Bèze un meix au lieu de Sacquenay, avec ses dépendances de condition libre, réservé les droits de glandées de tierces et franchises sur tout le territoire du lieu (1).
1. Unum mansum, in villa quœ dicitur Secuniacus cum appenditiis etc.

Ce meix avait l'étendue de terre suffisante pour occuper au labourage deux bœufs pendant l'année (2).
2. Ducange, meix au mot mansus, mense.

Le chevalier Galtérius de Chortosan (Cortesou), peu de temps avant sa mort, donna aux religieux de Bèze, en aumône, un meix franc au lieu de Sacquenay avec les terre, bois et toutes, ses dépendances, et Galterius son neveu, donna aussi aux mêmes religieux ses terres et bois, avec une femme esclave nommée Doda.

Au nombre des seigneurs qui furent tenions, en 1144, du don fait par Jean de Courchamp aux religieux de la Milice du Temple, de tout ce qu'il avait aux confins du moulin de Tégérii (moulin de la Roche sur le finage de Percei), on y trouve Tégéric de Sacquenay, Milon de Sacquenay, Théodoric et Ponce de Fontaines. (Inventaire de la Romagne).

Gauthier de Bourgogne, sixième et dernier fils d'Hugues II, duc de Bourgogne, occupant le siège épiscopal de Langres, vers l'an 1179, attesta que Milon du Fossé avait donné en aumône, à la maison des frères de l'hôpital de Sacquenay (1), tout ce qu'il possédait en franc-alleu et en fief au territoire de ce lieu, soit en terres, prés, bois, même le pré de Gui; et que ce don avait été confirmé par Hersenne, son épouse ; Jacob, Werric, Widon, ses fils, et Hermengarde, sa fille ; Avin et Robert, frères de Milon, donateur, et en présence d'Odo, prêtre de Sacquenay, et de plusieurs autres.
1. Apud villam quœ dicitur Sacuniacum seu in finibus ejusdem viilœ (Titre de l'hôpital de Sacquenay).

On croit que cet hôpital a été fondé par les Romains, mais on ignore l'époque où il est passé dans les mains des Templiers et des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.

Manassès, évêque de Langres, déclare qu'Odo li François, Renaud, son frère, et Julienne, leur sœur, ont donné en aumône, à l'hôpital de Sacquenay, tout ce qu'ils possédaient dans le territoire du lieu, à quelque titre que ce fut (2). Frère Reron de Sacquenay fut témoin de cette donation.
2. Quidquid habebant in omnibus commodis in finagio de Secune (Charte de l'hôpital de Sacquenay).

Orner Doyen, de Sacquenay, notaire, reçoit en 1226 l'acte de donation que fait le chevalier Hamo Coluns (3), et Odon, son fils, aux frères de la Milice du Temple d'Autrei, des dîmes qu'ils avaient en ce lieu.
3. De Colonge. Ancienne abbaye des Bernardines, située proche Renéves, partie sur la Bourgogne, et partie sur le comté de Bourgogne.

En 1228, le même Orner reçoit l'acte du don fait aux mêmes frères du Temple par Hamo de Coluns, damoiseau de Renèves, du consentement de Clémence, son épouse, et d'Hugues, son fils, de tous leurs droits sut les dîmes d'Autrei, soit sur les vignes ou terres cultivées. (inventaire de la Romagne).

Huo, seigneur de Beaumont, en 1229, permet à Pierre de Sacquenay (de Sacuneio), et à Harumboe, son épouse, de vendre, aux frères du Temple d'Autrei, une vigne située à Autrei, mouvant du fief dudit seigneur, pour le prix de vingt livres estevenans et deux vaches. Ce qui fut ratifié par Laurent, et Hugues, leurs enfants, et de Sybille et Marie, leurs épouses. (Inventaire de la Romagne).

Noble femme Aalix d'Ortes, et Girard, son fils (de Hortes), en 1231, reconnurent tenir en fief des frères de l'Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem de Sacquenay, les terres et bois qu'ils possédaient dans ce territoire, déclarant en devoir faire l'hommage à cet Hôpital. Ce fief étant engagé sur le chevalier Milon de Sacquenay envers les dits frères, ladite Aalix et son fils se désistèrent de ces terres et bois en faveur de l'Hôpital, et les frères promirent payer audit Girard et aux siens, dans la grange de Sacquenay (in grangia de Sacuneyo), tous les ans à la Saint-Remi, un cens de trois cartes de blé, froment et avoine, par moitié, de qui fut confirmé par Guillaume, père de ladite Aalix. (Archives de l'Hôpital de Sacquenay).

Les frères de l'Hôpital de Sacquenay (de Sacuneio), et leurs hommes de la même ville, ont des débats avec le chevalier Huon dit la Boiche ; par accord fait en 1256, ce chevalier quitte les frères et leurs hommes de tout ce qu'ils lui doivent, pour une émine de froment. En tête de ce titre latin, on lit ces mots: Titres de l'Hôpital de Saconai. (Inventaire des titres de la Magdelaine de Dijon).

Le seigneur Huo dit Boiche, chevalier, l'an 1239, en présence de Robert, évêque de Langres, et de Willerme de Vergi, sénéchal de Bourgogne, déclara tenir en fief des frères de l'Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem tout ce qu'il possédait dans le lieu et territoire de Sacquenay (de Sacane) avec les dépendances, excepté le quart des dîmes qu'il tient de l'évêque de Langres.
La même année, le même chevalier Huo, avec Reine, son épouse, et Luquet, son fils, pour leur urgente nécessité reçurent des frères de l'Hôpital de Sacquenay trente francs, monnaie de Saint-Etienne, qu'ils hypothéquèrent sur leur fief de Sacquenay, et en laissèrent la jouissance aux frères jusqu'à ce qu'ils eussent remboursé. (Cartulaire de la Magdelaine de Dijon).

La dame Sybille, veuve du seigneur Milon de Sacquenay, chevalier, en 1247, du consentement de Guillaume, Legarde Poncotte et Mariotte, ses enfants, donne en aumône, aux frères chevaliers du Temple de la Romagne, leurs biens situés à Montigni. (Chartrier de la Romagne).

Luquet, fils du seigneur Huon dit la Boiche, chevalier, en 1265, donne en aumône, aux frères de l'hôpital de Sacquenay, le fief que possédait son père et sa mère dans le lieu et territoire de Sacquenay, soit en terres, prés, bois, eaux, cours d'eau, maisons, cens, coutumes, revenue rentes, en quoi le tout puisse consister. (Chartrier de l'Hôpital de Sacquenay)

Barthélemy de Cusey, chevalier, voulant retirer, par droit de retrait lignage, des mains des frères de l'Hôpital de Sacquenay, les biens et fiefs que leur avait concédés Luquet, son neveu, fils de Huon dit la Boiche, chevalier, par accord fait en l'an 1271, se départ de sa prétention, et donne le tout en aumône aux frères dudit Hôpital. (Chartrier de l'Hôpital de Sacquenay).

En 1298, vivait Hugon de Sacquenay, clerc et Marguerite, sa femme. (Inventaire de La Romagne).

Noble homme Valterus, chevalier, seigneur de Roset, ayant droit de prendre annuellement, sur les revenus de l'Hôpital de Sacquenay, neuf émines de blé à la mesure du lieu, donne en aumône, en 1305, cette redevance aux frères de cet Hôpital, religieux de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, aux conditions qu'ils feront faire son anniversaire perpétuellement en leur maison de Dijon, à laquelle la maison de l'hôpital de Sacquenay est réunie, et que les prières de cet anniversaire seront pour lui, ses parents et aïeux. (Chartrier de la Magdelaine d Dijon).

En 1317, Jeannette, veuve de Jean dit, Granet de Sacquenay, Humblet et Odo, ses enfants, vendent à Marguerite et Poncette, filles de défunt Barthélemi de Cusey, chevalier, sœur de la sainte maison de l'hôpital de Saint Jean-de-Jérusalem de Sacquenay, leur portion d'une forêt nommée Commune, située au territoire de Sacquenay, joignant le bois de la Grange dite Lamousse, qui avait appartenu aux Templiers. (Chartrier de l'Hôpital de Sacquenay).
Cette charte démontre que dans l'hôpital de Sacquenay, il y avait des frères et des sœurs pour servir les malades.

Donation faite, en 1348, par Marguerite de Cusey, femme pieuse et sœur de la maison de Saint-Jean-de-Jérusalem de Sacquenay, par le motif que Poncette, sa sœur a été reçue religieuse dudit hôpital, qu'elle y est décédée, qu'elle-même y demeure depuis quatre-vingts ans, qu'elle veut reconnaître les bienfaits qu'elle a reçus de cette maison: c'est pourquoi elle donne en aumône, aux frères de cet hôpital et à leurs successeurs, tous les meubles et immeubles qu'elle possède dans le lieu et territoire de Sacquenay (1), soit en meix, maisons, terres, prés, vignes, dîmes, censives et rentes, s'en réservant l'usufruit pendant sa vie. Cet acte fut reçu par Garnier de Lixei, prêtre, tabellion de Langres, en présence de Joseph Perrenet de Sacquenay, de Michelet, fils de Nicolas Maire, de Jean Joly, et Jean Maire de l'hôpital de Sacquenay.
1. In villa et finagio de Sacuneyo, tam in domibus, mansis, terris, pratis, vineis, decimis, censivis, redditibus (Charte de l'hôpital de Sacquenay).

Charles de Poitiers, évêque de Langres, contesta, en 1427, au commandeur de la Magdelaine de Dijon la justice sur les biens de l'Hôpital de Sacquenay ; il prétendit qu'à cause de son évêché, il avait la haute, moyenne et basse justice dans toute la ville et territoire de Sacquenay, sur les hommes, meix, maisons et héritages, même sur ceux du commandeur, qui soutenait le contraire, et prétendait avoir toute, justice, du moins la moyenne et basse sur ces hommes, leurs meix et héritages situés au territoire de Sacquenay. Ce débat, porté au parlement de Paris, il y eut accord, et l'arrêt déclara que le procès serait regardé comme non avenu, sans préjudicier aux droits des parties, ni en acquérir de nouveaux de part et d'autre. (Titres de l'Hôpital de Sacquenay)

En 1442, hôtel de Jean de Sacquenay était dans la rue de la Maladière. Il appartint, en 1494, Etienne de Sacquenay, écuyer. (Archives de l'hôpital de Sacquenay).

Les Croisades avaient fait passer en Europe l'horrible Maladie de la lèpre ; elle était devenue si commune en France, et en particulier en Bourgogne et en Champagne, que les Villes, les bourgs et les villages avaient été forcés de construire des léproseries sur leur territoire.
Le Commandeur de la Magdelaine de Dijon, en 1527, donna à titre de bail à rente, pour trois vies, à Jean Regnaut de Sacquenay, une pièce de terre appelée la Maladière. (Terrier de Sacquenay).
Cet acte annonce que la Maladière était réunie à l'hôpital de Sacquenay.

Le commandeur de la Magdelaine de Dijon, en 1531, achète de Richard Batberot un droit de passage par la porte au-dessus du clos, au bas de la maison de l'hôpital de Sacquenay, pour le prix de vingt sous. (Inventaire de Sacquenay).

Le roi Charles IX, en 1560, par un édit, ordonna à ses baillis de mettre sous sa main toutes les Maisons-Dieu, Hôpitaux, Maladières, Léproseries et Maisons pitoyables du royaume. L'hôpital de Sacquenay fut saisi en vertu de cet édit. Le commandeur de la Magdelaine de Dijon, à la Commanderie de laquelle était réuni cet hôpital, prétendait que l'établissement de Sacquenay appartenait à l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, qu'il n'était point compris dans les lettres de confiscation, et prouva par témoins que cet hôpital devait être excepté.

Pierre Bertiot de Sacquenay déposa qu'en ce lieu il y avait une chapelle vulgairement appelée l'Hôpital de Sacquenay, dépendant de la Commanderie de la Magdelaine de Dijon, qu'elle consistait en maisons, granges, prés, terres et censives ; mais que dans cet hôpital, « on n'a vu oncques faire œuvre d'hospitalité comme y recevoir pauvres, y faire aulmone, de sorte que cet hôpital en retient seulement le nom. »
Guillemot Michel de Sacquenay déposa aussi qu'il y a dans ce lieu une chapelle vulgairement appelée l'Hôpital, réunie à la Magdelaine de Dijon ; qu'il en dépend des maisons ; granges, accins (clos, enclos, accin), terres, prés et censives ; « qu'il n'a vu, oncques audit hôpital faire aulmone ou y recevoir malades, qui fait dire à celui qui dépose, que cet hôpital est de nom seulement. »

Messire Guillaume Désormes, prêtre-chapelain d'Occei, déposa que son oncle, messire Jacquès Désormes, curé d'Occei, a été fermier de la chapelle de l'hôpital de Sacquenay; que dans cet hôpital, il n'a vu faire aucune aumône, recevoir pauvres et autres offices d'hospitalité; que depuis deux ans, il a desservi ladite chapelle, et y a dit une messe chaque semaine.

Messire Vital Désormes, prêtre, curé d'Occei, déposa qu'il avait vu son oncle, messire Jacques Désormes, curé d'Occei, être fermier de la chapelle vulgairement appelée la Chapelle de l'Hôpital de Sacquenay, pour la Commanderie de la Magdelaine de Dijon, et ne vit oncques recepvoir ou héberger audit hôpital aulcun pauvre ou malade, ni faire aulmones.

Le roi, sur ces informations par ses lettres patentes, données à Orléans en janvier 1560, ordonna la mainlevée du séquestre, mis sur les revenus de l'hôpital de Sacquenay, en faveur du commandeur de la Magdelaine de Dijon. (Titres de l'hôpital de Sacquenay).

Ces lettres patentes furent surprises au roi Charles IX ; le commandeur n'ignorait pas que cet hôpital avait été desservi par des frères et des religieuses: il possédait ; les titres de cet établissement ; puisqu'on les retrouver aujourd'hui dans les papiers de cette Commanderie ; les témoins qu'il produisit étaient à sa dévotion.

En 1590, les bâtiments de l'hôpital de Sacquenay étaient encore en bon état. Le commandeur, dans un bail, charge le fermier de les entretenir, et se réserve son habitation dans la maison. (Archives de la Magdelaine de Dijon).

Le grand-prieur de Champagne échangea, en 1608, avec le commandeur du petit Temple de Dijon, le membre de Curtil, contre l'hôpital de Sacquenay ; mais cet acte ne fut point ratifié par le grand-maitre de l'Ordre de Malte.
Pierre de Sacquenay, écuyer, déposa, en 1608, que l'hôpital du lieu était une dépendance du petit Temple de Dijon.

Frère Pierne Moillet, religieux de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, commandeur de la Magdelaine de Dijon et de l'hôpital de Sacquenay, déclare, à la chambre de la Charité Chrétienne, que, quoique l'hôpital de Sacquenay soit ainsi qualifié, il ne doit point être compris au nombre des Hôpitaux, Maladreries, Hôtel-Dieu et Léproseries de la France ; que cet hôpital est à la disposition du grand-maître de l'Ordre, et séparé des hôpitaux du royaume, régi par des économes et administrateurs ; que s'est injustement qu'en vertu de l'édit de 1606, on le veut, en sa qualité de commandeur de l'hôpital de Sacquenay, contraindre à se charger de l'entretien et nourriture de soldats estropiés. Sur ces défenses, la chambre de la Charité Chrétienne, séante à Paris, à Sainte-Croix de la Bretonnerie, par des lettres du 3 octobre 1609, lève la saisie faite sur les revenus de l'hôpital de Sacquenay, parce que les soldats estropiés n'ont rien à prétendre sur, les biens de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem. (Archives de la Magdelaine de Dijon).

Des baux de cet hôpital, de 1628 et 1632, chargent le fermier de faire desservir la chapelle de cet hôpital. (Archives de la Magdelaine de Dijon).

Un procès-verbal de reconnaissance des biens de cet hôpital, dressé en 1645, porte qu'au milieu de la grande rue de Sacquenay, au lieu où soulvit être l'hôpital, y il a plusieurs années, il y a une grande place inculte, qui jadis était fermée de murailles avoisinant le chemin qui conduit à l'église ; d'autre côté, à l'égal de ladite place, est une terre de la Commanderie, du côté de bise, qui contient en longueur cent douze pas, de deux pieds et demi chacun, ce qui révient à deux cent quatre-vingts pieds de long, et de largeur, par le milieu, cinquante-cinq pas, valant cent quarante-huit pieds ; que, dans cet espace, il n'y a aucun bâtiment ni fermeture ; ains (mais) seulement quelques ruines de la fermeture et de quelques constructions qui étaient au milieu de la place, où il n'y a à présent que des ruines qui paraissent, et une muraille d'environ huit à dis pied de haut d'un côté et abattue de tous les autres. La clôture de cette place est entièrement ruinée; il n'en paraît plus rien, sinon une porte du côté du midi, totalement ruinée, et dont les vestiges paraissent encore. Le même procès-verbal porte aussi que les villages des environs sont ruinés ; qu'il ne demeure personne à Percei-le-Grand, fort peu d'hommes à Sacquenay, Montermentier et Courchamp. (Archives de la Magdelaine de Dijon).

On doit faire remarquer que ces dévastations ont été la suite des guerres de 1636, faites par les impériaux (1).
1. Il faut, sur les désastres des pays aux environs de la Romagne, consulter les registres de l'élection de Langres, du 25 mai 1640, depuis 1635 à 1639.

Dans les reconnaissances générales des habitants de Sacquenay, portées au terrier de 1654, ils ont dit unanimement que l'enclos de l'hôpital était autrefois le lieu où était bâtie une chapelle, ruinée longtemps avant les guerres, appelée la Chapelle de l'Hôpital, qui dépendait de la Commanderie de la Magdelaine de Dijon ; qu'avant que la chapelle fut ruinée, le fermier de l'hôpital payait par an, au curé de Sacquenay, neuf livres pour dire la messe tous les samedis. Que, dans la rue des Marois, proche la croix, il y a un enclos, dans lequel sont les vestiges d'une vieille chapelle ruinée dès longtemps, sous laquelle est une grande voûte ; qu'il y avait un enclos de six journaux, dit le Clos de l'Hôpital, maisonné de vieilles murailles, et tenant aux vieilles masures de l'hôpital ; que le commandeur possédait une pièce de terre au climat des Hayers, proche la Belle Pierre, tenant de côté au haut chemin. (Terrier de Sacquenay).
Cet article de la Belle Pierre se trouve consigné dans une déclaration des biens de l'hôpital de 1652.

Les habitants déclarèrent au terrier de 1670, qu'il appartient au commandeur de la Magdelaine de Dijon, à cause de l'hôpital de Sacquenay, un enclos, à présent en ruine et masures, appelé le Clos de l'Hôpital, situé en la rue des Marois, qui était autrefois fermé de murailles, et y avait un appartement pour le commandeur, des granges et hébergeages pour les rentiers ; qu'au milieu de cet enclos, il y avait une chapelle sous le nom et invocation de Saint Jean-Baptiste, qui est le lieu de la maison seigneuriale, les bâtiments entièrement ruinés ; qu'il n'y reste que quelques vieux vestiges, à cause des guerres qui ont ravagé le pays. Dans la déclaration des biens de cet hôpital, les habitants disent que dans la rue des Marois, proche la croix, où est le Clos de l'Hôpital, dans lequel sont les vestiges d'une chapelle et bâtiments ruinés dès longtemps, que sous cette chapelle est une voûte, et contre ce clos une autre propriété de six journaux, appelée le Clos de l'Hôpital, et une autre propriété de quatre journaux, aux Montans, proche le Moulin à Vent. (Terrier de Sacquenay).

Si les croisades ont été un fléau pour la noblesse française et le peuple qui l'avait suivie, il en est résulté quelques avantages. Ces voyages lointains ont fait reparaître les arts, les sciences, le commerce ; on apprit l'usage inconnu des moulins à vent, la coutume des habits longs ; les églises s'enrichirent de reliques vraies ou fausses, etc.

En 1674, le procureur du roi du bailliage de Langres fit saisir les revenus de l'hôpital, entre les mains du fermier, pour sûreté des réparations à faire aux bâtiments et chapelle qui étaient ci-devant construits sous le titre de Saint Jean-Baptiste, et les sommes y être employées tant au service divin qu'à recevoir les pauvres à cet hôpital. Le commandeur Languet forma opposition à la saisie ; il produisit des titres de donation sous charge. Il fut jugé, le 20 novembre 1675, que le sieur Languet serait renvoyé, pour les réparations des bâtiments et chapelle, à la charge de faire faire et continuer les services accoutumés en l'église de la Magdelaine de Dijon, dont il certifiera le procureur du roi et le commandeur condamné aux dépens. (Terrier de Sacquenay).
M. Boudot — Notice sur Sacquenay et son l'Hôpital. Mémoires de la Commission des Antiquités du Département de la Côte-d'Or, page 45. Années 1835 et 1835. (Livre numérique Google)

Hôpital de Sacquenay
A Sacquenay, les Hospitaliers, avec le produit des dons que leur avait fait Milou du Fossé, chevalier, avaient fondé un établissement dans ce lieu alors traversé par l'ancienne voie romaine de Langres à Genève. Un petit domaine formait la dotation de cet hospice.
Sources: César Lavirotte — Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne — Membre de la Société française pour la conservation des Monuments — 1852.
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Sacy   (89)
Domus Hospitalis Sacy
Département: Yonne, Arrondissement: Auxerre, Canton: Vermenton — 89


Domus Hospitalis Sacy
Domus Hospitalis Sacy


L'Hôpital de Sacy, ancienne commanderie de l'Hôpital. Il est fait mention de cette maison dans une charte de Pons, seigneur d'Argenteuil, et d'Etienne, son frère, de l'année 1208, par laquelle, avec l'agrément et du consentement de Pierre, comte d'Auxerre, et de Milon, seigneur des Noyers, ils ont donné à la maison de l'Hôpital de Sacy, « domui Hospitalis de Saciaco », le droit de pâturage pour tous les bestiaux de cette maison dans les terres qui leur appartenaient à Vermenton. Pareille concession est faite en 1209, par Iterius, seigneur de Trucy, en faveur de Guillaume du Mont, qui était alors commandeur de Sacy, « magister de Saci. »

Au XIVe siècle, il y avait dans la maison de Sacy, deux frères de l'Ordre: dont l'un était Commandeur et l'autre prêtre, desservait l'église du lieu, dont la cure était à la collation du Grand-Prieur de France.

Le Commandeur était seul seigneur de Sacy. Tous les habitants étaient ses vassaux ; et parmi les redevances dont ils étaient tenus envers lui, ils lui donnaient, comme il est dit au Livre-Vert, « pour chascun pourcel que l'on tue en ladite ville de Sacy, deux petit filez qui sont environ les nombles et de chascune beste aumaille, beuf ou vache tuez les langues, et de chascun mariage qui se faict en ladite ville un mes, c'est assavoir: une pièce de char, ung petit pain et une pinte de vin, et pevent bien valoir toutes ces choses par an, XXX sols tournois. »

La maison de Sacy était située contre le cimetière, dans la rue des Fontaines, touchant aux murs de la ville. Elle était toute en ruines et inhabitable à la fin du XVIe siècle. On ne jugea pas à propos de la rétablir ; et les cent arpents de terre qui en dépendaient, furent réunis avec les revenus seigneuriaux, à la maison de VermentonDomus Hospitalis Vermenton
Domus Hospitalis Vermenton
; et par suite, à la commanderie du SaulceDomus Hospitalis Saulce
Domus Hospitalis Saulce
(Commune Island 21).

Ce qui restait en 1782, de la terre et seigneurie de Sacy rapportait alors 1,710 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Seigneurie de Sacy
Sacy, près de Vermenton que nous venons de citer, était une seigneurie possédée par les Hospitaliers depuis 1208.
Les habitants « burgenses de Saceio » furent affranchis dès 1236, par le frère Jean de Montgrosin, prieur de la maison de l'hôpital de Sacy.
Sources: César Lavirotte — Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne — Membre de la Société française pour la conservation des Monuments — 1852.

Sacy, conton de Vermanton.
— Sassiacum, 1390, seigneurie divisée entre l'évêque et le chapitre d'Auxerre et le commandeur de Saint-Jean de Jérusalem de la même ville (Chapitre d'Auxerre)
— Sacy était, au VIIe siècle, du pagus et du diocèse d'Auxerre, et, avant 1789, de la provincce de l'Ile de France élection de Tonnerre, et siège de deux justices: l'une appelée le bailliage hors les croix, qui dépendait de l'évêque et du chapitre d'Auxerre, et l'autre, le bailliage de la commanderie: tous deux ressort du baillaige d'Auxerre.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Côte-d'Or, rédigé par Alphonse Roserot. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXXIV.
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Saint-André-de-Cortibals   (82)
Commanderie de Saint-André de Cortibals
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Montech, commune: Saint-Porquier — 82


Commanderie de Saint-André de Cortibals
Commanderie de Saint-André de Cortibals


En 1173, deux frères, Odon et Hugues-Bernard de Sainte-Marie, donnèrent à Pierre de Saint-André, Prieur de Saint-Rémy de Toulouse, leurs droits sur le territoire appelé « Mainbrède » et la dîme de Saint-André de Cortibals. Le Prieur en retour de ses largesses leur fit la charité de 6 sols morlans.

Cette donation fut faite en présence « d'Hunaut Troja », viguier du comte de Toulouse, « dans le but, dit la charte, de rendre ce prince et ses officiers garants de sa validité. »
D'abord uni, comme le Fajolles, à la commanderie de Castelsarrasin, dont il était très-rapproché, cet établissement de l'Ordre de Saint-Jean, passa avec Fajolles dans la circonscription de Golfech en 1455 et dans celle du Burgaud en 1530.

Les commandeurs étaient ceux de Burgaud
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883
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Saint-Aubin   (91)
Domus Hospitalis Saint-Aubin
Département: Essonne, Arrondissement: Palaiseau, Canton: Bièvres — 91


Domus Hospitalis Saint-Aubin
Domus Hospitalis Saint-Aubin


La terre et seigneurie de Saint-Aubin, située à une lieue de La Brosse, fut donnée à la fin du XIIIe siècle aux chevaliers de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, par Jean, seigneur d'Issy, ainsi que le constatent des lettres de Guillaume Thibaut, garde de la prévôté de Paris datées du mois de septembre 1299.

Henri de Villerain et Isabelle de Sainville, fille d'Eudes de Montfaucon, sa femme, amortirent la même année tout ce que les frères de l'Hôpital pouvaient tenir d'eux à Saint-Aubin, et notamment les biens provenant de la donation de Jean d'Issy.

Renonciation est faite l'année suivante (1300), par Agnès de Bynonville, veuve de Jean d'Issy, de tous les droits qu'elle pouvait avoir sur les biens donnés à l'Hôpital par son mari.

Les Hospitaliers possédaient près de Saint-Aubin un moulin, nommé le Moulin de ChamortDomus Hospitalis Chamort
Domus Hospitalis Chamort
, qu'ils avaient acheté en 1203, d'un nommé Thibaut de Wagny ou Gagny, au prix de 120 livres. Ce moulin était alors chargé d'une rente de 28 setiers de blé, au profit des religieuses de Gif.

Ce moulin avait cessé au XIVe siècle d'appartenir à l'Hôpital. Il avait été donné en arrentement perpétuel, moyennant une redevance de 4 livres par an.

La commanderie de Louvières n'avait que le domaine utile de la terre de Saint-Aubin ; les censives et les droits seigneuriaux étaient restés à la commanderie de Saint-Jean-de-Latran à Paris.

Le domaine comprenait une ferme située sur le chemin conduisant à Chevreuse, et cent trente arpents de terre, dont le revenu était, en 1757, de 750 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Saint-Barthelemy-du-Puy   (43)
Commanderie de Saint-Barthelemy-du-Puy
Département: Haute-Loire, Arrondissement et Canton: Le Puy-en-Velay — 43


Commanderie de Saint-Barthelemy-du-Puy
Localisation: Commanderie de Saint-Barthelemy-du-Puy


Cette maison, dédiée à Saint Barthelemy était située hors les murs, proche du pont des Carmes, au fond de la prairie du Breuil proche de l'ancienne route du Vivarais.

Saint-Barthélemy du Puy était le chef des commanderies du Temple dans le Velay. En passant aux Hospitaliers, cette maison devint l'annexe et la filleule de Saint-Jean-la-Chevalerie.

En 1616, l'ancienne église des Templiers était un oratoire où la messe n'était plus célébrée qu'aux fêtes de saint Jean-Baptiste et de saint Barthélémy, mais ses reliques attiraient un grand concours de fidèles. Le chapelain frère Jacques Gérentes exhiba aux visiteurs un petit coffre d'argent carré renfermant des fragments d'os de la tête de saint Barthélémy, un os du bras de saint Médard et « une petite pierre ayant vertu grande pour le mal des yeux » ; un autre reliquaire d'argent « en forme longue » contenait d'autres reliques des mêmes saints, et, en outre, de saint Ferréol et saint Crepasi.


Saint-Barthelemy-du-Puy
Eglise de la Commanderie-du-Temple — Sources image: Puy en Velay


La chapelle avait pour seuls revenus les offrandes et baisemains du peuple, et le produit des bâtiments voisins où logeaient les pèlerins et dont l'un s'appelait l'Hôpital.
Devant la chapelle les officiers de la commanderie avaient coutume de tenir leur cour de justice la veille de la Saint-Jean-Baptiste.

Le peu d'importance de cette commanderie lui avait fait donner, à partir du XVe siècle, le simple titre de rectorie. Au XVIIIe siècle, elle était à la collation du grand-bailli de Devesset et rapportait à son titulaire un revenu annuel de 200 livres. Le fermier se chargeait de la dépense du repas que la rectorie avait à offrir chaque année au clergé de la cathédrale, à l'octave de la Dédicace, jour où le chapitre venait en procession à Saint-Barthélemy (1).


Commanderie de Saint-Barthelemy-du-Puy

Commanderie de Saint-Barthélemy-du-Puy — Sources: image Saint-Bartélemy du Puy


Les Commandeurs ou Recteurs
1324. Mai 1. — Pons de Brion (charte 77), chevalier, commandeur de Saint-Jean-la-Chevalerie et de l'ancien Temple du Puy.

1466. Mai 12-1467 août 13. — Symphorien Champier (Champerii) (2), docteur ès-décrets, praeceptor S. Bartholomaei prope Anicium, commandeur du Temple d'Ayen (1468), oncle et parrain de l'historien lyonnais S. Champier, né à Saint-Symphorien-le-Château vers 1472, mort à Lyon vers 1537.

1480. Septembre 11. — Robert Pellerin (Pelherini) (3), rector S. Bartholomaei.

1569-1576. Juin 15. — Gaspard Gérentes (4), « commandeur de Sainct-Barthelemi »

1616. Juillet 4. — Claude Gérentes (5), « chapelain ou recteur de la chapelle Sainct-Barthelemy. »

1642. Mai 23-1644. Avril 11. — Charles-Philibert Mignot (6), « commandeur de Saint-Barthelemy-lez-le-Puy », recteur de Saint-Georges d'Annonay et de Montredon; commandeur de la Croix-au-Bost (1657).

1663. Novembre 21-1677. Octobre 5. — Jacques Vallat (7), chanoine de Saint-George, recteur de Saint-Barthélemy.

1726. Juin 14. — Marcellin de Marcellange d'Arçon (8), dit le chevalier de Marcellange, reçu le 18 décembre 1685, recteur de Saint-Barthélemy, en avait été pourvu par M. de Fougères du Cluzeau, grand-bailli de Lyon.

1741. Juin 26. — Antoine-Angélique-Daniel Daydie de Ribérac (9), capitaine des grenadiers du régiment d'Enghien, reçu le 10 janvier 1722.

1757. Juin 10-1768. Mai 27. — Blaise Daydie de Ribérac (10), dit le chevalier de Ribérac, reçu le 6 avril 1713.

1769. Septembre 12-1774. — Joseph Josset (11), prètre-conventuel de l'ordre de Malte, commandeur de la Croix-au-Bost, prieur-curé de Saint-George de Lyon, chancelier et archiviste du grand-prieuré d'Auvergne, reçu le 10 janvier 1727 et résidant à Lyon, place Saint-George.

1775-1790. — Benoît-Nizier Servier (12), né à Lyon, docteur de l'Université de Valence, prieur-curé de Saint-George de Lyon, adhéra à la constitution civile du clergé et fut nommé premier vicaire de l'église métropolitaine de Lyon; fusillé aux Brotteaux le 5 décembre 1793.
Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888

Notes — Commanderie Saint Barthelemy du Puy
1. H 2153, fol. 976 vo-978
2. Haute-Loire, prot. de Maltrait, reg. I, fol. 109 et reg. 2, fol. 228.
3. H 2749, fol. 93.
4. H 2233; Saint-Jean-la-Chevalerie, 11, n. 36.
5. H 2153, folios 977 vº et 1007.
6. La Sauvetat, I, n. 17.
7. Haute-Loire, protoc. de Pébellier, notaire, fol. 58.
8. Devesset, titres de la commanderie, visite prieurale.
9. Cabinet, de M. Louis Chaleyer, de Firminy.
10. Cabinet, de M. Louis Chaleyer; H184.
11. Cabinet, de M. Louis Chaleyer; Almanach, de Lyon.
12. Almanach, de Lyon; Almanach, du Puy, 1788; Léopold Niepce, Le Grand Prieuré d'Auvergne, page 114; Liste des contre-révolutionnaires mis à mort à Commune-Affranchie, Destefanis, imprimeur.

Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888
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Saint-Clément-les-Places   (69)
Domus Hospitalis Saint-Clément-les-Places
Département: Rhône, Arrondissement: Lyon, Canton: Saint-Laurent-de-Chamousset — 69


Domus Hospitalis Saint-Bonnet-les-Places
Domus Hospitalis Saint-Bonnet-les-Places


Saint-Bonnet-les-Places ou mieux Saint-Clément-les-Places à trois lieues de Chazelles, un quart de lieue de la Bourdellière, consistait «  en une chapelle dédiée sous le nom de Saint-Bonnet, avec un autel en pierre et au-dessus l'image de Notre Dame. »
En 1615, cette chapelle était « en mauvais estat, n'ayant ny porte ni fenestres »; le visiteur donne ordre de la réparer. Le curé de Saint-Laurent de Chamousset y célébrait la messe sept fois dans l'année.

Le commandeur y avait un domaine de 300 métérées de terres labourables et de 20 journaux de pré, « et un étang ruyné, le tout se tenant et traversé proche du domaine par le grand chemin de Lyon à Feurs. »

Le commandeur avait la dîme de Saint-Bonnet, au douzième, quérable aux champs, valant 7 à 8 setiers par an, le setier faisant deux charges ; cette dîme joignait la dîmerie du seigneur de Chamousset de bise et matin, celle de Thorenche et du prieur de Montrottier de vent et soir ; une autre dîme au douzième, au lieu de Montchorier, paroisse de Saint-Laurent de Chamousset, valant 80 bichets de seigle, mesure de Chamousset, « qui est presque semblable à celle de Lyon, les 5 bichets faisant la charge », limitée par la dîmerie du seigneur de Chamousset de levant et bise, celle de Brussieu aussi de levant, celle du curé de Saint-Laurent de soir et vent.
La rente et la justice dans l'étendue de la dîmerie de Montchorier appartenaient au roi.

En 1683, les officiers de Saint-Bonnet étaient: juge, Antoine Chazel, docteur ès droit; châtelain, Nicolas Blein, notaire royal d'Haute-Rivoire; lieutenant du juge, Jean Gord; procureur fiscal, Claude Buer, tous, du reste, absents.
Sources: M. Maurice Boissieu — La Commanderie de Chazelles — Bulletin de la Diana, juillet — décembre 1901. (Montbrison)
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Saint-Clar-de-Rivière   (31)
Commanderie de Saint-Clar-de-Rivière
Département: Haute-Garonne, Arrondissement et Canton: Muret — 31


Commanderie de Saint-Clar-de-Rivière
Commanderie de Saint-Clar-de-Rivière


Non loin de Poucharramet, sur la rive gauche du Touch, s'élève la petite ville de Saint-Clar, où les Hospitaliers possédaient, depuis les premières années du XIIe siècle, un établissement qui, peu florissant à son origine, prit dans la suite un considérable développement. Un vieux cartulaire de l'Ordre nous rapporte, en effet, la donation que firent à Gérard et à tous ses confrères de l'Hôpital, Raymond Dox, son frère Bernard, et Adhémar de Garimont « de leur honneur de Saint-Clar limité par des croix, pour en faire une salvetat, des bois, des eaux, des moulins, etc. »

Mais c'est presque la seule trace que nous trouvions de cette Commanderie primitive de Saint-Clar, dont nous constatons cependant l'existence dans les actes des Hospitaliers qui la dirigèrent pendant cette période. Cette Commanderie fut supprimée dans le courant du XIIe siècle et réunie à celle de Poucharramet. Dans la première moitié du siècle suivant, plusieurs donations vinrent accroître considérablement l'importance de l'Hôpital de Saint-Clar. Citons la charte où Urset de Bégonhas et dame Géralde de Saysse, sa femme, cèdent au précepteur Guillaume de Barège, les herbes, les eaux et les bois qu'ils possédaient à Saint-Clar, et surtout celle qui nous montre dame Sarrazine, veuve d'Isnard de Pointis, entrant comme soeur dans l'Ordre de Saint-Jean et donnant à frère Dominique, précepteur de Poucharramet, « le château de Saint-Clar et toutes ses dépendances, hommes, femmes, terres, vignes, bois, maisons, bâtiments, fours, moulins, questes, albergues, dîmes, fontaines, alleux, successions, censés, usages, oblies, droits sur les brebis et sur les fromages, en un mot, toute seigneurie sur le territoire compris entre le Touch, la Sauldrune, Campbernard, Sainte-Foy et Poucharramet (17 février 1242).

De concert avec la généreuse bienfaitrice de sa maison, le précepteur de PoucharrametCommanderie de Poucharramet
Commanderie de Poucharramet
voulut user des ressources considérables dont il pouvait disposer, pour construire à Saint-Clar, non pas une bastide fortifiée, entreprise très coûteuse, mais une simple ville, protégée contre les ennemis du dehors par sa qualité de lieu d'asile, ou plus sûrement encore par sa position au bord de la rivière et par la force du château qui venait d'être donné à l'Hôpital. C'est dans ce but que le neuvième jour de janvier 1253 fut promulguée une charte de privilèges et de coutumes octroyée par le Commandeur, frère Dominique, et dame Sarrazine, à ceux qui viendraient habiter leur ville de Saint-Clar. La complète similitude, non pas seulement du fond, mais de la forme et même des mots, nous montre que ce document fut calqué presque entièrement sur la charte concédée, en 1152, par Raymond IV aux habitants de Toulouse, et citée dans l'Histoire de Catel. En voici les principales dispositions: Les fondateurs exemptent tous leurs vassaux des droits de queste et d'albergue, interdisent l'entrée de la ville à tout meurtrier, s'engagent à faire transporter pendant l'espace d'une journée de marche les habitants qui voudraient aller s'établir ailleurs, ainsi que tous leurs bagages. Ils fixent ensuite avec beaucoup de soin les tarifs et les règlements du marché de Saint-Clar. Notons-y certaines dispositions préventives contre les désastres de la famine, fléau si fréquent et si redoutable à cette époque; défense à l'agriculteur de vendre tout son blé avant la Toussaint; au revendeur, d'avoir dans sa boutique plus de quatre quartons d'huile ou de noix. Les ordonnances sur la pêche ou la vente des poissons, principale industrie des habitants de Saint-Clar, jouent un grand rôle dans ces coutumes; les pêcheurs devront apporter et exposer leurs poissons sur la place jusqu'à la troisième heure du jour, et, à partir de ce moment, ils pourront le vendre à qui ils voudront; les revendeurs ne devront garder pour leur propre consommation que des saumons et des lamproies, ce qui indique à cette époque une grande quantité de ces espèces dans nos rivières, d'où elles ont presque complètement disparu de nos jours. Le droit d'asile que l'Eglise avait établi sur une si vaste échelle dans la première partie du moyen-âge, et qui avait rendu de si incontestables services à la société, alors que la violence aurait régné en souveraine sans le frein salutaire de la religion, avait donné plus tard naissance à bien des abus. Grâce à l'impunité que les criminels étaient sûrs de se procurer dans l'intérieur de tant d'églises ou de monastères, leur nombre ne pouvait pas manquer de s'accroître d'une façon inquiétante. Dans plusieurs endroits, on avait restreint ce droit d'asile, ou on l'avait réglementé de manière à en diminuer les inconvénients. A Saint-Clar, les fondateurs le suppriment entièrement: « ni l'église, ni le cloître, ni la salvetat ne protègeront plus les assassins ou les voleurs. » Le nombre des malfaiteurs qui infestaient le pays est encore prouvé par la disposition qui assure impunité et même protection à quiconque courra sus « à ces mauvaises gens, appelés couteliers, « qui, armés de poignards, envahissent les maisons pour les dévaliser. »

Le Code de justice criminelle ne nous offre pas de différences sensibles avec ceux que nous trouvons ailleurs; mentionnons seulement l'article par lequel le séducteur d'une jeune fille doit l'épouser ou lui procurer un mari de même rang que lui, s'il est plus noble qu'elle, tandis que, dans le cas contraire, il doit lui fournir une union proportionnée ou, s'il ne le peut, être soumis à un châtiment corporel.
La charte, dans une seconde partie, énumère la portion de terrain donnée par les fondateurs à chacun des habitants de la nouvelle ville et les redevances qu'ils réclamaient d'eux. Elle se termine enfin par la concession des portions incultes ou boisées du territoire à ceux qui les auront défrichées, moyennant les dîmes, les prémisses et l'agrier.

D'après les statuts de l'Ordre, tout ce qu'un précepteur faisait dans ce temps-là n'avait de valeur qu'après avoir été approuvé par le Grand-Prieur de Saint-Gilles. Aussi les habitants de la nouvelle ville de Saint-Clar ne cessaient-ils pas leurs instances auprès de ce dernier pour qu'il assurât par sa confirmation la perpétuité des privilèges concédés. Exauçant leurs désirs et voulant, dit-il, récompenser leur dévouement constant à l'Ordre, Guillaume de Villaret, après avoir soigneusement examiné la charte en question, déclare qu'il y a trouvé un certain nombre d'articles peu conformes à la sagesse et à l'équité et qu'il va les remplacer par d'autres plus profitables soit à l'Hôpital, soit à la ville elle-même. Après quelques modifications, ayant pour but d'assurer la juridiction suprême des Grands-Prieurs, Guillaume de Villaret comble une lacune importante dans les établissements de 1253; c'est la constitution communale de Saint-Clar, qui avait été laissée de côté par ses fondateurs; les habitants éliront directement leurs consuls et leurs conseillers, que le précepteur n'aura qu'à confirmer et dont il recevra le serment d'usage. Cette nouvelle charte fut promulguée dans le chapitre provincial tenu à Toulouse, le dix-huitième jour des kalendes de février 1273 (14 janvier 1274).

Quelques mois après la fondation de la ville, le 29 août 1254, Bernard, « par la grâce de Dieu, comte de Comminges, » se dessaisissait en faveur de l'Hôpital de Poucharramet de tous les droits qu'il avait sur elle; il y mettait pour condition « que les Hospitaliers y entretiendraient à perpétuité un prêtre pour y appliquer ses messes, ses heures canoniques et ses autres prières au repos de l'âme du seigneur comte et des membres de sa famille. »
Saint-Clar fut réuni en même temps que Poucharramet à la commanderie de Boudrac et lui resta adjoint jusqu'à la fin.

Liste des Commandeurs du membre de Saint-Clar.
--------1208. Pierre de Bosvas.
1252-1253. Soeur Sarrasine de Pointis.
--------1306. Raymond Fabre.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
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Saint-Cyr-sur-Menthon   (01)
Domus Hospitalis Saint-Cyr-sur-Menthon
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton et Commune: Pont-de-Veyle — 01


Domus Hospitalis Saint-Cyr-sur-Menthon
Domus Hospitalis Saint-Cyr-sur-Menthon


— De Sancto Ciryco; S. Cyricus prope ou juxta Baugiacum.
— Paroisse sous le vocable de saint Cyr.
— Les chanoines de Saint-Paul de Lyon et les hospitaliers de Tessonges possédaient des fonds et des rentes à Saint-Cyr.
— Les premiers les avaient acquis, au mois de mars 1266, d'Etienne de Lissieu et d'Agnès, son épouse.
— Les Hospitaliers les avaient reçus de Guigues de Genost, damoiseau, en 1306.
Archives du Rhône, titres de Saint-Paul ; Archives du Rhône, titres de Malte, articles Tessonges, chapage I, nº 5.
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Saint-Didier-D'Aussiat   (01)
Domus Hospitalis Saint-Didier-D'Aussiat
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Montrevel-en-Bresse — 01


Domus Hospitalis Saint-Didier-D'Aussiat
Domus Hospitalis Saint-Didier-D'Aussiat


— Parrochia santi Desiderii de Alciaco, de Aucia, de Ouciaco, de Auciaco; St Didier d'Oucia, d'Ouciaz, d'Oussiat.
— Paroisse sous le vocable de saint Didier.

— Les Hospitaliers de Tessonges, ainsi que les Templiers de Saint-Martin-le-Châtel et de Laumusse, étaient aussi possessionnés à Saint-Didier. Les fonds et les services dont jouissaient ces derniers leur provenaient de donations faites, en 1236, par Robert de Clairmont et Humbert, son frère, et, en 1284-1285, par Humbert de Coucy, écuyer.
— Archives du Rhône, fonds de Malte, titres de Tessonges; chapitre II, nº 1.
— Titres de Saint-Martin-le-Châtel, chapitre I, nº 2.
— Inventaire de Laumusse de 1627, fº 8 et seq.

Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Saint-Etienne-du-Bois   (01)
Domus Hospitalis Saint-Etienne-du-Bois
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Treffort-Cuisiat — 01


Domus Hospitalis Saint-Etienne-du-Bois
Domus Hospitalis Saint-Etienne-du-Bois


— Sanctus Stephanus del Boschos, del Boschous ; ecclesia S. Stephani Nemorosi ; S. Stephanus de Nemorosiis ; S. Etienne-lo-Boscheus ; S. Etienne-les-Bois.
— Paroisse sous le vocable de saint Etienne.
— Dès les premières années du XIVe siècle, les hospitaliers de Tessonges étaient déjà possessionnés dans le village.
— Archives du Rhône, armoire Aaron, volume I, fonds de Malte, titres de Tessonges, chapage I, nº 6.
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Saint-Felix-de-Sorgues   (12)
Commanderie de Saint-Félix de Sorgues
Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Saint-Affrique — 12


Commanderie de Saint-Félix de Sorgues
Localisation: Commanderie de Saint-Félix de Sorgues


Les chevaliers de Saint-Jean qui, comme les Templiers, avaient des possessions importantes sur le Larzac, avaient établi à Saint-Félix le centre de leur commanderie. L'origine de cette dernière est inconnue, mais son existence est mentionnée dès le milieu du XIIe siècle.

1154. — Transaction entre le commandeur de Saint-Félix et l'abbé de Sylvanès, au sujet de certaines dîmes.

1182. — Testament de Pierre de Caylus, qui donne à l'Ordre de Saint-Jean tout ce qu'il avait au lieu de Moussac, ses droits sur la paroisse de Saint-PrivatDomus Hospitalis Saint-Privat
Domus Hospitalis Saint-Privat
et la faculté de dépaissance pour leurs troupeaux dans tout le reste de ses terres.

1203. — Bernard Barnié, abbé de Joncels, vend au commandeur de Saint-Félix tous les droits que son couvent avait à PrugnesDomus Hospitalis Prugnes
Domus Hospitalis Prugnes
(commune: Camarès 12), au prix de 110 sols melgoriens.

1204. — Lubée de Brusque donna à l'Hôpital tous ses droits sur la ville de Saint-Félix.

1208. — Eimeric Alaman et ses frères donnent tous leurs droits sur le territoire de Saint-Félix, depuis la paroisse de Saint-Amans jusqu'à celle de Versols.

1210. — Henri, comte de Rodez, confirme la charte de privilèges accordée par le comte Hugues, un de ses prédécesseurs, et exemptant les frères de Saint-Jean des droits de leude et de péage dans toute la terre du Rouergue.

1221. — Par une charte, déjà citée pour la commanderie de Canabières, le même comte se dessaisit en faveur de l'Ordre de ses droits sur la Bastide de Sauveterre (ou de Pradines, près Vabres-l'Abbaye).

1241. — Guillaume de Combescure donne la dîme de la paroisse de Saint-Laurent-de-Martrin, située entre Curvalle et Coupiac.

1247. — Pierre de Saint-Rome et Bérenger son fils vendent au commandeur de Saint-Félix le mas Houdounenc, situé dans la paroisse de Saint-Jean-d'AlcapièsDomus Hospitalis Saint-Jean-d'Alcapiès
Domus Hospitalis Saint-Jean-d'Alcapiès
.

1253. — Beg de Brusque donne la terre et la seigneurie qu'il avait à Saint-Capraize et à DruilheDomus Hospitalis Druilhe
Domus Hospitalis Druilhe
.

1262. — Deodat Guifre donne ce qu'il possédait au Mas de Salèles (Salel)Domus Hospitalis Salèles
Domus Hospitalis Salèles
, dans la paroisse de Saint-Martin-de-Montagnol.

1263. — Echange conclu entre le commandeur et l'abbé de Joncels; ce dernier cède l'église et la paroisse de Saint-Christophe-de-Druilhe, et en reçoit celles de Clapiers.

1287. — Hugues de Montagnol donne les trois quarts de la terre de MontagnolDomus Hospitalis Montagnol
Domus Hospitalis Montagnol
et ce qu'il avait dans les dépendances de Saint-Paul et de Roquetriboul.

1337. — Lettres patentes de Philippe VI, roi de France, prenant le commandeur de Saint-Félix sous sa sauvegarde et lui reconnaissant la juridiction du lieu de CarnusDomus Hospitalis Carnus
Domus Hospitalis Carnus
(commune de Bozouls).

1345. — Transaction avec le syndic des habitants de ValzerguesDomus Hospitalis Valzergues
Domus Hospitalis Valzergues
, qui s'engagent à payer au commandeur une redevance annuelle de 34 setiers de blé, plus une géline et 3 journées de travail pour chaque habitant (Commune de Montbazens).

1399. — Arbitrage entre Pons de Panat, commandeur de Saint-Félix, et Bernard, abbé de Sylvanès, pour les limites du territoire de Gorgola (?).

1438. — Prise du château de La Bastide, par Guillaume Eralh, chevalier de l'Ordre d'Aubrac. Le sénéchal le fait restituer aux chevaliers de Saint-Jean.

1457. — Transaction avec les habitants de Roquefort au sujet d'une « cabanne » (cave) que le commandeur réclamait pour tenir et apprêter ses fromages.

1459. — Le commandeur, pour favoriser les foires qui se tiennent dans la ville de Saint-Félix, accorde pour ces jours-là l'exemption des droits de leude, de péage et autres; les marchands seront tenus de payer 5 deniers tournois pour droit de « taulage (Tonlieu = Redevance payée par les marchands pour avoir le droit d'exposer leurs marchandises sur les marchés et les foires. » Le commandeur s'oblige à faire faire à ses dépens les sceaux pour marquer les draps qui se fabriqueront au dit lieu, et percevra 2 deniers par pièce pour droit de marque.

1503. — Transaction avec les habitants de MartrinDomus Hospitalis Martrin
Domus Hospitalis Martrin
(commune de Saint-Sernin-sur-Rance), qui sont maintenus dans leurs droits de dépaissance sur les devois de la commanderie de Canabière.

1514. — Lettres patentes de François Ier, accordant au commandeur la faculté d'établir deux foires annuelles dans le lieu de Martrin.

1562. — Cette année-là, la commanderie de Saint-Félix de Sorgues fut prise par les calvinistes, qui la gardèrent quelques temps.

1577. — Prise de Saint-Félix et pillage de la commanderie par les Huguenots.

1577. — Vers le milieu de mai, les calvinistes prirent Saint-Félix de Sorgues, qui ne fit point de résistance: ils se contentèrent d'en expulser le commandeur (Mémoires manuscrits d'un calviniste de Millau.)

1620. — Arrêt du Parlement de Toulouse condamnant les habitants de Saint-Félix à fournir les manoeuvres pour les réparations du château des commandeurs.

1631. — Transaction entre le commandeur et les habitants de Saint-Félix. Ces derniers s'obligent à payer au chevalier 2,000 livres pour réparer les détériorations causées à la commanderie par les Protestants, et autres 2,000 livres dues, tant à raison des manoeuvres pour la réparation du château, que pour les arrérages de la rente de 35 setiers de blé, non payée pendant toute cette période.

1687. — Transaction entre Vincens de Forbin, Commandeur de Saint-Félix, et noble Louis de Pascal, seigneur de Saint-Juery, au sujet de la juridiction de Montagnol, dont un quart est reconnu à l'Ordre de Saint-Jean.
Etudes historiques sur le Rouerque, Volume 2. Par Marc Antoine François Gaujal, imprimerie administrative de Paul Dupont, Paris 1859 (Livre numérique Google)

Commanderie de Saint-Félix de Sorgues
La commanderie comprenait les villes de Saint-Félix, de la Bastide de Pradines, de Cornus, de Saint-Capraize, de Martrin, avec son château, résidence habituelle des commandeurs, des domaines et des cens à Moussac, Montagnol, Ferrairol; elle avait été augmentée, à la fin du XVe siècle, de la commanderie de Campagnolles et de ses dépendances: Milhan, Cazouls, Caillan et Cajan, sis dans la vicomté de Béziers.

Liste des Commandeurs de Suint-Félix de Sorgnes
1200-1203. Bringuier de Campagnol.
--------1211. Arnaud de Boussagnes.
--------1225. Guillaume do Milhan.
--------1243. Raymond de Camaras.
1250-1254. Guillaume de Castries.
1255-1256. Raymond de Mèze.
1260-1265. Pierre de Boutenac.
1271-1272. Geraud de Jauriac.
1272-1305. Pierre de Raymond.
1305-1306. Raymond de Gros.
1407-1308. Vital de Montauson.
--------1326. Bertrand do Gourdon.
1327-1243 Pierre de Clermont.
1362-1366. Berenger d'Esparron.
1394-1399. Pons de Panat.
--------1416. Bertrand d'Arpajon.
1420-1422. Gaillard de Montet.
1444-1467. Raymond de Ricard.
1467-1489. Seillon de Demaudolx.
1500-1524. Tristan de Salles.
1532-1535. Pierre de Grâce de Montauson.
1512-1513. Antoine de Pènes.
1570-1578. Etienne d'Arzac.
--------1582. Arnaud d'Estuard.
1579-1589. Breton de Crillon.
1011-1632. Philippe de Soubiran-Arifat.
1632-1015. Jacques de Glandevès-Cuges.
1662-1681. Jean-Paul de Lascaris-Castelar.
--------1687. Vincens de Forbin-Lafare.
--------1705. Laurens de Villeneuve-Maurens.
1719-1733. Jacques de Fontanille.
1734-1741. Jean-Charles de Romieu.
1745-1750. Antoine — Dauphin de Saint-Mayme.
1783-1789. Gaspard-François de La Croix de Seyve.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883

Voir le site Internet consacré à Saint-Félix-de-Sorgues
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Saint-Génis-sur-Menthon   (01)
Domus Hospitalis Saint-Génis-sur-Menthon
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Pont-de-Veyle — 01


Domus Hospitalis Saint-Génis-sur-Menthon
Domus Hospitalis Saint-Génis-sur-Menthon


— Cosconacum; ecclesia S. Genesii, in pago Lugdunensi, in agro Cosconiacensi ; Sanctus Genesius ; S. Genesius prope Baugiacum ; S. Genes; S. Genes supra Menthonem.

— Les hospitaliers d'Epaisse et les chanoines de la métropole de Lyon étaient jadis possessionnés à Saint-Genis: les premiers, en vertu d'une donation que leur fit, en 1238, Béatrix de Loëse, domicella; les seconds, par suite d'une acquisition faite d'Ogier Boeuf ou de Béost (Bovis), vers 1240.
— Saint-Genis dépendait du marquisat de Bâgé.
Archives du Rhône, fonds de Malte, titres Epaisse, et Inventaire Laumusse de 1627, fº 50.
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Saint-Gaudens   (31)
Domus Hospitalis Saint-Gaudens
Département: Haute-Garonne, Arrondissement et Canton: Saint-Gaudens — 31


Domus Hospitalis Saint-Gaudens
Domus Hospitalis Saint-Gaudens


L'hôpital de Saint-Jean existait à Saint-Gaudens dès l'année 1168; nous voyons, en effet, à cette époque, Yzarn de Saint-Gaudens faire donation à son commandeur, frère Athon des Olmes, de tous ses moulins à vent.
Quelques temps après, les chevaliers de Saint-Jean acquéraient de R. A. de Montpézat, d'Azemar et de ses fils, un emplacement que ces derniers possédaient entre l'Hôpital et les murs de la ville ; Sanche Garsie d'Aure, Prieur de Toulouse, frère Pierre de Solier, Commandeur de Saint-Gaudens et Juliane, humble soeur, s'engagèrent à payer pour cela 80 sols tolsas, plus un cheval estimé 300 sols ; cette vente faite entre les mains de B. de Gabre, viguier de Saint-Gaudens, est datée du mois de décembre de l'année 1190.
Dans le courant du siècle suivant, Roger d'Izarn, bailli ou sénéchal de Saint-Gaudens pour le Comte (de Foix), donna à l'hôpital la faculté de bâtir un moulin sur la Garonne. (Ides de mai 1233).

Possessions Templières de Saint-Gaudens
Au commencement du XIVe siècle, augmenté des biens que les Templiers possédaient dans cette ville ou ses, environs, cet établissement fut réuni à la commanderie de Gavarni, mais vers 1500 cette dernière ayant été fondue dans celle de Boudrac, le membre de Saint-Gaudens fut définitivement réuni à Montsaunès.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse: 1883
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Saint-Georges-D'Annonay   (07)
Commanderie de Saint-Georges-D'Annonay
Département: Ardèche, Arrondissement et Canton: Tournon-sur-Rhône — 07


Commanderie de Saint-Georges-D'Annonay
Commanderie de Saint-Georges-D'Annonay


Dès l'origine, cette maison dépendait des Hospitaliers. Le 20 mai 1293, Gautier du Mas, commandeur d'Annonay, aliéna un jardin sis en cette ville, dans le quartier de la Valette, avec l'assentiment de Pons de Fay, commandeur du Puy et de Devesset (1).
Il ne reste plus qu'à Annonay la rue de La Valette

Cette commanderie, située dans un des faubourgs d'Annonay, près du couvent des Cordeliers, sur le chemin de la Reclusière, et sa chapelle dédiée à saint Georges furent, durant les guerres religieuses du XVIe siècle, démolies et rasées par les protestants.

En 1616, le domaine comprenait des jardins, prés, terres et vignes, et des cens et rentes sur les paroisses de Saint-Clair et de BoulieuDomus Hospitalis Saint-Clair et Boulieu
Domus Hospitalis Saint-Clair et Boulieu
; mais, faute du renouvellement des terriers, ces rentes se réduisaient à quelques setiers de grains (2).

En 1658, cette commanderie était affermée 400 livres (3).

En 1726, ses rentes s'élevaient à 23 saumées de vin, 87 setiers de seigle, 8 de froment et 22 d'avoine; elles étaient assises sur la ville d'Annonay et les paroisses circonvoisines. Les lods et ventes se payaient au 6e denier. Le revenu annuel du membre était de 1,000 livres.

La commanderie avait la charge de payer chaque année, pour droit d'hospitalité, à l'hôpital-général d'Annonay, 14 setiers de seigle (4).

En 1729, le grand-bailli de Saint-Aulaire afferma en bloc les commanderies de Sainte-Epine, de Saint-Georges d'Annonay et du Bourg-Argental pour six ans au prix annuel de 2,300 livres (5).

Liste des Commandeurs
1293, mai 20. — Gautier du Mas (6).
1305, août 26. — Artaud Elie (7).
1328, mars 3-1329, septembre 27. — Raynaud de Fay (8), depuis grand-prieur d'Auvergne.
1380, février 26. — Robert de Châteauneuf (8), grand-prieur d'Auvergne.
1643, août 29. — Charles-Philibert Mignot (9), commandeur de Saint-Barthélemy du Puy.
1679, juin 7. — Jacques de Cordon d'Evieu (10), grand-bailli de Devesset.
1729. — François Foucaud de Beaupoil de Sainte-Aulaire (11). grand-bailli de Devesset.

Notes — Saint-Georges-D'Annonay
1. Archives du château des Boses-Solignac.
2. H 2153, folio 1014 et suivants.
3. Devesset, titres de la commanderie.
4. Devesset, titres de la commanderie, visite prieurale.
5. Sainte-Epine, III, n. 5.
6. Archives du château des Boses-Solignac.
7. Sainte-Epine, III, n. 1.
8. Sainte-Epine, II, n. 3; IV, n. 2.
9. Sainte-Epine, I, n. 4.
10. Sainte-Epine, II, n. 20 et 26.
11. Sainte-Epine, II, n. 23.

Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888
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Saint-Germain (54)   (54)
Domus Hospitalis Saint-Germain
Département: Meurthe-et-Moselle, Arrondissement: Lunéville, Canton: Bayon, Commune: Saint-Germain — 54


Domus Hospitalis Saint-Germain
Domus Hospitalis Saint-Germain


Les droits dont jouissait le commandeur de VirecourtDomus Hospitalis Virecourt
Domus Hospitalis Virecourt
à Saint-Germain, sont ainsi énumérés dans un pied-terrier des droits seigneuriaux, cens, rentes, etc., dépendant de la commanderie de Saint-Jean-du-Vieil-Aître de Nancy (1658): « ...Il y a à Saint-Germain un four banal où les sujets indifféremment dudit lieu sont obligés, sous peine de confiscation, de porter cuire leurs pâtes ; auquel four le seigneur commandeur a la juste moitié contre les autres seigneurs ses comparsonsonniers. »

« Ledit seigneur a droit de relevage sur tous ses sujets et tous les autres qui possèdent bien censables de la commanderie audit Saint-Germain ; lequel droit est tel que chacun desdits sujets el autres venant à décéder, les héritiers d'iceux sont obligés, dans quarante jours, à compter de celui du décès, s'adresser au mayeur dudit seigneur commandeur et lui payer par chacun héritier, six deniers pour ledit droit, comme encore, pour l'année du mortuaire, le double des cens dont la succession du défunt est chargée envers ledit seigneur, à peine de confiscation. »

« Tous habitants ayant maisons à Saint-Germain sous la seigneurie du commandeur, venant à vendre ces maisons ou portions d'icelles, doivent 18 gros pour la totalité on à l'équipollent à proportion de ce qu'ils ont vendu, et ce dans quarante jours, à peine de commise. »

« Lorsque l'un des sujets dudit seigneur s'en va résider sous autre seigneurie, il doit payer entre les mains du mayeur dudit seigneur, 18 deniers pour reconnaissance, à faute de quoi ils ne sont déchargés de ladite seigneurie et y demeurent toujours sujets... »

Des contestations au sujet de l'exercice des droits seigneuriaux ayant eu lieu entre Nicolas Le Febvre, seigneur d'Ancy et de Saint-Germain, et Saladin d'Anglure, commandeur de Saint-Jean-du-Vieil-Aître, le Parlement de Metz rendit, le 13 avril 1660, un jugement qui maintint le commandeur en possession de tenir les plaids annaux au village de Saint-Germain, de créer un forestier au bois dit la Voige, etc. (Ordre de Malte.)
Nouvelles oeuvres inédites de Grandidier — Ordres Militaires et Mélanges Historiques, tome V. (Strasbourg). Edité à Colmar chez Huffel, Libraire-Editeur en M. D. CCCC.
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Saint-Hugues   (82)
Commanderie de Saint-Hugues
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Montpezat-de-Quercy, Commune: Puylaroque — 82


Commanderie de Saint-Hugues
Commanderie de Saint-Hugues


C'était une petite Commanderie de Saint-Hugues, située dans le Quercy, près de Saint-Antonin et de Caussade. Mais le voisinage de toutes ces places protestantes et surtout de Montauban, avait sans doute fait partager à cet établissement, pendant les guerres de religion le sort de la commanderie à laquelle il allait être réuni. C'est ce que nous pouvons conclure de la disparition totale de ses anciennes archives et d'un monitoire de l'évêque de Cahors, contre ceux des habitants qui auraient enlevé les revenus de la commanderie (21 décembre 1612).

L'inventaire, à l'aide duquel nous avons cherché à suppléer au défaut des chartes originales pour les commanderies de Gabre et de Capoulet, est muet ici pour toute la période antérieure à la deuxième moitié du XVe siècle.
Nous trouvons à mentionner, après cette date, le procès que soutint en 1607 le Commandeur devant la cour des Aides de Montauban, contre les consuls de Puylaroque, qui voulaient lever les impôts royaux sur les habitants de Saint-Hugues au mépris des privilèges de l'Ordre, et celui que le commandeur de Gabre intenta à noble François de Vignes, seigneur de Puylaroque, qui prétendait à la juridiction de Saint-Hugues et qui fut condamné par le Parlement (1639).

Liste des Commandeurs de Saint-Hugues.
1406-1465. Guilhot de Morlhon.
1543-1544. Ivan Garric.
1544-1550. Guillaume Balmès.
1553-1554. Jean Baffol.
1554-1555. Jean Guyot.
1599-1613. Dominique Courtade.
Vers 1630 réunion de Saint-Hugues à Gabre.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
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Saint-Jean Davin   (58)
Domus Hospitalis Saint-Jean Davin
Département: Nièvre, Arrondissement: Cosne-Cours-sur-Loire, Canton: La Charité-sur-Loire, Commune: Varennes-les-Narcy — 58


Domus Hospitalis Saint-Jean Davin
Domus Hospitalis Saint-Jean Davin


Saint-Jean d'Avin, c'était une ancienne maison de l'Hôpital, située dans la paroisse de Varennes, à trois lieues de Cosne-sur-Loire, et qui devint au XIVe siècle un membre de la commanderie de Villemoison. Elle consistait alors en un corps de ferme, une chapelle avec 120 arpents de terre, et un bois appelé le Bois de la Vallée.
A cinq cents pas de la ferme, il y avait un moulin appelé le Moulin de Rabuteau.

La chapelle était en ruines, et servait de grange au siècle dernier. La ferme et les terres étaient louées en 1782, 1.100 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Saint-Jean (Le Petit), hameau commune de Varennes-lez-Narcy
è Ancien membre de la commanderie de Villemoison, de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
è Praeceptoria Sancti-Johannis dicta Darien, 1535 (Pouillé d'Auxerre)
è Saint-Jean-Davin, 1536 (Archives de l'Yonne, inventaire de la commanderie de Villemoison)
è Chapelle de Saint-Jean-Davin, membre de la commanderie de Villemoison, 1605 (Ibidem)
è Le Grand et Petit Saint-Jean (Cartes de Cassini)
Dictionnaire Topographique du département de la Nièvre. Par georges de Soultrait. Paris Imprimerie Impériale. M. DCCC. LXV.
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Saint-Jean de Toulouse   (31)
Commanderie de Saint-Jean de Toulouse
Département: Haute-Garonne, Arrondissement et Cantons: Toulouse — 31


Commanderie de Saint-Jean de Toulouse
Commanderie de Saint-Jean de Toulouse


Chambre Prieurale: Nous nous conformerons dans cette étude a la disposition des différentes commanderies telle qu'elle existait en 1790.

A côté de l'église de Notre-Dame de la Dalbade s'élevait, dans les premières années du XIIe siècle, un hôpital. C'est là que nous trouvons établi tout d'abord un lieutenant du Prieur de Saint-Jean de Jérusalem, le lévite Gérard, qui, avec quelques autres religieux, prodiguait des soins aux pauvres malades et plus spécialement aux pèlerins. Depuis quand cette fondation existait-elle ?
C'est ce que nous ne pouvons préciser. Est-ce au comte Bertrand, est-ce à Amélius, évêque de Toulouse, que les Hospitaliers durent leur premier établissement dans notre ville ?
Aucun document ne vient éclaircir cette question. Grâce à la faveur dont ils jouissaient auprès de l'autorité épiscopale, ils s'étaient même emparés de l'église de la Dalbade, qui dépendait du prieuré de la Daurade. Les auteurs du « Gallia Christiana » nous introduisent en 1110 dans le cloître de Saint-Sernin, où était réuni le Concile de Toulouse, et où, en présence des nombreux prélats et abbés qui le composaient, Gérard, serviteur et ministre de l'hôpital Saint-Jean de Toulouse, restitue, d'après les conseils de l'évêque Amélius, l'église de Sainte-Marie de la Dalbade à Radulphe, prieur de la Daurade, assisté de Pons, abbé de Cluny, et d'Asquillin, abbé de Moissac.

Bientôt après, de nouvelles donations vinrent compenser pour l'hôpital Saint-Jean la perte que cette restitution leur avait fait éprouver. Plusieurs seigneurs du pays, Toset de Toulouse, dame Guilia, sa mère, dame Poncia, sa femme, Athon d'Adhémar, Pierre Garcin d'Auterive, se réunirent pour donner l'église de Saint-Remy, voisine de la Dalbade, et le dîmaire, qui en dépendait, à l'hôpital de Jérusalem, au lévite Gérard, qui en était le Prieur, et aux autres frères de l'Ordre. Cet acte n'est pas daté, comme il arrive trop souvent à cette époque; mais il contient certaines indications qui vont nous permettre de suppléer à cette omission. Voici, en effet, la traduction de la fin de cette charte: « ... Ces choses furent données devant Amélius, évêque de Toulouse, Arnaud Baymundi, prévôt, Aycard, archidiacre, Arnaud Raymond de Bédous... Donation faite du temps de Louis, roi des Français, de Guillaume de Poitiers, comte de Toulouse, de la comtesse Filippia, sa femme. Charte écrite la quatrième férié du mois de mai par Vitalis »

Or, nous savons que Guillaume IX d'Aquitaine, comte de Poitiers, se fondant sur les prétendus droits que sa femme tenait de son père Guillaume IV, ancien comte de Toulouse, sur des états que ce dernier avait vendu à son frère Raymond, de Saint-Gilles en dépouilla le jeune Alphonse Jourdain, qui se retira en Provence en 1114 ; et qu'il resta paisible possesseur de son usurpation jusqu'en 1119, époque à laquelle les Toulousains se soulevèrent et rappelèrent le jeune comte. La date de l'acte que nous étudions se trouve donc comprise entre les années 1114 et 1119. Deux circonstances du reste nous permettent de la renfermer entre des limites moins éloignées. Nous voyons, en effet, en premier lieu, que parmi les témoins de cette donation figure le prévôt Arnaud Raymundi. Or, le nécrologe de Saint-Etienne nous apprend que ce dernier décéda le 12e jour des kalendes de mai (12 avril 1118). La donation, ayant eu lieu dans le courant du mois de mai, n'a pu donc être faite avant l'année 1117. D'un autre côté, nous savons que la comtesse Philippia s'était retirée selon toute apparence, en 1116 au couvent de Lespinasse, qu'elle avait fondé près de Toulouse et où elle avait établi une succursale de Fontevrault. Son nom se trouvant placé à côté de celui de son mari sur cet acte, elle ne devait pas encore avoir dit adieu au monde. Nous pouvons donc en conclure que la donation de l'église Saint-Remy à l'hôpital Saint-Jean eut lieu entre les années 1114 et 1116.

Amélius, évêque de Toulouse, que nous venons de voir présider à cette donation et que quelques auteurs croient parent de Raymond du Puy, premier Grand-Maître de l'Ordre, favorisait le nouvel établissement de tout son pouvoir et ne contribua pas peu à l'immense accroissement des possessions des Hospitaliers dans son diocèse. Le treizième jour des kalendes d'octobre (19 septembre) de l'année 1121, il accorda à Gérard, lévite, prieur de l'hôpital de Jérusalem de la contrée et aux autres frères de la maison de Saint-Remy, Bernard de Puysieuran, Raymond Humbert, Pierre d'Anduze, Pons de Montlaur, la faculté d'acquérir des fidèles de son diocèse tous les biens tant ecclésiastiques que séculiers qui leur sembleraient utiles à la prospérité du nouvel établissement ; il exempta de plus, sauf dans quelques cas particuliers, tous les hommes habitant sur les terres de l'Ordre des interdits épiscopaux ; il établit une communauté très intime d'intérêts et de prières entre son clergé et les Hospitaliers. De son côté, Gérard donnait à l'évêque et à son Eglise le meilleur homme dans chacune des « Salvetat » de l'Ordre dans le diocèse et sur celle de Léguevin une rente annuelle de 7 sols, payables à la Saint-Thomas. Dans cet acte, le Prieur de Toulouse agit au nom de Gérard, l'ancien Prieur de Jérusalem, qui avait terminé à cette époque sa sainte et utile existence, de Roger qui lui avait succédé, et de Pierre, Prieur de Barcelone. Preuve naïve et touchante de la vénération et de la reconnaissance inspirée à tous, que la pensée d'évoquer dans cette charte le souvenir du saint homme qui venait de mourir et dont la pensée était censée revivre après lui dans les actes des continuateurs de son oeuvre. Constatons enfin l'existence de Roger, le successeur de Gérard, dont la plupart des auteurs qui ont écrit l'histoire de Malte ont négligé de faire mention; malgré le peu de renseignements que nous pouvons avoir sur ce Roger, l'oeuvre qu'il contribua à consolider a trop d'importance pour qu'il ne mérite pas d'être inscrit sur la liste de ceux qui gouvernèrent l'Ordre de Saint-Jean pendant tout le cours de sa longue existence.

Dans la longue série des donations faites à la maison de l'Hôpital de Toulouse, nous pouvons constater que la population tout entière l'entourait de sa bienveillance. Parmi les bienfaiteurs de l'Ordre à Toulouse, nous trouvons, à côté de personnages les plus illustres et les plus puissants, de pauvres artisans qui venaient apporter leur modeste offrande pour coopérer à l'oeuvre dans ce temps-là, si universellement populaire, de la défense de la foi. Dans l'impossibilité d'énumérer toutes ces donations, nous nous bornerons à signaler les plus importantes.

En 1146, nous voyons Alphonse Jourdain, comte de Toulouse, donner à l'hôpital Saint-Remy et à Forton hospitalier, une lande déserte de BlagnacDomus Hospitalis Blagnac
Domus Hospitalis Blagnac
qui servait de résidence à un ermite du nom de Bernard ; ce dernier accompagna cette donation à l'Ordre, de celle de sa propre personne.

Enregistrons les donations que firent simultanément deux chevaliers issus des races les plus illustres du Midi, Pons de Villeneuve et Arnaud de Boville ; sans doute deux de ces amis comme le moyen-âge en produisait souvent, liés par des serments solennels, inséparables dans la bonne comme dans la mauvaise fortune et qu'on désignait alors sous la poétique appellation de frères d'armes. Le même acte contient la cession de leurs biens à l'hôpital et c'est en même temps que le Prieur Bernard d'Azillain les reçut et leur accorda, selon la formule consacrée l'eau, le pain et l'humble habit de l'ordre.

Les comtes de Toulouse continuèrent à marquer leur bienveillance à l'hôpital par de nouveaux bienfaits. C'est ainsi que nous voyons en 1175 Raymond V donnera Pierre de Saint-André, Prieur, et à tous les habitants de l'hôpital Saint-Jean la faculté de faire bâtir un four dans leur fief, sans exiger aucune redevance de leur part. Cet acte fut passé en présence de Pierre de Toulouse, ministre de la milice du Temple, de Guillaume « Silanus », viguier ; d'Ispaniol, sous-viguier, de Bernard Gavaldan, Pierre de Trôville, Pons du Verger, Arnaud de Cabanes, Bernard de Puysiuran, hospitaliers.
Deux ans après, Raymond V accordait, comme nouvelle faveur à l'Ordre, le droit de pâturage pour leurs troupeaux dans toute l'étendue de ses domaines, exemptait les Hospitaliers de tout droit de péage et de leude dans ses états et autorisait toutes les acquisitions qu'ils pourraient faire à l'avenir.
Pour terminer la liste des témoignages de bienveillance donnés par ce comte à l'ordre de Saint-Jean, citons l'acte par lequel il exempta Raymond Garin, prieur de Toulouse, de toutes les redevances qu'il lui devait pour le dîmage de Saint-Remy, « à la condition de faire brûler un cierge d'une livre devant l'autel de leur chapelle la veille de la fête de Saint-Rémy et d'y faire chanter la messe de la Sainte-Trinité pour que Dieu, la Vierge-Marie et les saints protègent le seigneur Comte de tous maux, lui donnent la victoire sur ses ennemis et la vie éternelle (septembre 1184). »

Toutes ces donations successives avaient accru considérablement les possessions primitives de l'Ordre à Toulouse. Elles comprenaient outre le moulon de Saint-Remy qui s'étendait de la rue de ce nom jusqu'à la Garonne, de nombreux fiefs au-delà de la Porte-Narbonnaise, au Pech-David, au Faletrar. Comme nous le verrons dans la suite, de nombreuses dépendances situées dans la campagne environnante étaient venues accroître l'importance de la maison de l'Hôpital de Toulouse: Saint-Léotaire, Saint-Pierre-de-Salinières, Estaquebiau, la Devèze, Pibrac, Cornebarrieu, etc.

Avant de poursuivre plus loin cette étude qu'on me permette de jeter un coup d'oeil rapide sur les actes les plus importants relatifs à cette période que les archives nous ont conservés à côté des donations et des ventes.
Nous signalerons tout d'abord une discussion qui s'éleva entre les Hospitaliers et les Templiers dont l'établissement s'élevait dans le voisinage immédiat de l'hôpital Saint-Jean, et qui fut terminée par une transaction conclue à l'amiable (vers 1150), entre Bernard d'Azillan, prieur de Saint-Remy et Guillaume de Verdun, maître du Temple de Toulouse.

Par reconnaissance pour les services signalés que la Religion avait reçus de l'Ordre depuis sa fondation, les papes lui avaient concédé successivement un grand nombre de privilèges ecclésiastiques, qui lui donnaient une position presque indépendante de la juridiction épiscopale. Ces faveurs toutes particulières ne tardèrent pas à inspirer des prétentions exagérées aux Hospitaliers et de l'ombrage aux Evêques et au clergé qui ne voyaient pas sans déplaisir cette puissance à demi ecclésiastique prendre un accroissement continuel, malgré leurs réclamations. Aussi la lutte ne tarda-t-elle pas à éclater.

Malgré la décision du concile de 1110 et la restitution que les Hospitaliers avaient faite alors de l'église de la Dalbade au prieur de la Daurade, et grâce sans doute à la protection de l'Evêque Amélius, il paraît que les frères de Saint-Jean avaient renouvelé leur tentative d'usurpation. Mais, après la mort de ce prélat, Guillaume prieur de la Daurade, s'adressa à son successeur, Raymond II de Lautrec, pour obtenir la fin de cet abus. Différentes tentatives furent faites dans ce but, puisque nous voyons Guiscard d'Aymeric, prieur de Saint-Gilles, ratifier en 1140 une transaction conclue à ce sujet entre le prieur de la Daurade et frère Bernard, recteur de Saint-Remy. Mais il ne parait pas que cet arrangement ait eu un résultat définitif et les choses restèrent quelque temps encore dans le même état, lorsque le prieur Guillaume, voyant que l'Evêque n'était pas assez puissant pour lui faire rendre justice, porta directement ses plaintes aux pieds du pape Adrien IV. Celui-ci remit l'affaire à l'arbitrage de l'Evêque de Toulouse et de l'abbé de Saint-Sernin; ces derniers rendirent, le 13 septembre 1158, leur sentence, d'après laquelle le prieur de Saint-Remy dût remettre l'église contestée entre les mains de celui de la Daurade, en faisant quelques réserves en faveur des Hospitaliers. Les deux parties acceptèrent ce concordat et promirent de le faire approuver par leur supérieur et par le Pape.

Deux ans après (1er avril 1160) l'Evêque Raymond II, à la prière du pape Alexandre III et de Guiscard, prieur de Saint-Gilles, accorda au prieur de Saint-Remy la permission d'avoir près de son église un cimetière destiné à la sépulture de tous ceux qui seraient vraiment frères de l'Ordre et porteraient la croix sur leurs vêlements, ainsi que de leurs écuyers et leurs serviteurs, mais il était défendu d'y enterrer des fidèles des quatre paroisses de la ville, savoir: Saint-Etienne, Notre-Dame-de-la-Daurade, Saint-Sernin et Saint-Pierre-des-Cuisines.

La famille des Villeneuve avait parait-il, certains droits sur la portion de la ville où se trouvait l'hôpital de Saint-Jean. Nous voyons en effet en 1165 Adalbert de Villeneuve, sénéchal de Toulouse, appelé à mettre fin à une discussion survenue entre Guiraud de Corneilian, prieur de Saint-Remy et Pons de Villeneuve qui contestait la validité de la donation de Toset de Toulouse, mais dont les prétentions furent écartées par le tribunal. Cette sentence mit fin à ces discussions et l'année suivante nous voyons le même Pons de Villeneuve et dame Mabriane sa femme, léguer par leur testament à l'hôpital un droit d'albergue pour 6 hommes et un sergent, qu'ils avaient sur le dîmaire de Saint-Remy. Depuis cette époque les membres de cette noble maison ne cessèrent d'être les protecteurs de l'Ordre de Saint-Jean qui compte un de leurs descendants parmi ses plus illustres Grands-Maîtres.

Les différends entre les Hospitaliers et les Bénédictins de la Daurade, apaisés pour un temps par la sentence de 1158, ne tardèrent pas à se renouveler sous une autre forme. Le prieur de la Daurade se plaignit de l'ensevelissement de plusieurs de ses paroissiens de la Dalbade dans le cimetière de Saint-Jean. L'affaire fut portée devant l'Evêque de Toulouse, l'abbé de Saint-Sernin et le Prieur de Saint-Pierre-des-Cuisines, qui donnèrent raison au plaignant et l'autorisèrent même à faire exhumer ceux qui à l'avenir y seraient indûment ensevelis. Ce fut sans-doute pour se venger de cette sentence que le Prieur de Saint-Remy, Pierre d'Alsen, fit comparaître devant ces mêmes arbitres quelques frères Hospitaliers et plusieurs autres témoins, qui affirmèrent sous la foi du serment que les nouveaux fondements de l'église de la Dalbade dont on venait de poser la première pierre, étaient creusés en partie dans le terrain de l'Hôpital. C'était une sorte de pierre d'attente pour toutes les discussions qui pourraient surgir dans la suite entre les deux puissances rivales.

Nous voici arrivés aux portes du XIIIe siècle, qui devait être pour notre pays une ère de calamités et qui, après de longues et cruelles luttes, devait voir tomber le comté de Toulouse, et cette puissante autonomie absorbée à son tour dans cette immense unité française que la royauté était en train de constituer. Quand, vaincu à la bataille de Muret, Raymond VI fut obligé d'abandonner pour un temps ses états qu'il ne pouvait plus défendre et de se retirer à l'étranger, Toulouse, devenue la proie des vainqueurs, fut traitée, malgré les promesses de Simon de Montfort, en ville conquise et eut à passer de longs et cruels moments pendant lesquels, livrée sans ressources au pillage et aux désordres de toutes sortes, elle devait sentir vivement et son malheur actuel et sa splendeur passée.
Les archives du Prieuré, quoique presque muettes sur ces quatre années de la domination étrangère, (1213-1217), nous en racontent pourtant quelques épisodes qui nous disent les désolations que Toulouse eut à subir alors. Nous trouvons, par exemple, un acte qui nous apprend que le troisième samedi de février de l'année 1217, une troupe de gens armés, commandés par Bernard-Raymond Affre, Pierre de Saint-Martin et Arnaud Aldebert, pénétra dans l'église Saint-Remy et surprit les frères qui ne purent s'opposer à son entreprise audacieuse. Après avoir forcé les portes, les assaillants se précipitèrent dans la sacristie, où étaient renfermées les archives, but de leur expédition; là, sans être arrêtés par les protestations d'Arnaud de Cabanes, précepteur de l'hôpital et des autres frères qui invoquaient la protection de Dieu, de la Vierge Marie, de la sainte Eglise, du seigneur Comte et des Capitouls, ils enfoncèrent les portes des coffres où étaient entassées toutes les chartes de l'établissement, et, après en avoir enlevé le testament de Pons de Saint-Martin qu'ils devaient avoir intérêt à faire disparaître, ils se retirèrent avec leur prise. Cette agression est attestée par les frères et par plusieurs autres témoins oculaires.

Voici un second témoignage, assez bizarre, des troubles du temps que nous rencontrons dans les archives. La rédaction d'un acte de 1213 avait été confiée à un certain Bernard de Puysiuran, mais ce dernier, qui s'était compromis en faveur de Simon de Montfort, surpris par la rentrée du comte Raymond dans sa fidèle capitale en 1217, ne s'y crut pas en sûreté et prit le parti de s'enfuir, sans prendre le temps d'achever la phrase qu'il avait commencé à écrire (on voit que la fin en a été tracée par une autre main et avec une encre différente). Il fut déclaré par les Capitouls ennemi du comte Raymond et de toute la ville de Toulouse et remplacé pour la rédaction de la fin de l'acte par un notaire de la cité, Guillaume de Saint-Pierre.
« Ce document est encore précieux en ce qu'il nous donne les noms des dix-huit Capitouls de la ville et du faubourg pour l'année 1218, liste qui manque dans nos annales capitulaires, malgré les services que ces magistrats rendirent à leurs concitoyens; ce sont: Pons de Castelnau, Arnaud de Villeneuve fils de Jourdain, Oldric de Gameville, Pierre de Roaix, Bernard-Raymond Borrens, Arn.-Guillaume Pilet, Etienne de Devèze, Pons de Morlas, maître Bernard-Raymond d'Escalquens, Etienne de Courtesole, Raymond Bérenger, Embrin, Bern -Raymond Aster, Bernard Signarii, Pierre-Guillaume de l'Ort, Hugues Jehan, Arnaud Mancip. »

Nous avons déjà fait observer dans le chapitre précédent que les Hospitaliers se montrèrent pendant toute cette période sympathique à la cause des Toulousains.
Nous voyons en effet le comte Raymond conserver avec les religieux de l'hôpital Saint-Remy des relations non interrompues. C'est vers eux qu'il se tournait dans les moments difficiles; c'est de leur entremise qu'il se servait pour tâcher par des donations de gagner la protection du ciel et de protester de la sincérité de sa foi. Le 20 septembre 1209, en partant pour Rome, où il allait porter ses protestations et ses plaintes contre l'acharnement de ses ennemis, il avait légué, dans le cas où il ne reverrait pas ses états, aux Hospitaliers et aux Templiers tout le blé et tout le vin qui auraient été recueillis cette année-là sur ses domaines, pour être distribués aux pauvres par leurs soins, il donnait de plus, comme gages de sa bienveillance, aux premiers son jeune cheval et aux seconds son armure et son dextrier de bataille.
En 1218, pendant le siège de sa capitale, sentant le besoin d'implorer le secours d'en haut, il fît, en présence de Bertrand comte de Comminges, de Dalmace de Creissel, de Roger-Bernard (de Foix), de Raymond de Recalde, un nouveau testament par lequel il laissait tous ses états à son fils Raymond et faisait aux Templiers et aux Hospitaliers de Toulouse des legs analogues à ceux du testament précédent (29 mai 1218).

Le 5 juillet de la même année, devant la porte de l'église Saint-Jean, se présentait le vieux comte, entouré de ses plus fidèles vassaux, Dalmace de Creissel, P. de Recalde, Déodat d'Alaman, Aribert son chapelain: « ..; Touché à la vue des bienfaits que l'Ordre de l'Hôpital répand dans le sein des pauvres et tremblant à la pensée du dernier jugement; Raymond se donne à Dieu, à la bienheureuse Marie sa mère, à saint Jean et à l'hôpital de Jérusalem, donation qu'il ne fait que renouveler l'ayant déjà faite depuis longtemps, est-il dit dans l'acte; il demande à Arnaud de Cabanes précepteur de la maison de Toulouse, de le recevoir pour frère et de lui promettre une sépulture parmi eux après sa mort. Malgré l'excommunication lancée contre ce malheureux prince, le frère de Cabanes n'hésita pas à lui octroyer ses demandes, au nom de Bertrand, prieur de Saint-Gilles et le rendit participant de tous les biens spirituels et temporels de l'Ordre en-deçà et au-delà des mers. »

Quelques années après, en 1222, quand Raymond VI eût enfin vu des jours plus tranquilles et que, retiré dans sa capitale, il cherchait à lui faire oublier par son gouvernement paternel les maux de la guerre, une maladie subite vint le saisir, ne lui laissant pas même l'usage de la parole pour se réconcilier avec l'Eglise qui l'avait expulsé de son sein. Toutefois les Hospitaliers accoururent autour du lit d'agonie de celui qu'ils considéraient comme frère de leur Ordre; ils le recouvrirent de l'humble habit de l'hôpital, comme pour le défendre de l'accusation d'hérésie portée contre lui; et il expira en baisant avec ferveur la croix blanche cousue sur son manteau d'Hospitalier. Ils emportèrent son corps dans leur hôpital de Saint-Remy, suivant le voeu qu'il avait exprimé. Après que tous les efforts faits par Raymond VII pour obtenir à son père les honneurs de la sépulture ecclésiastique eurent échoué, les chevaliers de Saint-Jean n'oublièrent pas la bienveillance que ce prince leur avait toujours témoignée pendant sa vie, et donnèrent au milieu d'eux un asile à ces restes qui ne devaient pas reposer dans la terre bénite d'un cimetière.

Son fils Raymond VII continua la tradition paternelle à l'égard de l'Ordre de Saint-Jean. Après avoir confirmé en 1222 à Emmanuel, Grand-Prieur de Saint-Gilles les privilèges accordés aux Hospitaliers par ses ancêtres, il fit octroyer par Bringuier de Prinilhac, viguier de Toulouse, au prieur Guillaume de Barèges et à frère Jacob, précepteur de l'hôpital Saint-Remy, l'autorisation de démolir leur four, pour le reconstruire dans quelque endroit de leur fief qui leur serait plus favorable. Cette charte fut concédée le 8 mai 1243, « au château Narbonnais, dans l'église Saint-Michel », en présence de Bertrand, frère du comte Raymond, Sicard d'Alaman, Pierre de Toulouse, Arnaud d'Escalquens, etc.

Quoique moins fréquentes que dans le siècle précédent, des donations importantes venaient encore de temps à autre augmenter l'importance de l'hôpital Saint-Jean de Toulouse. Nous nous contenterons de mentionner les suivantes: en 1240, Bertrand de Comminges, mari de dame Blanche d'Hunault de Lautar, demande par son testament à être enterré parmi les Hospitaliers de Toulouse et leur lègue son cheval de bataille, l'armure de son corps et de son cheval, « tant en fer qu'autrement, comme il convient à un chevalier d'être armé pour être employé outremer au service de Jésus-Christ. »
Quelques années plus tard nous voyons Mancip de Toulouse et Pierre de Toulouse son frère, Bernard de la Tour de Laurac, Raymond Barravi, Odon de Noé et plusieurs autres seigneurs faire cession à Pierre de Cayranc, prieur, à Bertrand de Fraxine, précepteur de Toulouse, d'un établissement de bains, situé au port de la Dalbade et allant de la route hors des murs de la ville jusqu'à la Garonne (1246).
Mais la donation la plus importante est celle que Gui de las Tours, chevalier, et dame Mabriane, sa femme, fille de Guillaume de Gameville, firent, le 8 janvier 1261, à Dieu, à l'hôpital, à Pierre de Montbrun, vice-prieur de Toulouse, « de leurs corps, de leurs âmes », de tous les biens qu'ils possédaient dans la ville ou les environs, à Cugnaux, à Léguevin, à Pibrac, de leur forteresse de Gameville, de leur fief de Saint-Etienne de Verfeil, avec leurs hommes, leurs femmes et tous les droits qui y étaient attachés.

Un procès survenu en 1301, entre le précepteur et la chapitre de Saint-Etienne au sujet de la procession de la Fête-Dieu, nous apprend, entre autres détails, que le curé de la Dalbade et son clergé devaient marcher sous la croix et l'étole du recteur de Saint-Jean, dans les actions publiques et notamment dans les processions du patron de l'Ordre et du Corpus Dei et que l'église de Saint-Jean était considérée alors comme la principale de la paroisse et comme la cinquième de la ville, à cause, soit de son ancienneté, soit de sa dignité prieurale.

Tel était l'état prospère de la maison de Toulouse lorsque la chute de l'ordre du Temple et l'érection du Grand-Prieuré de Toulouse vint en accroître si notablement l'importance.

Le château-fort qui s'élevait auprès de l'église de Saint-Remy devint la résidence des Grands-Prieurs quand ils étaient sur le continent, et les dépendances de l'hôpital de Toulouse, augmentées de celles du Temple de cette ville, formèrent leur apanage primitif. La chambre prieurale de Toulouse se composa donc dans le principe de ce que les deux Ordres possédaient dans la ville ou dans les environs, à Cugnaux, Larramet, Léguevin, Pibrac, Larmont, La Devèze, Pompertuzat, Verfeil, Fonsorbes, etc.
Dans la suite plusieurs modifications, que nous aurons l'occasion de signaler, dans le courant de cette étude, furent apportées dans l'étendue de cette circonscription de l'ordre.

En poursuivant l'étude des archives de la maison de Saint-Jean de Toulouse, nous rencontrons le récit d'un épisode assez singulier des troubles qui agitaient l'Europe et surtout la France au commencement du XVe siècle. Un grand personnage de la ville, Etienne de Montigny (nous n'avons pu découvrir de quelles fonctions il était revêtu; il n'en est pas fait mention dans les archives et son nom ne figure dans aucune annale de l'époque), avait, paraît-il, des griefs personnels contre l'Ordre de Saint-Jean et, comme tant d'autres, profita de l'absence complète d'autorité où la guerre et la démence du roi Charles VI avaient réduit le royaume à cette époque, pour se livrer à son ressentiment. Sans tenir compte des anciens privilèges qui exemptaient les religieux de Saint-Jean de se rendre aux cérémonies publiques, il envoya, au mois d'août 1408, son commissaire, « maistre Bernard Jehan », au Prieuré, intimé au recteur « frère Gérart », et à tout le couvent l'ordre de se rendre en procession, croix en tète, à l'église Saint-Etienne, pour y ouïr la publication des lettres royaux de Charles VI au sujet de la « neutralité (Par l'acte de neutralité Charles VI déclarait qu'on n'obéirait en France ni au Pape de Rome, ni à celui d'Avignon (mai 1408). »

Le recteur, après avoir exposé ses privilèges, répondit qu'il en référerait au chapitre des Frères de la maison. Mais sans attendre leur réponse, le vendredi suivant, maistre Bernard Jehan revint à la charge, accompagné cette fois d'une douzaine de sergents, pénétra dans la maison, fondit sur le recteur qu'il aperçut dans le cloître, « auquel a cimetière et lieu de franchise et immunité, mist la main à luy injurieusement et s'efforça de le mener en prison et extraire de la maison. » Effrayés de cette première attaque et n'ayant aucun secours à implorer, les Hospitaliers se rendirent auprès de leur ennemi et tâchèrent de l'apaiser en promettant de se rendre à Saint-Etienne suivant ses ordres, ce qu'ils exécutèrent en effet ponctuellement. Mais cette soumission ne faisait pas le compte de Montigny qui ne trouvait pas sa victoire assez grande, ni l'humiliation des Hospitaliers suffisante; sans chercher d'autres prétextes, il organisa une nouvelle expédition contre eux. Par son ordre, le lundi après la Toussaint, le sous-viguier de Toulouse revint au Prieuré avec plusieurs sergents, ils trouvèrent le recteur debout sur la porte de son église. N'osant se rendre coupables d'un nouveau sacrilège en exerçant leurs violences dans l'enceinte sacrée, « ils y entrèrent comme s'ils voulsissent Dieu prier, et quant ils furent dedans icelle esglise vindrent par derrière le dict recteur et par force le boutèrent hors de la dicte esglise, lui firent plusieurs griefs et oppressions et s'efforcèrent de le mener en prison... »

Pendant ce temps, Etienne de Montigny, à la tète d'une autre troupe de sergents avait envahi le couvent par un autre côté, il y fit arrêter tous ceux qu'il y trouva, trois frères et cinq serviteurs ou « donnats »; il fit conduire ces religieux enchaînés entre deux files de sergents, depuis le Prieuré de Saint-Jean jusqu'au lieu « de la salle Neuve (au Palais de Justice), où il y a grant distanre et les fist emprisonner en dures et obscures prisons, ès quelles on a accoustumé mètre les accusés des caz criminelz. » Ils y restèrent détenus pendant 31 jours; durant tout le temps de leur captivité, Montigny avait placé 18 sergents en garnison au Prieuré qu'ils traitèrent tout à fait en pays conquis, enfonçant les coffres des frères et pillant tout ce qui leur tombait sous la main, l'or, l'argent et jusqu'aux vases sacrés. Le procès-verbal de cette agression fait remarquer que, pendant l'emprisonnement des Hospitaliers, « ou grant vitupère de Dieu furent les portes de la dicte esglise tenues fermées. telement que personne ne y ala cependant faire oraison ne offrande, jà soit ce qu'il y ait grant pèlerinage en l'onneur de monseigneur Saint-Jehan... »
Après quoi Montigny fit « apeler à ban et bannir du royaulme... » Le recteur et quatre autres religieux, sans aucune accusation pour motiver cette sentence, et exigea que le trésorier payât comme rançon du Prieuré 30 écus aux sergents qui l'occupaient.

A la nouvelle de ces actes inqualifiables, le Grand-Prieur, Raymond de Lescure, réclama hautement justice et satisfaction « pour le grand esclande et lésion de justice et injures de la religion. » Il obtint des lettres de Charles VI (9 mai 1409), qui enjoignait aux sénéchaux de Toulouse et de Carcassonne, au viguier de Toulouse et à leurs lieutenants d'instruire secrètement cette affaire et de sommer ensuite « à haulte voix et à son de trompe Etienne de Montigny et ses complices à comparaître devant le présent parlement et qu'il leur soit faict un bon et brief accomplissement de justice. »

Ce fut dans cette maison de Saint-Jean que le Grand-Prieur Bertrand d'Arpajon offrit, en 1440, l'hospitalité à son compatriote Jean, vicomte de Lomagne, capitaine général pour le roi en Languedoc et en Aquitaine; ce fut aussi dans la salle d'honneur, située au centre du donjon des Hospitaliers, que ce seigneur convoqua le 12 avril de cette année, Bertrand de Nogaret, juge-mage de Toulouse, Etienne Nogaret, viguier, Guillaume de Flambard, sous-viguier, pour leur communiquer les lettres patentes par lesquelles Charles VII destituait de sa dignité de sénéchal Jacques de Chabanes, coupable d'avoir été l'un des chefs de la conspiration tramée contre lui par les princes du sang et le Dauphin lui-même, et nommait à sa place Galaubias de Panassac.

Des deux buts de l'Ordre, l'hospitalité envers les pèlerins et la guerre contre les infidèles, le premier avait été complètement absorbé par le second. Si les Hospitaliers offraient encore leurs asiles aux pauvres malades, à défaut de pauvres pèlerins, c'était pour ne pas rompre complètement avec la tradition primitive; mais leurs occupations guerrières leur laissaient peu de temps à consacrer aux soins de la charité chrétienne. Aussi l'hôpital Saint-Jean de Toulouse était-il à cette époque tombé déjà depuis longtemps dans un presque complet délaissement et ne jouait-il qu'un fort petit rôle dans une ville où pullulaient les établissements de ce genre. Mais auprès de l'hôpital en décadence, nous pouvons signaler vers la fin du XVe siècle l'existence d'une nouvelle institution, établie depuis peu dans la maison prieurale de Toulouse. Dû à la générosité de quelques-uns des Grands-Prieurs, le collège de Saint-Jean, que nous voyons mentionné alors pour la première fois, devait fournir l'entretien et l'instruction pendant 6 années à 4 escholliers ou collégiats. Ces derniers étaient soumis au choix des Grands-Prieurs, qui décidaient de leur admission ou de leur exclusion.

Outre l'église prieurale de Saint-Jean, il existait encore, adossée à l'établissement des chevaliers, une petite chapelle ou plutôt un simple oratoire. Ce fut là que se passa, dans les dernières années du XVe siècle, un événement étrange qui occupa pendant quelque temps l'opinion publique de Toulouse. « Les détails que je vais donner sont extraits d'un mémoire lu a l'Académie des sciences de Toulouse, par M. Belhomme, ancien archiviste du département. »

Dans les premiers jours du mois de juillet 1497, le bruit se répandit dans la ville qu'un miracle s'opérait dans cette chapelle, que le Christ placé sur l'autel suait et pleurait comme s'il était animé. Aussitôt la foule d'accourir, avide de contempler ce prodige. Il semblait, en effet, que, des yeux de la sainte image s'échappassent d'abondantes larmes. A cette vue, la population est saisie d'un enthousiasme tout méridional et l'enquête rapporte qu'on entendait de tous côtés des femmes s'écrier en levant les bras au ciel: « Garatz ! Garatz ! Que lo sanct crucifix semble que ploure !... « Semble que clugne l'huel !... Senher Dieu !... miséricorde ! Vos ques a la semblansa d'aquel ques laïsus ! »; « Voyez ! Voyez ! Le saint crucifix ! Il semble qu'il pleure ! Il semble qu'il cligne l'oeil. Saigneur Dieu ! Miséricorde, vous qui êtes à la ressemblance de celui qui est au ciel ! »

L'archevêque de Toulouse, Hector de Bourbon, averti du prodige, envoya pour le constater l'official, Antoine de Sabonière. L'enquête minutieuse faite par ce dernier amena la découverte de la cause naturelle du prétendu miracle. La chaleur du luminaire qui brûlait aux pieds de la croix avait fait fondre certaines substances résineuses qui avaient été employées dans la confection de la figure du Christ et qui en découlant sous formes de gouttes le long du corps avaient produit une illusion complète. Après avoir expliqué au peuple les causes de sa méprise, l'official, pour faire tomber la croyance à ce faux miracle, ordonna de couvrir le crucifix en question d'un voile et de fermer la chapelle jusqu'à nouvel ordre. Quelques jours après, devant l'attitude de la population qui, peu convaincue par les explications du phénomène, croyait au miracle et s'était fait ouvrir les portes de la chapelle, l'official fit transporter le crucifix derrière le choeur, dans l'église Saint-Etienne, et décréta la fermeture définitive de l'Oratoire, malgré les réclamations du recteur de Saint-Jean.

Pendant que le grand drame du siège de Rhodes se déroulait au delà des mers, le Prieuré de Toulouse continuait sa tranquille existence troublée de temps à autres par quelques tentatives des employés du fisc municipal pour prélever des tailles sur les biens des Hospitaliers. C'est surtout du maintien des privilèges de l'Ordre que nous voyons le plus généralement occupés les trésoriers ou les chapelains chargés de l'administration en l'absence des chevaliers. C'est ainsi qu'en 1523, lorsque la procession de la Dalbade faite à l'occasion des prières publiques ordonnées pour la paix et pour le roi, se présenta pour passer dans la collégiale Saint-Jean, le recteur de cette église vint, au nom des privilèges de l'Ordre, en défendre l'entrée; il fallut négocier sur place et ce ne fut que sur la promesse solennelle des paroissiens de ne plus recommencer et de respecter à l'avenir les exemptions accordées à cet établissement, que le recteur fit ouvrir les portes et consentit à ne pas s'opposer pour cette fois à la station demandée.

Une discussion analogue se produisit encore quelque temps après. La reconstruction de l'église de la Dalbade venait d'être terminée et sa consécration devait être faite par Messire Laurens Allemand, évêque de Grenoble et abbé de Saint-Sernin, en l'absence du Cardinal de Chastillon archevêque de Toulouse. Le jour de la cérémonie était fixé au 6 mai 1548. La veille, Maître Jean Daigua, avocat-général du roi et ouvrier (fabricien) de la Dalbade vingt requérir frère Dominique de Bigorre, recteur de Saint-Jean, d'autoriser l'évêque consécrateur à passer dans le terrain des Hospitaliers pour faire le tour extérieur de la nouvelle église, partie nécessaire de la cérémonie du lendemain. Le recteur ne céda qu'après de longs pourparlers et après avoir fait déclarer par acte public le maintien des exemptions de l'Ordre par rapport à la juridiction ecclésiastique.

Nous avons déjà constaté plus haut l'amoindrissement successif de l'Hôpital Saint-Jean de Toulouse; au commencement du XVIe siècle, il cessa d'exister. Frappés de l'inconvénient que pourrait présenter le nombre de ces établissements charitables répandus dans les différents quartiers de la ville, les Capitouls obtinrent le 25 février 1524, un arrêt prescrivant la réunion à l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques, de la plupart de ces hôpitaux. Parmi ces derniers, se trouvaient ceux du Temple et de Saint-Jean.

D'après les statuts, les Grands-Prieurs devaient résider habituellement au siège de l'Ordre, où ils formaient le conseil du Grand-Maître. Mais comme tant d'autres, cette prescription était souvent méconnue, surtout depuis que la guerre contre les infidèles s'était ralentie. Ces dignitaires quittaient fréquemment le rocher de Malte pour venir faire de longs séjours sur le continent. Ceux de Toulouse ne tardèrent pas à s'apercevoir que leur sombre demeure, dominée par son fier donjon, avait trop l'air d'une citadelle. Cet aspect guerrier, dépourvu de toute ornementation, qui allait si bien pour l'habitation des rudes chevaliers du moyen-âge, n'avait plus alors sa raison d'être.

Les chevaliers du XVIIe siècle trouvaient, sans doute, qu'ils étaient fort incommodément logés dans ces vastes salles voûtées, où le jour ne pénétrait qu'avec parcimonie; ils se dirent qu'ils pourraient facilement se passer, et du cloître pour se livrer à leurs méditations pieuses, et de l'enceinte crénelée pour se défendre. Aussi les voyons-nous occupés sans relâche à détruire les anciens bâtiments pour élever à leur place un hôtel prieural bâti dans le goût de l'époque. Vers 1630, le Grand-Prieur, Georges de Castellane d'Aluys, avait dû commencer les restaurations de l'intérieur, et notamment de la chapelle, sur le portail de laquelle on pouvait voir naguère « son écusson de gueules au château ouvert crénelé et sommé de trois tours d'or, maçonnées de sable. »
En 1668, un de ses successeurs, Antoine de Robin-Granson, avait fait démolir tout l'ancien bâtiment qui s'étendait entre l'église de la Dalbade et celle de Saint-Jean. A la place occupée par le vieil édifice, l'habile architecte J.-P. Rivalz fut chargé d'élever l'hôtel prieural qui existe encore et dont les formes simples et élégantes sont sans contredit un spécimen fort remarquable des constructions de cette époque. Mais cette entreprise ne fut pas menée à terme sans encombre. MM. « les ouvriers de la grande table de l'Oeuvre de la Dalbade » soulevèrent plusieurs fois des difficultés sur des questions de mitoyenneté. Un arrêt du Grand-Conseil vint les trancher, en prescrivant, pour empêcher le renouvellement de contestations entre les deux parties, que « les ouvriers de la Dalbade seront tenus de donner chaque dimanche de l'année le pain bénit à l'église de Saint-Jean et que le prédicateur de la paroisse ira y prêcher le 27 décembre, jour de la fête du patron de l'Ordre » Cette construction fut terminée en 1685, par les soins de François-Paul de Béon, qui avait succédé à Antoine de Robin. Ces deux prieurs avaient, du reste, généreusement contribué de leurs deniers à cette entreprise, ainsi que le constatent les rapports des commissaires nommés par les chapitres provinciaux pour vérifier les comptes du Prieuré.

En 1663, le Grand-Prieur de Granson s'était occupé à réformer le régime intérieur de l'hôtel prieural, pendant qu'il en reconstruisait les bâtiments. Il traita avec les collegiats, à l'entretien desquels les Grands-Prieurs étaient obligés de pourvoir, et se déchargea de leur nourriture, moyennant une rente de « 184 livres, 12 pagelles de bois et 200 fagots. » Il se débarrassait ainsi « de deux domestiques, savoir: d'un sommelier et d'un cuisinier et d'une infinité de plaintes, tant pour le peu d'assiduité que les dicts officiers avaient à bien administrer la pitance, qu'à cause du vin qui la plupart du temps était tourné ou moysi, ce qui produisait bien du chagrin de part et d'autre. »

Dans la suite nous ne trouvons à noter que les discussions survenues entre les Collegiats de Saint-Jean et les Oratoriens de la Dalbade, au sujet de l'enterrement des chevaliers; une transaction fut conclue entre eux; on arrêta que, lorsqu'un membre de l'Ordre serait malade ou viendrait à mourir dans la maison de M. le Grand-Prieur, le curé de la Dalbade n'aurait rien à voir dans l'administration des sacrements, ni dans l'enterrement qui se ferait dans l'église Saint-Jean; tandis que, si l'Hospitalier venait à mourir hors de la maison prieurale, le clergé de la paroisse ferait la levée du corps, à laquelle assisteraient les prêtres Collegiats sans leurs étoles, le conduirait à la porte de l'église Saint-Jean, où les chapelains de l'Ordre chanteraient l'office et feraient le reste de l'enterrement (1692).

Les Grands-Prieurs de Toulouse et les principaux chevaliers étaient ensevelis, quand ils mouraient sur le continent, dans la chapelle Saint-Jean. Lors de la démolition de cette dernière, on a transporté au Musée ces tombes et ces pierres sépulcrales. Nous citerons entre autres un tombeau du XIIIe siècle bien orné, et où l'écusson « chevroné à 7 pièces » n'a pas été suffisant pour nous indiquer le personnage à qui il fut destiné. On y voit aussi les pierres tombales de Charles de Roquefort-Marquein, général des galères de la religion et Grand-Prieur de Toulouse, et de Joseph de Chalvet, commandeur de Rayssac et receveur du Prieuré.

L'hôtel des Grands-Prieurs a été depuis transformé en un vaste entrepôt de draps. Sa grande tour carrée, dont nous avons eu plusieurs fois l'occasion de parler dans le courant de cette étude, sombre donjon à quatre étages, surmonté d'une double galerie de créneaux et d'un pinacle au-dessus duquel s'élevait une grande croix fut démolie en 1813. L'église de Saint-Jean, partie la plus ancienne de cet établissement, eut le même sort en 1839. Les propriétaires de l'hôtel firent hommage au Musée de Toulouse de quelques portions remarquables de cet édifice, entre autres du tympan de son portail avec son chrisme élégant et son inscription du XIIe siècle.

En 1841, les chevaliers de Saint-Jean, qui existaient encore à Toulouse, ont obtenu l'autorisation de recueillir les restes de leurs devanciers, disséminés au milieu des ruines et des tombes fracassées. Ils les ont fait ensevelir dans une chapelle de l'église de la Dalbade. Un monument en marbre, placé au fond de la chapelle, porte l'inscription suivante composée par M. le marquis de Castellane, pour conserver le souvenir de cette translation.


D. 0. M.

AETERNAE MEMORIAE
EQUITUM SACRAE DOMUS HOSPITALIS
SANCTI JOHANIS HIEROSOLYMITANI
PIETATE NECNON ET ARMIS ILLUSTRIUM
DEFUNCTORUM TOLOSAE
EMERITOS, CHRISTIANE, VENERARE CINERES
INFELICITATE TEMPORUM SEPULCRO ORRATOS,
QUI DEMUM,
HING IN SANCTA ECCLESIA
DEIPARAE VIRGINIS MARIAE DEALBATAE
RECEPTI
TUTISSIMUM INVENERE PRAESIDIUM.
EQUITES QUI SUPERSUNT
ET EXTERNI CONSANGUINEI INVICEM,
SACRAE HIEROSOLYMIANAE SODALITATUS
MILITES
RURSUS CONDI ATQUE PONI CURAVERUNT,
PRAESIDE ET SACRIS PERFUNCTO DD. P. TH. D'ASTROS.
ARCHIEPISCOPO TOLOSANO
ANNO DOMINI MDCCCXLI.



De nos jours l'ancien établissement des chevaliers a reçu une affectation plus en rapport avec sa destination primitive. Monseigneur le Cardinal Desprez l'a acheté pour y établir les cours des différentes facultés de l'Université Catholique de Toulouse et la résidence du recteur de cette dernière. Dans notre siècle, ce n'est plus seulement le Saint-Sépulcre que l'ennemi du Christ veut arracher à la chrétienté. C'est son existence même qu'il menace, c'est sa mission divine d'enseignement qu'il veut anéantir. Comme les Pontifes du moyen âge, nos Evêques se sont levés pour dénoncer le péril et prêcher cette nouvelle et formidable croisade. Ils sont bien les dignes successeurs des chevaliers, ceux qui ont déclaré la guerre sans trêve ni merci à la révolution doctrinaire et triomphante. Ils lui disputent pied à pied les âmes de nos enfants, dont on voudrait chasser Dieu pour les asservir ensuite sans obstacle.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883

Hôtel des Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem — La Drac, 32, Rue de la Dalbade
Lieux d'histoires ...Acquis par le ministère de la Culture et Communication en 1996, l'Hôtel des Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem fait depuis cette date l'objet d'investigations scientifiques, réunissant chercheurs de toutes disciplines (archéologie, anthropologie, archives, histoire, histoire de l'art) chargés d'en enrichir l'historique.


Hôtel des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem
Hôtel des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem — Sources: La Drac


Les fouilles réalisées en 2003 — 2004, à l'emplacement du parking souterrain de l'Hôtel Saint-Jean, ont mis au jour un vaste bâtiment construit au cours du 1er siècle de notre ère. Réaménagé à la fin de l'Antiquité, au cours du IVe siècle, puis détruit. Vers l'An Mil, on trouve à son emplacement plusieurs silos voués au stockage de denrées agricoles.

En 1986 et 1990, une grande partie des bâtiments du XVIIe siècle est classée ou inscrite au titre des Monuments Historiques, et en 1996, le ministère de la Culture et de la Communication devient propriétaire et confie la maîtrise d'ouvrage à la société Munvez-Castel-Morel pour la rénovation, avec Bernard Voinchet, architecte en chef des monuments historiques.

Dans le projet de restructuration ont été associés trois artistes contemporains, Cécile Bart, Stéphane Calais et Philippe Poupet qui ont, par leurs œuvres installées dans quatre lieux, enrichi le patrimoine architectural et historique de l'Hôtel Saint-Jean.

Installée depuis juillet 2005, la Direction régionale des affaires culturelles de Midi-Pyrénées, enfin réunie sous un toit qui lui est propre, se réjouit de rendre de nouveau accessible un bâtiment majeur de l'histoire régionale.
Texte fourni par la Drac Midi-Pyrénées — Mai 2009. Jean-François Peiré
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Saint-Jean de Villenard   (56)
Domus Hospitalis Saint-Jean de Villenard
Département: Morbihan, Arrondissement: Vannes, Canton: Ploërmel, Commune: Gourhel — 56


Domus Hospitalis Saint-Jean de Villenard
Domus Hospitalis Saint-Jean de Villenard


Dans la charte de 1160, sanctionnant les possessions de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est mentionnée l'aumônerie de Ploërmel « Eleemosina de Ploue-Arthmael » dans l'évêché de Saint-Malo.
« Cette désignation convient parfaitement à la commanderie de Saint-Jean de Villenard, près Ploërmel, qui fut jusqu'à la Révolution à l'Ordre de Malte, et il ne faut point chercher ailleurs l'aumônerie de Ploërmel. C'est aujourd'hui une chapelle paroissiale et la tradition affirme que dans le trésor de cette chapelle figurerait ou aurait autrefois figuré, singulière relique, un des deniers de Judas. »

Voyons ce qu'était cet Hôpital de Villenard en 1677: « Dépend de la commanderie de Carentoir un membre appelé Saint-Jan de Villenard en la paroisse de Ploërmel, consistant en une chapelle fondée de Monsieur Saint Jan-Baptiste, en laquelle tombent quelques aumosnes et oblations que le commandeur prend et perçoit ou son chapelain pour luy; et à cause dudit fief sont deubs nombre de rentes et debvoirs seigneuriaux par les hommes et subjets demeurant tant au village dudit Saint-Jan que de la Villenard, 1a Bretonnière, l'Hospital, Bizon et Crancastel, une maison au village de Loyal en la paroisse de Néant et un autre village appelé l'Hospital de Néant. »

Outre ces biens en la paroisse de Néant, les Hospitaliers avaient également uni à leur aumônerie de Villenard ce que possédaient avant eux les Templiers dans les paroisses de Guillac et de Saint-Servant (Communes du canton de Josselin. Arrondissement Ploërmel). C'était le Temple de Guillac, en la paroisse de ce nom, mentionné en 1182 et consistant en 1574 en « une tenue d'héritaiges d'environ 40 journaux à debvoir de 8 livres de rente, d'obéissance et de dîme su 12e, des grains » — et « en la paroisse de Saint-Servant, un hameau nommé l'Hospital-aux-Robins et un autre petit hameau appelé le Temple, où sont deubs quelques rentes féodales. » Mais ces biens furent « usurpés sous prétexte d'échange avec le commandeur Le Pelletier qui n'en avoit aucun pouvoir. »

Vers 1740 le commandeur de Carentoir plaidait encore pour recouvrer le fief de Guillac qui tenait alors M. de Gachon.
Le commandeur Gilles du Buisson s'occupa de la chapelle de Villenard comme le prouve l'Etat de la commanderie de Carentoir en 1643: « A Villenard il y a une chapelle fondée de Saint Jean-Baptiste, sur la grande porte de laquelle il y a un chapitrel refait tout de neuf par ledit du Buisson, en laquelle il y a la garniture d'un autel pour y faire le service divin avec une cloche dans un arbre au devant d'icelle chapelle, autour de laquelle est un cimetière tourné de murailles; ladite chapelle couverte d'ardoizes, carrelée et vitrée est en un bon et deub estat; il y a un coffre à serrer les ornements acheptés par ledit du Buisson. » Vers la même époque, l'Hôpital de Villenard se trouvait affermé « à Jean Marchand, fermier du Temple de Carentoir » pour la somme de 45 livres par an.

On voit d'après cela que Saint-Jean de Villenard n'était point un bénéfice important; aussi la Déclaration du temple de Carentoir en 1755 l'appelle-t-elle: « le petit membre de l'Hospital de Villenard consistant en fiefs, rentes et dîme. »

Ce sont, dit un autre titre contemporain du précédent, « quatre petits fiefs situés en plusieurs paroisses aux environs de Ploërmel. » On y ajoute qu'il s'y exerçait une petite juridiction, que les vassaux payaient 25 livres au commandeur de Carentoir « pour n'estre assujétis à aucun moulin » et que la chapelle de Villenard était alors « étayée aux dedans et dehors », ce qui prouve qu'elle menaçait ruine. Elle est, en effet, tombée; les paroissiens de Ploërmel l'ont rebâtie de nos jours et elle continue d'être régulièrement desservie chaque dimanche.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
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Saint-Jean-de-Barraute   (64)
Commanderie de Saint-Jean-de-Barraute ou Hôpital de Saint-Blaise
Département: Pyrénées-Atlantiques, Arrondissement: Oloron-Sainte-Marie, Canton: Mauléon-Licharre — 64


Commanderie de Saint-Jean-de-Barraute
Commanderie de Saint-Jean-de-Barraute


Tout auprès de la ville de Mauléon, et formant pour ainsi dire un de ses faubourgs, se trouvait la paroisse de Saint-Jean de Barraute qui appartenait aux chevaliers de l'Hôpital.
Cette localité se trouvait située sur une des principales routes se dirigeant vers les Pyrénées, que sillonnaient les pèlerins, allant à Saint-Jacques de Compostelle ; aussi les seigneurs avaient-ils construit, près du cimetière de leur église, un hôpital où étaient reçus et soignés ces pieux voyageurs.
L'intérêt, qui s'attachait à eux pendant le moyen-âge, était immense, et, quand ils arrivaient dans une ville, accablés de fatigue, c'était à qui leur prodiguerait le plus de soins pour participer à leurs mérites.

Aussi les Hospitaliers reçurent-ils de nombreuses donations pour subvenir aux frais de leur établissement de Saint-Jean-de-Barraute. Les dîmes de plusieurs paroisses voisines Mauléon, Lixarre, Lafribieu, Bercux, jointes à quelques possessions territoriales de peu d'importance, constituèrent une petite circonscription de l'Ordre.

Dans la suite, lors du remaniement des commanderies qui eût lieu dans le XIVe siècle, Barraute devint un membre de celle d'Arceins et demeura dans cette situation, jusqu'au milieu du XVIIe siècle.

Vers 1650, Saint-Jean-de-Barraute redevint une commanderie séparée et acquit, en l'année 1700, une plus grande importance, par l'affectation qui lui fut faite alors d'une rente de 1500 livres due par les Capitouls de la ville de Toulouse à l'Ordre de Saint-Jean. A partir de cette époque, elle perdit son nom primitif de Saint-Jean-de-Barraute, pour prendre celui de Saint-Blaise-des-Monts.

Sur le territoire de la paroisse de Barcux, qui dépendait de la commanderie, la piété des chevaliers de Saint-Jean avait élevé une chapelle de dévotion, qu'on désignait sous le nom de Notre-Dame de Malte (de nous jours Paradis). Il paraît que, dans la suite, les commandeurs négligèrent d'entretenir cet édifice, que nous trouvons presqu'en ruines à la fin du XVIIe siècle, la voûte effondrée, la cloche rompue, sans calice ni ornements.


chapelle Notre-Dame de Malte
Chapelle Notre-Dame de Malte


Les marguilliers de la paroisse de Bercux ayant échoué dans leurs tentatives auprès du commandeur, pour l'engager à faire les réparations indispensables, s'adressèrent au Parlement de Bordeaux. Le chevalier de Verdelin allait être obligé par arrêt de remplir ses devoirs de seigneur spirituel de cette paroisse, lorsqu'il s'exécuta de bonne grâce et s'entendit avec ses vassaux pour réparer la chapelle et la fournir d'ornements (1685).

Les habitants de Mauléon accusaient également ce même commandeur de ne pas veiller à l'entretien de l'église de Saint-Jean-de-Barraute et, sur leurs instances, le bailli royal vint faire une enquête qui lui permit de constater l'état défectueux des ornements qui s'y trouvaient. L'excuse présentée par le commandeur était l'exigüité et l'insuffisance de ses revenus annuels.
Ce fut pour remédier à cet inconvénient que le chapitre provincial du Grand-Prieuré prit la mesure dont nous parlions tout à l'heure et, grâce à la rente de 1500 livres payée par la ville de Toulouse, les commandeurs de Saint-Blaise-des-Monts eurent désormais les moyens de remplir les devoirs de leur charge.

En 1752, le revenu brut de la commanderie s'élevait à la somme de 2900 livres et ses charges à celle de 713. Les commandeurs de Saint-Biaise avaient en outre droit d'entrée aux Etats du pays de Soûle, où ils prenaient place parmi les représentants du clergé.

Commandeurs de Saint-Jean de Barraute
1284. Pierre d'Orneille.
(Vers 1320, réunion à la commanderie d'Arceins).

Liste des Commandeurs du membre de Barraute
--------1324. Pierre du Gué.
1363-1384. Gérard de la Mothe.
--------1417. Gaillard de Montet.
1459-1467. Manaud de Ruthie.
1476 1484. Fortanier de Gavaston.
--------1536. Guyot de Marcilhac.
1605-1650. Philippe — Emmanuel de Chabaud-Tourette.
(En 1650, érection de Saint-Jean-de-Barraute en commanderie).

Liste des Commandeurs de Barraute ou de Saint-Blaise-les-Monts
1650-1685. François de Verdelin, Grand-Prieur de Saint-Gilles.
1086-1695. Sauveur de Glandevès-Pourriez
1700-1701. Arnaud de Cardaillac-Lomé.
1708-1709. N. de l'Abbatie.
1711-1716. François-Joseph Doria.
--------1724. François de Beausset.
1731-1737. Charles des Vignes Parizot.
1740-1742. Joseph de Mandols.
1745-1750. N. de Maubec.
1752 1759. François Thomas d'Aurel.
1755-1767. Joseph de Gauthier Valabre.
1768-1770. Henri de la Barthe.
1785-1786. Bernard de Polastron la Hillière.
1789-1790. N. de Barsa.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
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Saint-Jean-de-Bassel   (57)
Commanderie Saint-Jean-de-Bassel
Département: Moselle, Arrondissement: Sarrebourg, Canton: Fénétrange, Commune: Berthelming — 57


Commanderie Saint-Jean-de-Bassel
Commanderie Saint-Jean-de-Bassel


J'ai rappelé, un titre de 1240 où il est fait mention du village de Bassel (de Bassola), lequel n'ajouta sans doute à son nom celui de Saint-Jean que depuis l'établissement de la commanderie de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem. Cette commanderie, la seule de notre pays qui dépendît du grand prieuré d'Allemagne, ne remontait pas au-delà de la fin du XVe siècle. « Elle était par ci-devant un couvent de religieuses de l'ordre de Saint-Augustin, lequel avait été doté de plusieurs héritages et possessions; mais, à cause de la malice du temps et de la guerre, la stérilité de la terre et autres malheurs, il était beaucoup diminué et endetté, sy que l'abbesse d'alors, soeur Catherine de Nidec, étant âgée et du tout cassée de vieillesse, ne pouvant remédier à la ruine dudit couvent ni le gouverner, fit résignation d'icelui entre les mains de révérend père en Dieu Conrard, évêque de Metz, comme ordinaire du lieu, qui accepta ladite résignation et constitua à ladite abbesse de Nidec et encore à une autre religieuse, qui étaient seules restées, une portion congrue pour leur entretenement, leur vie durant. Icelui sieur évêque de Metz, mû d'une singulière dévotion pour les chevaliers de Saint-Jean-de Jérusalem, leur en fit puis après donation, cession et transport par une donation en date de l'an 1446, indiction neuvième, durant le concile de Bâle, le 9 août. »

C'est ainsi que l'histoire de la fondation de la commanderie de Saint-Jean-de-Bassel est rapportée dans un mémoire qui fut présenté, en 1617, aux commissaires du duc de Lorraine, par Ferdinand de Muggenbal, commandeur de Hommersdorff, Rixange, Ratisbonne, etc., et Ottmar Dietrich de Ramschnag, commandeur de Bassel, envoyés par Jean Frédéric, prince du Saint-Empire, général de l'ordre pour la nation germanique, afin de réclamer l'exemption de la taille pour leurs sujets de Gosselming. Ces faits sont également exposés dans l'acte émané de l'évêque de Metz, et par lequel on voit qu'Ulric Wingarten et Jean Sechleger, commandeurs de Stemhach et de Dorlisheim, acceptent cette donation, avec les biens de toute nature dont jouissait le monastère et les dettes qu'il avait contractées, à condition que l'ordre entretiendrait dans la nouvelle commanderie quatre prêtres, savoir: deux religieux porte-croix et deux séculiers qui auraient l'administration de cette maison.

Ce monastère, placé sous l'invocation de saint Jean-Baptiste (beatus Johannes de Bassele), existait depuis longtemps déjà lors de sa suppression: plusieurs chartes du XIIIe siècle rappellent des donations qui lui avaient été faites, notamment par Elisaheth, veuve de Marlée (1252); Hugues, comte de la Petite-Pierre (1255); Nicolas, prêtre de Gosselming (1269), etc. Ce dernier village appartenait en tout droit de propriété aux religieuses de Bassel; elles y avaient leurs « certains hommes et sujets; y jouissaient de toute pleine justice temporelle, établissant et destituant, quand bon leur semblait, les maires, échevins et autres officiers. » La duchesse Marie de Blois avait fondé, dans ce couvent, un anniversaire pour les ducs de Lorraine, pour lequel elle avait assigné une rente annuelle d'un marc d'argent à prendre sur la saline de Dieuze.

Les bâtiments de ce monastère furent affectés à la nouvelle commanderie, laquelle devint une dépendance, ou, comme on disait, un membre de celle de Dorlisheim.

En 1636, la commanderie de Saint-Jean-de-Bassel fut incendiée et sa chapelle, en grande partie ruinée, ainsi que l'église du village. En 1698, on fit quelques réparations à la chapelle de la commanderie. Toutefois, il paraît que ces travaux restèrent inachevés et qu'on n'exécuta pas ceux qui furent projetés en 1726, car on lit dans une requête présentée au Roi, en 1729, par le commandeur de Schoenau: « L'église de la commanderie tombe en ruines, et a été interdite parce qu'on n'y était pas en sûreté. » Un pied-terrier, rédigé à cette époque, dit que la nef n'est point couverte, « n'y ayant que le choeur et sa tour en état. » C'est seulement dans l'intervalle qui s'écoula de 1729 à 1765, que les bâtiments et la chapelle de la commanderie furent définitivement rétablis; celle-ci devint même l'église paroissiale du village, cette dernière n'ayant pas été reconstruite. C'est ce qui est attesté par un pied-terrier de 1765, auquel est joint un plan de la commanderie et de ses dépendances, et qui donne une description complète et détaillée de cet établissement. On y voit que cette maison possédait des biens ou jouissait de droits seigneuriaux dans différentes localités, notamment à Langatte, Desseling, Saint-Médard, Berthelming, etc. Les commandeurs étaient collateurs de la cure de Bettborn, par suite d'une donation qui avait été faite, en 1290, au cloître ou au couvent de Saint-Jean-de-Bassel, par Burckard, évêque de Metz. Ils étaient aussi collateurs de la cure de Virming et de celle de Dolving, dont l'église avait été réunie au monastère de Bassel par une bulle du concile de Bâle, de l'an 1457. Enfin, ils avaient à Gosselming et à Saint-Jean-de-Bassel, des droits seigneuriaux qui sont ainsi énumérés dans le pied-terrier de 1765:

« Le commandeur de Saint-Jean-de-Bassel est, de toute ancienneté, seul et sans part d'autrui, seigneur haut justicier, moyen et has audit lieu de Saint-Jean-de-Bassel; à lui seul appartient la création et destitution, à sa volonté, de tous les officiers nécessaires à l'administration de sa justice, pour laquelle il crée un juge gradué chef de la police et justice, un maire, un maître échevin, un échevin, un procureur fiscal, un greffier, un sergent, un notaire et garde des notes des actes de la commanderie, un garde du scel seigneurial; lesquels jugent et dont l'appel, en toutes actions civiles, réelles, mixtes et personnelles, se relève au bailliage de l'Evêché de Metz, à Vie, et toutes-criminelles, sauf l'appel à la Cour; et ont l'administration et connaissent de tous faits relatifs à la police en ce lieu... »

« A l'ordre de Malte appartient exclusivement le droit de chasse dans toute l'étendue du finage et des forêts enclavées; celui de pêche sur la rive droite du ruisseau venant des étangs de Brigelsveyer et de Bambachveyer, sans que les habitants aient la liberté d'y pêcher. »

« A ledit ordre de Malte, pour signe de sa haute justice, des fourches patibulaires plantées sur le chemin public, au canton appelé Grosse Garten: un carcan pilori sur la place publique et attaché à la prison criminelle en ce lieu, ainsi que ladite prison, composée de deux voûtes à rez-de-chaussée, l'une pour les prisonniers civils et l'autre pour les criminels... »

« Il dépend encore de ladite seigneurie les droits de riflerie et de chatrage, pour l'effet desquels les habitants ne peuvent se servir que de ceux établis par le seigneur ou son admodialeur. »

« Aucun sujet ni habitant ne peut être admis aux droits de cité et de bourgeoisie dans le lieu sans la permission de M. le commandeur ou de ses officiers, et à l'instant qu'elle est accordée, le sujet à admettre lui doit prêter serment de fidélité, ainsi que tous les habitants lui en doivent le renouvellement lors d'un changement de commandeur et au-delà de la foi et hommage; et le droit d'entrée est de 3 francs pour le seigneur et 6 francs pour la communauté... »

« Les habitants sont attenus envers la commanderie au droit « h'otsal », qui est tel qu'en cas de décès d'un chef de famille sujet de cette seigneurie, le seigneur commandeur a le droit d'enlever de sa succession, privativement à tous ses héritiers, le meilleur des bestiaux, qu'il délaisse, et à défaut de bestiaux, le meilleur habit du défunt. »

« Le droit de gabelle est du par les veudant vin, bière, cidre, etc., à raison du 18e ou d'un pot par mesure. »

« Tous les laboureurs sont attenus à la corvée de charroi des vins de rente que le commandeur tire de Marlenheim en Basse Alsace, et doivent les amener à Saint-Jean-de-Bassel.... Il est dû aux voituriers corvéables leur nourriture et celle de leurs bestiaux pendant l'allée, séjour et retour, et ainsi et de même qu'il est accoutumé d'eu user lorsqu'ils conduisent pour eux-mêmes, et comme un bon père de famille en userait pour ses enfants et affaires personnelles... »

« Tous les laboureurs sont attenus de labourer les terres de la commanderie et à y employer leurs chevaux, bestiaux et charrues pendant huit jours..., et il leur est dû, pendant les jours de travail ès-dites corvées, la nourriture des personnes corvéables seulement, et non celle des bestiaux.... »

« Relativement à une transaction, faite le 12 juin 1758, les habitants doivent annuellement à M. le commandeur, portables et livrables en la commanderie et sur ses greniers, au jour de Saint-Martin, 25 resaux d'avoine, mesure de Sarrebourg, et pour raison de cette redevance, ils ont le droit de jouir, pour le troupeau communal et tous leurs chevaux et autres bestiaux de nourriture seulement, du droit de pâture sur les lieux et taillis deffensables, au désir de l'ordonnance de 1669, et qui doivent leur être assignés par les officiers de gruerie... Ont pareillement le droit de grasse pâture dans lesdites forets, pour cent porcs nourris chez eux.... Au moyen des concessions ci-dessus, ils sont tenus fournir à jamais et à leurs frais l'huile nécessaire pour la lampe devant le maître autel de l'église du lieu... »

« Tout boucher qui s'établit à Saint-Jean-de-Bassel ou qui vient y tuer, ne peut y abattre et vendre qu'après la visite faite par les officiers de police de la taxe de sa viande, sans pouvoir l'excéder; et doit le boucher forain ou déforain toutes les langues au seigneur... »

Les commandeurs de Saint-Jean-de-Bassel ne résidaient presque jamais dans ce lieu, soit, disent d'anciens titres, en raison du peu d'agrément qu'ils y trouvaient, soit « par le service qu'ils rendaient à la religion chrétienne sur mer. » Ce fut là une des causes qui amena la diminution de valeur d'une grande partie de leurs biens. Ils mettaient à leur place un admodiateur, qui, par une des clauses de son bail, étail tenu de faire célébrer le service divin dans les églises de Saint-Jean-de-Bassel et de Dolving et dans la chapelle de Saint-Ulrich, et obligé, lorsque le commandeur faisait la visite de la maison, de le loger et entretenir sept jours chaque année, lui et six domestiques, sans toutefois fournir le vin. En 1688, la commanderie était admodiée sous un canon annuel de 800 livres tournois. (Ordre de Malte.)

Saint Jean-de-Bassel a été érigé en succursale le 51 mars 1841. Patron, saint Jean-Baptiste.
Sources: Henri Lepage — Communes de la Meurthe, journal historique des villes, bourgs, villages, hameaux et censes de ce département. Volume II, Nancy 1853. (Livre numérique Google)
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Saint-Jean-de-Boucq   (58)
Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Boucq
Département: Nièvre, Arrondissement: Nevers, Canton: Saint-Pierre-le-Moûtier, Commune: Saint-Pierre-le-Moutier — 58


Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Boucq
Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Boucq


Ce membre de la Commanderie des Bordes était en Bourbonnais, près Saint-Pierre-le-Moutier. « Entre les rivières de Loire et d'Allier. »
Dans un acte de 1572 portant abandon d'une terre enbourdelage. Frère Jean Filletest dit Commandeur de Bou; était-ce donc une Commanderie indépendante à cette époque ?
Je n'ai pas pu le discerner.

En 1606, François de Breschard, Commandeur des BordesDomus Hospitalis Bordes
Domus Hospitalis Bordes
, accense le membre de Bous « consistant en une chapelle dédiée à Saint-Jean-Baptiste, maison seigneuriale, granges, étables, prés, terres, bois, buissons, dîmes, champarts, cens, rentes, taillis et bourdelages, dépendant de ladite chapelle de Bous. »
Plus de renseignements sur la commanderie des Bordes

Dans cette chapelle se trouvait « un retable fort vieux où sont les images de Notre-Dame, de saint Jean, de saint Sébastien et de saint Patrocle. » Sur les verrières on voyait le portrait du Commandeur de Breschard du Ponsus avec ses armes: d'azur à trois bandes d'argent.

Au membre de Saint-Jean-de-Boucq était annexée la métairie de Chapote (peut-être le lieu ChapeauDomus Hospitalis lieu Chapeau
Domus Hospitalis lieu Chapeau
), sise à une demi-lieue du Veurdre.

Ces immenses possessions qui, on le voit, s'étendaient dans trois provinces, ne rapportaient, lors de la déclaration au roi en 1640, que 5.450 livres, revenu dérisoire; mais outre qu'il y avait alors beaucoup de terres incultes à la suite des guerres de religion, le manque de résidence trop fréquent des Commandeurs, et les malversations de leurs régisseurs diminuaient encore les revenus, quand elles ne dilapidaient pas le fonds lui-même. Ces régisseurs étaient tellement, exécrés des tenanciers que parfois leur vie était en danger; c'est ainsi qu'on lit dans un rapport de 1689 que l'un deux, à Bourganeuf, reçut deux coups de fusil dont il fut grièvement blessé. Et le rapport ajoute: « Il est actuellement toujours menacé, ayant même été manqué d'autres fois que les fusils lui ont manqué dessus, dans le pré de la Commanderie. » (Archives de Lyon H. 324.)

On en trouve une preuve éclatante dans ce passage de la déclaration susdite: « Par l'absence des Commandeurs, il s'y est perdu de grands biens, entre autres une métairie appelée La Quenouille pour laquelle il y a procès au Parlement de Paris à l'instance du Commandeur, comme étant de l'ancien domaine de la Commanderie. »

Parfois, les malheurs du temps, les guerres qui avaient ruiné les édifices des Commanderies et les fermiers qui ne payaient plus, obligeaient les Commandeurs, qui, dans certains cas, n'avaient pas de quoi payer les responsions, à aliéner des terres; c'est ainsi qu'en 1646, le membre d'Osmery fut vendu à Jacques Gassot, chanoine de Bourges, et à François Cassot, sieur de Deffend, pour 15.000 livres tournois.
Sources: M. Le Comte de Toulgoët-Treanna — Mémoire de la Société des Antiquaires du Centre — Bourges 1912

Saint-Jean-de-Bout
Saint-Jean-de-Bout se situe sur la commune de Saint-Pierre-le-Moûtier (Nièvre). Seuls, un domaine dénommé la Chapelle de Bout et, près de ce dernier, une petite pièce d'eau bordée par un mur de pierre très ancien rappellent le souvenir de ce membre de la commanderie des Bordes.
Sources: Georges CHATARD — Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.
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Saint-Jean-de-Ferrand   (47)
Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Ferrand
Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement: Marmande, Canton: Lauzun, commune: Saint-Pardoux-du-Breuil — 47


Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Ferrand
Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Ferrand


L'église de Saint-Jean-de-Ferrand, entourée de son cimetière, était sur la paroisse de Saint-Pardoux. Cette église avait trois petites fenêtres à chacun de ses murs latéraux. Le clocher à mitre était surmonté d'une croix. L'hôpital était séparé de l'église au couchant.
Le commandeur avait son logis à Marmande, à l'intérieur de la ville.

Les Hospitaliers avaient une petite commanderie: Saint-Jean-de-Ferrand, fondée comme hôpital, vraisemblablement dès les premiers temps de l'arrivée de l'Ordre en Agenais, vers le milieu du XIIe siècle.

Cet hôpital suivit les coutumes de Sauvagnas jusqu'en 1380 environ. Elles furent remplacées par celles de Marmande.
C'est seulement en 1280 qu'il paraît dans des documents échappés à la destruction.
Le 28 juillet 1280, Hélias de Gordon fit don à l'Hôpital de Saint-Jean-de-Ferrand de 15 livres tournois en échange de la participation aux biens spirituels de l'Ordre. A cette époque, le commandeur, Arn de Saverdun était sous l'autorité d'Aguilhiers, commandeur de Sauvagnas.

En 1298, Sans Amen de Pins fit don de biens considérables à cet Hôpital. Cette donation, Sans Amen la fait « par motif de piété pour subsides de la Terre Sainte, en réparation des dommages que l'Ordre a souffert dans Acre. »

Dans la première moitié du XIVe siècle, les Hospitaliers avaient dans leur censive des maisons à Ferrand, des terres dans les paroisses de Saint-Martin (commune de Seyches, commune de Puymiclan), de Pech Guiraud, de Virazeil, de Gontaud. Dès 1298, cet hôpital avait des revenus de 50 livres tournois prélevés sur les terres sises près de Ferrand et sur les péages Monheurt et de Moncrabeau.

Les guerres éprouvèrent les tenanciers de Saint-Jean-de-Ferrand. En 1337, Marmande fut prise par les troupes du roi de France: ce fut le début de guerres incessantes pendant lesquelles les troupes anglaises ou françaises ravagèrent les campagnes. La commanderie de Saint-Jean-de-Ferrand fut des plus éprouvées. Au début du XVIe siècle, Saint-Jean-de-Ferrand comptait 35 tenanciers dont 23 à Saint-Pardoux du Breuil, 8 dans la paroisse Saint-Pierre-de-Granon, une maison à Marmande dans la rue Labat. Les possessions des Hospitaliers étaient importantes à Saint-Jean-de-Ferrand, mais cette commanderie, très longtemps l'objet de la sollicitude de l'Ordre, devait être bientôt négligée. Dès 1503, elle est affermée. En 1780, l'église était complètement délabrée.

En 1715, le « membre » de Saint-Jean-de-Ferrand fut réuni au Temple du Breuil, à la mort du commandeur Honoré de Champousis.
En 1763, la contenance de ce fief était réduite à 127 journaux dont une maison à Marmande et deux moulins à Ferrand.


Le grand moulin de Ferrand
Le grand moulin de Ferrand


Les Hospitaliers avaient aussi sur leur territoire des moulins à eau:
— A l'ouest, le moulin de Malvirade allant se déverser dans le Trec.
— Le petit moulin de Ferrand, mis en oeuvre par un petit ruisseau qui prend sa source près de Ferrand et va se jeter dans le Trec.
— Le grand moulin de Ferrand pour l'usage duquel fut rectifié le cours du Trec.
Sources: Monique Sieuzac — Templiers et Hospitaliers dans le Lot-et-Garonne

Liste des Commandeurs du membre de Saint-Jean de Ferrand
xxxx-1319. Wilhelm de las Colteras.
xxxx-1500. Bertrand de Lassacomba.
xxxx-1618. Jean Rigald.
xxxx-1704. Honoré de Champoussin.
1718-1719. Jean d'Arrerac.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
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Saint-Jean-de-Latran   (75)
Commanderie de Saint-Jean-de-Latran
Département: Paris, Arrondissement et Canton: Paris, cinquième arrondissement: 75005 — 75


Commanderie de Saint-Jean-de-Latran
Tour de l'ancienne commanderie de Saint-Jean-de-Latran à Paris fondée dès l'an 1171. Source: Bibliothèque nationale de France


L'époque de la fondation de la maison de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem à Paris n'est pas mieux connue que celle de la maison du Temple. Le plus ancien document qui la mentionne, remonte à 1171. C'est une charte de Maurice, évêque de Paris, par laquelle il fait connaître que Philippe « de Villa Escoblen » et Mathieu, son frère, ont cédé aux frères Jocelin et Gérard, procureurs de la maison de l'Hôpital à Paris, « procuratoribus domus Hospitalis Parisius », les terres, les hommes et la justice seigneuriale qui leur appartenaient à Bièvre, « apud Bevram » à la charge d'un cens annuel de deux sols et moyennant une somme de 40 livres une fois payée.

Dans un acte de donation fait en 1175, par Robert d'Arpenty à la maison de l'Hôpital à Paris, de terres sur La Norville, « apud Norvillam », le frère Gérard, qui accepte cette donation, est qualifié de gardien et d'économe de cette maison, « custos, provisor, dispensator. »

Il est évident que ces diverses qualifications, données dans le même acte au frère Gérard, équivalent à celle de maître ou de commandeur, magister, preceptor, que prend frère Gauthier dans des lettres du même évêque de l'année 1176, portant concession à la maison de l'Hôpital, d'une rente de 50 sols parisis, par Etienne de Meudon, chevalier, au moment où celui-ci se disposait à partir pour la Terre-Sainte.

En 1189, nous trouvons les frères de l'Hôpital posséder à Paris une maison au-delà de Grand-Pont, « ultra magnum pontem », qu'ils accordèrent à cens, la même année, à Guillaume de Bagneux et Mesende, sa femme, moyennant une rente de sept livres par an. L'acte qui contient cette concession, est remarquable en ce qu'on y trouve un frère, nommé Garnier de Naples, « Neapolitanus », qui cumulait alors les deux dignités de Prieur de l'Hôpital en Angleterre et de Maître de l'Ordre en France, « prior Hospitalis in Anglia et preceptor ejusdem in Francia. » Dans cette même charte figurent les frères Jacques et Anselme qui le représentaient en France, pour les affaires de l'Ordre, « vicem Prioris gerentes in Gallia. »

Le frère Anselme était devenu, en 1191, prieur de l'Hôpital en France, car nous le trouvons ainsi qualifié dans des lettres de la même année, de Guillaume Des Barres, accordant aux Hospitaliers de Paris, une terre dans la censive de Notre-Dame-des-Champs, avec une grange sur le chemin conduisant à Montrouge.

Il ne faut pas confondre le titre de prieur de l'Hôpital, qui était le premier dignitaire de l'Ordre en France, avec celui de commandeur, magister, qui n'était que le chef de la maison de l'Hôpital à Paris. Le Prieur de l'Hôpital ou Grand-Prieur de France, était aux XIIe et XIIIe siècles presque toujours un prêtre. Ce n'était pas à Paris qu'il résidait alors, mais bien, comme nous le verrons plus tard, au prieuré de Saint-Jean en l'île-lez-Corbeil.

La maison des Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem à Paris, a porté différents noms, Dans les plus anciens documents elle est nommée simplement maison de l'Hôpital. Au XIVe siècle on la désigna sous le nom de l'Hôpital ancien, pour la distinguer sans doute de la nouvelle maison qu'on venait d'établir au Temple. On l'appela ensuite maison de Saint-Jean-de-Latran, sans qu'on sache la cause de cette nouvelle dénomination. Enfin vers le milieu du XVIIe siècle, la commanderie prit le titre de Bailliage de la Morée, parce qu'elle devint alors l'apanage du Bailli de La Morée, qui était un grand dignitaire de la langue de France à Malte.

La maison de l'Hôpital avec ses dépendances, formait un enclos moins grand que celui du Temple. Il contenait 2096 toises et se trouvait compris entre la place de Cambrai et les rues Saint-Jacques, des Noyers et de Saint-Jean-de-Beauvais.

Superficie
è Eglise 135 toises 1/2.
è Cimetière 42 toises 1/2.
è Cloître 28 toises.
è Maison, cour et jardin du commandeur 166 toises.
è Maisons de l'enclos et du pourtour 1048 toises.
è Cours et places 676 toises.

Dans l'enclos on trouvait l'église, la demeure des religieux, la maison du commandeur et plusieurs habitations qu'on louait à des particuliers. C'est ce qui constituait le domaine seigneurial de l'Hôpital et formait une petite paroisse, dont le plus ancien des religieux portait le titre de curé.

L'église n'avait rien de remarquable comme monument. Ce n'était, d'après le procès-verbal de visite de l'année 1495, qu'une grande chapelle « fondée de Sainct-Jehan, chargée de couvent de quatre frères chappelains qui tous les jours disent matines, basse messe et grant messe, vesprez, complis, et aux festes solemnelles toutes les heures. »

Le commandeur d'alors était frère Nicole Lesbahy, prieur de Corbeil et par ses soins « ladicte chappelle estoit bien honnestement desservie, bien réparée tant de ediffices comme de verrines et d'ornemens, très bien garnie de calices, de croix et de plusieurs reliquaires enchâssez en argent tant doré que blanc. »

Il avait fait don à l'église de « deux grans chandelliers avec ung tabernacle ouquel a ung denier de Nostre Seigneur, semblable a celuy de Rodes, plus deux chappes de satin cramoisies, semées de fleurs de lys d'or de Chippre, garnis de orfroys; deux aultres chappes de damas blanc avec les orfroys pour les faistes Notre-Dame; quatre pièces de tapisserie pour garnir le cuer, et une orgres, et fait loger en ung Jubey de menuiserie dedens ladicte chappelle les choses dessus dictes. »

A son entrée en fonctions, le commandeur Lesbahy avait trouvé la maison et le couvent en très-mauvais état et tombant en ruines. Il avait donc « bien rediffié et reparé et faict tout de neuf ung corps de maison à quatre bonnes chambres, et arriere-chambres, deux salles, une haulte et une basse cuisine, et aultres choses nécessaires pour une bonne maison, et icelle bien meublée de toutes utencilles tant de chambres comme de cuisines. »

Les dépenses à la charge du commandeur pour le service du couvent et de l'église s'élevaient, à l'époque dont nous parlons, à 248 livres par an.

« Pour le vivre et vestiaire de quatre frères chappellains a chascun XI livres, monte è CLX livres »
« Pour le luminaire de cire de l'eglise par an è XX livres »
« Pour le luminaire de huille è VI livres »
« Pour le salaire du clerc qui sert en ladicte eglise è XX livres »
« Pour ung frère qui faict la recepte de la commânderie è XXX livres »
« Pour une chambriere qui garde la maison et appareille a manger ausdicts freres è XII livres »

En 1454, les dépenses de bouche de la maison pour huit personnes, y compris le commandeur et son domestique, n'allaient pas à trente sols par semaine. En voici le détail pour la semaine du 12 au 19 mai.

« Le dimanche XIIe jour du mois de may, le tiers, d'un gite de buef, ung colet de veau et une jambe de porc, VI solz. »

« Le lundi ung jarret de mouton et une espaulette de veau, XX deniers. »

« Le mardi une poitrine de buef et ung colet de veau, III solz, III deniers. Ce jour aux despens Renault Tessonnet et ung nommé Cardin, maçons et leur varlet, qui ont besongné au colombier de la vieille court de céans, près des escoles du clos Bruneau. »

« Le mercredi demi-cent et ung quarteron de oefs, IIII cens de moules, demy livre et ung quartier de beurre, III solz, IX deniers. Ce jour aux despens lesdits maçons et leur varlet. »

« Le jeudi ung souppis de buef, demy quartier de mouton et une poitrine de veau, fèves frasées pour le potage, V solz, IIII deniers. »

« Le venredi demy cent de oefs, V cens de moules, demy livre de beurre et deux fromaiges, III solz, VI deniers, I double; ce jour au disner M. l'abbé d'Oigny, le prevost de Saint Germain des Près, M. H. Dautissy et Maitre Artus de Vaudetar. »

« Le samedi, en morue, ung quarteron de oefs, demy livre et un quart de beurre, III solz, VII deniers. Somme de cette sepmainne XXVIII solz, II deniers I double. »

La dépense était encore moindre en carême, à cause du maigre. Il en était de même pour la semaine des Rogations, comme nous allons le voir.

« Le lundi XXVIIe jour de may, jour des Rogations, XVI harans nouvels, II cens de moules, ung quart de beurre II solz, VI deniers, II doubles. »

« Le mardi VI vives, ung quarteron de oefs, demy livre de beurre, III solz, V deniers. »

« Le mercredi veille de l'Ascension, VII fanittes, ung quarteron de oefs, demy livre de beurre, III solz, I denier. »

« Le jeudi, jour de l'Ascension Monseigneur, une pièce de buef et une de mouton, XX deniers, ce jour fut prins la moitié de l'agneau que le pere de Jacotin serviteur de Monseigneur le commandeur, donna. »

« Le venredi demy cent de oefs, II cens de moules, demy livre de beurre, II solz, V deniers. »

« Le samedi ung quarteron et demi de oefs, III cens de moules, demy livre de beurre, II solz, IX deniers. »

« Le dimenche ung souppis de buef, ung jaret de mouton, et une poitrine de veau, IIII solz. »

« Somme, XIX solz, X deniers II doubles. »

Le total de la dépense pour l'année s'élevait à 86 livres, 7 solz, 5 deniers, et en moyenne par mois, de 6 à 7 livres. Le mois le plus chargé était celui de juin. C'était dans ce mois que tombait la fête de Saint Jean-Baptiste, patron de l'Ordre et spécialement de la maison de l'Hôpital ou de Saint Jean-de-Latran à Paris. On se mettait en frais pour célébrer la fête, décorer l'église et la grande salle du couvent; « pour branches de may tant pour l'esglise que en la sale, VIII deniers; pour dix chappeaulx de violette blanche à X ymages de l'esglise, XX deniers, au sonneur qui feist ce jour le carillon, II solz; au crieur de pardons aussi II solz... (Arcives nationales S 5118, compte de 1455) »

Mais la principale dépense occasionnée par cette fête, était le grand dîner donné par le commandeur et pour lequel il faisait venir un cuisinier étranger. Voici le menu du festin en 1454: « Le lundi XXIIIIe jour de juing et jour Monsieur Sainct Jehan Baptiste, pour VI laperreaulx au prix de VI solz, et deux aultres au pris de II solz, VIII deniers font VIII lapereaulx valant VIII solz, VIII deniers »

« è Ung cochon, VI solz.
è ung quart de pois nouvaulx, II solz.
è VIII pintes de let et III quarterons de oefs, IIII solz, III deniers.
è ung quart de sucre, II solz.
è Once et demy de pouldre blanche et saffran batu, XX deniers.
è Pour huit livres de sérises, à II deniers la livre, XVI deniers et une bote d'ozeille, IIII deniers.
è Pour VI gouyeres, chascune XX deniers, valent X solz.
è Pour XII pommes de capendu, XII deniers.
è En branches de may, VIII deniers.
è Ung minot de charbon, X deniers.
è Au queux, VI solz.
è Somme de ce jour XLIIII solz, X deniers. »

Le Jeudi-Saint qu'on appelait le jeudi absolu, pour faire la Cène, on distribuait dans l'église aux assistants trois pintes de vin et six eschaudés. Selon l'usage on y lavait les pieds à treize pauvres à qui on donnait « par l'ordonnance de Monseigneur le commandeur pour leur diner, en pain III solz tournois, en vin IIII solz, en pois, XII deniers, en febves XII deniers, en bure II solz, VI deniers, somme XI solz, X deniers tournois » On leur distribuait en outre pour porter chez eux « à chascun, douze deniers en treize petis pains d'un blanc la piece, un harenc cru et une petite piece de mollue. »

La veille de l'Ascension les chanoines de la Sainte-Chapelle, en faisant la procession, s'arrêtaient à Saint-Jean-de-Latran où ils déjeûnaient; ce qui coûtait en 1552, 34 solz, 6 deniers.

Les comptes ne mentionnent pas la dépense du pain et du vin, sans doute parce qu'on les faisait dans la maison. « Pour avoir fait fouler une cuvée de vendange vermeille du cru de Fontenay au pressouer de céans, de l'année MIIII c LIIII, douze deniers. »

Les vignes que le commandeur faisait cultiver se trouvaient aux portes de Paris, à Fontenay, Bagneux, Issy, Romainville. Le vin que le couvent ne consommait pas, était vendu. Une queue de vin du cru de Fontenay valait en 1418 dix livres huit solz.

Au XVe siècle, les revenus de la commanderie à Paris consistaient en loyers de maisons faisant partie de l'enclos de l'Hôpital, et en cens et rentes foncières sur d'autres maisons et héritages situés rue Saint-Jacques, rue des Noyers, au clos Bruneau, rue Saint-Denis et autres lieux dans Paris.

La censive de l'Hôpital comprenait: Rue Saint-Jacques, l'hôtel de la Mule devant l'église des Mathurins, l'hôtel de Langres, les maisons de l'écu de Bourgogne, du Mortier d'Or, de l'écu de Bretagne, du Veau de Lucques, des Trois-Etriers devant les Trois-Rois, etc.
Rue des Noyers, les maisons du Cigne, de l'Arbalète.....
Près du clos Bruneau, les collèges de Tréguier, de Seez, de Bayeux.....
Dans la Grande rue Saint-Denis, la maison du Martel (compte de 1455, S 5118, Portef.)

Le montant de ces revenus était en 1455, de 129 livres 44 solz 9 deniers. Il s'élevait en 1783 à 33.273 livres dont 30.600 livres pour loyers de maisons, et 2.673 livres de cens et rentes foncières.

La commanderie possédait encore à Paris, un fief appelé le fief de la Ville-L'évêque. Il consistait en une grande maison qui fut détruite à la fin du XVIe siècle, et en censives qu'on continua de percevoir sur des maisons et héritages situés rue Ville-L'évêque, rue de Suresnes et rue de la Magdeleine.

Il en était de même du fief de la Ruelle à Antony, acheté en février 1306, par le trésorier de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, de Guillaume d'Antony, chevalier, et consistant en un manoir seigneurial avec des terres sur le grand chemin de Longjumeau, et dont il ne restait, au siècle dernier, que quelques cens et redevances que le commandeur percevait au village dont nous parlons.

Dans une déclaration du temporel de la commanderie de l'année 1776, on voit que le Bailli de la Morée se qualifiait de seigneur de Fontenay-aux-Roses, bien que l'abbé de Saint-Denis, haut-justicier de ce village, lui contestât ce titre, et qu'il eût défendu en 1774 au curé de recommander, comme il en avait l'habitude, au prône de la paroisse, chaque dimanche et fête, le commandeur comme seigneur du lieu (Archives nationales S 5643, Cueilloir de rentes.)

L'Hôpital et le Temple possédaient avec l'abbaye de Saint-Denis, au XIIIe siècle, la seigneurie d'Aubervilliers près Paris, comme il se voit par un acte de 1347, d'après lequel le Grand-Prieur de France et l'abbé de Saint-Denis, font entre eux division et partage de leurs droits seigneuriaux (Archives nationales S 5545, Relevé du domaine honore de la commanderie du Temple.)

C'est cette part de seigneurie que le Bailli de la Morée cède, en 1689, à M. de Montholon, conseiller au Grand-Conseil du Roi, moyennant une rente annuelle de 75 livres, au profit des commanderies du Temple et de Saint-Jean-de-Latran, rente qui continuait de se servir encore en 1789.

Les membres ou maisons qui composaient au XVe siècle:
— La commanderie de l'Hôpital, comprenaient outre son chef-lieu.
— L'hôtel et fief de Lourcines avec le domaine de la Tombe-Issoire, sur Montrouge, qui en dépendait.
— Les maisons de Louvières et de Vaumion.
— L'ancienne commanderie de La Villedieu-lez-Maurepas, avec ses dépendances, La Brosse et La Boulaie.
— L'ancienne commanderie du Déluge.
— Les maisons de Chauffour, de Saclay, de Saint-Aubin et des Loges.

Par le démembrement qu'elle subit, comme nous l'avons vu en 1633, la commanderie perdit une grande partie de ses membres, qui servirent à former la nouvelle commanderie de Louvières et de Vaumion. Il ne lui resta plus que le fief de Lourcines, l'ancien domaine de la Tombe-Issoire et les maisons des Loges (Loges-en-Josas), de Saclay, du Déluge (Marcoussis) et de Chauffour.

Elle conserva également un membre qu'on y avait ajouté en 1627, le beau domaine de Cuiry (Cury-Housse) dans le Soissonnais.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Noms des Commandeurs de l'Hôpital
1171. Frères Jocelin et Gérard, procuratores dornus hospitalis Parisiensis.
1172. Frère Jean, preceptor parisius.
1175. Frère Gérard, custos, provisor, dispensator.
1176. Frère Guillaume, magister.
1192. Frère Bérard, magister.
1194. Frères Isambard, Emery et Harduin, procuratores.
1212. Frère Geoffroy, magister.
1230. Frère Henri de Pemes, magister.
1257. Frère Guillaume de Moret, magister.
1260. Frère Jehan de Chaumes, preceptor.
1272. Frère Nicolas de Hiscan, « de Hiscanis », preceptor.
1299. Frère Jehan Pilon.
1323. Le chevalier Henri de Neufchâtel.
1344. Le chevalier Pierre de la Caucherie.
1355. Frère François Mouton.
1356. Le chevalier Nicole de Thionville.
1376. Le chevalier Pierre de Provins.
1412. Le chevalier Henri de Bye.
1424. Le chevalier Gueroult de Boissel.
1446. Le chevalier Jehan de Goudeville.
1450. Le chevalier Renaut Gorre.
1469. Le chevalier Nicole Lesbahy.
1506. Le chevalier Charles des Ursins.
1522. Le chevalier Guillaume Guynon.
1549. Le chevalier François de Lorraine, Grand-Prieur.
1550. Le chevalier Pierre de La Fontaine, Grand-Prieur.
1567. Le chevalier Guillaume de La Fontaine.
1569. Le chevalier Henri d'Angoulême, Grand-Prieur.
1577. Le chevalier Philibert Lullier.
1597. Le chevalier Bertrand Pelloquin, Grand-Prieur.
1603. Le chevalier Georges de Regnier-Guerchy, Grand-Prieur.
1620. Le chevalier Alexandre de Vandosme, Grand-Prieur.
1630. Le chevalier Guillaume de Meaux, Bois-Boudran, Grand-Prieur.
1639. Le chevalier Amador de la Porte, Grand-Prieur.
1646. Le chevalier Jacques de Souvré.
1676. Le chevalier d'Elbene, Bailli de la Morée.
1693. Le chevalier Charles de Savonnière de la Bretesche, Bailli de la Morée.
1717. Le chevalier Louis Feydeau de Vaugien, Bailli de la Morée.
1726. Le chevalier Henri Perot, Bailli de la Morée.
1735. Le chevalier François de la Roche-Brochard, Bailli de la Morée.
1750. Le chevalier Guillaume de Bernard Davernes du Bocage, Bailli de la Morée.
1756. Le chevalier Guillaume George de Gouffier de Toix, Bailli de la Morée.
1762. Le chevalier Constantin Louis d'Estournelles, Bailli de la Morée.
1773. Le chevalier Hervé Lefebvre du Quesnoy, Bailli de la Morée.
1777. Le chevalier de Sahure, Bailli de la Morée.
1779. Le chevalier Antoine-Denis d'Alsace d'Hennin-Liétard, Bailli de la Morée.
1791. Le chevalier Nicolas-Pierre des Noes, Bailli de la Morée.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Saint-Jean-de-Laucourt   (55)
Commanderie Saint-Jean-de-Laucourt
Département: Meuse, Arrondissement: Commercy, Canton: Vaucouleurs, Commune: Pagny-la-Blanche-Côte — 55


Commanderie Saint-Jean-de-Laucourt
Commanderie Saint-Jean-de-Laucourt


— Saint-Jean-de-Laucourt, ferme, commune de Pagny-la-Blanche-Côte
— Laoiria, Lacuria, 1402 (Registre Tull.)
— Saint-Jean-de-la-Cour, 1700 (Carte d'Etats-Major)
— Laucourt, 1711 (Pouillé)
— Saint-Jean-de-Jérusalem-de-Laucourt, 1749 (Ibidem)
— Saint-Jean-de-Jérusalem-de-Laucourt, 1778 (Durival)
— Saint-Jean-de-Leucourt, 1760 (Cartes de cassini)
— Anciennement, cense, chapelle et prieuré à la commanderie de Robécourt de l'Ordre de Malte, dépendait du doyéné de Gondrecourt.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Meuse, rédigé par M. Félix Liénard. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXII.
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Saint-Jean-de-Rémé   (55)
Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Ramez
Département: Meuse, Arrondissement: Verdun, Canton: Dun-sur-Meuse, Commune: Villers-devant-Dun — 55


Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Ramez
Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Ramez


La maison Saint-Jean-de-Ramez (Rémé), située à Villers-devant-Dun, sur le chemin conduisant à Dun, dont elle était distante d'environ une lieue, avait été donnée dans le XIIIe siècle aux Hospitaliers, par un seigneur, du nom d'Henri de Grand-Pré, « Grandis Prati. » Des lettres de ce personnage, de l'année 1202, nous font connaître que, pour le salut de son âme, il a délaissé en pure aumône aux frères de l'Hôpital de Jérusalem, sa maison de Ramez, « domum suam de Ramez », et 140 journaux de terre libres de tous droits et de charges quelconques. Il leur concédait, en outre, le droit d'usage dans son domaine, où ils pouvaient prendre tout le bois nécessaire à leur chauffage et à leurs constructions.

La même année, Joffroy, seigneur d'Apremont, « de Aspero monte », leur accordait, pour les besoins de leur maison de Ramez, « ad usum domus de Remez », 40 arpents de terre autour des Blanches-Voies, « circa albas vias », avec l'usage de ses bois et le droit d'y faire paître des bestiaux.

En 1242, Jean de Grand-Pré parent sans doute de Henri de Grand-Pré, abandonnait à l'Hôpital de Saint-Jean, c'est-à-dire à la maison appelée Ramez, « Hospitali Saneti Johannis videlicet domui dicti Remmes », tout ce qui lui appartenait à Encreville, « Vanteville (peut-être Bantheville) » et Bourrée, ainsi qu'il résulte des lettres de la même année, du prieur de Grand-Pré, du doyen de Saint-Jouvin et de celui de la chrétienté de Dun.

D'après un bail de 1256, la maison et les terres de Saint-Jehan de Rémé étaient affermées 15 livres tournois par an.

Un autre bail, fait en 1641, porte que la maison de l'Hôpital de Saint-Jean-de-Ramez, près Dun-le-Château, avec 170 arpents de terre et tous droits de justice et de seigneurie, était tenue par un fermier qui en rendait 120 livres par an, à la charge en outre de faire célébrer dans la chapelle de la dite maison, une messe le premier dimanche de chaque mois, ainsi qu'aux jours solennels et à la fête de saint Jean-Baptiste.

Nous lisons dans un procès-verbal d'arpentage fait en 1672, des biens qui composaient cette maison, « un terroir ban appellé Saint Jehan de Rémé, paroisse de Villers-devant-Dun, consistant en une chappelle, un encloux joignant ladite chappelle où il y eu anciennement des bâtimens. »

On voit qu'à cette époque la maison n'existait plus. La chapelle, à son tour, avait cessé d'exister en 1717. Les terres réunies au domaine de la commanderie étaient alors louées à l'épillé, et rapportaient environ 280 livres.

Le revenu général de la commanderie de Reims était, en 1495, de 345 livres; en 1583, de 1.500 livres; en 1618, de 3.000 livres; en 1692, de 4.100 livres; en 1733, de 10.410 livres; en 1757, de 15.480 livres; et en 1788, de 24.695 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Saint-Jean-de-Rhodes   (55)
Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Rhodes
Département: Meuse, Arrondissement: Verdun, Canton: Etain, Commune: Warcq — 55


Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Rhodes
Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Rhodes


Saint-Jean-de-Rhodes, ferme commune de Warcq
— Ecclesia Sancti-Johannis de Hospitali in territorio de Ware, 1179 (Charte d'Arnould de Chiny)
— Hôpital-Saint-Jean (L') ou L'Hôpital, ferme commune de Warcq.
— De hospitali juxta Ware, 1226 (Cartulaire de la cathédrale)
— In hospitali de Ware, 1241 (Ibidem)
— L'hospitaul de Warc, 1241 (Ibidem)
— Commanda de Sancti-Joannis prope Stannum, 1642 (Mâchon)
— Saint-Jean, 1656 (Carte de l'évêché)
— L'hopital Saint-Jean-de-Rhode, 1700 (Carte d'Etats)
— Saint-Jean-de-Rhode, 1749 (Pouillé)
— Acienne cense commanderie et léproserie appartenant à l'Ordre de Malte, ad provisionem magistri ordinis Equitum Jerosolimitanorum (Mâchon)
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Meuse, rédigé par M. Félix Liénard. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXII.
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Saint-Jean-des-Prés   (42)
Commanderie de Saint-Jean-des-Prés
Département: Loire, Arrondissementet Canton: Montbrison — 42


Commanderie de Saint Jean des Prés
Commanderie Saint Jean des Prés


— Eglise de la commanderie de Malte. Cet édifice est dans un assez mauvais état de conservation, mais ce qui en reste est habité, et par conséquent peut durer encore longtemps.
— Sa construction est antérieure à 1154, époque à laquelle Gui II, comte de Forez, fonda une commanderie l'une à Chapelle l'autre à Montbrison.
— Le style ogival prédomine dans ce monument qui ne fut jamais très-spacieux et qui a subi de grandes modifications, surtout à l'intérieur.
— Derrière l'autel se voyait une immense fenêtre qui maintenant est bouchée et dont les vitraux ont disparu.
— J'ai remarqué plusieurs incriptions que je compte faire recueillir, et qui servaient comme pierres tumunlaires presque toutes sont du XIIIe siècle et en marbre blanc.
— J'ai aussi l'intention de relever les écussons qui se trouvent disséminés dans plusieurs parties de la commanderie.
Sources: M. Anatole de Barthelemy — Société française pour la conservation et la description des monuments historiques, page 582. Paris 1841. — Bnf

Mouvement de la bibliothèque et du musée
Huguet (Amédée). Liève de la commanderie de Saint-Jean des Prés de Montbrison (1656-1656). Copie in-folio, papier, couverte en basane.

Elle renferme:
1º L'extrait d'un arrêt du parlement confirmant au commandeur de la Commanderie de Saint-Jean des Prés de Montbrison le droit de percevoir toute l'année, à la réserve des mois de mai et août, les pieds et langues de boeufs, vaches, taureaux et génisses qui se tuent dans toutes les boucheries de Montbrison (du 21 juin 1656). 2 feuillets.

2º (du 9 juillet 1666). 8 feuillets (le 1er ou les premiers manquent).

3º Extrait d'un registre du bailliage de Forez contenant sentence qui permet au commandeur de Montbrison et à son fermier de Château-le-Bois de défaire les gerbiers et de contrôler le nombre des gerbes dans toute l'étendue des terres dépendant de la dîmerie (du 9 juillet 1666). 4 feuillets.

4º Reconnaissance de cens et servis dûs à la Commanderie de Montbrison par Benoît Giraud, tuteur des enfants de Claude Margat, pour terre sise à l'Hôpital-le-Grand; par Pierre Lhéritier de la Bastie, pour divers fonds sis au même lieu; par Jean Bonnefoy, vigneron de Montbrison, pour terre autrefois vigne, sise aux Purelles; par Jean Roux, marchand, de Montbrison, et par Pierre Monattes, notaire royal au bailliage de Forez, pour vignes sises au vignoble de Pioron; enfin par dame Mathie Chauve, veuve de Jean Faure, pour une terre et vigne situées au vignoble des Chossiers ou Dambournay ? (entre Pioron et Curtieu). S. d. 19 feuillets.

5º Reconnaissance de cens et servis dus à ladite commanderie par Jean d'Allard, conseiller du Roi et son aumônier, pour un domaine sis à la Chavana, paroisse de Saint-Etienne de Furand (du 20 novembre 1658). 5 feuillets.

— Demande articulée pour assignation à Madame Destandeau, en raison de servis présumés dus sur ses fonds de Censieu dépendant de la Commanderie de Saint-Jean de Montbrison. Pièce non datée (XVIIe s.) ni signée. 3 feuillets in-4, papier.

— Quittances passées par Michel, fermier de la Commanderie de Saint-Jean des Prés, à Mademoiselle Destandeau, pour paiement du terme de Tous-saint, de la ferme des prés de la Motte, dîme de Charmillanges, dépendant de la Commanderie de Montbrison, années 1676 à 1680, 1683 et 1685. 7 pièces in-12, papier.

— Arrêt du grand Conseil du Roi nommant des experts chargés de vérifier sur les lieux si le domaine de Charmillange, autrement dit Censieu, dont il est
parlé dans la demande du commandeur Philibert du Saillant, n'est pas le même que celui de Charmillange dont il est question dans un titre de 1418, et si le domaine est possédé en tout ou en partie par les consorts Destandeau (du 22 septembre 1742). Copie de 4 feuillets, papier.

— Supplique au grand Conseil du Roi adressée par Marie May, veuve de J.-M. Destandeau, vivant bourgeois et habitant de Feurs, tutrice de Benoît Destandeau, prêtre sociétaire de Feurs, et Jacques Destandeau, leurs fils mineurs, contre Philibert du Saillant, commandeur de la Commanderie de Saint-Jean des Prés, au sujet de redevances présumées dues sur le domaine de Censieu possédé par les suppliants (du 7 janvier 1741). Expédition, signée Chantreau. 10 feuillets in-folio, papier.

— Autre supplique des mêmes contre le même (du 17 février 1741). Expédition signée de Lattre 4 feuillets in-folio, papier.

— Autre supplique des mêmes contre le même (du 10 septembre 1742). Expédition signée Chantreau. 16 feuillets in-folio, papier.

— Autre supplique des mêmes contre le même (du 10 septembre 1748). Expédition signée Chantreau. 10 feuillets in-folio, papier.

— Autre supplique des mêmes contre le même avec production de pièces nouvelles (du 26 juillet 1749). Expédition signée Chantreau, Robert. 24 feuillets in-folio, papier.
Sources: Saint-Jean des Prés Bulletin de La Diana, Avril-Septembre 1891. Montbrison

Commanderie de Saint Jean des Prés
Vers 1154-1156 (les dates sont incertaines) Guy II, comte de Forez, fait plusieurs donations, dont le Pré comtal pour fonder un hôpital hors les murs de la cité de Montbrison.

Sans doute après la permutatio de 1173, pour favoriser face aux archevêques de Lyon l'implantation de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui est indépendant des évêques, il confie cet hôpital appelé « commanderie Saint-Jean-des-Prés » à cet ordre hospitalier. Arnulphe est le premier « maître de la maison » ou « procureur »; il meurt en 1239.

— Après un accord avec les moines de Savigneux, dépendant de l'abbaye de La Chaise-Dieu, une chapelle est construite qui ne sert qu'aux hospitaliers et à leurs familiers.
— Au XIIIe cette commanderie reçoit de nombreuses donations, a de multiples droits dans la cité et les paroisses alentour.
— Dans la deuxième moitié du XIIe siècle sont construits l'église et plusieurs bâtiments.
— A la Révolution les biens sont vendus comme biens nationaux.
— En 1970 les bâtiments sont détruits sauf l'église.
— En 1991 l'église est inscrite à l'inventaire des Monuments historiques.
Sources: Musée du diocèse de Lyon

Saint-Jean-des-Prés
Cheminée de la Commanderie de Saint-Jean des Prés, à Montbrison. — Communication de MM. Jannesson et Rochigneux.

M. le lieutenant Jannesson dépose sur le bureau une brique historiée tirée de sa collection et fait à ce sujet la communication suivante en collaboration avec M. Rochigneux:
« L'objet que j'ai l'honneur de mettre sous vos yeux faisait partie, il y a peu d'années encore, d'une ancienne cheminée bâtie dans la grande salle, la plus occidentale de l'aile sud, des bâtiments de la commanderie de Saint-Jean des Prés, à Montbrison, au premier étage. Cette cheminée dont nous donnons le dessin, était particulièrement remarquable par son manteau qui se composait de cinq claveaux en terre cuite.

Les claveaux extrêmes, seuls, sont encore en place; le plus considérable, celui de gauche, n'a pas d'ornements; celui de droite, plus petit et de forme irrégulière, est décoré d'un écusson imprimé en creux et chargé d'une fleur de lys et d'une bordure.

Quant aux trois claveaux du centre, tous semblables, ils ont disparu, mais j'ai pu me procurer l'exemplaire que je viens de vous montrer. La décoration peu saillante de cette brique figure un fenestrage rayonnant et doit être datée du XIVe siècle. Nous ne pensons pas toutefois que la cheminée elle-même soit de cette époque; en effet, le style du reste du bâtiment et la diversité des claveaux autorisent au contraire à croire qu'il s'agit d'une construction de la fin da XVe ou du commencement du XVIe siècle: les briques historiées auraient donc ainsi été réemployées (1).

Autre particularité. Sur le crépi du fond de la cheminée, on a gravé à la pointe deux écussons: l'un chargé d'un sautoir, l'autre de deux chevrons. Or ce dernier blason se trouve reproduit en relief sur la hotte d'une cheminée du XVIIIe siècle édifiée dans la salle voisine, sur l'emplacement d'une large ouverture faisant primitivement communiquer les deux pièces. Cet écusson posé sur une croix de commandeur, est timbré d'une couronne de marquis et entouré du cordon perlé de l'ordre de Malte. Ces armes sont évidemment celles du commandeur qui fit exécuter les dernières réparations à la cheminée dont il est question plus haut (2). »

1. Le musée de la Diana possède d'autres spécimens de claveaux historiés en terre cuite; ces carreaux représentent dans un quadrilobe les armes d'Anne Dauphine, comtesse de Forez. Ils appartiennent à la deuxième moitié du XIVe siècle.

2. D'après des renseignements obligeamment communiqués par M. V. Durand, les deux blasons ci-dessus, incomplets du chef, seraient:
1º celui du commandeur Gabriel de Montagnac de Chovance, l'antépénultième (avant-dernier) commandeur de Saint-Jean des prés, cité vers 1770. (D'azur au sautoir d'or, à l'étoile du même en chef);
2º celui du dernier commandeur, Pierre-Paul-Alexandre de Monspey, connu dès 1783 (D'argent à deux chevrons de sable, au chef d'azur). La présence des deux blasons tient peut-être à un lien de parenté entre les deux dignitaires ou à l'exécution tardive des volontés du premier ?
Sources: Bulletin de la Diana, tome V, janvier-juin 1890.

Anciens fiefs de Saint-Marcel
Tel est d'abord l'ancien fief de Cis, dont le nom a été ajouté, à l'origine, à celui du village de Saint-Marcel, pour le distinguer des autres villages du même nom. Cis fut le berceau d'une ancienne famille noble, à laquelle appartenait Pierre de Cis, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui vivait dans le courant du XIVe siècle, et qui légua à la maison de Saint-Jean des Prés de Montbrison divers droits de cens, dans le mandement de Saint-Maurice en Roannais, pour lesquels Robert de Châteauneuf, précepteur de cette commanderie, fit foi et hommage au comte de Forez, le 26 juin 1399 (1).
1. Huillard-Bréholles, Inventaire des titres de la maison ducale de Bourbon, 4218.
Sources: Bulletin de La Diana, tome XI, page 371. Montbrison 1900

commanderie de Sant-Jean des Prés
Murat de Lestang (marquis de), son ouvrage en collaboration avec le vicomte Dugon: Généalogie de la maison de Murat de Lestang. Lyon, (Mougin-Rusand), 1892, in-8º (deux exemplaires).

Un membre de cette famille, Guillaume de Murat de Lestang, était commandeur de Sant-Jean des Prés à Montbrison en 1515; on distingue encore ses armes au-dessus de la porte d'une tourelle d'escalier de la Commanderie de celle ville. Une branche de la maison Murat de Lestang a possédé au XVIIe siècle les seigneuries de Virieu, Malleval et Chavanay.
Sources: Bulletin de la Diana, tome VII, 1893-1894

Clairet, au Cluzel, près Lésignieu: 1785, 9 septembre
— Lettre de voiture accompagnant l'expédition faite par la verrerie royale de Givors de deux cents bouteilles de verre noir à l'adresse de Monsieur Misaçon (Méjasson ?), receveur de la commanderie de M. de Monspey, à Montbrison.
Original, papier.

— 1785, 18 novembre
— Lettre adressée de Paris par M. le chevalier de Loras, ancien commandeur de Montbrison, à M. le chevalier de Monspey nouveau commandeur, l'informant qu'il lui abandonne les arrérages de son temps sur les objets qui n'ont pas été mis en prestation absolue par ses prédécesseurs MM. du Saillant et de Chauvance.
Original, papier.

— Fin XVIIIe siècle.
— Liste des titres concernant la commanderie de Montbrison, adressée par M. de Brioude à M. le commandeur de Monspey et extraite
d'un registre intitulé: Cartulaire du Comté de Forez, déposé au greffe de la chambre des comptes de Paris.
Copie, papier.
Sources: Bulletin de la Diana, tome VIII, avril-septembre 1895
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Saint-Jean-du-Chenay   (71)
Domus Hospitalis Saint-Jean-du-Chenay
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Charolles, Canton: Marcigny, Commune: Chenay-le-Châtel — 71


Domus Hospitalis Saint-Jean-du-Chenay
Domus Hospitalis Saint-Jean-du-Chenay


Dès l'origine, Saint-Jean-du-Chenay, fut un établissement de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem. Les bâtiments d'exploitation agricole du lieu-dit « L'Hôpital » faisant partie de la commune de Chenay-le-Châtel, en Saône-et-Loire, semblent remonter à l'époque de cette commanderie.
Sources: Georges CHATARD — Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.

Hôpital (L'), hameau, commune de Chenay-le-Châtel.
— Hospitale de Chanoy, avant 1312 (Longnon, Pouillés, p. 75).
— Hospitalis de Channeyo, 1336 (Archives de la Côte-d'Or, B 953).
— Chenay l'Opitaul, 1382/83 (Archives de la Côte-d'Or, B 2293, f. 11 v.).
— Chenay l'Ospitaul, 1384/85 (Archives de la Côte-d'Or, B 2296, f. 11).
— Chenay l'Ospital, 1473/74 (Archives de la Côte-d'Or, B 2474, f. 47 v.).
— L'Ospital de Chenay, 1544 (Archives de la Côte-d'Or, B 11593 bis, f. 27 v.).
— Chenay l'Hospital, 1552 (Archives de la Côte-d'Or, C 7429).
— L'Hospital, 1663 (Archives de la Côte-d'Or, C 7429).
— Chesnay l'hospital, 1666 (Archives de la Côte-d'Or, C 2884, p. 567).
— L'Hospital de Chenay, 1689 (Archives de la Côte-d'Or, C 7429).
— L'Hôpital, 1760 (état alph., p. 49).
— L'Hôpital-de-Chenay, 1763 (états-Cassini).
— L'Hôpital-de-Chenai, 1780 (Courtépée, III, p. 99).
— L'Hôpital de Chenai le Châtel, 1784 (Archives de la Côte-d'Or, C 7440).
— L'Hôpital de Chenay, 1790 (Arch. nat., D IV bis, 89).
— L'Hôpital, 1849 (état-major).
En 1789, L'Hôpital-de-Chenay dépendait des bailliage de Mâcon et de Semur-en-Brionnais et de la recette de Semur-en-Brionnais. Son église, sous le vocable de la Nativité de la Vierge, du diocèse d'Autun, annexe de Chenay-le-Châtel. Seigneurie, pour le Mâconnais, à l'ancienne commanderie Saint-Jean de l'ordre Malte, dépendant de la commanderie de Beugnay, qui avait la collation de la cure.
Sources: Dictionnaire topographique de la France Comprenant les noms de lieux anciens et modernes CTHS
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Saint-Jean-la-Chevalerie   (43)
Commanderie Saint-Jean-la-Chevalerie
Département: Haute-Loire, Arrondissement et Canton: Le Puy-en-Velay — 43


Commanderie Saint-Jean-la-Chevalerie
Commanderie des Garnaux


Dans la réorganisation des commanderies, Saint-Jean-la-Chevalerie forma un membre de la commanderie de Devesset. En 1334, Philippe Dupin, bourgeois du Puy, mû par des sentiments de respectueuse affection et de reconnaissance envers le commandeur Artaud de Fay, fit donation à l'ordre de tous ses biens situés tant au Puy qu'aux environs (charte 84).

En 1337, Artaud de Fay transigea avec Etienne Eyraud, du Poux, au sujet des prestations dues par ce dernier aux Hospitaliers (charte 86).

En 1343, le même commandeur fit échange avec le prieur de Saint-Pierre-le-Monastier de rentes assises au Puy et dans la banlieue contre une rente assise à Chadernac, près Ceaux-d'Allègre (charte 87).

En 1347, à Saint-Jean-la-Chevalerie, le grand-prieur Raynaud de Fay présida comme amiable compositeur aux excuses publiques qu'un chevalier des environs de Loudes, Robert de la Bauche, fit aux consuls et bourgeois du Puy en réparation des insultes et des voies de fait dont il s'était rendu coupable envers des marchands de la ville (charte 90).

En 1385, le grand-prieur Robert de Châteauneuf conçut le dessein de construire une église au peyron de Corsac près Villeneuve. L'évêque du Puy s'opposa à ce projet et forma une instance devant la cour du pape en Avignon. Ce prélat faisait valoir qu'au Puy et dans ses faubourgs les églises paroissiales étaient si nombreuses que leur clergé avait peine à vivre, et que les routiers pourraient s'emparer de l'édifice et s'y fortifier (charte 101).


Commanderie Saint-Jean-la-Chevalerie
Commanderie Saint-Jean-la-Chevalerie — Sources: image Saint-Jean-la-Chevalerie


— En 1388, le même grand-prieur obtint du roi l'autorisation de fortifier la commanderie de Saint-Jean-la-Chevalerie (charte 103).
— En 1394, dans un procès au parlement de Paris, l'évêque du Puy demandait que la forteresse de la Chevalerie fut abattue ou tout au moins « ramenée à la fourme d'une plate maison » (1).
— En 1590, la commanderie s'appelait « le fort Sainct-Jehan », et la ville y entretenait une garnison ligueuse de 100 hommes (2).

— En 1616 (3), le membre de Saint-Jean-la-Chevalerie consistait en une église paroissiale, sous le titre de Saint-Jean-Baptiste, dont le patronage et la collation appartenaient au grand-bailli de Devesset. Le curé était un prêtre séculier portant la croix de l'ordre, trois autres religieux d'obédience l'assistaient pour le service divin.

— Dans l'église, on voyait un beau tombeau d'un commandeur de la maison de Fay (4), très vraisemblablement d'Artaud de Fay.


Eglise de Saint-Jean-la-Chevalerie
Localisation: Eglise de Saint-Jean-la-Chevalerie — Sources: image Saint-Jean-la-Chevalerie


— L'église, toute voûtée et pavée de pierres de taille et éclairée de cinq fenêtres vitrées, avait 10 cannes de longueur sur 4 de largeur (5). Une balustrade en bois séparait le choeur de la nef. Dans le choeur qu'entouraient des stalles était un autel et, dans la nef, deux autels. Le clocher avait trois cloches. Le saint sacrement était exposé dans une custode de cuivre « eslevée en haut sous un pavillon à l'antique. » Il n'y avait pas de fonds baptismaux parce qu'au Puy l'église de Saint-Jean-des-Fonts-Baptismaux près la Cathédrale avait seule le pouvoir de baptiser. Les murs étaient décorés de plusieurs beaux tableaux en peinture plate sur toile.

— Une grande maison servait à l'habitation des commandeurs et des prêtres sociétaires.
De chaque côté de l'église s'élevaient deux tours carrées à plusieurs étages; l'une menaçait ruine.

— Le membre n'avait pour fonds ruraux qu'un jardin situé entre les bâtiments et le mur d'enceinte de la ville, et deux prés, l'un dit Prat Saint-Jean à Villeneuve-de-Corsac, et l'autre, dit Prat Ferrier, à Marnhac près Saint-Germain-Laprade.

Ses principaux revenus étaient des cens et des rentes féodales et foncières qui se levaient sur la ville du Puy et le faubourg Saint-Jean, à Vals et Espaly, et sur les paroisses de Saint-Germain-Laprade, Saint-Pierre-Eynac, Lantriac, Cussac, Solignac, le Bouchet-Saint-Nicolas, Saint-Haon, Saint-Privat-d'Allier et Saint-Jean-de-Nay.

D'après les vieux terriers, ces rentes se montaient à 63 livres, 553 cartons de seigle, 69 cartons de froment, 673 ras d'avoine, 8 charges 1 barral de vin du pays, 5 boirades et 8 gélines. Mais, faute du renouvellement des terriers, on ne percevait plus en 1616 que 50 livres, 12 setiers de seigle, 24 cartons de froment, 200 ras d'avoines, 8 charges de vin, 8 gélines et 3 corvées dans le village du Boussillon.

Le revenu annuel du membre, y compris la ferme de la métairie de Pébélit, son annexe, s'élevait alors à 750 livres, non compris les pensions des prêtres sociétaires et les gages du forestier de Pébélit (6).

En 1658 et 1673, Saint-Jean-la-Chevalerie, Pébélit, Freycenet et la Sauvetat furent affermés en bloc à Etienne Treveys, greffier des présentations en la sénéchaussée du Puy, aux prix annuels de 1700 et 1650 livres (7).

Le 20 juillet 1709, Guillaume Berton, sieur de Fromental, fermier-général du bailliage de Devesset, sous-afferma à Jean-Joseph Bollon, juge de la baronnie de Saint-Agrève, et à Pierre Marcon, sieur de Montgros, tous les revenus de Saint-Jean-la-Chevalerie, de Montredon et de Marlhettes, pour six années à partir du 1er mai 1710, moyennant le prix de 5,500 livres payables à Lyon; les preneurs étaient tenus, en outre, de défrayer le grand-bailli ou ses agents avec leur train pendant trois jours chaque année, dans ces trois commanderies, ainsi que les visiteurs généraux de l'ordre pendant leur visite (8).

Liste des Commandeurs
1153-vers 1175. — Etienne Isnel (chartes 1-31).
1179. — Pierre de la Valette (chartes 32-33).
1181. — Guillaume Ram (charte 34).
1185-1186. — Jean de Chalancon (chartes 42-44).
1186. — Géraud Esquint (chartes 44, 45, 49).
Vers 1187. — Bertrand du Broc (charte 47).
1215. Août. — Pons de Melgueil (charte 50).
1222. Août 12. — Simon Richard (charte 51).
1248. Mai 23. — Guillaume du Mont (de Monte) (charte 54).
1248. — Pierre de Ceneuil (de Seniol) (charte 54).
1263. Novembre 9. — Beraud de Saint-Privat (charte 56).
1273. Juillet 11-1291 mai 1. — Mainfroy de Châteauneuf (chartes 57, 58).
1294. Avril 24-1297 mai 25. — Pons de Fay (chartes 59-61), depuis grand-prieur d'Auvergne.
1306. Février 24. — Pons du Roure (charte 66).
1307. Août 14. — Artaud Elie (charte 66).
1309. — Eustache de Lolme (charte 68).
1321. Janvier. — Guillaume Chandorat (charte 72).
1321. Juin 20-1324 mai 1. — Pons de Brion (de Bryu) (Chartes 73 et 77).
1327. Mai 25. — Raynaud de Fay (Charte 78), depuis grand-prieur d'Auvergne.
1330. Juin 19-1360 août 14. — Artaud de Fay (Chartes 80-89, 92-3, 95-6).

Après Artaud de Fay, Saint-Jean-la-Chevalerie eut pour commandeurs les grands-prieurs d'Auvergne et les grands-baillis de Devesset qui administraient ce membre par l'intermédiaire de rentiers, de receveurs des cens et de procureurs choisis le plus souvent parmi les religieux d'obédience résidant au Puy.
Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888

Notes — Commanderie Saint-Jean-la-Chevalerie
1. Archives nationales, X 2 A/12, folio 233-4.
2. Mémoires de J. Burel, page 218.
3. H 2153, folio 971-975.
4. Les armes des Fay sont: de gueules à la bande d'or, chargée d'une fouine dazur.
5. L'église de Saint-Jean-la-Chevalerie est située, on le sait, à l'entrée du faubourg Saint-Jean; elle date du XIVe siècle. L'intérieur ne présente de remarquable qu'une grande niche pratiquée dans l'épaisseur du mur méridional et dont l'archivolte gothique à crochets est flanquée de deux piliers surmontés d'une statuette de saint debout, et accostée de deux écussons au même blason: de... à trois bandes de... Au-dessous de cette niche est un tombeau divisé en trois cadres à rosace polylobée entourant un petit écusson, et veuf de sa tablette supérieure qui supportait la statue couchée du mort. — Du côté du midi, l'édifice est masqué par des constructions modernes, et du côté du nord, son caractère architectural a été profondément altéré par la substitution de larges croisées carrées à la plupart des fenêtres primitives en style gothique. — Cette église sert aujourd'hui de magasin à farine et d'écurie, et le tombeau, de mangeoire a chevaux.
6. H 2153, page 971 et suivantes.
7. Saint-Jean-la-Chevalerie, III, n. 19.
8. La Sauvetat, I, n. 17.

Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888

Saint-Jean-La-Chevalerie, ancienne commune de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, au Puy.
— Domus Aniciensis Hospitalis Jherusalem, 1153 (hospitaliers du Velay).
— Domus Podiensis Hotpitalis Hierusalem, 1159 (idem).
— Hospitale Podii, 1163 (idem).
— Domus Hospitalit S. Johannis, 1215 (idem).
— Hospitale S. Johannis Jherosolimitani Aniciensis, 1248 (idem).
— Domus ordinis S. Johannis Jhemsolymitani Anicii, 1347 (idem).
— Un lieu lez, la ville du Puy, nommé Saint-Jehan de la Chevalerie, ouquel lieu est l'église de S.-Jehan, 1388 (idem).
— Domus S. Johannis Anicii vacata la Chavalaria prope Anicium, 1424 (idem).
— La place de S.-Jehan-la-Chevalerie hors les murs de la ville du Puy, 1493 (mairie du Puy).
— Domus S. Johannis de Militia secus Anicium, 1513 (hospitaliers du Velay).
— La commandarie de S.-Jehan de Jherusalem, desdiée à l'honneur de S. Jehan-Baptiste, que est perroisse, 1544 (Medicis, II, 176).
— Membre, depuis 1313, de la commanderie de Devesset.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Haute-Loire, par M. Auguste Chassaing. Paris Imprimerie Nationale MDCCCCVII
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Saint-Jean-sur-Veyle   (01)
Domus Hospitalis de Chavagnat (Saint-Jean-sur-Veyle)
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Pont-de-Veyle — 01


Domus Hospitalis Saint-Jean-sur-Veyle
Domus Hospitalis Saint-Jean-sur-Veyle


— In villa Cavaniaco ; super Chavaigniacum, Chavenna, Chavaigneu, Chavaigna, Chavania ; parrochia Chavaignaci super Velam; de Chavaigniaco super Velam ; curatus Chavagniaci super Velam, Chavagnat-sur-Veyle.
— Ancienne paroisse sous le vocable de saint-Jean-Baptiste, remplacée, vers 1605, par celle de Saint-Jean-des-Aventures ou de Sain-Jean-sur-Veyle.

— Dès le XIIe siècle, les templiers de Laumusse étaient possessionnés à Chavagnat.
— Les hospitaliers d'Epaissey possédaient aussi deux moulins et un battoir qu'ils avaient reçus en don, en 1250, d'Etienne d'Espeysse.
Archives du Rhône, titres de Malte. — Visite pastorale de 1656, fº 580.
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.

Chavagnat, nom primitif de la paroisse de Saint-Jean-sur-Veyle
— Perrochia de Chavaigniaco supra Velam, 1250 (Archives du Rhône, titres de la commanderie de Laumusse, Epaisses, chapitre I, n° 6)
— Ecclesia Sancti Johannis Chavaigniaci, 1439 (Archives de l'Ain, H 792, folio 55 r°)
Sources: Dictionnaire Topographique du département de l'Aisne, par M. Auguste Matton, Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXI
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Saint-Marc-Orléans   (45)
Commanderies Saint-Jean d'Orléans
Département: Loiret, Arrondissement et Cantons: Orléans — 45


Commanderies Saint-Jean d'Orléans
Commanderies Saint-Jean d'Orléans


La maison de l'Hôpital était située dans la ville d'Orléans, rue de Bourgogne, sur la paroisse de Saint-Germain. Le terrain où elle avait été construite provenait, suivant un acte de 1204, d'un nommé Robert Carpentier, et contenait en superficie, XXI teleins en long et en large, près des murs d'Orléans, contre la porte de Saint-Aignan, « juxta portam Saneti Aniani. »

Il y avait une autre maison que les Hospitaliers possédaient encore d'ancienne date à Orléans. Elle était située près de l'église de Saint-Michel, et leur avait été cédée en 1174, par un nommé Gobert, homme lige de l'évêque Manasses. Ce prélat, après avoir donné son approbation à cette cession, voulut ajouter un nouveau témoignage, de sa bienfaisance envers les frères de l'Hôpital, en leur accordant l'église de Saint-Lazare du Martrois, « ecclesiam Sancti Lazari de Martreio. »

Une seconde église leur fut concédée quelques années après, par Philippe-Auguste. Le Roi, par ses lettres datées de Sully, « apud Soliacum », l'an 1199, nous fait connaître qu'il a donné à ses chers frères de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, l'église de Saint-Sauveur à Orléans, où avait été précédemment la synagogue des Juifs. Les Hospitaliers ne devaient jouir de ce bénéfice qu'après la mort du chantre de cette église, qui en avait l'usufruit pendant sa vie, ou du jour où celui-ci voudrait bien en faire l'abandon aux frères de l'Hôpital.

Commanderie de Saint-Marc d'Orléans


Commanderie de Saint-Marc d'Orléans
Commanderie de Saint-Marc d'Orléans


Après la chute des Templiers et la réunion de leurs biens à ceux des Hospitaliers, ceux-ci transférèrent en 1313 le siège de leur commanderie dans la maison de Saint-Marc. Mais les guerres du XVe siècle, qui avaient été si désastreuses pour le pays, n'avaient pas épargné l'ancienne maison du Temple. Elle avait été presque entièrement détruite; il n'en restait plus qu'un petit logement de vigneron. L'église avait aussi été démolie.

Frère Nicole Lesbahy, prieur de Saint-Jean-en-l'Ile-lez-Corbeil, et aussi commandeur de Saint-Marc d'Orléans, répara en partie ce désastre. Il fit reconstruire l'église, mais il ne rétablit pas la maison du commandeur qui, depuis plusieurs années, était revenu habiter l'ancienne maison de l'Hôpital à Orléans.

Le commandeur avait la haute, moyenne et basse justice dans tout le domaine de la commanderie, « et en son hostel à Orléans, se tient tous les samedis, les plaitz et ressortissent à icelle jurisdicion les habitans de La GabellièreDomus Hospitalis Gabellière
Domus Hospitalis Gabellière
(commune de La Chapelle-Saint-Mesmin) de PaillyDomus Hospitalis Pailly
Domus Hospitalis Pailly
, l'ospital de Cruagy (Peut-être Choigy), et ceux des Parteaux, qui sont de la paroisse de Saint-Marc. (Visite de 1495) »

Le domaine de la Commanderie comprenait à Orléans, deux maisons touchant à celle de l'Hôpital; une troisième, rue du Batoir-Vert ; une quatrième, rue de Bourgogne, appelée maison des Carneaux ; une cinquième, derrière l'Hôtel-de-Ville, nommée la Pucelle ; une sixième, rue du Boeuf, et une septième, rue de Bourgogne, qu'on appelait la maison du Mortier-d'Argent.

Il comptait une vingtaine d'arpents de vigne à Saint-Marc, au clos de La Borde, au clos du Bignon, au clos Saint-Euverte, au clos Gontier, etc., et des terres ou des prairies à Saint-Marceau, à Saint-Martin-sur-Loire, à Olivet et autres lieux circonvoisins.

Le revenu de ce domaine, avec les cures et les droits seigneuriaux que le commandeur percevait chaque année, s'élevait, en 1757, à 1.700 livres; en 1783, à 3.000 livres.

Les membres de la commanderie de Saint-Marc se distinguaient plutôt par leur nombre que par leur importance. Aux XIVe et XVe siècles, on supprima dans l'Orléanais et dans le Blesois, une foule de petites commanderies qui avaient été ruinées par les guerres: c'étaient le Temple de Bou, l'Hôpital de Saran, le Temple de Bucy-le-Roi ou d'Artenay, le Temple d'Acquebouille, l'Hôpital de Bonneville, le Temple de Beaugency, l'Hôpital de Rougeou, le Temple de Saugirard, le Temple de Millancey ou de Villeloup, l'Hôpital de Villeneuve-sur-Beuvron, l'Hôpital de Viverot et le Temple de Chambeugle.

Toutes ces maisons furent réunies à la commanderie de Saint-Marc, dont elles devinrent des membres qui, joints à ceux que la commanderie possédait déjà, en portèrent le nombre à une trentaine.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Commandeurs Templiers de Saint-Marc-Orléans
1171. Frère Simon Lecoq.
1207. Frère Gervais du Plessis.
1226. Frère Godefroy.
1259. Frère Hilaire.
1282. Frère du Hainne.

Commandeurs Hospitaliers de Saint-Marc-Orléans
1316. Frère Etienne de Guigny.
1328. Frère Guillaume Gardon.
1355. Frère Jehan de Duyson.
1365. Frère Guillaume Potart.
1374. Frère Pierre du Poule.
1415. Frère Hue Labbe.
1425. Frère Jehan du Boys.
1441. Frère Jehan d'Allery, alias Dalzy.
1471. Frère Nicole Lesbahy, prieur de Saint-Jean-en-l'lsle-lez-Corbeil, commandeur de l'Hôpital à Paris.
1481. Frère André Leroy.
1507. Le chevalier Cornil de Hambourg.
1523. Le chevalier Antoine d'Avroult.
1535. Le chevalier Charles de Hangest.
1544. Le chevalier Antoine de Chalmaison.
1555. Le chevalier Claude de Homblières.
1560. Le chevalier Sébastien d'Arzillières.
1561. Le chevalier Christophe le Boulleur de Montgaudry.
1567. Le chevalier Guillaume de la Fontaine.
1570. Le chevalier Louis de Belloy.
1578. Le chevalier Aldéric de la Rouere.
1591. Le chevalier Jacques de la Vannoye, dit de Ruilly.
1595. Le chevalier Gilles de Vieuxpont.
1618. Le chevalier Philippe de Gouy-Campremy.
1621. Le chevalier Maximilien de Dampont.
1637. Le chevalier Jacques de Chenu du Bellay.
1658. Le chevalier François de Joigny de Bellebrune.
1671. Le chevalier Jean-François de Damas-Dambry.
1687. Le chevalier Jacob de Fronville Descrinville.
1697. Le chevalier Louis le Tonnelier de Breteuil.
1702. Le chevalier Eustache de Vauquelin des Chênes.
1710. Le chevalier Guillaume-François Bernard d'Avernes du Bocage.
1716. Le chevalier Georges d'Havray de Saint-Poix.
1721. Le chevalier Charles-Antoine Poussemotte de Thiersanville.
1730. Le chevalier Henri-Louis Beaupoil de Saint-Aulaire-Lanmary.
1740. Le chevalier François-Henri Duprat de Barbançon.
1748. Le chevalier Hervé Lefebvre du Quesnoy.
1753. Le chevalier Jean du Merle de Blancbuisson.
1765. Le chevalier François de La Rue.
1789. Le chevalier Guillaume René de Montcanisy.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Saint-Martin-de-la-Salle   (11)
Chapelle Saint-Martin-de-la-Salle
Département: Aude, Arrondissement: Carcassonne, Canton: Fanjeaux, commune: Villasavary, hameau: Besplas — 11


Chapelle Saint-Martin-de-la-Salle
Chapelle Saint-Martin-de-la-Salle


De nombreuses donations faites à l'Hôpital de Puysubran (Pexiora), vers le milieu du XIIe siècle, l'avaient rendu possesseur d'une grande partie du territoire de Saint-Martin de la Salle.

En 1311, nous trouvons un accord conclu entre Arnaud de Vilar, seigneur de la Salle, en Lauragais, et Bernard de Saint-Maurice, Commandeur de Castelsarrasin et lieutenant du Grand-Maître Foulques de Villaret, par lequel le premier cède à l'Hôpital tous ses droits sur le lieu de Brau et reçoit en échange tout ce que la maison de PuysubranDomus Hospitalis Puysubran
Domus Hospitalis Puysubran
(Pexiora) possédait au lieu de la Salle.

La Salle, localité disparue au terroir de Besplas, commune de Villasavary.
— Forum de la Sala, 1100 environ (Du Bourg, pièces justificatives, XXXVIII, n° 2)
— Terminium de Sala, 1167 (Archives de la Haute-Garonne, Malte fonds de Besplas, I, 18)
— In loco qui vocatur a la Sala, 1234 (Archives de la Haute-Garonne, Malte fonds de Besplas, I, 40)
Sources: Dictionnaire Topographique du département de l'Aude, rédigé par L'Abbé Sabarthès. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXII.

Saint-Martin-de-La-Salle,sur la commune de Villasavary, territoir de Besplas.
— Ecclesim Sancti Martini de la Sala, 1123 (Archives de la Haute-Garonne, fonds de Malte, commanderie de Puissubran, I, 5)
— Sanctus Martinus de Aule, 1242 (Ibidem, fonds de Malte, Hôpital de Besplas, I, 45)
— Sanctus Martinus de Aula de Bellisplanis, 1300 (Ibidem, I, 62)
— Decimarium Beati Martini de Aula, 1309 (Archives de l'Aude, H 327)
— Sanctus Martinus de Sala, 1315 (Ibidem, H 358)
— Decimarium Sancti Martini de Saxala = La Sala, 1339 (Guiraud, Cartulaire de Prouille, I 327)
— Ancienne église des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
— Dans la première moitié du XVIIe siècle elle devint, après la ruine de l'église Notre-Dame, l'église paroissiale de Besplas; elle subsite encore avec le cimetière, et l'on voit au sommet de l'édifice une croix aux armes des Chevaliers de Malte.
Sources: Dictionnaire Topographique du département de l'Aude, rédigé par L'Abbé Sabarthès. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXII.

Domus Hospitalis de Brau
Département: Aude, Arrondissement: Limoux, Canton: Limoux, commune: Magrie — 11


Domus Hospitalis de Brau
Domus Hospitalis de Brau


Lors du passage de l'armée protestante, en 1570, l'église de Brau fut livrée aux flammes; un peu plus tard, les habitants ayant voulu forcer devant le Parlement le commandeur à la leur rebâtir, ce dernier refusa en prétendant que, l'église démolie n'ayant jamais été paroissiale, rien ne l'obligeait à cette dépense; la Cour de Toulouse renvoya cette affaire à la décision de l'archevêque. Après nous avoir indiqué la donation d'une portion du territoire de Besplas, dans la première partie du XIIe siècle, les archives de ce membre nous montrent le commandeur de Puysuiran l'inféodant en 1170 aux habitants de cette localité, pour qu'ils y plantent des vignes, à la condition de lui payer le quart de la récolte.

Dans la suite, nous nous contenterons de noter les débats survenus entre le commandeur et les manants de Besplas « Besplas, près de Villasavary » pour la reconstruction de leur église également ruinée par les Huguenots, et la transaction par laquelle le chevalier accorda à ses vassaux pour cela une somme de 150 livres (1598).
Sources: A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse — Toulouse — 1883.

Brau, bergerie, commune de Magrie.
— Capellanus de Brau, 1156 (Archives de la Haute-Garonne, fonds de Malte, Magrie, I, 15)
— Brau, peut-être Brau sur la commune de Magrie carte de Cassini ou alors Le Baus commune de Magrie dictionnaire Topographique de l'Aude.
Sources: Dictionnaire Topographique du département de l'Aude, rédigé par L'Abbé Sabarthès. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXII.

La chapelle Saint Martin de la Salle dans le Hameau de Besplas, dans l'Aude Villasavary
Présentation:
Cette chapelle, construite sur les hauteurs, présente au XIIe siècle, a été partiellement détruite pendant les guerres de religion, vers 1588, elle fut restaurée au cours du XVIIe siècle, et accueillit les fidèles jusqu'après la Révolution, en 1793, puis le culte y fut interdit. En 1802, pendant le Concordat, les paroisses de Besplas et de Villasavary furent réunies, restaurées, puis rendue au culte en 1847.

L'église est aujourd'hui, désaffectée, c'est une église à nef unique, avec un chevet semi circulaire, couverte d'une voûte en berceau plein cintre, le choeur et la nef, sont séparés par un arc triomphal à simple doubleau soutenu par des piliers de forme rectangulaire.

Courant XVIIIe, la choeur a été décoré de marbres polychromes, l'église compte également des statues du XVIIe, et un retable en marbre de Caunes, datant du XVIIIe.

Cet édifice a été le lieu d'évènements marquants dans l'histoire de la région, notamment la croisade de Dimon de Montfort, les chevauchées du Prince Noir et les guerres de religion.

L'église est inscrite aux monuments historiques protégés, pour la chapelle, et le terrain d'assiette, ainsi que pour le mobilier, le retable, l'autel, la grille de communion, la fresque, la statue de marbre de saint Martin et de Saint Raymond.
Sources: BNF

La Chapelle Saint Martin de la Salle ou Chapelle de Besplas
La chapelle de Besplas ou Saint Martin de la Salle a été établie dans les dépendances d'un domaine agricole ayant succédé à une villa gallo-romaine. La « Salle » désigne une résidence aristocratique. Les recherches récentes laissent penser qu'il s'agit du lieu d'origine des seigneurs de Laurac. Vers l'an mil ces derniers établirent leur château sur les reliefs de la Piège. Ils contrôlent néanmoins la route de l'Estrade (actuellement chemin départemental de Laurabuc à Picard qui devient ensuite voirie communale de Villasavary) et le marché de la Salle, le plus ancien cité en Lauragais. A ces abords se trouvent les propriétés foncières (condamines).

Chapelle de Besplas
A partir de 1100, la famille de Laurac et de nombreux seigneurs fondent et dotent la Commanderie Hospitalière de Pexiora. La chapelle Saint Martin de la Salle et de nombreux droits seigneuriaux alimentent alors le patrimoine de l'hôpital. Les riches archives de cette institution sont la principale source de renseignement pour l'histoire du Laurgais au XIIe siècle. C'est à cette période qu'est construite l'église romane encore visible à la Salle. Le site perd de son importance par la suite. Rattaché à Besplas, il conserve une fonction paroissiale pendant tout l'Ancien Régime. La chapelle possède encore de nos jours une charge symbolique forte pour de nombreuses familles de la région. Le lien important qui la lie à l'origine de la Seigneurie de Laurac en fait donc un site essentiel de l'Histoire du Lauragais.


Chapelle Saint-Martin-de-la-Salle
Chapelle Saint-Martin-de-la-Salle


L'ensemble du site a récemment (18 juin 1999) été inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Le projet de réhabilitation en cours pris en charge par la commune de Villasavary permettra d'en faire un lieu de mémoire essentiel du Lauragais. Il constitue l'un des sites pôles de développement touristique de la commune axé sur le patrimoine historique. L'engagement « fort » de la commune permettra également de mieux assurer sa conservation et sa protection, une partie des éléments du site de la chapelle de Besplas ayant eu à souffrir des vols ou actes de vandalisme durant ces 10 dernières années.
Sources: Mairie de Villasavary
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Saint-Martin-du-Mont   (01)
Domus Hospitalis Saint-Martin-du-Mont
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Pont-d'Ain — 01


Domus Hospitalis Saint-Martin-du-Mont
Domus Hospitalis Saint-Martin-du-Mont


— Ecclesia sancti Martini de Montibus; S. Martini de Monte.
— Paroisse sous le vocable de saint Laurent.
— Parrochia Sancti Martini de Monte (Guigue, documents des Dombes, page 163)
— En la parroche de Saint Martin du Mont, 1350 environ (Archives du Rhône, titres de la commanderie de La Feuillées)
— Les hospitaliers des Feuillets possédaient quelques fonds à Saint-Martin, qu'ils avaient acquis de Guillaume et de Berlion de Chambost, de Guillaume de Noyère et de la dame de Sure. Ces biens leur furent confirmés, en septembre 1267, par Albert de la Tour, sire de Coligny.
— Saint-Martin-du-Mont dépen-dait de la baronnie de Pommier.
Archives du Rhône, arm. Cham, vol. 25, nº 1
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Saint-Maurice-en-Gourgois   (42)
Domus Hospitalis Gland
Département: Loire, Arrondissement: Montbrison, Canton: Saint-Bonnet-le-Château — 42


Domus Hospitalis Saint-Maurice-en-Gourgois
Domus Hospitalis Saint-Maurice-en-Gourgois


L'Ordre du Temple possède une maison à Gland ou Yan sur la paroisse de Saint-Maurice-en-Gourgois qui daterait de 1239, suite à une donation de Robert de Saint-Bonnet.
Après 1312 elle devient propriété de l'Ordre de Saint-Jean qui la rattache à sa commanderie de Château-le-Bois sur la même paroisse.
Au XVIIe siècle elle relève des Hospitaliers de Saint-Maurice.
A la Révolution elle est vendue comme bien national.
Ses pierres ont été réemployées en 1899 pour de nouvelles constructions.
— Il y a un lieu l'Hôpital près de Cornillon.


L'Hôpital de Cornillon
Maison du Temple de Saint-Maurice-en-Gourgois


Sources: Musée du diocèse de Lyon

Gland, village commune de Saint-Maurice-en-Gourgois.
— Margarita de Laont, 1279 (Chartier du Forez, n° 211, p. 1).
— Locus de Lhaont, 1371 (B 1863, f° 112 v°).
— Domus Templi de Lhiont, 1419 (B 2061, f° 188).
— Petrus Lhiantini... Versus Lhiont, 1420 (ibidem, folio 170 1° et v°).
— Petrus Lhiontini, 1421 (ibidem, f° 178 v°).
— Iter tendens de Gorgoys a Liont, 1421 (ibidem, f° 182).
— Apud Lhont, 1445 (terrier Costandi, f° 21).
— Locus de l'Hont, 1445 (ibidem, f° 21 et ss.).
— Maisons situées a Biesses (commune de Chambles), jouxte le chemin tendant de Chamble a Lyon, 1535 (B 2217, f° 188 v°).
— Le chemyn allant de Saint Pol [en Cornillon] a Lyont, 1535 (terrier de Firroiny, f° 348).
— Lyont, 1535 (ibidem, f° 348, 349, 365...).
— Lyand, 1616 (Inventaire, sommaire, E supplément, P. 359)
— La commanderie de Liands, 1659 (ibidem, p. 360).
— Le chemin tendant de Gourgois a Lians, 1682 (B 2227, f° 183 v°).
— Le village de Lyans, 1682 (ibidem, f° 405 v°).
— Liandz, XVIIe siècle (terrier Costandi, table, p. 26).
— Le lieu de Gland, 1756 (Inventaire, sommaire, E supplément, p. 364).
— Lyand, XVIIIe siècle (Cassini).
Gland, ou mieux Yan, était une maison de l'ordre des Templiers qui lors de leur suppression (1311-1313) fut attribuée aux Hospitaliers de Malte et annexée à la commanderie voisine de Château-le-BoisChâteau-le-Bois
Château-le-Bois
.
En 1674, André Chambaran prêta hommage pour la rente noble de Gland. Au début de la période révolutionnaire, Gland fut uni à Gourgois pour former une commune qui n'eut qu'une durée éphémère, et se fondit dans celle de Saint-Maurice-en-Gourgois.
Sources: Dictionnaire topographique de la Loire. Réimpression de l'édition J.-E. Dufour, par l'institut des Etudes Régionales et des Patrimoines et la Société Historique et Archéologique du Forez. — Publications de l'Université de Saint-Etienne. 2006.
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Saint-Michel-de-Rivière   (33)
Domus Hospitalis Larivau
Département: Gironde, Arrondissement et Cantons: Libourne, Commune: Saint-Michel-de-Fronsac - 33


Domus Hospitalis Larivau
Domus Hospitalis Larivau


L'église de Larivau, qui formait jadis une dépendance de MarcenaisDomus Hospitalis Marcenais
Domus Hospitalis Marcenais
, sous le nom de Saint-Michel-de-Rivière, n'était dans les derniers temps qu'une simple chapelle desservie par le curé de Saint-Michel.
Enfin, sur le territoire désigné sous le nom de Chalauze, on voyait les ruines d'un ancien édifice: c'était jadis l'église paroissiale de cette localité ; l'enceinte des murs en démontre encore l'importance. Elle fut dévastée pendant les guerres de Religion et le procès-verbal de la visite de la commanderie, en 1752, nous apprend que l'on n'avait conservé que la chapelle de Saint-Jean, à cause de la dévotion des habitants de la contrée pour ce sanctuaire.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse: 1883
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Saint-Nexans   (24)
Domus Hospitalis Saint-Nexans-Cours
Département: Dordogne, Arrondissement et Canton: Bergerac — 24


Domus Hospitalis Saint-Nexans
Domus Hospitalis Saint-Nexans


Dans les environs de Bergerac, les Hospitaliers possédaient un établissement dont l'origine nous est inconnue. A la fin du XIIIe siècle, nous voyons le « noble baron Messire En Bernât de Montleyder seigneur de Montclar », reconnaître en faveur de « l'honorable et savant seigneur Pierre de Balbeyo », précepteur de l'hôpital de Saint-Nexans, une dette de 50 livres de la monnaie courante et lui donner, pour se libérer, certaines rentes qu'il possédait dans le territoire de l'hôpital; cet acte fut passé le 4 avril 1296, en présence d'Hélie Bertrand, d'Hélie de Campsegret, d'Aymeric de Balbeyo et d'Hélie de Labarthe, damoiseaux.

La ville et le territoire de Saint-Nexans appartenaient entièrement à l'Ordre, ainsi que la haute juridiction de cette localité. Cette maison, dont la prospérité croissait tous les jours, dont les dépendances:
NaussanèsDomus Hospitalis Saint-Nexans, Naussanès
Domus Hospitalis Naussanès
, (Commune: Beaumont-du-Périgord).
CoursDomus Hospitalis Saint-Nexans, Cours
Domus Hospitalis Cours
, (Commune: Saint-Georges-de-Montclard).
Saint-AubinDomus Hospitalis Saint-Aubin
Domus Hospitalis Saint-Aubin
(Commune Saint-Aubin-de-Lanquais).
LembrasDomus Hospitalis Saint-Nexans, Lembras
Domus Hospitalis Lembras
.
Etaient répandues dans toute la contrée voisine, avait à certains points de vue une position désavantageuse, provenant de son voisinage avec une ville considérable dont les seigneurs allaient lui créer de sérieuses difficultés. C'étaient les sires de Bergerac, dont les ancêtres avaient dû, selon toute probabilité, fonder l'hôpital de Saint-Nexans, et qui ne voyaient pas alors sans dépit ce riche et populeux territoire enlevé, ainsi à leur juridiction par la piété de leurs aïeux. Prévoyant les dangers de cette situation, les Hospitaliers avaient demandé et obtenu pour leur établissement de Saint-Nexans la sauvegarde royale. Mais cette précaution ne fut pas suffisante pour détourner l'orage qui se préparait, En 1316, nous voyons le précepteur de Saint-Nexans et le procureur du Roi venir porter à la cour du sénéchal du Périgord leurs plaintes sur la tentative criminelle exécutée contre l'hôpital par Pierre Bermond, bailli de Bergerac. Voici la traduction du récit fait par les plaignants.

« ... Le bailli et les sergents du seigneur de Bergerac, illicitement armés de lances, de traits, d'arbalètes et d'arcs, couverts de leurs casques, gorgerins, côtes de maille, cuirasses, jambards, etc., et accompagnés d'un grand nombre de complices, sont venus en ennemis, enfreignant les édits de paix, au lieu de Saint-Nexans, le samedi après les dernières fêtes de Noël, enfoncèrent les portes de la Commanderie et les détruisirent. Méprisant les protestations des hommes du Précepteur, ainsi que la sauvegarde royale, ils firent une violente irruption dans la maison, brisèrent les portes du cloître et celles de la prison, en enlevèrent un détenu qu'ils emmenèrent enchaîné au préjudice du Précepteur... »

Le sénéchal condamna les coupables à payer solidairement 50 livres tournois au Trésor royal et 50 autres livres au Précepteur. Il confirma en même temps la sauvegarde et ordonna que, pour enlever à l'avenir tout prétexte d'ignorance, on dresserait le panonceaux royaux sur la Commanderie, ainsi que sur l'église (le mercredi après la Saint-Valentin 1316 16 février 1317).

Outre la ville de Bergerac, le Commandeur de Saint-Nexans avait dans son voisinage la célèbre abbaye de Cadouin; et, pendant que les seigneurs de la première ville disputaient aux Hospitaliers leur juridiction temporelle, ces derniers étaient obligés de défendre contre les moines les droits spirituels qui leur appartenaient dans la paroisse de Naussanès. Après un long procès, le Commandeur Arnaud de Bordes et l'abbé Jean de Bocher signèrent une transaction, par laquelle les chevaliers de Saint-Jean devaient continuer à jouir en seuls de la dîme contestée, en s'obligeant à payer annuellement à l'abbaye une pipe de froment, mesure de Montignac (30 mai 1444).

Ce ne fut pas du reste la seule difficulté que ces dîmes de Naussanès suscitèrent aux Commandeurs de Condat, à qui l'administration de Saint-Nexans et de ses dépendances avait été confiée vers l'année 1480; elles leur furent disputées environ à cette époque par les chanoines de l'église collégiale de Saint-Avit. Ayant appris que le Commandeur Jean de Lioncel venait sur l'ordre du Grand-Maître de partir pour Rhodes, et qu'il était mort en route, Gudifer Bonneyton, syndic du chapitre de Saint-Avit, crut l'occasion favorable pour trancher la question à son avantage. « Il fist grant assemblée de lacais, bandoliers, jusques au nombre de vingt ou trente, armés et embastonnés de plusieurs armes invasibles, avec lesquels il se transporta sur les terres de Naussanès et prinst par violence jusques au nombre de deux cens gerbes. »
Le lieutenant du sénéchal, saisi de l'affaire, ordonna au syndic de restituer les gerbes enlevées et lui défendit de troubler désormais le Commandeur dans ses droits (18 juin 1499).

Les siècles et les désastres des guerres dont ce pays avait été le théâtre firent disparaître de bonne heure la vieille demeure des Commandeurs de Saint-Nexans. Au XVIIIe siècle, elle était remplacée par un élégant château moderne, « recouvert de tuiles à crochet, » dont les procès-verbaux de visites nous donnent avec complaisance la description.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse: 1883

Hôpita de Saint-Nexans-Cours
— Saint-Nexent, commune de Bergerac
— S. Naxentius, 1295 (Testament d'Archambaud III)
— S. Nassentius, 1385 (Lespinasse)
— S. Neyssen, XVe siè cle (Hôtel de ville de Bergerac)
— S. Nexen, XVIe siè cle (Pau, Châtellenie de Périgueux)
— S. Nayssans, 1560 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem)
— Saint-Naissant (Atlas du Périgord, par Belleyme)
— Saint-Nexans (Cal. adm)
— Patron Saint-Jean Baptiste.
— Commanderie de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, ayant justice sur la paroisse.
— Saint-Naixent était ville close au XVe siè cle: Balatum et muralhia ejusd. loci, 1490 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem)
— La grande forêt de Saint-Naixent contenait 28 hectares et la petite 10 hectares, 1750 (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem)
Sources: M. Le Vicomte de Gourgues — Dictionnaire Topographique du Département de la Dordogne — Paris Imprimerie Nationale — M DCCC LXXIII.

Naussanès, commune de Beaumont.
— Naussances, 1286 (Coutumes de Beaumont)
— Naussanas, 1289 (Rôles Gascons)
— Nauxances, 1773 (Notes de Lenquais)
— Membre dépendant de la commanderie de Saint-Jean Jérusalem de Saint-Nexent.
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Dordogne. Par M. Le Vicomte de Gourgues. Paris Imprimerie Nationale, M. DCCC. LXXIII


Saint-Aubin-de-Lenquais, commune du canton d'Issigeac.
— Sanctus Albinus de Montibus, 1365 (Abbé de Lespine, 88, Châtellenie de Bergerac)
— Saint-Albi, 1520 (Titres de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem)
— Saint-Chalbi (Atlas de Blaeu)
— Saint-Aubin-de-Lanquais, XVIIe siècle (Terrier de Lenquais)
— Saint-Aubin-d'Issigeac (Calendrier administratif de la Dordogne)
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Dordogne. Par M. Le Vicomte de Gourgues. Paris Imprimerie Nationale, M. DCCC. LXXIII

Lembras, commune du canton de Bergerac.
— Lembras (Pouillé du XIIIe siècle)
— Grangia de Lembraco, 1373 (Abbé de Lespine et titres de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem)
— Lembras, membre dépendant de Saint-Jean Jérusalem de Saint-Nexent.
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Dordogne. Par M. Le Vicomte de Gourgues. Paris Imprimerie Nationale, M. DCCC. LXXIII

Cours, hameau, commune de Saint-Georges-de-Montclar (Annonces Judiciaires)
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Dordogne. Par M. Le Vicomte de Gourgues. Paris Imprimerie Nationale, M. DCCC. LXXIII
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Saint-Ouen-en-Belin   (72)
Domus Hospitalis aumônerie de Saint-Ouen-en-Belin
Département: Sarthe, Arrondissement: Le Mans, Canton: Ecommoy — 72


Domus Hospitalis Saint-Ouen-en-Belin
Domus Hospitalis Saint-Ouen-en-Belin


En 1617, frère Sidérac de Baillon, commandeur du GuéliantDomus Hospitalis Guéliant
Domus Hospitalis Guéliant
et de l'Epine-en-Belin (1), et François II d'Averton, présentèrent de concert une requête à l'Evêque du Mans et au pape, par laquelle ils sollicitaient l'autorisation d'échanger entre eux les terres de l'Hospital et de l'Epine, dépendant de l'Ordre de Malte, pour une terre de la même valeur voisine du Guéliant. François d'Averton demandait en outre que l'église de Saint-Ouen fût bâtie près de son château de Belin, s'obligeant à en faire les frais. Le pape donna son consentement mais le chapitre de Saint-Julien et les habitants de Saint-Ouen firent échouer ce projet.
1. L'hôpital, aumônerie et commanderie de l'Epine (en Saint-Ouen-en-Belin), avec chapelle, était un membre de la commanderie du Guéliant (en Moitron), appartenant aux Templiers.
Après la suppression de cet ordre (1315), ce domame passa aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. devenus plus tard chevaliers de Rhodes, et en dernier lieu de Malte.
Le commandeur de l'Epine relevait de la châtellenie de la Faigne, à foi et hommage, et 12 deniers de service, pour la dîme qu'il prenait à Verneille-Chétif dans l'étendue du fief de Crannes, et était tenu de faire dire et célébrer une messe avec absoute le 1er lundi de carême de chaque année. ?


Commandeurs de l'Epine
1566, Guillaume de Saint-Mars.
1528, Gaucher Coaigne.
1568, Roland de Guilmer.
1617, Sidérac de Baillon.
1640, Gaucher de Couaiesme.
1636, François de Neufehaises; etc.
Tous commandeurs de l'Epine-en-Belin, du Guéliant et de Grateil. En 1665, la commanderie de l'Epine était louée 122 livres tournois. Vers 1780, ses revenus étaient de 400 livres. En 1793, les métairies de l'Hôpitau et de l'Epine furent vendues, comme biens nationaux, a la citoyenne veuve Nouet la Boissière, du Mans, la première pour 32.100 livres, et l'autre pour 18 500 livres ; 20 arpents de bois, à l'Epine, furent adjugés à Pierre Leblanc et à Michel Touchard, de Cerans, pour 9.400 livres.
Sources: Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, série II, tome XXIV, page 115, Le Mans, 1889-1890
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Saint-Quirc   (09)
Domus Hospitalis Saint-Quirc
Département: Ariège, Arrondissement: Pamiers, Canton: Saverdun — 09


Domus Hospitalis Saint-Quirc
Domus Hospitalis Saint-Quirc


Saint-Quirc
— Sanctus Quiritius
— Commanderie dépendant de Boulbonne, unie à celle de Caignac (XVe siècle).

Nous ne trouvons, ni pour l'une, ni pour l'autre de ces dépendances de l'Hôpital du Thor, l'acte de donation. Peut-être la première fut-elle acquise à l'Ordre en échange de la ville de Bonnac, nous ne retrouvons plus la mention dans les archives. Toujours est-il que, sans qu'il en ait été question auparavant, nous trouvons au commencement du XIVe siècle cette place au pouvoir des commandeurs de Boulbonne. Nous voyons, en effet, le 12 du mois d'août 1308, frère G. du Gastel se présenter au nom de Pierre du Tournel, précepteur de Boulbonne, devant le tribunal des consuls de Saverdun et les sommer de forcer certains de ses vassaux, résidant dans cette dernière ville, à comparaître pour un procès devant le juge de Saint-Quirc, d'après une ordonnance faite à ce sujet par le sénéchal de Foix. Les consuls répondent à cette demande, « qu'après avoir pris conseil auprès des anciens de leur ville, et avoir compulsé les vieux actes, » ils ont découvert que Saint-Quirc faisait jadis partie de la juridiction de Saverdun, et que par suite les habitants de cette dernière place ne devaient pas être justiciables du tribunal des Hospitaliers, « qui était illégalement institué. » Le précepteur ne dût pas se tenir pour battu et s'adressa sans doute, comme il l'annonçait dans sa requête, à une autorité supérieure, car la suite des archives nous montre ses successeurs jouissant du droit de justice haute, moyenne et basse dans le lieu de Saint-Quirc, malgré les prétentions des consuls de Saverdun et leurs recherches historiques.

Domus Hospitalis Saverdun
Département: Ariège, Arrondissement: Pamiers, Canton: Saverdun — 09


Domus Hospitalis Saverdun
Localisation: Domus Hospitalis Saverdun


Les consuls ne furent pas les seuls contre qui les précepteurs de Boulbonne eurent à lutter à Saverdun. Les Hospitaliers possédaient dans cette ville qui, sous le rapport spirituel, formait un Prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Sernin, le faubourg de Lestang. Les dissensions ne tardèrent pas à se produire entre ces deux puissances ecclésiastiques, mises ainsi en présence.

Hôpital-hospice de Saverdun
— Fondé au XIIIe siècle.
— Desservi par un personnel laïque.
— Reçoit gratuitement les malades indigents de la commune, et, aux frais de leurs communes, ceux des cantons du Fossat et de Saverdun et ceux des communes de le Vernet, — Esplas, — Brie, — Justiniac, — Canté, — Labatut, — Lissac et Saint-Quirc, situées à l'ouest de la rivière de l'Ariège.
— 20 lits.
Sources: La France charitable et prévoyante: tableaux des oeuvres et institutions des départements. Paris 1896. — Bnf


Domus Hospitalis Boulbonne
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Muret, Canton: Cintegabelle — 31


Domus Hospitalis Boulbonne
Localisation: Domus Hospitalis Boulbonne


En 1244, nous assistons à des débats animés entre Bernard, abbé de Saint-Sernin, et Arnaud Rupliin, Prieur de Sainte-Marie de Saverdun, d'un côté, et de l'autre, Guillaume de Barèges, Prieur de Toulouse, et Bertrand de Fraxine, précepteur du Thor; les premiers accusaient les seconds d'avoir construit indûment une chapelle dans le dîmaire de Sainte-Marie de Saverdun, et d'avoir permis aux paroissiens du Prieur d'y assister aux offices divins célébrés par le chapelain du Thor. Pour terminer les débats, les deux parties en remirent le jugement à Arnaud de Campagnan, moine et sacristain de Saint-Antonin de Pamiers, dont nous ne connaissons pas la sentence.

Les seigneurs de Montégut étaient riches. Les libéralités, faites au siège de Couserans par les ancêtres d'Odon, témoignent de domaines nombreux. En 1211, Vital, lui-même, donnait à la commanderie de Thor-Boulbonne la forteresse de Camarade acquise par lui, en 1186, du chevalier Arnaud de Lisle (3). Ils étaient ensuite de haute lignée, peut-être, comme les barons d'Aspet, leurs voisins à Montgauch et Bader, un rameau de la famille comtale de Comminges.
Sources: Bulletin de la Société ariégeoise des sciences, lettres et arts, Volume XII, 1909-1911. Foix 1911

Toute cette contrée relevait de la suzeraineté des comtes de Foix; dans l'aveu fait en 1263 de ses possessions au roi de France, le comte Roger reconnaît « qu'il a la suzeraineté de de la maison de Bolbonne, de l'hôpital de Saint-Jehan del Thor, de la ville de Bonnac, de la citadelle de Saverdun, de la ville et de la maison de Saint-Quirc. » Le maintien de ses droits fit entrer un de ses descendants en lutte avec les Hospitaliers du Thor. Le précepteur, Jean du Plantier, avait négligé de s'acquitter de l'hommage qu'il devait à son suzerain pour la ville de Saint-Quirc. Aussitôt ce dernier donna contre le délinquant les ordres les plus sévères à Aubain de Foix « seigneur de Bamet et de Fornels, et sénéchal du comté; » celui-ci écrivit en conséquence à son lieutenant, Bertrand de Lordat, châtelain de Saverdun, pour lui enjoindre de se transporter en personne dans la ville de Saint-Quirc, de la mettre sous le séquestre comtal et d'y placer en son nom une troupe suffisante pour la garder de jour et de nuit, jusqu'à nouvel ordre.

Le frère Jean du Plantier termina l'affaire en se mettant en règle avec son suzerain et fît cesser ainsi les mesures de rigueur dont il avait été l'objet.

Réunie en même temps que la commanderie de Boulbonne à celle de Caignac, la ville de Saint-Quirc devint un des membres importants de cette riche circonscription de l'Ordre.

En 1511, nous voyons les syndics de cette ville s'adresser au sénéchal pour se plaindre de ce que le commandeur Gaston de Verdusan, « qui retirait de sa commanderie 545 escus d'or, plus 250 setiers de blé et qui ne payait plus que 100 escus de responcion au trésor de l'Ordre, » refusait de réparer l'église de Saint-Quirc, qui menaçait ruine.

Domus Hospitalis Caignac
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Toulouse, Canton: Nailloux — 31


Domus Hospitalis Caignac
Localisation: Domus Hospitalis Caignac


La résidence que les commandeurs de Caignac possédaient à Saint-Quirc, avait le plus féodal aspect. Ecoutons en effet les deux consuls de cette petite ville, venir prêter leur serment au commandeur, Arthur de Glandevèz-Pépin, en 1599: « Il (le commandeur) a un beau chasteau de briques, avec de belles escuries à la basse-cour d'icelluy; dans lequel ledict seigneur a ses prisons et carces auquel chasteau les habitants sont tenus venir faire garde en temps de guerre la nuit tant seulement... »

Le commandeur répondit à ses vassaux, en leur promettant de maintenir leurs privilèges, de les défendre, « de les tous retirer, où besoin seroit, dans ledict chasteau de Saint-Quirc, pour leur assurence, avec leurs personnes, leurs biens; et les bassaulx de icelluy chasteau garder, comme dict est. »

Les procès-verbaux des visites de la commanderie pendant le XVIIIe siècle, parlent encore du « beau chasteau de Saint-Quirc, » mais aussi des réparations que les commandeurs sont obligés d'y faire sans cesse, pour en retarder la ruine. Aujourd'hui il ne reste plus de ces fières murailles que quelques débris insignifiants.

Domus Hospitalis Salle
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Muret, Canton: Cintegabelle, commune: Caujac — 31


Domus Hospitalis Salle
Localisation: Domus Hospitalis Salle


De la maison de Saint-Quirc, dépendait encore Salle, petite paroisse située dans le voisinage, au sujet de laquelle nous trouvons une transaction conclue entre les Hospitaliers et Aymeric de Bressolles, abbé de Calers, qui avait quelques droits sur ce territoire (1309).

Les désastres de la guerre durent se faire sentir d'une manière lamentable dans cette dépendance de la commanderie; l'église dût être détruite et les habitants dispersés. C'est ce que nous pouvons conclure d'une transaction passée le 22 avril 1620 dans le château de Cintegabelle entre François de Saint-Jean, seigneur de Belbèze, « économe établi par le roy en l'abbaye de Calers » et Jacques de Chasteauneuf-Monléger, Commandeur de Caignac, au sujet de la paroisse de Saint-Barthélemy de Salles.

Le vicaire perpétuel de Saint-Quirc, sera tenu d'administrer les sacrements à tous les habitants de Salle et il recevra pour cela une pension de 4 cestiers de blé.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse: 1883

Domus Hospitalis Salles
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Muret, Canton: Cintegabelle, commune: Salles-sur-Garonne — 31


Domus Hospitalis Salles
Localisation: Domus Hospitalis Salles


Dépendait de Montsaunès
Salles — Salles-sur-Garonne — Haute-Garonne
Sources: Pierre Vidal — Hospitaliers et Templiers en France Méridionale — Le Grand Prieuré de Toulouse de l'Ordre de Malte — Association: Les Amis des Archives de la Haute-Garonne — Editions CNRS.

Donation de G. Orset, de Saint-Giron, aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, 1272.
Texte en dialecte Gascon (1)
Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem établirent, bientôt après leur fondation, des maisons de refuge auprès des principaux passages des Pyrénées. Ils étaient à Salau, probablement dès la fin du Xlle siècle, car déjà en 1203, l'acte le plus ancien, qui nous ait été conservé, mentionne une vente consentie au commandeur d'Artigue, en faveur de l'hôpital de Sainte-Marie de Salau et de tous ses habitants. (1)

Ils acquirent de même ou reçurent des possessions à Saint-Girons; lorsque les visiteurs de l'Ordre se rendaient dans la vallée du Salat, c'est le plus souvent à Saint-Girons qu'ils s'arrêtaient. La première charte qui les concerne, est un acte d'échange de quelques pièces de terre, daté du mois de mai 1268, entre le commandeur de Salau, Guillaume Raymond, et les deux frères Bernard et Raymond Garssia, habitants de Saint-Girons. (3) En 1272, Guillaume Orset dicta la donation que nous publions plus bas. Peu d'années après le vicomte de Couserans, Arnaud d'Espagne, vendit au commandeur de Salau un moulin sur le Salat, et la vente fut approuvée, le Dimanche 11 septembre 1300, par Nicolas de Luzarches, sénéchal de Toulouse.

Les Hospitaliers conservèrent leurs possessions de Saint-Girons et de Salau, qui relevaient de la commanderie de Caignac. Le 8 juin 1650, Louis de Tersac-Montberaud, commandeur de Caignac, affermait dans le château seigneurial de Palamini, à deux marchands de Saint-Girons Pierre Ausies et Jean Aycard, le moulin bladier et le moulin foulon joignant, sur le Salat, au quartier appelé le Bourg, ensemble les droits d'oblies, lods et ventes et autres droits seigneuriaux que l'Ordre prélevait aux lieux d'Audinac et de Salau, au Poussetou, juridiction de Saint-Girons, et à Encourtiech, juridiction de La Court, pour trois ans, au prix de 660 livres par an. (4)

Mais un siècle après, les revenus du moulin étaient absorbés, comme ceux de tant d'autres, par les réparations continuelles de la chaussée, d'autant que le droit de mouture n'était plus que du 32e, la moitié de ce qu'il était dans les autres moulins du pays. Le commandeur Gabriel de Thomas-Gignac, consentit, le 10 décembre 1751, un bail à fief, à titre de fief noble, du moulin farinier, du moulin foulon et de la chaussée, en faveur de Joseph Cler, marchand au Port-Garaud de Toulouse, sous l'albergue d'une croix de Malte d'or de la valeur d'au moins 200 livres, payable à chaque fête de Noël au château de Caignac, en réservant seulement la justice et l'hommage. Il abandonna même la livraison de la croix de Malte pour la premiere année, en considération des réparations à faire à la chaussée, évaluées à 7,000 livres par l'ingénieur Garipuy. Mais le fermier se trouva encore en perte; un procès s'ensuivit, et le 12 janvier 1774, un décret du Sacré conseil de l'Ordre ordonnait l'abandon du moulin de Saint-Girons pour une rente de 150 livres.

La donation de Guillaume Orset est écrite en dialecte gascon; on remarquera comme très caractéristiques, les formes soberdit, aperag, Ihun temps, vier pour venir, les terminaisons en ag (voluntag, auctontag). Cette charte offre aussi un intérêt d'un autre genre par la mention des lois romaines dont l'application se propageait à cette époque dans les transactions de la vie civile comme dans l'administration de la justice.
1. Ce document, a été copié d'après le parchemin original conservé aux Archives de la Haute-Garonne, fonds de Malte, carton de Salau.
2. Archives de la Haute-Garonne: Fonds de Malte, carton de Salau. (La chapelle de Salau; Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, tome XI, page 410.)
3. Même fonds des Archives de la Haute-Garonne, carton de Saint-Girons.
4. Moulin bladier, 430 livres; moulin foulon, 140 livres; Audinac et Salau, 45 livres; Poussetou, 27 livres; Encourtiech; 17 livres.


II. TEXTE
In nomine Domini Nostri Jesu Christi. Conoguda causa sia a totas personas presents et endevenidoras que W. Orset de Sent Girontz, jazent de malautia en l'Ospital de Sent Marti, empero ab so bo sen et ab bona memoria, no cotreit ni decebug per alqun ni per la causa mazeissa (1), mais de sa certa ciensa et agradabla voluntag, ad aisso amenag per fe et per grandevocio que avia al dit Ospital, et per salvacio de la sua anima et de tot so linhagie, dona per se et per tot so orden, per tots temps, en durabletag, ab titol de perfect et pura donacio entre vius et no revocabla, à Dieu et à l'Ospital soberdit de sent Marti et al comanador d'aquel loc et de Salau et à tots sos successos et à tot lo covent del dit loc present et endevenidor, totas las teras hermas et condreitas et tots les dreits els deves, que el avia ni aver devia en denguna maniera en tot la pertiement in el loc que es aperag Sogor; et I. quair de tera que es al terador de Shuliar; et afronta de dus estremps ab la tera lor mazeissa del dit Ospital; de la u estremps afronta ab la tera de Fauro de Betaro et ab la tera que es entre lors estremps. Els dona encara per aquera mazeissa razo tot cant avia ni aver devia en tot aquel camp de Pomer, lequal es al terador et en la pertiement de viela.

Totas aquestas causas et bes soberdits dona le dit W. Orset al dit Ospital et al soberdit comanador et à tot lo covent d'aquel loc, a francamentz et senes degun aute retenement que aqui no fe à lu ni als sos en denguna maniera, enants ne mes ades, empresent le dit Ospital en posesio de feit et de dreit ab aquesta present carta publica per tots temps valedora, lequal comanador soberdit aqui present et recebent per nom del dit Ospital et de tot lo covent present o endevenidor tots les dits bes, enasi cum son ab los entratz e los essitz et dreits et deves et pertinensas.

Et renoncia le dit W. Orset à tota eccepcio d'engan et ad aquel dreit que dits que donacios se poguen revoquar per desagradansa et ad aquel aute dreit que dits que donacios de causa feica valent mes de D. (2) sols no valen senes insinuacio o auctoritag de jugie.

Tota la soberdita donacio so feita ab espres autreg et ab voluntag de na Guillelma, sa molher, et de R.lor filh. Laquai na Guillelma certificada renoncia à tot dreit d'ipoteca et à la lei Julia que deveda alienacio de las causas dotais. Et ensemps renonciarem espresament à tots autes dreitz et leiss et costumas escriutas et no escriutas et usagies, per quais encontra poguesan vier (3) en denguna maniera, prometens fermamentz que nos farem ni faran causa lhun temps, par quai la dita donacio se posca revocar en tot ni en partida en denguna maniera.

Testimonis: en W.Pons, notari; Faures de Betaro; P.R.; W. de Talha et W. Marti, notari public de Sent Girontz, que aquesta carta recebet XIIIe die exitus mensis Marcii anno Domini Mº CCº LXX primo, regnante Filipo Francorum rege, P. (4) episcopo Conseranense; Arnaud de Ispania, domino.

Laquai carta trobada notada enta les memorials del dit notari, per soberventa de la sua mort, de manament d'auctoritag del dit senhor Arnaud de Ispanha et des cossols de la dita viela de Sent Girons, Ar. Garsia, notari public de la dita viela, la escrius (5)
1. Ni par la cause elle-même, c'est à dire sans obligation.
2. Cinq cents.
3. Vier pour venir.
4. Pierre de Saboulies, évêque de Couserans 1270-1272.
5. Cette charte doit être datée du 13 mars 1272. Au Moyen-Age, l'année commençant à Pâques, il est nécessaire, pour établir une concordance entre notre façon de dater qui fait partir l'année du premier janvier, de mettre 1272 au lieu de 1271. qui est dans le texte.

Sources: J. De Lahondès — Bulletin de la Société ariégeoise des sciences, lettres et arts numéro 1. Octobre 1882. Foix 1882. — Bnf
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Saint-Sulpice de Rivalède   (47)
Commanderies de Saint-Sulpice de Rivalède
Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Canton: Villeneuve-sur-Lot, Commune: La Sauvetat-sur-Lede — 47


Commanderies de Saint-Sulpice de Rivalède
Commanderies de Saint-Sulpice de Rivalède


Saint-Sulpice de Rivalède était une petite commanderie que l'Ordre de Saint-Jean possédait sur les bords de la rivière de la Leyde. Après avoir eu, dès le principe, une existence propre, elle fut réunie, ainsi que son annexe Saint-Jean de l'HermDomus Hospitalis Saint-Jean de l'Herm
Domus Hospitalis Saint-Jean de l'Herm
, à la commanderie de Salvagnac (Salvaignac 81) vers le milieu du XIVe siècle. Les documents peu nombreux que renferment ses archives, ne nous parlent que des discussions et quelquefois même des luttes qu'eurent à soutenir en plus d'une circonstance les chevaliers de Saint-Jean à Saint-Sulpice. Nous voyons tout d'abord Pierre de Belet, commandeur de Saint-Sulpice, en procès avec le sindic des habitants de Saint-Jean-de-l'Herm pour la fixation des droits de dîmes dus par ces derniers; discussion terminée par un arbitrage le 15 septembre 1287.

A la suite sans doute d'autres difficultés, ou bien en présence des dangers que la guerre de Gascogne faisait courir à ses domaines, le commandeur de Saint-Sulpice obtint, en 1338, du Roi Philippe VI des lettres de sauvegarde « pour ses domaines, son église et son moulin de la Leyde. » Si cette mesure put préserver la commanderie pendant quelque temps son efficacité ne fut que provisoire, comme nous allons le constater.

Temple du Breuil
Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement: Marmande, Canton: Castelmoron-sur-Lot — 47


Temple du Breuil
Temple du Breuil


La fin du XVe siècle notamment fut une époque troublée pour Saint-Sulpice de Ribalède. Il s'agissait encore cette fois des dîmes de Saint-Jean de l'Herm, qui étaient disputées au chevalier Bernard de Gros, commandeur du Temple du Breuil, par Etienne Carrière, prêtre, sindic de l'hôpital Sainte-Catherine de Villeneuve-d'Agen. L'affaire portée devant les tribunaux ecclésiastiques fut jugée en faveur de l'Hospitalier. Exaspéré de sa défaite, le sindic résolut de se charger lui-même du triomphe de sa cause, et, à la tête d'une vingtaine de complices, « armés et rembastonnés d'armes et harnois « invasibles, » se jeta sur les domaines du commandeur, ravageant les moissons, dispersant et maltraitant les témoins de ses méfaits. Le 24 février 1479, le Parlement de Toulouse rendit, à la requête du chevalier de Gros, un arrêt d'ajournement contre les coupables. Mais cette intervention de la justice ne fut pas suffisante pour clore cette période de luttes.

Ce même Commandeur s'établit le 11 septembre 1482 dans la maison qu'il possédait à Saint-Sulpice. A cette nouvelle deux de ses ennemis, Pierre Bernard et Arnaud Hébrart, anciens complices d'Etienne Carrière, dont, ils avaient sans doute partagé les précédentes entreprises, trouvèrent l'occasion favorable pour mettre à exécution un complot préparé de longue main et se défaire d'un adversaire qui leur était particulièrement antipathique. La plainte adressée au Parlement par ce dernier, nous les montre « à la tête d'une troupe de trente ou quarante hommes, gens infâmes et dissolus, entre lesquelz le bourrel, ou exécuteur criminel de justice de Villenove d'Agenois », faisant invasion dant la maison de l'Hôpital. »

« Iceulx se irruèrent contre le dict exposant et ses serviteurs et les prinrent aux cheveulx et leur tiroient et arrachoient les poils de la barde, en regnyant le nom de Dieu, et qu'ils les dampnifieroient de leurs personnes. Et ledict Arnaut Ebrart tira son peinart hors de la gaigne, en disant audict exposant: Ribaut crozat, per las plagas de Diù, aras moriras ! En lui voulant donner dudict peinart sur la teste. Et aussy ledict Pierre Bernart tira son espée, de laquelle par plusieurs fois, s'esforça tuer ledict exposant, ce qu'il eust faict, s'il ne sefust gardé. Et, en voulant mettre leurs mauvais desseins et propos à effect, prinrent à la gorge Astorg de Reysag et l'eussent estranglé, si ne fust que ledict exposant les en garda. Et non contents de ce, eschallèrent l'esglize, dans laquelle trouvèrent Bertrand de Lalane, serviteur dudict suppliant, et lui arrachèrent la plus grande partye des cheveulx de la teste, lui baillèrent plusieurs cops avec leurs bastons, tellement qu'il tomba en terre, et, lui estant en terre, aucun desdicts malfaicteurs ini donna ung estre d'un espiot parmy le genoil et lui fit une grande playc, d'où issit grant effusion de sang... Ils prindrent, ruynèrent et emportèrent les maies, espées, arbalestes, ung filest de chasse dudict exposant, estans dans ladicte esglize. »

Les coupables auteurs de cette agression se flattaient de l'impunité, en raison de leur parenté avec le lieutenant du sénéchal d'Agen; poussant même plus loin leur audace, ils avaient fait sommer par leur allié le Commandeur à venir rendre compte devant la cour du sénéchal des violences qu'il aurait commises à leur égard, et emprisonner ses serviteurs. Mais la chancellerie du Parlement de Toulouse, par ses lettres datées de Bourg-Saint-Bernard (19 octobre 1472), annula la procédure commencée et cita les agresseurs à sa barre.

Liste des Commandeurs de Saint-Sulpice de Ribalède
--------1237. Pierre de Belet.
--------1463. Durand de Rustia.
1495-1515. Robert do Durfort.
1478-1495. Bernard de Gros.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse: 1883
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Saint-Sulpice-sur-Lèze   (31)
Commanderie de Saint-Sulpice-sur-Lèze
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Muret, Canton: Carbonne — 31


Commanderie de Saint-Sulpice-sur-Lèze
Commanderie de Saint-Sulpice-sur-Lèze


Saint-Sulpice-sur-Lèze, était une dépendance de la commanderie de Renneville (Haute-Garonne). Située au milieu du plateau, dont les pentes rapides viennent former un cadre vert et pittoresque au cours de la Garonne, et que traverse, en le fertilisant, la petite rivière de la Lèze, la ville de Saint-Sulpice fait surgir coquettement d'un véritable nid de verdure son élégant clocher et les toitures noircies de ses vieilles maisons.

C'est une bastide parfaitement conservée, avec tous les caractères distinctifs de ces petites villes que le XIIIe siècle vit éclore en si grande quantité dans nos pays. Quand le visiteur se trouve sur la place centrale, à quatre faces régulières, entourée de ses arcades traditionnelles, et qu'il aperçoit à l'extrémité des rues qui viennent s'y couper à angle droit, d'un côté la nef hardie de la vieille église des Hospitaliers, de l'autre l'ouverture d'une des portes de l'ancienne enceinte, il peut se croire transporté en plein moyen-âge et son imagination repeuple sans peine la bastide de ses habitants primitifs.

Les chevaliers de l'Hôpital, qui contribuèrent à sa fondation, y ont laissé des traces nombreuses: un des côtés de la place est formé par une vénérable et vaste demeure, désignée encore de nos jours sous le nom de la Commanderie et dont ses murs noircis par le temps et son architecture nous disent l'ancienneté.

Dans le principe, l'antique abbaye bénédictine de Lézat possédait tout le pays. Ce fut un des abbés de ce monastère, Odon de Bajas, qui appela les frères de l'Hôpital, en donnant à Dieu, au Saint-Sépulcre, au prieur Gérard, l'église de Saint-Pierre de Bélac et le village de ce nom « pour en faire une Salvetat. »
« C'est sans doute le petit hameau, appelé aujourd'hui et même pendant une partie du moyen-âge, Saint-Pierrs-des-Monts et situé dans les environs de Saint-Sulpice. »

Il faut se reporter à l'époque des croisades et à l'enthousiasme qu'excitaient alors les guerres saintes, pour s'expliquer les donations faites de la sorte par des monastères au profit des ordres de l'Hôpital et du Temple.
Délivrer le tombeau du Christ et le berceau de la religion des profanations des musulmans était dans l'esprit des hommes de ce temps la manière la plus parfaite d'honorer Dieu; c'était l'oeuvre pie par excellence. Les abbés, cédant à l'entraînement général et ne pouvant prendre une part plus active aux saintes expéditions, s'en dédommageaient en enrichissant, aux dépens de leurs couvents, les milices qui s'étaient vouées à la croisade perpétuelle.

A cette donation s'associèrent avec empressement les autres seigneurs du pays, Célébrun de Pins, Calvet de Bélac, Roger et Dodon son frère, en abandonnant à l'Hôpital les fiefs et les agriers qu'ils possédaient dans ce territoire « jusqu'aux limites désignées par des croix. »
La date de cette charte n'est pas indiquée; mais elle se trouve comprise entre les années 1110 et 1114, période pendant laquelle Odon de Bajas gouverna l'abbaye de Lézat.

A partir de cette époque les archives de la Commanderie, qui font du reste complètement défaut pour toute la durée du XIIe siècle, ne parlent plus de cette possession de l'Hôpital. Il est donc permis de supposer que par suite d'un échange, conclu dans cet intervalle avec les Bénédictins, les Hospitaliers obtinrent de ceux-ci l'église et le dîmaire de Saint-Sulpice, au lieu de ceux de Saint-Pierre, que nous retrouvons plus tard parmi les dépendances de l'abbaye. Quoiqu'il en soit, l'Hôpital de Saint-Sulpice existait au commencement du XIIIe siècle: nous trouvons, en effet, une donation qui lui fut faite en l'année 1214. Mais son importance était encore très peu considérable, lorsqu'un riche seigneur des environs, Bertrand de Fraxines, donna à l'Hôpital, à Guillaume de Barèges, Prieur de Toulouse, le dîmaire de « Sainte-Marie de Azenrelède », les bois de « Salvatosa » et de « Garambot », les hommes qu'il avait à « Castaignac », etc. (16 novembre 1246).
Quelques jours après, Bertrand de Fraxines recevait des mains du prieur l'humble manteau d'Hospitalier, et il occupa dans la suite plusieurs charges importantes dans le Prieuré de Toulouse.

Grâce à ces différentes libéralités, les biens de l'Hôpital de Saint-Sulpice avaient acquis une grande importance et, cultivés convenablement, ils eussent pu rapporter des revenus considérables à l'Ordre de Saint-Jean; mais il fallait des bras pour défricher ces pays encore incultes et couverts de forêts. Or, pour avoir des bras, pour attirer autour de soi des vassaux en grand nombre, le moyen le plus sûr était d'offrir aux paysans, épars dans la campagne voisine, des demeures où, protégés par de solides fortifications contre les ennemis du dehors, ils pussent jouir en paix d'une condition sociale préférable à celle qu'ils avaient chez eux; il fallait en un mot recourir au moyen si fréquemment employé à cette époque, construire une bastide. Mais ce n'était pas petite chose que de créer ainsi une ville, que de l'entourer de murailles suffisantes pour sa sécurité; pour mener à bien une telle entreprise, qui devait, il est vrai, rapporter beaucoup plus tard, il fallait dépenser beaucoup tout d'abord. Les ressources des Hospitaliers ne leur permirent pas de la tenter. Dans cette difficulté, ils firent comme beaucoup de seigneurs de cette époque, ils s'adressèrent à plus puissant qu'eux. Le précepteur de Toulouse, frère Jacob, proposa à Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse, de lui céder pour toujours la haute juridiction de Saint-Sulpice, s'il voulait se charger de construire une bastide sur leur territoire. Cette proposition rentrait trop bien dans la politique du prince pour qu'il n'acceptât pas avec empressement. Bientôt après, au mois de mars 1257, il faisait publier, à Saint-Sulpice, la charte des privilèges octroyés aux futurs habitants, ce qui, comme on le sait, était le premier acte de la fondation d'une bastide, et accompagnait la plantation du pal et le tracé de l'enceinte.
Les archives ne nous fournissent que des extraits de ce document; ils sont suffisants pour nous permettre de constater, dans ce cas, la justesse de l'observation faite par M. Boutaric, dans sa remarquable étude sur l'administration d'Alphonse de Poitiers, que toutes les coutumes octroyées par lui lors de la fondation des bastides étaient pour une même province identiques de fond et de forme. Par suite de la cession entière, faite par les Hospitaliers, de leur haute juridiction sur ce territoire, il n'est pas question d'eux dans les coutumes de Saint-Sulpice, dont le comte pouvait à bon droit se considérer comme l'unique seigneur justicier.

Grâce aux immenses ressources de son fondateur, la nouvelle ville s'éleva en peu de temps, entourée de sa ceinture de murailles. Son étendue, sa situation dans un pays naturellement fertile, le nombre des habitants qui s'étaient empressés de répondre à l'appel du comte Alphonse, en faisaient, dès son origine une place importante et destinée à une grande prospérité. Aussi, à la vue de l'oeuvre si promptement accomplie devant eux, les Hospitaliers ne tardèrent-ils pas à éprouver des regrets pour la facilité avec laquelle ils s'étaient dépouillés entièrement de la haute juridiction de Saint-Sulpice. Ils cherchèrent à contester la validité de la transaction conclue par le précepteur de Toulouse et adressèrent leurs réclamations à ce sujet au comte dont ils cherchaient à provoquer les scrupules. Mais, malgré son zèle religieux, sa sympathique bienveillance pour l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, il refusait absolument de se rendre à leurs instances. C'est qu'en effet la possession exclusive de toutes ces bastides, semées avec profusion dans toutes les parties de son comté de Toulouse, lui tenait extrêmement à coeur, car elle lui facilitait l'assimilation pacifique des provinces méridionales à l'unité française. Aussi sa résolution dans ce cas-ci paraissait-elle inébranlable et les démarches des Hospitaliers, condamnées d'avance à un échec. Mais Alphonse venait de se mettre en route avec la comtesse Jeanne, sa femme, pour suivre son frère dans sa seconde expédition d'outremer. Nous avons vu comment arrivés à Aymargues, après avoir fait leur testament, les deux nobles époux voulurent octroyer, comme dernière marque de leur faveur, une charte de privilèges au Grand-Prieur de Saint-Gilles. Nous y voyons qu'en présence des affirmations des Hospitaliers au sujet de la bastide de Saint-Sulpice, suivant cette maxime bien digne du frère de Saint-Louis, « qu'il vaut mieux renoncer à son propre droit que de retenir ce qui est à autrui » le comte consentit à posséder par indivis avec le Grand-Prieur la seigneurie, la juridiction, les franchises et les usages de la bastide Saint-Sulpice et de son territoire, » excepté pour les droits spirituels que les frères de Saint-Jean continueraient à exercer en seuls. Il y aura le bailli du comte et celui du Prieur, qui prêteront leur serment, le premier au sénéchal de Toulouse, le second, au précepteur de Saint-Sulpice. Ces deux derniers se concerteront pour le choix des consuls, des juges, des gardes, des sergents et des autres officiers.

Après la réunion du comté de Toulouse à la couronne, Philippe III se hâta, à la requête des Hospitaliers, de confirmer par lettres patentes la libéralité de son oncle (Châtillon, mai 1277). Malgré ces actes solennels, les officiers royaux firent, de temps à autre, des tentatives pour ressaisir la part de juridiction qu'ils avaient été obligés de céder aux chevaliers de l'Hôpital et il semblerait que les habitants se prêtassent assez volontiers à leurs desseins. Nous voyons, en effet, en 1332, le juge de Rieux révoquer à la requête de Guichard de l'Ongle, précepteur de Saint-Sulpice, le serment que les consuls avaient prêté entre les mains de l'officier royal seulement et quelques années après, le précepteur Vital de Garnier, obtenir du roi Philippe V la confirmation du paréage de Saint-Sulpice contre les empiétements des officiers de la couronne (1335).

La guerre contre les Anglais, leurs invasions désastreuses dans la province avaient répandu partout la désolation et l'effroi. L'habitant des campagnes abandonnait, découragé, la culture de sa terre, qu'il avait vu dévastée si souvent et qui pouvait l'être à tout moment encore; s'éloignant de sa demeure, il se réfugiait avec tout ce dont il pouvait se faire suivre, dans quelque lieu plus sûr. Les villes se hâtaient à l'envi de réparer leurs fortifications, soit qu'elles eussent déjà été entamées par les ennemis, soit simplement pour les rendre plus propres à leur résister. C'est ainsi que Saint-Sulpice dût à cette époque, par mandement du gouverneur du Languedoc, s'occuper de compléter ses fortifications; nous trouvons une ordonnance adressée par Jean, comte d'Armagnac, lieutenant du roi en Languedoc, au juge de Rieux, pour lui enjoindre d'obliger les consuls et la ville de Saint-Sulpice à payer au précepteur les propriétés et les maisons dont il avait été exproprié pour l'achèvement des fortifications (28 novembre 1356).
Dans les premières années du XIVe siècle, la commanderie de Saint-Sulpice fut réunie à celle de Renneville, dont elle devint le membre le plus important.

La prospérité de Saint-Sulpice avait toujours été en croissant depuis sa fondation. Ses consuls étaient des personnages importants dans la contrée. Citons un extrait de la déclaration faite par ces magistrats aux commissaires du Roi...

« Le Roy et le précepteur ont droict à la création consulaire qui est faicte chaque année à la feste de Saint-Caprais, de quatre personnages de qualité requise, qui prestent le serment èz mains du lieutenant du commandeur, ayant la faculté de porter le chaperon de rouge et de noir selon la librée du Roy ... La ville de Saint-Sulpice est une ville maîtresse du diocèse de Rieux et les « consuls sont appelés à avoir séance en assiette particulière « d'icelle... » (12 février 1610).

Une sentence du sénéchal, du 11 août 1690, leur reconnaît le droit d'exercer la justice criminelle par prévention, avec les officiers du Roi et du commandeur, dans le territoire de Rieux et fait défense à ce dernier de les troubler désormais à ce sujet. Nous trouvons enfin dans le procès-verbal de la visite de Renneville, en 1723, que ses commandeurs « députent de six en six ans un des « consuls de Saint-Sulpice pour porter le cayer de la ville aux estats du Languedoc. »

Le comte Alphonse de Poitiers et les Hospitaliers n'avaient eu garde d'omettre dans leur bastide la création d'un de ces établissements charitables que réclamait impérieusement la fréquence des épidémies pendant le moyen-âge: je veux parler de la léproserie de Saint-Sulpice, dont nous pouvons constater l'existence dès l'origine de la bastide; elle figure, en effet, sur la liste des établissements pieux auxquels le comte distribuait annuellement ses riches aumônes. Dans la suite, les maladies contagieuses étant devenues plus rares, on lui avait enlevé sa destination spéciale et on l'avait transformé en simple hôpital.

En 1654, une personne charitable, G. Durand instituait pour son héritier universel la Maison-Dieu et hospital de Saint-Sulpice, et demandait que le curé, le juge et les consuls fissent choix de « deux hommes prudents et sages » pour surveiller ses biens, dont le revenu devait être intégralement employé à la nourriture des pauvres.
Nous trouvons, en 1714, le commandeur Joseph de Rolland-Reauville occupé à réglementer l'administration des biens de cet « hôpital qui, grâce à la précédente donation, se trouvait en mesure de pouvoir soulager tant les pauvres malades que les mendiants. »

Liste des Commandeurs de Saint-Sulpice de Lézat.
1260-1275. Pierre du Port.
--------1279. Raymond Prévost.
--------1303. Marques d'Escorneboeuf.
1329-1332. Guichard de l'Ongle.
--------1335. Vital de Garnier.
--------1359. Pons de Rafaud.
1387-1398. Pierre de Magnier.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
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Saint-Victor-sur-Avre   (28)
Commanderie de Saint-Victor-sur-Avre
Département: Eure, Arrondissement: évreux, Canton: Verneuil-sur-Avre, Commune: Saint-Victor-sur-Avre — 28


Commanderie de Saint-Victor-sur-Avre
Commanderie de Saint-Victor-sur-Avre


Saint-Victor était une ancienne commanderie de l'Hôpital, dont on ne retrouve plus les titres primordiaux, était située à Saint-Victor-sur-Avre, sur le chemin de Verneuil à Armentières. C'était au XVe siècle un domaine seigneurial, composé d'une ferme avec une centaine d'arpents de terre, où le Commandeur avait la haute et basse justice, cens, rentes et autres redevances seigneuriales à La BruyèreDomus Hospitalis La Bruyère
Domus Hospitalis La Bruyère
(paroisse de Rohaire), à Charançay (?), aux Gués-BéhardDomus Hospitalis Gués-Béhard
Domus Hospitalis Gués-Béhard
(paroisse de Rohaire) et à BonvilliersDomus Hospitalis Bonvilliers
Domus Hospitalis Bonvilliers
(au nord de La Chapelle-Fortin, carte de Cassini).

A la Commanderie appartenait le patronage avec la collation des cures de Saint-Victor et de Bonvilliers, dont les dîmes revenaient à l'Hôpital.

D'après le Livre-Vert, les guerres du XIVe siècle avaient tellement ruiné la petite commanderie de Saint-Victor, qu'en 1373, la maison était inhabitée et ses terres restaient en friche.

Les habitants de Saint-Victor et notamment les hommes de l'Hôpital qui demeuraient dans cette localité, jouissaient de très-grands privilèges. Ils avaient toutes franchises et exemption de tailles et contributions quelconques; ce qui leur fut reconnu et confirmé en 1424 par un mandement de Thomas de Montagu, comte de Salis-bury et du Perche, lieutenant-général en Normandie, pour Henri, roi d'Angleterre, régent et héritier de France, adressé à son lieutenant à Verneuil, et à tous les capitaines des villes et forteresses soumises à Sa Majesté d'Angleterre, duc de Normandie.

Il paraîtrait que le domaine de l'Hôpital de Saint-Victor fût en grande partie aliéné ou donné à cens en 1472 et 1477, et qu'il n'en resta que quelques pièces de terre qui étaient affermées en 1757, 798 livres, et en 1783, 750 livres.

Le Buisson-Gohier
Département: Eure-et-Loir, Arrondissement: Dreux, Canton: La Ferté-Vidame, Commune: Morvilliers — 28


Domus Hospitalis Buisson-Gohier
Domus Hospitalis Buisson-Gohier


A deux lieues de Saint-Victor, sur le territoire de Morvilliers, la commanderie possédait un petit domaine appelé le « Buisson-Gohier », consistant en une métairie et 120 arpents de terre, dont une partie en bruyères, avec un petit bois nommé le « Bois-Briquet »; le tout tenant au chemin de Nicochet à Verneuil (Lamblore) par La Couillarderie (?).
La métairie n'existait plus en 1572.
Les terres étaient affermées en 1757, 600 livres, et en 1783, 800 livres.

Anciens commandeurs de Saint-Victor et de La renardière
1355. Frère Hue de la Broce.
1373. Frère Pierre de Caux.
1389. Frère Amaury Dufour.
1409. Frère Jehan Lemaire.
1450. Frère Mahieu du Cresson.
1468. Frère Pierre Chippot.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Saint-Vincent-d'Olargues   (34)
Commanderie de Saint-Vincent-d'Olargues
Département: Hérault, Arrondissement: Béziers, Canton: Olargues — 34


Commanderie de Saint-Vincent-d'Olargues
Commanderie de Saint-Vincent-d'Olargues


— 1157. Pons d'Olargues donne à l'Hôpital l'église de Saint-Vincens.
— 1166. Donation par Amblarts Gairels du mas de CailleDomus Hospitalis mas de Caille
Domus Hospitalis mas de Caille
.
— 1228. Testament de Pons d'Olargues, qui demande à être enterré dans le cimetière de l'hôpital de Saint-Vincent et lègue le mas de SaignesHôpital de mas de Saignes
Hôpital de mas de Saignes
, destiné à fournir l'entretien à perpétuité, dans cette église, d'un prêtre pour prier et célébrer la messe à l'intention de tous les membres de sa famille.

Liste des commandeurs de Saint-Vincent-d'Olargues
1157. Pierre de Cancenoiol.
1199-1206. Arnaud du Tilleuil.
1207-1208. Raymond Guilhem.
1223 Bernard de Censenon.
1245. Borel Audigier.
1261. Guillaume de Castries.
1271. Bernard de Bacairan.
1274. Hugues de Graulhac.
1279. Déodat de Maravis.
1319. Déodat Aimerie.
1343. Austorg de Caylus.

Commandeurs de Saint-Vincent-d'Olargues et de Narbonne
1347. Jacques d'Amat.
1455. Pierre Bosquet.
1528-1530. Pierre de Gauthier.
1602. Vincent Aupery.
1616-1621. Albert Pinson.
1648. Christophe Granier.
1659. François Deydies.
1722-1628. Antoine Augarde.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
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Saint-Vincent-la-Commanderie   (26)
Saint-Vincent-la-Commanderie
Département: Drôme, Arrondissement: Valence, Canton: Bourg-de-Péage, commune: Charpey — 26


Saint-Vincent-la-Commanderie
Saint-Vincent-la-Commanderie


Saint-Vincent, village, paroisse et secteur de la commune de Charpey.
— Parrochia et domus Sancti Vincenti de Charpey, 1240 (Cartulaire de Romans, 370)
— Villa Sancti Vincentii prope Charpeyum, 1381 (Valbonnais, II, 162)
— Prioratus Sancti Vincenti prope Charpeyum, XVè siècle (Pouillé de Valence)
— Avant 1790, Saint Vincent était une paroisse du diocèse de Valence, et de la communauté de Charpey, dont l'église était celle d'une commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui fut unie à celle de Valence vers la fin du XVIe siècle, et dont le titulaire, qui avait les dîmes de cette paroisse, était en outre seigneur temporel de Saint-Vincent, fief des comtes de Valentinois, inféodé à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dès le XIIe siècle.
— La Commanderie de Saint-Vincent de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, unie à celle de Valence vers le milieu du XVIe siècle, et dont le titulaire était décimateur et seigneur temporel de Saint-Vincent.
Sources: Dictionnaire topographique du dépatement de la Drôme, par J. Brun-Durand. Paris Imprimerie Nationale M DCCC XCI
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Sainte-Anne   (87)
Commanderie de Sainte-Anne
Département: Haute-Vienne, Arrondissement: Limoges, Canton: Eymoutiers - 87


Commanderie de Sainte-Anne
Commanderie de Sainte-Anne


Sainte-Anne était le chef-lieu d'une commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, pour un chevalier de justice.
— Hardouin d'Aubusson de la Feuillade, commandeur de Sainte-Anne en 1621, fut tué au combat de Castelnaudary, le 1er octobre 1632.
— Annel-Philippe Pètremient de Valay était commandeur en 1782.

La cure, qui était dans l'ancien archiprêtré de Saint-Paul, dépendait de cet ordre et le commandeur de Sainte-Anne en nommait les curés. Vers la fin du XVIIIe siècle cette cure avait 80 communiants ; les visiteurs de l'ordre de Malte, en 1616, le mentionnent ainsi : « Un grand autel de pierre avec deux grands retables et images de cuivre tous rompus »
Ils ajoutent : « Au coin de ladite église, proche l'entrée, il y a une grande tour carrée, servant de conciergerie et prison. Proche il y a de grandes masures ; on voulait y voir une maison forte ruinée en l'an 1582. »
C'était le château-fort de Sainte-Anne, qui d'après le P. Bonaventure aurait été pris par les ligueurs en 1689.

On remarque dans l'église, qui est un monument gothique du XIIIe siècle, restaurée en 1890-1900, un très curieux groupe taillé dans un énorme bloc calcaire, représentant sainte Anne et la Sainte Vierge tenant l'Enfant-Jésus. Il a été reproduit sur une médaille de la Confrérie de Sainte-Anne, érigée dans cette paroisse et affiliée à la grande Confrérie de Sainte-Anne-d'Auray.
A l'extérieur de l'église se trouve un tombeau orné de sculptures du XIVe siècle. C'est probablement celui d'un des commandeurs de sainte Anne.
Archives départementales de la Haute-Vienne — Dictionnaire Lecler — v1 du 13/10/2014
André Leclerc. Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne. Limoges, 1902-1902.
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Sainte-Catherine   (72)
Commanderie de Sainte-Catherine
Département: Sarthe, Arrondissement: Mamers, Canton: Sillé-le-Guillaume, Commune: Rouessé-Fontaine - 72


Domus Hospitalis Sainte-Catherine

Domus Hospitalis Sainte-Catherine


Sa chapelle, la seule partie qui reste de cet établissement, a été convertie en une maitérie qui appartenait à la commanderie de Guéliant, en Moitron, à laquelle ce bénéfice avait été réuni.
Sources: Thomas Cauvin. La Topographie du diocèse du Mans, page 63 et suivantes. Le Mans 1843 - Livre numérique Google
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Sainte-Christie d'Armagnac   (32)
Commanderie de Sainte-Christie d'Armagnac
Département: Gers, Arrondissement et Canton: Auch-Nord-Ouest — 32


commanderie de Sainte-Christie
commanderie de Sainte-Christie


Les archives ne nous fournissent pas d'indication sur l'origine de Sainte-Christie, établissement possédé par l'Ordre de Saint-Jean, dans le Bas-Armagnac.
Nous savons seulement qu'au commencement du XIIIe siècle, il existait à l'état de commanderie. A peu près vers cette époque, on voit son importance s'accroître considérablement, grâce à une donation imprévue.

Le 13e jour des calendes de mars, en l'année 1223, au château d'Oloron, était entendu sur son lit d'agonie un homme qui s'était acquis un triste renom par un crime exécrable: c'était Guillaume-Raymond de Moncade, vicomte de Béarn.

Tout jeune encore, il avait inauguré son gouvernement en assassinant traîtreusement son oncle, Bernard, archevêque de Tarragone, son bienfaiteur.
Le Pape avait pris en main la cause de la victime et lancé contre le criminel les foudres de l'excommunication. Le puissant baron, malgré son dépit, avait dû se soumettre à cette autorité qui, seule, avait osé prendre la défense de la justice et contre laquelle on n'avait pas encore appris à se révolter ; il s'était vu condamner par le Souverain Pontife à une pénitence dure et humiliante, à l'expiration de laquelle il devait passer les mers, conduire à ses dépens, en Palestine, 10 chevaliers et 30 archers bien armés, pour y combattre pendant 5 ans contre les infidèles.

Guillaume-Raymond avait trouvé mille prétextes pour retarder son départ et il n'avait pas encore exécuté son voyage, lorsque, sentant la mort approcher, il se ressouvint de son crime et de la non exécution de sa pénitence. D'après les conseils de Garsias, archevêque d'Auch, de Guillaume de Biran, évêque de Tarbes et de Pierre, abbé de Cluny, il dicta son testament que nous pouvons lire dans le « Gallia Cristina » et dans « l'Histoire du Béarn par Marca », et dont une copie fut déposée dans les archives de la commanderie de Sainte-Cristie.

Domus Hospitalis Manciet
Département: Gers, Arrondissement: Condom, Canton: Grand-Bas-Armagnac - 32


Domus Hospitalis Manciet
Domus Hospitalis Manciet


Par cet acte, il donnait en indivis aux Templiers et aux Hospitaliers comme compensation de son pèlerinage, tous ses droits « sur le lieu de Manciet », où s'élevait jadis une célèbre « place forte » excepté les dîmes et les pouvoirs ecclésiastiques qu'il laissait à l'archevêque d'Auch ; pour cette charte il supprimait tout le droit de péage exigé, jadis en son nom de tout voyageur traversant le territoire de Mancied. Après avoir réglé le paiement de ses dettes, ordonné différentes restitutions et plusieurs legs pieux, le mourant confiait l'exécution de ses dernières volontés à l'archevêque d'Auch, à l'évêque de Tarbes et à ses féaux chevaliers, Garsie de Novaille, Odon d'Audongs, Wilhelm de la Gingue, Raymond-Arnaud de Coaraze.

Avant de mourir, Guillaume-Raymond de Moncade ordonna, par une missive, conservée dans les archives, à Raymond-Arnaud le de Legagnos, « son chevalier et fidèle bailli de Gavarred », de mettre les Hospitaliers et les Templiers en possession du lieu de Manciet et de son territoire. Nous trouvons encore dans cette même liasse un mandement adressé par ce même prince « à ses chevaliers et hommes de Mancied », leur prescrivant d'avoir à reconnaître pour leurs seigneurs du Temple et de l'Hôpital.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883
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Sainte-Croix (Ain)   (01)
Domus Hospitalis Cossieux
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Montluel, Commune: Sainte-Croix — 01


Domus Hospitalis Cossieux
Domus Hospitalis Cossieux


Cossieux, Canton: Montluel
— Cocie, 1219 (Cartulaire Lyonnais, tome I, nº 161)
— Coce, 1233 (Guigue, Topographie, page 107)
— Coceu, 147 (Guigue, documentations de Dombes, page 121)
— Cociou, 1324 (Archives du Rhône, titre de la commanderie de Feuillées: titres communs, chapitre II, nº 1)
— Cossieu en Bresse, près Mirebel, 1734 (Description de Bourgogne)
— Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem possédaient une maison à Cocieu, longtemps avant la suppression de l'Ordre des Templiers ; cette maison était membre de la commanderie des Feuillets ou Feuillées.
— Coceus, Hôpital, 1250 (pouillé de Lyon, folio 11 rº)
— Preceptor Foliarum et de Cociou, 1324 (Archives du Rhône: fond de Malte, titre des Feuillées)
— Le membre de Cossieux, 1783 (Les Feuillées titres communs, nº1)
— La chapelle de l'Hôpital de Cocieu était dédiée à Notre-Dame et Saint-Jean Baptiste.
Sources: Dictionnaire Topographique de l'Ain, rédigé par Edouard Philipon. Paris MDCCCCXI.

Cossieux carte de Cassini


Domus Hospitalis Cossieux
Domus Hospitalis Cossieux


Sur les cartes de Cassini, il y a un Saint-Jean, situé sous Romanèche, il se pourait bien que le Cossieux des Cartes Ign, à l'ouset de Sainte-Croix, soit Cossieux.
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Sainte-Croix (Ardennes)   (08)
Domus Hospitalis Sainte-Croix
Département: Ardennes, Arrondissement: Charleville-Mézières, Canton: Omont, commune: Baâlons — 08


Domus Hospitalis Sainte-Croix
Domus Hospitalis Sainte-Croix


Cet ancien établissement de l'Hôpital Sainte-Croix existait, au commencement du XIIIe siècle. Il se composait d'une maison avec plus de 100 arpents de terre. C'était un ancien fief amorti, où la commanderie avait la haute, moyenne et basse justice.

Un désaccord régna assez longtemps entre les frères de l'Hôpital de Sainte-Croix et Simon, seigneur de Baâlons, au sujet d'un bois et du droit d'usage que l'Hôpital prétendait y avoir. Des lettres de Aubry, archevêque de Reims, du mois d'avril 1213, mirent fin à ce débat par une transaction. Il fut convenu entre les parties, que les Hospitaliers qui demeureraient dans la maison de Sainte-Croix, auraient le droit d'usage dans le bois, pour y prendre de quoi se chauffer et faire leurs constructions;

Que les hommes de Sainte-Croix, « de Villa Sancte Crucis », jouiraient du même droit pour leur chauffage et pour faire leurs clôtures;
Que les essences de hêtre et de chêne seraient les seuls bois dont ils ne pourraient disposer;
Qu'il leur serait facultatif de faire leurs chariots, soit à Sainte-Croix, soit à Baâlons ou ailleurs.
Mais s'il était prouvé qu'un homme de Sainte-Croix ait pris plus de bois qu'il n'en fallait, pour faire un chariot par an, il paierait dans ce cas, deux sols d'amende au seigneur de Baâlons.

Tout homme de Sainte-Croix possédant un animal de trait, « trahens animal », devait payer chaque année au seigneur de Baâlons, deux setiers d'avoine et deux poules. Celui qui n'avait pas d'animal de trait, ne devait payer que la moitié de la redevance.
Chaque homme devait une corvée par an au seigneur, pour conduire son bois à Baâlons.
Enfin les frères de l'Hôpital et leurs hommes pouvaient faire paître leurs bestiaux dans toute l'étendue du territoire de Sainte-Croix, moyennant deux setiers d'avoine à donner chaque année au seigneur.

La maison de Sainte-Croix était située sur le chemin de Mezières à Attigny, et comprenait 112 arpents de terre avec l'enclos de la maison.
La commanderie avait toute justice et seigneurie à Sainte-Croix.
Le revenu de cette terre qui était affermée, en 1497, 4 livres tournois, montait en 1757, à 236 livres; et en 1783, à 400 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Sainte-Epine-lez-Tournon   (07)
Commanderie de Sainte-Epine-lez-Tournon
Département: Ardèche, Arrondissement et canton: Tournon-sur-Rhône, commune: Saint-Jean-de-Muzols — 07


Commanderie de Sainte-Epine-lez-Tournon
Commanderie de Sainte-Epine-lez-Tournont


A l'origine, cette maison de l'Hôpital, s'appelait le Pont-de-Doux, Pons Dulcis ou de Doys (1). Au milieu du XVIe siècle ce nom tomba en désuétude et fut remplacé par celui de Sainte-Epine, vocable de la chapelle de la commanderie (2).

Le 11 septembre 1298, une sentence arbitrale rendue par Joucerand d'Ay, chevalier, et Arnaud de Fay, damoiseau, entre Pons de Fay, commandeur du Pont-de-Doux, et Aymon Payan, seigneur de Mahun et de Seray, affranchit les hommes du mas de l'Hôpital domiciliés dans le mandement de Seray, de toutes corvées et manoeuvres au profit du seigneur de Seray, en maintenant toutefois l'obligation par les hommes du mandement de contribuer à la clôture du château de Seray. Le commandeur eut le droit de percevoir sur ses hommes les amendes légères (minuta banna) jusqu'à 10 sous tournois ; en d'autres termes, il exerçait la basse justice (3).

Le 11 octobre de la même année, un accord entre le même commandeur et Guy seigneur de Tournon et d'Iserand régla l'exercice de la justice sur le mas de Royol. La haute justice fut attribuée au seigneur de Tournon, mais la juridiction sur les frères et donats de l'Hôpital fut réservée, même en matière criminelle, au commandeur du Pont-de-Doux (4).

Le 26 août 1305, Guy, seigneur de Tournon, céda par voie d'échange à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem le patronage de l'Hôtel-Dieu (hospitalis pauperum) de Tournon, sous la condition que cet hôpital ne serait jamais fortifié, qu'il resterait toujours subordonné à la commanderie du Pont-de-DouxDomus Hospitalis Pont-de-Doux
Domus Hospitalis Pont-de-Doux
et que les pauvres allants et venants continueraient d'y être reçus et traités comme par le passé (5). En 1321, cet hôpital avait pour recteur frère Jean de Darnapsal (de Darna pessaa) (6).

En 1306, le même seigneur se reconnut vassal de l'ordre de Saint-Jean et rendit hommage au grand-prieur Pons de Fay de ses châteaux de Saint-Barthélemy-le-Plain, d'EmpuranyDomus Hospitalis Empurany
Domus Hospitalis Empurany
et de Saint-Victor, et du village de DeyrasDomus Hospitalis Deyras
Domus Hospitalis Deyras
près Etables (Charte 64).

Le 3 mars 1328, Guillaume, seigneur de Tournon, qui s'était endetté envers les Italiens et les Lombards, vendit à Raynaud de Fay, commandeur du Pont-de-Doux, au prix de 6 livres de gros tournois d'argent, vieux, monnaie du roi de France, à l'Orond, une rente de 8 setiers de froment et de 25 sous 3 deniers qui était assise sur des fonds voisins de la ville de Tournon. En même temps il accorda aux commandeurs du Pont-de-Doux et du MonteilDomus Hospitalis Monteil
Domus Hospitalis Monteil
(commune d'Empurany) la faculté pour eux et pour leurs gens (familia) de passer même avec des troupeaux de bétail étranger par le port de Tournon, sans avoir à acquitter aucun patronage ou autre redevance au garde du port (7).

Les seigneurs d'Etables, qui formaient une branche de la maison de Fay, avaient leur tombeau de famille dans la chapelle du Pont-de-Doux, au-devant l'autel de Notre-Dame.

Arnaud et Eustache de Fay frères, chevaliers, avaient légué des rentes, l'un de 100 sous tournois, l'autre de 30 sous tournois, pour la célébration de leur anniversaire en cette chapelle où ils furent depuis enterrés. Le 29 décembre 1329, Pons de Fay, chevalier, fils et héritier universel d'Arnaud ; et Raynaud de Fay, damoiseau, fils et héritier universel d'Eustache, convinrent, en présence de Raynaud de Fay, commandeur de DevessetDomus Hospitalis Devesset
Domus Hospitalis Devesset
, d'Annonay et du Pont-de-Doux, qu'avec ces sommes il serait institué une prébende affectée à un prêtre séculier qui célébrerait la messe chaque jour pour le repos de l'âme des défunts ; le droit de présentation devrait être exercé la première fois par Pons de Fay, la deuxième fois par Raynaud de Fay (8).

Le 1er novembre 1342, il fut procédé avec l'assentiment du commandeur Raynaud de Fay, par les susdits Pons et Raynaud de Fay, à l'assiette des rentes léguées par leurs auteurs pour cette fondation (9).

Dans son testament du 27 juillet 1387, Arnaud de Fay, dit le Borgne (Borlhe), chevalier, après avoir institué pour son héritier universel son petit-fils Arnaud, fils de feu Artaud de Fay, dit Boilhat, son fils, et appelé, à son défaut, plusieurs degrés d'héritiers substitués, légua à la commanderie du Pont-de-Doux, au cas où ces substitutions deviendraient caduques, son château d'Etables, ses biens situés à Navas, à Saint-Jeure d'Ay et dans le mandement d'IserandDomus Hospitalis Iserand
Domus Hospitalis Iserand
, son moulin sur la rivière d'Ay, le bois et le grangeage de Raynaudenc (10).

Le 2 janvier 1576, le grand-prieur Louis de Lastic afferma pour neuf ans, au prix annuel de 300 livres, à Antoine Ricol du Pont, son secrétaire, commandeur de la Borie, le membre de Sainte-Epine qui avait fait retour à la commanderie de Devesset, chambre prieurale, par le décès d'Hugues de Nagu, dit Varennes, grand-maréchal de l'ordre (11).

En 1606, le prix s'éleva à 550 livres dans le bail consenti par Just de Fay de Gerlande, commandeur de Villefranche-sur-CherDomus Hospitalis Villefranche-sur-Cher
Domus Hospitalis Villefranche-sur-Cher
, habitant à Vanosc en Velay (12).

D'après la visite de 1616, la commanderie consistait en un château situé sur le penchant d'une montagne, à deux mousquetades de Tournon ; dans l'enceinte qui formait un grand carré s'élevait la chapelle, placée sous le vocable de la Sainte-Epine.

Le domaine comprenait 2 journaux de prés, 6 cartes de champs, 20 oeuvres de vignes, des îles et une saussaie, le tout noble, franc et exempt de dîme et de taille.

Une rente de 45 setiers de seigle ou d'avoine était due par les villages de la Louvesc et de Saint-Pierre des Macchabées.

La commanderie possédait d'autres rentes sur la ville de Tournon et les villages d'Empurany, d'Etables, de Saint-Victor, Vion, etc.; mais faute du renouvellement des terriers, elle ne percevait plus que 12 setiers de froment, 44 de seigle ou d'avoine, 6 muids de vin.
La juridiction appartenait en toute justice au commandeur (13).

En 1661, le membre de Sainte-Epine fut affermé par le grand-bailli Charles de Fay de Gerlande pour quatre années au prix annuel de 800 livres (14).

Postérieurement, il fut compris dans les baux collectifs de Saint-Georges d'Annonay et de l'Hôpital du Bourg-ArgentalDomus Hospitalis Bourg-Argental
Domus Hospitalis Bourg-Argental
.

En 1726, le château et la chapelle étaient en ruines ; les paysans du voisinage venaient y piller les pierres de taille pour leurs constructions (15).

Liste des Commandeurs
1298. — Pons de Fay (16), depuis grand-prieur d'Auvergne.
1316. Avril 24. 1342. Novembre 1. — Raynaud de Fay (17), depuis grand-prieur d'Auvergne.
1347. Octobre 11, 1351. Août 2. — Robert Ogier (18).
1360 (Avant). — Artaud de Fay (19).
1367. Janvier 24. — Guillaume Bérard (20).
1376. Février 23. — Pierre Chalendar (21).
1383, novembre 4. — Benoit Truchon (22).
1395. Février 25, 1434. Mai 31. — Pierre Roche (23), de Tence.
1438. Juin 29. — Jean Roche (24).
1448. Novembre 18. — Pons Pochon (25).
1450. Mars 19 — Jacques de Milly (26), grand-prieur d'Auvergne, praeceptor Devesseti et Pontis Dulcis.
1450. Mars 19 — Pons de Saint-Jeure d'Ay (de S. Jeurio) (27), rector Pontis Dulcis.
1487. Février 5. — Antoine Franc (Franchi) (27), religieux carme de Tournon, arrendator Pontis Dulcis.
1499. Mai 9. — Geoffroy de Bénac, de Tournon, et Jean Forés (28), d'Annonay, arrendatores Pontis Dulcis.
154. Mai. — Jean Philibert (29).
1547. Juillet 8, 1573. Octobre 24. — Hugues de Nagu, dit Varennes (30), grand-maréchal de l'ordre.
1576. Janvier 2. — Antoine Ricol du Pont (31).
1579. Mai 5. — Marc de la Goutte (32), grand-bailli de Devesset.
1643. Août 29. — Barthélémy d'Albon (33), commandeur de Mâcon.
Après cette date, le titre de commandeur de Sainte-Epine n'est plus porté que par le grand-bailli de Devesset.
Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888

Notes — Sainte-Epine-lez-Tournon
1. La rivière du Doux se jette dans le Rhône au-dessus de Tournon.
2. Sainte-Epine, II, n. 13, 13 bis, 14 et 15.
3. Sainte-Epine, V, n. 1.
4. Sainte-Epine, V, n. 2.
5. Sainte-Epine, III, n. 1.
6. Sainte-Epine, IV, n. 1.
7. Sainte-Epine, II, n. 3.
8. Sainte-Epine, IV, n. 2.
9. Sainte-Epine, IV, n. 3.
10. Sainte-Epine, NI, n. 4.
11. Sainte-Epine, III, n. 5.
12. Sainte-Epine, III, n. 5.
13. H 2153, folio 1014 et suivants.
14. Sainte-Epine, III, n. 5.
15. Devesset, titres de la commanderie, visite prieurale.
16. Sainte-Epine, V, n. 1 et 2.
17. Sainte-Epine, II, n. 2; IV, n. 3.
18. Sainte-Epine, I, n. 2 et 3.
19. Sainte-Epine, I, n. 7.
20. Sainte-Epine, I, n. 3 bis.
21. Sainte-Epine, I, n. 6.
22. Sainte-Epine, I, n. 8.
23. Sainte-Epine, II, n. 7 et 9.
24. Sainte-Epine, I, n. 15.
25. Sainte-Epine, III, n. 4 bis.
26. Sainte-Epine, II, n. 24. — Pons Pochon et Pons de Saint-Jeure d'Ay ne sont probablement que le même commandeur désigné, tantôt par son nom patronyme, tantôt par le nom du lieu de son origine.
27. Sainte-Epine, II, n. 11.
28. Même côte.
29. Sainte-Epine, II, n. 15.
30. Sainte-Epine, II, n. 13 bis et 16; III, n. 3.
31. Sainte-Epine, III, n. 5.
32. Sainte-Epine, II, n. 17.
33. Sainte-Epine, II, n. 20.

Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888

Les Chemins et Routes au moyen âge
Retenons aussi une variante d'itinéraire sur la descente du coteau rhodanien vers le Doux. Il est possible que celle-ci se soit aussi effectuée en direction de Saint-Jean-de-Muzols depuis le quartier des Grands Bois. Ce chemin, bien que non mentionné dans la documentation ancienne, présente tous les caractères d'un axe ancien remanié au XVIIIe siècle pour le rendre carrossable. Nous sommes en présence sur le cadastre napoléonien d'un chemin dévalant assez directement la pente, coupée par une route en lacets postérieure s'apparentant à un tracé de roulage. En outre, ce chemin abouti à la Domus Hospitale Pontem Dulcis (Pont-Doux) qui n'est autre qu'un membre de la commanderie des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem de Devesset généralement appelé de la Sainte-Epine. De là, le chemin permet de gagner très directement Tournon en ne passant pas par le pont qui constitue un détour de 7 à 8 kilomètres, distance non négligeable lorsque l'on chemine à pieds. Ce « raccourci » n'est toutefois praticable que lorsque le niveau des eaux du Doux est bas, situation qui se présente durant le tiers ou la moitié de l'année, en été et en hiver. Pourquoi le pont n'a-t-il pas été construit au niveau de ce passage à gué ce qui aurait eu pour effet de ne pas allonger artificiellement la distance ? Le lieu de construction du pont, en retrait de la vallée du Rhône s'explique, sans doute par des raisons techniques, comme la recherche d'appuis rocheux solides. En effet, il n'y en a pas dans la plaine alluviale qui s'étend en aval du lieu choisi pour la construction.
Sources: Réseau routier et organisation de l'espace en Vivarais et sur ses marges (1250-1450). Par Brechon, Franck — 2000 — Université Lumière Lyon 2
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Sainte-Foy de Jérusalem   (47)
Domus Hospitalis Sainte-Foy de Jérusalem
Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement: Agen, Canton: Agen-Nord-Est, commune: Pont-du-Casse — 47


Domus Hospitalis Sainte-Foy de Jérusalem
Domus Hospitalis Sainte-Foy de Jérusalem


Dans les environs immédiats de la ville d'Agen, les Hospitaliers de Salvagnac possédaient le château fort de Sainte-Foy de Jérusalem. Les Anglais, à qui le roi Philippe III avait cédé la possession de l'Agenais, s'empressèrent de s'y établir sur le pied de guerre et de s'assurer de l'occupation d'un certain nombre de places et de positions stratégiques. La citadelle de Sainte-Foy leur parut importante pour la protection des approches de la ville d'Agen. Aussi, sans avoir égard aux immunités de l'Ordre et aux réclamations du commandeur de Salvagnac, une garnison anglaise vint s'y établir. Malgré toutes ces précautions, les débuts de la guerre, qui éclata bientôt après, furent favorables à nos armes et le comte de Valois lieutenant du Roi en Languedoc, s'empara en 1335 de presque tout l'Agenais: en 1327 les Anglais, aidés par une partie de la noblesse du pays, ne conservèrent avec peine que quelques places et, entre autres, celle de Sainte-Foy; ils offrirent aux Hospitaliers de la leur rendre, dans l'espoir sans doute de les attirer dans leurs intérêts. Mais, fidèle à la cause française, le commandeur de Salvagnac, Raymond Roger de Mirepoix, demanda à ce sujet les ordres de Robert Bertrand, seigneur de Briquebec, lieutenant du roi en Gascogne. Ce dernier par ses lettres datées de la Réole (8 septembre 1327) et scellées de ses armes, autorisa les chevaliers de Saint-Jean à reprendre possession de la place de Sainte-Foy, à la fortifier et à la peupler de nouveau, à la condition qu'elle resterait désormais sous l'autorité du roi de France.

La paroisse de Sainte-Foy avait été déclarée annexe de Sainte-Quitterie d'Agen, et demeura unie à ce membre dans toutes les transformations qu'il éprouva dans la suite.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883

Chapelle Sainte-Foy de Jerusalem
Il y a à Sainte-Foy, une chapelle. Elle a très probablement été construite par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Bien que je lise ici et là, le nom des Templiers, Sainte-Foy de Jérusalem appartenait bel et bien à la commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de Salvagnac. M. Dubourg, nous dit: C'est le Roi Philippe III, qui donna aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, le château de Sainte-Foy de Jérusalem, ce qui exclut les Templiers de cette possession, puisqu'à cette époque, les Hospitaliers n'avaient pas encore reçu en héritage les biens de l'Ordre du Temple.


Chapelle Sainte-Foy de Jerusalem
Chapelle Sainte-Foy de Jerusalem: Sources Pierre Fabre


Philippe III de France, dit Philippe le Hardi, né le 1er mai 1245 à Poissy, mort le 5 octobre 1285 à Perpignan, fut roi de France de 1270 à 1285, le dixième de la dynastie dite des Capétiens directs.
Analyse de Jack Bocar
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Salau-sur-Ariège   (09)
Commanderie de Salau-sur-Ariège

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Commune: Couflens — 09


Commanderie de Salau-sur-Ariège
Commanderie de Salau-sur-Ariège


Les archives nous faisant complètement défaut pour ses différentes possession de l'Ordre dans la partie montagneuse de l'Ariège, nous ne pouvons que les mentionner ici ; elles devaient constituer primitivement une petite commanderie réunie dans la suite à cause de son peu d'importance à celle de Caignac.
Notre-Dame de Sallan, qui en dépendait et qui même lui avait donné son nom, était une chapelle bâtie dans les régions les plus abruptes des Pyrénées. Allez voir la page Salau-Ariège, dans les Etudes de S. MONDON.

Liste des Commandeurs du membre de Sallan.
1324-1325. Raymond de Sacquet.
-----1388. Jean Mauria.
-----1393. Raymond de Hoamar.
-----1421. Adhémar du Mas.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883
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Salesses   (23)
Commanderie de Salesses
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Crocq, commune: Saint-Agnant-près-Crocq — 23


Commanderie de Salesses
Localisation: Commanderie de Salesses


— Saleissa, 1193.
— Ce village avait une ancienne paroisse qui a été réunie à la commune de Saint-Agnant, le 20 décembre 1835

La commanderie
— Annexe de celle de Sainte-AnneDomus Hospitalis Sainte-Anne
Domus Hospitalis Sainte-Anne
(commune Eymoutiers 87), l'ordre de Saint-Jean dé Jérusalem, y avait déjà une commanderie, en 1293, l'église paroissiale était dédiée à Saint-Jean-Baptiste et en mauvais état, en 1616.
— Le curé, recevait 10 setiers de blé, mesure de Salesse [1616].
— Le domaine de la commanderie comprenait un étang rompu.
— La dîme produisait 50 à 70 setiers de blé.
— Tous les sujets de la paroisse étaient main mortables.
Sources: L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, en Limousin, par A. Vayssière, in-8, 1884, page 52.
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Salignac   (24)
Domus Hospitalis Salignac
Département: Dordogne, Arrondissement: Sarlat-la-Canéda, Canton: Salignac-Eyvigues — 24


Domus Hospitalis Salignac-Eyvigues
Domus Hospitalis Salignac-Eyvigues


Salignac, chef-lieu de canton, arrondissement de Sarlat.
— Salenac, 1115 (ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, Lesp. 35).
— Salaihnach, 1122 (archives du chapitre de Saint-Astier).
— Salanac, 1152 (archives de l'abbaye d'Obasine).
— Saleniacum, 1240.
— Castrum de Salenhac, 1251 (testament, de Raymond, Vicomte de Turenne).
— Salanhac, 1383 (testament au château de Fénelon) et 1529 (archives de Pau, Châtellenie du Périgord).
— Salignhac, 1450 (inventaire du Puy-Saint-Astier).
— Salaignacum, 1531.
— Salaignac, XVIIe siècle.
— Salignac était du diocèse de Cahors: aussi, comme châtellenie, il n'est pas compris dans le rôle des châtellenies du Périgord au XIVe siècle.
— La châtellenie de Salignac comprenait les paroisses de Salignac, Borèze, Eybènes, Saint-Crépin, Toulgou, autrefois paroisse, Carlucet, Paulin, et en partie Saint-Bonnet, Millac, Archignac et Saint-Geniez.
— Titre de baronnie.
— Forêt de Salignac: 45 hectares, commune d'Eybènes.
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Dordogne. Par M. Le Vicomte de Gourgues. Paris Imprimerie Nationale, M. DCCC. LXXIII
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Sallebruneau   (33)
Commanderie de Sallebruneau
Département: Gironde, Arrondissement: Langon, Canton: Targon, Commune: Blasimon — 33


Commanderie de Sallebruneau
Commanderie de Sallebruneau


Grâce sans doute aux libéralités de quelques-uns des seigneurs de Bénauges, les Hospitaliers possédaient encore, depuis une époque que nous ne pouvons préciser, une assez vaste circonscription, au centre de laquelle s'élevait le donjon de Sallebruneau. Les archives ne nous en font connaître l'existence que vers la fin du XIIIe siècle. A cette époque, nous trouvons le commandeur en discussion avec le descendant des anciens bienfaiteurs de la maison, noble Jean de Greilly, chevalier, seigneur de Bénauges et de Castillon: il s'agissait là encore de la juridiction du lieu de Sallebruneau. S'étant enfin rendu à Toulouse, où le Grand-Prieur de Saint-Gilles, Guillaume de Villaret, tenait dans ce moment là son chapitre provincial, le baron bordelais, considérant l'affection que les chevaliers de Saint-Jean avaient toujours eue pour lui et pour sa race et mû par ses sentiments pieux, consentit à faire le sacrifice d'une partie de ses prétentions. Une transaction fut conclue et signée au milieu de l'assemblée des religieux de l'Ordre. Le sire de Bénauges, après avoir fait cession complète d'un droit d'albergue de 15 livres qu'il voulait prélever sur les habitants de Pommeyrols, s'engagea à ne jouir, que sa vie durant, de la juridiction de Sallebruneau; à sa mort, elle devait revenir aux Hospitaliers; à partir de ce moment, le commandeur serait seigneur haut justicier, à la réserve que les exécutions capitales seraient faites par les officiers du baron, en dehors des croix de la commanderie; une seule marque de vassalité lui était imposée, c'était l'offrande d'une lance, lors du décès de chaque seigneur de Bénauges (14 janvier 1280). Quelques années après, devançant l'époque fixée par cet accord, le sire Jean de Greilly cédait de son plein gré à son ami, G. de Villaret, devenu Grand-Maître de l'Ordre, la haute juridiction de Sallebruneau. Cette charte, scellée par le noble donateur, est datée d'Avignon, le 1 avril 1297.


Commanderie de Sallebruneau
Commanderie de Sallebruneau — Sources: Jack Bocar


A peu près à la même époque la commanderie s'accrût par suite des libéralités de quelques seigneurs du voisinage: Antoine de Gordon donna, en 1280, sa terre de Buxs; le sire de Rauzan, en 1283, son moulin de Frontenac et le territoire de la Motte-Lucran, en se réservant une messe de requiem, chantée tous les ans le jour de Notre-Dame de Mars, pour le repos de son âme. Dans les premières années du siècle suivant, nous voyons Bertrand de Savignac, commandeur des maisons de l'Hôpital dans le Bordelais, occupé à régler avec les nobles barons, Sans et Amanieu de Pommiers, l'exercice de la justice à Buxs; il fut convenu que la haute juridiction reviendrait à ces derniers et la basse aux commandeurs.

Après la réunion du domaine des Templiers à ceux de l'Ordre de Saint-Jean, l'envie, excitée par cet immense héritage et la haine provenant des espérances déçues, suscitèrent contre ce dernier des attaques, que nous avons eu déjà l'occasion de signaler; elles semblent s'être manifestées dans ces contrées avec un redoublement de violence. Les maisons de Villemartin, de Mauriac, de Roquebrune et de Sallebruneau furent longtemps en butte à des actes d'hostilités de la part de puissants personnages: pour s'en garantir, le chevalier G. de Ferrand, procureur de R. d'Olargues, lieutenant du Grand-Maître, réclama et obtint la sauvegarde royale pour ces différentes maisons de son Ordre (1313).

La suite des archives va nous apprendre que, malgré cette précaution, la période de troubles n'était pas terminée pour Sallebruneau. Cette seigneurie était environnée de puissants voisins qui ne laissaient guère de repos aux commandeurs.


Commanderie de Sallebruneau
Commanderie de Sallebruneau — Sources: Jack Bocar


La situation de ces derniers finit même par devenir si critique qu'en l'année 1477, nous voyons l'un d'eux, frère Jean Taren, se rendre à la maison du Temple de Bordeaux et supplier le commandeur, Antoine de Murât, de vouloir bien accepter Sallebruneau, qu'il ne se sentait plus le pouvoir de défendre contre les attaques de « nombreux gentils seigneurs et gentils hommes. » Plus à même que le frère Taren, de tenir tête à l'orage, soit par les ressources fournies par ses immenses possessions, soit par l'influence personnelle que lui assurait sa noble origine, le chevalier de Murât consentit à se charger de la commanderie de Sallebruneau et de la continuation de la lutte. Malgré cet acte de cession, l'union définitive de Sallebruneau à Bordeaux n'eut lieu que quelques années plus tard; car nous trouvons encore plusieurs commandeurs de la circonscription de Sallebruneau.

A la tête de ses adversaires les plus acharnés se trouvaient les seigneurs de Rauzan; ils voulaient enlever de vive force aux chevaliers de Saint-Jean, la juridiction de cette localité, en dépit des chartes qui devaient trancher la question. Les archives sont remplies du récit des expéditions que ces terribles voisins entreprirent dans ce but. Voici d'abord « messire Jacques Angevin, chevalier, baron de Rauzan, Pujols et Blandignac, qui, accompagné de son capitaine, de ses serviteurs, de ses laquais et d'une foule de gens sans aveu », dévaste toutes les terres du commandeur, enlève ses vassaux, les emmène dans les prisons de son château et ne les relâche qu'après avoir exigé d'eux une forte rançon. La plainte, déposée par le chevalier B. de Gros, nous montre cette troupe s'emparant de tout le bétail, ou bien incendiant pendant la nuit les maisons habitées, aux cris de: Vive Rauzan ! Le Parlement ordonna une enquête sur ces faits criminels (1494). Mais il paraît que la répression ne fut pas suffisante, puisqu'en l'année 1500, nous retrouvons ce même baron, à la tête de 60 ou 80 hommes d'armes, dévastant de nouveau les domaines du commandeur.


Commanderie de Sallebruneau
Commanderie de Sallebruneau — Sources: Jack Bocar


Quelques années après, la lutte, suspendue par la mort du seigneur Jacques Angevin, est reprise par ses successeurs: « Dame Catherine de Biron, mère et tutrice de noble Symphorien de Durfort, seigneur de Rauzan, noble Gaston de Roux, capitaine du château et maître Perrin, juge de leur tribunal », prennent un des vassaux de Sallebruneau et, après l'avoir jugé, le font mourir aux fourches patibulaires (1531). Le commandeur Oddet de Massas obtient enfin une sentence du Parlement qui, le déclarant seul en possession de la justice de Sallebruneau, semble avoir mis un terme à cette lutte si acharnée.

En 1606, le chevalier de Mélignan, qui venait d'être pourvu de la commanderie de Bordeaux, s'était rendu à Sallebruneau pour en prendre possession et recevoir les reconnaissances de ses vassaux. Ecoutons ces derniers déclarer, dans un style prétentieux, que, « comme il n'y a chose plus vilaine et détestable parmi les gens de raison que l'ingratitude, ny plus belle et digne d'un homme raisonnable que la recognoissance des biens reçus, pour monstrer qu'ils ne sont taichés du vice d'ingratitude, ils recognoissent messire frère B. de Mélignan-Trignan, commandeur de Bordeaux, pour vray seigneur foncier, direct, justicier en toute justice et curé primitif de la commanderie, seigneurie et paroisse de Sallebruneau. »


Commanderie de Sallebruneau
Commanderie de Sallebruneau — Sources: Jack Bocar


Pendant les guerres de Religion, le lieu de Sallebruneau fut pris et dévasté. Les visiteurs de la commanderie n'y retrouvèrent plus, pendant le XVIIIe siècle que « les masures d'un ancien château seigneurial qui fut destruit par les guerres civiles. » De ce membre dépendaient Puch, annexe de Sallebruneau, la seigneurie spirituelle et temporelle de Buch et de son annexe Mauriac, des fiefs situés à Aubèze, Frontenac, Saint-Léger, etc.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
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Saran   (45)
Domus Hospitalis Saran
Département: Loiret, Arrondissement: Orléans, Canton: Ingré — 45


Domus Hospitalis Saran
Domus Hospitalis Saran


Les Hospitaliers avaient dans la paroisse de Saran, en un lieu nommé Choigy (peut-être SougisDomus Hospitalis Saran
Domus Hospitalis Saran
?), une maison qu'on nommait l'HopitauDomus Hospitalis Hopitau
Domus Hospitalis Hopitau
. Elle était située au nord du chemin de la Guerrière, allant à la route de Paris, le long du sentier de la rue de la Bichardière, conduisant au Chêne-Maillard. C'était un petit domaine contenant quarante arpents de terre, qui leur avait été donné par un chanoine d'Orléans, du nom d'Algon. Nous avons des lettres de l'évêque Manasses de l'année 1174, confirmant cette donation, laquelle comprenait la maison du donateur, une chapelle, un bois et des terres arables, avec trois arpents de vigne au-delà de la Loire, et quatre arpents de pré à Marolles.

Hugues, seigneur de Saran, donna aux mêmes Hospitaliers, par des lettres expédiées sous le sceau de l'official d'Orléans, au mois de décembre 1232, toute la dîme qui lui appartenait sur la terre de la maison de l'Hôpital à Choigy ?, dans la paroisse de Saran, « apud Chogiacum in parochia de Sarran. »

En 1456, par suite des guerres et de la mortalité qui avaient régné dans le pays, le revenu de l'Hopitau n'était que de douze livres. La maison ayant été incendiée au commencement du XVIe siècle, l'Ordre jugea à propos d'en arrenter le domaine au canon de vingt livres et deux chapons par an, et à la charge par le preneur de reconstruire la maison. Cette dernière condition n'ayant pas été remplie, l'arrentement fut annulé, et le commandeur de Saint-Marc rentra en possession de l'Hopitau qui était affermé, en 1783, 700 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Sarrouilles   (65)
Hôpital de Sarrouilles
Département: Hautes-Pyrénées, Arrondissement: Tarbes, Canton: Aureilhan - 65


Hôpital de Sarrouilles
Localisation: Hôpital de Sarrouilles


Parmi leurs vastes et nombreuses possessions, les Hospitaliers possédaient bien des parties incultes, et leurs efforts tendaient constamment à en diminuer le nombre. C'est dans ce but qu'ils traitèrent avec les officiers royaux au sujet des landes que l'Ordre de Saint-Jean possédaient sur le territoire de Sarrouilles ; Pierre des Plas, lieutenant du Commandeur d'AureilhanDomus Hospitalis Aureilhan
Domus Hospitalis Aureilhan
, conclut avec le délégué du sénéchal un, traité de paréage qui fut signé dans la bastide royale de Saint-Luc, le 20 avril 1324: « les Hospitaliers, en se réservant les droits ecclésiastiques, partageront à l'avenir avec le roi leur juridiction sur ce territoire ; s'il arrive que grâce aux mesures qui vont être prises, quelques-unes de ces désertes deviennent à se peupler, il est convenu entre les deux parties que les habitants jouiront des libertés et des coutumes concédées à la nouvelle bastide de Saint-Luc ; des emplacements leur seront distribués pour construire leurs maisons et faire leurs jardins ; il n'y aura qu'un juge et un bailli commun au roi et au Commandeur. »

Les Hospitaliers n'avaient dans le territoire d'Aureilhan que de vastes domaines, une partie des droits seigneuriaux, la haute justice et une portion du territoire appartenant aux comtes de Bigorre. Ce partage d'autorité ne pouvait manquer d'amener dans la suite quelques conflits. Nous voyons, en effet, au commencement du XIVe siècle, le fils du roi Philippe IV, Charles, comte de Bigorre, députer un commissaire chargé de transiger avec le commandeur d'Aureilhan au sujet de leurs droits respectifs sur une portion du territoire, accord qui fut approuvé par Arnaud de Bones, garde des sceaux du comte et chancelier de Bigorre (25 juillet 1327).
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883
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Saulgé-L'Hôpital   (49)
Hôpital de Saulgé-L'Hôpital
Département: Maine-et-Loire, Arrondissement: Angers, Canton: Thouarcé — 49


Hôpital de Saulgé-L'Hôpital
Hôpital de Saulgé-L'Hôpital


Saugé-l'Hôpital, canton de Thouarcé.
— Ecclesia Sancti Maxentioli de Tarentiaco, 1130 (G 848, folio 5)
— Ecclesia, sacerdos de Tarenciaco, 1186 (G 842, folio 366)
— Homines de Loirra et de Tarancay, 1234 (Ibidem, folio 260)
— Changeium in parochiis de Tarenzai et de Luigne, 1239 (G 848, folio 48)
— Parrochia de Changeio, 1239 (Ibidem, folio 33)
— Magna via Andegavensis que tendit per hospital de Change 1252, (Ibidem, folio 85)
— Hospitalarii de Saugeio, 1273 (H-D. B 82, folio 22)
— Changeium Hospitalis 1326, (G 16)
— Chaugé-aux-Chevaliers 1331, (H Saint-Aubin, les Alleuds, A folio 10)
— Changé-l'Hospital, 1540 (C 106, folio 220); 1626 (Pouillé Général)

— Les rois de France y possédaient un fisc important tenu en bénéfice par le vasal Aimeri et que Charles le Chauve comprit en 848 dans la dotation de l'église de Cunaud. Le comte Foulques y ajouta un de ses domaines propres, « propria agricultura bona et magna », dont tous les habitants étaient exempts de servitudes féodales, ne devant être jugé que par la cour du prieur, ni marcher en guerre que sur l'ordre du comte et contre ses ennemis.
— La paroisse dès l'origine remonte probablement au Xe siècle, portait comme principal fief, le nom aujourd'hui alors disparu, « de Tarenciacus », et comprenait dans son ressort les territoirs de Saugé et de Luigné.
— Quand le seigneur de Luigné fut autorisé en 1188 par l'évêque, (voir le tome II, page 561), à constituer sur son fief une paroisse distincte, la grande voie de Doué fut désignée pour limite aux deux paroisses.
— Sur le bord, du côté de l'ouest, s'y était établie depuis environ 25 ans une commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, que la délimitation nouvelle rattachait à Luigné, mais que la proximité et des intérêts communs continuèrent à faire désigner sous le nom de « L'Hôpital-de-Saugé. »
Sources: Dictionnaire Historique, Géographique et Biographique de Maine-et-Loire. Par Célestin Port, Archiviste du département de Maine-et-Loire. Tomes I, II et III. Paris et Angers, 1878.

Saulgé-l'Hôpilal


Saugé-l'Hôpital
Domus Hospitalis Saugé-l'Hôpital


La Commanderie de Saulgé-l'Hôpilal qui, chose bizarre, porte le nom d'une paroisse sur laquelle jamais elle n'a été située : en effet la Commanderie a toujours fait partie de la paroisse de Luigné, comme aussi de la même commune.

Elle appartient présentement à Madame Ruffin qui se propose d'en réparer la très-belle et très-ancienne chapelle.

La Commanderie de Saulgé-l'Hôpital, près l'enclos de laquelle existe un champ dit La Malairerie, fut primitivement la propriété des Templiers. On sait, qu'institués pour la défense de Jérusalem, vers 1118, ils furent supprimés en 1312, et qu'à cette époque leurs biens ont été dévolus à d'autres religieux de Terre sainte qui plus tard reçurent le nom de chevaliers de Malte. La Commanderie de Saulgé-l'Hôpital, avec ses annexes le Temple d'Angers, en Saint-Laud, puis l'hôpital Saint-Blaise, rue de ce nom, dans la même ville, passa donc vers le commencement du XIVe siècle entre les mains de ces derniers qui l'ont possédée jusqu'à la Révolution.

La chapelle de Saulgé, par son style Plantagenet remonte à la fin du XIIe siècle, ce qui établit qu'elle fut construite avant l'expulsion des Templiers et par eux.
Elle comprend trois travées dont celle du chœur se termine carrément.
Les voûtes sont en pierres avec nervures peintes. On y voit sculpté le tétramorphe, c'est-à-dire le lion, l'aigle, l'ange et le bœuf, emblèmes des quatre évangélistes.
Toutes les fenêtres sont en plein cintre.
Quant au logis flanqué de tourelles de la fin du XVe siècle, il fut évidemment l'œuvre non pas des Templiers, mais de leurs successeurs les chevaliers de Malte.

La chapelle une fois réparée et surtout dégarnie du mur de refend très-moderne qui sépare la nef du chœur, ne manquera pas de recevoir de nombreux visiteurs. Madame Ruffin, en sauvant cet édifice curieux, aura bien mérité des artistes et des amis de l'histoire.

Luigné
L'église, bien pauvre, bien humble et ce qui est plus triste encore, toute moderne, a pour patronne la Vierge, en souvenir sans doute de Notre-Dame de Cunault. Sa cloche seule a quelqu'intérèt, elle vient de la chapelle de la Commanderie de Saulgé-l'Hôpital et porte le nom de Marbœuf ; ceci me remit en mémoire le portrait de ce personnage que j'avais vu à Malte, en 1855, dans l'un des appartements du gouverneur de l'île on lisait au bas du tableau René Robert, de Marbœuf, grand hospitalier en 1746 et 1747.
Marbœuf aura sans doute été l'un des commandeurs de Saulgé l'Hôpital.
Sources: V. Godard-Faultrier. Commission archéologique du département de Maine-et-Loire, pages 294, 295, répertoire archéologique de l'Anjou, année 1861. Angers 1861. - Bnf
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Sauvagnas   (47)
Domus Hospitalis Sauvagnas
Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement: Agen, Canton: Laroque-Timbaut — 47


Domus Hospitalis Sauvagnas
Domus Hospitalis Sauvagnas


Dans le voisinage du Temple de Brulhes, s'élevait un antique donjon, au sommet duquel flottait l'étendard de l'Ordre de Saint-Jean. C'était l'hôpital de Sauvagnas, dont les commandeurs exerçaient leur juridiction sur toute la circonscription de l'Agenais. Le plus ancien acte, que nous trouvons dans ses archives, n'est que de l'année 1235. C'est la charte par laquelle le seigneur Guillaume de Saint-Geniès se donnait avec tous ses biens, « à Dieu, au bon Monseigneur Saint-Jean « et à son hôpital de Sauvagnas; » donation qui fut reçue par Sans Arcis, « commandeur de Sauvagnas et des autres maisons de l'Ordre en Agenais. »
Un autre parchemin nous transporte ensuite devant le tribunal du chevalier, Biaise « Lupi », viguier de Toulouse et nous montre Sans « Anerii » de Pins, damoiseau, donnant à Guillaume de Villaret, Grand-Maître de l'Ordre, ses droits sur Saint-Jean de Ferrand, sur Montcaprel, ainsi que le péage de Manerque (1298).

Le 3 mars 1264, le Grand-Prieur de Saint-Gilles, Féraud de Baras, et Ermengaud des Aguilhiers, commandeur de Sauvagnas, octroyèrent « à leurs amés vassaux » de cette ville une charte de franchises. Nous avons déjà étudié un assez grand nombre de documents du même genre, et pouvons nous contenter de passer rapidement sur celui-ci: signalons seulement, dans le code de justice criminelle, l'article qui prescrit l'ensevelissement du meurtrier au-dessous du corps de sa victime et dans les arrêtés contre les voleurs de récoltes, l'exemption en faveur des femmes enceintes, qui ont droit « d'entrer dans les vignes ou les jardins, d'y manger des raisins ou d'autres fruits et même d'en emporter dans leurs mains. »

Citons parmi les bienfaiteurs de la maison de Sauvagnas « noble dame Elydis du Val, dame du Val et de Saint-Etienne « de Casson qui, considérant les services rendus dans tout « l'univers par l'Ordre de Saint-Jean, » lui donne tout ce qu'elle possédait dans cette juridiction (21 juin 1401). Tout le reste des archives de cette commanderie est encombré par les débats, les procès et les transactions entre les Hospitaliers et les chanoines de Saint-Caprais au sujet des dîmes de Sauvagnas. Ces discussions se prolongèrent jusqu'à la fin du XVIe siècle, époque à laquelle le commandeur Pierre d'Esparbès acquit du chapitre les droits que ce dernier percevait sur Sauvagnas, en échange de rentes qu'il céda sur le tènement de la Vigne (1594).

Dans les dernières années du XVe siècle, Sauvagnas perdit son titre de commanderie et fut réunie à Golfech, vers 1650, il fut adjoint à la nouvelle commanderie du Temple de Brulhes.
Sainte-FoyDomus Hospitalis Sainte-Foy
Domus Hospitalis Sainte-Foy
, Saint-Jean de FerrandDomus Hospitalis Saint-Jean de Ferrand
Domus Hospitalis Saint-Jean de Ferrand
, DominipechDomus Hospitalis Dominipech
Domus Hospitalis Dominipech
et Saint-CapraisDomus Hospitalis Saint-Caprais-de-Lerm
Domus Hospitalis Saint-Caprais-de-Lerm
formaient ses plus anciennes dépendances ; on lui avait réuni dans la suite la petite commanderie de Saint-Sulpice de Ribaléde. Donnons en terminant la description du château de Sauvagnas, telle que nous la trouvons dans le procès-verbal de la visite de la commanderie en 1669: « A Sauvagnas, le commandeur a un chasteau, joignant l'esglise, avec trois tours du cousté du levant et du midy, qui servent de deffense pour le dict chasteau; en l'une desquelles y a ung degré; et, à trois coings du dict chasteau, une guéritte à chascun, bastye de bois et de briques et couvertes de thuiles. A l'entrée du dict chasteau du cousté de l'esglise, y a un petit reduict appelé Rebelin. »

Liste des commandeurs de Sauvagnas
1235-1235. Sans Arcis.
1148-1251. Jourdain de Saint-André.
xxxx-1257. Arnaud de Boutenac.
1264-1284. Ermengaud des Aguilhiers.
1301-1306. Bertrand de Savignac.
1313-1322. Bérenger de la Selve.
1326-1327. Raymond-Roger de Mirepoix.
1358-1375. Bernard del Thor.
1376-1377. Jean de Bernard.
1401-1411. Bernard de Marrast.
xxxx-1421. Jean de Durfort.
xxxx-1449. Pierre de Montlezun.
1451-1481. Bernard de Vellac.
1488-1489. Erol d'Abman.
1493-1495. Jean de Laincel.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
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Sauveté (La)   (42)
Eglise de La Sauveté
Département: Loire, Arrondissement et Canton: Saint-Etienne, Commune: Saint-Martin-la-Sauveté — 42


Eglise de La Sauveté
Eglise de La Sauveté


— L'église de Saint-Pierre de la Sauveté est connue par un testament de l'an 1409, où il est fait mention du vicaire la desservant (1).
1. Chaverondier, Inventaire, des Archives de la Loire, tome II, page 252, testament de Guillaume de Chazelles.

— Elle est détruite, ce semble, depuis fort longtemps et l'on ignore l'emplacement qu'elle occupait.

La Sauveté, gros hameau de la commune de Saint-Martin-la-Sauveté, jadis Saint-Martin-l'Estra, était un membre de la commanderie de Verrières; le nom même du lieu fait présumer que ce fut un de ces territoires privilégiés, placés par l'église in salvitate Dei et destinés à servir d'asile inviolable aux personnes et aux biens (2).
2. Charte de fondation de la commanderie de Villedieu, ordre du Temple, dans dom Vaissette, Histoire générale de Languedoc, tome II, preuves, col. 481. — Voyez page 513.

— Ces territoires étaient d'ordinaire bornés par des croix. Il serait intéressant de retrouver les limites du refuge que je suppose avoir existé à la Sauveté.

Un autre point de la commune de Saint-Martin pourrait avoir été un centre religieux à une époque très reculée: c'est Vassoge, où l'on observe des vestiges d'un édifice en appareil réticulé, de la tuile à rebords, et dont le nom dérive probablement de basilica.
Sources: Vincent Durand — Bulletin de La Diana, Juillet-Septembre 1893. Montbrison

Le hameau de la Sauveté
C'est le plus important hameau de la commune. Il comptait 179 habitants à la fin du 19e siècle alors qu'en 1999 on en a dénombré 77. Ce hameau avait été paroisse au Moyen-Age avec une église sous le vocable de Saint Pierre démolie au début du 15e siècle.
Avant la révolution, il existait une Maison forte appartenant à l'ordre de Malte ; celle-ci était un lieu d'asile pour les personnes dans le besoin mais aussi pour les gens pourchassés qui bénéficiait du droit de Sauveté.

Cette vocation correspondait pleinement avec la tradition hospitalière de cet ordre. A cette intention, une croix de Malte a été érigée à l'entrée du hameau pour rappeler ce souvenir d'hospitalité et de souvenir à notre mémoire.
Le nom du hameau vient de ce droit de Sauveté.
Sources: Marie de Saint Martin la Sauveté
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Sauvetat (La)   (43)
Commanderie de La Sauvetat
Département: Haute-Loire, Arrondissement: Le Puy-en-Velay, Canton: Velay volcanique, Commune: Landos - 43


Commanderie de Sauvetat
Commanderie de Sauvetat


En 1327, Pons seigneur de Montlaur et Raynaud de Fay, commandeur de la Sauvetat, transigèrent sur l'exercice de la justice dans ce village. Ils convinrent, en outre, de créer à la Sauvetat deux foires par an et un marché par semaine, d'installer sur la place publique des mesures en pierre pour les grains et les légumes, et de construire une tour ou maison-forte pour emprisonner les criminels (charte 78). A la suite de cet accord, en 1329, le bailli royal de Velay donna mainlevée de la saisie pratiquée au nom du roi au cours du procès commencé jadis entre les Templiers et le seigneur de Montlaur (charte 79). Vers la même époque, une transaction analogue intervint entre l'évêque du Puy et les Hospitaliers (charte 80).

Le village de CostarosDomus Hospitalis Costaros
Domus Hospitalis Costaros
faisait partie du mandement de la baronnie de Solignac, et la commanderie de la Sauvetat y percevait des rentes féodales. En 1532, Lioutaud seigneur de Solignac et Artaud de Fay, commandeur de Saint-Jean-la-Chevalerie, transigèrent sur la justice de Costaros. Au seigneur de Solignac appartint la haute justice, et à l'Hôpital la moyenne et basse justice (charte 92).

En 1395, une sentence des officiers de la Sauvetat astreignit les habitants à faire chaque nuit le guet dans le fort de la commanderie et à pourvoir aux gages du portier. Cette mesure fut motivée par les incursions et les déprédations des routiers dans les contrées voisines. Frère Pierre Daniel était alors capitaine du fort de la Sauvetat (charte 104).

En 1616, la commanderie consistait en une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, et en une grande tour carrée dont le rez-de-chaussée servait d'étable et dont les chambres supérieures étaient occupées par le fermier, le tout enclos de murailles. Le domaine comprenait, outre un four banal, quelques prés rendant annuellement 10 charretées de foin, et 300 cartonnées de terres vacantes appelées de mainmorte ou terres quartives. La dîme sur les terroirs de Costaros appelés les Landes et le Peschier se levait à raison de la 11e gerbe de tous grains et valait par an 15 setiers de seigle. Les cens et rentes perçus sur la Sauvetat, Costaros, Villeneuve, Champaigne et autres villages, se montaient à 3 livres, 9 setiers de seigle, 180 ras d'avoine, 10 cartons d'orge, 15 setiers pouges de vin, 176 gélines, outre des manoeuvres ou corvées à bras. Les lots et ventes se payaient à raison du 4e denier. Le membre de la Sauvetat était sous-affermé par an 400 livres (1).

Le commandeur avait la justice haute, moyenne et basse, à la Sauvetat, ainsi qu'à Villeneuve près la Chapelle-Graliouze.
En 1658, le château était entièrement ruiné; la chapelle se trouvait en bon état (2).
En 1726, de la chapelle il n'en restait plus que des vestiges (3).
Les revenus de la commanderie s'élevaient alors à 95 livres, 140 cartons de seigle et 267 ras d'avoine.
Le membre de la Sauvetat était, à cette époque, compris dans les baux généraux de Saint-Jean-la-Chevalerie.

Liste des Commandeurs
1330. Juin 19. — Artaud de Fay (chartes 80, 81).
1330. Juin 19. — Nicolas et Guillaume Saunier (charte 81).
1395. Novembre 27. — Robert de Châteauneuf (charte 104), grand-prieur d'Auvergne.
1425. — Etienne Roche (4).
1450. (Vers). — Jean Mathieu (5).
1498. Mars 29, 1508. Septembre 9. — Claude Baudouin (6).
1516. — Claude Brunet (7).
1606. — Gaspard Gérentes (8), rentier du membre de la Sauvetat.
1627. — Just de Bron de la Liègue (9), grand-bailli de Devesset.
1637. Juillet 23. 1640. Mai 23. — Just de Fay de Gerlande (10), grand-bailli de Devesset.
1658. Août 15. — Annet de Clermont de Chaste-Gessan (11), grand-bailli de Devesset.
1673. Mai 3. — Jacques de Cordon d'Evieu (12), grand-bailli de Devesset.

Notes — Commanderie de La Sauvetat
1. H 2153, folio 980 et suivant.
2. Devesset, titre de la commanderie
3. Devesset, titre de la commanderie, visite prieurale.
4. La Sauvetat, terrier n. 1.
5. La Sauvetat, I, n. 13; la date est déchirée.
6. La Sauvetat, I, n. 15.
7. La Sauvetat, terrier, n. 5.
8. La Sauvetat, I, n. 17.
9. La Sauvetat, terrier, n. 3.
10. La Sauvetat, I, n. 17.
11. Saint-Jean-la-Chevalerie, III, n. 19.
12. Saint-Jean-la-Chevalerie, III, n. 19.

Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888

Commanderie de la Sauvetat
Sauvetat (La), gros village, sur la commune d'Authezat.
— Il y avait 400 feux en 1324. La Salvetat (1262).
— Domus de Salvitate (1287).
— Villa Salvitatis (1324).
— La ville de Saulvetas (1331).
— L'église.
— Cet édifice qui est du XIIIe siècle et du XIVe, est enfermé dans la forteresse de ce lieu. On y voit une Vierge assise, en cuivre massif et émaillé, d'un travail admirable. C'est un objet d'art de grande valeur et dont le prix matériel ne peut être évalué à moins de 10,000 frs.

— Odon de Montaigut, commandeur de la Sauvetat, prieur des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, en Auvergne, fit faire cette statue en 1319. Voici l'inscription qu'elle porte: + Dominus Hodo de Monteacuto hospitalarius, prior Alvernhie fecit fieri hanc ymaginem ad honorent Beate Virginis. Anno domini tricentesimo decimo nono.

La forteresse et la tour.
— Au milieu du village de la Sauvetat, se trouve le fort au centre duquel s'élance une tour cylindrique. Celle-ci est du XIIIe siècle; elle a plusieurs étages voûtés et servait de prétoire et de cachot. On l'a surmontée du timbre d'une horloge; cette tour porte diverses armoiries (celles des commandeurs). On ne pouvait y arriver qu'en traversant une série de ruelles en forme de labyrinthe et après avoir franchi deux portes fortifiées. L'enceinte de ce fort était défendue par une muraille renforcée par plusieurs tours circulaires; le tout existe encore. En cas de guerre, les habitants de la Sauvetat pouvaient se retirer dans cette forteresse, qui est un modèle du genre. Cette tour et ce fort remontent à la fin du XIIe siècle; ils ont été élevés par les soins de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

La Salvitas.
— Le nom de Salvitas, donné à la Sauvetat, lui vient de ce que c'était un lieu d'asile pour les criminels, à l'époque où ces asiles étaient en usage. Aussi voyons-nous, en 1324, que lorsque Guy, dauphin du Viennois, vendit tous les droits qu'il possédait à la Sauvetat, il se réserva celui d'y aller chercher les criminels de ses terres de Pont-du-Château et Monton, qui s'y retireraient comme en lieu inviolable; toutefois après en avoir concerté avec le commandeur du lieu. Les deux ordres du clergé et de la noblesse s'assemblèrent à la Sauvetat au mois de juillet 1440, pour délibérer pendant la ligue dite de la Praguerie, organisée par Louis XI, alors dauphin, contre son père. En 1586, le lieu de la Sauvetat fut affligé de la peste. En 1590, il tenait pour le parti ligueur et donna le signal de l'arrivée des royalistes qui se rendaient au siège d'Issoire, ce qui eut lieu au moyen du tocsin et le 14 mars.

La commanderie.
— Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (plus tard ordre de Malte), avaient créé une commanderie dans ce lieu. Elle dépendait de celle d'Olloix et avait les mêmes commandeurs. Cette création remonte à la fin du XIIe siècle. En 1324, Guigues VIII, dauphin de Viennois, vendit au grand prieur Othon de Montaigut, commandeur de la Sauvetat, les droits qui lui appartenaient sur cette terre. Nous renvoyons au mot Olloix pour connaître la liste des commandeurs.

Olloix, chef-lieu de commune.
— In Dolois (XIe siècle).

L'église.
Cet édifice est en partie du XIIe siècle et partie du XVe. On y remarquait un tombeau de Chevalier Templier, enchâssé dans le mur du sud, avec statue couchée; le peuple avait fait de cette statue un saint Gouerou (guerrier). Le curé de la paroisse l'a détruit, vers 1845, et a placé la statue au cimetière. L'ancienne église paroissiale était placée sur le plateau de Liosun; ses débris ont servi à bâtir celle de Gournols.

La commanderie.
On croit que les chevaliers Templiers l'occupèrent au XIIIe siècle et que leur maison d'Olloix fut donnée, en 1312, aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (plus tard, ordre de Malte), à la suite de la suppression de l'ordre du Temple (1309).
— En 1699, les membres, c'est-à-dire les dépendances de la commanderie étaient: Chaynat, la Sauvetat, Paulagnat, près Veyre, et Aydat.

Liste des commandeurs (ordre de Saint-Jean de Jérusalem).
Odon de Montaigut, précepteur d'Olloix et de la Sauvetat, grand précepteur d'Olloix et de la Sauvetat, grand prieur d'Auvergne, 1319-1324;
— Jean d'Aubusson, 1413;
— Guy de Blanchefort, né dans la Creuse, commandeur d'Olloix et de la Sauvetat, en 1491, devint grand-maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, en 1512;
— Imbert de Murinès, 1551;
— Gaspard de Groslée. 1630-1641;
— Jean-Michel de Burin, 1642;
— Foucault de Beaupoil de Saint-Aulaire, 1646-1663;
— Claude de Chauvigny de Blot, 1668-1669;
— Antoine de Fay-la-Tour-Maubourg, il prend la qualification de commandeur, baron d'Olloix, 1669-1710;
— Montgontier (de), 1732-1739;
— Louis de Bozozel, 1733;
— Léonard d'Ussel de Châteauvert, 1740;
— Gerlande (de), vers 1746;
— Jean de Félines de la Renaudie, 1747;
— Saillant (de), 1785-1758;
— De Méalet de Fargues, 1760-1770.
Sources: Ambroise Tardieu, Grand Dictionnaire du Département du Puy-de-Dôme — Moulins, 1877
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Savigny-le-Temple   (77)
Hôpital de Savigny-le-Temple
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Melun, Canton: Savigny-le-Temple — 77


Hôpital de Savigny-le-Temple
Localisation: Hôpital de Savigny-le-Temple


Ancienne commanderie des Templiers. La terre et seigneurie de Savigny-le-Temple fut donnée aux Templiers par Louis VII, à son retour de la Terre-Sainte. La charte de donation est datée d'Orléans, l'an 1149. Le Roi, pour récompenser les frères de la chevalerie du Temple de leurs services rendus en Terre-Sainte à la cause de la religion, et aussi pour les aider à faire le bien et à secourir les pauvres pèlerins, dont le nombre allait toujours en augmentant, déclara leur faire donation de sa maison de Savigny, au-dessus de Melun, « villam nostram que appellatur Saviniacum supra Melodunum », avec toutes ses dépendances, pour en jouir librement, comme le souverain en jouissait lui-même. De plus, il leur accorda trente livres de rente, à prendre sur les cens qu'il recevait à Etampes, « apud Stampas », chaque année à la saint Remi.


Eglise de Savigny-le-Temple
Eglise de Savigny-le-Temple — Sources: Jack Bocar


C'est sans doute vers la même époque que l'église de Savigny fut donnée aux Templiers; car nous trouvons des lettres de l'année 1168, de Guillaume III, archevêque de Sens et commissaire député du Saint-Siège, par lesquelles il enjoint à tous les prêtres du diocèse de Melun, de ne recevoir dans aucune paroisse ceux de Savigny, sans la permission des Templiers, à qui la dite église avait été donnée, et de ne chercher à diminuer en quoi que ce soit leurs droits de paroisse, sous peine d'excommunication.

Parmi les donations faites aux Templiers dans le XIIe siècle, nous remarquons celle d'un croisé du pays, Gaudefroy de Nandy. La charte qui la renferme est datée de Saint-Jean-d'Acre, au moment du siège, en 1191. Gaudefroy y déclare donner à Dieu et aux frères de la chevalerie du Temple de Salomon une terre à deux charrues, « terram ad duas carucas », dans le territoire de Savigny, « in terra Savine », à prendre de l'autre coté du bois, vers Nandy, ou dans tout autre endroit, au choix des Templiers. Les témoins de cette donation sont également des croisés, seigneurs des environs de Savigny; Hugues de La Ferte-Alais, Bochard de Moigny, Guillaume de Saint-Martin et Hugues de Marchais.

Quelque temps après, nous trouvons des lettres d'Alix, reine de France, de l'année 1197, approuvant et confirmant l'abandon fait en forme d'aumône, à la maison du Temple, par Hugues de Chamilly et Gille, sa femme, de tout ce qu'ils possédaient en vassaux, terres et cens à Savigny et à Saint-LeuDomus Hospitalis Saint-LeuDomus Hospitalis Saint-Leu, village voisin, « apud Saviniacum et sanctum Lupum », sous la réserve toutefois des fiefs de Simon de Forges, de Gillon de Noisement, de Joscelin et de Guillaume du Châtellier, « de Castellario. »

Des portions de dîme sont encore données aux Templiers sur les territoires de Savigny et des villages environnants, en 1177 par Gui de Melun, chanoine de Sens, en 1205 par Raoul Morin, en 1211 par Guillaume du Châtellier, en 1229 par Adam de Milly, en 1230 par Eudes Leuverdys, chevalier, etc.

Les acquisitions de terres continuèrent au XIIIe siècle, de sorte que le domaine de Savigny comptait plus de 1500 arpents, au moment où l'ordre du Temple fut supprimé.

Sous les Hospitaliers, la commanderie de Savigny-le-Temple continua de prospérer et devint l'un des plus beaux domaines du pays. L'hôtel du commandeur, vulgairement appelé le Château ou la Grande-Cour, était situé près de l'église. D'un côté se trouvaient la basse-cour et la ferme du château, de l'autre une chapelle dédiée à Saint-Jean, en face un grand bâtiment où le bailli de Savigny, au nom du Commandeur, rendait la justice du lieu et de son ressort qui comprenait NoisementDomus Hospitalis NoisementDomus Hospitalis Noisement, Forges, VillebohetDomus Hospitalis Villebohet
Domus Hospitalis Villebohet
, Le Plessis-le-RoiDomus Hospitalis Plessis-le-Roi
Domus Hospitalis Plessis-le-Roi
, La Grange-du-Bois, et autres dépendances de Savigny.

Le Commandeur avait dans les lieux que nous venons de nommer, la haute, moyenne et basse justice. Il était le collateur de la cure de Savigny, et grand décimateur de la paroisse.

La rivière de Barlory passait devant le château et traversait une grande partie des terres, en faisant tourner le moulin banal de la commanderie, appelé le moulin Follet. Le Commandeur avait le droit de pêche dans cette rivière comme celui de chasse dans toute la seigneurie.

Les terres du domaine de Savigny étaient divisées et reparties en plusieurs fermes. Il y avait la ferme du Château, la ferme de la Malaquinerie, sur le chemin de Melun à Corbeil, la ferme de La Grange-du-BoisDomus Hospitalis Grange-du-Bois
Domus Hospitalis Grange-du-Bois
, près de Villebohet, la ferme de la Barre, dans la rue de Savigny à Moissy-Cramayel, la ferme de MosnyDomus Hospitalis Mosny
Domus Hospitalis Mosny
et la ferme du PlessisDomus Hospitalis Plessis-Picard
Domus Hospitalis Plessis-Picard
.
Ces trois dernières fermes avaient été acquises par voie d'échange, le 17 juin 1656, de Nicolas Fouquet, chevalier, comte de Melun, vicomte de Vaux, ministre d'Etat et procureur général du Roi au parlement de Paris, à qui les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem avaient donné en contre-échange, cent vingt arpents de terre à Maincy et à Rubelles.

De toutes ces fermes, il n'existait plus, au siècle dernier, que celle du Chateau, à laquelle les terres des autres avaient été réunies.

La commanderie avait un grand nombre de censives et de rentes foncières sur des maisons et des terres à Savigny, ainsi qu'à Gaudrée, Rougeau, Croix-Fontaine, etc.

Les fiefs qui relevaient de la seigneurie du Temple de Savigny étaient, d'après une déclaration de 1692, au nombre de sept.

Le premier et le plus important, était la terre et seigneurie de Saint-Leu, avec la haute, moyenne et basse justice, consistant en maisons, terres, cens, et possédée à l'époque dont nous parlons, par M. De Santeuil, conseiller du Roi, et trésorier de France.

Venaient ensuite: le fief de Coulevrin, situé à Savigny, et consistant en une cinquantaine d'arpents de terre.

Le fief de Forges, appartenant au président De La Grange, situé aussi sur Savigny, entre Saint-Leu et Saint-Port, et consistant en un grand hôtel, en la moitié des moulins de Forges, et en quelques terres à labour.

Le fief de la Souche, près Saint-Port, comprenant 21 arpents de bois à M. Antoine de Linois, conseiller et secrétaire du Roi, seigneur et baron de Saint-Port et de Sainte-Assise.

Le fief du Petit-Plessis-le-Roi, dans le finage de Savigny, consistant en maison, terres, pâtures et autres héritages, possédé par M. le président De La Grange, à la charge d'une rente de 25 livres, payable chaque année à la commanderie.

Le fief de Champlatreux, également sur Savigny, appartenant à Mme Delamarre, comprenant cens, bois, arrière-fiefs et une maison, sise sur le chemin de Corbeil à Melun.

Enfin, un autre fief qui ne portait aucun nom, et qui avait pour objet une pièce de terre sur Savigny.

Le revenu de la terre de Savigny était de sept mille livres, en 1792.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Secheboue   (17)
Commanderie de Sécheboue
Département: Charente-Maritime, Arrondissement: La Rochelle, Canton: Aytré, Commune: Chives - 17


Commanderie de Sécheboue
Commanderie de Sécheboue


Commanderie de Sécheboue
A Angoulins existait autrefois, sur le bord de la mer, la commanderie de Sécheboue, appartenant à l'ordre de Malte le prieuré de Sain-Jean-du-Sable, prioratus Sancti Johannis de Sabulo, annexé à la pitancerie de l'abbaye de Sant-Jean-d'Angeli et le prieuré de l'Isleau Beata Maria de Lilleto, dépendant du chapitre de Tulle.

Une charte de 1092 écrit Islel ; le donjon, oppidium liletti fut rasé par Guillaume, duc d'Aquitaine après la prise de Châtellaillon, en 1131.
Sources: M L.-L. Lacurie. Société française pour la conservation et la description des monuments historiques, page 41. Paris 1853 — Bnf

Angoulins
— A l'Est de La Rochelle.
— Eglise fortifiée du XIe siècle
— Vestiges de la commanderies de Malte de Sécheboue.
Sources: Adolphe Joanne, Géographie de la Charente-Intérieure. Paris Hachette 1881
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Selestat   (67)
Commanderie de Sélestat
Département: Bas-Rhin, Arrondissement: Sélestat-Erstein, Canton: Sélestat — 67


Commanderie de Sélestat
Localisation: Commanderie de Sélestat


« La commanderie de Saint-Jean de Jérusalem de Sélestadt (1), qui était dans son origine une commanderie de chevaliers, fut fondée en 1265. Elle fut unie en 1399 à la commanderie presbytérale de Strasbourg qui la possède encore aujourd'hui, dit Grandidier. »
1. Cfr. Gény, du Bibliothik zu Sélestadt, page 8. — A la bibliothèque de Colmar est conservé le Liber vitae domus Selestadiensis de 1486. (Ctr. mes Manuscrits des maisons religieuses d'Alsace, pages 33-34.) Nous lui ferons plusieurs emprunts comme on va le voir. Le manuscrit 567 (Ibidem,) est un terrier de 1688.

« Depuis ce temps, ajoute encore notre auteur, le commandeur de Strasbourg, qui nomme un ou deux de ses religieux pour résider à Sélestadt, porte le titre de commandeur de Strasbourg et de Sélestat. Cette maison ... fut rebâtie au commencement de notre siècle. »

Commandeurs
1. Godfridus, s. d. (BC, manuscrit 714, fol. 24 v)
2. Fr. Johannes Amandus commendator ... viridis Insule ac in Slestadt ac in Bergheim, 1357. (BC, manuscrit 714, fol. 2 v)
3. Wernher Schurer, 1371. (Urk.-B. der St. Strassburg), IV, page 722)
4. Hanneman Schultheissen, 1386. (Hanauer, Cartulaire de Saint-George, page 139)
5. Nicolaus von Baden, 1387. (BC, manuscrit 714, f. 2. v)
6. Bertholt von Altenkastel, 1399. (Hanauer, Ibidem, page 159)

Prieurs
1. Petrus de Zabern. (BC, manuscrit 714, s. d. ex antiquo libro)
2. Rudoljus de Columbaria. (Ibidem)
3. Wernherus. (Ibidem)
4. Hugo de Schwyndratzheim. (Ibidem)
5. Jo. Zon, qui fuit primus prior in reformatione hujus domus, 1404 à 1419. (Ibidem, fol. 7, V)
6. Nicolaus Berwart de Sultz, 1472. (Ibidem, fol. 14)
7. Alexander Shynpecher, 1482. (Ibidem, f. 3)
8. Eucharius Grosshug, 1505. (Ibidem, f. 16 v)
9. Jo. Burler, 1528. (Ibidem, f. 32)
10. Gregorius Boit, 1549. (Ibidem, f. 6 v)
11. Thomas Erber, 1580. (Ibidem, f. 16 v)
12. Hieronym. Krantz, 1588. (Ibidem, f. 9 v)
13. Laurentius Minchberger, locum tenens, 1591. (Ibidem, f. 8 v)
14. Joa. Erbius, 1636. (Ibidem, f. 6)
15. Jacob Freisdorff, 1671, (Ibidem, f. 23)
16. Jo. Casp. Widman, 1712. (Ibidem, f. 28)

Sélestat (avant 1871 Sélestatt, Sélestatt ou Schlestadt; en allemand Schlettstadt, prononcé en dialecte alsacien Schleschtàtt)
Sources: Nouvelles Oeuvres Inédites de Grandidier — Ordres Militaires et Mélanges Historiques — Strasbourg. Editeur-Libraire H. Huffel — M.D.CCCC. Colmar
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Senlis   (60)
Commanderie de Senlis
Département: Oise, Arrondissement et Canton: Senlis — 60


Commanderie de Senlis
Commanderie de Senlis


Les guerres du XVe siècle avaient tellement diminué les revenus de la commanderie de l'Hôpital de Senlis, qu'il ne restait plus de quoi entretenir et faire vivre son commandeur. C'est pourquoi l'Ordre jugea à propos de supprimer cette commanderie, et de faire de la maison de Senlis un membre de celle de Lagny-le-Sec.

C'est en 1180, que les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem vinrent s'établir à Senlis, dans une maison que leur donna Guy d'Ermenonville, boutillier du Roi, avec trois muids de mouture et un muid d'hivernage à prendre tous les ans dans le moulin de l'Etang, « in molendino de Stagno », plus un pré, nommé le Pré de La Bretonnerie, « pratum de Britonia », et un droit d'usage dans le bois du Chenay-d'Orry, « in nemore de Chesneio de Ory (commune d'Ory-la-Ville) », consistant en une charretée de bois à un cheval chaque jour, et une autre par semaine qu'ils pouvaient vendre, et dont le prix servait à entretenir et à réparer la charrette et la ferrure du cheval, « equi ferratura. » La charte de donation est datée d'Ermenonville, « apud Ermenonvillam », l'an 1180.

Une autre donation faite en 1194, par Pierre Choisel, sous le sceau de Gaudefroy, évêque de Senlis, porte que ce seigneur, pour le salut de son père et de sa mère, et aussi pour célébrer leur anniversaire, a accordé à la maison de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, située dans le faubourg ou la banlieue de Senlis, « in suburbio Silvanectensi », un cens de dix sols et de trois chapons, avec les droits de justice sur une maison qui avait appartenu à Bernier Fournier, « Furnarius », et sur une autre à Roger Lefebvre, « Faber », contigue à celle de l'Hôpital de Senlis. Le donateur fit observer que, aussi longtemps que l'Hôpital n'aurait point de moulin ni de four, ceux qui habiteraient ces maisons devraient faire moudre leur blé et cuire leur pain au moulin et au four de Pierre Choisel, sous le cens d'usage.

Par d'autres lettres du même évêque et de la même année, Simon de MalgenesteDomus Hospitalis Malgeneste
Domus Hospitalis Malgeneste
, « de Malagenesta (à une lieue de Senlis, près d'Ognon, carte de Cassini) », concéda aux frères de l'Hôpital de Jérusalem à Senlis, un bois, nommé le Bois-Renaut, « nemus Benoldi », comme aussi Robert de Garlande leur confirma la donation à eux faite par son père, de dix arpents de terre, au Sablon de Senlis, « in Sabulo Silvanectensi », à la charge de lui payer une rente de cinq sols parisis. Cette charte de confirmation est datée de l'année 1197, au temps, y est-il dit, où l'Hôpital de Senlis avait pour commandeur, magister, un frère, nommé Pierre Pilot.

Les donations et les cessions se succédèrent dans le XIIIe siècle, au profit des frères de l'Hôpital:
C'étaient l'abandon en 1212, par Pierre, seigneur de « Chauerci (commune de Trumilly) », de 52 sols de cens sur des maisons à Senlis, devant l'église de Sainte-Geneviève.
La donation en 1214, par Pierre, seigneur de Rocquemont, d'autres cens au dit Senlis.
La cession dans la même année, par Pierre, seigneur d'Oignon, d'un bois, près d'Ognon.
Le don en 1215, par Richard d'Angicourt, « de Angicuria », d'une maison, près le Pont-Perrin, « juxta pontem Petrinum (le Pont-Perrin était près de Senlis) ».
L'acquisition faite en 1217, d'Enguerran, seigneur de Sery, « de Seriaco », d'une rente de seize muids de blé, qu'il tenait du Roi, sur le moulin de « Sery (Sery-Maigneval) ».
Celle faite en 1219, de Guy de Borret, de tous ses héritages au dit lieu.
La cession en 1220, par Roger, seigneur de Ris (peut-être Rieux) et d'Asceline, sa femme, de tous leurs acquêts de communauté.
L'abandon dans la même année par Guillaume, seigneur de Vaux, « de Vallibus », de toute sa terre à Morancy, « apud Moranciacum MorancyDomus Hospitalis MorancyDomus Hospitalis Morancy » (commune de Boran-sur-Oise)

Une charte de Garin, évêque de Senlis, du mois de mai 1220, porte qu'un nommé Simon, fils de Guibert, s'était présenté devant son officiai, à qui il avait déclaré que, avec l'assentiment de son père qui l'avait émancipé, il abandonnait tout ce qu'il pouvait donner de son héritage à la maison de l'Hôpital de Jérusalem, établie à Senlis, en lui vendant le reste pour 80 livres parisis, qui devaient servir à payer ses dettes.

La même charte mentionne en outre que le dit Simon, avec le consentement des frères de l'Hôpital, a accordé à sa soeur la moitié de son héritage, bien que d'après la loi elle n'en put avoir que le tiers, « licet de consuetudine régis Francie non debet habere nisi tertiam partem. » Toutefois cette donation devait être déclarée nulle et non avenue, si la soeur voulait empêcher l'ordination de son frère; et, dans ce cas, les biens donnés devaient revenir à l'Hôpital.

En 1222, une noble dame, nommée Elisabeth, veuve de Guy, autrefois boutillier de Senlis, donna aux Hospitaliers de Senlis et aux frères de la chevalerie du Temple, la moitié du moulin de Chantilly, « de Chantilliaco » dans la terre de
Saint-Leu-d'EsserentDomus Hospitalis Saint-Leu-d'EsserentDomus Hospitalis Saint-Leu-d'Esserent, « in terra sancti Lupi de Escerento », et aussi la moitié du moulin de l'Aunay ou de Launette, « de Alneto », situé au territoire d'Ermenonville, « in territorio de Ermenovilla. » Cette donation faite sous le sceau de l'officiai de Senlis, est datée d'Ermenonville, au mois de février 1222.

D'après un censier de l'année 1304, nous voyons que l'Hôpital de Saint-Jean de Senlis possédait un grand nombre de cens et de rentes foncières sur des maisons dans la ville:
En la Place aux Charons.
Au Marché au Samedi.
En la rue de la Hésete.
En la rue de la Congnié.
Au Clos-Hérouart.
En la rue au Lyon.
En la Hérengerie.
En la rue Pié-de-Buef.
Autour Saint-Vincent.
A la Porte-au-Pain.
Derrière Lescanges.
En la Poissonnerie.
En la rue Haubergière.
En rue Parisie.
En Faigne.
De lez La Blan-cloche ou Bancloche.
Au Pont-Perrin.
En la Claie.
A la Croix-Saint-Gilles.
Rue Sainte-Geneviève.
Devant la Halle.

Et sur des terres ou héritages dans la banlieue ou aux environs de Senlis:
A La Victoire.
A Villemetrie.
A La Bretonnerie.
Aux Abuvrouers.
Au Pont-Gemer.
A Sotemont.
A la Croutte-Henri.
Au bois de La Saussoie.
A la fontaine Saint-Riule de lez la Croute-Henri.
En la Champaigne.
Au Boutonnier.
Au Buat.
Au Buisson de Barbery.
Au Pommeret.
A la Folie-Riquedon.
A la Croix-Renouart.
A l'Epinette.
A la Voie de Balagny.
Aux terroirs d'Ognon.
Plailly.
Borest.
A Trumilly.
A Cornefroy.
A Montepilloy.
Mont Eppelouer, etc., etc.

Le domaine de l'Hôpital se composait de la maison avec la chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, bâtie sur un arpent de terre clos de murs dans la grande rue, à Senlis, vis-à-vis le beffroi; d'une grange, appelée la Grange de l'Hôpital, hors de la ville, avec une cinquantaine d'arpents de terre; d'autres terres encore sur les territoires d'Ognon, Barbery, Mont-l'Evêque, Rully, Sacy, Abilly, Troisy, comprenant plus de 150 arpents; et enfin d'environ 40 arpents de bois dans la forêt d'Halatte avec le moulin du Thiery, sur la rivière de Launette. Son revenu, qui était de 142 livres en 1495, montait à 2.300 livres en 1757; et à 3.000 livres en 1782.

N'oublions pas de mentionner ici que les Hospitaliers de Senlis possédaient, au XIIIe siècle, dans le Valois, plusieurs domaines:
Celui de la Chapelle-Notre-Dame ou de Bourg-FontaineDomus Hospitalis BourgfontaineDomus Hospitalis Bourgfontaine (commune de Silly-la-Poterie ou Oigny-en-Valois, Aisne).
La terre et seigneurie de Bérogneseigneurie de Bérogneseigneurie de Bérogne (commune de Chelles, Oise).

Anciens Commandeurs de Senlis
1197. Pierre Pilot, hospitalis silvanectensis magister.
1302. Frère François Guoit.
1304. Frère Jehan de Pringy.
1309. Frère Jehan du Maroel.
1364. Frère Jacques de Rampillon.
1371. Frère Hue Le Parquier.
1380. Frère Simon de Hesdin.
1409. Frère Richard Bernard.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Sens   (89)
Domus Hospitalis Sens
Département: Yonne, Arrondissement et Canton: Sens — 89


Domus Hospitalis Sens
Domus Hospitalis Sens


La Maison du Temple de Coulours possédait les anciennes maisons Templières qui existaient à Sens, et qu'il se trouvait dans la même ville une autre maison provenant de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem qui, après avoir appartenu à la commanderie de CerisiersDomus Hospitalis Cerisiers
Domus Hospitalis Cerisiers
, était devenue un membre de celle de LaunayDomus Hospitalis Launay
Domus Hospitalis Launay
.

Cette maison était située rue Saint-Benoît, près des murs de la ville, et provenait d'un legs fait à l'Ordre par un ancien commandeur de Baugy, du nom de Barthélémy Gasteau.

Outre cette maison, la commanderie de Launay avait à Sens, au XVIIe siècle, un fief appelé « le fief du Grand-Verger », situé aussi le long des murs de la ville, et tenant à la rue par laquelle on allait de la rue des Vielles Etuves à la porte de Saint-Didier. Ce fief consistait principalement en censives et rentes foncières sur des maisons et héritages, rue Saint-Benoît, rue du Gros-Sureau et rue de la Monnaie-Nouvelle.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Serres   (31)
Domus Hospitalis Serres
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Muret, Canton: Rieux, commune: Lavelanet-de-Comminges — 31


Domus Hospitalis Serres
Domus Hospitalis Serres


Dans la juridiction de la petite ville de Lavelanet se trouvait le territoire de La Serres, qui avait été donné à l'Ordre de Saint-Jean. Les Hospitaliers en avaient fait le centre d'une petite Commanderie, dont nous ne trouvons l'existence mentionnée que dans le XIIIe siècle.
L'acte le plus ancien que nous fournissent ses archives est une donation faite vers 1250 à l'Hôpital de Serres, au commandeur Pierre du Port, par les consuls et la communauté de Lavelanet, qui, poussés par la piété, firent cession de tous leurs droits sur la Salvetat de Serres, et qui apposèrent sur le parchemin le sceau communal.

Liste des commandeurs de Serres
--------1243. Pierre de Biscons.
--------1248. Bertrand de Fraxines.
--------1254. Raymond Sacerdos.
1257-1258. Pierre du Port.
--------1273. Bernard Leroux.
--------1279. Jean de Muret.
--------1321. Pierre de Caylus.
1371-1372. Hugues de Gozon.
1372-1373. Bernard de Montaigut.
--------1477. Jean d'Audons.
1498-1502. Raymond du Tilleuil.
--------1515 Jean Barès.
(Vers 1520, réunion à la commanderie de Salles-sur-Garonne).
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883

La Salvetat de Serres
La Salvetat de Serres était une sauveté et un hôpital avec l'agencement administratif d'une commanderie dépendant des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. L'archive la plus ancienne la concernant est un acte mentionnant la cession, vers 1250, de la Salvetat de Serres et de ses dépendances au frère Pierre du Port, commandeur de l'hôpital de Serres et de l'ordre de Saint Jean, par les consuls de Lavelanet.
Ainsi, la Salvetat fait partie de ces premières organisations territoriales qui regroupaient, dans le contexte d'un ensemble foncier, un établissement religieux à caractère charitable avec son exploitation agricole dont la collectivité y jouissait de la protection de l'Eglise.
Située au bord des routes normales que suivaient voyageurs et pèlerins, la fonction charitable des Hospitaliers y trouvait son expression fondamentale. Au XIIIe siècle, après la suppression des Templiers, le membre de Saint-Cyrac ? fut réuni à la commanderie de Serres.
A la fin du XVe siècle, la commanderie de Serres fut réunie à celle de Salles et passa avec elle, vers le milieu du XVIe siècle dans celle de Montsaunès.
Une chapelle consacrée à Saint Jean Baptise et son cimetière subsistèrent jusqu'en 1795 : confisquée à l'ordre de Malte puis vendue comme bien national, les acquéreurs labourèrent le sol de la chapelle et du cimetière.
Sources: Mairie de Lavelanet-de-Comminges

Salles-sur-Garonne
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Muret, Canton: Auterive - 31


Domus Hospitalis Salle-sur-Garonne
Domus Hospitalis Salles-sur-Garonne


Au début du XIIe siècle, la paroisse constituait l'un des prieurés de la puissante Abbaye de Lézat. Le village fut saccagé vers 1240 pendant les désordres qui suivirent la croisade contre les cathares.

En 1270 Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse y fit construire un petit fort destiné à regrouper la population à l'abri de murailles. Vers cette époque, la paroisse et la seigneurie furent transférées à l'ordre des Templiers qui y fondèrent un établissement qui dépendait de la baillie de Montsaunès. Il ne s'agissait pas d'une place forte, mais d'un établissement chargé de la gestion des domaines de l'Ordre pour financer son action en Palestine.

Lorsque le roi Philippe le Bel supprima l'ordre des Templiers en 1307, Salles devint le siège d'une commanderie de l'ordre des Hospitaliers (l'ordre de Malte) ; cet ordre conservera ses droits seigneuriaux sur Sales jusqu'à la Révolution.
Sources: Mairie de Salles-sur-Garonne
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Servanges   (21)
Fief de l'Hôpital de Servanges
Département: Côte-d'Or, Arrondissement et Canton: Beaune, Commune: Tailly — 21


Fief de l'Hôpital de Servanges
Localisation: Fief de l'Hôpital de Servanges


— Ce fief fut donné aux Hospitaliers en 1199, avec une chapelle et une grande métairie.
— Servanges, ancienne grange des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, avec chapelle, dépendance de la commanderie de Beaune.
Sources: César Lavirotte — Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne — Membre de la Société française pour la conservation des Monuments — 1852.

Servanges, ferme sur la commune de Tailly
— Ancienne grange des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, avec chapelle, dépendant de la commanderie de Beaune.
— Hospitalarii de Salvanges, 1199 (Fonds de la commanderie de Beaune, H 1224)
— Hospitalis de Servoinges, 1277 (Abbaye de Cîteaux, H 470)
— Servenges, XIIIe siècle (Orbituaire de Notre-Dame de Beaune, folio 62 rº)
— Servanges, 1322, fonds de la commanderie de Beaune, H 1226)
— Servange, 1572 (Ibidem, H 1224)
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Côte-d'Or, rédigé par Alphonse Roserot. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXXIV.
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Sottizon   (01)
Domus Hospitalis Sottizon
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Pont-de-Veyle, Commune: Saint-Jean-sur-Veyle — 01


Domus Hospitalis Sottizon
Domus Hospitalis Sottizon


— Souttizon, Soutison, Sotison.
— 1670 : Saint Jean des Aventures et Saint Jean sur Veyle
— 1757 : Saint Jean sur Veyle
— Au mois de mars 1243, Humbert de Genost, chevalier, donna aux hospitaliers d'Epaisse un mas de pur alleu qui y était situé. Dans un acte de vente de 1296, il est fait mention de « la terre de noble Guillaume de Sotison gentilhomme. »
Archives du Rhône, fonds de Malte, Inventaire de Laumusse de 1627.
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.

Sottizon, commune de Saint-Jean-sur-Veyle
— Souztisin, in parrochia de Chavignaco supra Velam, 1243 (Archives du Rhône, titres de la commanderie de Laumusse, Epaisse, chapitre II, n° 2)
— Peronetus de Soutison, 1299-1369 (Archives de la Côte-d'Or, B 10455, folio 47 r°)
— Sotison, parrochie Chavaigniaci, 1443 (Archives de l'Ain, H 793, folio 559 v°)
— Sotison, 1365 (Compte du prévôt de Juis, S 86)
— Sottizon, parroisse de Sainct Jean des Advantures, ou Aventures, 1573 (Arcives de l'Ain, H 814, folio 391 r°)
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Ain, rédigé par M. Edouard Philipon. Paris, Imprimerie Nationale MDCCCCXI.
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Soultz   (68)
Commanderie de Soultz
Département: Haut-Rhin, Arrondissement: Guebwiller, Canton: Soultz-Haut-Rhin — 68


Commanderie de Soultz
Localisation: Commanderie de Soultz


L'époque exacte de la fondation de la commanderie de Soultz (1) est inconnue, mais il est à peu près certain qu'elle fut fondée à la fin du XIIe siècle en même temps que les autres maisons d'Alsace.

La première mention historique est de 1263 (Strassburg, Urk.-Buch, I, page 256.) La première mention de la maison de Colmar est de 1234 (Huot), de Mulhouse 1268 (Mieg), de Dorlisheim 1240 (Cartulaire). D'après M. Ingold père, la collection des manuscrits d'André Silbermann, de l'ancienne bibliothèque de Strasbourg, renfermait une planche représentant une église avec la légende suivante: Eglise de la commanderie de Saint Jean sacrée en 1234 par Bartholomé Bucher et démolie en 1775, a été de 100 pieds de longueur et la tour de 100 pieds, à Soultz en Haute-Alsace.

Cette maison de Soultz était certainement antérieure à l'érection de Soultz en ville et elle ne fut englobée dans les fortifications de Soultz qu'en 1328, d'après un titre renfermé dans un cartulaire possédé par le docteur Knoll à Hochfelden. D'après Grandidier, il y avait à la commanderie de Soultz, en 1367: le commandeur, huit prêtres de l'ordre et dix pères chevaliers. En 1520 il y avait 12 prêtres, 4 soeurs et 30 pauvres femmes. (Oeuvres inédites, VI, page 384)

La maison de Saint-Jean fut pillée par les paysans révoltés en 1525 et la ville dut payer de ce chef une indemnité de 450 livres au commandeur: à partir de ce moment (1528, d'après Grandidier) il n'y eut plus de conventualité. Les chevaliers résidèrent dans leur famille. Seul le commandeur, souvent titulaire de plusieurs commanderies, résida parfois à Soultz. Dans les derniers temps, il y établit un receveur chargé de surveiller les revenus et d'en faire la recette. Mercklen (Histoire d'Ensisheim) estime ces revenus à 12.000 livres. En 1789 les biens et revenus étaient estimés 14.100 livres.

Commandeurs
1. Burkardus Grametsch. Procurator et rector, 1269. (Urk.-B. der St. Basel, II, page 10)
2. Dorberdus, commandeur, 1281. (Ib., page 201)
3. Jacobus de Neuenbourg (Neufchâtel), 1287-1293; Schoepflin et Trouillat, II, pages 500, 509, 545.
4. Rodolphe de Masevaux, 1311. (Cartulaire fol. 311 et 312), mort en septembre 1334, d'après sa pierre tombale conservée dans la chapelle du cimetière de Soultz.
5. Otton de Schauenburg, 1336. (Trouillat, III, page 771)
6. Frère Jean, 1344. (Ib., page 827)
7. Conrad de Soultzmatt, 1369-1371. (Grandidier, IV, pages 374, 384 et Cartulaire, fol. 233, 265)
8. Reinhard Polren, 1381. (Cartulaire, page 302)
9. Jean Ulrich de Masevaux, 1396-1403, d'après M. Ingold père. (Ce qui se trouve confirmé par Hanauer, Cartulaire de Saint-George (page 159) publié depuis)
10. Louis de Melchingen, 1460. (Cartulaire, fol. 220 et 195)
11. Burcard Spett, 1491. (Cartulaire, f. 201 et 1492, archives de Soultz)
12. Philippe Schyllung, 1526. (Cartulaire, f. 201 et 1529)
13. Georges de Hohenheim, dit Bombast, 1533. (Cartulaire, f. 176, 195 et 297), 1536-1541.
14. Conrad de Schwalbach, 1559, grand bailli d'Allemagne, commandeur de Francfort, Soultz et Colmar, mort le 17 mars 1568, d'après la pierre tombale conservée à la chapelle du cimetière de Soultz.
15. Jean Philippe Losch de Mollenheim, commandeur de Villingen, Soultz et Colmar en 1560-1589, fit d'importantes réparations en 1581 et 1582 à la commanderie de Soultz d'après diverses inscriptions. En 1589 il fut député à une conférence tenue à Strasbourg pour la défense de la patrie. (Archives de la nonciature de Lucerne)
16. Hartmann von der Thann, commandeur de Soultz, Uberlingen et Colmar, 1610, 1626, 1630.
17. Balthassar de Ramswog, commandeur de Colmar, Soultz et Mulhouse, 1640. (Archives de Colmar)
18. Gottfrid Drost de Fisching, 1698, commandeur de Soultz et Colmar, 1678-1682. D'après une chronique de Mulhouse il aurait été assassiné le 8 septembre 1663 par un nommé Risa, mais c'est sans doute 1683 qu'il faut lire.
19. Jean Henri baron de Schwansbell, 1685-1693, commandeur de Soultz, Colmar et Mulhouse pendant 9 ans, mort le 22 décembre 1693 d'après sa tombe conservée à Soultz, son acte de décès et divers autres documents.
20. Henri Ferdinand Stein de Reichenstein, commandeur de Soultz, Colmar et Mulhouse, 1697-1738. (Huot, Mossmann et Archives de Soultz)
21. François Joseph de Forelle, 1743-1786. Il figure en 1761 (archives de Soultz), avec les titres de commandeur de Soultz, Colmar, Mulhouse, Friesen, Asseltracht et Schwobisthal, récepteur général de l'ordre en Allemagne, chambellan et ministre intime du roi de Pologne et électeur de Saxe.
22. Antoine de Hompesch, 1786-1792, devint grand maître de l'ordre et et céda l'île de Malte à Napoléon I.

Grandidier signale, probablement comme chevalier, Christophe d'Angreth en 1710.
Sources: Nouvelles Oeuvres Inédites de Grandidier — Ordres Militaires et Mélanges Historiques — Strasbourg. Editeur-Libraire H. Huffel — M.D.CCCC. Colmar

Soultz
— Commanderie de l'Ordre de Malte.
— Dominis de Sancto-Johanne, 1288 (Trouillat, Momum., II, 453)
— Frater Jacobus commendator in Sulz domus, ordinis hospitalis sancti Johannis Jherosolim, 1291 (Trouillat, Momun., II, 509)
— Commandeur des maisons des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Soultz et à Mulhouse, 1344 (Trouillat, Momum., III, 827)
— Comenthur zu Sultz, Colmar und Dorlisheim, 1542 (Urb. De cette commanderie)
Sources: Dictionnaire Topographique du département du Haut-Rhin. Par Georges Stoffel. Paris Imprimerie Impériale — M. DCCC. LXVIII.
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Souzy (Le)   (69)
Domus Hospitalis Le Souzy
Département: Rhône, Arrondissement: Lyon, Canton: Mornant, Commune: Rontalon — 69


Domus Hospitalis Le Souzy
Domus Hospitalis Le Souzy


Paroisse de Rontalon, « à quatre lieues de Chazelles, proche du château de Rochefort d'une lieue, avec sa dépendance de la Lardière en la paroisse de Saint-Martin-en-Haut, proche du château de Vauldragon. « L'annexe du Souzy consiste en certaines vieilles masures où il y a apparence d'y avoir eu autrefois une chappelle desdiée soubs le titre de Saint-Jean-Baptiste, et y avoir eu aussy autrefois une maison, grange, estable, le tout estant en forme quarrée, une basse cour au milieu, ayant esté desmoly il y a environ cinquante ans, et que mesme la cloche de ladite chapelle fut apportée à cause des troubles en la paroisse de Rontalon et est encore de présent au clocher d'icelle (1). »
1. Le Souzy n'est pas marqué sur la carte de l'Etat-major ; mais il y a, non loin de Rontalon, près du Pinay, un hameau qui porte le nom de Souzy ou Soulzy: c'est, d'après les limites indiquées, l'emplacement de l'annexe du Souzy. La Lardière figure sur la carte.

« Consiste aussi en une petite dîme appelée de l'hôpital du Souzy proche et à l'entour de ladite chappelle, quérable à la 13e ou 14e gerbe de tous grains, excepté le chanvre et le lin.

« L'annexe de la LardièreDomus Hospitalis Lardière
Domus Hospitalis Lardière
consiste en toute juridiction et rentes feudales et foncières.
Les terres labourables au Souzy comprennent 10 bicherées, les 6 bichets faisant la charge ; ces terres se sèment par tiers ; estant le pays maigre et stérile, il est nécessaire de les laisser incultes deux années.
Les limites du domaine sont la rivière de Lombaron de couchant, le chemin tendant des maisons des Rochetz au Souzy de vent, la rivière d'Artillez (2) de bise. »
2. Arguillier (carte de l'Etat-Major).

« Il y a rentes, censes, directes feudales et foncières sur Rontalon, Thurins, Saint-Martin-en-Haut et Rochefort ; lesdites rentes sont portables au lieu du Souzy ; néanlmoings, pour n'y avoir aulcune maison et pour la commodité des fermiers, on les porte en une maison au village de Tyrimantel distant desdites masures de la portée d'un mosquet » (Visite de 1615.).

Le droit de justice sur l'annexe du Souzy appartenait au commandeur de Chazelles. Mais le Souzy étant entouré de tous côtés par la seigneurie de Rochefort au chapitre de Lyon, l'exercice de ce droit et ce droit lui-même donnèrent lieu, à la fin du XIIIe siècle, à des contestations entre le commandeur et son puissant voisin.

En 1303 (1302, v. st.), un accord entre Aymon de Quarto, précenteur, Hugues de Saint-Symphorien et Anthelme Rigaud, chanoines de Lyon, obéanciers et seigneurs de Rochefort d'une part, et Arthaud de Saint-Romain, commandeur de ChazellesDomus Hospitalis Chazelles
Domus Hospitalis Chazelles
et les chevaliers et damoiseaux vavasseurs de Rochefort, d'autre part, régla les droits des parties.
Sources: M. Maurice Boissieu — La Commanderie de Chazelles — Bulletin de la Diana, juillet — décembre 1901. (Montbrison)
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