Maisons ou Hôpitaux

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Racherie (La)   (03)
Commanderie de La Racherie
Département: Allier, Arrondissement: Moulins, Canton: Saint-Pourçain-sur-Sioule, commune: Contigny — 03


Commanderie de La Racherie
Commanderie de La Racherie


C'est aux sires de Bourbon qui en furent les principaux bienfaiteurs que l'on doit l'établissement de la commanderie de la Racherie à Contigny. Elle a appartenu, dès son origine, aux hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, au début du XIIIe siècle. La route départementale D18 sépare aujourd'hui la commanderie au sud où il ne reste comme vestige qu'un pigeonnier, du hameau de la Racherie au milieu duquel subsiste une maison du XVIe siècle, pourvue d'un toit à quatre pans et d'une tour carrée non saillante. Selon la tradition locale, cette construction serait un reste de l'hôpital.


Commanderie de La Racherie   Commanderie de La Racherie
Commanderie de La Racherie — sources: Karen Maignan


Commanderie de La Racherie Historique
Une commanderie de Saint-Jean de Jérusalem fut implantée au XIIIe siècle en ces lieux.
Commanderie de La Racherie Architecture et ornementation
De la commanderie ne reste plus qu'un pigeonnier à pans de bois, dont la restauration exemplaire lui valut de recevoir le prix Emile-Mâle.

Le château de Beyrat
Département: Allier, Arrondissement: Montluçon, Canton: Ebreuil, Commune: Bellenaves — 03


Château de l'Hôpital de Beyrat
Localisation: Château de l'Hôpital de Beyrat


A Bellenaves, date du XVIe siècle. Il est flanqué d'une tour ronde en façade. Situé sur l'ancienne paroisse Saint-Bonnet-de-Bellenaves, le Beyrat était un membre de la Racherie.

Domus Hospitalis La Jonchère
Département: Allier, Arrondissement: Montluçon, Canton: Ebreuil, Commune: Bellenaves — 03


Domus Hospitalis La Jonchère
Domus Hospitalis La Jonchère


Village de la commune de Bellenaves, était aussi un membre de la Racherie. D'ailleurs, une construction ancienne avec son escalier de pierre sur le pignon semble bien confirmer une possession des hospitaliers.

Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Billatière
Département: Allier, Arrondissement: Montluçon, Canton: Hérisson, Hameau: Chateloy — 03


Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Billatière
Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Billatière


Annexe de la Racherie, appelé aujourd'hui Saint-Gobin, est situé près de Châteloy, sur la commune d'Hérisson. Il subsiste encore un bâtiment avec un escalier de pierre accolé à son pignon. D'autre part, et plus près de Châteloy, on trouve l'emplacement d'une ancienne Commanderie de Templiers qui s'appelait Saint Jean de la Billatière, dépendant de la Commanderie de la Racherie à Contigny. Aujourd'hui, on y trouve une ferme appelée Saint-Gobain.

Domus Hospitalis Huvers
Département: Allier, Arrondissement: Vichy, Canton: Jaligny-sur-Besbre, Commune: Liernolles — 03


Domus Hospitalis d'Huvers
Domus Hospitalis d'Huvers


Etait le chef d'une paroisse maintenant partagée entre Saint-Léon et Liernolles, dont l'église dépendait de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem. Peu importante, la Commanderie fut rattachée à la Racherie. A Huvers, se voit toujours un petit bâtiment carré flanqué de deux tours. C'était l'habitation du commandeur. Par contre, il ne reste que les fondations de l'église.

Saint-Jean-de-Château-Neuf
Département: Cher, Arrondissement: Saint-Amand-Montrond, Canton: Châteauneuf-sur-Cher, Commune: Mars-sur-Allier — 18


Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Château-Neuf
Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Château-Neuf


Etait un autre membre de la Racherie, situé dans le département du Cher. A Château-Neuf, la petite rue Saint-Jean est le seul souvenir qui reste de la présence des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.

Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Villedieu
Département: Allier, Arrondissement: Moulins, Canton: Bourbon-l'Archambault: Commune: Saint-Plaisir — 03


Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Villedieu
Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Villedieu


Dans la paroisse de Saint-Plaisir, dépendait de la Racherie. Aujourd'hui dans le hameau de Villedieu se trouve une construction qui paraît remonter à l'époque où les hospitaliers étaient possesseurs des lieux.
Sources: Georges CHATARD — Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.

Commanderie de La Racherie par Léopold Niepce
1. Chef. Commanderie de La Racherie
Département: Allier, Arrondissement: Moulins, Canton: Saint-Pourçain-sur-Sioule, commune: Contigny — 03
En pays de Bourbonnais, diocèse de Clermont, ressort de Moulins et du Parlement de Paris, à 1 lieue de Saint-Pourcain, et à 1 demi-lieue de Vernail et à 5 lieues de Moulins. « Revenu 1800 livres »

2. Membre. Huvers
En Bourbonnais, à 1 demi-lieue du château de la Varenne et à 1 lieue de la baronnie de Saligny et à 7 lieues du chef. « Revenu 300 livres »

3. Membre. Jonchère
Annexe appelée Duberat et la Jonchère, paroisse de Saint-Bonnet, à 5 lieues du chef. « Revenu 120 livres »

4. Membre. Rongères
En Bourbonnais, paroisse de Rongères et de Longy, diocèse de Clermont, à 3 lieues du chef, affermé avec celui de Redant, ci-après.

5. Membre. Velatières (?)
Près d'Hérisson, diocèse de Bourges, à 10 lieues du chef.
« Revenu 30 livres »
Je n'ai pas trouvé Velatières sur la carte de Cassini, par contre quelques noms qui s'y approchent dans la consonance.
1. Sur la carte de Cassini, au dessus de Herisson, Saint-Pierre de la Chateloy et juste au dessus, La Frevatiere.
2. Sur la carte de Cassini, à droite Herisson, en longeant la rivière, au arrive au Pont du Pariau, au dessus il y a la Bourse du Lac et juste au dessus Vrevatière.
3. Sur la carte de Cassini, à droite Herisson, en longeant la rivière, au arrive La Papeterie et au dessus, les Bordres et encore au dessus Tivatiere.

6. Membre. Saint-Jean de Villedieu
En la paroisse de Saint-Plaisir, à 1 lieue et demie de Bourbon, paroisse de Sévilly, diocèse de Bourges. « Revenu 200 livres »
Villedieu, juste sous Saint-Plaisir sur la carte de Cassini

7. Membre. Saint-Jean-de-Châteauneuf
Dans le bourg de Châteauneuf, à 25 lieues du chef et à 5 lieues d'Issoudun (Creuse), canton de Chenerailles. « Revenu 170 livres »

Issoudun — L'église Des Templiers.
Il n'existe pas non plus trace de l'église ou chapelle des Templiers, et aucun indice ne nous rappelle l'emplacement qu'elle a occupé. Tout ce que nous savons de ces moines guerriers, c'est qu'ils avaient à Issoudun un de leurs nombreux établissements et qu'ils possédaient des jardins avoisinant le pont de Saint-Denis. C'est ce qui résulte d'un titre de transaction passé au mois d'avril 1247, entre le frère Gervais, maître de l'hôtel du Temple d'Issoudun, conjointement avec ses frères, d'une part, et, de l'autre, les doyen et chanoines de Saint-Denis, pour l'échange d'une pièce de terre située près des jardins de l'ordre et joutant la croix du pont, qui, dans ce titre, est appelé le Pont-Neuf.

Maintenant, ces jardins étaient-ils attenants à leur maison à Là est la question. Dans le cas de l'affirmative, on pourrait supposer que leur hôtel était situé sur la propriété qu'on appelle la Grande-maison, et que ce nom même rappelle la dénomination populaire de la demeure des Templiers.

L'ordre du Temple ayant été détruit en 1307, ses établissements passèrent aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Ceci nous avait fait penser que la petite chapelle souterraine, dans le style du XIIe siècle, qui sert de cave à la maison de feu M. le président Barré, située place Saint-Jean, pouvait avoir appartenu aux Templiers et ensuite aux chevaliers de Saint-Jean, d'où ce quartier aurait pris son nom. Ce qui venait en aide à cette supposition, c'est qu'à Vierzon, une chapelle semblable, dont on ignore également l'origine, s'appelle la cave du Logis saint-Jean; c'est encore que l'église Saint-Jean d'Issoudun touchait aux remparts et était fortifiée comme en général les établissements des Templiers. Mais tous ces raisonnements tombent devant ce fait que l'église Saint-Jean portait ce nom avant la destruction de l'ordre du Temple.
Sources: Recherches Historiques et Archéologiques sur la ville d'Issoudun, par Armand Perémé. Paris 1847.

8. Membre. Braize et la Bruyère
Le Temple de la Bruyère de à Brèze, à 10 lieues du chef, à 1 lieue de la ville d'Ainay le Château (6), en Bourbonnais, diocèse de Bourges. « Revenu 200 livres »

Maisons du Temple de Braize et La Bruyère
Département: Allier, Arrondissement: Montluçon, Canton: Bourbon-l'Archambault, Commune: Braize - 03


Domus Hospitalis Braize et la Bruyère
Domus Hospitalis Braize et la Bruyère


Braize aurait été une ville antique, détruite par un incendie et que la légende désigne sous le nom de Temple. Il s'agirait (d'où son nom) du village de Braize, dont il ne reste rien, sauf l'église isolée aujourd'hui au milieu des champs.

Braize était à l'origine bien distincte des établissements voisins de la Bruyère et de Saint-Jean-de-Bouis, possessions de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem et dépendant de la Commanderie de la Racherie.

A la suppression de l'Ordre du Temple, Braize fut réuni à la Bruyère. Si à Saint-Jean-de-Bouis il ne reste plus rien, à la Bruyère, devenue d'ailleurs le nouveau bourg de Braize, il subsiste un domaine appelé la Commanderie, où l'on peut voir quelques restes de vieux murs. De plus, au milieu du village, on remarque deux constructions anciennes qui ont fait partie d'un ensemble de bâtiments de la Commanderie de la Bruyère.
Sources: Georges Chatard — Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.

9. Membre. Redan
Département: Allier, Arrondissement: Vichy, Canton: Varennes-sur-Allier, commune: Saint-Gérand-le-Puy — 03


Domus Hospitalis Redan
Domus Hospitalis Redan


Redan, en Bourbonnais, diocèse de Clermont, proche Saint-Gérand-le-Puy, à 4 lieues du chef, ledit membre affermé avec celui de Rongères.
« Revenu 650 livres »

Charges. 914 livres »
Commandeur: M. de Saint-Mauris.
Etat de la commanderie en 1745.
La Racherie. Redan. Rongères. La Bruyère ou Braize (Le Temple de). Huvers.
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne — Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors — Bâle — Genève — 1883.
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Ramoulu   (45)
Domus Hospitalis Ramoulu
Département: Loiret, Arrondissement: Pithiviers, Canton: Pithiviers, commune: Marsainvilliers — 45


Domus Hospitalis Ramoulu
Domus Hospitalis Ramoulu


On ne trouve aucuns titres primordiaux sur cette ancienne maison du Temple de Ramoulu. Cependant un vidimus incomplet d'une charte mentionnée dans un inventaire des titres de la commanderie d'Etampes, indiquerait que Ramoulu faisait partie des domaines qui furent donnés au XIIe siècle par le Roi Louis VII aux Templiers.

Les terres de la maison de Ramoulu, au nombre de 150 arpents, étaient situées, d'après une déclaration de l'an 1376, aux lieux dits, à la Croix-Coignepuys, à la Croix-de-Boissy, à la Haste-Alix, à la Grande et à la Petite-Fouchère, et se trouvaient alors affermées avec un clos de vigne, des cens et des rentes, cinquante francs d'or, et à la charge par le fermier de nourrir le frère de l'Hôpital, qui était curé de Ramoulu.

En 1473, le ravage des guerres avait détruit les bâtiments de Ramoulu; et Pierre Louffart, alors commandeur, avait pris le parti de donner à cens toutes les terres de son domaine, pour cinquante-neuf ans, à la charge par le preneur de lui rendre, chaque année, neuf muids de grain, moitié blé, moitié avoine, et de reconstruire à ses frais la maison et les édifices de la ferme.

Cette maison était rétablie en 1495, car nous lisons dans le procès verbal de la visite prieurale de cette année-là: « Il y a le membre de Ramolu qui est ung villaige de XL habitants, hommes de la seigneurie, où a une cure fondée de Saint-Pierre, servie par ung frère, nommé frère Guillaume Laurent, où a une maison et grange pour le fermier, en bon estat, et peult valloir ledit lieu, tant en domaine comme censives et dismes par commune année XX livres. »


Domus Hospitalis Ramoulu
Domus Hospitalis Ramoulu - Image Ramoulu


En 1508, ce n'était plus un frère de l'Ordre qui desservait l'église de Ramoulu ; le Commandeur d'alors avait fait pour la cure comme pour les autres parties de son domaine. Il l'avait affermée à un prêtre séculier, moyennant une redevance annuelle de 78 livres tournois, y compris les dîmes de la paroisse et celles que le Commandeur recueillait à Piponvilliers, Coignepuys et Boissy.

Il ne restait plus à Ramoulu, au XVIIe siècle, qu'une grange qui servait à renfermer les récoltes des terres et le produit des dîmes, dont le rapport pouvait valoir, en 1757, 300 livres, et en 1788, 2,000 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Rayssac   (81)
Commanderie de Rayssac, Saint-Antonin, Puygozon, etc.
Département: Tarn, Arrondissement: Castres, Canton: Montredon-Labessonnié — 81


Commanderie de Rayssac
Commanderie de Rayssac


— Les Hospitaliers s'étaient établis dans l'Albigeois avant la fin du XIe siècle. Le cinquième jour des Calendes de septembre de l'année 1085, en présence de l'Evêque d'Albi.
— Guillaume Agambert donna à l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, l'église de Saint-Antonin-de-Lacalm en la ville de Lacalm (Aiguefonde 81) et tous les droits qui y étaient attachés.
— Gaubert de la Roque, le mas de Mont-Bertrand
— Izarn Durant, l'église de Saint-Michel dans la ville d'Ambialet (81), avec le fief ecclésiastique et la viguerie
Pierre Raymond d'Assa et Guibert de Vitro, l'église de Notre-Dame-de-Robeiro ou Ribeirio.
— Dans le courant du siècle suivant, ils s'établirent sur leur fief de Rayssac, où ils élevèrent leur château seigneurial.
— 1120. Donation par Guillaume Salomon à l'Ordre de Saint-Jean de l'église Saint-Geniès de puygouzon.
1174. Sentence arbitrale entre Guillaume, évêque d'Albi et Guiscard, prieur de l'hôpital dans l'Albigeois, au sujet dés droits épiscopaux (synodes et parades), que le premier revendiquait sur les églises de l'Ordre dans son diocèse:
— Gourgues, près de Lescure-d'Albigeois (81).
— Bar, peut-être près de Moularès (81).
— Combejac de nos jours (Saint-Pierre-de-Combejac) prés Lacaze (81).
— Saint-Cirque, Saint-Cirgue (81).
— La Nouvelle, peut-être La Nouvelle, près de Puylaurens (81).
— Benaine (?).
— la Capelle, je ne sais pas où, il y a beaucoup de lieux La Capelle dans la Tarn (81).
— Escandeliers peut-être Escandolières (12).
— Aussebaisse, prés Milhars (81).
— Gil, près Trévien (81).
— Ambres, (81).
— Lacalm, prés Le Fraysse (81).

« Il est regrettable que les archives ne contiennent que la mention de la charte de cette donation, l'une des plus anciennes faites à l'ordre de Saint-Jean en Europe »

— 1195. Inféodation à Bertrand de la Capelle par le commandeur de Rayssac, de la ville de la Capelle, du fort, situé entre ceux de la Guépie (?) et de Saint-Marcel (peut-être Saint-Marcel-Campes) et de tous les droits de l'Ordre sur cette paroisse, sous la censive de 50 sols melgoriens; il est réservé que, quand le Prieur de l'hôpital se rendra à la Capelle, le feudataire sera obligé de l'héberger avec sa suite une fois l'an.

— 1220. Sentence arbitrale de l'Evêque d'Albi entre le commandeur de Raysac et le chapitre de Castres, au sujet de l'église de Saint-Benoît de Gourgues, qui fut adjugée à l'Ordre de Saint-Jean.

— 1252. Transaction entre le Prévôt du Chapitre d'Albi et le commandeur, au sujet des dîmes que le premier réclamait sur le territoire de Rayssac, situé dans la commune du Cambon (près Albi); il fut convenu que, moyennant le paiement d'une redevance annuelle de 16 setiers de froment, le commandeur percevrait sans conteste la dîme en question.

— 1332. Transaction entre Bérald, évêque d'Albi, et le commandeur Foulques de Caldayrac, au sujet de la juridiction du lieu de Rayssac; elle est reconnue à l'évêque, qui s'engage à ne faire aucune exécution criminelle sur ce territoire et à ne pas y établir de fourches patibulaires ni autres marques de justice.

— 1370. Bulles du Pape accordant des indulgences à ceux qui visiteraient 3 fois la semaine pendant tout le carême les deux églises de Saint-Jean de Rayssac.

— 1569. Le commandeur B. de Valhausan requiert MM. les députés du clergé et de la noblesse du diocèse d'Albi, d'avoir à lui délivrer la somme de 300 escus sols « qui lui avoient été octroyée en reconnaissance de la capture par lui faicte de dix séditieux et rebelles portant les armes contre le Roy et qui furent condamnés à mort. »

— 1573. Commission du gouverneur d'Albi pour la garde du château de Rayssac; sommation aux habitants du Cambon et de Grèzes, près de Cambon (81), d'avoir à y participer.
— 1655. Achat pour l'Ordre par Jean de Bernuy Villeneuve, bailly de l'Aigle, de la terre et seigneurie de Guitalens (81) au prix de 5.500 livres.

La commanderie comprenait le château de Rayssac, des fiefs dans la paroisse du Cambon, les tènements de Lanel et de Babardel, un tiers de la dîme de l'ancienne paroisse de Saint-Blaise de Bonaval, dont l'église était en ruines depuis la guerre des Albigeois, des censés dans la ville et les environs d'Albi, la seigneurie spirituelle des deux églises de Puygozon, de Saint-Pierre des Forts, de Saint-Cirq et de Saint-Benoît de Gourgues (près de Lautrec), de Saint-Antonin de la Calm, du Cambon du Temple, de Saint-Pierre de Combejac, de Bar, de Saint-Pierre de Gil et de la Capelle-Segalar, les anciennes églises de Saint-Jean de Malemontade, de Saint-Jean de Linas et de Saint-Jean de la Nouvelle, le patronat de la fondation d'une messe dans l'église abbatiale de Saint-Michel de Gaillac, le sanctuaire de Notre-Dame de Mazières sur le Tarn, une chapelle dans l'église paroissiale de Guitalens, où les chevaliers possédaient encore une résidence seigneuriale, une portion des dîmes de Carmenel, de Sainte-Superie et des Cinq-frères (près de l'Isle).

Liste des commandeurs
--------1150. Aymeric d'Aygenbère.
--------1174. Guiscard.
--------1236. Dorde de Caylus.
--------1250. Etienne de Lemozin.
1251-1262. Borrel Audigier.
1233-1261. Jourdain de Cabrairol.
1270-1277. Guiraud de Colomb.
1282-1283. Déodat de Chiffied.
1283-1291. Dorde Guifre.
1296-1315. Raymond d'Olargues.
--------1327. Olivier de Penne.
1328-1354. Foulques de Caldayrac.
1392-1393. Pierre de la Borme.
-1409. Astoul de Lescure.
1414-1419. Pierre d'Hornac.
--------1441. Arnaud de Banes.
--------1450, Hugues d'Arpajon.
1459-1465, Guillaume de la Borme.
1491-1493. Tristan de la Borme
1496-1507. Bertrand d'Esparhès-Lussan-Carbonneau.
-1504. Jean de la Borme.
1514-1529. Jean de Boniface.
--------1529. Olivier de Léoncel.
1538-1541. Guyot de Marcilhac.
1561-1563. Aymeric de La Pierre.
1569-1576. Bernard Blanc de Valhausan.
1582 1596. Claude de Thézan-Venasque.
--------1603. Honoré de Pagès-Chastuel.
--------1617. Tristan de Villeneuve-Maurens.
--------1647. Antoine de Glandevès-Castelet.
--------1655. Jean-Philippe du Cos de la Hitte.
--------1662. Charles de Villages.
1675 1677. Jean-François de Verdelin.
1679-1682. Louis de Forbin-Gardanne.
--------1687. Louis-Imbert de Rabot.
1699-1702. Jean de Rolland-Relhaunette.
1710-1715. Jean-François de Polastron-Lahillière-Saint-Cassian.
1723-1729. Pierre-Félix de la Raynarde.
--------1738. Michel d'Albert de Sainte-Croix.
1744-1746. Joseph de Chalvet-Rochemontès.
--------1760. Chr de Raousset.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
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Redon   (03)
Commanderie de Redon
Département: Allier, Arrondissement: Vichy, Canton: Varennes-sur-Allier, Commune: Saint-Gérand-le-Puy — 03


Commanderie de Redon
Commanderie de Redon


La commanderie de Redon, sur la commune de Saint-Gérand-le-Puy, a été associée dès l'origine à celle de la Racherie. Le logis de la commanderie, sans doute construit au XVe siècle, a fait l'objet de nombreux remaniements. De plus, deux tours d'angle datant elles aussi du XVe siècle sont les seuls restes d'une enceinte rectangulaire fortifiée.
Sources: Georges CHATARD — Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.
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Renardiere-de-Manou (La)   (28)
Commanderie La Renardière-de-Manou
Département: Eure-et-Loir, Arrondissement: Nogent-le-Rotrou, Canton: La Loupe, Commune: Manou — 28


Commanderie La Renardière-de-Manou
Commanderie La Renardière-de-Manou


Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem eurent des propriétés à Manou dès le commencement du XIIe siècle. En 1136, ils y avaient bâti une villa sous le nom de Villedieu. L'acte suppose déjà une chapelle avec un prêtre pour la desservir. L'office divin qui y serait célébré ne pouvait s'étendre aux droits de sépulture qui appartenaient à l'église paroissiale de Manou (1).
1. Charte CCI: Vers 1136, accord entre le commandeur, le curé de Manou et le prieur de Moutiers.

A ce premier domaine s'adjoignit vers 1180 lieu de la Renardière que les religieux de Saint-Jean en Vallée de Chartres leur cédèrent pour une rente d'un muid de blé (2).
2. Charte CCII: Entre 1174 et 1184, concession par les religieux de Saint-Jean du lieu de la Renardière aux Frères Hospitaliers de Jérusalem.

En 1216, Gervais de Manou contesta aux frères Hospitaliers de la Villedieu de Manou et à leurs tenanciers le droit d'usage et de pâturage dans ses bois. Gervais, son frère Simon, son neveu Mathieu reconnurent leur tort, mais obtinrent une délimitation certaine des propriétés respectives (3).
3. Charte LXVII: En 1216, accord entre les frères de la Villedieu-de-Manou et Gervais de Manou touchant les droits d'usages et pâturages dans les bois dudit Manou prétendu par lesdits frères, tant pour eux que pour leurs vassaux, et qui leur est cédé par ledit Gervais avec une partie du bois de « Maurepast » Maurepat (78). Bibliothèque Mazarine, manuscrits 3367, f.89 Vº.

Les moins de Saint-Laumer, jaloux de leurs prérogatives, obtinrent également en 1223 un accord où les droits de leur prieuré de Moutier-au-Perche et du curé de Manou sont de nouveau proclamés (4).
4. Charte CCVII: En 1223, acte qui constate le droit des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à percevoir une portion des revenus de l'église de Manou.

Hervé de Léon, seigneur de Châteauneuf en 1269, avec l'assentiment de sa femme Mathilde, donna en perpétuelle aumône 15 livres de rente sur sa terre et châtellenie de Châteauneuf, avec droit de justice, seigneurie, etc. De même il confirmait un nouvel accord intervenu entre les Hospitaliers et Nicolas de Manou au sujet des bois sis à la Renardière avec droit de ferrage, etc., et la haute et basse justice de la Villedieu de Manou.

« L'ancienne commanderie de la Renardière, se composait donc d'une belle maison seigneuriale dans la cour de laquelle se trouvait une chapelle dédiée à sainte Apolline et dont dépendaient plus de 200 arpents de terre arable et de bois. »

« A cent pas de la maison, sur une hauteur, il y avait une seconde chapelle dédiée à sainte Catherine, chargée, comme celle de sainte Apolline, d'une messe par semaine qui était dite en 1757 par un capucin de Dreux. »

Dès le XIVe siècle, ces chapelles étaient en assez mauvais état. Le Livre-Vert nous édifie sur ce point. « La commanderie de la Renardière, chef de bailli, a chapelle de l'Hôpital ancien, qui est toute déserte, par le fait des guerres, et avoit esté baillée a séculiers pour XXII francs et demi, mais ils y ont renoncé par pure povreté, et ne peut-on trouver frère de l'Hospital qui la veuille prandre, 1373. »

L'année suivante, 1374, Robert de Juilly, grand prieur de France, en accorda la jouissance pour neuf ans à un donné de l'Ordre, Amaury Dufour, sans autre charge que d'y rétablir la maison qui tombait en ruines et d'y faire exercer la justice.

Actuellement, la Renardière conserve encore ses murs d'enceinte, sans aucune trace de tours ni fortifications; la chapelle de Sainte-Apolline seule subsiste. En voici la description qu'une main amie a tracée avec soin.

« La chapelle est construite au milieu d'un terrain entouré d'un mur formant enclos, mesurant 60 et quelques mètres de pourtour, planté de nombreux sapins. A droite, la maison de maître, ancien bailliage de la Renardière et la ferme, à gauche le vallon, au-dessus, la sapée ou bois de la Renardière.

« C'est au milieu de ce petit bocage que s'abrite notre chapelle, petit édicule, d'une vingtaine de mètres de contour, à façade rectiligne, à chevet cintré, pouvant dans sa plus grande hauteur compter dix mètres de haut, surmontée d'une élégante flèche à peu près aussi haute que l'édifice lui-même.

« Cette chapelle a été restaurée, il y a quelque cinquante ans (1949), par la famille Gaubert, à qui elle sert de chapelle funéraire.

« On y accède par un portail bivalve de 1 mètre 40 d'ouverture sur 1 mètre 90 de haut. Elle est ajourée sur la façade par une fenêtre ogivale géminée, surmontée d'un oeil de boeuf, et par trois autres fenêtres cintrées, dont une au fond du chevet, les deux autres à droite et à gauche dans les murs latéraux. Au-dessus du portail et au-dessous de la fenêtre de façade, deux pierres blanches encastrées dans le mur nous conservent deux écussons dont l'un est chargé d'une croix simple, et l'autre de trois bandes échiquetées, souvenir, à n'en pas douter, de l'un des commandeurs de la Ville-Dieu.

« L'intérieur est simple: blanchi à la chaux dans la partie principale, il est peint à l'huile dans la partie absidale. Le tout en dedans de l'oeuvre mesure 6 mètres 50 sur 4 mètres 50. Un lambris de chêne de l mètre 20 de hauteur règne tout autour. Les murs sont retenus par un trait en bois ouvragé au centre duquel on lit en lettres anciennes: « Adoramus te, Christe. » Les vitraux semblent appartenir à l'époque de la restauration de la chapelle. La fenêtre du fond a pour sujet l'Assomption; la Vierge est escortée à droite par un ange portant la fleur de lys, à gauche par un autre ange portant la couronne, et, à la partie supérieure, par quatre anges en extase. Le vitrail de droite représente la Mort du Christ avec cette inscription en lettres gothiques: « Vous serez avec moi aujourd'hui dans le paradis. » Dans le vitrail de gauche, la Résurrection.

« La fenêtre géminée n'a aucun sujet mais au dessous se trouve un tableau du siècle dernier mesurant 1 mètre 75 et représentant le Lavement des pieds. Sur les murs latéraux et à hauteur des fenêtres, deux statues dont une ancienne de sainte Apolline et l'autre de la Vierge.

« Mais ce qui attire particulièrement l'attention c'est l'autel en marbre blanc, qui fut dressé comme mausolée par M. et Mme. Gaubert sur la tombe de leur jeune fille, et qui aujourd'hui en sert également au père et à la mère. Cet autel a deux mètres de long, le tombeau est cintré et élevé en courbe de cul de lampe, il est surmonté d'un élégant tabernacle également en marbre; aux deux extrémités, deux socles supportent deux urnes en marbre blanc veiné de noir. Sur le devant du tombeau est gravée en lettres d'or une touchante inscription

« Chaque samedi, une messe est célébrée sur cet autel pour M. Mme et Mlle Gaubert, et grâce à cette pieuse fondation, la chapelle des anciens Hospitaliers se voit pour longtemps à l'abri d'une ruine qui n'eût pas manqué de la faire disparaître depuis de longues années. »

Cette chapelle et la commanderie furent achetées par M. Chouet, ancien maire de Senonches et appartient aujourd'hui à son gendre. M. Rousseau, directeur des fours à chaux de Senonches.


Chapelle de La Renardière


A la Commanderie de la Renardière était uni le domaine seigneurial de la Cruchonnière, paroisse de Fontaine-Simon. Cette terre avait été concédée aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem par Jean, comte de Chartres, avec cens et rentes, s'élevant à 7 livres, que lui devaient les 60 habitants du lieu (5), Cette terre de la Cruchonnière était affermée 4 livres en 1477, 63 livres en 1737 et 520 livres en 1783: elle comprenait 24 arpents de terre labourable, 12 arpents de bruyère et 1 arpent et demi de pré.
5. Charte CLXII. Le comte donnait par une autre charte du mois d'avril 1265 la Villedieu-Feuillet, paroisse du Mage, qui fut également rattachée à la Commanderie de Manou, Charte CLXI: 10 avril 1265, « donation faite en pure et perpétuelle aumône au prieur et frères de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem en France, savoir des titres de la seigneurie, fiefs, terres, bois, près, pâturages dans la paroisse de Feuillet, le tout contenant 604 arpents, donnés par jean, comte de Chartres, avec les grosses et menues dîmes, champart, justice haute et basse, généralement tous les droits seigneuriaux à lui appartenant dans la dite paroisse, pour jouir de tout par lesdits frères de l'Hôpital de Jérusalem, en titre de mains morte et d'exemption de toutes charges et servitudes. » Bibliothèque Mazarine, manuscrits 3367, f.98 Vº.

Les religieux hospitaliers possédaient encore d'autres biens dans le diocèse actuel de Chartres, par exemple la Bruyère et les Gués, paroisse de Rohaire, avec droit de haute, moyenne et basse justice, Bouvilliers, paroisse de la Chapelle-Fortin, le Buisson-Gohier, paroisse de Morvilliers, possessions rattachées à la commanderie de Saint-Victor-sur-Avre, canton de Verneuil, arrondissement d'Evreux Eure.

Les quelques chapelles situées dans la juridiction de la commanderie de Villedieu en Dreugesin furent délaissées par les religieux sans entretien et menacèrent bientôt ruine entière.

Le Conseil de l'Ordre s'en émut; et en 1747, frère Anne Hilarion Duplessis-Chatillon de Nonant, commandeur de Villedieu en Dreugesin, fit rapport que « les chapelles de la Villedieu-Feuillet, paroisse du Mage sous l'invocation de saint Jean-Baptiste, de la Villedieu, paroisse de Manou, dédiée à sainte Catherine, de la Renardière, paroisse de Manou, dédiée à sainte Apolline, et celle de Launay, paroisse du Rueil, dédiée à Saint-Georges, sont situées dans les lieux éloignés des habitants, de manière qu'il ne se trouve aucun ou très peu des habitants aux saintes Messes..... Qu'elles sont en mauvais état, etc. Il est d'avis qu'il seroit plus convenable de les réduire à deux, savoir l'une dans la ville de Dreux et l'autre dans le chef lieu de la Commanderie. »

M. Pinto, grand-maître de l'Ordre de Malte, rendit une bulle datée du 13 février 1758, par laquelle les susdites quatre chapelles devaient être démolies, les autels détruits, les ornements enlevés pour être distribués aux deux autres, et les messes, savoir 50 de la Villedieu-Feuillet, 50 de la Renardière, 50 de la Villedieu-Manou et 100 de Launay seront réunies savoir 180 à la Villedieu de Laongs qui en a déjà 100 et 70 à Saint-Denis de Dreux qui en a déjà 40. »

La chapelle de Champagne étant une église paroissiale ne pouvait être menacée d'un pareil désastre. Seule celle de la Renardière a survécu à la terrible condamnation du Grand Maître de l'ordre, et à la tourmente plus terrible encore de la Révolution. Toutes les autres ont disparu.

Nous devons reconnaître que sauf la chapelle de la Boissière de Châteaudun, ces édifices n'offraient rien de remarquable; l'archéologue n'a rien à regretter. Mais nous ne pouvons passer sous silence la belle chapelle de la Villedieu-Maurepas, paroisse d'Elancourt, ancien diocèse de Chartres, dont il est fait mention dans notre Cartulaire, p. 177. « Cette chapelle, dit M. Morize (6), fut bâtie au XIIIe siècle, alors que notre architecture nationale avait atteint toute sa perfection... C'est un monument construit avec soin, décoré avec goût, il a 28 mètres de long sur 8 de largeur dans oeuvre. Il se termine par une abside à cinq côtés. A l'angle de la façade est appliquée une tourelle d'escalier de forme octogone couverte d'un toit conique en ardoise. La porte au couchant a pour toute décoration une archivolte à pointes de diamant.
6. Le canton de Chevreuse, Tours, Deslis, 1892, page 84.


Chapelle de Villedieu-Les-Maurepas
Chapelle de Villedieu-les-Maurepas, image Jack Bocar


Au-dessus, s'ouvre une des quatorze longues fenêtres (1 mètre 40 sur 6 mètres) qui éclairaient la chapelle. A l'intérieur, trois grandes travées presque carrées précèdent le chevet. La voûte sur croisées d'ogives s'élève à 11 mètres 80 au-dessus du dallage primitif. Les nervures, soigneusement appareillées et moulurées, ont pour supports dans la nef huit cul-de-lampe décorés de feuillage, et au chevet six gracieuses colonnettes. Les clefs de voûte sont toutes sculptées avec délicatesse. Une piscine à double cuvette, sous une arcade ogivale, occupe la place habituelle du côté de l'épître. Sept ou huit pierres tombales ont été, dit-on, retirées et dispersées lorsque l'on baissa le sol de la chapelle pour la convertir en grange. »

M. Morize accompagne sa notice d'un joli dessin de la chapelle; M. de Dion a bien voulu nous prêter un autre cliché non moins intéressant, nous lui en adressons nos vifs remerciements.
Sources: Abbé Charles Métais — Les Templiers en Eure-et-Loir — Histoire et Cartulaire — Archives du diocèse de Chartres — VII — Chartres 1902

La Renardière-de-Manou
Canton: La Loupe, commune: Manou, hameau: La Renardière

Située dans la paroisse de Manou (canton de La Loupe 28), l'ancienne commanderie de l'hôpital de La Renardière se composait d'une belle maison seigneuriale dans la cour de laquelle on trouvait une chapelle dédiée à sainte Apolline, et dont dépendaient plus de 200 arpents de terre arable et de bois.

Le Commandeur avait à La Renardière la haute, moyenne et basse justice, avec des cens et diverses rentes foncières aux environs, à la Cruchonnière et à La Fontaine-Simon.

A cent pas de la maison, sur une hauteur, il y avait une seconde chapelle dédiée à sainte Catherine, chargée, comme celle de sainte Apolline, d'une messe par semaine, qui était dite en 1757 par un des capucins de Dreux.

Les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem étaient à La Renardière au commencement du XIIIe siècle. Ils eurent alors avec Gervais de Manou, seigneur du dit lieu, de graves démêlés au sujet des bois de Manou, dans lesquels les frères de l'Hôpital avaient des droits d'usage. Une transaction, portant la date du mois de mai 1216, mit fin à ces débats. Par cet acte, Gervais de Manou, avec l'assentiment de sa famille, abandonna aux Hospitaliers une partie de ces bois jusqu'au dos de Mesine, « usque ad dottum de Mesine » d'un côté, et de l'autre jusqu'au dos d'Hérisse (Herise au nord de Manou, carte de Cassini), avec l'Aulnaye-Pigale et une portion du bois de Maurepas, « de bosco de Malrepast. »

Les Hospitaliers pouvaient disposer des bois qui leur étaient cédés, comme ils l'entendraient, sans pouvoir cependant en faire des prairies. Gervais, de son côté, avait également la libre disposition des siens, mais il ne pouvait les céder à d'autres qu'aux frères de l'Hôpital. Cet accord est suivi d'un règlement pour la garde et la justice de ces bois.

Par des lettres du mois de février 1269, Hervé de Loigny, « de Leonia », seigneur de Châteauneuf, donna à la maison de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, quinze livres de rente à prendre chaque année sur son revenu dans la châtellenie de Châteauneuf. Ces lettres mentionnent en outre une convention par laquelle Nicolas, seigneur de Manou, abandonnait aux frères de l'Hôpital le terrage de ses bois situés à La Renardière, « ad Renarderiam » et en d'autres lieux, ainsi que la justice, haute et basse dans La Villedieu de Manou, « in villa Dei de Manoto », et ses dépendances.

Le Livre-Vert nous dépeint l'état déplorable où se trouvait La Renardière en 1373:

« La commanderie de La Renardière, chief de Baillie a chappelle de l'Ospital ancien, qui est toute déserte par le faict des guerres et avoist été baillée à séculiers parmi XXII frans et demi, mais ils y ont renoncé par pure povreté, et ne peut-on trouver frère de l'Ospital qui la vueille prendre. »

L'année suivante (1374), Robert de Juilly, Grand-Prieur de France, en accorda la jouissance pour neuf ans à un donné de l'Ordre, Amaury Dufour, sans d'autre charge que d'y rétablir la maison qui tombait en ruines, et d'y faire exercer la justice.

Le revenu de La Renardière était en 1757, de 100 livres. Il montait en 1783, à 275 livres.

Le domaine de La Cruchonnière était un membre de l'ancienne commanderie de La Renardière, à laquelle on réunit ensuite une autre petite commanderie de l'Hôpital, nommée La Villedieu-Feuillet.

Anciens Commandeurs de Saint-Victor et de la Renardière
1355. Frère Hue de la Broce.
1373. Frère Pierre de Caux.
1389. Frère Amaury Dufour.
1409. Frère Jehan Lemaire.
1450. Frère Mahieu du Cresson.
1468. Frère Pierre Chippot.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Renneville   (31)
Commanderie de Renneville
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Toulouse, Canton: Villefranche-de-Lauragais — 31


Commanderie de Renneville
Commanderie de Renneville


Pour étudier l'origine de la commanderie de Renneville, il suffît de nous reporter aux premières années du XIIIe siècle, pendant cette terrible guerre des Albigeois, qui ensanglanta si longtemps une grande partie du Midi et en particulier le pays s'étendant à l'Est de Toulouse et désigné sous le nom de Lauragais.

Cette contrée s'offrait tout d'abord aux coups des Croisés et, plus qu'aucune autre, était infestée par l'hérésie, qui avait trouvé parmi ses seigneurs de chauds adhérents et de zélés protecteurs. Les ministres albigeois ne prenaient plus même la précaution d'y prêcher leurs doctrines clandestinement, comme ils le faisaient ailleurs; c'était en plein jour, sur les places des villages ou dans les salles voûtées des châteaux, qu'ils tenaient leurs assemblées, sûrs qu'ils étaient de trouver dans tous les environs une hospitalité bienveillante et, au besoin, un refuge contre les poursuites des inquisiteurs. L'enthousiasme qu'ils étaient parvenus à exciter dans ces contrées était même si grand que, lorsque les seigneurs de Lauragais témoignaient ainsi ouvertement leurs sympathies aux « faidits », il n'était pas rare de voir leurs femmes abandonner leurs châteaux pour se faire recevoir dans la hiérarchie des « revêtues » (prêtresses des Albigeois) et se condamner à la vie errante et misérable des apôtres de l'hérésie. Aussi, quand après la prise de Béziers suivie de celle de Carcassonne, le comte Simon de Montfort eut soumis à son autorité la plus grande partie du Lauragais, il y trouva matière à de nombreuses confiscations, comme on peut s'en convaincre en parcourant les quelques registres de l'Inquisition, qui sont parvenus jusqu'à nous. A la place des anciens possesseurs des villes et du sol, on voit surgir à cette époque une nouvelle noblesse. C'étaient les guerriers du Nord, qui avaient reçu leurs parts de la conquête et le prix des prouesses qu'ils avaient accomplies.

Renneville appartenait, au commencement de la guerre, à Aymeric de Castelnau, dit l'ancien, qui, poursuivi, ainsi que sa femme, pour le crime d'hérésie, fut dépouillé de tous ses domaines. Ce seigneur est sans doute le même personnage que cet Aymeric, seigneur de Montréal et de Laurac, qui, après avoir vu ses biens confisqués, s'était jeté dans la place de Lavaur, dont dame Guiraude sa soeur était châtelaine et où il devait périr misérablement avec elle sous les coups des Croisés.
Simon de Montfort se hâta de disposer de ces riches fiefs pour récompenser les services de ses compagnons d'armes et Renneville fut dévolue par lui à Hugues de « Lasces ou de Lates », qu'il créa seigneur de Lauragais. La première campagne terminée par la bataille de Muret, ce dernier se hâta de témoigner sa gratitude au ciel pour la protection qu'il lui avait accordée; dans ce but il se présenta dans la maison de l'hôpital de Toulouse, où il demanda d'être reçu comme « donat » pendant sa vie et à être enseveli après sa mort, accompagnant la donation de sa personne de celle de sa place de Renneville, de ses habitants, et de toutes ses dépendances. Le prieur Bernard de Capoulège, lui accordant ses demandes, le rendit « participant de toutes les bonnes oeuvres qui s'étaient faites ou se feraient dans l'Ordre depuis son origine jusqu'à la fin du monde. » Ceci se passait vers l'an 1213. Il donne avec la ville de Renneville l'église Saint Sernin de Renneville.

Peu de temps après, Simon de Montfort ratifiait l'acte de piété de son vassal et consacrait la fondation du nouvel établissement des Hospitaliers. Ceux-ci ne tardèrent pas à accroître leur domaine en se faisant céder soit par donation, soit par achat, une partie des terres confisquées sur les hérétiques du voisinage. La possession d'un des principaux fiefs acquis de la sorte, celui dont avait été dépouillée dame Titburge, veuve de Sicard de Noville, fut disputée à l'hôpital par Alphonse de Poitiers. Nous avons déjà vu comment il se désista de toutes ses prétentions à ce sujet par la charte de privilèges octroyée en 1270. Ce fut vers cette époque que la maison de Renneville qui avait formé dans le principe une dépendance de celle de Toulouse fut érigée en commanderie séparée.

Après la réunion de la province à la couronne, la haute juridiction du lieu de Renneville passa des comtes de Toulouse au roi de France: le précepteur n'y exerçait que la basse justice. Ce dernier droit lui fut même disputé par Réginald de Dunhes, procureur du Roi, au nom de ce dernier. Le procès intenté à ce sujet par devant le juge de Lauragais, se termina en 1282, par une composition à l'amiable dans laquelle le Grand-Prieur de Saint-Gilles, G. de Villaret, consentit à acheter au Roi, le droit contesté au prix de 1000 livres tournois.

Les Hospitaliers profitèrent bientôt après du repos qu'ils venaient de se procurer de la sorte pour octroyer des libertés communales à leurs vassaux de Renneville. Cette charte n'offrant aucun caractère bien saillant, nous nous contenterons d'y noter la défense faite aux habitants d'exporter de Renneville pour les marchés voisins « leurs poules, oies, oeufs, fromages, agneaux et autres denrées comestibles avant de les avoir présentées au précepteur, afin que, si l'entretien de la maison l'exigeait, il put les acheter au prix qu'ils en auraient trouvé à l'extérieur, » la prohibition de la pêche depuis le pont de l'Hers jusqu'au moulin de l'hôpital, le partage entre les Hospitaliers et les Fabriciens (operarii) de l'église des droits perçus sur les ventes. L'acte de ces coutumes fut dressé le 5e jour du mois de mai de l'année 1291.
En étudiant ce document et en le comparant à ceux du même genre, qui se trouvent dans les archives d'un grand nombre d'autres maisons de l'Ordre, on peut remarquer que les libertés qui y sont concédées sont relativement peu étendues; ce qui s'explique aisément par ce fait que, la haute juridiction de Renneville appartenant au roi, l'autorité du précepteur y était alors fort limité, ainsi que les privilèges qu'il pouvait concéder à ses vassaux.

A peine créée par la charte précédente, la magistrature municipale de Renneville signale tout d'abord son existence par ses luttes contre les Hospitaliers. On voit les consuls tantôt refuser de payer les messiers, ou gardes des moissons, tantôt protester contre les criées, ou ordonnances de police que le précepteur avait fait publier dans les rues et les places publiques de leur ville, sans les avoir consultés et y avoir fait figurer leurs noms à la suite du sien.
En 1319, nous les voyons traduits par le commandeur, Olivier de Penne, devant maître Raymond Johanis, juge du tribunal de Saint-Jean de Jérusalem dans toute la sénéchaussée de Toulouse, pour les obliger à subvenir, avec l'argent de la communauté, à l'entretien d'un enfant de 4 mois, qui avait été trouvé devant la porte de l'église.

Pendant la seconde moitié du XIVe siècle, le Lauragais eut à subir plus d'une fois les désolations de l'invasion étrangère. A plusieurs reprises, les Anglais le traversèrent, répandant partout la désolation et la terreur.

En 1355, le Prince de Galles, débarqué à Bordeaux, se précipita, à la tête de son armée, sur le Toulousain, franchit la Garonne à Portet et s'avança jusqu'à Narbonne, laissant derrière lui, comme marques sinistres de son passage, les ruines fumantes de Carbonne, Miramont, Montgiscard, Baziège, Villefranche, Mas-Saintes-Puelles, etc.

Quoique Renneville ne figure pas dans cette triste nomenclature, elle n'en partagea pas moins, selon toute probabilité, le sort de ces villes; car elle se trouvait sur le passage de ce torrent dévastateur, qui ne put être arrêté que par les citadelles formidables de Carcassonne et de Narbonne. Peu d'années après, en effet, le précepteur et les habitants songeaient à relever de ses ruines la partie de l'enceinte qui avait le plus souffert et qui portait le nom caractéristique de mur de la bataille. Il fallait se hâter, tous sentaient l'impérieuse nécessité de mettre promptement leurs personnes et leurs biens à l'abri, non de l'invasion d'une armée tout entière, mais au moins des entreprises de ces innombrables bandes de partisans, qui profitaient du désordre général pour achever la dévastation du pays. Mais ici se présentait une difficulté: du précepteur ou des consuls, qui allait être obligé de subvenir aux frais de cette entreprise à laquelle chacun était également intéressé ?

D'après la coutume généralement admise dans nos contrées et énoncée dans la plupart des chartes de fondations de villes, le seigneur était tenu de faire entourer dès le principe sa bastide de murailles et de veiller en tous temps à sa défense de concert avec les habitants; ceux-ci se chargeaient par contre de faire exécuter à leurs dépens toutes les réparations que la suite des temps pourrait nécessiter dans ces fortifications. Or, dans le cas présent, aucune des parties ne voulant céder, un arbitrage devint nécessaire. Le précepteur Bérenger de Gozon et les consuls de Renneville convinrent de remettre leurs discussions au jugement de Bernard André, bourgeois de Villefranche et châtelain pour le roi delà ville de Montréal. Ce dernier, après une enquête minutieuse faite sur les lieux mêmes, décida que les consuls auraient à faire construire avec les deniers de la communauté, les fortifications dans la portion de l'enceinte désignée et qu'ils devraient y faire faire des gardes de jour et de nuit « dans les temps de nécessité, sous peine de leurs corps »; le précepteur se chargea de la défense du château et de la partie avoisinante de l'enceinte, ainsi que de la garde d'une des barrières des lices (clôturae); « En cas de guerre les habitants pourront se servir du « patus » « ou place située entre l'église et le château et appartenant au commandeur, pour y mettre en sûreté leur bétail et leur mobilier, sans avoir néanmoins l'autorisation d'y rien « construire » (1366).

Malgré cette convention, les ressources faisant sans doute défaut aux habitants pour cette construction que Bérenger de Gozon les sommait inutilement d'exécuter, le même arbitre fut encore appelé deux ans plus tard, à intervenir dans cette affaire. Sa sentence, rendue le 28 avril 1368, donne des détails assez intéressants sur les enceintes fortifiées des petites villes de nos contrées à cette époque et à leur mode de construction. « Le commandeur, sera tenu de faire élever à ses frais, par des maîtres habiles en des sortes d'oeuvres (per magistros in talibus expertos), la paroi qui doit avoir 10 pans de large et 30 de haut à partir du sol et en avant un mur de briques avec des créneaux... Au-dessus de la porte qui doit également être refaite à neuf, il doit également faire élever une tour de guet bien haute, suffisante et couverte d'une toiture en charpente et en tuiles. » Dans cette tour, les consuls devront entretenir deux hommes de garde en temps de guerre seulement; ils devront en outre payer 40 deniers d'or au franc versés directement aux maîtres et aux ouvriers, moyennant quoi ils seront quittes de tous autres frais.

De ces fortifications qu'il eut été intéressant d'étudier sur place, il ne reste plus de traces que dans les archives; peut-être de nouveaux assauts livrés à ses murs pendant les guerres religieuses vinrent-ils en hâter la destruction. Ces guerres incessantes, la famine et la peste qui en étaient alors les tristes et presque inévitables corollaires, avaient désolé le pays; sa richesse avait disparu pour longtemps et sa population avait sensiblement diminuée.
Nous en trouvons la preuve dans une bulle que Pierre de Montlezun, Grand-Prieur de Toulouse, adressa le 4 juin 1453, à Bérenger de Castelpers commandeur de Renneville, et dans laquelle il déclarait que « accédant aux voeux des consuls de cette localité, et prenant en considération sa misère et sa dépopulation » il abaissait à 5 livres tournois le droit d'albergue dû par les habitants aux Hospitaliers; le Grand-Prieur se réservait de rétablir I'albergue entière de 10 livres, dans le cas ou des temps plus propices reviendraient pour le pays, et que le nombre des feux de Renneville atteindrait le chiffre de 60. A cette bulle est attaché le sceau en plomb du Prieur avec son blason entouré de la légende, S PETRI DE MONLAZVN

Par une bulle du 28 août 1523, le grand-maître Philippe de Villiers de l'Isle Adam, donna la commanderie de Renneville au chevalier Philippe Giraud du Broc, déjà précepteur d'Homps (11), en récompense de la part glorieuse qu'il avait prise à la défense de Rhodes. Ce commandeur traita quelques années plus tard avec la couronne au sujet du droit de haute justice de Renneville, pour mettre un terme à ce partage d'autorité, qui amenait bien souvent des conflits entre les officiers royaux et les chevaliers de Saint-Jean. Par un acte daté du 13 mars 1534, François Ier lui cédait ce droit et en recevait en échange les censives, rentes et oblies que l'hôpital de Renneville possédait au Mas-Saintes-Puelles.

Dès lors, Renneville appartint en entier aux commandeurs qui, malgré cela, furent troublés plus d'une fois dans l'exercice de leur autorité.
J'en citerai comme preuve l'épisode assez singulier, qui se trouve mentionné dans un procès intenté par devant le Parlement par le commandeur François de Panisse Montfaucon contre les consuls. Il s'agissait d'une des prérogatives attribuées aux commandeurs de Renneville, et dont ceux-ci avaient joui depuis lors sans interruption ni conteste: je veux parler du choix des 4 consuls sur une liste de 8 candidats, présentée par ceux qui sortaient de charge. Vers le milieu du XVIe siècle, les habitants voulurent profiter du désordre des guerres civiles pour se délivrer par la violence de cette immixtion de leurs seigneurs dans leurs affaires municipales. Profitant de l'absence du chevalier de Montfaucon, le 13 janvier 1568, ils réussirent à tromper la vigilance des gardiens du château, s'y introduisirent par surprise et, après l'avoir livré au pillage, ils se retirèrent emmenant prisonnier le frère « Grimoard de Marmara », procureur du commandeur et quatre de ses soldats; les mutins poussèrent même l'audace jusqu'à les conduire enchaînés dans les prisons de Toulouse et à les poursuivre devant le Parlement sous l'inculpation d'avoir voulu les opprimer et porter atteinte par la violence à leurs franchises municipales. A la nouvelle de ces méfaits, François de Panisse demanda justice au Roi qui ordonna de le remettre en possession de ses droits et de poursuivre les coupables auteurs de la rébellion

La paix étant rétablie, les habitants ne renouvelèrent plus leurs tentatives pour enlever au commandeur le droit de choisir leurs consuls. Ayant renoncé à l'espoir d'en venir à leurs fins, ils se contentèrent de veiller avec sollicitude au maintien de leurs privilèges. C'est ainsi, qu'en 1645, ils assignèrent devant le sénéchal du Lauraguais le commandeur Jacques de Lancëgue, pour le forcer « à donner, suivant la coutume, à chaque habitant, grand ou petit, le jour de Noël, le repas (defructus) consistant en un pain, un morceau de fromage et du vin, et à offrir, le même jour, à souper aux consuls sortant de charge et à leurs successeurs. »

Les dernières liasses de documents ne contiennent plus que les procès-verbaux des visites de la commanderie, faites pendant les XVIIe et XVIIIe siècles. Nous pouvons y lire la description de la belle et grande église de Renneville, avec la chapelle du commandeur, due aux libéralités du chevalier Philippe du Broc; ils nous montrent « tout à costé de l'esglise, le chasteau du commandeur tout basty en pierres de taille et de forme carrée. » Sa grosse tour carrée fort antienne, haulte, n'ayant an dedans aulcun logement. » Ils nous promènent enfin à travers les membres de la commanderie, Fonsorbes (31), Saint-Sulpice-de-Lézat (de nos jours Saint-Sulpice-de-Lèze 31), Arfonds (81), Puylaurens (81), Marquefave (31), Avignonet (Avignonet-de-Laugarais 11), Soucale (31), etc.
En 1723 les revenus du commandeur étaient de 9927 livres et ses charges de 2615.

Liste des Commandeurs de Renneville.
--------1236. Raymond Aicart.
--------1240. Dominique de Caniac.
--------1253. Raymond Tolsan.
--------1254. Pierre de Cayrane.
--------1258. Pierre de Montbrun.
1265-1270. Bernard d'Aure.
--------1273. Pierre de Tournel.
--------1279. Bernard de Miramont.
--------1282. Pons de Corneillan.
--------1286. Raymond Prévost.
1295-1298. Bertrand de Jucone.
--------1300. Jacques Cigot.
--------1308. Guillaume Sarrade.
1309-1314. Bernard de Villar.
1319-1328. Olivier de Penne.
1335-1398. Bérenger de Gozon.
--------1402. Pierre Bollé.
1406-1410. Bernard d'Arpajon.
1411-1419. Antoine de Montardy.
--------1421. Guillaume de Prunet.
1423-1424. Jean de Laurac.
1437-1473. Bérenger de Castelpers.
1473-1477. Pierre de Garrigues.
1480-1502. Jean de Rolhac, lieutenant du Grand-Prieur.
1507-1512. Jean Salomon.
--------1516. Robert de Pagèze d'Asas.
--------1520. Pierre de Foncelles.
1520-1523. François de Glaudevès.
1523-1545. Philippe du Broc, Receveur du Grand-Prieuré.
1547-1557. Jean de la Vallette Cornusson élu grand-maître en 1557.
1557-1566. François de Doulcet Massaguet, Receveur du Grand-Prieuré.
156S-1570. François de la Panisse Montfaucon.
1576-1593. Pierre de Roquelaure Saint Aubin.
1604-1608. Jean des Comtes de Vintimille.
--------1617. Marianne de Trexemanes Chastuel.
1635-1565. Jacques de Lancègue, prêtre de l'Ordre
1670-1673. Louis d'Estuard de Besaure.
--------1679. George de Castillon Saint Victor.
1689-1694. Philippe d'Alamadd de Chasteauneuf.
1695-1704. François-Louis de Bourbon d'Oraison.
1704-1709. Jacques de George de Taranne.
--------1713. N. de Fontanille.
1714-1726. Joseph de Rolland Réauville.
--------1737. Vincent Sauveur de Collongue Foresta, Grand-Prieur de Saint-Gilles
1742-1745. Jean Jacques R. B. de Roux-Gausbert.
1753-1767. Antoine d'Albertas Saint Mayme. Grand-Commandeur, Grand-Prieur de Toulouse.
1783-1789. N. de Gallean.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse) 1883
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Replonges   (01)
Domus Hospitalis Replonges
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Bâgé-le-Châtel — 01


Domus Hospitalis Replonges

Domus Hospitalis Replonges


— In villa Rinplongio ou Ruitplongio; villa que dicitur Replungium; in villa Riplungio; de Replungo, de Replongio; Hospitalarii de Replonge; Replunjon, Replonjo.
— Très-ancienne paroisse sous le vocable de saint Martin.
— Le prieur de Saint-Pierre de Mâcon nommait jadis à la cure.
— Replonges apparaît dès le commencement du Xe siècle. A cette époque, il était le chef-lieu de l'Ager Respiciacensis.
— Les Templiers de Laumusse possédaient dans cette commune de riches domaines. En 1206, Hugues Nerel et Elisabeth, sa femme, leur donnèrent leur maison, le bois et la grange que tenait d'eux noble Renaud de Feillens, les granges de Vatel et de Billon, des terres, des prés et la part des dîmes qu'ils avaient en fief d'Ogier Boche. Cette donation considérable fut confirmée, en 1219, par l'archevêque Renaud de Forez.
— Au mois d'avril 1238, Etienne de Châtillon leur donna aussi tout ce qu'il y possédait et, en 1286, Guillaume Rebulin, chevalier, prit en fief d'eux divers fonds et, en outre, ce que les hospitaliers de Replonges tenaient de lui au-delà de la Saône.
— Parmi les bienfaiteurs de l'église on comptait Pierre de Sachins, curé de Chavagnat, qui lui fit un legs en 1350.
— Replonges a vu naître le littérateur Louis Desnoyers.
Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon, page 181, 213, 249 et 362.
— chartes 310, 311, 371, 430 et 598.
— Cartulaire de Savigny et d'Ainay, tome II.
— Documentations des Dombes, tome I, page 112.
— Cartulaire A, manuscrit de Cluny, fº 88, charte 13.
— Archives du Rhône, titres de Malte.
— Inventaire de Laumusse de 1027, fº 23; manuscrit H, 2242.
— Registre des oeuvres pies, vol. A-B, fº 71.
— Visite pastorale de 1656, fº 373.

Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Rhinau   (67)
Commanderie de Rhinau
Département: Bas-Rhin, Arrondissement: Sélestat-Erstein, Canton: Benfeld — 67


Commanderie de Rhinau
Commanderie de Rhinau


Cette petite ville de Rhinau sur les bords du Rhin fut le siège d'une commanderie de chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem que l'on trouve mentionnée en 1278 (Urk.-B. der St. Strassburg, III, page 38), en 1305 (ib., page 174) et encore, en 1371 (ib., V, page 722)

Peu après cette dernière date, Rhinau ayant été submergé par le fleuve, la commanderie dut disparaître dans la catastrophe.
Sources: Nouvelles Oeuvres Inédites de Grandidier — Ordres Militaires et Mélanges Historiques — Strasbourg. Editeur-Libraire H. Huffel — M.D.CCCC. Colmar
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Rhodes   (71)
Commanderie de Rhôdes
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Mâcon, Canton: Cluny, Commune: Château — 71


Commanderie de Rhôdes
Commanderie de Rhôdes


La Commanderie de Rhodes, fief et forêts sur le territoire de la commune de Château, près Cluny, appartenant aux Hospitaliers.

— Il y a même encore une petite contrée sur son linage qu'on nomme l'HôpitalDomus Hospitalis Rhôdes
Domus Hospitalis Rhôdes
, près Rhôdes.
— En 1449, le commandeur Aymon Bochard en fit faire le terrier.
Sources: César Lavirotte — Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne — Membre de la Société française pour la conservation des Monuments — 1852.
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Rignieux-le-Franc   (01)
Domus Hospitalis Rignieux-le-Franc
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Meximieux — 01


Domus Hospitalis Rignieux-le-Franc
Domus Hospitalis Rignieux-le-Franc


— De Riniaco, de Rigniaco, de Rigniaco-Franco (XIIIe siècle) ; villa de Rignieu ; apud Rinieu ; Rigneux-le-Franc.
— Paroisse sous le vocable de saint Paul.
— Les hospitaliers des Feuillets possédaient aussi à Rignieux-le-Franc des fonds et des rentes qui leur furent cédés à diverses époques, notamment en 1250, par Payen et Aymon de Buenc et, en 1251, par Bernard Fournier.
Archives du Rhône, armoire Agar, volume I, nº17.
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Rigny   (77)
Domus Hospitalis Rigny
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Provins, Canton: Rozay-en-Brie, Commune Lumigny-Nesles-Ormeaux — 77


Domus Hospitalis Rigny
Domus Hospitalis Rigny


Nous avons trouvé cette ancienne commanderie de l'Hôpital mentionnée, pour la première fois, dans une charte d'Hugues de Châtillon, fils du feu comte de Saint-Pol, de l'année 1227, par laquelle Etienne de Baucelle, prévôt de Crecy, a déclaré donner à la maison de l'Hôpital de Rigny, « domui Hospilalis de Rigniaco », vingt arpents de bois que lui, Hugues de Châtillon, avait précédemment accordés au dit Baucelle, dans la forêt de Brie, en échange d'autres terres.

Trois ans après, en 1230, nous voyons Pierre, évêque de Meaux, faire donation à l'Hôpital de Rigny, de trente arpents de terre, que Hugues de Châtillon, comte de Saint-Pol, lui avait concédés pour en disposer envers qui bon lui semblerait. Ces trente arpents étaient à prendre dans le bois appelé les « Usages de Guerard », situé près Pezarche, du côté de Rigny.

Une sentence arbitrale, du 15 décembre 1298, mit fin à une contestation qui s'était élevée entre le Grand-Prieur de France et l'abbé de Marmoutier, au sujet d'un droit de dîme que ce dernier prétendait avoir sur les terres de l'Hôpital, appartenant à la maison de Rigny, « domui de Rungniaco », dans les paroisses des Ormelles (commune Les Ormeaux) et de Guérard, au diocèse de Meaux.

La maison de Rigny avec sa chapelle, se trouvait située, comme nous l'avons dit, dans la paroisse des Ormeaux, sur un chemin nommé le chemin de la Planchette. Elle était affermée en 1583, avec la grange de Rains, dont nous parlerons ci-après, 130 livres. Le domaine comptait, environ 140 arpents de terre. Ce nombre était réduit, au siècle dernier, à 60. La chapelle avait été démolie; la maison restait, et était louée en 1788, avec les terres, 455 livres.

L'ancienne commanderie de Rigny possédait deux membres: une maison, appelée la Grange de Rains; et une autre, nommée « la Maison du Temple de Soignies », qui avait été autrefois une commanderie du Temple.

La Grange de Rains était située près de Hautefeuille, dans l'ancienne châtellenie de Crécy. Il en dépendait 80 arpents de terre. Le Roi accorda, en 1329, aux Hospitaliers, des lettres d'amortissement pour ce domaine. Son revenu était alors de 42 livres tournois.

Au siècle dernier, il ne restait de la Grange de Rains, que les terres qui étaient affermées, en 1788, 900 livres.
Anciens commandeurs Hospitaliers de Rigny
1330. Frère Henri de Monnis.
1368. Frère Jehan Leroy, prêtre.
1415. Frère Regnaut Petit.
1419. Frère Nicolas Dasquet.
1421. Frère Denis Guibe.
1457. Frère Denis Guillot.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Riscle   (32)
Commanderie de Riscle
Département: Gers, Arrondissement: Mirande, Canton: Riscle — 32


Commanderie de Riscle
Commanderie de Riscle


Dans la petite ville de Riscle, depuis une époque que, faute de documents, nous ne pouvons préciser, les Hospitaliers possédaient l'église de Saint-Christophe et son dîmaire ; ils y avaient de plus un établissement, désigné dans les actes sous le nom d'hôpital de Riscle. Il est permis de supposer que la maison de Riscle avait fait jadis partie de la Commanderie de Sainte-Christie.

Quand les archives commencent à nous initier à son existence, nous la trouvons formant un membre de la Commanderie de la Cavalerie; à cause de son importance et de son éloignement du centre de la Commanderie, son administration était ordinairement confiée à un précepteur particulier. La nomination à ce poste amena dans la première moitié du XVIe siècle des orages assez graves dans le sein même de l'Ordre. Les Hospitaliers n'étaient pas les seuls seigneurs spirituels de la paroisse de Riscle.

Le patronat de l'église saint-Christophe appartenait aux seigneurs de « Comnatières », qui, en cette qualité, prétendaient avoir le droit de présenter le religieux de Saint-Jean qui devait en être pourvu. De là, devait naître évidemment un conflit de juridiction en cette famille et le commandeur de la Cavalerie.

Devant le chapitre provincial, tenu à Toulouse en 1526, sous la présidence du Grand-Prieur Didier de Saint-Jal, se présentèrent le chevaliers Bertrand de Castelbajac, nommé à la commanderie de Riscle par noble Augier de Laur, seigneur de Comnatières, et pierre de Gauthier, prêtre de l'Ordre que le commandeur de la Cavalerie venait de désigner pour ce poste; les deux concurrents demandaient à l'assemblée, la validation de leur titre.

Le chapitre confirma les actes du commandeur et invalida l'élection du chevalier de Castelbajac. Mais, ce dernier ne se teint pas pour battu, et n'ayant pu réussir par voies légales, il résolut d'employer la force pour occuper le poste dont il se considérait comme le légitime possesseur. Ecoutons, en effet, la plainte adressée au sénéchal par pierre de Gauthier, le 25 juin 1529:
« S'estant rendu à Riscle le jour de la Saint Jehan Baptiste pour recueillir les émoluments qui lui étaient dû et y dire la messe, le chevalier Bertrand de Castelbajac de Rhoède estoit arrivé, qui furieusements se geta sur luy en regnyant et blasphémant la mort et la teste de Dieu, à grosses poussées le geta hors de ladicte commanderie, disant qu'il n'avoit que faire du dict Gauthier, et qu'il allast au Diable et que ladicte commanderie luy competoit et appartenoit. »

Quelques jours après, des lettres de la chancellerie du parlement de Toulouse vinrent maintenir P. de Gauthier dans la possession de Riscle contre les usurpations de Bertrans de Castelbajac (1e juillet 1529).

Pour prévenir de semblables difficultés, Jean-Paul de Cardaillac d'Ouzon, commandeur de La Cavalerie, acheta au prix de 750 livres tournoies, le droit de patronat sur la cure de Riscle, de messire Jean de Luppé, baron d'Arblade, héritier des seigneurs de Comnatières (1680).

Cette même année, le membre de Riscle avec son annexe, Saint-Barthélemy de « Lapressère », furent détachés de la Commanderie pour être unie à celle de Saint-Blaise-des-Monts. Vers le milieu du XVIIIe siècle, Riscle fut érigé en Commanderie séparée et réunie de nouveau à la Cavalerie en l'année 1784.

Commandeurs de Riscle
--------1469. Etienne.
1501-1510. Pierre de Prunet.
1526-1529. Bertrand de Castelbajac.
1529-1537. Pierre de Gauthier.
1537-1538. Arnaud de Caulène.
1628-1634. Jean Bonafous.
1680-1695. Arnaud de Cardaillac de Lomné.
--------1695, réunion de Riscle à Saint-Blaise-des-Monts
--------1750, érection de Riscle en commanderie distincte
1750-1765 An Guch.
--------1784, réumon de Riscle à la Cavalerie.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883

Quelques notes sur la commanderie de Riscle
La présence d'un petit nombre de religieux dans chaque commanderie semble confirmée par la disparition ou la fermeture de quelques maisons. Pierre Guilhem, qui reçoit, en 1418, l'ordre du Maître général Bernard de Plaine d'aller fonder une maison à Marseille, est présenté comme le dernier commandeur de Narbonne. A-t-il échoué ensuite dans sa mission ? En tout cas, en 1446, lorsque Thomas Perle est nommé commandeur de Marseille, cette charge « estuvo vacante mucho tiempo por la guerras (était vacante depuis longtemps à cause des guerres.) » Peu après, la maison est de nouveau abandonnée et n'est restaurée qu'au XVIIe siècle.

L'instabilité de certaines maisons apparaît, en 1468, au chapitre provincial de Maleville, où sont représentées douze commanderies et une centaine de religieux. Le chapitre envisage de supprimer, quelques années après sa fondation, le couvent de Riscle.

La commanderie de Riscle semble être l'établissement qui eut le plus à souffrir des guerres de Religion.

Les provinciaux et les vicaires généraux sont plus âgés, en moyenne, que les commandeurs et les prieurs cra, de fait, il faut être passé par ces dernières charges pour diriger la Province ou la Congrégation. De plus, la Province de France et dans l'Ancienne-Province, avant d'être nommé commandeur de Bordeaux ou de Toulouse, le religieux prêtre a été supérieur d'une maison moyenne, telle celle de Montpellier, et auparavant, d'un petit couvent, tel celui de Riscle. Le père Jean-Joseph Pleu est ainsi commandeur, en juillet 1724, de Riscle.

Le registre des visites du provincial au couvent de Riscle, dans le diocèse d'Auch en Gascogne, permet ainsi de mieux connaître la « vita communis » d'une petite commanderie. Durant tout le XVIIIe siècle, elle ne compte ordinairement que trois religieux dont un frère lai chargé de la quête et donc souvent absent du couvent. Dans cette maison, la vie commune, entre 1699 et 1777, se modifie lentement. En 1699, les religieux reçoivent la permission de chanter l'office divin à la sacristie, durant l'hiver, « à cause de la froideur de l'église. » A partir de 1702, la récitation de l'office de matines, en été, à minuit, disparaît. Après 1707, ils le disent dans l'après-midi, à 15 heures ou 15 heures 50.

Un certain confort fait son apparition. A la petite commanderie de Riscle le 8 novembre 1699, le père Blandinière, alors provincial, relève dans la chambre du commandeur « un lit a quenouille garny de rideaux, une paillasse, deux matelas, un traversin et une contrepointe d'une toile indienne, une table ancienne, tapis de bergame, une armoire où est le depost, trois vielles chaises, un tableau représentant notre dame de la mercy, une paire de cheners. »

Pour sa part, en 1699, la commanderie de Riscle est chargée de trois cent trente et une messes fondées.

La bibliothèque conventuelle n'exclut pas la bibliothèque personnelle, surtout au XVIIIe siècle. Voici l'état de celle du frère Pascal Rech, religieux lai du couvent de Riscle, lors de son décès, survenu entre 1735 et 1737:
« Avis et réflexions sur le devoir de letat religieux 3 volumes in-12.
L'Histoire du vieux et Nouveau Testament, 1 tome in-12.
Le Nouveau Testament traduit par le père Amelot de l'Oratoire, 1 tome, in-12.
Traduction du Concile de Trente par le Mr l'Abbé Chanus, 1 tome in-12.
Traité du sublime de Mr Boileau, 2 volumes, in-12.
Le journal des Saints, 3 volumes.
Il faut mourir en vers burlesques, 1 tome.
Les manières admirables pour découvrir les sortilèges.
Imitation de Jésus Christ, in-16.
Pensées Chrétiennes, in-16.
Méditations sur la Passion de Jésus Christ, in-16.
Prières Chrétiennes, in-12.
Le Saint déniche la banqueroute des Méchants.
Le Psautier de David en français avec des notes. »

C'est là, en réalité, un fonds de livres religieux ad usum (à usage personnel), nécessaire au mercédaire pour sa vie de prière quotidienne, plus qu'une bibliothèque.
Sources: Hugues Cocard — L'ordre de la Merci en France, 1574-1792: un ordre voué à la libération des captifs. 2007 — Livre Google
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Rival, Saint-Michel-de-Lanès   (11)
Commanderie de Rival
Département: Aude, Arrondissement: Carcassonne, Canton: Salles-sur-l'Hers, Commune: Saint-Michel-de-Lanès — 11


Commanderie de Rival
Commanderie de Rival


A une petite distance de Caignac existait un autre établissement de l'Ordre, dont la fondation remontait à peu près à la même époque. Je veux parler de l'Hôpital de Rival, situé dans la juridiction de Saint-Michel-de-Lanès et à proximité de cette ville. Dans ce territoire, dont le nom n'est plus même conservé de nos jours dans le pays, s'élevait dans l'origine un simple bâtiment d'exploitation agricole. Les frères de Saint-Jean reçurent dans la suite en fief des seigneurs de Saint-Michel un local dans leur ville pour s'y construire une maison, et c'est là qu'ils firent leur résidence tant qu'exista la Commanderie. Aussi la trouve-t-on désignée depuis dans les actes tantôt sous le nom de Rival et tantôt sous celui de Saint-Michel. Une donation de peu d'importance faite à l'hôpital de Rival, en 1144, nous permet de constater son ancienneté.

Au mois de mars 1167, Bernard de Saint-Michel et dame Aiceline donnèrent à l'Ordre de Saint-Jean, à Guillaume, Prieur de Saint-Gilles, avec leurs personnes, l'honneur qu'ils possédaient dans le territoire de Saint-Jean-de-Caprescorjade (?) donation approuvée par Sicard de Laurac et dame Tiburge, sa femme, qui promirent leur protection à l'hôpital du Rival. Devenue veuve, dame Aiceline entra dans l'Ordre de Saint-Jean, qui, pour lui témoigner sa reconnaissance des bienfaits reçus, lui confia la direction de la Commanderie. Le mardi de la première semaine de mai 1175, Yzarn de Cominian donna à l'Hôpital tous les biens et les droits qu'il possédait à Saint-Michel de Lanès et à Saint-Félix-de-Valflour.

Dix ans plus tard, Guillaume de Castlar donna le fief qu'il avait à Saint-Michel près de la route appelée « del Bug » et allant à l'Hôpital et à la recluse « des Landes; » le donateur et ses frères, « pour le repos des âmes de leur père Guillaume, de leur mère Amalted et de tous leurs amis qui sont enterrés dans le cimetière « de l'Hôpital, » jurèrent que, « loin de causer désormais des dommages à cette maison, à ses habitants, à ses récoltes, » ils la prendraient sous leur protection et la défendraient de tout leur pouvoir.

Les Hospitaliers ne jouissant d'aucun droit dans la ville de Saint-Michel, les archives de cette Commanderie ne nous offrent pas de documents dignes d'un grand intérêt. Notons seulement le procès que la communauté de Saint-Michel intenta en 1229 contre les chevaliers de Saint-Jean, pour les obliger à participer à toutes les dépenses de la ville comme de simples particuliers; l'évêque de Toulouse, Foulques, qui était juge de l'affaire, la trancha en faveur de Sanche de l'épée, Prieur de Saint-Remy, et maintint l'Ordre dans ses privilèges et exemptions. Les Commandeurs du Rival ne prirent aucune part à la charte des communes qu'octroyèrent à leurs vassaux, le 19 avril 1266, les seigneurs de Saint-Michel. Pons et Ycard de Saint-Michel, chevaliers, et leurs fils, Bérenger, Guillaume et Gérard, damoiseaux, « pour augmenter et améliorer celles qui avaient été déjà concédées par leurs ancêtres »; aussi ne nous y arrêterons-nous pas davantage, nous contentant d'en enregistrer la mention.
Peu de temps après l'érection du Prieuré de Toulouse, la Commanderie de Rival fut réunie à celle de Caignac et ne nous offre depuis lors aucun événement notable à signaler dans cette étude.

Liste des Commandeurs du Rival ou de Saint-Michel-de-Lanès.
1170-1175. Dame Aiceline.
--------1175. Pons de Cominian.
1175-1191. Bernard de Barcian.
1192-1195. Pierre de Marcin.
1212-1221. Pons de Barcian.
--------1223. Arnald Dominique.
1225-1226. Etienne.
--------1234. Raymond.
1236-1239. Dominique
--------1279. Arnaud de Qaridueit.
1231-1282. Pierre de Mataron.
--------1284. Marquis d'Escorneboeuf.
--------1286. Géraud d'André
--------1288. Hugues de Vascon.
--------1295. Pierre de Belet.
--------1238. Bernard de Vintro.
--------1307. Bernard Fabre.
1308-1315. Raymond de Roqueblave.
1323-1324. Guincard de l'Ongle.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883

Le Rival, commune de Saint-Michel-de-Lanès


Domus Hospitalis Le Rival
Domus Hospitalis Le Rival


Le seul lieu Rival trouvé sur la carte IGN, est « Les Rivals (château) », il se trouve à quelques kilomètres en dessous de Saint-Michel-de-Lanès, entres les hameaux: Embertou, la Pujole, En Roux. Il ne figure pas sur les cartes de Cassini.
— Ancienne commanderie de l'ordre de Malte
— Hospitale ... Sancti Johannis de Rivali, 1175 (Archives de la Haute-Garonne, fonds de Malte, Saint-Michel, I, 1)
— Ad cimentarium ospitalis Rivale, 1261 (Archives de la Haute-Garonne, fonds de Malte, Saint-Michel, I, 15)
— Ad capud Rivalis, 1278 (Archives de la Haute-Garonne, fonds de Malte, Saint-Michel, III, 8)
— Métairie du Rival, du cy-devant commandeur de Cagniac, 1793 (Archives de l'Aude, Q, Castelnaudary, n° 231)

Saint-Félix, ancien décimaire, commune de Belfou
— Sanctus Felix de Landes, 1175 (Archives de la Haute-Garonne, fonds de Malte et de Saint-Michel (de-Lanès), I)
— Sanctus Felix de Lanes, que modo vocatur Valflor, 1206 (Archives nationales, J, 314)
— Sanctus Félix de Valleflori, 1288 (Archives de la Haute-Garonne, fonds de Malte, Coupadel, I, 4)
— Sanctus Félix de Vallofore, 1244 (Ibidem, Millars, I, 3)
— Saint-Félix de Beaufleur, 1244 et au XVIIe siècle, (même pièce au dos), voir Belfou.
Sources: Dictionnaire Topographique du département de l'Aude, rédigé par L'Abbé Sabarthès. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXII.

Belfou, commune de Salles-sur-l'Hers.
— Forcia Sancti Felicia de Lanes, que vocatur Valflor, 1206 (Archives nationales, J, 314)
— De Valleflore, 1283 (Archives de la Haute-Garonne, fonds de Malte, Coupadels, I, 2)
— De Vallefloro, 1318 (Vidal, page 134)
— Vallis Floris, 1319 (Archives de la Haute-Garonne, fonds de Malte, Saint-Michel, VI, 26)
— Villa de Valle Flore, 1327 (Archives nationales, JJ, 66, nº 77)
— Beaufleur, 1244 et XVIIe siècle (Archives de la Haute Garonne, Inventaire général, fonds de Malte, H 61)
— Valflor, sans date (Archives de l'Ariège, G, fonds de l'évêché de Mirepoix)
— Belflou, 1781 (c. Diocèse de Mirepoix)
Sources: Dictionnaire Topographique du département de l'Aude, rédigé par L'Abbé Sabarthès. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXII.

Rivairole (La), commune de Bourigeole.
— Ancien fief de l'Ordre de Malte, au terroir de Tournebouis.
— La Rivayrola, 1302 (Archives de Haute-Garonne, fonds de Malte, Magrie, X, 36)

Rivaille, lieu-dit, commune de Belflou.
— Rival del Boscadel, 1244 (Archives de Hautes-Garonne, fonds de Malte, Millas, I, 3)

Rival (Le), lieu-dit, commune de Cumiès.
— Al Rival, 1292 (Archives de Haute-Garonne, fonds de Malte, Cumiès, I, 4)

Rival (Le), lieu-dit, commune de Saint-Julien de Briola.
— Ad Rivalum de Petro, 1311 (Archives de Haute-Garonne, fonds de Malte, Saint-Michel de Lanès, VII, 42)

Rival (Le), lieu-dit, au terroir de Besplas, commune de Villasavary.
— Al Rival, 1266 (Archives de Haute-Garonne, fonds de Malte, Besplas, I, 48)
— Rival ou Rivel, XVIIe siècle (Archives de l'Aude, E 93 et 93bis, Bespla, pl. 1)
Sources: Dictionnaire Topographique du département de l'Aude, rédigé par L'Abbé Sabarthès. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXII.
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Robécourt   (88)
Commanderie de Robécourt
Département: Vosges, Arrondissement: Neufchâteau, Canton: Darney - 88


Domus Hospitalis Robécourt
Domus Hospitalis Robécourt


Biens de la commanderie de Robécourt. 50 H 45-67. 1206-1791
45 — Aingeville et Malaincourt, Blévaincourt, Brévannes (1559-1791)
46 — Bramont, Bréchainville, Choiseul, Dommartin-lès-Offroicourt, donjon de Vassy (1213-1741)
47-48 — Epinal (1471-1774)
49 — Esley (1486-1774)
50 — Favières, Graffigny-Chemin, Greux, Hagnéville, Landaville, Lignéville, Malaincourt (1335-1731)
51 — Mandres-sur-Vair, Maxey-sur-Meuse, Merry et Bessoncourt (1381-1726)
52 — Mitreux (1602-1731)
53-55 — Neufchâteau (1292-1776)
56 — Njon, Noncourt (1610-1741)
Sources: Archives des Vosges

Robécourt, canton de Lamarche
— Robertcourt, 1187 (Bibliothèque de l'Ars., manuscrit 1066, folio 18 v°)
— Fratres... Hospitalis de domo de Robercort, 1204 (Ibidem, folio 21 v°)
— Roubiecourt, 1311 (Bibliothèque Nationale, manuscrit français, 11853, folio 1 v°)
— Roberticuria, 1402 (Pouillé Trèves, page 805)
— Il y avait à Robécourt une Maison du Temple, puis une commanderie de l'ordre de Malte.
Cette commanderie ne doit pas être d'origine templière, enfin, c'est ce que je crois. Les auteurs d'ailleurs ne sont pas sur de son origine.

La Commanderie
— Membre de la commanderie de Robécourt.
— Château sur la commune de Robécourt, ce château qui a été renouvelé depuis 70 ans environ vers (1915), fut, dans l'origine, ainsi que l'indique son nom, une maison de Templiers, puis une commanderie de Malte.
Sources: Dictionnaire Topographique du département du Haut-Rhin. Par Georges Stoffel. Paris Imprimerie Impériale — M. DCCC. LXVIII.

Commandeurs Hospitaliers
1400 : Pierre de Bauffremont
1453-1468 : Pierre de Bosredon
vers 1550 : Jean de Choiseul du Plessis-Praslin
1597 : René d'Anglure
1630-1638 : Antoine IV de Stainville
1649 : Scipion d'Anglure de Bourlémont
1676 : Charles de Choiseul d'Esquilly
1704-1743 : Benoit de Bouhier
1752-1787 : le Bailli Pierre d'Alsace-Hennin-Liétard, grand-prieur d'Aquitaine, bailli de la Morée, capitaine des Escadres de la Religion.

Base Mérimée
— Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem ou hôtel de Malte, propriété de la commanderie de templiers de Robécourt, fondé avant 1292, date de sa première citation.
— Bâtiment reconstruit au 16e siècle dont il subsiste une cave.
— Importants remaniements au 18e siècle (1743 ?) commandités par le commandeur d'Hénin Liétard.
— Bâtiments et chapelle, dite église Saint-Jean, vendus comme bien national en 1793.
— Chapelle détruite en 1803 (datation par travaux historiques) et remaniement de l'aile en retour à cette époque.
— Ensemble des bâtiments achetés par le département en 1823 pour y installer la sous-préfecture.
— Distribution intérieure transformée à partir de 1859 (datation par source).
— Elévation antérieure et toiture du corps principal transformées en 1865 (date portée par la lucarne centrale)
Sources: Base Mérimée
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Roche (La)   (69)
Domus Hospitalis La Roche
Département: Rhône, Arrondissement: Lyon, Canton: Vaugneray, Commune: Courzieu — 69


Domus Hospitalis La Roche
Domus Hospitalis La Roche


La Roche (1), A quatre lieues de Lyon et de Chazelles, à un quart de lieue de Courzieu, consistait en un château et une vieille tour carrée déjà inhabitables en 1615, et quelques bâtiments de service en ruine.
1. Près la station de la Giraudière (Voyez carte d'Etat-major)

A cette époque, un portail de pierre à plein cintre donnait accès à ces ruines, où l'on distinguait les restes d'une chapelle ; dans un angle de la cour, une tour ronde servait de pigeonnier. La grande tour carrée, sans portes ni fenêtres, avait encore ses planchers et son toit « à quatre pendants » couvert de tuiles creuses ; un escalier à vis, placé dans une petite tour ronde contiguë conduisait aux divers étages de la tour. En dehors de l'enceinte, plusieurs maisons en ruine.

Le domaine de la Roche comprenait: une terre autour du château, joignant la Brévenne de soir et bise et le chemin du pont de la Giraudière à la Rondonnière de levant ; une terre en la paroisse de Brussieu, au lieu du Chambon, limitée par la Brévenne au matin, le chemin de Brussieu à la Roche de bise et matin, le chemin de Sainte-Foy-l'Argentière à Sain-Bel de vent; un bois de 46 bicherées à la goutte de Pont Marlet.

Le commandeur possédait des rentes, cens et directes sur les villages ou hameaux de la Moronnière, Sotti son, Bernardière, Jaquemetières, Lautrière et Pasquallières de la paroisse de Courzieu, et à la Giraudière, Cruzille, Lardellier et Chyrofore, paroisse de Brussieu. Le revenu annuel de la Roche était de 190 livres.

Le commandeur avait toute justice à la Roche et sur les villages ci-dessus: sa juridiction était limitée par les justices de Courzieu, de la baronnie d'Izeron, du chamarier de Savigny et du prieur de Brussieu.

Le 11 août 1635, le droit de haute justice du commandeur fut reconnu contre Barthélemy Tourvéon, doyen de Courzieu (2). Il avait encore toute justice aux Hostelleries sur le grand chemin, au bourg de Courzieu et particulièrement sur le logis de la Croix Blanche, entre le grand chemin de Lyon à Feurs, de matin, et le chemin allant de Courzieu au château de la Roche, de vent (Visite de 1615)
2. Archives du Rhône, Malte, Chazelles, chapitre 6, nº 5.
Sources: M. Maurice Boissieu — La Commanderie de Chazelles — Bulletin de la Diana, juillet — décembre 1901. (Montbrison)
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Rochelle (La)   (17)
Commanderie de La Rochelle
Département: Charente-Maritime, Arrondissement et Canton: La Rochelle — 17


Commanderie de La Rochelle
Commanderie de La Rochelle


— Ecclesia parochialis Sancti Johannis de Peroto.
— Saint-Jean-du-Pérot était un bénéfice de l'Ordre de Malte, avec prieuré et commanderie; aujourd'hui c'est une cure de deuxième classe, doyenné de Saint-Sauveur.

— Le titulaire devait à l'évêque en visite 10 livres 10 sous pour procuration.
— L'église actuelle n'offre rien de remarquable; elle est reconstruite sur les ruines de l'ancienne, détruite par les protestants au XVIe siècle.
Sources: M L.-L. Lacurie. Société française pour la conservation et la description des monuments historiques, page 41. Paris 1853 — Bnf

Actes concernant la commanderie de La Rochelle
1139 — Eléonore, reine de France et duchesse d'Aquitaine, donne aux templiers de la Rochelle quelques maisons et les moulins de cette ville, et exempte leurs biens de toute taille et autre impôt. (Manuscrits de M. Jaillot supérieur de l'Oratoire de la Rochelle, Tome 25, page 287.

1188 — Don fait au temple de la Rochelle par Richard, duc d'Aquitaine et comte de Poitou, de quelques maison et héritages situés à la Rochelle et aux environs. (Commanderie du temple de la Rochelle.) Tome 25, page 291.

1189 — Richard, roi d'Angleterre, confirme tous les dons et privilèges que Henri II son père et Aliénor sa mère avaient accordés aux templiers de la Rochelle. (Commanderie du temple de la Rochelle.) Tome 25, page 295.

Vers 1189 — Othon, duc d'Aquitaine et comte de Poitou, donne et confirme aux templiers-de la Rochelle les moulins de cette ville. (Commanderie du temple de la Rochelle.) Tome 25, page 293.

1190, 20 février — Le même duc d'Aquitaine confirme aux templiers de la Rochelle, toutes leurs possessions, et en particulier le don qui leur avait été fait des moulins de cette ville. (Commanderie du temple de la Rochelle.) Tome 25, page 297.

1190, 10 juillet — Richard, roi d'Angleterre, duc de Normandie et d'Aquitaine et comte d'Anjou, confirme les dons qui avaient été faits au temple de la Rochelle par Eléonore sa mère. (Commanderie du temple de la Rochelle.) Tome 25, page 299.
Sources: Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest. Tables des manuscrits de D. Fonteneau, Poitiers, Paris 1839. (Livre numérique Google)

1203. 10 juillet — Le recueil des lettres patentes de Duffus-Hardy contient des lettres que le roi Jean d'Angleterre adressait de Rouen, le 10 juillet 1203, à son Sénéchal du Poitou et ainsi conçues: (Sachez que nous avons cédé aux frères de la milice du Temple (les Templiers) de la Rochelle le cours d'eau appelé la Besse de la Reine, en échange du cours d'eau que nous avons enlevé à leurs moulins du Perroc pour les fortifications de notre ville de la Rochelle. En conséquence nous vous mandons, si vous et nos fidèles bourgeois de la Rochelle êtes d'avis que cela nous soit avantageux, de mettre sans délai les dits frères en possession du cours d'eau de la Besse en échange de l'autre. »

C'est vers cette époque que nos chroniqueurs fixent l'annexion à la ville du faubourg, ou plutôt de l'ile du Perroc ou Perrot, qui est devenu le quartier de Saint-Jean, et la construction de la muraille qui reliait ce quartier a l'enceinte murée de la ville. Le cours d'eau venant de Lafons et sur lequel les Templiers avaient établi des moulins à eau, passant au pied de cette muraille, formait une douve naturelle, dont le monarque anglais avait trouvé commode de s'emparer, et il leur abandonnait en compensation la besse de la reine, nommée depuis canal de la Verdière, où ils reportèrent leurs moulins du Perrot. — V. T. Ier page 471 et page 108.

1682. 23 juillet — A cette date fut commencé par Gab. Dauvet des Marets, chevalier de l'ordre de saint Jean-de-Jérusalem, grand prieur d'Aquitaine, un état des lieux dépendant de la commanderie du Temple de la Rochelle. Une copie de ce procès-verbal existe aux archives de la préfecture. On y remarque qu'on entrait dans la commanderie, du côté de la rue du Temple, par un porche, surmonté d'une niche magnifiquement sculptée, où devait être placée une statue de saint Jean-Baptiste; que la chapelle avait été bâtie sur l'emplacement de l'ancienne, vers 1670, par Alex. Bernard de Loménie, commandeur de Brienne, qui, au mois de juin de la même année, avait passé avec les Augustins un traité par lequel ces religieux s'engageaient à y célébrer une messe basse chaque jour de la semaine, et une grande messe solennelle le jour de la fête de saint Jean Baptiste. (Min. de Demontreau). Le procès-verbal, après avoir donné la description des bâtiments et corps de logis dépendant Je la commanderie, parle de la halle couverte, construite dans la cour du Temple et où on vendait particulièrement de la volaille et du lard frais, et aussi du moulin à eau de Maubec, appartenant à la commanderie et consistant en un bâtiment d'environ 40 pieds de long, qui s'appuyait par l'une de ses extrémités à l'église de Saint-Sauveur, et dans lequel était deux meules que la mer faisait mouvoir à l'aide d'écluses. Ce moulin est ainsi confronté dans un terrier de la commanderie de 1689: de l'orient au chenal de Maubec, de l'occident au pont Saint-Sauveur, du midi à la maison de la Croix-Verte, et du septentrion à l'église de Saint-Sauveur et joignant immédiatement une ancienne porte de la ville. Cette ancienne porte ne pouvait être la vieille porte de Maubec, qui ouvrait dans la rue de la Ferté, derrière l'église Saint-Sauveur; détail une porte placée entre l'église et le canal et qui conduisait autrefois dans un vaste terrain marécageux qu'on appelait la prée de Maubec, et plus tard, dans le quartier de la ville neuve, qui fut bâti sui cet emplacement.

1691. 3 octobre — Un règlement de police à cette date, après avoir prescrit aux maîtres-gardes des bouchers de visiter avec soin les bestiaux tués par ceux-ci, fait défense à tous bouchers de vendre aucune viande ailleurs que dans la grande boucherie, dans celles du Temple et du Perrot, sous peine de 20 livres d'amende et de la confiscation de la viande. (Registre de la commue administrative). Cette dernière boucherie était située dans la rue de Saint-Jean, à peu près vis à vis l'église des Carmes.

1697, 9 septembre — Le pont de la Gourbeille, jeté sur le canal de la Verdière, qui n'était pas alors voûté, se trouvait à l'endroit où est actuellement l'embouchure de l'écluse qui déverse ses eaux dans le port. Les chambres aisées du Pérot, dont il est question dans un titre de 1352, devaient comprendre et les latrines du pont de la Gourbeille et celles qui se trouvaient à côté, mais plus rapprochées de la grosse horloge, et désignées dans un acte de 1434 sous le nom de privées ou aysements communs et publiques. Il est aussi parlé dans un acte de vente de 1387 et sur le papier foncier de la commanderie du Temple de 1609, des privez commungs du pont de Saint-Sauveur. Encore un point de propreté de décence et de salubrité sur lequel nos aïeux pourraient nous servir d'exemple.

1794. — Etablissement par la municipalité dans la vieille commanderie du temple de deux fours banaux, auxquels il serait libre à chaque citoyen d'aller faire cuire son pain. (Registre des délibérations).

1797. I Mars. — Le corps de ville, « considérant l'état de vétusté de la petite halle du temple qui menace ruine; » charge l'architecte de la Ville de dresser un procès-Verbal qui sera envoyé à l'administration départementale pour en obtenir la démolition. (Registre des délibérations)

Il est parlé pour la première fois de cette halle par l'analyste Conain, qui dit qu'en 1588 on fit nettoyer la place du temple, (où estoit bastye une halle avec plusieurs loges toutes couvertes de tuiles, pour y tenir le marché du pain, des chairs de pourceau, de la poulaillerie, etc. » Il résulte de lettres-patentes de Louis XIV, du 30 juillet 1649, que, pendant les troubles religieux de la seconde moitié du XVIe siècle, les magistrats municipaux, s'emparant des biens des hospitaliers de Jérusalem, comme des autres communautés religieuses, avaient fait construire cette halle sur une partie de l'emplacement de leur ancienne église. Après le siège de 1628, la confiscation des biens de la commune l'avait fait passer dans le domaine royal. Se fondant sur la déclaration de Louis XIII, qui restituait aux ecclésiastiques et religieux les biens usurpés à leur préjudice par l'ancienne commune, le commandeur du Temple de la Rochelle avait réclamé la réunion au domaine de la commanderie « des étaux de boucherie, des halles et poulaillerye »; ce qui lui avait été accordé. (Archives du greffe.) Ces échoppes et étaux furent ensuite arrentés à différents particuliers et servirent plus spécialement à la vente du pain apporté par les boulangers de la banlieue. On lit sur un état de lieu dressé en 1683: « les halles (du Temple) sont en charpente avec cinq travées, sans les apans élevés sur ponteaux. Il y existe neuf échoppes appartenant à divers particuliers, qui paient rente à la commanderie. »
Sources: Ephémérides historiques de la Rochelle. Avec un plan de cette ville en 1685 et une gravure sur bois représentant le sceau primitif de son ancienne commune: Par J.-B.-E. J. Tome II. La Rochelle MDCCCLXXI. (Livre numérique Google)

Domaines de l'Hôpital de La Rochelle
Département: Charente-Maritime, Arrondissement: La Rochelle, Canton: Lagord, Commune: Esnandes - 17


Domaines de l'Hôpital de La Rochelle
Localisation: Domaines de l'Hôpital de La Rochelle


La commanderie du Temple de La Rochelle possédait des biens et un hébergement à Esnandes, mentionnés en 1369.

Les archives du Temple de La Rochelle signalent une donation faite en 1287 par Pernelle Archambauld, d'Esnandes, femme de Raoul Lugier, de tous ses biens, à condition qu'elle en conservera l'usufruit. Cependant cette donation ne paraît pas avoir été faite aux Templiers, mais aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
Jean-Claude Bonnin - Les Templiers de La Rochelle. La commanderie, la chapelle, les fiefs, seigneureries et maisons templières. La Rochelle : J.-C. Bonnin. 2005
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Rollière   (01)
Domus Hospitalis Rollière
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Pont-de-Veyle, Commune: Saint-Jean-sur-Veyle — 01


Domus Hospitalis Rollière
Domus Hospitalis Rollière


— La Rolière, la Roulière, la Rouillière.
— Les hospitaliers de Laumusse étaient possessionnés dans ce hameau au XVe siècle.
Archives du Rhône, Inventaire Laumusse, fº 31 et 129, mss. H, 2242.
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.

La Rollière, Commune: Saint-Jean-sur-Veyle
— Roleria, parrochie Sancti Jahannis Chavaignaci supra Velam, 1443 (Archives de l'Ain, H 793, folio 12 v.)
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Ain, rédigé par M. Edouard Philipon. Paris, Imprimerie Nationale MDCCCCXI.
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Romival (La)   (32)
Domus hospitalis Romival
Département: Gers, Arrondissement: Condom, Canton: Fleurance, commune: Goutz — 32


Domus hospitalis Romival
Domus hospitalis Romival


Lieu détruit, ne figure sur aucune carte
A une lieue au Nord-Ouest de Goutz était située la paroisse de la Salvetat ; sur son territoire s'élevait jadis une chapelle votive, appelée Notre-Dame-de-la-Romival.
Son dîmaire avait été donné aux Templiers qui l'avaient sans doute réuni à leur commanderie d'Agen.

Les Hospitaliers, après en avoir pris possession, en firent un membre de Goutz. Il s'était formé autour de cette chapelle un petit hameau sans importance, mais à qui les anciens actes donnent le titre ambitieux de ville.

En 1565 le commandeur de Goutz acheta de François de Salustes, seigneur de Canel, au prix de 3270 livres ses droits sur la ville de la Romival dont ce dernier s'était rendu acquéreur deux ans auparavant. L'inventaire nous montre Jean Rigal, Commandeur de Goutz, disputant au chapitre d'Auch la possession intégrale des dîmes de la Romival, qui lui fut maintenue par arrêt du Parlement de Toulouse (1615).

Nous lisons dans les visites de la commanderie, la description de cette petite chapelle où nous signalerons « au-dessus des gradins de l'autel, une niche où est l'image de la Sainte-Vierge et aux coustés deux petits tableaux peints à la mosaïque sur le bois, » et « dans la muraille du cousté de l'Evangile un tombeau affecté à la maison de Cérillac. »

Liste des Commandeurs de La Romival
--------1362. Bernard de Laloubière.
1495-1520 Bertrand de Cassaignan.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
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Ronchère (La)   (54)
Domus Hospitalis La Ronchère
Département: Meurthe-et-Moselle, Arrondissement: Nancy, Canton: Jarville-la-Malgrange — 54


Domus Hospitalis La Ronchère
Domus Hospitalis La Ronchère


La maison de campagne dite la Ronchère, qui était située sur le han d'Houdemont, et qu'un incendie vient (mars 1854) de réduire en cendres, ne semblait pas remonter à une époque éloignée; cependant son nom, ou plutôt le nom du canton de terre où elle avait été construite, se trouve dans un titre du XIVe siècle: le jeudi devant la Saint-Barthélemy 1334, Rolin de Remicourt, fils du seigneur Bueve de Remicourt, donne à la commanderie de Saint-Jean-du-Vieil-Aître de Nancy 5 sous de petits tournois à prendre chacun an sur une pièce de pré qu'on dit « en la Roinchiere, desous le champ Marguerite. » (Ordre de Malte.)
Nouvelles oeuvres inédites de Grandidier — Ordres Militaires et Mélanges Historiques, tome V. (Strasbourg). Edité à Colmar chez Huffel, Libraire-Editeur en M. D. CCCC.

Ronchère (La), écart commune d'Houdemont.
— La Ronchière, 1334 (Charte de l'Ordre de Malte)
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Meurthe-et-Moselle, par M. Henri Lepage. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXII
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Roquebrune   (33)
Domus Hospitalis Roquebrune
Département: Gironde, Arrondissement: Langon, Canton: Monségur — 33


Eglise de Roquebrune
Domus Hospitalis Roquebrune


Les chevaliers du Temple bâtirent une église à Roquebrune vers 1186. Cette église portait le nom de Sainte-Catherine de Poliac ou Peauliac.
Les Templiers furent remplacés à Roquebrune par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui bâtirent à leur tour l'église paroissiale actuelle dédiée à Saint-Jean, et la commanderie.
Les Bénédictins de La Réole possédaient également, depuis 1098, l'église de Saint-Seurin dans la paroisse de Roduebrune.

La commanderie de Roquebrune, hôpital au XIIe siècle (Rocabruna-Rupabruna), était entourée de fossés avec pont-levis au XIVe siècle.

Dans l'arpentement général de 1672 (paroisse de Roquebrune), on trouve un article qui concerne le commandeur « lequel tienct un chasteau aveque un pont-levis dans la cloicture duquel est lesglize paroisselle du présent lieu avec un petit bois appelé la garène et le simetière qui est contigü et le jardin de la dictte commanderie avec ses eyzines. »

L'église, avec ses trois travées dont une comprend l'abside à chevet droit, est garnie de bancs de pierre. Les travées sont séparées par des colonnes en faisceaux (trois colonnes), les fenêtres sont romanes, le porche est roman et du type militaire, avec quatre archivoltes en retrait. De chaque côté, deux pieds droits et une petite colonne à chapiteaux feuillagés annonçant la transition du roman au style ogival.

La commanderie appartient à un genre d'architecture qui ne paraît pas être très ancien, à moins qu'aux XVIe et XVIIe siècles l'on n'y eût pratiqué des ouvertures qui sembleraient en avoir altéré le style (Lapouyade), telles que fenêtres en croix, et qu'on n'y ait construit de grandes cheminées en hottes renversées. Une fenêtre murée et qu'on remarque dans la façade nord de cet édifiée parait être très ancienne.


Saint-Jean-Baptiste de Roquebrune
Saint-Jean-Baptiste de Roquebrune — Sources: Marie-Claude JEAN


Les marques de tâcherons sur les murs de l'église et de la commanderie, les trous pour placer les bois qui soutenaient les hourds sont encore apparentes, La commanderie de Roquebrune fut assiégée par l'armée du prince de Conti, le 15 décembre 1652.

L'église de Roquebrune est du commencement du XIVe siècle, la commanderie du XVIe.

L'église fut en partie démolie par ordre de Lakanal en 1794-1795; les pierres provenant de cette démolition devaient servir à la construction des écluses du Drot. Elle fut vendue ensuite comme bien national. On restaura l'église en 1808, et la commanderie fut rachetée par la commune vers 1840, et transformée en presbytère et en mairie.
Sources: M. Ph. Queyron. — Société archéologique de Bordeaux, tome XXIX, premier fascicule, pages 111 et 112. Bordeaux 1907 — Bnf

Le bénitier de Roquebrune
A Roquebrune, canton de Monségur (Gironde), il existait depuis des temps immémoriaux, dans la chapelle Saint-Jean, un bénitier remarquable, signalé par (Piganeau, in actes de la Société Archéologique de Bordeaux, 1897, 4e fascicule, et une fontaine baptismale par immersion)

Ce bénitier et cette fontaine provenaient de l'église Sainte-Catherine de Paulac on Pauillac, paroisse de Roquebrune, bâtie par les Templiers vers 1186.

Cette église, ruinée, puis reconstruite à diverses reprises, passa entre les mains des chevaliers de Malte ; le bénitier et la fontaine baptismale furent portés, à une époque qu'il m'est impossible de préciser, dans l'église Saint-Jean, par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui élevèrent l'église paroissiale avec porche militaire, et la commanderie que l'on voit encore aujourd'hui.


Saint-Jean-Baptiste de Roquebrune
Saint-Jean-Baptiste de Roquebrune — Sources: Marie-Claude JEAN


Vers 1875, le bénitier de l'église Saint-Jean fut remplacé par un bénitier plus moderne et donné à un cultivateur de Roquebrune qui l'abandonna dans un coin de la cour de sa ferme.

Aujourd'hui il sert d'auge et de réservoir d'eau. Les canards y barbotent, les poules s'y abreuvent, et on y lave les racines et tubercules qu'on emploie à la nourriture des bœufs et des porcs, durant l'hiver.

Enfin et malgré tout, le bénitier de l'église Saint-Jean n'est pas perdu, ni trop détérioré, on pourrait, du moins je l'espère, non point le faire replacer à la seule place qui lui conviendrait et qu'il aurait toujours dû occuper, mais le conserver.
Sources: M. Ph. Queyron. — Société archéologique de Bordeaux, tome XXIX, premier fascicule, Page 30 et 31. Bordeaux 1907 — Bnf

Voir d'autres textes et quelques images à la Mairie de Roquebrune
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Rosnay-l'Hôpital   (10)
Commanderie de Rosnay-l'Hôpital
Département: Aube, Arrondissement: Bar-sur-Aube, Canton: Brienne-le-Château, Commune: Blignicourt — 10


Commanderie de Rosnay-l'Hôpital
Commanderie de Rosnay-l'Hôpital


Rosnay était une ancienne commanderie de l'Hôpital fut fondée en même temps que celle d'Orient, avec des terres que les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem achetèrent de Gauthier, comte de Brienne, et dont la vente avait été garantie et confirmée par son cousin, Gérard de Brienne. En effet, celui-ci, en sa qualité de seigneur de Rosnay, dominus de Ronniis, par ses lettres datées du mois de juin 1231, se porta garant de la vente de la haute forêt d'Orient, Alte foreste Orientis, que son cher seigneur et cousin sus-nommé avait faite au profit des frères de l'Hôpital de Jérusalem. Il garantit de même une autre vente faite aux dits frères par son cousin, d'un bois, appelé le Bois de Bateis.

Les ruines causées par les guerres à la commanderie de Rosnay, sont ainsi constatées dans une visite prieurale de 1456: « Audit lieu de Ronnay, souloit avoir des beaulx et grans édiffices, maisons, granche, estables et chapelle, lesquelz sont tous demoliz et abattus par la guerre, tant qu'il n'est mencion qu'il n'y eust oncques grand ediffice. »

En 1570, le Commandeur, qui était alors Philippe de Villiers-l'lsle-Adam, voulut rétablir cette maison. Il fit un bail à vie à un nommé Nicolas Huré et à sa femme, des terres de Rosnay, pour en jouir par eux et leurs enfants, moyennant une redevance annuelle de 35 livres tournois, et à la charge de rebâtir dans les six premières années de leur entrée en jouissance, à l'endroit même où étaient autrefois les bâtiments de la commanderie, « une maison de quatre trefs par voye de trois posteaulx de haut, garnie de l'un des costez de galleryes de huict pieds de large; et de l'aullre costé, d'un appendiz a faire estables; en laquelle maison aura une massé de cheminée de piere à quatre feuz, ou deux massets chacun de deux feuz, plus une grange, une bergerie, etc. »

La ferme de l'Hôpital de Rosnay, avec ses 480 arpents de terre en labour, prés et bois, rapportait en 1788, 1,400 livres.

Les membres de l'ancienne commanderie de Rosnay étaient: les maisons de Trouan, de la Chapelle-Wallon et d'Arcis-sur-Aube, qui, lors du démembrement de cette commanderie, furent réunis à celle de Troyes.

Commandeurs de Rosnay
1356. Fr. Adam de Savigny.
1371. Fr. Ferry de La Ferté.
1421. Fr. Jehan de Beauregard.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Rosnay, conton de Brienne-le-Château
— Castellum Rosniacum, 1035 (Gall. Christi, tome XII, page 251)
— Rosnacum, 1097 (Cartulaire de l'abbaye de Molème)
— Rosnaium, 1122 (Charte de l'abbaye de Montiéramey)
— Rosniacum, 1122-1149 (charte du prieuré de Ramerupt)
— Rosnae, 1147 (Gall. Christi., inst., tome XII, page 267)
— Roisnacum, 1155 (charte de l'abbaye de Boulancourt)
— Ronai, 1174 (Ibidem)
— Rodnaicum, 1178 (charte du prieuré de Ramerupt)
— Ronai, 1187 (archives de l'hospice Saint-Nicolas de Troyes)
— Ronniacum, Ronnaium, Ronnacum, 1201 (Feoda Campaniae)
— Ronascum, 1201 (charte de l'Hôtel-Dieu-le-Comte)
— Rosnay, 1220 (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Loup)
— Ronnay, 1285 (comte des recettes et dépences du comté de Champagne)
— Raunayum, Ronayum, 1322 (D. Bouquet, Caroli IV mansiones)
— Ronnayum, Ronneyum, Renneyum, 1359 (Ordonnances des Roys de france, tome III, page 365)
— Rosnay l'Hôpital, XVIIIe siècle (carte de Cassini)
— Rosnasium, XVIIIe siècle (Courtalon, Toponimie, tome III, page 368)
— Chapelle Saint-Nicolas, Maladrerie, XVIIIe siècle (Ibidem)
— Diocèse ancien de Troyes; coutumes et baillage de Chaumont; gouvernement et généralités de Champagne; élection de Bar-sur-Aube.
— Château très fort, dont la motte existe encore.
— Ville fermée de fossés.
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Aube, par MM. Théophile Boutiot et Emile Sogard. Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXIV.
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Rougeou   (41)
Domus Hospitalis Rougeou
Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Romorantin-Lanthenay, Canton: Selles-sur-Cher — 41


Domus Hospitalis Rougeou
Domus Hospitalis Rougeou


Nous lisons dans le procès-verbal de visite de la commanderie de Saint-Marc d'Orléans, de l'année 1495: « Au pays de Soullongne (Sologne), y a troys membres de ladite commanderie, c'est assavoir Rouger (Rougeou), Chaugizart (Saugirard), et Villelou (Villeloup). Audit lieu de Rouger, y a haulte justice, basse et moyenne, baillif, prevost et sergent, ou a esglize parochialle servie par séculier, et y a bien environ XI feuz. Audit lieu y a maison, grange, stables, et toutes choses nécessaires pour le fermier. »

Il nous reste peu de titres sur cette ancienne maison de l'Hôpital. Le plus ancien est une charte de Gauthier de Châtillon, seigneur de Saint-Aignan, en Berri, du mois de juillet 1247, par laquelle ce personnage donna aux frères de la maison de « l'Ospital de Rouguel et à leurs hommes le pasturage et l'effoucherer, au bois BufautDomus Hospitalis Bufaut
Domus Hospitalis Bufaut
(Le Bois-Bifaut au nord de Rougeou, carte de Cassini) et en sa terre de Chemardois », à la charge de lui rendre chaque année un muid d'avoine à prendre le jour de saint Rémi, en la grange des Hospitaliers à Rougeou.

Quelques années plus tard, un autre seigneur, Gauthier de Billy, « de Billiaco », abandonna en pure aumône aux frères de l'Hôpital de Rougeou, « fratribus Hospitalis de Rubeolo », du diocèse d'Orléans, son marais situé près de Rougeou, « mascardum situm juxta Rubeolum », appelé le marais « Aumans. » Dans les lettres de donation qui sont datées du mois de juin 1250, le seigneur de Billy leur permit, en outre, de faire pâturer leurs bestiaux dans toute l'étendue de sa terre.

Une donation plus importante, est celle provenant de Hervé de Varennes, et reçue sous le sceau du prévôt de Berri, au mois de septembre 1291. Par cet acte, Hervé déclara se donner avec tous ses biens à la maison de l'Hôpital de Rougeo, abandonnant tout ce qu'il possédait en justice, terres et seigneurie au dit lieu, avec les censives que lui devait l'Hôpital, et tous les bois et landes de TouchebraultDomus Hospitalis Touchebrault
Domus Hospitalis Touchebrault
, « Tuscaberaudi (commune de Soings-en-Sologne), qui se départ de la voie par où on va de Rouger à Contres, jusques au boys de Frenne, au comté d'Auxerre, envers Souain et doudit boys en allant vers Souain, jusqu'au bois du seigneur de Villencras, en alant toujours vers Souain, jusqu'à la fin des boys à'Eschaudeau. »

Le commandeur de Saint-Marc était seigneur temporel et spirituel de Rougeou. Il avait la collation de la cure avec toutes les dîmes de la paroisse.

Le revenu de la terre et seigneurie de Rougeou était de 100 livres tournois en 1757. Il était encore de la même somme en 1783.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Roussemeau   (89)
Commanderie de Roussemeau
Département: Yonne, Arrondissement et canton: Sens, Commune: Marsangy — 89


Commanderie de Roussemeau
Commanderie de Roussemeau


Roussemeau, ancienne commanderie de l'Hôpital. La terre et seigneurie de Roussemeau appartenait, vers le milieu du XIIe siècle, à Pierre, comte de Nevers. Par ses lettres datées de l'année 1150, Pierre, pour obtenir le salut de son âme et de celles de ses parents, fit don aux frères de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, de sa maison de Roussemeau, « villam nostram de Roussemello », avec la justice et les dîmes, tant de Roussemeau que de Marsangis, « de Marsangiaco. » A la suite de cette donation, le comte de Nevers régla les droits et coutumes dont devaient jouir à l'avenir les hommes de Roussemeau.

A quiconque voudrait venir demeurer à Roussemeau, toute liberté et sécurité étaient promises. Les habitants qui désireraient demeurer ailleurs, pouvaient s'en aller, avec le droit d'emporter leurs meubles.

Le possesseur d'une maison à Roussemeau devait payer à l'Hôpital deux sols chaque année, pour droit de bourgeoisie, avec en outre quatre sols de cens, une mine d'avoine et une poule de coutume.

Ceux qui avaient des chevaux ou des boeufs, étaient tenus envers l'Hôpital à deux corvées de charrue par an, et à lui fournir un moissonneur.

Les habitants qui n'avaient ni chevaux ni boeufs, devaient seulement deux journées de travail.

Les plus fortes amendes étaient fixées à 60 sols; et les moindres, à 15 sols.

Outre la seigneurie de Roussemeau, les Hospitaliers possédaient, au XIIIe siècle, la prévôté de Marsangis, qu'ils avaient achetée de Guillaume de Roussemeau, et la terre de Chaulme, « terra de Calma », à Roussemeau, avec des vignes et des terres arables dans le Val-Julien, « in valle Juliani », qui leur avaient été données par un nommé Trubalde Bochu.

En 1261, nous voyons Philippe de Eglis, Grand-Prieur de France, échanger la prévôté de Marsangis et la terre de Chaulme, contre une grange ou ferme, appelée Hurtebise, avec des terres, prés, vignes et censives que lui céda alors le dit Guillaume de Roussemeau.

A la fin du XVe siècle, la commanderie de Roussemoau commençait à se relever des pertes et des dommages que les guerres lui avaient causés. La maison et la chapelle avaient été rebâties, et on tâchait de cultiver les terres qui étaient restées pendant si longtemps incultes. Durant ces temps de calamité, les habitants de Roussemeau avaient aussi beaucoup souffert, comme l'atteste le rapport de la visite prieurale de 1495: « Audit lieu, a ung villaige nommé Roussemeau, de XV à XXV habitans, reffaict nouvellement, où la commanderie a toute jurisdicion, et y a terres de domaine qui estoient en friche, et le Commandeur les faict labourer, qui donnent de prouffict 1 muid froment, et 1 muid avoinne. »

Plusieurs fiefs relevaient de la maison de Roussemeau: d'abord:
La terre et seigneurie de BracyFief de BracyFief de Bracy, au nord de Marsangis, qui appartenait en 1462, à Louis Brochet; et en 1786, à Maximilien-Roch-Louis Robert de Marsangis.

La terre seigneuriale de Bourienne ou BorienneSeigneurie de Borienne
Seigneurie de Borienne
(près de Marsangis), sur le chemin de Marsangis à Rousson, qui appartenait au XIVe siècle à Pierre Payen, chevalier, seigneur de Monceaux; et en 1755, à M. Savinin Fauvelet de Charbonnière;

Et la moitié de la seigneurie de Marsangis, dont l'autre moitié appartenait aux Hospitaliers.

M. Maximilien de Marsangis était, en 1786, copropriétaire avec l'Hôpital de cette dernière seigneurie. Pour éviter les inconvénients d'une possession commune, M. de Marsangis proposa au Grand-Prieur de France un échange, par lequel il lui céderait sa terre de Bracy, moyennant l'abandon par l'Hôpital de tous ses droits dans la seigneurie de Marsangis. Cette proposition fut agréée et réalisée par un acte notarié, qui porte la date du 29 juillet 1787.

Par cet acte, il fut convenu que la terre et seigneurie de Marsangis, n'ayant plus qu'un seul propriétaire, relèverait, par un seul hommage, du commandeur de Roussemeau; que la terre de Borienne et les fiefs de la Motte et des Simonets, situés au finage de Marsangis, relèveraient de la seigneurie de Marsangis, et en arrière-fiefs de l'Hôpital de Roussemeau.

Le revenu de Roussemeau était, en 1537, de 400 livres; et en 1664, de 4,900 livres. Le domaine comprenait alors plus de 400 arpents de terre de diverses natures.

Anciens Commandeurs de Roussemeau
1355. Fr. Pierre Penet.
1420. Fr. Palamede d'Orléans.
1422. Fr. Oudot Justot.
1457. Fr. André Leroy.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Roussillière (La)   (42)
Domus Hospitalis La Roussillière
Département: Loire, Arrondissement: Saint-étienne, Canton: Rive-de-Gier, Commune: Dargoire — 42


Domus Hospitalis La Roussillière
Domus Hospitalis La Roussillière


La Roussillière en Lyonnais, paroisse de Saint-Maurice, « proche de Saint-Andéol d'une lieue et de saint-Martin-la-Plaine d'une autre lieue, distant de son chef de quatre lieues », consistait en un pré et une terre sis en la paroisse de Saint-Martin-la-Plaine ; en rentes féodales et foncières, avec directe, perçues sur les paroisses Saint-Martin, Saint-Didier, Dargoire, Saint-Maurice etc ; en une dîme de blé et vin à la Rossillière, paroisse Saint-Maurice, à la 20e gerbe, valant 30 bichets blé, moitié froment et seigle et 30 ânées de vin, « jouxte la rivière de Giers de vent, le rieu de Besançon de vent et quasy soir, la dîme de Ronsures de soir, la dîme du coing de les Meyaries, appartenant partie au prieur de Mornant de bize, et la dîme du prieuré de Tartara de matin. »

— Le revenu annuel de cette annexe était de 220 livres (1).
1. 30. En octobre 1226, une transaction eut lieu entre le chapitre de Saint-Jean de Lyon et le commandeur de Chazelles pour la justice au lieu de Saint-Martin-la-Plaine (Archives du Rhône, Malte, H. 150, page 424).
Sources: M. Maurice Boissieu — La Commanderie de Chazelles — Bulletin de la Diana, juillet — décembre 1901. (Montbrison)
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Roz-sur-Couesnon   (35)
Domus Hospitalis Roz-sur-Couesnon
Département: Ille-et-Vilaine, Arrondissement: Saint-Malo, Canton: Pleine-Fougères, Commune: Saint-Marcan — 35


Domus Hospitalis Roz-sur-Couesnon
Domus Hospitalis Roz-sur-Couesnon


On ne possède presque rien sur le membre qu'avait le commandeur de QuessoyDomus Hospitalis Quessoy
Domus Hospitalis Quessoy
, en la paroisse de Roz-sur-Couesnon au diocèse de Dol. C'était une chapelle dédiée à saint Jean, construite au bord de la mer, au village de l'Hôpital, mais déjà vers 1570 « caduque et ruisnée de si long temps qu'il n'est mémoire d'homme l'avoir vue en prospérité » ; à cette époque elle venait même de souffrir beaucoup d'une tempête « et par les grands et impétueux vents depuis les trois ou quatre ans avait enté descouverte et ruisnée à bas. » Le commandeur Jean Le Pelletier entreprit alors de relever ce vieux sanctuaire et en 1574 la chapelle Saint-Jean de l'Hôpital de Roz se trouva « preste à recevoir sa nouvelle couverture. »

Auprès de cette chapelle se trouvait un « petit logix avec jardin et pièce de terre » afféagé en 1574 moyennant 20 sols de rente.
Le commandeur de Quessoy jouissait d'un trait de dîme « tant de bled que de fillaces ayant cours ès paroisses de Roz-sur-Couesnon et de Saint-Marcan, quelle dime vault, commun an, de 10 à 12 bouexeaux de bled, mesure de Dol. »

« Oultre en la paroisse de Roz-sur-Couesnon, il y a un village appelé la Poultiére ès environs duquel sont pareillement deues quelques rentes, dîmes et obéissantes tant par bled, argent et sel, le tout de peu de valeur, sans aucun domaine. »

Nous croyons que les biens suivants dépendaient également à l'origine de l'Hôpital de Roz-sur-Couesnon les tenue et fief de la Villaze et ChartrainDomus Hospitalis Villaze et Chartrain
Domus Hospitalis Villaze et Chartrain
, en la paroisse de Trans-la-Forêt, le bailliage de l'HôpitalDomus Hospitalis Pleugueneuc
Domus Hospitalis Pleugueneuc
, en Pleugueneuc, s'étendant autour d'un grand village qui porte encore la nom de l'Hôpital, — un petit baillage en Bécherel, au village de La BarreDomus Hospitalis La Barre
Domus Hospitalis La Barre
— et un dernier petit fief en la paroisse de la Chapelle-Chaussée.

Tout cela était pou considérable: la chapelle Saint-Jean de Roz-sur-Couesnon acheva de tomber en ruines en 1881 et il ne demeura plus que le nom d'Hôpital au village qu'avaient possédé les Chevaliers Hospitaliers. Si le Temple de Carentoir seul n'était qu'une médiocre commanderie, l'Hôpital de Quessoy seul était un pauvre bénéfice (affermé seulement 330 livres par an, en 1843); les deux établissements réunis ne formaient qu'une commanderie, assez étendue il est vrai comme territoire, mais d'un revenu bien modique.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
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Runan   (22)
Domus Hospitalis Runan
Département: Côtes-d'Armor, Arrondissement: Guingamp, Canton: Pontrieux — 22


Domus Hospitalis Runan
Domus Hospitalis Runan


On croit reconnaître RunanEglise de Runan
Eglise de Runan @Jack Bocar
(Commune du canton de Pontrieux) dans le « Runargant » de la charte donnée aux Templiers en 1182. Notre-Dame de Runan — jadis trêve de Plouëc, aujourd'hui église paroissiale — se trouvait, en effet, « assise dans le fief du Palacret. » Aussi le commandeur de la Feuillée en prit-il possession le 5 juin 1720 en qualité de commandeur du Palacret. C'était déjà un sanctuaire très fréquenté des pèlerins, lorsqu'en 1414 le duc de Bretagne Jean V y créa une foire en faveur des habitants.

L'église de Runan est un fort bel édifice qui vient d'être habilement restauré; ses trois nefs sont couvertes d'écussons, comme la robe d'une grande dame au temps de la chevalerie. Dans sa magnifique fenêtre flamboyante du chevet, la verrière présente les armes de la reine-duchesse Anne de Bretagne, bienfaitrice du lieu, et plus bas les blasons de tous les gentilshommes des alentours; aux siècles derniers, les armoiries de l'Ordre de Malte et celles de plusieurs commandeurs du Palacret s'y trouvaient également. Dès 1438, le commandeur de Keramborgne fit aussi sculpter son blason, tenu par des lions, au-dessus des fenêtres. En 1617, cette église renfermait sept autels, et il s'y faisait « un très beau service journellement, car il y tombe de grands biens. » La statue de Notre-Dame de RunanRunan Notre-Dame
Notre-Dame de Runan
, « toute dorée », et dans une superbe niche, était accompagnée de celle de saint Jean. Le trésor contenait: « une croix processionnelle, un soleil magnifique, des calices, ciboires et encensoirs, le tout en argent. » Il y avait quatre cloches dans la tour; dans le cimetière se trouvait un reliquaire, un « grand calvaire avec figures de saints », une chaire pour prêcher en plein air, et un oratoire avec autel où l'on disait la messe les jours de pardons, à cause de la multitude des pèlerins.

Malgré sa richesse, la fabrique de Runan ne devait au commandeur du Palacret que 24 sols de rente, et « pour les offrandes du lieu 100 sols, à la Nativité de Notre-Dame. » Par ailleurs, ce commandeur avait certains droits sur la halle de Runan, et jouissait de treize tenues et d'une dîme.

C'était en Pommerit-le-Vicomte (Commune du canton de Lanvollon) que se trouvait le membre de KerdanetDomus Hospitalis Kerdanet
Domus Hospitalis Kerdanet
. Son chef-lieu était le village de Kerdanet en la trêve de Saint-Gilles-le-Vicomte faisant partie de la paroisse de Pommerit. Il existe encore actuellement un manoir de Kerdanet, édifice du XVIe siècle, relié au manoir voisin de la Garde par un souterrain voûté en granit de 160 mètres de longueur. Mais si ce manoir a jamais appartenu aux Chevaliers, depuis bien des siècles ils ne le possédaient plus, car il n'en est point fait mention dans leurs archives.

Quant à la chapelle de Kerdanet — aujourd'hui détruite — elle se trouvait dans le village de ce nom et s'appelait Saint-Jean du Temple. Dans son vitrail on voyait en 1617 l'écusson du seigneur du Cleuziou, « par tolérance du commandeur de la Salle » qui avait même autorisé ce gentilhomme à placer un banc dans le sanctuaire; au siècle suivant on y signalait les armoiries de l'Ordre de Malte et celles du commandeur de Belthomas. En 1697 le commandeur de la Feuillée laissait au curé de Saint-Gilles un tiers des oblations de Kerdanet.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902

Voir les chartes Conan IV, duc de Bretagne, relatives aux biens des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
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