Maisons ou Hôpitaux

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Quessoy   (22)
Domus Hospitalis Quessoy
Département: Côtes-d'Armor, Arrondissement: Saint-Brieuc, Canton: Moncontour — 22


Domus Hospitalis Quessoy
Domus Hospitalis Quessoy


On lit ce qui suit dans l'Etat de la commanderie de Carentoir en 1643, du temps du commandeur Gilles du Buisson : « A l'Hospital de Quessoy il y a une chapelle fondée de Monsieur saint Jean-Baptiste, laquelle a été réparée tout à neuf, tant en maçonnail, charpente que couverture, à laquelle réparation ont contribué les hommes voisins tant subjects que aultres; sur le pignon de laquelle chapelle il y a deux cloches de moyenne grosseur, avec plusieurs ornements et un calice d'argent et un d'estain pour y célébrer le divin service, et est desservie par dom Jacques Cornu, prestre résidant prés le dit lieu. »

« Au devant de ladite église est le cimetière; et au derrière sont nombre de matières où autrefois ostoit les logis et manoir dudit lieu qui ont esté ruisnés par l'injure des guerres civiles; joignant lesquelles mazières est un petit jardin avec un réservoir et un pasty au-dossoubs où il y a quelques chèsnes. »

« Plus, proche de la dite chapelle est le logix de la métairie, lequel logix est réparé tout à neuf. »

« A une arquebusade dudit lieu il y a un ruisseau sur lequel ledit commandeur du Buisson a fait bastir un moulin à bled tout à neuf, où les subjets sont obligés de porter moudre leurs bleds à debvoir ordinaire de mousture et à peine d'amende. »

Enfin le domaine proche de la commanderie de Quessoy se complétait par la métairie des GrangesDomus Hospitalis Granges
Domus Hospitalis Granges
en Yffiniac et par une dîme à la 126 gerbe au village de l'HôpitalDomus Hospitalis de l'Hôpital
Domus Hospitalis de l'Hôpital
de Quessoy.

La chapelle Saint-Jean de l'Hôpital de Quessoy au XIVe siècle, « elle avait dans son pavé plusieurs dalles funéraires armoriées qui ont disparu. Elle contenait les en-feux des seigneurs d'Uzel, de la Houssaye, du Bouais-Armel, de la Roche-Durant, de la Ville-Tanet et de la Ville-Rabel. » Cette chapelle vient d'être nouvellement reconstruite et rien n'y rappelle plus le séjour des Chevaliers Hospitaliers.
Le commandeur de Quessoy jouissait d'une haute juridiction et avait sa justice patibulaire à deux poteaux au village même de l'Hôpital.

Enfin, il recueillait quelques dîmes et rentes — fort modiques d'ailleurs — dans les paroisses voisines de Plouguenast, Saint-Aaron, Saint-Gouéno et Plaintel.
Il se trouvait en Plouguenast une chapelle dédiée à Saint Jean et en Saint-Aaron un village appelé l'Hôpital.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
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Questembert   (56)
Domus Hospitalis Questembert
Département: Morbihan, Arrondissement: Vannes, Canton: Questembert — 56


Domus Hospitalis Questembert
Domus Hospitalis Questembert


Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem eurent dés le XIIe siècle en Questembert, au diocèse de Vannes, une aumônerie mentionnée dans la charte de 1160 sous le nom de « Eleemosina de Keatembert. »

La chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, selon l'usage, est située dans un village portant le même nom, à quelques kilomètres au sud de la petite ville de Questembert. Cet établissement fut annexé, à une date inconnue, à l'Hôpital de Malansac, uni lui-même au Temple de Carentoir; c'est grâce à cette union que la dénomination de Temple a été improprement donnée à Saint-Jean de Questembert.

Dans l'aveu de la commanderie de Carentoir, en 1574, nous trouvons signalé « le Temple de l'Hôpital, en la paroisse de Questembert, avec cette donnée que le commandeur jouissait du tiers des oblations faites à sa chapelle et laissait les deux autres tiers pour l'entretien de l'édifice. L'aveu de 1624 ajoute: « le Temple de Saint-Jean de Questembert, paroisse de ce nom, autour duquel sont plusieurs tenuements d'héritages sur lesquels sont dus au commandeur rentes féodales, obéissance et autres devoirs seigneuriaux. »


Chapelle Saint-Jean de Questembert
Chapelle Saint-Jean — Adresse: L'Hopital, Questembert — Sources: Image


L'Etat de la commanderie, dressé en 1643, est plus explicite: « En la paroisse de Questembert, dit-il, il y a une chapelle ou Temple, aussy fondée de Monsieur Saint Jean-Baptiste, avec un chapitrel au devant de la grande porte et sur le pignon une cloche, le tout couvert d'ardoises, en bonne reparation. »

« Proche et ès environ d'icelle il y a quelques maisons et héritages sur lesquels sont deubs quelques rentes par deniers, obéissance et dîmes qui peuvent valoir environ six livres. »

« Des oblations qui tombent en ladite chapelle, les deux tiers sont employés à l'entretien des ornements, du service et des réparations, et l'autre tiers est pris par ledit commandeur. »

Un siècle plus tard, la condition de ce petit bénéfice ne s'était point améliorée, comme nous le prouve le passage suivant d'un état de la même commanderie de Carentoir dressé en 1740: « La chapelle de Saint-Jean du Temple, prés Questembert, consiste en un dîmereau d'une seule pièce de terre et le tiers des oblations, le tout affermé 11 livres. La chapelle est assez bien réparée mais sans ornements. »

La chapelle Saint-Jean de Questembert existe encore et appartient à la paroisse; on y retrouve un écusson portant la croix pattés de l'Ordre de Malte et une inscription présentant le nom du commandeur François Thomas.

D'après certaines traditions recueillies par M. Rosenzweig, Les Templiers auraient eu deux chapelles en Questembert l'une à Bréhardec,à Notre-Dame, et l'autre près du vieux château de Coëtbihan. On croit reconnaître ce dernier établissement dans le « Coétbelan » faisant partie de l'énumération des biens possédés en 1182 par l'Ordre du Temple, mais on n'en sait pas autre chose, quoique le peuple assure que les Chevaliers du Temple habitèrent Coëtbihan.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
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Quimper   (29)
Commanderie de Quimper
Département: Finistère, Arrondissement et Cantons: Quimper - 29


Commanderie de Quimper
Commanderie de Quimper


La charte donnée en 1160 en faveur des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem mentionne un établissement qu'elle appelle Hospitalis inter duas Kemper. On n'est pas d'accord sur l'interprétation à donner à ce texte : cet hôpital semble à quelques-uns devoir être le Palacret, situé entre Quimperven et Quimper-Guézennec, ou le Moustoir en Kernevel, sis entre Quimper et Quimperlé. M. de Blois regardait ce texte comme s'appliquant mieux à Saint-Jean de Quimper, bâti à l'origine entre la vieille cité Civitas Aquilonia (aujourd'hui Locmaria) et la ville actuelle de Quimper (Ogée, op. cit., V° Quimper). Malheureusement, toutes ces hypothèses tombent devant le procès-verbal de la visite de la commanderie de Quimper en 1617 ; on y lit, en effet, que la maison de cette commanderie portait le nom de Temple de Saint-Jean ; ce n'était donc pas primitivement un hôpital de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, mais un établissement de Templiers auquel ne peut se rapporter le texte de la charte donnée par Conan en faveur des chevaliers hospitaliers.

Quoiqu'il en soit, la commanderie de Quimper remontait certainement à une haute antiquité. Au XVIème siècle, elle se trouvait en mêmes mains que la commanderie de Pont-Melvez, sans être cependant, semble-t-il, unie à ce bénéfice, car les commandeurs possédant Quimper et Pont-Melvez rendaient séparément aveu au roi pour chacune de ces commanderies.

Le commandeur Jean de la Barre fit ainsi en 1540 (Archives de la Loire-Inférieure, B, 187) ; sa déclaration va nous faire connaître l'étendue de la commanderie de Quimper au XVIème siècle. Comme toutefois cette déclaration est très brève, nous chercherons ailleurs quelques éclaircissements et quelques détails que nous ajouterons au texte de l'aveu.

La commanderie comprend tout d'abord « le membre de Quimper-Corentin, consistant en juridiction haulte, moyenne et basse, laquelle s'exerce près la chapelle Saint-Jean sur le quai de la ville de Quimper, capitale de l'évesché de Cornouaille ».

Cette chapelle, dédiée à saint Jean-Baptiste, se trouvait à l'angle du quai et de la rue Vis, et s'ouvrait sur cette rue (vis-à-Vis de la cale actuelle de Saint-Jean) ; ses dimensions étaient d'environ 20 mètres de long sur 8 mètres de large. Tombée en ruine pendant les guerres de la Ligue, elle avait quelques portions appartenant au XIIIème siècle, mais elle fut presque totalement reconstruite au commencement du XVIIème par le commandeur René de Saint-Offange. En 1617, Saint-Jean de Quimper était desservie par un chapelain nommé dom Primel Le Levier, et l'on y honorait un reliquaire « en forme de teste d'homme en bois doré, renfermant des reliques du précieux corps de saint Jean-Baptiste ». (Visite de 1617).

Derrière cette chapelle s'élevait « une maison ruisnée (en 1617), située sur le quay en la Terre-au-Duc » avec un jardin. C'est cette maison, demeure primitive des commandeurs, qu'on appelait « le Temple de Saint-Jean » (Visite de 1617).

Dans la cour de ce vieux logis se trouvait l'auditoire ; la haute justice de la commanderie s'y exerça tous les jeudis jusqu'en 1621. A cette époque, elle se trouva quelque temps dépourvue d'officiers, et le présidial de Quimper en profita avec empressement pour la déclarer supprimée. Ce ne fut qu'un siècle plus tard, en 1727, que le commandeur de la Feuillée demanda et obtint sans peine du Parlement de Bretagne un arrêt rétablissant la juridiction de Saint-Jean de Quimper (Trévédy, Promenade dans Quimper).

Le fief de la commanderie à Quimper même était d'ailleurs peu considérable ; il n'avait ni justice patibulaire, ni poteau à carcan, et ne comprenait dans les siècles derniers que la chapelle et l'ancien manoir avec son auditoire.

En dehors de Quimper, le commandeur avait des tenues et levait des dîmes dans les paroisses de Penhars, Ploneiz, Ergué (nota : en Ergué-Gabéric se trouvait jadis la chapelle Sainte-Anne-du-Guélen, attribuée aux Templiers), Beuzec-Cap-Sizun et Plougastel. De ces paroisses, les quatre premières ont leurs noms inscrits dans la charte de 1160 : Eleemosine de Pennhart et de Ploeneth et de Arke et de Bodoc-Kapsithun.

Le manoir de Lestivien en Plouhinec relevait aussi de la commanderie, ainsi que le château et la seigneurie du Mur en Saint-Evarzec. Aussi le nom de cette dernière paroisse figure-t-il parmi ceux des possessions de l'Ordre du Temple en 1182.

Le commandeur de Quimper jouissait également du membre de Penmarc'h (Finistère) et avait en cette paroisse la chapelle Saint-Jean de Kérity ; cet édifice, aujourd'hui ruiné, présente encore sa tour massive accolée d'une tourelle. On y voyait jadis un précieux retable en albâtre sculpté et doré, et une statue de saint Jean aussi en albâtre ; ces oeuvres d'art, heureusement conservées, ont été transférées de nos jours en des églises voisines. Le commandeur levait toujours quelques oblations à Kérity en 1697, mais à cette époque, la plupart des rentes dues à Penmarc'h étaient perdues (Déclaration de 1697).

Le membre de Châteaulin (Finistère) devait être très ancien, puisque en 1217, le duc Pierre Mauclerc fit restituer aux chevaliers du Temple les Hospites in Castro Lini qu'on leur avait enlevés (Dom Morice, op. cit., I, 836). Mais au XVIIème siècle, il ne rapportait plus au commandeur de Quimper « ny rentes, ny chefrentes », sauf deux saumons prisés 15 livres en 1697, et qui lui étaient dûs en la pêcherie de Châteaulin. Dans cette ville lui appartenaient aussi quelques tenues et la chapelle Saint-Jean dont il cueillait les offrandes, étant obligé de l'entretenir. Par tolérance du commandeur, le seigneur de Kergoët du Guilly avait un banc dans ce sanctuaire (Déclaration de 1697).

Le membre d'Audierne (Finistère) consistait en une chapelle bâtie sur le port de cette petite ville, mais en la paroisse de Plouhinec. En 1720, cette chapelle, dédiée à saint Jean, renfermait un jubé et dans son trésor « le chef de Saint-Jean et aussi le chef de Saint-Tugdual dans une boette d'argent à l'antique et des reliques de ces deux saints » (Visite de 1720).

Au bas du cimetière de Saint-Jean d'Audierne s'élevait un second petit sanctuaire en l'honneur de saint Tugdual. Non loin se dressait « une belle croix de pierre de taille avec crucifix » qu'accompagnaient deux fontaines monumentales. Enfin à trente pas de là, on retrouvait « les vieilles mazières de l'Hospital Saint-Jean d'Audierne » (Visite de 1720). Preuve de l'importance relative qu'avait eue à l'origine cet établissement des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

La chapelle Saint-Jean de Botlan, dit Ogée (Ogée, op. cit., V° Edern), est sur le sommet d'une des Montagnes Noires qui forme un très beau point de vue. Elle se trouve dans la paroisse d'Edern (Finistère) et dépendait de toute antiquité de la commanderie de Quimper ; aussi y voyait-on en 1720 les armoiries de l'Ordre de Malte, trois autels et les statues de saint Jean et de saint Edern, ce dernier monté sur son cerf traditionnel. Il s'y trouvait aussi une chaire à prêcher « parce qu'en Caresme on y presche la Passion qui attire une grande foule de peuple ». Ce sermon solennel devait avoir pour origine l'adoration d'une Vraie-Croix déposée en ce sanctuaire par les chevaliers. Enfin un beau calvaire de granit « avec crucifix et figures de plusieurs saints » s'élevait devant la chapelle. Toutefois le chapelain de Saint-Jean de Botlan n'était tenu à y faire l'office divin qu'aux fêtes des pardons (Visites de 1617 et 1720).

Plusieurs villages de la paroisse d'Edern dépendaient avec leurs tenues du commandeur de Quimper qui possédait aussi le moulin de Saint-Jean d'Edern au village de Guilliau (Déclaration de 1697).

Dans les paroisses de Cuzon, Briec, Saint-Thois, Plozevet et Tourc'h, le même commandeur avait sous sa juridiction plusieurs villages et jouissait de plusieurs tenues. Les noms des deux premières de ces paroisses figurent dans la charte de 1160 Eleemosine de Cothon et de Brithiac ; la dernière sous la dénomination de Tourc se retrouve dans la charte de 1182. Les deux Ordres de Saint-Jean de Jérusalem et du Temple avaient donc concouru à la formation de ce membre.

La paroisse de Scaër (Finistère) dépendait aussi en partie de la commanderie de Quimper ; son nom « Scahart », paraît également dans l'énumération des biens de l'Ordre du Temple en 1182. Le commandeur avait à Scaër un bon nombre de tenues, une dîme et une rente sur le manoir de Trévalot ; à l'origine cette maison noble avait même appartenu aux Templiers qui la firent figurer parmi leurs possessions en 1182.

De plus, deux chapelles appartenaient en Scaër au commandeur de Quimper. C'était d'abord la curieuse chapelle du Christ ou de Saint-Sauveur au village de Coatdry. C'est aux environs qu'on trouve les petites pierres portant chacune sur sa face une croix semblable à celle qui formait le blason des chevaliers hospitaliers. Ce sanctuaire renfermait en 1720 cinq autels et un jubé surmonté d'un Christ et des statues de Notre-Dame et de saint Jean ; « sur ses murailles (étaient) plusieurs peintures de fleurs et de figures représentant la passion de Notre-Seigneur et plusieurs autres histoires sacrées » : le retable du maître-autel était « doré en sculpture et le Saint Sauveur au milieu, aussi doré ainsi que les images de la Vierge et de saint Jean » ; enfin on voyait « à l'aile gauche le sépulchre de Notre Seigneur dans une voulte et au dessus de ladite voulte les images peintes de Notre-Dame et de saint Jean ; on dit qu'il y a grand concours de dévotion toute l'année en cette chapelle » (Visite de 1720). A la fin du XIXème siècle encore les pèlerinages sont fréquents à Coatdry et les pardons du lieu sont renommés. L'autre chapelle de Scaër dépendant de l'Ordre de Malte était celle de Saint-Jean d'Ividy au village de ce nom. Le recteur de Scaër recevait les oblations de ces deux sanctuaires et les entretenait, mais comme celles de Coatdry étaient importantes, il versait chaque année au commandeur une somme d'argent (25 livres en 1720).

La chapelle de Saint-Jean de Locjean en la paroisse de Kernevel (Finistère) appartenait aussi au commandeur de Quimper qui en recueillait les offrandes et entretenait l'édifice. En 1617 il s'y trouvait trois autels et dans la verrière, par permission de l'Ordre de Malte, les armoiries du sire de Kergorlay (Visite de 1617). C'est en Kernevel que se trouve le village du Moustoir qu'on regarde comme une ancienne propriété des chevaliers hospitaliers.

Dans la paroisse de Gourin (Morbihan) était ce qu'on nommait le membre de Roudouallec, en 1160, Eleemosina an Rodoued Gallec. Cet antique établissement de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem comprenait le bourg et l'église de Roudouallec — qui était alors une trêve de Gourin — et une douzaine de villages avec d'assez nombreuses tenues et une dîme de grains ; le manoir de Penguily devait lui-même une petite rente au commandeur. L'église de Roudouallec — devenue paroissiale de nos jours — était en 1617 dédiée à saint Jean, et l'ensemble des biens des chevaliers en ce lieu portait le nom de « Temple de Roudouallec » (Visite de 1617).

Non loin de Gourin le village de Besmays en la paroisse de Leuhan (Finistère) dépendait également de la commanderie de Quimper. Il s'y élevait une chapelle, qui subsiste encore, construite en l'honneur de saint Jean ; au commandeur appartenaient les oblations et quelques tenues voisine.

Dans la paroisse de Langonnet (Morbihan) se trouvait le membre du Croisty qu'il ne faut pas confondre avec la commanderie du même nom dont nous parlerons plus loin. Il consistait en plusieurs villages et tenues tant en Langonnet qu'en Le Faouët, Querrien, Plévin, Guiscriff et Moëlan, paroisses voisines de Langonnet. La dernière de ces paroisses figure sous le nom de Eleemosina de Moëlan non seulement en la charte de 1160 mais encore en celle de 1182, parce que les deux Ordres des Hospitaliers et des Templiers y avaient reçu des biens.

En Guiscriff le manoir de Kervelaouen et le village de Saint-Maudez relevaient du commandeur de Quimper qui possédait aussi à l'origine en cette paroisse le moulin de Languedorec.

En Plévin la chapelle Saint-Jean du Poullandu et en Le Faouët (Morbihan) celle de Saint-Jean appartenaient au même commandeur. Cette dernière, bâtie au village de Saint-Guénan, présentait en 1617 dans ses verrières les armes de l'Ordre de Malte conjointement à celles des ducs de Bretagne et des sires de Goulaine, barons du Faouët.

M. Rosenzweig a écrit que la jolie chapelle Saint-Fiacre du Faouët - justement célèbre par son merveilleux jubé - était « la chapelle principale de la commanderie de Saint-Jean du Faouët » (Rosenzweig, Répertoire archéologique du Morbihan, 83). Malheureusement, nous n'avons trouvé aucune mention de Saint-Fiacre du Faouët faite dans les archives de la Feuillée ; aussi croyons-nous que Saint-Jean était l'unique sanctuaire possédé par l'Ordre de Malte dans la paroisse du Faouët.

Aux environs de Quimperlé (Finistère) deux chapelles dépendaient de la commanderie de Quimper en 1574 : l'une située en l'évêché de Cornouaille et dans la paroisse de Riec, subsiste encore ; elle s'appelle Saint-Jean de Pontmen, et l'on croit qu'elle est désignée dans la charte de 1160 sous le nom de Hospitalis super Beloen. Ses vitraux contenaient en 1617 les blasons des ducs de Bretagne et de plusieurs gentilshommes des environs. L'autre, bâtie l'extrémité d'un faubourg de Quimperlé, se trouvait en l'évêché de Vannes, et on la nommait Saint-Jean de Cramou (Archives de la Loire-Inférieure, B 187).

Près d'Hennebont s'étendait le membre du Temple de Beauvoir, uni en 1574 à la commanderie de Quimper ; son chef-lieu se trouvait en la paroisse d'Inzinzac (Morbihan) et non pas en celle de Priziac, comme quelques-uns l'ont cru. Il consistait en un manoir tombé en ruines avant 1697, mais dont le nom est demeuré aux deux villages du Temple et du Bas-Temple ; à côté se trouvait un moulin usurpé à la même époque et non loin se dressait la chapelle Saint-Jean du Temple avec ses trois autels ; ce sanctuaire menaçant ruine fut interdit en 1718 (Déclaration de 1697 et visite de 1720).

Du Temple de Beauvoir relevaient quelques villages, et le commandeur avait quelques tenues dans les paroisses d'Inzinzac, Caudan, Cléguer et Quinstinic-Blavet ; ces deux dernières ont leurs noms inscrits dans la charte de 1160 Eleemosine de Cleker et de Kinstinic-Blagueth. En Quinstinic-Blavet se trouvait une autre chapelle de Saint-Jean du Temple. En 1720 elle était ornée d'un vaste retable accompagnant le maître-autel « il comprend — dit le procès-verbal de visite — toute la face du pignon et on y voit au milieu Notre-Seigneur en croix, et peints des cieux côtés plusieurs figures de saints comme saint Joachim, sainte Anne, la sainte Vierge, saint Joseph, etc. ». Dans une niche apparaissait en place d'honneur la statue de saint Jean.
Sources: Guillotin de Corson, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] - Bnf
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne. Nantes 1902
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Quittay   (53)
Commanderie de Quittay
Département: Mayenne, Arrondissement et Canton: Mayenne, Commune: Saint-Georges-Buttavent - 53


Domus Hospitalis Quittay

Domus Hospitalis Quittay


Les anciens seigneurs de Mayenne doivent avoir fondé cette commanderie. En effet nous voyons Geoffroi de Mayenne entreprendre (1158) le voyage de la Terre-Sainte, avec un grand nombre de seigneurs de la province du Maine. La commanderie de Quittay avait pour annexe Cherbé, établissement de l'ordre du Temple, situé paroisse de la Templerie.
Ses domaines étaient situés en seize paroisses, notamment dans celles de Saint-Georges et de la Templerie de Cherbé.
Le patronage de la cure de cette dernière, supprimée par suite de la révolution, appartenait à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Les hospitaliers du grand prieuré d'Aquitaine eurent procès avec Ysabelle d'Avaugour, dame de Mayenne, qui les troubla dans les droits de juridiction, attachés à la commanderie de Quittay.
Aucune charte ne fait connaître l'époque de la fondation de ces établissements, ni le nom des fondateurs ; le plus ancien titre parvenu jusqu'à nous, remonte à l'année 1394.
Cette commanderie affectée aux Chapelains et servants d'armes, était estimée 1.400 livres.
Sources: Thomas Cauvin. La Topographie du diocèse du Mans, page 63 et suivantes. Le Mans 1843 - Livre numérique Google
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