Maisons ou Hôpitaux

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Gabre   (09)
Commanderie de Gabre
Département: Ariège, Arrondissement: Pamiers, Canton: Le Mas-d'Azil — 09


Commanderie de Gabre
Localisation: Commanderie de Gabre


Membres
Inconnus: Alvich, Alviès, Anham, Anhel, Aniaux, Asciac, Asnac, Astuech, Ausac, Aymat, Belvé, Bouau, Buac, Castelnovel, Enat, Essem, Gisters, Golier, Hornollac, Molières, Nielglos, Olhet, Saint-Hugues, Sorsen, Ures, vallée de sos, Videlhac.

Domus Hospitalis de AnhauxDomus Hospitalis de Anhaux
Domus Hospitalis de Anhaux

Département: Pyrénées-Atlantiques, Arrondissement: Bayonne, Canton: Mauléon-Licharre - 64
Domus Hospitalis d'ArbiegDomus Hospitalis d'Arbieg
Domus Hospitalis d'Arbieg

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Niaux - 09
Domus Hospitalis AnavreDomus Hospitalis de Anavre
Domus Hospitalis de Anavre

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Tarascon-sur-Ariège - 09
Domus Hospitalis de BachyDomus Hospitalis de Bachy
Domus Hospitalis de Bachy

Département: Ariège, Arrondissement: Saint-Girons, Canton: Couserans Est, Commune: Esplas-de-Sérou - 09
Domus Hospitalis Les CabannesDomus Hospitalis les Cabannes
Domus Hospitalis les Cabannes

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Les Cabannes — 09
Domus Hospitalis de CapouletDomus Hospitalis de Capoulet
Domus Hospitalis de Capoulet

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Niaux - 09
Domus Hospitalis de LujatDomus Hospitalis de Lujat
Domus Hospitalis de Lujat

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Ornolac-Ussat-les-Bains - 09
Domus Hospitalis MercusDomus Hospitalis de Mercus
Domus Hospitalis de Mercus

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Bompas - 09
Domus Hospitalis de NiauxDomus Hospitalis de Niaux
Domus Hospitalis de Niaux

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Niaux - 09
Domus Hospitalis de PailhèsDomus Hospitalis de Pailhès
Domus Hospitalis de Pailhès

Département: Ariège, Arrondissement: Pamiers, Canton: Le Mas-d'Azil — 09
Domus Hospitalis de PradesDomus Hospitalis de Prades
Domus Hospitalis de Prades

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Ax-les-Thermes - 09
Domus Hospitalis de SemDomus Hospitalis de Sem
Domus Hospitalis de Sem

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès - 09
Domus Hospitalis de SentenacDomus Hospitalis de Sentenac
Domus Hospitalis de Sentenac

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès - 09
Domus Hospitalis de SavarthèsDomus Hospitalis de Savarthès
Domus Hospitalis de Savarthès

Département: Haute-Garonne, Arrondissement et Canton: Saint-Gaudens, Commune: Saint-Médard - 31
Domus Hospitalis de SucDomus Hospitalis de Suc
Domus Hospitalis de Suc

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès - 09
Domus Hospitalis de TaparouchDomus Hospitalis de Taparouch
Domus Hospitalis de Taparouch

Département: Ariège, Arrondissement: Pamiers, Canton: Arize-Lèze, Commune: Sabarat - 09
Domus Hospitalis d'UnacDomus Hospitalis d'Unac
Domus Hospitalis d'Unac

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Niaux - 09
Domus Hospitalis d'UssatDomus Hospitalis d'Ussat
Domus Hospitalis d'Ussat

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Niaux - 09
Domus Hospitalis de VerdunDomus Hospitalis de Verdun
Domus Hospitalis de Verdun

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Les Cabannes — 09
Domus Hospitalis de TarasconDomus Hospitalis de Tarascon
Domus Hospitalis de Tarascon

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Tarascon-sur-Ariège - 09
Domus Hospitalis de VicdessosDomus Hospitalis de Vicdessos
Domus Hospitalis de Vicdessos

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès - 09
Par suite d'événements que nous aurons à raconter tout à l'heure, les archives de cette Commanderie ont presque entièrement disparu et nous ne pouvons restituer son passé qu'à l'aide d'un inventaire composé dans le courant du XVIIe siècle. Cet établissement de l'Ordre de Saint-Jean, ainsi que ses nombreuses dépendances, se trouvaient situées au milieu des montagnes les plus sauvages du pays de Foix (aujourd'hui partie méridionale du département de l'Ariège).

L'Hôpital de Gabre existait avant la fin du XIIe siècle; nous trouvons, en effet, la donation du fief de « Castanes », qui lui fut faite en l'an 1191. Mais, à part cette donation et celle du fief des « Algarilhes », faite le troisième jour des Ides de juin 1259, par Bernard de Montmaur à Guillem Arnaud, Commandeur de Gabre les autres nous sont complètement inconnues et nous serons forcés d'énumérer les dépendances de cet établissement, sans pouvoir indiquer leur provenance.

Vers la fin du XIIIe siècle, nous trouvons le commandeur de Gabre en procès avec Arnaud Garsie, abbé du Mas-d'Azil; il s'agissait de leurs droits respectifs sur les territoires « d'Aron, Molières et Taparou. » L'affaire fut remise à l'arbitrage de Bernard d'Aure, Commandeur de « Saint-Jean del Thor » et de Pierre Allemand, diacre; ceux-ci, le 3 des Nones de novembre 1280, en présence de Nicolas, évêque de Couserans et d'Isarn, abbé de Combelongue, rendirent leur sentence, par laquelle la seigneurie d'Aron était reconnue à l'abbaye, tandis que Molières et Taparou appartiendraient par indivis à l'abbé et au commandeur. Il fut décidé, en outre, que les différends qui surviendraient à l'avenir entre les deux parties seraient jugés par l'évêque de Couserans et l'abbé de Combelongue.

Sentant sans doute le besoin de construire une bastide fortifiée à la place de la ville de Gabre, le commandeur s'adressa au Grand-Prieur de Saint-Gilles, qui conclut, le 6 mars 1283, un traité de paréage avec le roi de France, malgré les protestations du comte de Foix, alors prisonnier du roi d'Aragon. Par cet acte, les Hospitaliers cédaient à la couronne la moitié de toute la juridiction haute, moyenne et basse qu'ils avaient au lieu de Gabre, en échange de l'érection des murailles de la future ville.

Quelques années plus tard, la ville que les fondateurs avaient appelée la Bastide de Plaisance existait déjà. Nous voyons, en effet, ce même Prieur, Foulques de Villaret, obligé d'intervenir entre le commandeur et les habitants de cette bastide, pour régler des difficultés relatives au casuel dû au vicaire perpétuel. Le commandeur s'engagea dans cet accord à faire en sorte que les paroissiens de la Bastide n'eussent à payer, à l'occasion de leurs mariages, « que 15 sols tournois pour la bénédiction nuptiale, plus 3 deniers tournois pour le repas du prêtre et de son clerc, et pour les enterrements, le meilleur habit ou la meilleure robe possédé par le défunt lors de son décès. » (5 octobre 1292).


Eglise de la commanderie de Gabre
Eglise des Hospitaliers de Gabre — Sources: Mairie de Gabre


Comme nous l'avons vu plus haut, les localités de Molières et de Taparou dépendaient en partie de l'Hôpital, le commandeur y partageant la juridiction avec le comte de Foix (09) et l'abbé du Mas-d'Azil (09). Par suite des malheurs de la guerre ou de quelques désastres particuliers, ces deux petites villes étaient devenues, dans la première partie du XVe siècle, presque entièrement ruinées et dépeuplées. Aussi le comte de Foix et l'abbé du Mas-d'Azil, trouvant que les habitants étaient trop peu nombreux pour les indemniser des frais d'entretien de leur tribunal, des gages de leurs juges et autres officiers de justice, proposèrent-ils au commandeur de Gabre de transporter le siège de leur juridiction commune dans la ville de Sabarat (09), dont ils étaient seigneurs, et où l'Hôpital possédait de son côté de nombreuses rentes. Le commandeur accepta la proposition, en se réservant la faculté d'établir un bailli pour exercer la justice civile et criminelle dans les lieux de Molières et de Taparou, conjointement avec les juges de Sabarat, et le droit de recevoir les serments des consuls des deux villes. Moyennant ces réserves, les trois seigneurs prononcèrent, le 31 mai 1429, l'adjonction de Molières et de Taparou à la juridiction de Sabarat; mesure qui, malgré les précautions du commandeur, devait être fatale à la prospérité de ces deux localités; car elles continuèrent à décroître et finirent par n'être que de simples hameaux.

Vers le commencement du XVIe siècle, à la commanderie de Gabre, fut réunie celle de Capoulet (à l'ouest de Tarascon-sur-Ariège 09), située, ainsi que ses nombreuses dépendances, dans la vallée supérieure de l'Ariège. A partir de ce moment, cette circonscription, affectée aux chapelains ou aux frères servants de l'Ordre, porta le nom de commanderie de Gabre et de Capoulet.

Bientôt après s'ouvrit pour elle une période tourmentée. La Réforme avait fait des progrès rapides dans tout le comté de Foix. Protégés par les seigneurs, les ministres y propageaient tout à leur aise leurs doctrines, et les protestants ne tardèrent pas à se montrer en armes de tous côtés. Pamiers, le Mas-d'Azil, Saverdun (09) étaient leurs principaux centres dans la contrée, et de là, leurs bandes, qui trouvaient de la sympathie dans les régions avoisinantes, s'y répandaient librement, brûlant les monastères, massacrant les prêtres et portant la désolation et le ravage dans les propriétés des catholiques et dans les villes qui n'avaient pas embrassé leur parti. Aussi avons-nous vu plus haut, dans les plaintes adressées en 1588 par le receveur général du Grand-Prieuré à Messieurs les Trésoriers de France, que le commandeur de Gabre avait été complètement privé de ses ressources pendant cette période. Lors de la reprise des hostilités, en 1620, les protestants du Mas-d'Azil furent les premiers à répondre à l'appel aux armes lancé par le duc de Rohan et recommencèrent aussitôt leurs courses et leurs dévastations dans les environs. Ils s'emparèrent de la ville de Gabre, du château de la commanderie, et les mirent au pillage. Favorisés par les habitants, ils détruisirent l'église et, près de ses ruines, convertirent une maison en Temple pour leurs assemblées particulières.

De la tour de Gabre, devenue pour eux un formidable centre d'action et un important point stratégique, ils commandaient toute la contrée et portaient leurs courses dévastatrices dans tout le voisinage: ils en demeurèrent les maîtres jusqu'à la fin de la guerre, et les chevaliers de Saint-Jean ne purent rentrer en possession de leur antique manoir qu'après la conclusion de la paix. Mais en présence des maux que la garnison huguenote de Gabre avait fait subir à tout le pays, et voulant en prévenir le retour dans l'avenir, les états de Foix ordonnèrent la démolition de ces remparts. Le gouverneur, messire de la Forêt Toiras, se transporta lui-même sur les lieux pour veiller à l'exécution de cette ordonnance, et il ne resta plus de la fière tour qui dominait tout le pays qu'un grand amas de ruines. Quelques années plus tard (1648), le chevalier François-Paul de Béon, fermier de la Commanderie, fit élever auprès de ces monceaux de décombres une « fort jolie maison de forme carrée qui était défendue par deux guérites de pierre, s'élevant à ses deux angles, et par une meurtrière placée au dessus de la porte. »

Quand la paix définitive eût mis fin à cette longue période de guerres religieuses, le commandeur de Gabre, après avoir inutilement essayé de persuader aux protestants la nécessité de réparer les dommages qu'ils lui avaient causés, porta ses plaintes au Parlement de Toulouse; il réclamait la restitution des meubles et autres valeurs qu'on lui avait enlevés lors de la prise de Gabre, et le rétablissement dans cette ville du culte catholique. La cour de Toulouse fit droit à sa requête et, par sa sentence du 27 septembre 1640, elle ordonna que l'église de Saint-Laurent de Gabre serait rendue au culte, que le Temple des religionnaires serait démoli, et que les objets appartenant à la Commanderie lui seraient restitués. Rentré en possession de l'église, le commandeur eut à pourvoir à sa réédification, car la toiture n'existait plus, et prêtres et fidèles étaient exposés pendant les offices à toutes les intempéries du dehors. Le chevalier de Béon ne se contenta pas de ces restaurations indispensables, mais il se préoccupa encore de l'ornementation du sanctuaire, et fit exécuter par « Jacques Damien, maître peintre de Thoulouze » au prix de 25 livres, un tableau représentant la sainte Vierge, et qu'il fit placer derrière le maître-autel. Les archives contiennent le récit des démarches qu'il tenta inutilement auprès du comte de Barreau, du sieur de Lapasse et du comte de Treville, successivement gouverneurs du château de Foix, pour rentrer en possession de la grosse cloche que messire de la Forêt avait fait enlever à l'église de Gabre, lors de la démolition des fortifications, et qui servait à l'horloge de ce château. Mais il était une perte qu'on ne pouvait réparer: c'était celle des vieilles archives de Gabre et de Capoulet, brûlées dans l'incendie du château. Cette perte entraîna pour les Hospitaliers celle des rentes de Pailhès, des dîmes de Bordes, de Sabieurat, du Cariât, d'Artigat, de Taparou, qui avaient été usurpés pendant la dernière période et dont les commandeurs ne purent obtenir la restitution.

Pendant la période de paix qui suivit toutes ces agitations, nous nous contenterons de signaler une transaction conclue le 19 mai 1631 entre le commandeur Jean d'André et les consuls de Sussan, au sujet de l'exercice des droits seigneuriaux. Par cet accord, « les habitants et bientenants de Sussan seront tenus de faire guet et garde dans le chasteau du commandeur, conformément aux arrests de reiglement donnes en pareils cas en temps de guerre, savoir les habitants en personne et les bientenants par leurs métayers, à la charge néantmoings, que le chasteau soyt en estât de deffense et que les habitants y puissent retirer leurs personnes et leurs commodités avec sûreté. » Les consuls reconnurent en outre le commandeur pour leur seigneur haut justicier.

Un inventaire dressé en 1631, nous donne la description de cette petite place de guerre: elle consistait en une tour entourée d'une palissade et d'une terrasse avec sa porte à herse et pont-levis, précédée par un ravelin à deux portes: l'armement intérieur ne répondait pas à la puissance de ces murailles; car l'inventaire ne mentionne qu'un mousquet, une arquebuse de guerre avec leurs fourches et leurs accessoires et un croc de fer ou demi-piques. En 1698 un incendie vint détruire complètement le château de Sussan.

Ce fut sans doute, pour réparer les désastres qu'avait subi l'hôpital de Gabre, qu'on lui adjoignit la petite commanderie de Saint-Hugues, située dans la partie méridionale du Quercy vers 1630.

Il paraît du reste que la prospérité ne tarda pas à renaître pour la commanderie. A la fin de son règne, Louis XIII, ayant ordonné l'aliénation d'une partie du domaine de la couronne, les consuls de Gabre profitant de l'absence des commandeurs, s'étaient rendu acquéreurs de la portion de la juridiction que les Hospitaliers avaient cédée au roi par le traité de parcage de 1233. A son retour de Malte, le commandeur Bernardin Mingaud, sollicita la faveur de pouvoir surenchérir, et le 19 décembre 1659, il acquit la moitié de la haute justice de Gabre au prix de 160 livres; de sorte qu'à partir de ce moment, il se trouva seul seigneur temporel et spirituel de cette localité.
A part Sussan, Pailhers, Taparon et Moulères, les autres membres de la commanderie dépendaient primitivement de celle de Capoulet.

Commandeurs de Gabre
1254-1260. Guilhem-Arnaud.
--------1263. Bernard Sstraderii
--------1275. Pierre de Saint-Sernin.
--------1280. Guilhem-Arnaud. (2e fois)
1255-1295. Huges de Lite.
1296-1299. Raymond de St-Martin.
1323-1324. Trimond de Saint-Brisse.
--------1348. Arnalde Saint-Martin.
--------1360. Bérengier de Saint-Félix.
--------1461. Guillaume Roques.
1479-1488. Mouchant de Vitomont.
--------1502. Raynaud Falguières.
1507-1532. Pierre Joasendy.
--------1541. Jean Grenier.
--------1549. Géraud de Bonnes.
1576-1582. Antoine Massé.
1597-1598. François Merle.
1599-1612. Dominique de Cortade.
1624-1625. Thomas d'Isouard.
1626-1641. Jean d'André.
1641-1649. François Martin.
1650-1658. Pierre Froment.
1659-1663. Bernardin Mingaud.
1664-1665. Jean Pol.
1675-1677. Jean de Bonard.
1685-1695. François de Laugeyret.
1714-17)9. Claude Caille.
1730-1735. N. Simon.
1737-1741. Jean Augarde.
1752-1765. François Honorat.
1780-1789. N. Don.
Sources: Du Bourg, Antoine. Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883
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Gap   (05)
Commanderie de Gap, en Dauphiné
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement et Cantos: Gap - 05


Commanderie de Gap
Commanderie de Gap


Le chef de cette commanderie est à Gap en Dauphiné. Il consiste en deux terres hors la ville, près des Capucins, aux pièces dites de Saint-Martin et quelques terres voisines. Il y avait anciennement, tout auprès, un moulin de l'hôpital avec un pré et une terre que la rivière de la Luye a emporté et dont à peine il reste des vestiges. Anciennement il y avait dans la ville de Gap une église appartenant à l'ordre dont il ne reste que la façade et dont la porte est murée. La place, la plateforme et les plassages ont été usurpés. Le commandeur possède plusieurs directes et censives portant droit de lods en cas de vente, d'échange ou de transport, dans la ville de Gap et son terroir.

Les terres dont il est ici question, dans le voisinage de la Luye et au quartier Saint-Martin ou de la Commanderie, avaient été données à l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, dans les premières années du XIIe siècle, par Izoard, évêque de Gap, et son chapitre, ou par divers autres personnages. Par transaction du 20 septembre 1274 entre Othon de Grasse, évêque de Gap, et Raimond Geoffroy, commandeur de Gap, celui-ci était exempt du droit de leide que celui-là levait sur tout ce qui se vendait sur une place de la ville (1). Dominique de Rochas, dans ses Mémoires sur la ville de Gap, écrits vers 1781 et encore inédits, attribue, par une erreur assez commune, l'église de Saint-Martin aux Templiers et dit qu'elle « était sur le grand chemin de Provence, dans le fonds qu'on appelle la Commanderie », auprès duquel on avait trouvé des « tombeaux de tuf » renfermant « des épées »
D'après le Livre des Annales des Capucins de Gap, on voyait encore, au XVIIe siècle, époque où ce travail fut écrit, « quelques restes de cette ancienne maison en dedans de la ville, vers la porte Colombe. » Cette maison qui avait été détruite pendant les guerres du XIVe siècle (2), le fut de nouveau, d'après un mémoire du 18 décembre 1582, par les soldats de Lesdiguières, le 3 janvier 1577 (3). En 1747, le commandeur avait procès avec le comte du Saix au sujet de l'emplacement de l'église que l'ordre avait jadis à Gap, et en 1667, avec la ville, pour les tailles qu'elle exigeait sur les fonds de la commanderie (4).

Membre de La Roche-des-Arnauds
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Veynes - 05


Domus Hospitalis Roche-des-Arnauds
Domus Hospitalis Roche-des-Arnauds


Il est situé en Dauphiné, à deux lieues du chef. Il consiste en un terrain joint et composé de terres, vignes, terres, prés et gravier, et quelques autres terres, avec des censes et directes ; le tout joui noblement.

La plupart des possessions que l'ordre de Saint-Jean avait à La Roche avaient d'abord appartenu aux Templiers et lui avaient été attribuées après la suppression de ces derniers (1312).
En 1373, Saint-Jean avait à La Roche une chapelle dite de Sainte-Marie-Madeleine, un chasal inutilisable, huit pièces de terre contenant en tout 227 sétérées tant bonnes que mauvaises, des censes et services en argent s'élevant annuellement à huit sous de bonne monnaie ; ces biens rapportaient annuellement 14 florins d'or.
En 1014, le commandeur arrente une terre et un coin de pré sis à la Roche (5).
En 1641, la commanderie possédait à La Roche une terre située aux Condamines contenant 10 charges 2 civayers, une autre terre au Brusc de 11 charges 2 émines, une autre à La Baume de Quint de 18 charges 3 civayers, une à la Moutière de 17 charges 2 émines 3 civayers, une aux Ouches, de 1 charge et demie émine ; une au pied du Pré la Cour, de 1 charge 7 civayers ; une autre avec un pré et deux vignes au Temple, de 10 charges 4 émines 5 civayers et demi (6).

A l'angle sud-est d'une terre sise au Champ la Cour et appartenant aujourd'hui à M. Philippe Dupont, on voit encore une borne en pierre granitique portant sur la face méridionale une croix de Malte en relief. M. Dupont m'a dit qu'il devait s'en trouver, anciennement, à l'angle sud-ouest du même champ, une semblable qui a été recouverte en défonçant le terrain. M. David, instituteur en retraite, m'a montré une autre borne portant la croix de Malte sur la face occidentale, à l'angle sud-est de la propriété qui s'appelle encore aujourd'hui le Temple, et m'a dit qu'on en avait arraché une autre pareille à l'angle nord-ouest de la même propriété, il y a quelques années, à l'occasion d'un échange de terrain entre le propriétaire du Temple et son voisin. Les terres que l'ordre de Saint-Jean possédait jadis à côté du domaine de Quint s'appellent encore aujourd'hui la Commanderie.

Membre de Manteyer
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Veynes - 05


Domus Hospitalis Manteyer
Domus Hospitalis Manteyer


A deux lieues du chef et un quart du membre ci-dessus.
Il consiste en quelques terres labourables et une pension annuelle de quelques grains que fait au commandeur le seigneur dudit lieu.

Dès 1248, Saint-Jean-de-Jérusalem de Gap et les Templiers avaient le droit de pâturage dans la plaine de Manteyer (7). En 1373, les revenus que Saint-Jean avait à Manteyer étaient réunis à ceux de la Roche (8). Ses propriétés comprenaient six pièces de terre contenant VIIxx VII seterées de terre tant bonne que mauvaise, une part des impôts annuels dont on ne dit pas le montant ; ces biens étaient affermés, indivis avec ceux de la Roche, pour une somme annuelle de 14 florins d'or, comme on l'a vu ci-dessus (9).

D'après une révision des feux du 19 janvier 1472/1473, l'ordre de Saint-Jean possédait alors à Manteyer des propriétés comprenant environ le dixième du territoire du pays pour lesquels elle ne payait rien aux fouages royaux (10).

Membre de Pelleautier
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Veynes - 05


Domus Hospitalis Pelleautier
Domus Hospitalis Pelleautier


Il est à une demi-lieue du chef. Il consiste en la quatrième portion de la dîme, l'évêque de Gap prenant le reste ; et le commandeur paie au curé dudit lieu 75 livres pour sa part de la portion congrue, ce qui doit souffrir quelque difficulté.

Rambaud IV d'Orange, fils de Guillaume III et de Chauza, par son testament du 6 mai 1218, légua à Saint-Jean-de-Jérusalem la seigneurie et albergement de Saint-Jean de ChassagneSaint-Jean de Chassagne
Saint-Jean de Chassagne
et de Pelleautier avec tout ce qu'il y possédait, excepté les tasques ou impôts et les dîmes de Pelleautier qu'il donna au chapitre de l'église cathédrale de Gap, à charge pour les chanoines de racheter ces tasques et dîmes de l'engagement qu'il en avait fait et de laisser à Ugon Flamenc la recette de ces tasques et dîmes pour en jouir sa vie durant (11).

Le 1er juillet 1267, le Grand Prieur de Saint-Gilles, étant à TallardDomus Hospitalis de Tallard
Domus Hospitalis de Tallard
, arbitra des contestations entre Fouque de Toard, commandeur de Gap, et les coseigneurs de Pelleautier et de NeffesDomus Hospitalis de Neffes
Domus Hospitalis de Neffes
au sujet des droits seigneuriaux (12).

En 1373, l'ordre de Saint-Jean percevait des dîmes, censes, services et tasques à Nelfes, Pelleautier et la FreissinouseDomus Hospitalis de Freissinouse
Domus Hospitalis de Freissinouse
; il avait en particulier le quart des dimes de Pelleautier (13). Dès le 30 janvier 1571, les dîmes de Pelleautier se partageaient entre l'évêque de Gap, le prieur et le commandeur de Malte (14). On ignore à quelle époque le chapitre avait aliéné ce que Rambaud IV d'Orange lui avait légué.

Membre de la montagne des Piles
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05


Domus Hospitalis Les Piles
Domus Hospitalis Les Piles


On prétend que la métairie des Piles appartenait anciennement à l'ordre et il est nécessaire de trouver des raisons et des expédients pour la ravoir.

En 1373, l'ordre de Saint-Jean avait des possessions dans le territoire de la SaulceDomus Hospitalis de Saulce
Domus Hospitalis de Saulce
et de Rosines (15). Ces possessions comprenaient-elles la métairie des Piles ? Nous l'ignorons.

Membre de la Freissinouse
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05


Domus Hospitalis Freissinouse
Domus Hospitalis Freissinouse


Il est à une lieue du chef. Le commandeur a dans ledit lieu et son terroir juridiction haute, moyenne, basse, mère, etc., jusques à sentence et exécution de mort inclusivement, qu'il fait exercer par un juge, châtelain, procureur d'office et greffier. Les amendes et confiscations lui appartiennent. Il fait faire ses criées et proclamations pour le paiement de ses droits et pour la défense de la chasse et de la pèche. Il a directe universelle, pour laquelle la communauté lui paie une cense ; et outre ce, plusieurs directes et censives portant lods qui n'ont pas été renouvelées depuis longtemps.

Dès 1373, l'ordre de Saint-Jean percevait à la Freissinouse des dimes, censes, services et tasques (16), et y avait aussi juridiction (17). Une partie de la juridiction et seigneurie de N.-D. de la Freissinouse aurait été aliénée par ordonnance du roi et acquise par l'ordre en 1563 (18).

Membre de Savines
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Chorges, Commune: Savines-le-Lac - 05


Domus Hospitalis Savines
Domus Hospitalis Savines


Il est à cinq lieues du chef. Ce sont des masures d'une ancienne chapelle sous le titre de Saint-Etienne où il n'y a point d'obligation et autour de laquelle il y a un grand pré. Il y a quelques censives qu'on a peine à reconnaître.

Membre d'Embrun
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Embrun - 05


Domus Hospitalis d'Embrun
Domus Hospitalis d'Embrun


Il y avait dans cette ville plusieurs censives et directes qui se sont perdues par la négligence des commandeurs.

En 1373, Embrun était le siège d'une commanderie qui avait hérité de celle de Talard et de laquelle dépendaient, dans le Gapençais, la maison de Saint-Martin de Gap qui avait été détruite ainsi que son église pendant les guerres, les possessions du Champsaur, de JarjayesDomus Hospitalis de Jarjayes
Domus Hospitalis de Jarjayes
, de la Roche-des-Arnauds, etc. (19).

Membre de l'Arche et de Terre-Neuve
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Serres, Commune: Bruis - 05


Domus Hospitalis l'Arche
Domus Hospitalis l'Arche


Il est à treize lieues du chef dans les montagnes où il n'y a que les ruines d'une ancienne chapelle, autour de laquelle il y a un pré dont une partie est dans le Piémont et l'autre en Provence.

Membre de Ville-Admar
Les anciennes visites prétendent que le commandeur a des droits dans ce lieu que l'on ne connaît point, ce qui mérite une attention particulière.

Membre de l'Argentière
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Briançon, Canton et Commune: L'Argentière-la-Bessée - 05


Domus Hospitalis l'Argentière
Domus Hospitalis l'Argentière


Il est à cinq lieues d'Embrun, à douze du chef. Il y a une chapelle de dévotion sous le titre de Saint-Jean-Baptiste, notre patron, à laquelle on doit dire deux messes par semaine en carême, ce qui a été interrompu il y a plus de vingt ans. Il y a un si grand concours de peuple le jour de Saint-Jean que, comme l'église est très petite, on est obligé de porter la chaire dans un pré qui est au-devant et prêcher à découvert. Tout auprès il y a des masures qu'on dit être les restes d'une maison qui été la demeure des Templiers, près desquelles il y a un jardin, quelques prés et une terre labourable complantée de noyers. On prétend qu'il dépendait de ce membre plusieurs directes qu'il faudrait tâcher de reconnaître.

Membre des Orres
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Embrun - 05


Domus Hospitalis Orres
Domus Hospitalis Orres


Il est à une lieue d'Embrun et à six du chef. Il consiste aux deux vingt-quatrièmes de la juridiction haute, moyenne et basse, définitive jusqu'à la condamnation et exécution de mort inclusivement dans ledit lieu et son terroir, que le commandeur fait exercer par les officiers de Remollon dont il sera parlé. Du reste de la juridiction huit vingt-quatrièmes appartiennent au roi et le restant à communauté. Chaque famille paie aux coseigneurs une poule et neuf deniers, de quoi le commandeur tire sa portion à raison de ses deux vingt-quatrièmes.
A la tête des terres du domaine il y a des vieilles masures d'un château et une maison assez logeable, couverte d'ardoises servant au fermier, auprès de laquelle il y a ce qu'il faut pour serrer les bestiaux, quelques terres et prés.

Dans le domaine il y a une forte grande montagne élevée nommée le Menretier, au haut de laquelle il y a une mine de plomb dont on a fait l'essai, mais dont la dépense excéderait le produit. Elle est en partie remplie d'arbres de haute futaie, nommés mélèzes, propres à la construction dont on ne fait nul usage.

Deux contrats d'arrentement perpétuel des censes, juridiction, prés, terres, montagnes et autres droits du membre des Orres furent passés en 1596 et 1598.
En 1615, le commandeur passe emphytéose perpétuelle du membre des Orres au coseigneur du lieu.
En 1617, il passe une transaction sur des différends pour ses terres et possessions des Orres.
En 1618, il arrente les terres, prés, hermes, montagne, maison, grange et cave sis au lieu-dit l'Hôpital (20).

L'Hôpital, ferme commune des Orres.
— In closo Hospitalis, XVe siècle (Pic. Cadastre des Orres)
Sources: Dictionnaire Topographique du département des Hautes-Alpes, rédigé par M. M. J. Roman. Paris Imprimerie Nationnale, M DCCC LXXXIV.

Membre de Saint-Jean de Pinodier ou Risolet
Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Digne-les-Bains, Canton: Seyne, Commune: Montclar - 04


Saint-Jean de Pinodier
Domus Hospitalis Saint-Jean de Pinodier


La paroisse de Montclar comporte dix hameaux, Serrenauzel en est le chef-lieu, Lamés, Les Piolles, Les Sauvassis, Les Salvats, Viarette, Saint-Jean, Saint-Leger et Risolet ou Pinodier.
Sources: Géographie Historique et Biographique du département des Basses-Alpes ou Alpes-de-Hautes-Provence, par J. J. M. Feraud, curé de la paroisse des Sieyres. Digne 1844

C'est une chapelle de dévotion sous le titre de Saint-Jean-Baptiste, bâtie et entretenue par les habitants, près de laquelle il y a des vieilles masures d'un château seigneurial appartenant à l'ordre, ruiné par les huguenots depuis cent soixante-dix ans ou environ ; et à côté il y a un logement pour le fermier et ses bestiaux. Le domaine est en terres et prés, jouis noblement, et un petit bois de pins et de genévriers.

Il y a quelques censives et l'on prétend que la moitié de la juridiction haute, moyenne, basse, mère, etc., du lieu de Montclard appartient au commandeur ainsi que quelques directes, à quoi il faut faire attention.

En 1570, le commandeur passe un bail perpétuel pour une place à bâtir maison dans le bourg de Saint-Jean-de-Pinaudier.
En 1617, il dirigea des poursuites contre les consuls et la communauté de Seyne pour la restitution de certains livres de reconnaissances du lieu de Pinaudier.
En 1619, il transige au sujet d'une maison sise à MontclarDomus Hospitalis de Montclar
Domus Hospitalis de Montclar
.
En 1619, le chevalier de Pontis, commandeur de Gap, acheta des terres situées à la PinaudièreDomus Hospitalis de Pinaudière
Domus Hospitalis de Pinaudière
(Carte de Cassini:Peiroulère ; Carte IGN:Peirourière) (21).

Pinaudier ou Risolet
En 1304, les tenanciers des Hospitaliers de Saint-Jean faisaient leurs cultures dans les « essarts » de Pinaudier (commune de Montclar, près de Seyne).
Sclafert Thérèse. A propos du déboisement des Alpes du Sud. In: Annales de Géographie, tome 42, n°237, 1933. pp. 266-277.

Membre de Remollon
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Chorges - 05


Domus Hospitalis Remollon
Domus Hospitalis Remollon


Il est à trois lieues de la Pinaudie et autant du chef. Le commandeur est coseigneur pour la quatrième partie dudit lieu et a telle portion de la juridiction haute, moyenne, basse, mère, etc., jusques à sentence et exécution de mort inclusivement, pour l'exercice de laquelle il nomme un juge, châtelain, procureur juridictionnel et greffier. Il y a un grand plassage d'un vieux bâtiment dont il reste peu de marques ; à une des murailles desdites il y a un carcan. Ce plassage avait été donné à cense, sans qu'on ait pensé à obtenir la confirmation, ce qui a suspendu l'affaire qui est d'autant plus utile que le commandeur ne tire d'ailleurs aucun usage de ce fonds.

Il y a quelques vignes près le village et plusieurs censives, directes, rentes foncières portant lods audit lieu et son terroir et en d'autres lieux voisins qui n'ont pas été renouvelés depuis longtemps.

Dans un état des fonds nobles de Remolon, dressé le 8 décembre 1666 par les consuls de cette communauté, en réponse à l'ordonnance de l'Intendant pour la recherche des usurpateurs de noblesse, on lit: « Plus, le seigneur commandeur, lequel possède audit terroir environ cinq charges de semence ensemblement une maison, le tout désigné et confronté au cadastre de la communauté, d'autant que le seigneur commandeur n'avait jamais payé aucune taille sous prétexte de la qualité de noble (22) » En 1611, le commandeur passe emphytéose perpétuelle d'une vigne sise à la Vergière ; en 1614, il passe un compromis sur un procès pour une vigne et herme joints ensemble situés aux Ouches, remboursement des réparations à une maison, grange, étable et vigne : en 1704, il donne à bail perpétuel une place vague ou masure avec un vieux petit bâtiment (23).

Membre de La Saulce
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05


Domus Hospitalis La Saulce
Domus Hospitalis La Saulce


Il est à trois lieues de Gap. Le commandeur est prieur primitif de l'église paroissiale dudit lieu, sous le titre de Saint-Jean-Baptiste, et en cette qualité prend la dime générale dans tout le terroir, dont il donne une portion au curé, pour laquelle ils sont en contestation. Il tire également la dime en deux ou trois lieus voisins.

Le curé n'est point nommé par le commandeur, ce droit ayant été cédé par ledit, il y a très longtemps, à l'évêque de Gap, on ne sait à quel sujet. Ledit curé jouit de quelque propriétés dépendantes de l'ordre.

La Saulce fut donné à l'ordre de Saint-Jean par Rambaud IV, prince d'Orange, et sa tante Tiburge d'Orange, veuve de Rambaud Guiran, suivant acte passé à Reillane le 23 août 1215 ; cette donation fut confirmée par Rambaud IV d'Orange dans son testament du 6 mai 1218 (24). Un arrêt de 1658 adjugea les dîmes de la Pinaie, dans la vallée de Fouillouse, au commandeur et au chapitre de Gap (25).

La Saulce, commune du canton de Tallard.
— Eglise vocable Saint-Jean-Baptiste.
— La Salsa, 1215 (Archives des Bouches-du-Rhône, Malte, commanderie de Gap)
Sources: Dictionnaire topographie du département des Hautes-Alpes rédigé par M. J. Roman. Paris Imprimerie Nationnale M. DCCC. LXXXIV

Membre de Valença
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05


Domus Hospitalis Valença
Domus Hospitalis Valença


Il est à demi-lieue de la Saulce et à trois de Gap. Le commandeur est prieur primitif de l'église paroissiale de N.-D. de Bellevue, qui est interdite depuis quelque temps, parce qu'elle tombe en ruines. On doit pourtant y dire la messe, fêtes et dimanches, et pour ce et autres fonctions le commandeur donne 250 livres au curé, qu'il ne nomme point par la même raison qu'à la Saulce.

Le commandeur prend la dime générale et jouit d'un petit domaine, composé de terres, prés et vignes, qui était autrefois au curé et qu'il a cédé moyennant la pension susdite.

La seigneurie de Valença, en latin de Valentiano, fut donnée à l'ordre de Saint-Jean par Rambaud IV d'Orange, dans son testament du 6 mai 1218 (26).

Valença, hameau commune de Lardier-et-Valença
— Ancienne paroisse sous le vocable Notre-Dame de Bellevue, supprimée au concordat.
— Valensanum, 1235 (Archives des Bouches-du-Rhône, Malte, commanderie de Gap)
Sources: Géographie Historique et Biographique du département des Basses-Alpes ou Alpes-de-Hautes-Provence, par J. J. M. Feraud, curé de la paroisse des Sieyres. Digne 1844

Membre de Lardier
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard, Commune: La Saulce - 05


Domus Hospitalis Lardier
Domus Hospitalis Lardier


II est tout auprès de Valensa. Le commandeur est prieur primitif de l'église paroissiale dédiée à Saint-Pierre. Il a la dime générale et quelques terres, prés et vignes en fort mauvais état, à cause de l'éloignement des fermiers. Il donne au curé 250 livres et ne le nomme pas par la raison dite ci-dessus.

Lardier fut donné à l'ordre de Saint-Jean par Rambaud IV d'Orange et sa tante Tiburge d'Orange, suivant acte passé à Reillane, le 23 août 1215 ; cette donation fut confirmée par Rambaud IV d'Orange dans son testament du 6 mai 1218 (27). En 1373, cet ordre possédait à Lardier ........................... (28).
Un arrêt donné en 1659, porta défense et inhibition aux députés du clergé de cotiser aux décimes les curés de Claret, Lardier et Valensa (29).

Membre de Sigoyer-sur-Talard
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05


Domus Hospitalis Sigoyer-sur-Talard
Domus Hospitalis Sigoyer-sur-Talard


En 1757, l'ordre de Saint-Jean ne possédait plus rien à Sigoyer, mais Rambaud IV d'Orange, par son testament du 6 mai 1218, lui avait donné la seigneurie majeure et juridiction avec tous les autres droits qu'il pouvait avoir dans le pays (30). Dans une transaction entre Féraud de Barras, commandeur de Saint-Jean à Manosque, et Charles, comte de Provence, du 28 juillet 1262, celui-là reconnaît la suzeraineté du comte pour tout ce qu'il possède à Lardier, la Saulce, Tournons, Peleautier, Nelles, Talard, Vitrole, Valensa et Sigoyer ; s'engage à lui livrer, en temps de guerre, les châteaux (fortalicia) de ces pays, dans chacun desquels devront se trouver au moins deux frères ; promet de prendre part aux chevauchées commandées par le comte (31). Un peu plus tard le Dauphin dispute à l'ordre de Saint-Jean ses droits sur Sigoyer et la querelle se termina par une transaction du 23 octobre 1297, stipulant que le commandeur de Gap prêterait hommage au Dauphin pour cette terre et lui fournirait un cavalier armé (32) ; cet état de choses dura au moins jusqu'aux premières années du XVe siècle, puisque le commandeur de Gap, prête encore hommage au Dauphin pour Sigoyer, le 20 août 1407 (33).

En 1373 le commandeur d'Embrun avait encore le domaine majeur de Sigoyer et y percevait, ou des seigneurs ou de diverses personnes, soixante sous viennois, cinq émines et quart de blé et onze deniers de cense, valant en tout trois florins et sept livres tournois par an (34).
Nous ignorons à quelle époque et en faveur de qui ces droits furent aliénés.

Commanderie de Tallard
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05


Domus Hospitalis Tallard
Domus Hospitalis Tallard


En 1757, l'ordre de Saint-Jean ne possédait plus rien à Tallard, mais ce pays leur avait été donné le 23 août 1215, par Rambaud IV d'Orange et sa tante Tiburge, en même temps que Lardier, la Saulce et Neffes, et cette donation avait été confirmée et renouvelée par Rambaud IV d'Orange dans son testament du 6 mai 1218 (35). Talard avait même été, du XIII au XIVe siècle, le siège d'une commanderie qui avait remplacé celle de Gap détruite pendant les guerres (36) ; mais, lorsque les Hospitaliers donnèrent Talard à Arnaud de Trian, neveu du pape Jean XXII, en échange du comté d'Alife en Italie (37), le maître de l'ordre unit à la commanderie d'Embrun ce qui appartenait à celle de Talard ou en dépendait (38).

Membre de Neffes
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05


Domus Hospitalis Neffes
Domus Hospitalis Neffes


Au XVIIIe siècle, l'ordre de Saint-Jean ne possédait plus rien à Neffes, mais ce pays lui avait été donné le 23 août 1215, par Tiburge d'Orange, veuve de Rambaud Guiran, et son neveu, Rambaud IV d'Orange, lequel avait renouvelé et confirmé cette donation dans son testament du 8 mai 1218 (39). En 1373, il y possédait encore des dîmes, censes, services, ou tasques. Nous ignorons à quelle époque et en faveur de qui ces droits furent aliénés.

Membre de Claret
Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Forcalquier, Canton: Seyne - 05


Domus Hospitalis Claret
Domus Hospitalis Claret


Il est situé en Provence, à trois lieues de la ville de Sisteron, à cinq de Gap. Il consiste en l'église paroissiale, sous le titre de Sainte-Croix, avec son cimetière. La maison du curé est inhabitable, quoiqu'elle ait été cédée à la communauté par le commandeur à condition qu'elle l'entretiendrait. A côté il y a une maison appartenant au commandeur qui était autrefois le château et sert a présent de grenier, à laquelle il y a encore une tour ronde. Le commandeur est coseigneur spirituel, prieur primitif de ladite paroisse, nomme le curé et pour se est en procès avec l'évêque de Gap, donne audit curé 250 livres et prend la dime générale conjointement avec les jésuites [du collège] d'Embrun qui moyennant ce paient le secondaire et leur portion des ornements. Il y a procès pour la qualité de seigneur temporel que l'on dispute au commandeur.

Derrière la maison il y a un jardin et une terre donnée à cense, et ailleurs trois autres terres dans une desquelles il y a des ruines d'une ancienne maison et église des Templiers où les habitants ont fait un oratoire, où ils vont en procession le jour de Sainte-Croix.

L'évêque de Gap et le seigneur de Melve font au commandeur une pension censive de trois émines de blé, sans qu'on sache d'où elle provient.

Claret avait été, au XIVe siècle, une commanderie (40).
Un jugement fut rendu en 1430, sur une contestation concernant les cas méritant punition corporelle dans la juridiction de Claret, et, en 1549, une sentence adjugea à la commanderie de Gap la justice haute, moyenne et basse, à l'exception des cas méritant punition corporelle, et lui attribua aussi les prééminences dans l'église. En 1716, le commandeur avait un procès pour le membre de Claret.

Un décret du Conseil, de l'année 1744, accorda la faculté d'alberger pour vingt-neuf ans, quatre pièces de terres et jardins situés à Claret et le contrat d'albergement fut passé en 1746 (41).

Membre de Vitrolles
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard, Commune: La Saulce - 05


Domus Hospitalis Vitrolles
Domus Hospitalis Vitrolles


La baronie de Vitrolles, sa vallée, ses dépendances et pêcheries, relèvent de notre ordre et le seigneur doit lui prêter foi et hommage en la maison priorale d'Arles entre les mains d'un chevalier nommé par le grand prieur et il doit lods à chaque changement de seigneur. Les honoraires appartiennent à l'ordre et le titre au commandeur.

Le jour de la Saint-Jean le seigneur doit faire exposer la bannière de l'ordre à la plus haute tour du château. Il y a longtemps que l'hommage n'a pas été rendu. (On s'est trompé en mettant ici ce membre qui dépend du grand prieuré).

Le domaine majeur de la vallée de Vitrolle fut donné à l'ordre de Saint-Jean par Rambaud IV d'Orange dans son testament du 6 mai 1218 (42). La seigneurie de Vitrolle par transaction du 12 février 1214, entre le même Rambaud d'Orange et le seigneur de Vitrolle, était de la mouvance de Tallard. Une question de bornage entre les deux terres fut soumise, en 1247, par Pons de Cuers, commandeur de Gap, et Guillaume Augier, seigneur de Vitrolle, à Robert, évêque de Gap, et aux consuls de cette ville qui ordonnèrent, par décision du 25 janvier, que Guillaume Augier, prêterait hommage au grand prieur de Saint-Gilles, ce que G. Augier fit incontinent, promettant « d'arborer sur son principal château la bannière de l'ordre à chaque mutation de grand prieur et de la laisser pendant un jour entier pour marquer la mouvance de la seigneurie (43). » Guillaume Augier prèta encore hommage au grand prieur dans la maison de l'arc à Orange le 6 janvier 1292 ; de même dans le palais de Manosque le 21 janvier 1399, pour Vitrolle, Esparon, Rochefort, Barcilone[tte] et Peissier (44).

Membre d'Authon
Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Forcalquier, Canton: Sisteron - 04


Domus Hospitalis Authon
Domus Hospitalis Authon


Il est en Provence, à quatres lieues de la ville de Sisteron, à sept de Gap. Le commandeur y a la juridiction haute, moyenne, basse, mère, etc., jusqu'à sentence et exécution de mort inclusivement dans ce lieu et son terroir, pour l'exercice de laquelle il nomme un juge, lieutenant de juge, procureur d'office, greffier et sergent ; les amendes et confiscations leur appartiennent. Il fait faire ses criées et proclamations pour le paiement de ses droits seigneuriaux et pour la défense de la chasse et de la pèche. Il n'est pas seigneur spirituel, mais il a la dime des agneaux tant dans ce lieu qu'autres voisins. Il paie quarante-sept livres au chapitre N.-D. des Dons à Avignon, sans qu'on en sache la raison. Il a directe universelle et plusieurs censives et rentes foncières. Il a un droit sur tout le bétail menu et étranger que les habitants font paître dans le terroir d'Auton et un autre droit sur tout celui qui y passe ou le traverse. Il a droit de corvée sur tous les habitants qui ont des bœufs, et ceux qui n'en ont pas travaillent de leur bras. Chaque habitant, aux fêtes de la Noël, doit lui porter à sa porte deux charges de bois et il est obligé de leur faire faire collation avec du nectar et autres mets, et il y a procès avec la communauté tant pour le règlement du bois que la collation. Il a droit d'établir pendant deux mois de l'année un gabelier pour vendre du vin, sans que pendant ce temps-là personne autre ne puisse en vendre. Tous les habitants qui tuent un cochon sont obligés de lui donner deux jambons, un de devant et un de derrière. La communauté lui fait une pension de neuf livres pour des droits qu'il avait à la montagne et chaque maison ou chef de famille lui donne à la Toussaint une demie émine de blé pour droit de fournage au four banal que les habitants sont obligés d'entretenir et de fournir le bois qui leur est nécessaire sans que personne dans tout le terroir puisse avoir la liberté d'en bâtir sans la permission et sans augmenter la cense.

Tous les particuliers possédant des terres aboutissant à la rivière et beaucoup d'autres et jardins paient une cense de huit sols, et le commandeur est le maître de les réunir à son domaine quand il le veut.

Auprès de l'église du lieu il y a des ruines et vieilles masures d'un château et maison seigneuriales démolis depuis longtemps. Le domaine est composé de terres en semence, chènevière et prés ; un bois de chênes du nom de la Blache et une montagne dite de Canoples servent de pâturage aux bestiaux. Dans le village le commandeur a une maison à laquelle le carcan est, attaché et auprès une écurie, un moulin à eau banal. Il a droit de faire paitre ses bestiaux dans le défens et les dommages et confiscations faites sur ceux qui n'y ont pas droit lui appartiennent pour la quatrième partie.

Membre de Saint-Geniez-de-Dromon
Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Forcalquier, Canton: Sisteron, Commune: Saint-Geniez - 04


Domus Hospitalis Dromon
Domus Hospitalis Dromon


Il est à une lieue d'Auton et sept de Gap. Il consiste en une grange pour les bestiaux, des terres et prés. Le tout joui noblement.

En 1604, le commandeur passa une transaction au sujet des places, terres et seigneuries de Dromon, Authon, Brianson et Abroas.

Membre de Vaumeilh
Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Forcalquier, Canton: Seyne - 04


Domus Hospitalis Vaumeilh
Domus Hospitalis Vaumeilh


L'ordre jouissait dans ce lieu de quelques biens qui ont été cédés au baron d'Hugues moyennant une pension de trente livres.

Les directes et biens que la commanderie possédait à Vaumeilh lui venaient d'un échange par lequel le commandeur de Gap céda à X.... de Villeneuve la coseigneurie de Clemensane. En 1706, le commandeur transige avec le baron d'Hugues qui demandait reconnaissance pour les fonds et directes au terroir de Vaumeilh (45).

Membre de Nibles
Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Forcalquier, Canton: Seyne - 04


Domus Hospitalis Nibles
Domus Hospitalis Nibles


Il est à une lieue de Claret, à sept du chef. Un pré et deux terres ; le tout noble.

Membre de la Bâtie-Montsaléon
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Serres - 05


Domus Hospitalis Bâtie-Montsaléon
Domus Hospitalis Bâtie-Montsaléon


Il est en Dauphiné, à cinq lieues de Gap. Il y a des masures d'une ancienne église dédiée à Sainte-Madeleine, à laquelle il n'y a point d'obligation, une grange, des terres et prés en mauvais état. Le commandeur a quelques droits sur plusieurs terres voisines.

En 1373, l'ordre de Saint-Jean avait déjà des possessions à la Bâtie-Montsaléon (46). Le 30 décembre 1666, dans leur réponse aux ordonnances de l'Intendant du 29 octobre et du 2 novembre pour la recherche des usurpateurs de noblesse, les officiers de la communauté de la Bâtie disent que « le Commandeur de Gap y possède beaucoup de fonds comme des terres et prés qui ne sont pas taillables (47). »

Membre de Moydans
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Serres - 05


Domus Hospitalis Moydans
Domus Hospitalis Moydans


Il est à dix lieues du chef. Il consiste en l'église paroissiale de Saint-Florent dont le commandeur est seigneur spirituel et prieur primitif et prend la dime générale sur toute la paroisse, nomme le curé qui a une maison et 250 livres pour Caire le service. Le commandeur a une maison et une terre devant l'église et quelques terres et prés autre part.
Il y avait eu jadis à Moydans un précepteur (48).

Commanderie de Saint-Pierre-Avez
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Laragne-Montéglin - 05


Domus Hospitalis Saint-Pierre-Avez
Domus Hospitalis Saint-Pierre-Avez


Au XIIIe siècle il y avail une commanderie de Saint-Pierre Avez et Claires-Combes (49). Le 10 février 1272/1273, Pons de Cornillon, commandeur de Saint-Pierre Avez et de la maison de Sisteron, perçoit le lod pour une vigne sise à Entrepierres qui dépendait de l'ordre de Saint-Jean et lui devait, outre ce lods, une charge de raisins et deux deniers Viennois par an (50).

En 1373, l'ordre de Saint-Jean possédait aussi des propriétés ou des droits à Chabestan, à Sigotier qui s'appela longtemps Sigotier-au-Commandeur, à Aspremont, à Bruis, à Rosans, à Vauclause, à Veyne, à Curban, à Urtis (51).

Charges de la Commanderie
Au trésor pour capitations et vaisseaux — 789 livres 9 sols 3 deniers.
Caisse commune 12 livres 18 sols — 10 deniers.
A l'archivaire — 9 livres.
Décimes au roi — 148 livres 16 sols 10 deniers.
Au chapitre N.-D. des Dons d'Avignon — 47 livres.
Au curé de Saint-Florent de Moydans — 250 livres.
Pour les joies et aumônes — 12 livres.
Vingtième — 211 livres 14 sols 7 deniers.
La taxe du trésor pour cette commanderie est de — 1.500 livres.
Dont la cinquième partie pour les pensions est de — 300 livres.
La taxe des vaisseaux est de — 3.176 livres.
Revenu net (1758) — 4.500 livres.
Commandeur : M. Nicolas de Cabre-Roquevaire, 49 ans.
Pensions [néant].
Sources: F.-N. Nicollet. La Commanderie de Saint-Jean de Jérusalem de Gap et les membres qui en dépendaient au XVIIIe siècle, pages 5 à 28. Gap 1906 - Bnf

Notes commanderie de Gap
1. Histoire du grand prieuré de Saint-Gilles, par Raybaud, publié par l'abbé Nicollas ; Nîmes, Chastanier, 1904 ; p. 197.
2. Voir plus loin, page 13, note 4.
3. Abbé P. Guillaume, Op. cit., p. 6-8.
4. Bibiothèque Méjanes, manuscrit 140 (R. A. 44).
5. Bibliothèque Méjanes, manuscrit 140 (R. A. 44).
6. Archives communales de la Roche, ancien cadastre, f° ve XXXII r°.
7. Chartes de Bertaud, n° 64, p. 61-65.
8. Voir, ci-dessus note 1, p. 9.
9. Archives vaticanes Ibid. — Folio 182 v° De Mantheerio. Item habet in territorio de Mantherio predicto pecias terre que sunt VIIxx VII tam bone quam prave. Item modicum de tayssis annualibus habet in dicto territorio Mantheerii quorum summa ignoratur. Verumtamen omnia predicta que habentur in dictis locis de Rupe et de Mantherio quorum territoria sunt contigua simul arrendantur et valent anno quolibet XIIII florenos auri, servita una capella quam habet in ipso loco. De Rupe superius nominato prout supra dictum est.
10. Archives de l'Isèree, B. 2999, piece n° VI, f° 6. Item dominus preceptor Vapinci tenet et possidet in eodem territorio possessiones et proprietates que estimantur ad decimam partem territorii dicti loci pro quibus in fogaglis regiis minime contrihuavit. — Communication due a la bienveillance de M. G. de Manteyer (Lettre du 24 oct. 1905).
11. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 25, 36 et 48.
12. Abbé Nicolas, op. cit., p. 178-179.
13. Archives vaticanes Ibid. — F° 178. Item in locis de Neffis, de Podiolhauterio et de Freyssinosa certas decimas, census et servicia et tayschias et specialiter IIII tam partem decimarum in ipso loco de Podiolhauterio.
14. J. Roman : Tableau historique du département des Hautes-Alpes, I, p. 163.
15. Archives vaticanes, ibid. — F° 178. Item... in territorio de Salsa et de Rosinis.
16. Voir ci-dessus, note 1, page 12.
17. Archives vaticanes Ibid., f° 178 : Item habet certam jurisdictionem in dicto loco de Frcyshinosa.
18. Bibliothèque Mejanes, mns 140 (R. A. 44).
19. Archives vaticanes Ibid. F° 177 r° et v°.
20. Bibliothèque Méjanes, mns 40 (R. A. 44).
21. Bibliothèque Méjanes, mns 840 (R. A. 44).
22. Bibliothèque municipale de Grenoble, R. 80, tome 20, n° 679.
23. Bibliothèque Méjanes, mns 140 (R. A. 44).
24. F.-N. Nicollet, op. cit , p. 40 et 47.
25. Bibliothèque Méjanes, mus 140 (R. A. 44).
26. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 47.
27. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 40 et 47.
28. Archives Vaticanes, ibid. — F° 178. Item in valle Larderii .....
29. Bibliothèque Méjanes, mus 140 (R. A. 44).
30. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 27, 46 et 48.
31. Blbliothèque Méjanes, mus 339 (859-R. 899), page 111, 2-9.
32. J. Roman, Tableau historique, I, page 109 et II, pages 121, 123, 125 et 134.
33. J. Roman, Tableau historique, II, page 297.
34. Archives vaticanes, Ibid. — F° 178 v°
35. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 40 et 47.
36. Communication de M. G. de Manteyer (Lettre du 24 oct. 1905).
37. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 25.
38. Archives vaticanes, Ibid. — F° 177 v°: Erat quedam preceptoria vocata preceptoria de Talardo dicti ordinis sancti Johannis, etc.
39. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 40 et 47.
40. Communication due à la bienveillance de M. G. de Manteyer (Lettre du 24 oct. 1905).
41. Bibliothèque Méjanes, mus 140 (R. A. 44).
42. F.-N. Nicollct, op. cit., p. 48.
43. Abbé Nicolas, op. cit., p. 157-158.
44. Abbé Nicolas, op. cit., p. 213 et 234.
45. Bibliothè Méjanes, mns 140 (R. A. 44).
46. Archives vaticanes, ibid. — F° 178 : Item in territorio Bastide Montis Giley...
47. Bibliothèque municipale, de Grenoble, R. 80, t. 20, f° 58.
48. Renseignement dû à la bienveillance de M. Georges de Manteyer (Lettre du 24 oct. 1905).
49. Même source.
50. Chartes de Durbon, n° 499, p. 395.
51. Archives vaticanes, ibid., f° 178: in locis de Chabestagno, de Cigoterio super Serrum et de Asperomonte. Item, in loco de Broxio..... de Rosanis, de Valle Clausa et de Veyneto..... In territorio de Curbano, dei Urtisio.

Sources: F.-N. Nicollet. La Commanderie de Saint-Jean de Jérusalem de Gap et les membres qui en dépendaient au XVIIIe siècle, pages 5 à 28. Gap 1906 - Bnf

Saint-Jean, chapelle commune de L'Argentière
— Appartenait aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
— Capella Sancti Johannis de Gradibus Karuli, 1296 (Archives des Bouches-du-Rhône; Malte, commanderie de Gap)

Saint-Jean, chapelle commune de Barret-le-Bas.
— Ecclesia Sancti Johannis de Barreto Capre, 1119 (Bibliothèque Nationnale, manuscrit latin, 12, 659, page 129)
— Ecclesia Sancti Johannis de Rarreto, vers 1225 (Ibidem, page 191)

Saint-Jean, ferme commune de Bruis.

Saint-Jean, lieu disparu commune de Chorges
— Suptus Sactum Johannem, 1512 (Chorges, cadastre)

Saint-Jean, village commune de Crottes
— Eglise paroissiale sous le vocable de Saint-Jean Baptiste.
— Pignanum, 1302 (H.-A), 1458 (Crottes, cadastre)
— Cappella beati Johannis, 1516 (B. N., manuscrit latin 12,730, page 137)
— Pignans, 1675 (Crottes, Cadastre)

Saint-Jean, commune de Gap
— Chassanii, 1338 (Valb, II page 356)
— Chassaigne, 1343 (Documments innédits, page 80)
— Burgus Chauchenarum, 1373 (Is. B, 3,000)
— Forestum de Chassagnis, 1410 (H.-A)
— Chassegnie, 1471 (Is, B, 2, 999)
— Sanctus Johannes de Chassagniis, 1506 (Gap, livre terrier)
— Sanctus Johannes de Chassaniis, 1506 (Gap, livre terrier)
— Sainct Jehan de Chassaignes, 1516 (H.A., rôle des décimes du diocèse de Gap)
— Sanctus Johannes de Chassanhii, 1521 (H.-A)
— Sainct Jehan de Chassaigne, 1677 (Ibidem)

Saint-Jean des Aires, église détruite, commune de Gap
— Sanctus Johannes de Areis, 1311 (Archives des Bouches-du-Rhône, Malte, commanderie de Gap)

Saint-Jean, chapelle ruinée, commune de Ribiers.
— Ancien hôpital de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Piénault, montagne, commune de Laragne.
— Podium altum, 1365 (Archives des Bouches-du-Rhône, Malte, commanderie de Joucas)
Sources: Dictionnaire topographie du département des Hautes-Alpes rédigé par M. J. Roman. Paris Imprimerie Nationnale M. DCCC. LXXXIV.

commanderie de Saint-Martin de Gap
La commanderie de Saint-Martin de Gap était située en dehors des murailles de la ville, extra mœnia, tout près de la petite rivière de La Luye, mais à une faible distance de Gap : non longe ab urbe Vapinco, dans les champs qui bordent la route nationale dite de Provence, et au quartier que l'on nomme encore aujourd'hui la Commanderie.

Dominique de ROCHAS, qui écrivait vers 1784, dans ses Mémoires sur la ville de Gap, encore inédits, est en partie d'accord avec la vérité. Voici ses paroles : « Les Templiers [lisez : les Hospitaliers] avoient à Gap, proche de la ville, une maison avec une église dédiée à saint Martin, dont il ne reste plus de vestiges. Elle étoit sur le grand chemin de Provence, dans le fonds qu'on appelle la Commanderie. On a trouvé près de là des tombeaux de tuf avec des épées en dedans. On ne sait pas en quel temps cette maison et l'église furent détruites (1). »
1. Citation de M. GAUTIER, Lettres sur la ville de Gap, VIe lettre ; Valence, 1838-39, in-8o, page 217.

Suivant les Annales des Capucins, autre travail manuscrit du XVIIe siècle, « les Templiers y possédoient [à Gap] un superbe et ancien monastère ; mais aïant esté desmoli en 1380, par Philippe-le-Bel, roi de France, ensuite de la condamnation que le pape Clément 5. en fit au concile de Vienne en France, lorsqu'il les extermina de son royaume, leurs revenus ont esté donnés à la religion des Chevalliers de Saint-Jean de Jérusalem, qu'on nomme de Malte, qui y ont estably une commanderie, de laquelle le chevallier qui en est proveu porte le tittre de commandeur de Gap ; qui a aussi des revenus à la Saulce, Lardier (2) et ailleurs, qui sont les membres de cette commanderie, de la langue de Provence (3). L'on voit encore quelques masures de cette ancienne maison au dedans de la ville, vers la porte Colombe (4). »
2. La Saulce et Lardier-et-Valença, communes du canton de Tallard, arrondissement de Gap (Hautes-Alpes).
3. Soit du grand-pneuré de Saint-Gilles (Gard), ainsi qu'on le dira plus loin.
4. Livre des Annales des Capucins de Gap, ms. in-4° Archives des H.-A., fonds de l'Hôpital de Gap, manuscrit n°1, folio 67.


Ainsi, dans le récit des historiens Gapençais, le souvenir des Hospitaliers s'unit à celui des Templiers, et souvent les uns usurpent la place des autres.

Toutefois il est certain que bien avant l'abolition des Templiers (1312), les Hospitaliers possédaient à Gap, soit en dedans soit en dehors de la ville, de nombreuses propriétés. C'est ce qui ressort de la lecture de notre Rôle et ce que prouve une bulle de Calixte II, du 19 juin 1119. Dans cette bulle, qui nous montre l' Hôpital de Gap soumis, dès lors, au grand-prieuré de Saint-Gilles, le pape confirme spécialement à ce célèbre prieuré les droits et les biens qu'il avait au faubourg de Sainte-Colombe de Gap : Jura et bona Sancti Agidii ..... Sanctae Columbae de Wapinco (5).
5. Migne, Patrologie latine, tome CLXXIX, c. 1104. Cf. Jaffé, n° 4922.

Quant à la destruction de la commanderie de Gap, dont D. de Rochas ignorait l'époque et que l'annaliste des Capucins fait remonter à Philippe-le-Bel, il faut l'attribuer aux protestants. En effet, d'après un mémoire du 18 décembre 1582, cité par M. Gautier et par M. l'abbé Gaillaud, elle aurait eu lieu le 3 janvier 1577, jour où les soldats de Lesdiguières mirent Gap en ruines.

Mais si la commanderie fut détruite au XVIe siècle, les Hospitaliers ou Chevaliers de Malte continuèrent, comme précédemment, à conférer à l'un d'entre eux le titre de commandeur de Gap. C'est ce que prouve une liste de ces commandeurs, malheureusement tronquée, que j'ai rencontrée par hasard dans le fonds du Chapitre de Gap (6), et que je reproduis ici avec quelques modifications et additions :
Liste des Commandeurs de Gap.
Bérald de Baux 13 juillet 1312.
Raymond de Barras 15 novembre 1312.
Raymond de Jehan (Johannis) 1377.
Maximin de Venterol juin-septembre 1392.
Jean de Meyrones 1407-1428.
Jean de Canal (de Canalho) 21 juillet 1431.
Jean Flotte 6 mars 1450.
Ardouin de Laplane 1475.
Ponce d'Auriac 3 janvier 1482.
Guillaume Arcumjaudi 16 février 1489.
Jacques de Venterol 1534.
Pierre de Pontevès 1538-1539.
Gaspard Mallet 17 avril 1548.
Gaspard Dumas 1552.
Michel Bot 1554-1555.
Marc de Simiane 1559-1561.
Jean Roux de Beauveser, « co-seigneur de Montclar et de Saint-Jean de Pinaudeyer » 1567-1572.
Melquion de Castellane 1602-1610.
Roland d'Agoult 13 mars 1634.
Jean-Baptiste de Villeneuve, « sieur de Tourenc » juin 1643.
Louis de Fourbin de Gardane 1664-1678.
Louis d'Yze de Rozans 12 mars 1788.
6. Ce fonds est entré aux archives des Hautes-Alpes en 1878. La liste dont il s'agit est sur une feuille volante, unie à une autre feuille semblable et de pareille écriture qui servait de commencement à un travail, probablement perdu, intitulé : Abbrégé historique des Evêques de Gap. Au-dessus de ce titre on lit la note intéressante qui suit : « Ces mémoires sont de M. l'abbé de Saint-Genis, prieur de Dromon dans le diocèse » [ancien de Gap, et actuel de Digne].

De l'ancienne commanderie de Saint-Martin, située hors la ville de Gap, il ne reste qu'un vague souvenir conservé par le lieu dit La Commanderie. — La préfecture des Hautes-Alpes, le jardin, qui y est annexé, et les Archives départementales (1) occupent l'emplacement de l'église et des bâtiments que les Hospitaliers possédaient dans l'intérieur de Gap. « Il y a peu d'années, — disait, en 1838, M. Gautier, — vers le milieu du mur d'enceinte du jardin [de la préfecture], dans la partie de la rue Saint-Arey qui, avant la révolution, portait le nom de rue de Saint-Jean de Jérusalem, on voyait encore parfaitement conservé le portail de cette ancienne église, au-dessus duquel était sculpté un crucifix en pierre. (7) »
1. L'Hôtel de la préfecture des Hautes-Alpes date de 1827 et les Archives départementales de 1873.
7. Gautier, op. cit., p. 218. — Cet écrivain attribue la construction de l'église que les Hospitaliers avaient dans Gap à Bérald de Baux, « premier commandeur de Gap », (et il cite JUVENIS, Mémoires inédits. « C'est là, ajoute-t-il, que, vers 1460, avait trouvé un asile Jean de Montorcier, cruellement persécuté par Gaucher de Forcalquier, parce qu'il avait hardiment soutenu les droits et les privilèges de la ville contre les usurpations de l'évêque » (ibid.)


Mais reprenons l'étude de notre Rôle. Les donations, dont il contient l'énumération ou la transcription, sont faites par au moins cent dix personnes. Quinze font leurs largesses à l'église de Saint-Martin, et quatre-vingt-quinze à l'Hôpital de Jérusalem. La plupart des donations en faveur de l'église de Saint-Martin sont antérieures à l'an 1100, époque vers laquelle cette église fut donnée à l'Hôpital, « avec toutes ses dépendances. »

Les actes qui rappellent ces donations sont ordinairement très-courts. Ils mentionnent les noms du donateur, l'indication du donataire et celle des biens donnés. Voilà pourquoi, dans un document relativement si petit, on trouve la substance d'un très-grand nombre d'actes (8).
8. Outre les donations susdites, on rencontre encore quelques actes d'achat, de prêt sur gage et une concession à terme.

Cette observation explique encore l'absence presque complète d'éléments chronologiques. Sur 62 actes ou articles il n'y en a que deux de datés : l'un du 29 juillet 1111, et l'autre du 30 avril 1112. Cependant, grâce à ces deux points de repère et aux divers personnages nommés, — il y en a plus de deux cent cinquante, — il devient facile de déterminer très-approximativement la date de la plupart des autres actes. Ainsi les nos 1 à 5 remontent avant l'an 1100 - les nos 6 à 30 sont antérieurs à l'année 1121 ; les nos 31 à 62, très probablement le sont aussi, mais, dans tous les cas, ils ne sont pas postérieurs à 1143. A cette date, en effet, les comtes de Forcalquier Bertrand II (1129-50) et Guigues II (1129-49) et leur mère Garsinde, se trouvant à Gap, in piano sub termino, confirmèrent à l'Hôpital toutes les acquisitions qu'il avait faites dans leur comté et celles qu'il pourrait y faire à l'avenir, à l'exception seulement du domaine souverain : excepta dominicatura nostra.

— Le plus grand nombre des biens donnés à l'Hôpital sont situés dans les Hautes-Alpes et surtout dans le Gapençais, soit à Gap même ou dans son territoire :
Au Mont-Saint-Martin (in Monte Beati Martini),
A la Fontaine de Bonne (ad Fontem Abonis),
A Chauvet (Calveto),
A Treschâtel (Retro Castellum),
A Montalquier (Montalcherio),
A la Combe (Cumba Franonis),
A Charance (ad Fontem Sancti Arigii),
A la Combe de Reynier (in cumba Rainerii), etc.

Soit dans les localités environnantes :
A Pelleautier (in territorio Montis Lauterii),
A Sigotier (in Cigoterio castro),
A la Freissinouse (in valle Fraxenesia),
A Quinte (in Quinto), commune de la Roche-des-Arnauds,
A Montmaur (Monte Mauro),
A Veynes (Venetto), en Champsaur (in Campo Sauro),
A Faudon (Faudaone), commune d'Ancelles,
A Larra (a Lara), commune de la Bâtie-Vieille,
A Rambaud (in Monte Ermenbaldi),
A Avançon (castrum Avançu), etc.

— Un certain nombre se trouve dans l'Embrunais, surtout:
A Chorges (ad Cadorgas),
A Rousset (Roset),
A Bréziers (ad castrum Bricie).

— Quelques autres sont au-delà de la Durance, dans cette partie de l'ancien diocèse de Gap qui appartient aujourd'hui aux Basses-Alpes, par exemple :
A Piégut (de Podio Acuto),
A Dromon (Dromo),
A Channes (Channie), commune de Vaumeilh,
A Chardavon (Cardaone).

— Enfin il s'en trouve jusque dans la Drôme :
A Valdrôme (Valledromma)

— Et dans l'Isère:
A La Salette (a Saletas)
A Thoranne (de Thorana), hameau de Saint-Michel-des-Portes.
Sources: Guillaume, Paul, abbé. Origine des Chevaliers de Malte et rôle des donations de la Commanderie de Gap (XI-XIIe siècles). Paris 1881 - Bnf
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Gap-Frances   (48)
Commanderie de Gap-Francès
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton et Commune: Le Pont-de-Montvert — 48


Commanderie de Gap-Francès
Localisation: Commanderie de Gap-Francès


Emplacement
La commanderie était située sur le mont Lozère, au bord du Tarn. Les possessions s'étendaient sur une grande partie de la montagne, terre d'estive pour les troupeaux du Languedoc. Tous les 25 ans un bornage était fait des terres des chevaliers, en les délimitant par des croix de Malte. Toujours visibles, on en dénombre encore 146.

La commanderie se trouvait non loin de la voie Regordane, antique chemin qui se rendait jusqu'au port de Saint-Gilles, et donc au prieuré dont dépendait Gap-Francès. La Regordane était très empruntée par les pèlerins se rendant à l'abbaye de Saint-Gilles puis en Terre sainte.
Sources: Wikipedia

Notice historique sur la commanderie de Gap-Francès
L'ordre célèbre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, appelés dans la suite chevaliers de Malte, eut dans le Gévaudan deux commanderies importantes: Gap-Francès (1) et Palhers. Elles dépendaient du grand prieuré de Saint-Gilles, chef-lieu de cinquante commanderies, en Languedoc, en Provence et en Dauphiné.
(1) Dans les actes on lit: Hospitalis de Vado Francisco, de Guadio francisco, de Gado Gallico, de Gus Frances

Le Gévaudan fournit à l'ordre de nombreux et vaillants chevaliers, et nous pouvons citer les noms de Viltaret, de Tournel, de Lescure, etc. Il lui donna aussi deux de ces grands maîtres, Guillaume et Foulque de Villaret. Le premier laissa dans Mende un souvenir de sa piété; il fonda dans l'église cathédrale l'office qu'on y célébrait le jour de Sainte-Magdelène. (2).
(2) Obituaire manuscrit de 1528 à la bibliothèque de la ville de Mende.

Les premières donations dans le pays, en faveur de l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, remontent presque au berceau de l'Ordre. Dès Tannée 1166, le Seigneur du Tournel rendait hommage au frère Assalit 4e grand maître pour plusieurs domaines situés entre le Lot et le Tarn, faisait don aux chevaliers de ce qu'il possédait à Gap-Francès, à Salarial, aux Alpiers, à Malavielle, etc., les affranchissait des droits de péage et leur accordait plusieurs facultés dans ses terres.

En 1179 l'évêque Aldebert leur cédait l'église de Ginestoux et en 1187 celle de Saint-Privat de Frutgères. Les dotations deviennent plus nombreuses encore dans le XIIIe siècle. Les Commandeurs de Gap-Francès se virent dans la suite propriétaires d'une grande étendue de pays, il eurent entrée et voix délibérative aux Etats du Gévaudan.

La commanderie comprenait dix membres ou Districts: Frutgères, le Limarès, Altier, le Bleymard, Saint-Sauveur-de-Ginestoux, les Estrets, Paulhac, Pierrefiche, la Canourgue et Mende.

L'hôpital de Gap-Francès, appelé aussi de Lozère chef-lieu de la commanderie, possédait un château et maison seigneuriale, une chapelle sous le titre de Saint-Jean-Baptiste. Le tout fut dévasté dans les premières années du XVIIIe siècle, pendant la guerre dite des Camisards. Une foire importante se tenait en cet endroit le 25 juin de chaque année.

L'Hôpital possédait en outre 30 sétérées de terres cultes et la même étendue en pâturages et plusieurs forêts importantes; 4,000 bêtes à laine étaient nourries dans les montagnes de la commanderie.

Domus Hospitalis Frutgères
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert — 48


Domus Hospitalis Frutgères
Domus Hospitalis Frutgères


L'église de Frutgères, sous le titre de Saint-Privat, avait été donnée à l'Ordre en 1179 par l'évêque Aldebert (A), elle servit de paroisse à Gap-Francès, au Pont-de-Montvert et à plusieurs villages et hameaux du voisinage. Pendant les troubles du XVIIIe siècle, le curé fut assassiné et la maison curiale dévastée.
En sa qualité de seigneur spirituel, le commandeur nommait à la cure de Frutgères.

Il avait la haute juridiction dans les villages de Gap-Francès, Salarial, le Gros, Montgros, Laubaret, les Troubat, Vialia, Pont-de-Montvert, etc. La moyenne et basse juridiction dans les paroisses de Frutgères, Fraissinet, Grisac, Saint-Frézal, Chambonas, etc.

Domus Hospitalis Le Limarès
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Collet-de-Dèze, Commune: Saint-Michel-de-Dèze - 48


Domus Hospitalis Le Limarès
Domus Hospitalis Le Limarès


Les dépendances de Le Limarès s'étendaient en partie dans le Vivarais, la commanderie y possédait Chamborigaud et plusieurs autres villages.
Le Commandeur percevait divers cens et rentes foncières dans les lieux de :
ChamborigaudDomus Hospitalis de Chamborigaud
Domus Hospitalis de Chamborigaud
- Département: Gard, Arrondissement: Alès, Canton: La Grand-Combe - 30
Figeirolles (?).
VialasDomus Hospitalis de Vialas
Domus Hospitalis de Vialas
- Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Saint-Etienne-du-Valdonnez - 48
Saint-Privat-de-VallongueDomus Hospitalis Saint-Privat-de-Vallongue
Domus Hospitalis Saint-Privat-de-Vallongue
- Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Collet-de-Dèze - 48
Saint-Frézal-ValentonDomus Hospitalis Saint-Frézal-Valenton
Domus Hospitalis Saint-Frézal-Valenton
- Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Collet-de-Dèze - 48
Saint-Martin-de-LansuscleDomus Hospitalis Saint-Martin-de-Lansuscle
Domus Hospitalis Saint-Martin-de-Lansuscle
- Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Collet-de-Dèze - 48
Trabussac (?).
ChambonnetDomus Hospitalis de Chambonnet
Domus Hospitalis de Chambonnet
- Lozère, Arrondissement et Canton: Florac, Commune: Quézac - 48, etc.

Domus Hospitalis Altier
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Villefort — 48


Domus Hospitalis Altier
Domus Hospitalis Altier


Les dépendances d'Altier consistaient en bois, pâturages et rentes foncières. Le Commandeur avait la justice haute, moyenne et basse dans les localités ci-après: Bergougnoux, Villespasses, Valfournes, la Pigeire, la Rouvière, le Fossat, Couze, Chadepeau, la Rochette, Montredon, etc.

Commanderie Le Bleymard
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Le Bleymard — 48


Commanderie Le Bleymard
Commanderie Le Bleymard


Les dépendances de la Commanderie de Bleymard étaient: Alpiers (?) ; Malavieille (?) ; Louzet (?) ; Feljas (?) ; Mazel (?) ; Cheyroux (?) ; Orcières (?) ;
VareilleDomus Hospitalis de Vareille
Domus Hospitalis de Vareille
- Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Saint-Chély-d'Apcher, Commune: Saint-Pierre-le-Vieux - 48
NeyraDomus Hospitalis de Neyra
Domus Hospitalis de Neyra
- Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Saint-Etienne-du-Valdonnez, Commune: Cubières - 48
SauvagesDomus Hospitalis de Sauvages
Domus Hospitalis de Sauvages
- Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Saint-Etienne-du-Valdonnez - 48
Saint-Julien-du-TournelDomus Hospitalis Saint-Julien-du-Tournel
Domus Hospitalis Saint-Julien-du-Tournel
- Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Saint-Etienne-du-Valdonnez - 48, etc.

Domus Hospitalis de Pierrefiche
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Châteauneuf-de-Randon — 48


Domus Hospitalis Pierrefiche
Domus Hospitalis de Pierrefiche


A Pierrefiche, le Commandeur possédait l'église paroissiale sous le titre de Saint-Privat, un château et ses dépendances, deux forêts d'une grande étendue ; exerçait la haute, moyenne et basse juridiction et prenait la dime sur les lieux de Pierrefiche, de la ChazeDomus Hospitalis de Chaze
Domus Hospitalis de Chaze
, d'Aurouzet, de SagnerousseDomus Hospitalis Sagnerousse
Domus Hospitalis Sagnerousse
, de l'Aubarnes, etc. Percevait divers droits, seigneuriaux au Crouzet, à Châteauneuf-Randon, à Saint-Jean-la-Fouillouse, à Meireilhes, à Veissière, etc., et le droit de péage sur tous les voyageurs à l'exception des sujets du comte de Polignac.

Les vassaux de Pierrefiche fournissaient les fonds nécessaires aux Commandeurs:
1º Lorsqu'ils se rendaient à Malte.
2º pour son rachat s'il était fait prisonnier.
3º pour le voyage de la Terre Sainte.

Domus Hospitalis Saint-Sauveur-de-Ginestoux
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Châteauneuf-de-Randon — 48


Domus Hospitalis Saint-Sauveur-de-Ginestoux
Domus Hospitalis Saint-Sauveur-de-Ginestoux


Le Commandeur en était seigneur temporel et spirituel de :
Saint-Sauveur-de-Ginestoux, il percevait la dîme dans toute l'étendue de la paroisse et dans quelques autres villages, et y exerçait la haute juridiction. Les biens fonds consistaient en prairies et en terres labourables.

Domus Hospitalis Estrets
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Châteauneuf-de-Randon — 48


Domus Hospitalis Estrets
Domus Hospitalis Estrets


Les dépendances des Estret étaient un château seigneurial, une chapelle sous le titre de Saint-Jean-Baptiste, des terrains, des prairies et une forêt.

Le Commandeur percevait des cens dans les villages des Estrets, de Fontans, de Malaviellette, de Masberal, de Chabanes, de Serverette, de Lestival, de Montcham, de Buffeirette, de Javols, de Recoules, etc.
Il n'avait que la moyenne et base juridiction. La haute, c'est-à-dire la criminelle, appartenait au Seigneur de Peyre.

Domus Hospitalis Paulhac
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Le Malzieu-Ville, Commune: Paulhac-en-Margeride — 48


Domus Hospitalis Paulhac
Domus Hospitalis Paulhac


Le domaine Paulhac consistait en terres cultes, en prairies et en forêts. Le Commandeur percevait un grand nombre de censives. La justice entière au lieu de Paulhac appartenait au duc de Mercoeur; le Commandeur l'exerçait dans les localités suivantes: Dieges, la Molle, Vachelery, le Malzieu, etc.

Domus Hospitalis Canourgue
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: La Canourgue — 48


Domus Hospitalis Canourgue
Domus Hospitalis Canourgue


A La Canourgue, le Commandeur y possédait un château seigneurial, des jardins et des prairies ; prenant la censive dans les hameaux suivants: la Fagette, Pertuzades, le mas Requiran, le Lieboux, le Duc, Grèzes, le Bouquet, Tartarone, le Mazet, Lescure, etc.

Domus Hospitalis Mende
Département: Lozère, Arrondissement et Canton: Mende — 48


Domus Hospitalis Mende
Domus Hospitalis Mende


A Mende, le Commandeur y possédait une maison à la rue d'Auriac ; elle porte encore aujourd'hui le nom de maison de la Commanderie (3), plusieurs directes, censives et rentes foncières dans la ville et aux environs, particulièrement à la Brageresse et à Badaroux. Le propriétaire d'une maison, en face de celle du Commandeur, lui payait la redevance d'une paire de perdrix chaque année.
(3) Elle fut vendue par la nation le 19 avril 1791.

— Tel est l'état sommaire des dépendances de la Commanderie de Gap-Francès. Elles produisaient, en 1713, un revenu net de 5,174 livres. C'était un bénéfice assez important.
— La révolution vint dépouiller l'ordre de ses biens, et c'est à peine si le nom de chevaliers de Malte est aujourd'hui connu dans le pays.

Liste Chronologique des Commandeurs de Gap-Francès (4).
1177 — Frère Jean de Chalane.
1215 — Frère Pallet.
1229 — Frère Benedit.
1233 — Frère Aldebert.
1239 — Frère Raimond de Cervieres.
1240 — Frère Guillaume de la Garde.
1243 — Frère Bertrand Perrier.
1247 — Frère Bertrand de Montegut.
1255 — Frère Foulque du Tournet. 1261.
1263 — Frère Raimonot du Luc. 1264.
1265 — Frère Pons Raimond. 1280.
1288 — Frère Jordan de Chaudairac. 1297.
1297 — Frère Pierre de Chaudairac. 1307.
XXXX — Frère Urbain d'Ozerie.
1316 — Frère Guillaume de Borrenc. 1352.
1358 — Frère Amalvin de la Tour.
1360 — Frère Foulque du Tournel.
1367 — Frère Guillaume Fabri. 1374.
1384 — Frère Aldebert de la Romeguiere.
1387 — Frère Raimond de Lescure.
1398 — Frère Almaric de Sanhac. 1416.
1424 — Frère Bertrand d'Arpajon. 1445.
1445 — Frère Raimond Ricard. 1481.
1491 — Frère Gollon de Mandoix. 1492.
1502 — Frère Charles Alamand. 1507.
1514 — Frère Jean de Bidoux.
1528 — Frère Antoine de Barras.
1530 — Frère Jacques de Manas.
1544 — Frère Philippe de Vento 1551.
1557 — Frère Barthélémy Bermond, dit de Rosset.
1565 — Frère Jean de Barras.
1576 — Frère Bertrand de Varadier Saint-Andeol.
1596 — Frère Georges de Berton, dit de Crilhon. 1600.
1607 — Frère Charles de Panisse. 1626.
1632 — Frère François de la Crote, seigneur de la Menardie.
1635 — Frère Faspard de Villeneuve-Châteauneuf.
1638 — Frère Antoine de Puget-Saint-Marc
1643 — Frère Jean de Villeneuve-Châteauneuf.
1648 — Frère Gaspard de Castellane. 1662.
1657 — Frère François de Ratte Cambons
1658 — Frère Jean-Jérôme de Gallian-Châteauneuf. 1663.
1667 — Frère Pierre de Raphelis d'Agout-Rognes. 1692.
1695 — Frère François Timoleon de Montaud Labat.
1707 — Frère Felix de Grimaldy. 1716.
1729 — Frère Secret des Alris de Rousset. 1731.
1742 — Frère Philippe de Pagesse d'Assas. 1746.
1753 — Frère Joseph d'Olivary. 1767.
1769 — Frère Pierre-Antoine de Raymond d'Eaux.
1779 — Frère Louis de Moreton de Chabrillan. 1787.

En 1787, ce titulaire étant mort, le frère Bruno Marie de Foresta, chevalier de l'ordre, administra la commanderie pendant la vacance. Nous n'avons pas pu connaître le nom de son successeur.
(4) Cette liste a été dressée d'après les chartes de la Commanderie conservées aux archives départementales des Bouches-du-Rhône. — Ces dates ne sont point celles de la nomination ni de la mort des Commandeurs, mais celles des actes qui mentionnent ces chevaliers.
Sources: M. Ferdiand André — Société d'Agriculture, Industrie, Sciences et Arts du département de la Lozère — Tome XV — janvier-février 1864 — Imprimerie de C. Privat — Mende 1864
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Garidech   (31)
Commanderie de Garidech
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Toulouse, Canton: Montastruc-la-Conseillère — 31


Commanderie de Garidech
Commanderie de Garidech


Située sur la route de Toulouse à Albi, cette ancienne commanderie de l'Ordre de Saint-Jean ne peut présenter comme vestige de son passé, que son église à l'aspect original et sévère dont la façade imposante arrête forcément, malgré l'absence complète d'ornementation, l'attention du voyageur, et ses vieilles archives qui viennent nous raconter ce qu'elle fut jadis.

En interrogeant ces dernières, nous n'avons pu découvrir la date de la donation de Garidech à l'Ordre de l'Hôpital. Mais dans les liasses des chartes se rapportant à la maison de Toulouse, nous avons trouvé un vieux parchemin, dans lequel il est dit: que le douzième jour des calendes d'octobre (20 septembre) de l'année 1134, Pierre Aguassa et Raymond son frère donnèrent à l'Hôpital Saint-Jean de Toulouse, au Prieur Bernard Hugo, leur portion du dîmaire de l'église de « Saint-Pierre-de-Salinières », bâtie dans le pays toulousain (in pago tolosano), sur les bords du Girou. Or, cette église, disparue depuis longtemps, a laissé son nom a une partie du territoire de Garidech, où elle se trouvait située.
Cette possession isolée constitua une dépendance de la maison de Toulouse, jusqu'à ce que, s'étant successivement augmentée des dîmaires des églises de Garidech et de Saint-Bibian, situées dans le voisinage, elle eût acquis une importance assez considérable, pour pouvoir être érigée en commanderie séparée; ce qui eut lieu vers le milieu du XIIIe siècle.

Cette nouvelle situation eut pour résultat immédiat d'accroître rapidement la prospérité de l'Hôpital de Garidech, et, à partir de ce moment, les archives contiennent un nombre considérable de donations plus ou moins importantes faites par les fidèles do la contrée.
Mais cette prospérité même suscita à l'établissement des chevaliers les difficultés qui en étaient les conséquences habituelles. Chez plusieurs, la jalousie ne tarda guère à succéder à la sympathie primitive envers cette maison, dont l'accroissement commençait à leur inspirer de l'ombrage.
A la tête des adversaires déclarés des Hospitaliers, se trouvaient Bon Mancip de Maurand et Bertrand son fils, dont les vastes fiefs confinaient aux terres de l'Hôpital.

Vers l'année 1260, la guerre était ouvertement déclarée entre les deux partis et les épées même étaient tirées des fourreaux. Ecoutons les récits que font successivement les deux rivaux au frère Raymond d'Aure, précepteur de « Raineville » et Vice-Prieur du Toulousain, choisi par eux comme arbitre de leur querelle. Chaque combattant vient vanter sa modération, énumérer avec complaisance les blessures reçues, les insultes et les menaces prodiguées par le parti opposé.
Laissons d'abord parler le précepteur, frère Bernard de Caminières. Il venait, dit-il, de faire porter dans la cour de l'Hôpital les gerbes de la moisson, lorsque Bertrand de Maurand y fit irruption, à la tête de ses complices: Terrasson, Bérenger Raymond, damoiseau, Pierre de Grazac, Armand de Valségur, Raymond Vitalis et une foule d'autres, armés jusqu'aux dents. Les envahisseurs enlèvent les gerbes et s'éloignent en insultant et menaçant le commandeur et les Hospitaliers. Ceux-ci s'arment à la hâte et se mettent à la poursuite des ravisseurs. Le combat s'engage: Bertrand de Maurand se jette sur le commandeur, le menaçant de sa lance et brise le frein de son palefroi. Le chapelain Raymond, que son caractère sacré n'a pas retenu loin de la mêlée, est frappé d'un coup d'arbalète et renversé sans connaissance; il reçoit plusieurs coups de massue, pendant que Bertrand de Maurand ne cesse de crier: Qu'il meure ! Qu'il meure ! Le précepteur continue en faisant voir tous les siens sortants du champ de bataille plus ou moins éclopés et réclame pour chacun d'eux des satisfactions pécuniaires.

D'après Bertrand de Maurand au contraire, le commandeur est venu assaillir ses gens à la tête d'une troupe, armée de lances, d'arbalètes, de bâtons, de poignards et d'épées; à plusieurs reprises, il les aurait dispersés et maltraités de mille manières; dans cette seconde narration, nous voyons le chapelain Raymond précipitant ses ennemis dans le Girou et le précepteur se jetant sur Bon Mancip de Maurand et le désarçonnant.

La sentence arbitrale fut rendue le 14 août 1265, par Pierre du Port précepteur de Saint-Sulpice, qui avait remplacé Raymond d'Aure dans la charge de vice-prieur du Toulousain. Il ordonna que les Hospitaliers continueraient à posséder les terres, objet de la discussion et qu'ils paieraient 460 sols toisas de compensation à leurs adversaires; quant aux injures et aux voies de fait, trouvant sans doute que les torts étaient partagés des deux côtés, l'arbitre décida qu'elles seraient oubliées et remises de part et d'autre et qu'elles ne se renouvelleraient plus. Cette sentence rétablit la paix entre les deux rivaux, qui vécurent dans la suite en bonne intelligence; nous en trouverons la preuve dans certaines cessions de terre faites par ce même Bon Mancip de Maurand au précepteur B. de Camimières (1275).

Lors de l'enquête ordonnée par le roi de France, pour le rétablissement des droits de la couronne dans ses nouvelles provinces du Midi, son procureur Gille Caumel ou Camelin) contesta au frère Raymond d'Aure, précepteur de Garidech, le droit d'exercer dans cette ville et son territoire, la haute et moyenne justice; ce droit, il le revendiquait pour l'autorité royale, prétendant que Garidech, ayant dépendu de tout temps du baillage et de la châtellenie de Buzet, la haute seigneurie en appartenait aux comtes de Toulouse et devait par suite revenir aux rois de France.
Le chevalier de Saint-Jean affirmait, au contraire, que ce droit avait été exercé de temps immémorial par son ordre, qu'il existait encore à Garidech la hache et les chaînes pour l'exercice de la haute justice et que de plus ses prédécesseurs et lui avaient toujours institué les consuls de cette ville; il appuyait son dire par le relevé des causes qui avaient été portées depuis un certain nombre d'années devant le tribunal des Hospitaliers et des condamnations prononcées contre les coupables, et exécutées par les officiers du commandeur dans le fort même de Garidech.
La fin du parchemin ayant été enlevée nous ne connaissons pas la sentence rendue par les commissaires. Il est toutefois probable que ceux-ci se rendirent aux raisons présentées par le procureur du roi, car les documents postérieurs nous montrent les commandeurs de Garidech jouissant simplement de la seigneurie spirituelle et foncière de cette ville et de ses dépendances.

Les premières années du XVe siècle virent la commanderie de Garidech accroître singulièrement son importance. Comme nous le verrons plus loin, à la demande du Grand-Prieur de Toulouse, Raymond de Lescure, le Grand-Maître, Philibert de Naillac, autorisa, par une bulle du 24 novembre 1408, la transformation de l'ancienne maison du Temple de Toulouse en un hôpital destiné aux pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Pour subvenir aux frais de cet établissement le Grand-Maître lui affecta les revenus de Garidech et en déclara le précepteur, Hospitalier du Temple; l'élection de ce dernier appartenait, d'après cette même bulle, aux Grands-Prieurs de Toulouse assistés de leur Chapitre Provincial.
Outre les frais d'entretien de l'hôpital, le commandeur de Garidech était obligé de payer annuellement ses responsions au trésor de l'Ordre, d'assez fortes charges particulières à sa circonscription, plus 25 quartons de froment fournis à la Chambre Prieurale de Toulouse.
Aussi, pour le mettre en état de faire face à toutes ces dépenses, adjoignit-on à cette commanderie celle de Cornebarrieu et dans la suite quelques petits domaines de l'Ordre dans les environs de Montauban.


Saint-Jean-Baptiste de Garidech
Saint-Jean-Baptiste de Garidech — Sources: Médiathèque de l'architecture et du patrimoine


Dans le courant du XVIe siècle, nous assistons à la construction de l'église de Garidech.
Ce fut en 1522 que le commandeur Melchior d'Aspremont conclut, à cet effet, un traité avec Louis Privat, « maître-maçon juré de la ville de Toulouse », qui se chargea de construire ce bâtiment dans le délai de trente-cinq ans; le chevalier s'engagea à y consacrer le tiers de la dîme.
Au mois de janvier 1534, l'édifice était assez avancé pour pouvoir être consacré; il le fut par « Révérendissime George de Selve », évêque de Lavaur, remplaçant pour la circonstance le cardinal Odon de Chastillon, archevêque nommé au siège de Toulouse. Mais à partir de cette époque, le zèle se ralentit; le commandeur ne paya plus sa part des frais qu'avec répugnance; il fallut même, pour la vaincre, l'intervention du sénéchal de Toulouse, réclamée par les consuls et le syndic de la communauté de Garidech.
Par suite de ces difficultés, l'église ne fut entièrement terminée qu'en l'année 1557.

Bientôt après cette époque, la petite ville de Garidech eut à subir sa part de désastres et de dévastations pendant la cruelle période des guerres religieuses; dans cet épisode militaire, faillit périr l'église nouvellement construite.
Voici en effet ce que nous lisons dans le procès-verbal d'une visite pastorale faite le 26 septembre 1596, par maître Chabannc archiprêtre de Montastruc, délégué du cardinal de Joyeuse.
« Le Sainct-Sacrement y soloit estre réservé au milieu du grant autel dans un petit tabernacle, qui fut rompeu et destruit parles Réistres... Le baptistère est sans couvert, sans pavillon et ce qui est bien pis, sans couverture de toit, de sorte qu'il y pleust en dedans. »

Dom Vaissette nous apprend en effet que, dans la période précédente, la contrée avait été dévastée par les protestants.
Nous lisons dans son histoire que les princes de Navarre et de Condé partirent de Montauban, à la tête des Reîtres, s'avancèrent vers la Garonne, campèrent le 22 septembre 1570 à la Bastide-Saint-Sernin, et s'étendirent ensuite dans les environs de cette localité, portant partout le fer et le feu. Or, Garidech n'étant éloigné de la Bastide-Saint-Sernin que de quelques kilomètres, on est autorisé à conclure que ce fut alors qu'eût lieu la dévastation, dont on constatait encore les traces, vingt ans plus tard; les malheurs de la guerre n'avaient pas encore permis de la réparer. Ce long abandon est d'autant plus explicable que les environs furent, dans cet intervalle, le théâtre de luttes sanglantes; car en 1590, nous voyons dans le voisinage de Garidech la place de Montastruc, successivement prise et perdue par les troupes catholiques commandées par Scipion de Joyeuse. Du reste les murailles de la ville, fort peu considérables par elles-mêmes, ne durent pas présenter de bien sérieux obstacles aux envahisseurs. Ces derniers furent pourtant obligés d'employer l'artillerie, pour en venir à bout. Du passage dévastateur des Reîtres, il ne reste plus aujourd'hui de vestiges, sauf quelques traces de projectiles sur de vieilles murailles et dans la sacristie de l'Eglise, un boulet lancé jadis par une couleuvrine des Huguenots et transformé depuis en un pacifique pilon pour écraser l'encens.

Nous n'avons plus à mentionner, avant de finir, que la transaction conclue entre le commandeur, Joachim de Montaigut Fromigières, et les consuls de Garidech, pour régler l'exercice des droits de l'un et des prérogatives des autres. Non contents de cette précaution et se défiant de son effet pour la suite, les magistrats municipaux obtinrent du roi Louis XIII, un édit en date du mois d'avril 1639, qui les confirma dans leurs privilèges et leur reconnut le droit de juger par prévention les matières criminelles avec un assesseur et, en seuls, les affaires de simple police et les petites causes jusqu'à cent sols, ensemble les gages des valets; édit qui fut confirmé par Louis XIV, en 1688.

Dans les procès-verbaux de visite, nous trouvons que les commandeurs possédaient, outre la seigneurie foncière et spirituelle de Garidech et de son annexe Saint-Bibian divers fiefs à Gémil, Montastruc, Monpitol, etc., la collation de la chapellenie du Temple de Toulouse, ainsi que la jouissance des bâtiments qui en dépendaient, la seigneurie spirituelle et les dîmes de Cornebarrieu, qu'ils partageaient avec le Prieur de la Daurade et le chapitre de Saint-Etienne; enfin les tènements de Labarthe, de Flamarens et d'Albefeuille situés près de Montauban.
Les revenus de cette commanderie s'élevaient, en 1750, à 6,480 livres et ses charges, à 712.

Ces mêmes documents nous donnent la description du château des chevaliers à Garidech. Malgré son titre, cette vaste bâtisse, construite en briques ou même en torchis dans certaines de ses parties, n'avait plus dans les derniers temps, aucun des caractères d'une demeure féodale. Les années, qui l'avaient transformée, depuis que les Hospitaliers avaient cessé d'y résider, en simple bâtiment d'exploitation, n'avaient laissé subsister qu'une tour qui put la distinguer encore des maisons voisines. Aujourd'hui ses derniers vestiges ont disparu en même temps que les ruines du fort construit par les habitants dans son voisinage, à une portée de mousquet de l'église, disent les anciens actes. Il n'en reste plus que les fossés, convertis dans ces derniers temps en abreuvoir et une modeste masure, portant encore le nom de Fort, mais qui n'a de commun avec lui que son emplacement et peut-être les matériaux dont on s'est servi pour la construire.

Liste des Commandeurs de Garidech.
xxxx-1260. Raymond de Pailhès.
1264-1275. Bernard de Caminières.
1275-1276. Raymond d'Aure.
xxxx-1294. Pierre de Falmète.
xxxx-1320. Fortanier de Gordon.
xxxx-1324. Arnaud de Jori.
1347-1367. Raymond de Saint-Just.
1374-1398. Pierre de Salinier, receveur du Grand-Prieuré.
xxxx-1432. Jean de Margatte.
xxxx-1434. Pierre de Pagèze.
1446-1469. Jean du Puy.
xxxx-1475. Etienne Labola.
1475-1491. Pons de Raffin.
1495-1497. Guillaume Seytre chevalier.
1515-1536. Marquiot ou Melchior d'Aspremont.
1536-1554. André de Guiramand.
1554-1560. Antoine de Thésan Vénasque.
xxxx-1622. Jules de Montmorency.
xxxx-1630. Joachim de Montaigut Fromigières.
1648-1650. Antoine de Blacas-Vérignon.
1660-1665. Thomas de Villages.
1680-1685. Charles de Martin-Puylobrier.
1685-1687. Paul-Antoine de Quiqueran Beaujeu.
1689-1694. François de Bausset.
xxxx-1712. Antoine de Puget Clapier.
xxxx-1721. Joseph de Castellane Mazaugues.
xxxx-1730. Claude de Simiane.
xxxx-1740. Joseph-Balthazar de Gras-Presville.
xxxx-1751. Alphonse de Pontlevès Maubourguet.
1785-1789. N. de Lafare.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883

Commanderie de Garidech
Adossée à une colline molassique sur la rive droite du Girou, la commune de Garidech se situe à 17 kilomètres de Toulouse, entre Launagais et Frontonnais. Si des traces d'occupation gallo-romaine sont relevées sur les bords de la rivière, le nom de Garidech n'apparaît pour la première fois dans l'Histoire que le 20 septembre 1134.

On peut supposer que notre village serait resté anonyme si, ce Jour-la, Pierre et Raymond Aguassa n'avaient cédé une partie de leur droit de dîme de Saint Pierre de Salinières (aujourd'hui Prexempeyre) à l'Hôpital de Jérusalem. Garidech entrait simultanément dans l'Histoire et dans une organisation complexe: l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem puis, après 1530, Ordre de Malte.

Les possessions hospitalières grossirent rapidement par donations successives si bien que, dès le milieu du XIIIe siècle, Garidech fut élevée au rang de « préceptorie ». Les biens de l'Ordre du Temple confisqués: ils furent confiés aux Hospitaliers qui les administrèrent. Garidech reçut un immeuble de rapport à Toulouse (la Maison du Temple), les terroirs de Labarthe, Flamarens et Albefeuille (aujourd'hui commune d'Albefeuille-Lagarde en Tarn-et-Garonne) et une part des dimes de la paroisse de Cornebarrieu. Ainsi dotée, la préceptorie de Garidech fut élevée au rang de « Commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem » et une partie de ses revenus fut affectée à l'entretien de l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques à Toulouse.

Les revenus du Commandeur étaient tirés de l'exploitation agricole (il possédait en propre deux grandes fermes qui étaient travaillées en métayage) et de l'exercice de ses droits seigneuriaux.


Maitéries de la commanderie de Garidech
Plan des Maitéries de la commanderie — Sources: Mairie de Garidech


La Commanderie était dotée d'un four banal où chaque habitant devait cuire son pain, d'une forge banale où chaque tenancier devait faire fabriquer et aiguiser ses outils et d'un moulin non-banal sur le Girou. Outre la seigneurie banale, le Commandeur disposait de la seigneurie ecclésiastique et, à ce titre, il prélevait la dîme de 10 % sur les cultures spéculatives blé, avoine, foins, vendanges et pastel), de 1/12 (8,3 %) sur les cultures ordinaires (pois, fèves, maïs, légumes et chanvre).

Il exerçait aussi la seigneurie foncière: les terres qu'il avait reçues en échange de protection étaient rendues, sous le régime de « l'emphytéose perpétuelle », à leurs anciens propriétaires, à charge pour eux de payer le « cens récognitif de seigneurie ». Si les prélèvements étaient nombreux, ils étaient toutefois modiques: la totalité des taxes perçues par le Commandeur atteignait une proportion de 15 % de tous les revenus en échange de structures et de services comme le four, le moulin ou la forge, investissements qu'aucun paysan garidéchois n'aurait pu assumer seul.

La Révolution de 1789, avec l'abolition des privilèges et la nationalisation de biens du clergé, mit fin à la Commanderie de Garidech. La commune, nouvellement formée (1791) s'assoupit doucement à l'écart du vacarme de la révolution industrielle. Il fallut attendre le début des années 1980 et la métropolisation de Toulouse pour que Garidech tirât profit de la proximité toulousaine et reprît vie.

Notre commune, dont la population a longtemps stagné aux alentours de quatre cents habitants, dépasse le millier à l'aube du troisième millénaire et grossit toujours... Elle tire bénéfice de l'autoroute A 68 et de son échangeur: il achemine les habitants vers les emplois toulousains et il valorise un pôle d'activités tertiaires et un bassin d'emploi local.
Sources: Historique de la commanderie de Garidech, Mairie de Garidech
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Garnaux (Les)   (43)
Domus Hospitalis Les Garnaux ou Les Bineyres
Département: Haute-Loire, Arrondissement: Puy-en-Velay, Canton: Solignac-sur-Loire — 43


Domus Hospitalis des Garnaux
Domus Hospitalis des Garnaux


De la commanderie de Chantoin dépendaient les domaines des Garnaux et de Belvezet.

Les Garnaux, lieu aujourd'hui détruit, étaient situés au sud-ouest du village des Bineyres. C'était un alleu donné au Temple en 1210 (1) et qui prit, sans doute au XIVe siècle, le nom de ses emphytéotes.

En 1401, André Garnaud concéda à la maison de Chantoin le privilège de faire moudre gratis son blé au moulin qu'il possédait (charte 105).

Le 13 août 1545, le prieur de Sainte-Foy de Bains obtint du parlement de Toulouse un arrêt condamnant le commandeur de Chantoin à lui payer la dîme du terroir des Garnaux comme étant inféodé à perpétuité et, par suite, exclu de l'exemption dont l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem jouissait, pour ses biens, en vertu de ses privilèges (2).

Au XVIIe siècle, un procès relatif aux dîmes de Chantoin et des Garnaux s'agitait au même parlement entre les Jésuites du Puy comme prieurs de Bains et les fermiers du commandeur de la Rochefoucaud. Un arrêt du 5 septembre 1661 rejeta la demande des Jésuites en ce qui concernait Chantoin, et, relativement aux Garnaux, ordonna, avant dire droit, que le commandeur rapporterait l'acte d'inféodation. Le résultat final de l'instance n'est pas connu (3).

En 1679, il y avait aux Garnaux deux moulins en bon état d'entretien (4); en 1757 ils tombaient en ruines. Leur produit était minime, car ils n'étaient pas banaux et ne marchaient qu'à la fonte des neiges ou par les pluies d'orage (5).

Le domaine, composé d'une maison et grange, de prés, pacages et quelques terres, était roturier et, comme tel, assujetti à la taille. Ses impôts étaient énormes; aux XVIIe et XVIIIe siècles, ils s'élevaient à 160 et même 180 livres et absorbaient presque en entier son produit.

Le 21 août 1715, le commandeur de la Richardie, autorisé par un décret de la Vénérable collecte d'Auvergne, donna en empbytéose perpétuelle, à divers habitants de Bains et des Bineyres, le domaine des Garnaux, à la charge d'en payer la taille et moyennant une redevance de 32 cartons de seigle par an. Mais le commandeur de Sainte-Colombe, son successeur, obtint, le 19 mars 1750, un arrêt du grand Conseil qui annula ce contrat comme constituant une aliénation interdite par les statuts de l'ordre (6).

Après le désistement qui fut la conséquence de cet arrêt, dans la visite prieurale de Jean-François de Bosredon-Vieilvoisin, commandeur de la Vinardière (18 octobre 1754) et le procès-verbal d'améliorissements, dressé par Jean-Philibert de Fay de la Tour-Maubourg, grand-bailli de Devesset, commandeur de Montchamp, et Joseph-Laurent de Beaumont-Brison, commandeur de Saint-Paul et de Blaudeix (12 novembre 1757), on voit figurer le domaine des Garnaux pour un revenu de 72 livres (7).

Notes — Commanderie Les Garnaux
1. Cartulaire des Templiers du Puy, charte 8.
2. Chantoin, I, n. 19.
3. Ibidem
4. Ibidem.
5. Devesset, tititre de la commanderie, visite prieurale.
6. Chantoin, II, n. 2.
7. Chantoin II, n. 1.

Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888

Les Granaux, moulin détruit, près les Bineyres, commune de Bains.
— 1401 (hospitaliers du Velay).
— Dépendance du membre de Chantoin.

Les Bineyres, village commune de Bains
— Nabineiras, vers 1213 (Templiers du Puy)
— Las Bineyras, 1381 (Hospitaliers du Puy)
— Le village de las Bineyras, aultrement appelé des des Garnaudz, 1549 (Archives du Rhône, H 2478)
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Haute-Loire, par M. Auguste Chassaing. Paris Imprimerie Nationale MDCCCCVII
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Gavarni, Luz-Saint-Sauveur   (65)
Commanderie de Gavarni
Département: Hautes-Pyrénées, Arrondissement: Argelès-Gazost, Canton: Luz-Saint-Sauveur — 65


Commanderie de Gavarnie
Commanderie de Gavarnie


L'église est en fait l'ancienne chapelle d'un hospice établi là au 12e siècle par une Commanderie de moines-soldats qui s'était donnée pour but d'abriter les voyageurs en contrôlant la route au pied du port de Boucharo (ou de Gavarnie) culminant à 2270 m. Le bâtiment cependant, date essentiellement du 14e siècle hormis dans sa partie nord, plus ancienne.

Située exactement sur l'ancien chemin de Saint-Jacques, actuel sentier grossièrement contreforté que l'on suit pendant une vingtaine de minutes jusqu'à la terrasse des Entortes, la modeste église se compose d'une chapelle nord, formant bras de transept; elle remonte en apparence à l'époque romane et abrite la statue de Notre-Dame du Bon Port, objet d'une dévotion encore très vivace. En bois polychrome du 14e siècle, elle retient le Christ sur son genou gauche, relève la main droite en bénédiction et porte la gourde du pèlerin; elle est accostée de deux statuettes de pèlerins du 17e siècle. Le choeur est modestement orné d'un retable baroque à colonnes torses et ponctué de coquilles et feuilles d'acanthe tandis que la nef abrite une effigie contemporaine de Saint-Jacques.
A l'extérieur du bâtiment, on distingue encore faiblement la base ancienne d'une tour carrée qui supportait l'ancien clocher-mur et l'enceinte d'un escalier en vis, éclairée de deux meurtrières.


Notre-Dame du Bon Port
Notre-Dame du Bon Port — Sources: Médiathèque de l'architecture et du patrimoine


Point de départ pour les randonnées en montagne, le lieu est devenu lieu dédié à la mémoire de ceux qui en furent les victimes. Aussi, le cimetière enserrant l'église, abrite-t-il les sépultures, monuments et plaques commémoratives parmi lesquels on relève les noms de Trescazes, du docteur Arlaud de Ledormeur ou de Célestin Passet. Ainsi, se trouvent réunis en ce lieu de passage rituel, trois niveaux de dévotion: l'un dédié à Notre-Dame, l'autre à Saint-Jacques et le troisième à la Montagne et avec l'imposant massif en toile de fond, l'église en matérialise le point de « crainte respectueuse. »
Sources: Ministère de la Culture (France) — Médiathèque de l'architecture et du patrimoine — diffusion RMN

Gavarni
Quand et par qui le territoire de Gavarni fut-il donné à l'Ordre de Saint-Jean ?
C'est une question que les archives laissent absolument sans réponse. Mais la fondation de cet hôpital doit être fort ancienne, car, vers le milieu du XIIe siècle, il recevait des bienfaits de seigneurs éloignés, qui n'eussent pas soupçonné son existence sans l'importance qu'il avait déjà.

Nous avons vu ailleurs la donation faite à Dieu et à Sainte-Marie de Gavarni, en 1148, de la seigneurie de Saint-Marcel, et l'établissement à une époque antérieure d'une dépendance de cet hôpital à Moncassin. Dans la suite, lors de l'érection de ce dernier membre en une Commanderie séparée, le commandeur de Gavarni obtint en échange l'adjonction à son hôpital de celui de Fonsorbes.

Quoique perdue au milieu des neiges et inabordable une partie de l'année, la maison, dont nous étudions l'histoire, ne laissait pas que d'être florissante à cette époque; elle était composée en 1213 de quinze Hospitaliers, chevaliers, chapelains ou frères servants. Le treizième jour des kalendes de novembre de cette année-là, Guillaume de Sertz, précepteur, avait réuni tout son couvent pour le faire assister à la cession qu'il faisait, en son nom, de la tour de « Serrelate », située dans la « Littère », entre les tours « Ferrière », de la « Comtesse », de « l'Hopital-Rouge », « d'Agrafals » et « d'Almaterne », à Raymond Bérenger, maître du Temple en Provence, et à Bernard d'Ayguebelle, précepteur de Monson, moyennant une rente de dix « cophisses » de blé. Les deux partis présentèrent pour garants de leur foi les deux frères, Arnaud et Marc de Castro, fils de dame Sancie d'Alcala, qui donnèrent leur parole l'un pour le Temple et l'autre pour l'Hôpital.

Luz-Saint-Sauveur


Luz-Saint-Sauveur, Abside et fortifications
Luz-Saint-Sauveur, Abside et fortifications — Sources: Médiathèque de l'architecture et du patrimoine


Une inscription lapidaire encastrée dans les murs du porche de l'église de Luz nous apprend qu'elle fut consacrée en l'an 1260; date d'autant plus intéressante à noter que le style de l'ensemble du monument semblerait lui assigner une origine beaucoup plus ancienne.
Or, cette année-là même, l'église de Saint-André de Luz et son dîmaire étaient donnés à l'hôpital par l'abbé de Bergot « peut-être Bertag, du diocèse de Lescar », dame « Benatrix deu Pii de Sazos », et par le seigneur Jourdain de Vielet, probablement ses fondateurs; c'est ce que nous trouvons indiqué sur un vieux parchemin, où sont mentionnés sommairement en langue vulgaire les principales donations et les privilèges concédés à la maison de Gavarni pendant les XIIIe et XIVe siècles.
Ce même document nous apprend qu'en 1262, dame Marie de Saint-André donna au commandeur de Gavarni le droit de présentation à la « rectorerie » de cette église, droit dont sa famille (son hostau) avait joui jusqu'alors. A cheval sur la frontière, l'hôpital de Gavarni étendait ses possessions des deux côtés des Pyrénées.
Parmi ses bienfaiteurs et ses protecteurs, les rois d'Aragon se faisaient remarquer par la fréquence de leurs libéralités.
Ainsi nous voyons en 1268 Jacmes, roi d'Aragon, comte de Barcelonne et seigneur de Montpellier, accorder aux Hospitaliers le privilège « d'exhiverner » 1500 têtes de brebis sur les montagnes qui lui appartenaient en 1270, il déclara qu'il prenait tous les frères de l'hôpital sous sa sauvegarde La même faveur leur fut accordée par l'évêque d'Huesca dans toute l'étendue de sa juridiction (1284), et plus tard, par Jean, roi d'Aragon (1387).


Luz-Saint-Sauveur, Portail
Luz-Saint-Sauveur, Portail — Sources: Médiathèque de l'architecture et du patrimoine


Cette sorte de cartulaire nous montre enfin Alphonse, gouverneur de l'Aragon, au nom du roi, leur permettant la dépaissance dans les ports communs de Gascogne et de Barège (1325).

Nous avons vu ailleurs le chapitre provincial tenu en 1257, enlever au précepteur de Gavarni, pour la donner à celui de Toulouse, la maison de Fonsorbes. Guillaume de Sère, précepteur de Gavarni, eut beau exposer au chapitre l'état misérable où se trouvait sa Commanderie au milieu des attaques incessantes dont elle était l'objet de la part des seigneurs du voisinage, et la représenter « comme un vaisseau sans pilote et près de sombrer, » l'assemblée fut inflexible mais lui accorda comme compensation le membre de Moncassin, ainsi qu'il est mentionné sur les textes de cette commanderie.

Le patronat de l'église de Saint-André de Luz fut disputé aux commandeurs de Gavarni par les évêques de Tarbes; les deux parties en appelèrent au Saint-Siège; une bulle du pape Clément VI vint maintenir le chevalier Loup de Salies et ses successeurs dans la possession du droit contesté. Les commandeurs possédaient prés de cette église, quoique n'ayant pas la seigneurie de la ville, une sorte de citadelle ou de château fort; c'est là qu'ils résidaient, quand ils venaient visiter leurs domaines des montagnes, ne laissant à leur sauvage maison de Gavarni que les frères servants, chargés de la surveillance, et les bergers de leurs troupeaux. Mais ils préféraient en général habiter dans un pays plus civilisé, et comme nous l'avons vu ailleurs, la plupart de leurs actes sont datés de leur château ou hôpital de Saint-Marcel.


Luz-Saint-Sauveur, Eglise Vue d'ensemble
Luz-Saint-Sauveur, Eglise Vue d'ensemble — Sources: Médiathèque de l'architecture et du patrimoine


La Commanderie de Gavarni avait, outre les possessions que nous avons déjà énumérées, des dépendances plus ou moins considérables à Lourde, à Barèges et dans la plupart des vallées avoisinantes. L'hôpital de Saint-Gaudens lui fut adjoint pendant la durée du XIVe siècle et n'en fut détaché que lors de la réunion de Gavarni à Boudrac, qui eut lieu vers 1400.
A partir de cette époque, les archives ne nous fournissent plus de faits à noter dans le passé de cet ancien établissement.

Liste des Commandeurs de Gavarni.
--------1150. Wilhelm de Arzillis.
1213-1268. Guillaume de Sertz.
--------1310. Rostang de Gavarret.
--------1325. Olivier de Cueurèse.
1332-1340. Benoît de Caussade.
1886-1367. Loup de Salies.
1378-1337. Bernard de Rigaud.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883

Domus Hospitalis Gavarnie et Saint-Marcel
L'église est située en arrivant au village, sur la droite, le long de l'ancienne route de Saint-Jacques-de-Compostelle. C'est ce qu'il reste du prieuré des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem du XIIe siècle. Ils s'étaient donnés pour but d'abriter et d'aider les voyageurs, en contrôlant la route de Saint-Jacques, au pied du port de Boucharo (ou de Gavarnie) culminant à 2270 mètres.

C'est sur ce site que fut fondée, dès le Haut Moyen Age, une commanderie de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem. Très puissante à l'époque, elle avait des maisons à Lourdes, Barèges, Moncassin et Fonsorbes (hôpitaux). Elle reçut en 1148, de Raymond Guillaume de Benque, le château et l'église de Saint-Marcel.
Nous savons que la commanderie en 1213, était composée d'une quinzaine de chevaliers et chapelains avec leurs servants. Après un déclin vers 1400, la commanderie passa sous l'ordre de celle de Boudrac. Pour plus d'information lire à la fin, l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem.

En l'année 1148, Raymond Guillaume de Benqué, « sous l'inspiration de Saint-Esprit et pour la rédemption des âmes de ses parents, donna à l'hôpital de Sainte-Marie de GavarnieDomus Hospitalis Gavarnie
Domus Hospitalis Gavarnie
la moitié du Puy de Saint-Marcel (?), ainsi que la seigneurie qu'il possédait sur le reste de territoire appartenant à Arnaud de l'Abbadie, (Peut-être Abbadie près de Gaussan 65) »
Ce dernier, s'associant aux sentiments de son suzerain, céda également sa portion du territoire de Saint-Marcel.
« D'après les anciens usages, est-il dans l'acte, les vassaux viendront apporter leurs redevances aux seigneurs Hospitaliers le dimanche des Rameaux, le Vendredi saint et la veille de Pâques ; les donations furent faites à Saint-Gaudens entre les mains de Roger, évêque de Comminges, le jour où se livra la bataille entre Bertier Garald et Sanche de Jacca. (Sans doute un duel judiciaire ou un épisode d'une de ces guerres entre Seigneurs si fréquentes à cette époque.) »
Cette charte fut signée par l'évêque et le sire de Beuque, qui remplaça son nom trop difficile à écrire par un signe en forme d'étoile.

Le château de Saint-Marcel était le séjour favori des précepteurs de Gavarni, qui se contentaient d'aller inspecter de temps à autre leurs possessions pyrénéennes. Quand cette dernière Commanderie cessa d'exister, elle fut fondue, comme nous le verrons plus tard, avec toutes ses dépendances, dans celle de Boudrac. Nous n'avons à citer dans cette période de son histoire que l'humble requête présentée au Grand-Prieur en 1529, « par les manants de Saint-Marcel, à l'effet de vouloir bien payer sur ses dîmes la somme de douze escus petits pour la réparation de leur église qui tombait en ruines »

Liste des Commandeurs du Membre de Saint-Marcel
1489. Gaillart de Ferraud.
Sources: A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse — Toulouse — 1883.
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Genlis   (21)
Domus Hospitalis Genlis
Département: Côte-d'Or, Arrondissement: Dijon, Canton: Genlis — 21


Domus Hospitalis Genlis
Domus Hospitalis Genlis


Les Hospitaliers jouissaient de droits d'usage dans les bois de Genlis et de Tart, par concession du duc Hugues III à eux accordée pendant qu'il était au siège de Ptolémaïs, en 1191.
Sources: César Lavirotte — Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne — Membre de la Société française pour la conservation des Monuments — 1852.
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Genouilly   (71)
Domus Hospitalis Genouilly
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Mont-Saint-Vincent — 71


Domus Hospitalis Genouilly
Domus Hospitalis Genouilly


Ancien nom Genouilly-sur-Guye.
Une partie de la seigneurie de Genouilly appelée Saint-Jean-de-l'Hôpital appartenait au commandeur de L'Epinacy qui eu fit lever le plan en 1428.
Sources: César Lavirotte — Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne — Membre de la Société française pour la conservation des Monuments — 1852.
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Gerde ou Geys   (65)
Domus Hospitalis Geys de nos jours Gerde
Département: Hautes-Pyrénées, Arrondissement: Bagnères-de-Bigorre, Canton: Campan — 65


Domus Hospitalis Gerde
Domus Hospitalis Gerde


Les origines de ce petit établissement de l'Ordre de Saint-Jean nous sont complètement inconnues.
Le 1er mai 1300, Bernard, vicomte d'Asté, son frère Arnaud, son fils Bernard, écuyer, et les autres habitants du lieu d'Asté donnèrent « à l'hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem d'outre-mer et spécialement à l'hôpital de Geys et à son commandeur, frère L. Sole », la ville de Geys (Gerde) et la seigneurie de son territoire.
Cette petite circonscription, qui comprenait en outre le dîmaire de Saint-Marc-du-Bouchet, fut fondue bientôt après dans celle d'AureilhanDomus Hospitalis Aureilhan
Domus Hospitalis Aureilhan
(vers 1325) et devint dans la suite un membre de BordèresDomus Hospitalis Bordères
Domus Hospitalis Bordères
(Bordères-sur-l'Echez - 65).
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
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Gibelonnière (La)   (01)
Domus Hospitalis Gibelonnière
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Montrevel-en-Bresse, Commune: Saint-Martin-le-Châtel — 01


Domus Hospitalis Gibelonnière
Domus Hospitalis Gibelonnière


— Au XVe siècle les Hospitaliers de Laumusse étaient possessionnés dans ce hameau.
Archives du Rhône, Inventaire des titres de Laumusse, mss, 2242, fº 66.
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Gimbrède   (32)
Commanderie de Gimbrède
Département: Gers, Arrondissement: Condom, Canton: Miradoux — 32.


Commanderie de Gimbrède
Commanderie de Gimbrède


A une petite distance de Golfech sur les limites de la Gascogne les Templiers possédaient jadis la ville et le donjon de Gimbrède. Une obscurité absolue nous dérobe les origines de leur établissement. L'incendie qui dévora le château de Gimbrède et dont nous aurons l'occasion de parler dans la suite, anéantit complètement les archives de cette vieille commanderie. Aussi sommes-nous obligés de passer sous silence l'existence tout entière du Temple de Gimbrède, que nous pouvons constater par la simple mention de quelques-uns de ses commandeurs dans de vieux inventaires. Lorsque les documents contenus dans ses archives commencent à nous initier à son histoire, nous la trouvons au pouvoir des hospitaliers, qui lui avaient conservé son titre de commanderie. De sa vieille tour du Temple, le commandeur de Gimbrède étendait son autorité à:
Saint-Jean-de-La-Lanne (probablement Lalanne sous Fleurance 32);
A CuqCuq, bien de Gimbrède
Cuq, Bien de Gimbrède
(Près d'Astaffort Lot-et-Garonne 47).
A MiradouxMiradoux, Bien de Gimbrède
Miradoux, biens de Gimbrède
(au sud-est de Gimbrède 32).
A RouillacRouillac, Bien de Gimbrède
Biens de Gimbrède
(sur le D19 — Gers 32).
A LieuxDomus Hospitalis Lieux
Domus Hospitalis Lieux
(près de Barbonvielle, 47).
A CaudecosteCaudecoste, Biens de Gimbrède
Caudecoste, Biens de Gimbrède
(Lot-et-Garonne 47), etc.

C'est ainsi que le 1er octobre 1418 nous nous rendons à la suite du Commandeur Mauron del Mas, chevalier de Saint-Jean, à Lectoure (32), où se trouve « l'illustre prince Jean, par la grâce de Dieu comte d'Armagnac, de Fezensac, de Rodez, de Pardiac, vicomte de Lomagne, de Fezensaguet, de Creissels, de Garladès et de Murât, seigneur des terres de Rivière, d'Aure et des montagnes de Rouergue », entouré de sa brillante cour. Le Commandeur vient rendre son hommage; fléchissant le genou, il déclare au puissant comte qu'il reconnaît « être son homme et son vassal, tenir de lui la ville de Gimbrède, sa haute juridiction et tous ses droits seigneuriaux et lui devoir, en signe de vasselage, à chaque mutation de seigneur, une paire d'éperons dorés avec leurs attaches en soie. »
Les discussions au sujet de la haute justice de Gimbrède se renouvelèrent dans la suite entre les commandeurs et les successeurs des anciens vicomtes de Lomagne.

En 1543, nous voyons cette question agitée entre le commandeur Jean de Macoman et le roi de Navarre. Mais à cette époque une difficulté nouvelle se présentait pour les chevaliers de Saint-Jean. Dans les dernières années du XVe siècle un épouvantable incendie avait dévoré le château de Gimbrède (désigné sous le nom de la Salle), résidence des commandeurs. Les flammes n'avaient rien épargné, « tellement qu'il ne se garda rien, y lors estant, à cause du grand feu. » Parmi les objets brûlés en cette circonstance et dont l'acte en question déplore la perte irréparable, se trouvaient les coffres, où étaient conservés les titres de la Commanderie. Le même parchemin nous montre, une vingtaine d'années plus tard, le château ou la Salle de Gimbrède sortant de ses ruines, « réparé, basty et reduict hasbitable. » Mais si les murs étaient relevés et le mobilier renouvelé, les titres de la commanderie avaient disparu sans retour et leur perte menaçait de jeter les chevaliers dans de graves embarras, en les empêchant de prouver leurs droits devant la justice. Le commandeur eut alors recours au Roi et, dans le mémoire qui vient de nous fournir tous ces détails, il réclama sa protection contre ses puissants adversaires. A la suite de cette requête nous trouvons les lettres, par lesquelles François Ier ordonnait aux juges de Gaure et de Verdun de faire une enquête « sur les droits de haute justice de Gimbrède, disputés au commandeur par ses très chers et bien-aimés beau-frère et soeur, le Roy et la Reine de Navarre (24 octobre 1643). » Le désastre était trop récent pour que l'enquête ne fût pas facile à faire, et depuis lors nous voyons les chevaliers de Saint-Jean jouir sans conteste de la haute juridiction de leur ville de Gimbrède.

Parmi les documents détruits par cet incendie, se trouvait la charte de coutumes octroyée soit par les Templiers, soit par les Hospitaliers, à leurs vaisseaux de Gimbrède. Cette perte est d'autant plus regrettable que, d'après les usages établis dans cette ville, nous pouvons penser que ce document aurait présenté des détails très intéressants à étudier, sous le rapport des libertés concédées, des privilèges honorifiques et des prérogatives attribuées à ses magistrats municipaux. Transportons-nous en effet, au 4e jour du mois de mai 1537, sur la place de Gimbrède, « au pied de l'échelle qui conduit aux prisons ou carces du commandeur. » Le bailli de ce dernier amène un prévenu pour l'y enfermer, lorsque se présentant devant lui « les saiges hommes, A. du Boys et A. de Dieubofet, consuls dudict lieu »; ils exposent: « que quand le bailly avoit prins ung habitant, pour quelques cas que eust commis, excepté de crimes exhigeant peines temporelles que iceulx consuls les porroient prendre des mains du bailly, avant qu'il ne mist prisonnier ez carces du seigneur du dict lieu, et le mettre ez carces des dictz consulz dans icelluy lieu, où le détiennent par l'espace de vingt-quatre heures, et icelles expirées, le rendoient ez mains du bailly; et que cela auroient par privilège, coustume ancienne, de laquelle eulz et leurs prédécesseurs auroient joi et uzé le temps passé quand le cas advenoit et tant de temps qu'il n'est mémoyre du contraire. »
Le bailli, reconnaissant la justesse de la requête des consuls, leur livre le prévenu, qu'ils conduisent dans les prisons municipales. Une autre prérogative des consuls était le serment de respecter les privilèges, que tout nouveau commandeur était tenu de prêter en leur présence, lors de sa première entrée à Gimbrède; coutume qui fut supprimée parle Parlement de Toulouse, à la requête du commandeur Pierre de Gozon-Mélac, en 1556.

La disparition de ses archives fut du reste, pour la commanderie, une source presque incessante de troubles et d'embarras. Plusieurs voulurent profiter de cette situation pour usurper des droits, dont les chevaliers ne pourraient plus justifier la possession par des actes. C'est ainsi qu'en 1526 les habitants de Rouillac et d'Astafort, voulurent enlever au commandeur la possession du bois des « Affîtes », situé dans leurs territoires, en chassèrent, en les maltraitant outrageusement, les serviteurs des Hospitaliers, et y commirent maints dégâts. Le commandeur porta ses plaintes au Parlement de Toulouse, qui ajourna les coupables à comparaître à sa barre. Effrayés des conséquences de leur tentative, les habitants de Rouillac implorèrent la merci de leur seigneur et consentirent à une transaction par laquelle ils renonçaient à toute prétention sur le bois des « Affites » et s'obligeaient à payer au commandeur 80 livres, en réparation des dommages qu'ils lui avaient causés.

Quelques années plus tard nous voyons surgir une autre lutte plus sérieuse, plus violente, et d'autant plus intéressante à étudier qu'outre le tableau vivant des moeurs de l'époque, elle nous présente, comme acteurs, des personnages historiques. Il s'agissait des dîmes de la paroisse de Lieux (32) (sans doute Plieux). Les Hospitaliers en avaient joui, paraît-il, jusqu'alors, sans avoir été inquiétés par des compétitions rivales; maison 1535 elles leur furent disputées par messire Jehan de Goût, seigneur temporel de cette localité. Le gendre de ce dernier, Joachim de Mansencôme de Montluc, frère du terrible et illustre maréchal, avait, comme tout te reste de sa famille, l'amour des aventures hardies; il prit chaudement en main la querelle de son beau-père et se chargea de l'exécution des moyens violents convenus entre eux. Après avoir vainement essayé d'intimider le recteur de Gimbrède, frère Georges de Massas, procureur du commandeur de Golfech, homme d'un caractère décidé et énergique, Joachim jeta le masque et ne s'arrêta pas devant l'odieux des tentatives les plus violentes-. Laissons la parole au recteur de Gimbrède et écoutons les plaintes qu'il adresse au Parlement:
« des excès, meurtres, agressions et ravissements de biens commis contre lui et ses gens par Joachim de Mansencôme, dict de Montluc, escuyer, gendre de Jehan de Gout, seigneur de Lieux et plusieurs autres mauvais garsons, gens de sac et de corde, armés, rembastonnés de plusieurs armes invasibles »
Puis il continu:
« Le 27e jour de février de l'année 1535, ils vindrent au lieu de Gimbrède, où le demandeur, comme recteur, la plus grande partie du temps, faict sa résidence; où quant furent, pour ce que les portes du dict lieu estoient fermées, de nuict eschallèrent en forme de guerre les murailles du dict lieu; et, après que furent entrés, le long de la nuict, se tindrent cachés et latités jusqu'à l'aulbe du jour que les portes du chasteau du dict lieu, où frère Géraut de Golart, chevalier du dict Ordre de Saint-Jehan, et le demandeur habitent, furent ouvertes; dans lequel firent diligence de trouver le demandeur, lequel, par le vouloir de Dieu le créateur, pour lors estoit en la présente cité de Toulouse a la poursuite du dict procès au sujet des dîmes de Lieux, jurant, renyant, blasphémant le nom de Dieu, qu'ils le tueroient; et, pour ce que ne purent trouver le demandeur, pour mettre leurs mauvais et damnés propos à exécution, se mirent à chercher par le dict chasteau le dict de Golart, lequel, estant en son lict, oyant le bruict, craignant d'éstre meurdry par les dicts défailhans et leurs complices, se leva en chemise et se jeta par la fenestre du chasteau en terre pour saulver sa vie; en quoy faisant, se brisa tout le corps et se rompit ung pie; duquel est encore impotent et mutille et en a demeuré longuement au lict malade. Et, non contents de ce, prindrent et ravirent tous les biens, meubles et argent que les dicts demandeurs et de Golart avoient dans le dict chasteau de Gimbrède, de la valeur de deux mille livres tournois; plus battirent et navarrèrent les serviteurs du dict de Golart. Et, en s'en sortant de la dicte maison, trouvarent en la rue publicque, Arnaud Lanes, serviteur du dict demandeur, lequel inhumainement blessarent, tellement que tout incontinent mourust sans faire aucune confession... »

En conséquence de cette plainte, un décret de prise de corps fut immédiatement lancé:
« Contre Jehan de Goût, Joachim de Montluc, François de Massac, Antoine de Lamasse, bâtard de Lieux, le Capdel de Gavarret, le seigneur de la Chapelle et l'adventurier de Cadeilhan. »

Mais, grâces aux forces dont ces seigneurs pouvaient disposer et peut-être aussi aux protections dont ils étaient couverts, ils ne s'en émurent guère; et nous les voyons bientôt après, sans prendre même la peine de se cacher, renouveler les hostilités. Un jour Montluc rencontre à Grisolles le recteur de Gimbrède, le provoque en duel, et sur son refus de se battre, se répand en menaces contre lui. Le 6 janvier 1538, à la tête de 25 hommes armés jusqu'aux dents, il veut surprendre la ville de Gimbrède; l'homme de garde a le temps de lever le pont-levis; voyant les assaillants se précipiter vers la seconde porte, une femme court sur les remparts et peut la fermer avant leur arrivée, non sans avoir essuyé maintes arquebusades. Furieux, Montluc conduit sa troupe à l'escalade du château, où se trouvaient le recteur de Gimbrède, son frère, le chevalier Jacques de Massas, deux prêtres et 3 serviteurs. Cette petite garnison s'arme à la hâte et riposte vaillamment; les assaillants sont obligés de se replier, emportant avec eux trois ou quatre blessés, « parmi lesquels un vagabond, Arnaud de Flamarens, qui au bout d'un mois mourut de ses blessures, peut-être à cause de la négligence des chirurgiens. » A la tête des défenseurs du château se trouvait le recteur, qui, malgré son caractère sacré, soutenait militairement la lutte et dont l'arquebuse portait les coups les mieux assurés. Nous lisons tous ces détails dans la bulle par laquelle le Pape Paul III le relève de l'excommunication, qu'il a encourue en versant le sang de ses mains sacerdotales.

Le Parlement ajourna de nouveau les auteurs de ces attentats à sa barre, « à peine de confiscation de leurs corps et de leurs biens », et ordonna tout d'abord la restitution des meubles et de l'argent enlevés du château de Gimbrède (26 juin 1537.

Le 6 novembre de cette même année, la Cour rendit son jugement par lequel « les sieurs de Goût, de Montluc et leurs complices étaient condamnés au bannissement perpétuel pour leurs grands et énormes excès, meurtres, homicides, assemblées illicites de gens en armes, violences, agressions de villes fortes et ravissements de bien. »

Nous voyons en-effet, en 1540, les officiers royaux exécuter, en vertu de ce jugement, la saisie des biens de Joachim de Montluc et livrer aux chevaliers de Saint-Jean ses deux métairies de « Capblanc » et de « Callabet », pour payer la somme de 1,500 livres adjugée en réparation à Géraud de Golard, et celle de 100 livres destinée à fonder un obit pour le repos de l'âme du serviteur tué dans la première expédition.

C'est alors que Biaise de Montluc paraît lui-même sur la scène. En 1541, il rachète au prix de 1,600 francs ces deux métairies pour les faire rentrer dans le domaine de sa famille.

Peu de temps après, il reprend en main la cause que son frère avait si violemment soutenue. C'était en 1562, Montluc, qui s'était couvert de gloire dans les premières périodes de la guerre religieuse, en Guyenne et en Languedoc, venait de sauver la ville de Toulouse, en découvrant au Parlement une conspiration formidable des Calvinistes, en lui envoyant des secours puissants pour les chasser de l'Hôtel de Ville dont ils s'étaient rendus maîtres, et en paraissant lui-même à la tête de son armée pour compléter la victoire des catholiques. La population et le Parlement le reçurent avec enthousiasme et lui prodiguèrent leurs ovations; ce fut avec une extrême faveur que ce dernier accueillit la requête, présentée quelques jours après par le maréchal, et dans laquelle il réclamait la moitié des dîmes de la paroisse Saint-Martin-de-Lieux, concédées à ses ancêtres, en récompense de services signalés, rendus à la religion et au Pape. Malgré tous les efforts des chevaliers de Saint-Jean, pour soutenir que les dîmes leur appartenaient en entier, le Parlement ordonna à Biaise de Montluc et au commandeur de Golfech de les partager à l'avenir (5 août 1562).

Nous avons vu tout à l'heure que les dépendances de la commanderie de Golfech avaient été dévastées plus d'une fois par les Huguenots. Toutefois, grâce sans doute à ses puissantes fortifications, la ville de Gimbrède ne paraît pas être tombée aux mains des ennemis. Mais souvent des bandes protestantes, sorties de la ville de Lectoure, répandirent la désolation dans les campagnes environnantes. C'est ainsi que l'église de Notre-Dame de Beauclair, située dans la paroisse de Rouillac, fut saccagée et que ses cloches furent brisées, en 1594.

C'était bien un spécimen complet de la petite place-fortifiée du Moyen-âge, que cette ville de Gimbrède, telle que nous la représentent les procès-verbaux des visites de la Commanderie. Extrayons les quelques passages suivants du dénombrement présenté en 1617 par le commandeur, Pierre d'Esparbès de Lussan, aux chevaliers visiteurs:

« Gimbrède... Devant l'église se trouve le simetière, et à costé est un grand bastiment de pierre, appelé le Ternie ou la Tour, fort hault, couvert de tuilles, et au dict simetière y a un autel et une croix de pierre. De l'autre costé du simetière et au bout de l'église est une tour, appelée la Cotonère, bastye de pierres, au dedans de laquelle sont les prisons contenant quatre estages. A l'extrémité du simetière est la porte du chasteau, sur laquelle a une garite...
En entrant à main gauche est l'escuyerie. Au coing d'icelle une tour en rond contenant deux estages, servant aussy de prisons. A la suite de l'escuyerie est une gallerie couverte pour aller à l'entrée grande et princîpalle du chasteau, venant du dehors, où y a un grand pont-levis et ung petit avec une petite porte... »

Nous pouvons, à la suite des chevaliers visiteurs, pénétrer dans ce château féodal, reconstruit comme nous l'avons déjà dit plus haut vers 1525, parcourir les diverses chambres, passer en revue leur modeste mobilier, et admirer la grande salle, « pavée de carreaux » sa cheminée monumentale, « ses trois croisées garnies de fenestres, placartz et vîtres ornées des armoirées du seigneur commandeur. »

Commandeurs Hospitaliers de Gimbrède.
-----1340. Rertrand de Cancezio.
-----1370. Adhémar d'Alans
-----1374. Gaucher de la Bastide-Rolland, Grand-Prieur de Toulouse.
-----1393. Jean de Lantar, Grand-Prieur de Toulouse.
1395-1419. Mauron del Mas.
-----1330. Pierre de Ferrand, Grand-Prieur de Toulouse.
1488-1495. Odon des Ganges.
1518-1521. Gabriel de Murât de Pomeyrols.
1522-1526. Honoré de Grâce.
(En 1526 réunion de Gimbrède à Golfech).
1535-1538. Géraud de Golard.
1596-1618. Pierre de Saint-Pastou.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
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Giraudières   (01)
Domus Hospitalis Giraudières
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Bâgé-le-Châtel, Commune: Saint-André-de-Bâgé — 01


Domus Hospitalis Giraudières
Domus Hospitalis Giraudières


— De Girouderiis.
— Ce village est mentionné dès le XIIIe siècle. La dîme en appartenait aux hospitaliers de Laumusse et rendait environ 100 livres, au XVIIe siècle.
— Archives du Rhône, visite de Malte, mss. H, 2167, fº 184.
— Inventaire Laumusse de 1627, fº 133.

Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Golfeh   (82)
Commanderie de Golfech
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Castelsarrasin, Canton: Valence — 82


Commanderie de Golfech
Commanderie de Golfech


Quelle fut l'époque de rétablissement des Templiers à Golfech nous pensons vers l'an 1200.

Après que les Hospitaliers en eurent pris possession, ils supprimèrent cette commanderie et la réunirent à celle de Castelsarrasin, dont elle resta jusque dans la dernière partie du XVe siècle un simple membre, sous le nom de grange de Golfech. Malgré l'humilité de cette dénomination, l'importance des domaines de Golfech et de Casterus souleva quelques orages dans le sein même de l'Ordre. Nous avons vu plus d'une fois les commandeurs lutter, les armes à la main, pour la défense de leurs droits. Ici, c'est entre eux qu'ils se disputent la possession de la grange de Golfech. Du temps des Templiers, quoique formant une commanderie distincte, elle dépendait, de la baillie d'Agen; depuis lors, les chevaliers de Saint-Jean, commandeurs du Temple d'Agen, ne cessaient de jeter des regards de regret et d'envie sur cette riche dépendance qui leur avait été enlevée. Vers le milieu du XIVe siècle, l'un d'entre eux, le chevalier Bernard « del Tor », grâce à de prétendues bulles du Grand-Maître Dieudonné de Gozon, eut recours à la violence pour mettre fin à ce qu'il appelait une injustice; à la tête de ses hommes d'armes, il surprit le château de Golfech, en chassa les gens, de son adversaire, et y mit une garnison qui soumit en peu de temps à son autorité tout le territoire de l'ancienne commanderie. Le précepteur de Castelsarrasin n'étant sans doute pas en mesure d'opposer la force aux violences de son antagoniste, porta ses plaintes au chapitre général, tenu à Avignon en 1361. Malgré sa condamnation par cette assemblée, le chevalier Bernard « del Tor » maintint son usurpation longtemps encore, puisqu'il fallut que honze ans après, une bulle du Grand-Maître Raymond Béranger vint confirmer la réunion définitive à Castelsarrasin de la grange de Golfech ; elle était encore possédée par Raymond de Belpech, précepteur du Temple d'Agen (15 mai 1372).

Environ un siècle après, le précepteur de Castelsarrasin, Bernard de Tintinhac, prêtre de l'Ordre des Hospitaliers, venait de prendre possession de Golfech, lorsqu'il se trouva en présence d'assez sérieuses difficultés. Pierre de Cossa, abbé de Saint-Maurin, monastère bénédictin situé dans le voisinage, réclamait une partie des dîmes de Golfech. Ces prétentions ne paraissent pas avoir eu des fondements bien sérieux; l'abbé les vendit à un puissant seigneur de l'Agenais, Jean de Beauville, chevalier, qui se chargea de les faire valoir d'une façon expéditive.

Pour cela, dans le temps des moissons, il dépêcha, en guise de collecteur, ses hommes d'armes, qui dispersèrent sans peine les serviteurs du commandeur et prélevèrent sur les champs mêmes les dîmes contestées. Messire Bernard de Tintinhac porta ses plaintes au grand-conseil et réclama justice contre son adversaire, ce qui lui fut accordé: par lettres du 2 septembre 1447, le roi somma le seigneur de Beauville de restituer aux Hospitaliers les fruits de son expédition, et menaça l'abbé de Saint-Maurin et ses alliés de les ajourner devant son sénéchal de Toulouse, s'ils renouvelaient à l'avenir leurs tentatives contre les droits de la commanderie.

Le successeur de Bernard de Tintinhac, le chevalier Bernard de Montlezum, issu d'une des plus puissante famille et réunissant sous son autorité un grand nombre de commanderie, employa à l'amélioration de la plupart des villes dont il était seigneur, et de Golfech en particulier, les immenses ressources dont il pouvait disposer. C'est à lui, en effet, que selon toute probabilité, Golfech dut la construction ou l'agrandissement de ses murailles; cette hypothèse, que semble confirmer la description des défenses de cette place, telle que nous la trouvons dans les procès-verbaux de visite de la commanderie, nous est suggérée par l'octroi que fit ce commandeur, d'une charte de commune à ses vassaux de Golfech, mesure assez rare à cette époque et prise ordinairement pour attirer des habitants dans une ville neuve.

Le vingt-deuxième jour du mois de mars de l'année 1465, à la porte de l'église de Golfech: « Maître Jehan Paulet, notaire public de la cité de Montauban, donnait lecture à la population de la charte de commune que Monseigneur Bernard de Montlezun, chevalier de Saint-Jean, commandeur du Plantier, de Fonsorbes, de la Villedieu et de Golfech, octroyait libéralement à ses vassaux du dict lieu de Golfech. »

En sa qualité de seigneur spirituel, le chevalier commence par fixer le casuel du recteur de la paroisse pour les baptêmes, les mariages et les enterrements, par réglementer le paiement des redevances qui lui étaient dues; il institue ensuite deux fabriciens (ouvriers) élus tous les ans par les paroissiens et chargés de veiller à l'entretien et aux réparations de l'église. Il fonde en second lieu la magistrature municipale de la ville: Golfech sera administré à l'avenir par deux consuls qui auront la mission de lever les tailles, de les répartir proportionnellement à la fortune de chacun, de veiller aux réparations publiques, etc.; ils seront choisis tous les ans par les commandeurs sur une liste présentée par les consuls sortants. Séance tenante, le commandeur proclame les noms des deux habitants pour être premiers consuls de Golfech. Après nous avoir dit le serment, de ces magistrats, la charte nous donne, dans sa dernière partie, la fixation des censés et des oblies dues au seigneur, et enfin le code de justice. A peine le notaire a-t-il fini la lecture du parchemin, que le commandeur se lève, et « portant la main droite sur sa poitrine et sur la croix de son manteau », il jure, solennellement d'observer ces coutumes et de veiller à leur maintien; les habitants lui répondent par un serment analogue qu'ils prêtent en étendant leurs mains sur le livre des saints Evangiles.

En 1480, Golfech avec ses dépendances fut détaché de Castelsarrasin et redevint, comme jadis, une Commanderie dont l'importance s'accrut considérablement lorsqu'on 1525 on lui adjoignit celle de Gimbrède avec tous ses membres.

Les fortifications commencées par Bernard de Montlezun furent complétées par le chevalier de Tajac de Villevayre, commandeur de Golfech. Nous voyons en effet ce dernier signer le 4 octobre 1484, avec ses vassaux, une transaction par laquelle il leur concédait le droit de dépaissance pour leurs troupeaux dans sa forêt du « Bernet », à condition qu'ils lui transporteraient tous les bois et matériaux nécessaires à la construction de la tour de son château de Golfech. Dans la suite, la bonne harmonie fut plus d'une fois troublée entre les chevaliers et les consuls de la ville. Nous trouvons un arrêt du Parlement de Bordeaux, qui condamnait le commandeur Charles d'Urre à agrandir à ses frais l'église de Golfech, à la charge pour les habitants de faire les charrois et les manoeuvres nécessaires (1556).

Pendant le XVIIe siècle, les consuls tentèrent de s'ingérer dans l'exercice de la haute justice de Golfech et excitèrent même des troubles pour empêcher le juge du commandeur de s'acquitter de ses fonctions; un arrêt du Parlement de Bordeaux vint réprimer leur ambition en limitant leurs attributions aux affaires de simple police et d'édilité municipale, et en ordonnant que, dans toutes les assemblées publiques, les officiers du commandeur auraient, non-seulement voix délibérative, mais la préséance sur les consuls (1643).

Mais revenons sur nos pas pour raconter des troubles bien autrement sérieux, qui étaient venus de l'extérieur assaillir les chevaliers de Saint-Jean, immédiatement après la reconstruction de la Commanderie de Golfech. La branche des seigneurs de Durfort, dont nous avons eu l'occasion de signaler l'action dans les origines et la prospérité de la maison de Golfech, s'était fondue dans la famille des Balzac, qui ne paraissent pas avoir hérité des sentiments de leurs devanciers envers cet établissement. Le chef de cette famille était, en 1482, « noble et puissant homme, Robert de Balzac, seigneur et baron de la ville et baronnie de Clermont-d'en-haut » C'était, paraît-il, avec un profond sentiment de dépit que, de son donjon, il apercevait la bannière de Saint-Jean flotter sur les tours de cette ville de Golfech, dont ses ancêtres avaient jadis fait don à l'Ordre. Il avait conservé sur la juridiction de cette place sinon des droits, au moins des prétentions, basées peut-être sur des usurpations précédentes. Un jour, noble Jehan de Chamy, capitaine du château de Clermont, se présenta, par son ordre, à la tête d'une troupe armée, devant Golfech, dont les portes lui furent refusées au nom du Précepteur; pour protester contre ce qu'il appelait la violation des droits de son seigneur, le capitaine fit rompre les pieux des lices, brûler les portes et commettre dans la ville plusieurs actes de violence. Le château du Commandeur, surpris sans défense, fut livré au pillage; les hommes du seigneur de Clermont en enlevèrent « l'or, l'argent monnayé ou à monnayer, la vaisselle d'or, d'argent, d'étain, de fer et de plomb, les chevaux, etc.. » et surtout les parchemins constatant les droits du Commandeur et dont son adversaire voulait faire disparaître le témoignage embarrassant. Mais, voyant que le commandeur Bernard de Tajac avait déposé au Parlement sa plainte contre les agressions dont il venait d'être victime, le baron se prit à douter de la justice de sa cause et de l'issue du procès, et consentit à transiger avec son adversaire. Il s'engagea à ne plus renouveler ses tentatives et à abandonner à l'avenir toutes ses prétentions à la juridiction de Golfech; son capitaine, ses officiers et ses vassaux de Clermont durent payer au Commandeur 40 livres tournois, en réparation de l'attentat dont ils s'étaient rendus coupables. Cet accord fut signé solennellement dans le fort de Golfech, le 17 mars 1482.

Malgré la conclusion pacifique de ce premier orage, et la solennité des engagements pris, nous retrouvons en 1528, le Commandeur Jean de Roquelaure et messire Pierre de Balzac, baron de Clermont, fils du précédent, débattant, devant le sénéchal d'Agen, les questions qui paraissaient définitivement tranchées par l'accord de 1482. Le baron de Clermont prétendait que, toutes les fois que les officiers de la Commanderie arrêteraient un malfaiteur à Golfech, ils devraient le livrer à ses gens pour être conduits dans ses propres prisons; il demandait de plus à partager avec le Commandeur le droit d'élection consulaire dans cette ville. Il comptait, sans doute, pour faire triompher ses prétentions sur la disparition des archives du château de Golfech. Heureusement pour les Hospitaliers, Jean de Roquelaure avait obtenu quelques temps auparavant une bulle du pape Léon X, prescrivant aux officiaux d'Agen et de Lectoure de faire rendre, sous peine d'excommunication, au Commandeur, les chartes et les meubles qui avaient été enlevés lors du pillage de la place par ordre de Robert de Balzac (jour des calendes de mars 1516).

Est-ce en s'appuyant sur les actes que cette bulle put lui faire recouvrer; est-ce en faisant une enquête sur ce qui s'était passé que Jean de Roquelaure parvint à établir son droit ? Toujours est-il qu'une sentence du sénéchal d'Agen, datée du 3 janvier 1528 et confirmée le 19 février 1529 par le Parlement de Bordeaux, vint mettre définitivement un terme à tous ces débats en déclarant que l'entière juridiction de Golfech appartenait aux chevaliers de Saint-Jean.

Nous voici arrivés à là période des guerres religieuses la ville de Golfech, située sur une des principales routes du Midi, se présentait naturellement aux tentatives des bandes protestantes dont elle pouvait contrarier les mouvements aussi n'échappa-t-elle pas aux désastres de cette époque. Les annales de ces temps désolés nous racontent que, vers la fin de l'année 1569, l'armée protestante, sous les ordres du prince de Condé et de l'amiral de Coligny, ne pouvant franchir la;
Garonne, dont les passages étaient gardés par l'infatigable Montluc, se décida à remonter la rive droite du fleuve. Golfech, placé sur son chemin, ne pouvait être pour une armée un sérieux obstacle, d'autant que son assiette elle-même n'ajoutait pas à sa force; aussi les protestants s'en rendirent-ils maîtres avec beaucoup de facilité; suivant leur habitude, ils livrèrent la ville à une dévastation dont les archives nous ont conservé la mémoire. Du château du Commandeur, ils ne laissèrent que des ruines fumantes; leur fureur se tourna surtout contre l'église, qu'ils livrèrent aux flammes, après avoir brisé ses cloches et saccagé son intérieur. Tous ces détails nous sont fournis par le procès-verbal de la visite de la Commanderie en 1573. Nous y lisons que le commandeur, Mathurin de Lescur Romegas contribua généreusement de ses deniers à réparer ces désastres, qu'il dépensa 80 livres pour faire recouvrir l'église, qu'il fournit 100 livres à la communauté de Golfech pour l'aider dans l'achat de 2 belles cloches et qu'il employa 400 livres pour relever le château de ses ruines et le mettre en état de défense.

Il ne paraît pas que Golfech ait eu à subir d'autres sièges dans la dernière période des guerres religieuses. Mais les dépendances de cette Commanderie, menacées au nord par la ville protestante de Puymirol et au sud par Lectoure, étaient sans cesse dévastées par les bandes ennemies. C'est ce que constatèrent les trésoriers généraux en exemptant le Commandeur de Golfech de sa part dans la contribution extraordinaire votée par le clergé de France (1588).

Après cette période troublée, le calme se rétablit à Golfech. Il ne nous reste plus à noter qu'un long procès que le Commandeur, messire Christophe de Baroncelly-Javon, soutint contre le sieur de Sabaros, seigneur de la Motte-Rouge et capitaine de la ville d'Agen. Ce dernier avait placé sur son castel de la Motte-Rouge, situé dans la paroisse de Golfech, une girouette, insigne du pouvoir féodal, que le Commandeur voulait obliger son vassal à abattre. L'affaire fut portée devant diverses cours; après bien des mémoires justificatifs présentés de part et d'autre, après bien des paroles éloquentes prononcées par les avocats pour ou contre la girouette, les deux adversaires prirent le sage parti de transiger sur cette question; le chevalier de Javon permit à son vassal de conserver la girouette; en reconnaissance de quoi, le sieur de « Sabaros s'engagea, pour lui et ses descendants, à payer a chaque commandeur, lors de sa première entrée dans sa ville de Golfech, une médaille d'or de la valeur de 2 louis (1685). »

Grâce au zèle et aux ressources des chevaliers qui administrèrent la commanderie de Golfech pendant le XVIIIe siècle la trace des désastres subis ne tarda pas à disparaître. Nous pouvons constater, en lisant, dans les procès-verbaux de visite, la description des murailles du fort qui contenait dans son enceinte le château des commandeurs et l'église paroissiale.
De cette commanderie dépendaient:
Le CastérusDomus Hospitalis Le Castérus
Domus Hospitalis Le Castérus

La forte place de Gimbrède.
Saint-Pierre de Campagnet (?).
Rolhac avec l'église de Notre-Dame de Beauclair.
Frendat (?).
Miradols (?).
Saint-Sulpice (?) Peut-être Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn 81).

Saint-Jean de LaneDomus Hospitalis Saint-Jean de Lane
Domus Hospitalis Saint-Jean de Lane

Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Castelsarrasin, Canton: Saint-Nicolas-de-la-Grave, Commune: Caumont - 82

Le terroir de Bordes (?) à Cuq
Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Canton: Agen, Commune: Cuq - 47.

LieuxDomus Hospitalis Lieux
Domus Hospitalis Lieux

Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Canton: Agen, Commune: Astaffort - 47.

CaudecosteDomus Hospitalis Caudecoste
Domus Hospitalis Caudecoste

Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Canton: Agen, Commune: Astaffort - 47.

Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Commune: Milhars - 81.

Saint-Caprais-de-LermDomus Hospitalis Saint-Caprais
Domus Hospitalis Saint-Caprais

Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Canton: Agen - 47

Le revenu brut de Golfech était en 1757 de 13.100 livres, sur lesquelles les commandeurs avaient à payer 1.318 Livres au trésor de l'Ordre plus les charges particulières, telles que traitement des vicaires perpétuels, aumônes, etc.

Commandeurs Hospitaliers de Golfeh
(De 1315 a 1480, Golfech fut réuni à Castelsarrasin).
1480-1482. Pons d'Auriac.
1483-1500. Bernard de Tajac de Villevayre.
1511-1512. Robert de Durfort.
1518-1530. Jean de Roquelaure.
1531-1537. Guillaume de Roquefèuil-Bersols.
1538-1541. François de Lagarde Saigne.
1542-1546. Jean de Malran.
1547-1550. Honoré de Grâce.
1553-1556. Pierre de Gozon-Mélac.
1556-1559. Charles d'Urre.
1561-1570. Etienne d'Arsac.
1571-1583. Mathurin de Lescur-Romégas.
1583-1617. Pierre d'Esparbès-Lussan Grand-Prieur de Saint-Gille.
1626-1635. Guillaume de Vincens Sabouillan.
1636-1649. Antoine de Puget Saint-Marc.
1657-1658. Antoine de Blacas-Vérignon.
1676-1677. Jacques d'Ancezune-Caderousse.
1681-1689. Christophe de Baroncelly-Javon.
1693-1701. Jean de Gauthier-d'Ayguine.
1713-1720. François de Pontevès-Bargème.
1720-1724. Joseph de Modène-Pomerol.
1724-1727. Charles de Villeneuve-Tourette
1731-1741. André de Grille, bailli.
1757-1772. Gaspard — Hyacinthe de Grille, Maréchal de camp Commandant des grenadiers à cheval.
1772-1773. N. de Gaillard.
1780-1786. Bailli de Javon.
1788-1789. Louis de Franc-Montgey.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
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Gorvello (Le)   (56)
Domus Hospitalis Le Gorvello
Département: Morbihan, Arrondissement: Vannes, Canton: Elven, Commune: Sulniac — 56


Domus Hospitalis Le Gorvello
Domus Hospitalis Le Gorvello


l'Hôpital et le Temple se trouvaient dans la paroisse de Sulniac, au diocèse de Vannes. Ce n'étaient point à l'origine des Temples, mais bien des aumôneries, en possession desquelles les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem furent confirmés par la charte de 1160; ils sont appelés dans cet acte a « Eleemosina de Corvellou et hoapitalis in Suluniac. »

Suivant un aveu de 1575, le commandeur de Carentoir percevait au Gorvello le tiers des oblations, l'autre tiers était réservé au recteur de Sulniac, et le reste employé à, l'entretien de la chapelle; les fonctions ecclésiastiques y étaient remplies par un curé nommé et rétribué par le recteur de Sulniac.
Un aveu de 1624 ajoute: « Au Temple Saint Jean du Gorvello se font toutes fonctions curiales, baptêmes, grandes messes, enterrages avec croix et bannières. Autour du Temple sont trois tenues qui doivent rentes féodales, droits seigneuriaux, et dîme à la 11e gerbe. »


Eglise Saint-Jean-Baptiste de Gorvello
Eglise Saint-Jean-Baptiste de Gorvello
Estève, Georges (photographe) — Ministère de la Culture (France) — Médiathèque de l'architecture et du patrimoine — diffusion RMN


Enfin dans l'Etat de la commanderie de Carentoir en 1643 on lit: « Le Temple de Gorvello est une fort belle chapelle fondée de Monsieur saint Jean-Baptiste, en laquelle il y a nombre de beaux ornements qui sont en la garde des frairiens; ladite chapelle bien et deubment vittrée ayant deux cloches de moyenne grosseur, un tabernacle où repose le Saint-Sacrement et des fonts baptismaux, est une trêve où il y a charge d'Ames. »

Ces deux cloches subsistent avec leurs inscriptions; l'une est de 1532 et l'autre de 1547.

L'église du Gorvello, aujourd'hui paroissiale, bàtie en forme de tau, est une oeuvre du XVIe siècle avec fenêtres ogivales, portes à anses de panier et accolades à crochets. Les lambris sont à clefs pendantes et les entraits à tête de crocodiles; sur les sablières apparaissent des sculptures grotesques, telles qu'un animal ayant une tête humaine, un autre avalant un moine, un troisième portant une hallebarde, d'autres enfin jouant du biniou, puis trois tètes sous un même bonnet, un moine avec des oreilles d'ânes tenant une marotte terminée par une tète semblable, etc., le tout entremêlé d'inscriptions gothiques de 1523 et 1547.
Sur un angle de la balustrade se voit sculptée la tète de saint. Jean-Baptiste dans un plat; les pèlerins viennent la baiser pieusement sur les deux joues.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
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Gourdans   (01)
Domus Hospitalis Gourdans
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Meximieux, Commune: Saint-Jean-de-Niost — 01


Domus Hospitalis Gourdans
Domus Hospitalis Gourdans


— De Gordanis, de Gordans, Gourdan.
— Ancienne paroisse sous le vocable de saint Jean-Baptiste.
— Les hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem possédaient à Gourdans quelques fonds, qu'ils avaient recueillis dans la succession des templiers et qui avaient été donnés à ces derniers, le 8 septembre 1230, par Guichard, seigneur d'Anthon.
— Archives du Rhône, Inventaire de Malte, tome II, page 98.
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Gourlon   (43)
Commanderie de Gourlon
Département: Haute-Loire, Arrondissement: Le Puy-en-Velay, Canton: Cayres et Saugues, commune: Alleyras — 43


Commanderie de Gourlon
Commanderie de Gourlon


La petite commanderie de Gourlon, située près Alleyras sur la rivière d'Allier, a pour titre originaire la donation faite en 1163, à sa réception comme frère de l'Hôpital, par Pierre de Mirmande qui devint châtelain du Crac en Syrie (1193-1199) (charte 16 et note page 12).

En 1291, Pons Baudasse, curé et commandeur de Gourlon, transigea avec Guillaume de Montlaur, chanoine du Puy et seigneur de Mirmande, sur la justice de Gourlon et de ses dépendances (charte 56).

En 1321, Nicolas Saunier obtint du grand-prieur Eudes de Montaigut la collation viagère de la commanderie de Gourlon, à la charge par lui de payer chaque année une responsion de 20 gros tournois d'argent, au chapitre général du grand-prieuré d'Auvergne (charte 73).

Cette commanderie consistait en une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste et en quelques rentes.

Sa situation dans une vallée presque inaccessible et son peu d'importance la firent négliger par les visiteurs de 1616.

En 1726, la chapelle était depuis longtemps ruinée; les visiteurs ne jugèrent pas à propos d'en ordonner la reconstruction, parce qu'elle n'avait aucune dotation pour son entretien (1).

Les rentes de Gourlon formaient en 1486 un terrier spécial (2); depuis, elles furent comprises dans le terrier de Saint-Jean-la-Chevalerie.

Liste des Commandeurs
— 1291. Mai 1. — Pons Baudasse (charte 58).
— 1321. Juin 20-1330. Juin 19. — Nicolas Saunier (chartes 73 et 81).
— 1375. Jean Amadieu (Amedei) (3), qui fit renouveler le 2 janvier — 1376. Le terrier de Freycenet.
— 1481. Juillet 21. — Claude Baudouin (4), rector et gubernator praeceptoria de Gurgite Longo.
— 1492. Octobre 25. — Jean Baudouin (5), renderius comendatariae de Gurgite Longo.
— 1497. Décembre 9. 1513. Décembre 26. — Gillet Charpentier (6).
— 1521. Antoine Fabre (7).

Notes — Commanderie de Gourlon
1. Devesset, titres de la commanderie visite prieurale.
2. Commanderie de Saint-Jean-de-la-Chevalerie, terrier n. 5.
3. Haute-Loire, Malte, inventaire du 17 août 1622.
4. H 2749, folio 115.
5. Commanderie de Chantoin, I, n. 10, folio 28.
6. Commanderie de Saint-Jean-de-la-Chevalerie, II, nº 32, charte 111.
7. Commanderie de Devesset, II, nº 3.

Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888

Commanderie de Gourlon, hameau sur la commune d'Alleyras
— Gore-Lonc, 1163 (Hospitaliers du Velay)
— Ecclesia de Gurgite Longo, 1291 (ibidem)
— Hospitale Sancti Johannis de Gurgite Longuo, 1453 (J. Rocher)
— Locus dictus Gorgua Longua, 1454 (ibidem)
— Praeceptoria Sancti Johannis de Gorlonis, 1513 (Hospitaliers du Velay)
— Gourlong, 1600 (Rhône, Saint-Jean-la-Chevalerie, II, 37)
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Haute-Loire, par M. Auguste Chassaing. Paris Imprimerie Nationale MDCCCCVII
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Goutz   (32)
Commanderie de Goutz
Département: Gers, Arrondissement: Condom, Canton: Fleurance — 32


Commanderie de Goutz
Commanderie de Goutz


Dans l'exposé des réclamations faites par le receveur du Grand-Prieuré de Toulouse à MM. les Trésoriers de France, en 1588, nous lisons que la commanderie de Goutz avait été complètement dévastée par les huguenots de Lectoure. Ce désastre nous est confirmé par la presque totale disparition de ses archives. Le plus ancien et presque unique document qui nous est parvenu est une copie, faite dans le courant du XIVe siècle, des coutumes de Goutz.

Les Hospitaliers ayant résolu de construire une bastide ou plutôt de réédifier la ville qui existait déjà sur le territoire de Biterde, dépendant de leur château de Goutz, conclurent dans la 2e moitié du XIIIe siècle un traité de paréage avec le Vicomte de Fezensaguet. La charte en question commence par nous faire connaître les procurations données, à l'effet de présider à cette construction, par dame Mathe comtesse de Fezensac, par son fils Gaston, Vicomte de Brulhois et de Fezensaguet, et, d'un autre côté, par le Grand-Prieur de Saint-Gilles, Guillaume de Villaret. Après cela, sont écrites les coutumes concédées par les procureurs de ces nobles personnages aux consuls de la nouvelle bastide; l'existence d'une magistrature municipale, organisée avant la promulgation de la charte nous prouve tout d'abord que la ville existait déjà et qu'on dût se borner à la fortifier, en lui donnant sans doute une plus grande étendue. Elle est désignée dans cette charte sous le nom de « Bastide de Biterde », nom qu'elle perdit dans la suite pour prendre celui du château des Hospitaliers.

Nous retrouvons ici toutes les libertés contenues dans les chartes concédées en pareil cas: exemption de tailles, d'albergues, de questes, d'emprunts forcés, libre disposition des propriétés, suppression de la prison préventive en règle générale; puis, viennent, après le code de justice criminelle, les réglementations de la forge et du four, les ordonnances relatives à la tenue des foires et des marchés, qui auront lieu, les premières, une fois par an, à la fête de Saint-Jean-Baptiste, et les seconds, les mercredis de chaque semaine, ainsi que la fixation très détaillée des droits de leude qu'auront à payer aux seigneurs les marchands étrangers pour les objets qu'ils apporteront sur la place de Biterde et pour les denrées qu'ils en exporteront; dans cette dernière catégorie figurent le blé, le vin, les graines potagères, les bouteilles, les écuelles et les marmites en terre, qui sont encore de nos jours la principale industrie de ces contrées.

Cette charte publiée le 17 juin 1292, fut approuvée et scellée cette même année, par le Grand-Prieur Guillaume de Villaret lors son passage à Fronton le 21 juillet et par Gaston, Vicomte de Fezenzaguet, assisté de dame Mathe sa mère et tutrice, à Mauvezin le 22 septembre.

Immédiatement après la création de la bastide, et la distribution des terres aux habitants, les fondateurs se préoccupèrent de faciliter l'exploitation de ces champs par l'établissement de bâtiments agricoles pour chacun de leurs vassaux. A cet effet ils obtinrent du sénéchal l'autorisation d'exproprier, pour cause d'utilité publique, une certaine quantité de terres cultivées qui seraient données dans ce but aux habitants et dont les prix devaient être déterminés par un expert. Mais quand le bailli de Biterde se présenta en cette qualité devant les propriétaires, ceux-ci refusèrent de se soumettre à la sentence d'expropriation. Mettant à leur tète maître Bernard, lieutenant du châtelain de Gimont, ils pénétrèrent en armes dans la bastide, menaçant et maltraitant les consuls. Les seigneurs portèrent leurs plaintes au sénéchal dont l'autorité venait d'être méconnue en même temps que la leur et qui dût prendre des mesures contre les révoltés (3e jour de décembre 1292).

En exécution de l'Edit royal de 1563 qui ordonnait la vente d'une certaine partie des biens du clergé, les biens temporels de la commanderie de Goutz furent mis aux enchères et adjugés à la Reine de Navarre. Deux ans plus tard, l'Ordre en reprenait possession en remboursant 800 livres à la Reine Jeanne d'Albret.

Les commandeurs continuèrent, pendant quelque temps encore, à rendre, comme ils l'avaient fait jusque-là, l'hommage au Roi de Navarre, héritier des vicomtes de Fezenzaguet, et ce fut en 1600 qu'ils s'en firent décharger. Cette commanderie, l'une des moins importantes du Grand-Prieuré, fut affectée bientôt après l'organisation de ce dernier, aux chapelains et aux frères servants d'armes.

Liste des Commandeurs de Goutz
1271-1292. Bernard Le Roux.
1323-1328. Trimond de Saint Brice.
1401-1406. Raymond Isnard.
1483-1481. Bernard de Montlezun.
1491-1493. Gaillard Ferrant.
1493-1494. Rotbert de Saint-Pierre.
1501-1508. Arnaud de Prunet.
1518-1521. Julien Sicart.
1526-1539. Baptiste du Broc.
--------1543. Pierre Béolat.
1549-1550. Géraud Romezy.
1550-1557. Etienne Regnaud.
1558-1573. Pierre Mosquet, vice-prieur de Malte.
1592-1599. Antoine Montané.
1500-1601. Louis de Castellane.
1615-1625. Jean Rigal.
1635-1639. Jean-Louis des Monstiers.
1655-1665. Bertrand de Tonrnezy.
1675-1693. Pierre de Viany, Grand-Prieur de l'Eglise conventuelle de Malte.
1707-1725. François de Gaillard.
1742-1744. Charles Véran.
1759-1778. Jean-Baptiste Bernadier.
1779-1789. N. Marion.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883

La bastide de Biterde
La bastide de Biterde est née ainsi sous de mauvais auspices. Le nom de Biterda devenu Viterbo au XVe siècle et Viterbe au XVIe, sous la plume de scribes de l'Ordre de l'Hôpital, ne s'est pas conservé ; c'est l'ancien nom du castrum qui a persisté. La commanderie des Hospitaliers, dévastée au XVIe siècle par les Huguenots, n'a jamais été qu'un méchant établissement. Il subsiste au sud-est de l'église actuelle de Goutz une haute plateforme désignée sous le nom de « lou Loc », appellation qui est souvent donnée à des bourgs clos; mais ses faibles dimensions ne permettent d'y voir que l'emplacement du castrum population primitif et pas celui de la bastide projetée. Par ailleurs, rien ne signale aujourd'hui dans la toponymie ou la structure agraire du finage de Goutz qu'il ait existé un quelconque lotissement d'aurals... Ainsi Biterde est à ranger dans la série des bastides avortées ou rapidement désertées.
Extrait d'Une dépossession pour cause de bastide: l'affaire de Biterde (1292). Aux origines de l'expropriation pour cause d'utilité publique — Sources: Higounet Charles l'affaire de Biterde (1292)
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Grézan   (34)
Commanderie de Grézan
Département: Hérault, Arrondissement: Béziers, Canton: Murviel-lès-Béziers — 34



Commanderie de Grézan


Cette circonscription de Grézan comprenait les différentes possessions que l'Ordre de Saint-Jean avait dans le voisinage de Capestang, avec quelques membres détachés dans la suite de la commanderie de Sainte-Eulalie.

— 1160. Berenger, archevêque de Narbonne, donne à l'hôpital de Jérusalem l'église de Saint-Nazaire, à la condition que l'administration en soit toujours confiée à un prêtre de l'Ordre, né et ordonné dans la province de Narbonne.

— 1161. Ermengarde de Seisac, fille d'Isaac Jourdain et de Guillaume de Visac, donne à l'Ordre de Saint-Jean ses droits sur les villes de Ventenac et de Saint-Nazaire.

— 1181. Ermengaud de Rochebrune et Douce sa femme donnent tous les biens qu'ils possédaient, tant dans la ville que dans le territoire de Saint-Geniès-de-Grezan.

— 1193. Adhémar de Murviel donne tous ses droits sur le territoire de Preissan et sur l'étang de Capestang.

— 1262. Transaction entre le commandeur et l'abbé de Fontfroide, pour le terroir du Villar, dont la possession est reconnue à l'Hôpital.

— 1269. Sentence arbitrale entre le commandeur et l'archiprêtre de Saint-Just, de Narbonne, au sujet des dîmes de Saint-Jean-de-Tersian et de Saint-Pierre-de-Tropiac, qui sont adjugées à l'Ordre.

— 1306. Ordonnance de l'évêque de Béziers autorisant l'établissement d'un cimetière à Caprairol, annexe de Causanéjol.

— 1584. Sentence du sénéchal de Béziers maintenant le commandeur dans la franchise des dîmes pour ses terres de Marseillan, contre les réclamations de l'évêque et du chapitre d'Agde.

Le commandeur possédait à Grézan un château seigneurial et un très vaste domaine dans la paroisse de Rustique, de Saint-Nazaire, de Cassanéjols, de Cabreiroles, la seigneurie spirituelle et les dîmes, des censés et des fiefs à Marcorignan, Capestang, Castinhac, Saint-Marcel, Ginestous, Salèles, Pezenas, la Madeleine de Clermont, Marseillan, Fabrègues et Montblanc.

Commandeurs de Grézan
1489-1492. Bortrand d'Esparbès.
1693. Laurens de Villeneuve-Maurens.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883

Grezan ou Grazan, ferme, commune de Laurens
— Chef-lieu d'une commanderie de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem
— Elle a donné son nom à Saint-Geniès-le-Bas.
— Gradanum, 1085 (Livre noir, 247 vº)
— Ecclesia de Braxiano et de Grad, prope Bitteris, 1307 (Sta. ecclesiastique Bitter. 37 vº)
— Grazanum, 1118 (Livre noir, 49 vº)
— Ecclesia S. Genesii de Graz, 1130 (Ibidem, 249 vº); 1152 (Ibidem, 248 vº)
— Ecclesia Sancti Joannis de Graz, 1297 (Statistique ecclesiastique Bitteris 147)
— Gracianellum villa, 1152 (Livre noir, 250 vº)
— Rector de Grasano juxta Bitteris, 1323 (Rôle des dîmes des églises de Béziers)
— Juxta Laurens (Ibidem)
— Grazan, 1507 (Livre Noir, 94)
— Grezan (Carte de Cassini)
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Hérault. Par M. Eugène Thomas. Paris Imprimerie Nationale, M DCCC LXV.
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Grand-Champ   (08)
Domus Hospitalis Grand-Champ
Département: Ardennes, Arrondissement: Rethel, Canton: Novion-Porcien, Commune: Wasigny — 08


Domus Hospitalis Grand-Champ
Domus Hospitalis Grand-Champ


Cette maison est une fondation de l'Hôpital, qui remonte aux premières années du XIIIe siècle. Nous avons trouvé une charte de Roger, seigneur de Rosoy, « de Roseto », du mois de décembre 1206, approuvant et confirmait la donation que sa soeur Elisabethe de Grand-Champ avait faite aux frères de l'Hôpital de Jérusalem, de sa maison de Grand-Champ, « domum suam de Magno Campo », qu'elle tenait de ses parents, avec tout le mobilier qui s'y trouvait, et une charrue de terre. Cette donation comprenait, en outre, la moitié de deux moulins à Grand-Champ, dont le revenu devait être consacré à l'entretien de deux religieux qui desserviraient la chapelle qu'on allait construire.

Geoffroy, fils d'Elisabethe de Grand-Champ, voulut mettre obstacle à l'exécution de cette donation. Mais bientôt, mieux avisé, il y donna son assentiment, toutefois sous certaines réserves, ainsi qu'il résulte des lettres de Raoul, seigneur de Château-Porcien, du mois d'avril 1208. Par ces lettres, Geoffroy consentit, en outre, que les Hospitaliers auraient le droit d'usage dans ses bois et pâturages, à la condition qu'ils ne pourraient faire à Grand-Champ aucune acquisition sans sa permission.

En 1224, Elisabethe, dame de Château-Porcien, « Castri Porciensis », et soeur de Roger, prit à sa charge la maison de l'Hôpital de Grand-Champ, en y installant à ses frais un chapelain et un clerc pour desservir la chapelle, et après s'être engagée à laisser à sa mort la maison aux Hospitaliers, avec toutes les améliorations et les agrandissements qu'elle aurait pu y faire.

On trouve plusieurs lettres d'amortissement des années 1270 et 1292, en faveur des frères de l'Hôpital, pour un assez grand nombre d'acquisitions de terre faites par eux à Grand-Champ et sur les territoires environnants.

La maison de l'Hôpital se trouvait sur le chemin de Grand-Champ conduisant à Wagnon. Les terres, au nombre de 90 journaux, étaient situées en plusieurs pièces au Ruissel-Trognon, au Champ-Charbonnier, au Pré-Watier-le-Roux, au Mont-Riant, au Trou-le-Chevelou, et au dessus de La Fontaine (censier de 1497).
Près de la maison, on voyait un vivier et un moulin à moudre blé.

Le Commandeur avait dans son domaine de Grand-Champ, toute justice et seigneurie. Le revenu, qui était en 1497 de 7 livres tournois, s'élevait en 1757, à 389 livres; et en 1783, à 540 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Grange-Rouge (La)   (89)
Domus Hospitalis La Grange-Rouge
Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Cerisiers — 89


Domus Hospitalis Grange-Rouge
Domus Hospitalis Grange-Rouge


C'était une métairie de l'Hôpital, située au territoire de Cerisiers. En 1354, Jehan de Calais, commandeur de Cerisiers, affermait à un frère de l'Ordre, Thomas de la Heuse, moyennant une redevance annuelle de 25 livres tournois, la maison de la Grange-Rouge, avec les terres et vignes en dépendant, « ainsi comme elles se comportent du chemin qui va de Cerisiers au bois du Fay par la vallée, en alant droict audit Fay, au lez devers ladicte grange jusqu'au terrouer de Vaudoire. »

En 1428, la maison n'existait plus; et les terres étaient réunies au domaine de Cerisiers.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Grayan-et-l'Hôpital   (33)
Commanderie de Grayan
Département: Gironde, Arrondissement: Lesparre-Médoc, Canton: Saint-Vivien-de-Médoc, Commune: Grayan-et-l'Hôpital — 33


Commanderie de Grayan
Commanderie de Grayan


Vers le milieu du XIVe siècle, dans cette petite commanderie vint se fondre celle de l'hôpital de La Grayan. Cette dernière devait sa fondation aux seigneurs de Lesparre, qui continuèrent à en être les bienfaiteurs. Le 2e jour de novembre de l'année 1168, « le noble seigneur Sénebrum, sire de Lesparre, dame Aupays sa femme, et leur fils Ayquelin Wilhelm », donnèrent à l'Ordre de Saint-Jean leur terre et seigneurie de La Grayan ; ils accordaient aux Hospitaliers et à leurs futurs vassaux les exemptions « du service militaire, du péage, pontonage, fouage, aides tailles et corvées de toutes sortes »; ajoutant enfin à la liste de leurs libéralités le droit d'usage dans les bois et landes du territoire des « Mons », ils investirent les chevaliers de Saint-Jean de tous les privilèges dont ils jouissaient eux-mêmes dans cette seigneurie.
A cette donation qui eût pour témoins les plus illustres chevaliers du pays, le généreux sire de Lesparre en ajouta bientôt une nouvelle: en présence de Guillaume, abbé de l'Isle et de Guillaume abbé de Verteuil, il donna à frère Michel, précepteur de la nouvelle circonscription, son « fief de Formentar. »
Un peu plus loin nous trouvons son petit-fils « Cénebrun de Lesparre », confirmant solennellement les libéralités de sa famille envers la commanderie de La Grayan, dans la maison de l'hôpital du Pont-Neuf de Bordeaux, où se trouvaient rassemblés sous la présidence de Bernard-Jourdain, commandeur du Bordelais, une foule considérable de chevaliers et de chapelains de l'Ordre de Saint-Jean (1238).

Comme nous l'avons vu maintes fois se produire ailleurs, les descendants des fondateurs de cet hôpital devaient s'en montrer les adversaires et tenter de reprendre ce dont leurs ancêtres s'étaient jadis dessaisis. Dans les premières années du XIVe siècle, le noble Baron Nayquem Guillaume sire de Lesparre, disputait au commandeur de La Grayan ses droits de seigneur haut justicier. Effrayé de la puissance de son adversaire et redoutant pour l'avenir de l'hôpital les conséquences de ce voisinage, le commandeur frère P. Guifre préféra transiger et signa, le 11 novembre 1311, un accord, en vertu duquel le sire de Lesparre devait avoir la haute justice dans le territoire limité par les croix, tandis que la basse justice resterait indivise entre lui et les Hospitaliers. Une autre transaction dut être signée en 1356 entre frère R. de Lacombe et le nouveau seigneur de Lesparre, messire Sénebrun, pour fixer d'une manière définitive les limites de la commanderie.

Commandeurs de La Grayan
1190. Michel.
1295. Raymond de Sert.
1311. Pierre Guifre.
1356. Raymond de Lacombe.

Charte nº LXXXV, donation de La Grayanes à l'Ordre de Saint-Jean en 1168
Universis presentes inspecturis, G. Archepresbiter Sparrae salutem, in Domino sempiternam. Ut quae geruntur in tempore firmiora permaneant et quacumque noticia propagentur, in posteros litterarum solent memoria preservari. Unde est quod, quando Dominus Sparrae et Dna Aupays, uxor ejus, fundaverunt domum hospitalis de la Grayanes, donaverunt et quitaverunt Deo et pauperibus hopitalis Iherosolimitani et fratribus ibidem comorantibus omnem dominacionem, omnem justiciam et juridictionem, quam ille habebat in loco jamdicto de la Grayanes et super omnibus habitantibus in eodem [...]
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883

Hôpital de Grayan


Domus Hospitalis Grayan et Hôpital
Domus Hospitalis Grayan et Hôpital


Commanderies du Grand Prieuré de Toulouse — Par département
— L'Hôpital de Grailhan Grayan-et-l'Hôpital (L'Hôpital) Gironde
Sources: Pierre Vidal — Hospitaliers et Templiers en France Méridionale — Le Grand Prieuré de Toulouse de l'Ordre de Malte — Association: Les Amis des Archives de la Haute-Garonne — Editions CNRS.

Hôpital de Grayan
— Comme indiqué dans la rubrique des réalisations à concrétiser en 2009, le décor du rond-point de l'Hôpital fera référence au passé.
— En 1128, des seigneurs de Lesparre firent un legs en fondant un hôpital pour l'accueil et le réconfort des pèlerins, les « Jacquets » qui, traversant la Gironde entre Talmont et Soulac, passaient par ce lieu pour se rendre à Saint-Jacques de Compostelle.
— Cet hôpital fut ensuite donné, vers 1168, à l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui deviendra plus tard l'ordre de Malte.
— Le Saint Patron de l'Hôpital (de Grayan et l'Hôpital) demeure d'ailleurs encore aujourd'hui Saint Jean.
— L'ordre était divisé en associations nationales et les biens à administrer confiés entre autres, à des commandeurs.
— L'Hôpital de Grayan, qui se nommait alors Hôpital de la Grayannes, fut le 4ème à être fondé en France. Il se situait au bord du « chemin de la Reyne » conduisant à l'Hôpital des Templiers de Vensac.
— Au XVe siècle, il y avait 9 commanderies en Gironde dont 3 en Médoc, situées sur le bord du fleuve: Grayan, Benon et Arcins.
— De l'Hôpital initial, il ne reste aucune trace si ce n'est un dessin à la plume réalisé par le baron de Marquessac en 1864, représentant la chapelle romane de l'époque, en partie détruite.
— Dans cette chapelle, il observa des colonnes et une croix templière sculptée au sommet, témoignages de cette époque.
Sources: Grayan et l'Hôpital, bulletin municipal nº 15 — 2e semestre 2008

Les Ordres Militaires en Gironde
Ils ont été très présents en Médoc: les Templiers d'abord qui ont laissé leur souvenir à Saint-Sauveur-du-Temple ou Temple-de-Sautuges, actuellement Le Temple, mais aussi au Temple de Planquetorte, près de Saint-Vivien.

L'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem devenu un peu plus tard ordre des chevaliers de Malte, qui a profondément marqué cette région. Ces deux ordres ont constitué, à l'époque féodale, l'armature sociale et administrative du Médoc.

Les chevaliers de Malte s'établissaient de préférence au voisinage des voies d'eau, car ils avaient une vocation de navigateurs et surtout de « secouristes », venant en aide aux voyageurs qui naviguaient. La situation amphibie du Médoc les y a sans doute attirés.
Ils assuraient le passage de la Gironde — de même que les moines de diverses communautés — et s'occupaient également de l'entretien des routes et des ponts utilisés par les pèlerins, ainsi que de l'organisation des haltes.

Des hôpitaux, dont il reste peu de traces, mais que des noms de lieux évoquent fréquemment, accueillaient les voyageurs dans le besoin: le Hameau des Pèlerins, l'hôpital de Grayan fondé en 1189, celui de Benon fondé en 1154, celui de Saint-Germain-d'Esteuil, l'hôpital de Mignot près de Cissac devenu chapelle d'Anteilhan, disparue au XIXe siècle, hôpitaux à Pellecahus près de Saint-Julien, Saint-Léonard à Lesparre où l'on a trouvé de nombreux restes de pèlerins morts en route dont le crâne portait la coquille Saint-Jacques, Saint-Trélody, Saint-Jean-de-Secondignac près de Vertheuil,Tourteyron près de Saint-Christoly, et de nombreux autres, tous situés généralement près des accostages.

Des commanderies de Saint-Jean-de-Jérusalem se sont implantées en Médoc, parmi les premières en France. Celle de Benon fut établie en 1154 sur des terres données par Sénébrun, sire de Lesparre. On sait qu'elle bordait la route du pèlerinage vers Jérusalem et qu'elle était difficile à gérer parce qu'elle était située sur des landes où sévissaient des routiers pillards.

Celle de Grayan est également fort ancienne et celle d'Arcins, près d'un port sur un marais, avait autorité sur toutes les annexes de la région jusqu'à Saint-Sever, dans les Landes.
En 1444, il y avait neuf commanderies en Médoc, presque toujours fondées sur des hôpitaux.
Sources: Association L'Appel du Chemin — Soulac

Clément V
— Le pape Clément V, Bertrand de Got, est de Gascogne, de Villandraut plus exactement. Il est le troisième fils de Béraut de Got, seigneur de Villandraut, de Grayan, Lieran et Uzestre.
Le Procès des templiers de Stéphane Ingrand. Editions Carnot — 2004
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Gros-Chêne (Le)   (41)
Domus Hospitalis Le Gros-Chêne
Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Vendôme, Canton: Morée, Commune: Busloup — 41


Domus Hospitalis Gros-Chêne
Domus Hospitalis Gros-Chêne


La terre et seigneurie du Hôpital Le Gros-Chêne était située dans la paroisse de Busloup. C'était un ancien domaine de l'Hôpital qui avait été réuni au XVe siècle au Temple de Mondoubleau, après avoir appartenu à la maison de l'Hôpital d'Ablainville.

Les Hospitaliers eurent dans le XIIIe siècle, au sujet de leur terre du Gros-Chêne, des démêlés avec un seigneur nommé Hugues Vallin. Une sentence arbitrale de l'abbé et du prieur de Sainte-Geneviève à Paris, du mois d'août 1209, régla la part que le seigneur Vallin devait avoir dans les cens dus à la seigneurie du Gros-Chêne, « de villa de Grosso Quercu » et concéda aux Hospitaliers seuls la justice du lieu, le terrage et le moulin de Palestrie, « et molendinum de Palestria », avec les mortuaires.

En 1210, nouveau procès avec Nevelon, seigneur de Freteval, « de Fracta valle », toujours relativement à la justice du Gros-Chêne. Regnaut, évêque de Chartres, et Manasses, évêque d'Orléans, furent délégués par le Saint-Siège pour régler ce différend. Les deux prélats après un mûr examen, décidèrent que le Gros-Chêne et Palestrie appartenaient à l'Hôpital qui devait y avoir la haute, moyenne et basse justice, excepté pour une partie de Palestrie (?), située sous le Plessis-d'Oursonval (?), « infra plesseium Ursonis de Valle. »

Le domaine du Gros-Chêne, qui comptait fort peu de terres mais beaucoup de censives au dit lieu, était affermé avec les droits seigneuriaux en 1757, 500 livres ; et en 1783, 172 livres seulement.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Gueliant   (72)
Commanderie Le Gué Lian
Département: Sarthe, Arrondissement: Mamers, Canton: Fresnay-sur-Sarthe, commune: Moitron-sur-Sarthe — 72


Commanderie Le Gué Lian
Commanderie Le Gué Lian


1312. — Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem
La commanderie du Guéliant et ses annexes passa ainsi de l'ordre du Temple dans celui de Saint-Jean-de-Jérusalem vers 1312.

Les documents de ces temps reculés manquent et se réduisent à quelques chartes déjà citées et à celles que nous allons reproduire.

La commanderie du Guéliant était de la langue de France et du grand-prieuré d'Aquitaine. Les lods et ventes étaient doubles dans toute la dépendance de cette commanderie.


Commanderie de Gueliant
Commanderie de Gueliant — Sources: Cercle Robert de Sablé


1407.
Procuration de Aymez de Montoiseau, commandeur de GrateilDomus Hospitalis Grateil
Domus Hospitalis Grateil
, donnée à plusieurs religieux de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

1411.
Echange entre Guillaume Dupuisat, alias Després, et Jean de Silleau, commandeur de l'hôpital de Grateil.

1425.
Noble homme frère Jehan Lepelletier, commandeur de l'hôpital du Guéliant, donne à Loyer à Macé Loyson, une maison sise à BeaumontDomus Hospitalis Beaumont
Domus Hospitalis Beaumont
(Beaumont-sur-Sarthe), pour XVIII livres tournois de cens.

1428.
Le commandeur du Guéliant rend foy et hommage au seigneur de Beaumont, pour une rente de VII livres à prendre sur la prévôté et baronnie de Fresnay.

1451.
Jehan Lepelletier, commandeur de l'hôpital du Mans.

1452.
Baillée à rente par Jehan Lepelletier, commandeur du Guéliant. Bien que la commanderie du Guéliant fût le chef-lieu de toutes les possessions, il arrivait souvent que les commandeurs de ce dernier lieu prenaient le titre soit de commandeur du Mans, de Grateil, etc., où, pensons-nous, aucun commandeur n'a habité. Voir 1585.

1452.
Martin Berruyer, soixante-unième évêque du Mans, ayant fait emprisonner par un décret de son official, Jehan Lepelletier, commandeur du Guéliant, ce chevalier se pourvoit en appel devant le lieutenant de Touraine ; il espérait se sauver en vertu des privilèges de son ordre. Mais l'impunité où étaient restés jusque-là ses désordres et son libertinage en faisant voir l'abus, il fut déclaré bien emprisonné comme sujet de la juridiction épiscopale.

1553.
Déclaration de Michel Bicordeau, au commandeur de l'hôpital de Grateil, pour une hommée de pré, sise en Gesnes (Gesnes-le-Gandelin), sous le devoir de VIII deniers avec obéissance.

1457.
Baillée à rente la métairie de Grateil (gratia oculum) pour un setier de froment, un setier de seigle, un setier d'orge, six boisseaux d'avoine et dix sols six deniers.

1469.
Jehan Lepellelier mourut cette année et fut enterré dans la chapelle du Guéliant, où l'on voit encore aujourd'hui son tombeau.

1474.
Enquête contre le commandeur du Guéliant, pour le payement du droit de bourgeoisie, au seigneur vicomte de Beaumont, que ce dernier prétend lui être dû de la part du commandeur et de ses gens, à cause des fiefs et domaines dépendant de ladite commanderie situés en le ressort de Beaumont.

1517.
Déclaration de la veuve de Jehan Boré, l'ainé, à Guillaume de Saint-Mars, commandeur du Guéliant, pour une maison sise à Fresnay (Fresnay-sur-Sarthe), au regard de la seigneurie de Grateil, pour le devoir de VIII deniers tournois et de XX sols tournois de rente au curé de Fresnay, Guillaume Mallet.

1525.
Décès de noble frère Roland Duguebert, commandeur et seigneur du Guéliant. Inventaire de meubles trouvés en la maison seigneuriale et chapelle dudit lieu. Dans la chapelle un petit calice d'argent avec la patène, un petit calice d'étain avec la patène, une ancienne croix de cuivre, une chasuble et une étole, etc. Sur l'autel trois encensoirs en cuivre, un livre dit missel, un banc pour assoir le prieur du lieu pour ouïr la messe.
Suit l'inventaire de la maison qui n'a rien d'intéressant.

1559.
Lettre adressée au grand prieur d'Aquitaine, relative à l'octroi de quatre décimes sur le revenu de tous les bénéfices pour subvenir aux frais de la guerre.

1568.
Bail à ferme de l'Epine-en-BelinDomus Hospitalis Epine-en-Belin
Domus Hospitalis Epine-en-Belin
(Saint-Ouen-en-Belin 72) et de CourtoussaintsDomus Hospitalis Courtoussaints
Domus Hospitalis Courtoussaints
par Roland de Guillener, commandeur du Guéliant, à Jean Bellanger pour 450 livres tournois.

1585.
Déclaration aux assises de Grateil, de Pierre Lebouc, à noble Ciderach de Baillon, chevalier, commandeur du Guéliant, de l'Epine de Belin, de Grateil, Courtoussaint et autres lieux, pour plusieurs pièces de terre.

1594.
Frère Simon Daubigné, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, bailli de l'ordre, commandeur du Guéliant.

1608.
Pour la remembrance de 1608, il est inscrit que les pieds et fiefs de Saint-Jean de Jérusalem ont été tenus en la ville de Beaumont, maison de Balthazar Robineau.

1618.
Le commandeur du Guéliant fait reconnaître qu'il a droit de prendre sept livres sur la prévôté et baronnie de Fresnay.

1620.
De 1620 à 1630, frère de La Nouhe de Fougueron était commandeur du Guéliant (du Poitou).

1636.
Frère Peschard, sieur des Renaudières, élection de Château-du-Loir, chevalier de l'ordre, était commandeur du Guéliant.

1642.
Frère de Villis Pessard, sieur de La Roseleraie, chevalier de l'ordre, commandeur du Guéliant, Pierre Leclerc, sieur de Beaumanoir, comme procureur fiscal, donne baillée à rente du lieu de La Peschetière en Crissé.

1646.
En 1646, on estimait le revenu de la commanderie, suivant Expilly, 3400 livres Les propriétés étaient seulement louées 2,650 livres.

1656.
Frère François de Neufchèse, commandeur du Guéliant, rend aveu pour la commanderie de l'Epine, dépendant du Guéliant et relevant de la baronnie de Château-du-Loir.

1656.
Déclaration de Jean Angevin, de la paroisse de FyéDomus Hospitalis Fyé
Domus Hospitalis Fyé
, au commandeur du Guéliant, pour une pièce de terre sous le devoir de LX deniers tournois.

1657.
Baillée à rente de Sainte-Catherine en Coulombiers (lisez Rouessé-Fontaine) par le sieur de Bellefosse, procureur fiscal, pour puissant seigneur François de Neufchèse, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur du Guéliant ; messire de Bellefosse demeurait au Château-du-Plessis, paroisse de Moitron.

1659.
Le commandeur du Guéliant a soin de faire reconnaître qu'il a droit de prélever VII livres sur la prévôté et baronnie de Fresnay.

1665.
Baillée à rente du lieu de l'Epine en Belin, par le sieur de Bellefosse, procureur fiscal et spécial de M. le commandeur du Guéliant pour 162 livres tournois.

1672.
Messire Guy de La Brunetière, du Plessis de Fosse, commandeur du Guéliant. Acte par lequel le sieur Poltier, baron de Fresnay, reconnait que le commandeur de Guéliant a le droit de prendre VII livres de rente sur la prévôté et baronnie de Fresnay.

Un édit du mois de décembre 1672 et deux déclarations du roi de 1774 et 1775, confirmé par bulle du pape, réunit aux ordres militaires et hospitaliers de N.-D. du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, tous les biens, droits et privilèges, maladreries et léproseries, commanderies et prieurés, hôpitaux, hôtel-Dieu, aumôneries, confréries, chapelles hospitalières et autres lieux pieux ou hospitalités, dont l'administration appartenait ci-devant aux ordres militaires. Alors cette administration fut confiée à des laïques ou ecclésiastiques séculiers qui en abusèrent. Pour y remédier, le roi, par délibération du 28 décembre 1680, enregistrée en la chambre pour réunion auxdits ordres, érigea les biens réunis en cinq grands prieurés et en cent quarante commanderies, desquelles il se réserva la disposition en qualité de chef et de souverain desdits ordres, en faveur des officiers de terre et de mer les plus méritants, pour jouir lesdits chevaliers leur vie durant, etc.

La maladrerie de Saint-Lazare fut alors érigée en commanderie, dite du Mans, dépendant du grand-prieuré de Bretagne, dont elle était la première à cause de son antiquité, suivant l'ordre des provisions. Cette commanderie fut composée des maladreries du Mans, de Saint-Calais en Vendômois, de Sillé-le-Guillaume, Mont-Saint-Jean, Fresnay, Saint-Michel-des-Prés, près Beaumont-le-Vicomte, Ballon, Courcival, Montfort et Pont-de-Gennes, Mayet; ensemble des aumôneries de Château-Lavalière en Anjou et dudit Fresnay. Mais la commanderie essuya bientôt un changement frappant par le transférèrent à Moitron près Fresnay, où elle a toujours été depuis connue sous le nom de commanderie du Guéliant (Voir Pesche, Dictionnaire de la Sarthe, volume V, page 335)

Malgré ce qu'en dit Pesche, il est avéré, comme on le voit précédemment d'une manière incontestable, que le Guéliant a au moins toujours été une commanderie depuis la fin du XIIe siècle jusqu'en 1672 à 1680 où alors elle fut réunie temporairement à la commanderie du Mans, qui fut elle-même peu de temps après transférée au Guéliant.

1676.
Frère Louis de La Brunetière du Plessis Bette, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, procureur dudit ordre au grand-prieuré d'Aquitaine, commandeur du Guéliant.

Avant ces deux derniers commandeurs, François de Neufchèse était commandeur du Guéliant, mais il fut rappelé pour être employé au service de l'ordre contre les infidèles.

1680.
Puissant messire François de Neufchèse, revenu alors de ses expéditions contre les infidèles, fut de nouveau pourvu de cette commanderie.

1682.
Lettres royales, portant autorisation de renouveler le livre terrier de la commanderie du Guéliant.

1683.
Messire Guy de La Brunetière, commandeur du Guéliant.

1690.
Messire frère Louis des Ecotais de Chantilly, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dit de Malte, colonel d'infanterie, commandeur du Guéliant. Déclaration faite par lui des biens dépendants de ladite commanderie.

1700.
Frère Laurent Martel, chevalier, commandeur du Guéliant.

1704 et 1705.
Lettres royales, portant autorisation de renouveler le registre terrier de la commanderie. Ordre du roi de rendre foi et nommage au frère Laurent Martel, commandeur du Guéliant, paroisse de Moitron, province du Maine.

La commanderie de Guéliant était le siège d'où dépendaient, en ce ressort, les seigneuries et domaines de Grateil, paroisse d'Assé-le-Boisne, Sainte-Catherine, paroisse de Rouessé-Fontaine, Saint-Jean, paroisse de Beaumont-le-Vicomte, fief du Mans, métairie de Lamotte-Pruilly, métairie et fief de l'Épine, paroisse de Saint-Ouen-en-Belin, métairie de Courtoussaint, paroisse de Luceau, près Château-du-Loir, fiefs et domaine de l'hôpital de Bercon, paroisse de Crissé (actuellement château de L'Hôpitau, appartenant à M. de Cumont), fief de Saint-Paterne, près Alençon, fiefs de Torcé, Ballon et Vallons.
Le commandeur de Guéliant avait droit de haute, moyenne et basse justice.

1719.
Messire René Gabriel de La Barre de La Géritaude, chevalier, commandeur du Guéliant.

1736.
Lettres royales, portant autorisation de renouveler le livre terrier de la commanderie.

1739.
Frère Joseph Martel, chevalier, commandeur du Guéliant.

1748.
Le 2 juillet 1748, un arrêt du conseil d'Etat règle l'indemnité a payer par les possesseurs de fiefs de la paroisse de Saint-Jean (du Mans) à l'hôpital du Mans, pour la nourriture et entretien des enfants trouvés; le commandeur du Guéliant, pour raison de sa basse justice dans le fief de Saint-Jean du Mans, dépendant de ladite commanderie comprenant 38 maisons, doit payer 19 livres.

1758.
Augustin Peralla, procureur de la commanderie du Guéliant était Maltais et avait été amené au Guéliant par un des commandeurs. Tous les Peralta du pays ont cette commune origine.

1762.
Baillée à rente de la métairie du Gros-Chêne, sise à Beaumont-le-Vicomte, par le sieur Peralla, procureur fiscal de M. le commandeur, à Jacques Fouquet, pour 200 livres.

1770.
Messire frère Louis-Georges Henry Lejumeau des Perrières, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur du Guéliant.

1774.
Le bailli de Tudert, commandeur de Guéliant et de Beaune en Bourgogne. Lettre a lui adressée le 31 août 1774, par M. de Villedon, vicaire général du diocèse du Mans, par laquelle il l'informe de l'indécence de deux autels de la chapelle de Grateil, paroisse d'Assé-le-Boisne, dépendant de ladite commanderie ; il demande également un missel à l'usage du diocèse, pour qu'on y puisse dire la messe, qui y était fondée pour les dimanches et fêtes ; l'éloignement de l'église, étant d'une lieue, rend cela d'autant plus nécessaire. La même année, publication du bailli de Tudert, pour la vente d'une portion de taillis de 35 arpents, à prendre dans son bois de L'Hôpital de Bercon, joignant la forêt de Sillé.

1775.
M. Hatton, La Coutûre, notaire royal à Fresnay, procureur fiscal de M. le commandeur du Guéliant.

1784.
Le bailli de Tudert appelle Bois du Temple, les bois dits du Guéliant, qui dépendaient de la commanderie.

Note des revenus de la commanderie en 1784.
Courtoussaint 110 livres.
L'Epine en Belin 400 livres.
Gros-Chêne et chapelle, en Beaumont 150 livres.
L'Hôpital de Bercon (l'Hôpitau) 200 livres.
Grateil (hôpital) 250 livres.
Sainte-Catherine 150 livres.
Les Goualardières 600 livres.
Le château du Guéliant 1,000 livres.
Le moulin, probablement de l'hôpitau 800 livres.
Collet 320 livres.
Total 3,980 livres.


Commanderie de Gueliant
Commanderie de Gueliant — Sources: Cercle Robert de Sablé


1784.
Compte de la vente du Bois du temple (probablement du Guéliant) par le bailli de Tudert, pour 1,900 livres le sol pour livre dans la principale somme et douze livres pour le garde fait scellé de 2,007 livres.
Il fut vendu 800 cordes de bois à 3 livres 10 sols 2,800 livres.
Pour la façon des cordes à 11 sols 440 livres.
Reste 2,360 livres.
Otez 2,007 livres.
Reste en bénéfice 355 livres.

1788.
Enlèvement des fusils de Bercon, par ordre du roi; un seigneur voisin avait provoqué cette exécution, parce que le métayer avait tué quelques pièces de gros gibier.

1789.
Assignation au commandeur du Guéliant, chevalier de Malte, à comparaître devant le sénéchal du Maine, pour assister au Mans, le 16 mars 1789, à l'assemblée des trois ordres pour rédiger les cahiers de remontrances et doléances.

1790.
Le sieur Chevalier, fermier de la commanderie (métairie) du Guéliant, est arrêté par les gens du canton conduisant soixante boisseaux d'orge à Alençon. on les lui vole; il en instruit l'Assemblée nationale, plusieurs lettres sont échangées entre le président du Comité des recherches de l'Assemblée (Grégoire) et les municipaux de Fresnay. Résultait oui.

1795.
Le 18 juin 1795, la commanderie du Guéliant, le moulin de L'Hôpitau furent vendus comme biens nationaux.

Noms des commandeurs du Guettant que nous avons pu retrouver.
1560 à 1566. Frère Jacob Bodet, commandeur.
1566 à XXXX. Frère Rolland de Guilmer ou Guénelec on Guelemé, commandeur.
1585 à XXXX. Frère Cidérach de Baillon, commandeur.
1594 à 1614. Frère Simon Daubigné, commandeur.
1620 à 1630. Frère Lanoue de Fougueron, commandeur.
1630 à 1636. ?
1636 à XXXX. Frère Gilles Peschard, sieur des Renaudières, commandeur.
1650 à 1660. Frère François de Neufchèse, commandeur.
1660 à 1672. ?
1672 à 1676. Frère Guy de La Brunetière, commandeur.
1676 à XXXX. Louis de La Brunetière du Plessis-Bette, commandeur.
1680 à XXXX. Frère François de Neufchèse, une seconde fois, commandeur.
1685 à 1694. Guy de La Brunetière Gesté, commandeur, mort 24 juillet 1694.
1694 à 1700. ?
1700 à XXXX. Frère Laurent Martel de Landepoutre, commandeur.
1719 à XXXX. Frère René Gabriel de La Barre de Géritaude, commandeur.
1736 à XXXX. Frère Joseph Martel de Landepoutre, commandeur.
1753 à XXXX. Frère Louis Joseph des Écotais de Chantilly, commandeur.
1759 à 1762. Frère René Jacob Tigné, commandeur.
1762 à XXXX. ?
1768 à 1772. Frère Louis Georges Henri Le Jumeau des Perrières, commandeur.
1772 à 1774. ?
1774 à 1789. Le Bailli Innocent de Tudert, commandeur du Guéliant et de Beaune en Bourgogne.
C'est le dernier commandeur.


Commanderie de Gueliant
Commanderie de Gueliant — Sources: Cercle Robert de Sablé


Etat actuel de l'ancien Château, Chapelle et Bâtiments de la Commanderie du Guéliant.
Chapelle.


Commanderie de Gueliant
Commanderie de Gueliant — Sources: Cercle Robert de Sablé


La chapelle, d'une jolie construction, est actuellement dans un état de délabrement incroyable. Les murs inondés par la pluie traversant une toiture en ruine se sont couverts de moisissures vertes du plus vilain aspect. Toutes les ouvertures sont romanes, sa construction paraît remonter au XIIIe siècle. Le toit et le clocheton qui le termine appartiennent soit au style de la renaissance, soit au byzantin. M. Dubois de Saligny, qui pendant de longues années avait différé de faire les réparations nécessaires à la conservation de cette chapelle si intéressante au point de vue de l'art, vient heureusement de vendre cette propriété à Mme Moulinneuf, de Fresnay, dont le fils, ami éclairé des arts, fera, promet-il, les travaux nécessaires à sa conservation. Son état de décadence est tel qu'on pense à l'interdire comme impropre à la célébration de l'office divin.
Cette chapelle est dédiée à sainte Emérance; on y fait encore actuellement des voyages pour être guéri du mal de ventre.
Sur l'autel sont plusieurs peintures pieuses et les armes de la famille de MaupouBlason des Maupou, créé librement par mes soinsBason des Maupou, qui sont: d'argent à trois hérissons de sable.
L'autel est encore décoré, d'un côté, par un saint Jean Baptiste, peint sur bois, au milieu est la Vierge; d'autre côté, sainte Emérance. Une plinthe en bois est ornée à chaque bout d'une croix de Malte avec une F d'un côté, un A de l'autre, une tête de Christ au milieu.
L'intérieur est partagé en deux parties par un grillage en bois au-dessus duquel se trouve un christ byzantin d'une antiquité incontestable.

Tombeau


Commanderie de Gueliant
Commanderie de Gueliant — Sources: Cercle Robert de Sablé


Dans cette chapelle se trouve le tombeau de Jehan Lepelletier: son portrait est dessiné au trait sur la pierre blanche qui le recouvre et porte l'inscription suivante: Cy gist noble homme frère Jehan Lepelletier, commandeur du Mans, de l'Epine en Belin, du Guéliant, de L'Hôpitau et du Bercon, qui trépassa le .... 1459.
Au-dessus de ce tombeau est l'image de sainte Emérance, repeinte en 1812 par Colin, peintre de Beaumont. Celle peinture avant sa restauration portait la date de 1586.
La porte de la chapelle est plein-cintre surmontée d'une jolie volute.

Ancien Château.


Commanderie de Gueliant
Commanderie de Gueliant — Sources: Cercle Robert de Sablé


Le corps de logis est long de 26 mètres et percé de fenêtres autrefois divisées en croix ou à meneaux en pierre, mêmes fenêtres par derrière mais la plupart murées. Au rez-de-chaussée près la chapelle on voit une porte ogivale. Au milieu de la façade, il y avait jadis une grande porte romane, remplacée aujourd'hui par une porte ordinaire, en retour d'un côté se trouve un pavillon de sept mètres carrés, à toit pointu; de l'autre se trouve la chapelle et un pavillon semblable au premier, tous les deux sont percés de meurtrières.
Dans la maison actuelle du fermier, faisant partie du château des anciens chevaliers, se trouve un poteau en bois merveilleusement sculpté. La colonne est couverte d'arabesques avec quatre boudins qui la carrent; au-dessus sont modelés des créneaux puis la corniche.
Ce poteau est placé au milieu de l'appartement et supporte une poutre.
Les chambres hautes sont complètement dégradées et n'offrait rien de remarquable que d'immenses cheminées sans ornements.

Le Temple
Dans les bâtiments servant actuellement à l'exploitation de cette importante métairie, il s'en trouve un portant le nom de Temple. C'est une assez vaste construction bâtie en parallélogramme, dont un des pignons est percé de trois fenêtres, deux et une supérieure. Au milieu des deux inférieures, un peu au-dessous, se trouve un pilier carré, légèrement encastré dans la muraille, surmonté d'un curieux chapiteau bien qu'à moitié effacé.
On se perd en conjectures sur l'usage de ce pilastre.
Les deux côtières sont également percées de fenêtres, toutes sont romanes et sont pareilles. Du milieu de la muraille elles vont en s'évasant de dedans en dehors de chaque côté; la muraille a 1 mètre 33 centimètres d'épaisseur; dans l'autre pignon se trouve une porte romane remontant comme les fenêtres à l'origine de la construction.
Quel était l'usage de ce bâtiment ? Son nom, le Temple, l'indique suffisamment.
Cours et bâtiments sont limités d'un côté par la rivière de la Sarthe, deux autres étaient entourés de douves et le quatrième était défendu par une muraille percée d'une porte flanquée de deux pavillons carrés percés de meurtrières et à laquelle on accédait par un pont-levis.
Douves, murailles et pont-levis ont disparu.
Le 18 juin 1793 la commanderie du Guéliant et ses annexes furent vendues révolutionnairement.
Sources: M. Leguicheux. Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe. IIe série, tome X. XVIIIe tome de la collection. 1865-1866. Le Mans 1867. Books numérique Google

Divers actes ou chartes
H 1877
Mathefeulon (Mathefélon), écuyer, seigneur d'Assé le Boaisne, au sujet d'un moulin que ce dernier faisait édifier sur la rivière de Sarthe, près du moulin du Pré appartenant à Grateil (1459). — Copie de l'acte qui précède (sans date, fin du XVIe ou commencement du XVIIe siècle). — Bail à ferme, par noble et puissant Jacques [Rou]ssart (?), chevalier, seigneur de Roches et de Prez, ayant pour procureur noble homme René de Berry, sieur des Loges, à Jean de Besches, fils de Pierre de Besches, du moulin de Grateil, du pré de L'Isle et autres dépendances, pour 90 boisseaux de blé de mouture, 12 livres 10 sols et un quarteron d'anguilles, le tout par an (1530). — Quittance, par Simon d'Aubigné, commandeur du Gué Elyant (Guéliant) et de Villegast, à Louis Potier, chevalier, comte de Tresmes, baron de Gesvres et de Fresnay, seigneur de la châtellenie d'Assé-le-Boisne, conseiller d'État, d'une somme de 150 livres due audit commandeur, pour l'acquêt au décret que le seigneur de Gesvres venait de faire des Grands-Moulins du Pré, sis en Assé, et dans la mouvance de la seigneurie de Grateil (1614)

H 1878 (liasse, 2 pièces parchemin).
1296-1451. — Fief de Grateil. — Vente, par Robert Le Sage et les époux Guillet Notier, d'Assé-le-Boisne, à Guillaume de Cous, pour 4 livres tournois, des deux parts d'une métairie que feu Jean Le Sage avait prise à rente des hauspitaus de Grastuil (Grateil), au fief de Roucelin dou Puissat, en la paroisse de Genes (Gesnele-Gandelin) (mois de « juingnet » 1296). — Vidimus dudit acte par la cour de Segré (3 mars 1451, n. s.).

H 1879 (liasse, 27 pièces parchemin; 2 pièces papier).
1451-1595. — Fief de Grateil. — Déclarations rendues: à Jean Babinot, commandeur de Grateil, par Jean Bellant, pour portion de terre à La Couture, en Fresnay (1651); — à Jean Le Peletier, commandeur du Guéliant, pour une pièce de terre appelée la Lande aux Moutons, à Moitron (1456); — à Jean Le Peletier, commandeur de Grateil, par Jean Le Bergier, pour portion de terre à La Couture (1461); — à ... (le nom a disparu), commandeur de Grateil, par Bertrand ... (le nom a disparu), pour héritage à Saint-Ouen-deMimbré (1495); — à Guillaume de Saint-Mars, commandeur de L'Espine-en-Belin, du Guéliant et de Grateil, pour portion de jardin à La Couture de Fresnay (1506); — au même, par Guillaume Massue, procureur d'Anne de Mathefélon, dame de Serrant et d'Assé-le-Boisne, pour le petit moulin du Pré, à Assé-le-Boisne (1509); — au même, par ladite Anne de Mathefélon, pour le même moulin (1513); — à Gaucher Coaigne, commandeur de L'Épine-en-Belin, du Guéliant et de Grateil, par Colin Boutier, pour une chènevière à la Couture de Fresnay (1528); — à Jacob Bodet, commandeur du Guéliant et de Grateil, par Pierre Le Bouc, pour portion de terre à La Noiraye, en Gesne (1559); — au même, par Jeanne Le Boulleur, veuve de Robert Poyvet, pour un jardin à Fresnay (1563); — à Roland du Quellenet, par Jean Daverton et Jean Blandin, mari de Jeanne Daverton, pour une maison à Fresnay (1566); — à Sydrac de Baillon, commandeur du Guéliant et de Grateil, par la veuve de Denis Behier, pour maison et jardins à Gesne (1581); — à Simon d'Aubigné, dit de Boismozé, commandeur du Guéliant et de Grateil, par Charles Dufour, pour biens à La Thébauderie (1595), etc.

H 1880 (liasse, 12 pièces parchemin).
1608-1683. — Fief de Grateil. — Déclarations rendues aux commandeurs du Guéliant et Grateil: Simon d'Aubigné, par François Picart, pour une maison sise à Fresnay, près la porte d'Alençon (1611); — Pierre de Lanoue, par Christophe Le Roy, Jean Launay et Christophe Poullain, pour portion de terre à Juillé (1620); — François de Neufchèze, par André Le Large, pour une maison à Fresnay (1650); — Guy de La Brunetière, par Jean Rousseau, pour une maison à Fresnay (1665); — au même, par Jacques Moreau, de Saint-Christophe du Jambet, pour maison au bourg de Saint-Ouen-de-Mimbré (1683), etc

H 1881 (registre in-4° , 22 feuillets papier).
1561. — Fief de Grateil. « Recepte de Gratail, pour noble et puissant seigneur, messire Jacob Bodet, chevalier, seigneur du Guelyant et Gratail... » — Y figurent: Thibault Chauvin, pour une maison sise en la ville de Fresnay, près l'église; — François Sevin et Vincent Chevalier, pour une maison en la même ville, près la Tête-Noire; — Raoul Bellenger, pour une maison en la même ville, près la porte d'Alençon; — Me Pierre Bellemotte, pour la Maison-Dieu de Fresnay et 2 journaux de terre au Haut-Rocher; — le sieur de Corbon, pour un journal et demi de terre appelé le champ de L'Escotay; — les hoirs Georges Guillet, pour une vigne appelée La Ragotière; — le prieur de Saint-Sauveur, pour une pièce de terre appelée Doucette, etc. — Tables alphabétiques des noms de personnes et d'héritages.

H 1882 (registre in-f° , 76 feuillets, papier (les 6 premiers feuillets manquent).
XVIIe siècle. — Fief de Grateil. — Terrier. — Y sont transcrites les déclarations: f° 9, v° , de Michel de Melland, écuyer, pour une maison à Fresnay, divers biens dépendant du lieu du Rocher, à Assé-le-Boisne, le pré des Gasseaux, à Douillet, et une maison à Thorentin, en Fresnay (1674); — f° 11, v° , de Julien Picart.
Sources: http://www.geneanet.org

Commanderie de Grateil
L'ordre de St Jean de Jérusalem avait, à 4 kilomètres sud-sud-est du clocher, la commanderie de Grateil avec la chapelle de St Eutrope. Ce bénéfice devint une annexe de celui de Guéliant. Assé posséda une léproserie, dont la fabrique, de l'église paroissiale recueillit les biens. Vers 1775, madame d'Argouges fonda une maison de charité, y établit trois soeurs de St Vincent de Paule, auxquelles elle payait une pension. (M Jolitet ancien curé). L'élablissement n'éxiste plus.
Geoffroi le Sénéchal d'Assé-le-Boisne fut un des gentilshommes qui accompagnèrent Godefroy de Bouillon en la Terre Sainte.
La seigneurie était une châtellenie que la famille d'Argouges a possédée Autres fiefs Grateil etc.
Essai sur la statistique de l'arrondissement de Mamers. Le Mans 1829 Par Thomas Cauvin. (Livre numérique Google)

Courtoussaint
30. Le sieur de Montesson ayant acquis la terre de Courtoussaint, mouvante de la baronnie de Sillé, régie par la coutume du Maine, fut assigné à la requête du procureur fiscal de cette baronnie, à comparoir aux assises pour exhiber son contrat, faire la foi et hommage, et payer les droits.
Le sieur de Montesson comparut, représenta son contrat, qui fut registré sur le registre de la remembrante (a); et par sentence rendue du consentement du procureur fiscal, le 19 février 1712, le sieur de Montesson fut reçu en foi, mais il lui fut accordé un délai pour payer les droits seigneuriaux.
Quatre ans après cette sentence, madame la princesse de Conty, baronne de Sillé, exerça le retrait féodal de la terre de Courtoussaint, et se servit du ministère d'un huissier royal, qui, en vertu du committimus de la princesse, assigna aux requêtes de l'hôtel, où il intervint sentence le 9 juin 1716, qui la déboutoit de sa demande en retrait.
Sources: Collection de décisions nouvelles et de notions relatives à la jurisprudence actuelle, Volume 4, Par Jean Baptiste Denisart. Paris 1775.

Domus Hospitalis Espine-en-Belin
Département: Sarthe, Arrondissement: Le Mans, Canton: Ecommoy, Commune: Saint-Ouen-en-Belin - 72


Domus Hospitalis Espine-en-Belin
Domus Hospitalis Espine-en-Belin


Le 28 avril 1724, haut et puissant seigneur mon « seigneur Joseph Marthel » est qualifié « commandeur du Guéliant », seigneur des fiefs, terres et seigneuries de Courtoussains « l'Espine-en-Belin, Vallon » et l'hospitau du Mans.
Sources: Archives départementales de la Sarthe, Armand Bellée, Victor Duchemin — 1927.

Autre aveu fait à messire Gaucher Covaigne, chevalier de l'Ordre de Malte, commandeur de L'Épine-en-Belin, Le Guéliant, Grateil, Verron, et de la commanderie et hospitalerie du Mans, à raison du lieu de Monchatin (1543)

Annexes de la commanderie
Nous établissons ici les annexes, hospices ou hôpitaux de la commanderie du Guéliant, anciennement hôpital du Temple:
Hôpitaux de la commanderie du Guéliant, 500 livres.
Le moulin de L'Hôpitau, 200 livres.
La chevalerie en Montsort (Yvré-l'Evêque).
Sainte-Catherine en Rouessé-Foutaine, 210 livres.
Grateil en Assé-le-Boisne, 500 livres.
L'hôpitau ou hôpital de Bercon, en Crissé.
Saint-Jean, à Beaumont-le-Vicomte.
Saint-Michel, à Ballon.
L'Epine, en Saint-Ouen-en-Belin.
Courtoussaint, en Luceau.
Le Breil, à Entrammes.
Partie du fief de Bourg-le-Roy.
Partie du fief de la paroisse de Fay.
Le tout estimé 3100 livres.
Sources: Inventaire-sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Sarthe: Archives ecclésiastiques: série G. 1927
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Guerande   (44)
Domus Hospitalis Guérande
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: Guérande - 44


Domus Hospitalis Guérande
Domus Hospitalis Guérande


Les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem avaient encore, non loin de Faugaret, un autre établissement très ancien c'était à Guérande ce que la charte de 1160 appelle « Domus de Guenrann. » Telle est l'origine de l'Hôpital Saint-Jean de Guérande, fondé non pas par les Templiers, comme quelqu'un l'a écrit par erreur, mais par les Hospitaliers. Cette maison, située dans l'enceinte des murs de Guérande, rue de l'Hôpital, tomba vers le XVIe siècle à la charge de la municipalité de cette ville, qui en fit son Hôtel-Dieu.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
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Guerche (La)   (35)
Domus Hospitalis la Guerche
Département: Ille-et-Vilaine, Arrondissement: Rennes, Canton: Guerche-de-Bretagne — 35


Domus Hospitalis la Guerche
Domus Hospitalis la Guerche


Aux siècles derniers, la commanderie du Temple de la Guerche se composait donc, en résumé, de neuf membres ayant appartenu aux Templiers: la Guerche, Vitré, Venèfles, la Violette, Rennes, la Nouée, Créhac, la Caillibotière et Romillé, et de deux autres membres dépendant dès l'origine des Hospitaliers: Dol et Plumaugat.
Toutefois, ces membres ayant été formés après l'union des Temples aux Hôpitaux, renfermaient de part et d'autre quelques éléments hétérogènes; ainsi dans le Temple de Romillé se trouvaient les Hôpitaux de Talensac et de Monterfil, dans l'Hôpital de Dol étaient les Temples de Vildé-Bidon et de Lanhélin, dans l'Hôpital de Plumaugat S'élevait le Temple de Lanrelas, etc.

La commanderie du Temple de la Guerche ainsi constituée, s'étendait dans 102 paroisses, dont 42 appartenaient au diocèse de Saint-Malo, 34 celui de Rennes, 13 à celui de Saint-Brieuc, 12 à celui de Dol et une seule à celui de Nantes. Elle comprenait trois églises paroissiales, huit chapelles et deux manoirs.

Mais tous ces biens étaient tellement éparpillés qu'ils ne produisaient point de gros revenus. Le 10 juin 1427 le commandeur, Nicolas Poitevin, afferma toute sa commanderie des Temples de la Guerche et la Nouée moyennant « deux cents écus d'or à la couronne » payables chaque année.


La Guerche, image Jack Bocar
Le Temple de la Guerche — Sources: Jack Bocar


Ses successeurs n'affermèrent les mêmes biens que 2400 livres en 1708 et 2.750 livres en 1741. Néanmoins, quand vint la Révolution, le revenu de la commanderie atteignait environ 10.000 livres suivant M. Paul de la Bigne Villeneuve.

Le commandeur du Temple de la Guerche tenait tous ses biens directement du duc de Bretagne, puis du roi de France, à simple devoir de « prières et oraisons. » Ces biens relevaient en grande partie des cours de Rennes et de Ploërmel, et pour quelques portions de la cour de Goëllo.

Au siècle dernier, le commandeur du Temple de la Guerche n'exerçait plus qu'une moyenne et basse justice dans les fiefs lui appartenant. Mais à cause du grand nombre et surtout de la dispersion de ces fiefs, il était obligé d'entretenir plusieurs tribunaux: C'est ainsi qu'il avait des officiers rendant la justice en son nom à la Guerche, à Rennes, à Vitré, à Châteaugiron, à Montfort, à Dol, à Hédé, à Romillé, à Yvignac, à Plédran, à Plurien et à Plumaugat. Plusieurs de ces juridictions, telles que celles du Temple de la Guerche et du Temple de la Nouée, avaient été, à l'origine, exercées en haute justice. La preuve en demeurait au XVIIIe siècle, dans l'emplacement des fourches patibulaires qu'on montrait encore près de ces Temples et dont la tradition locale conservait toujours le souvenir.

En 1708, Henri de Béchillon, commandeur du Temple de la Guerche, demanda, suivant l'usage pratiqué dans l'Ordre de Malte, la visite de sa commanderie et le procès-verbal des « améliorissements » qu'il y avait faits. Sa requête fut écoutée et les chevaliers frère Charles de Cherbonneau, commandeur de Théval et frère Louis de Brilhac furent chargés par le grand prieur d'Aquitaine d'effectuer la visite sollicitée. Après avoir prêté serment sur la croix de leur Ordre, ils arrivèrent au Temple de la Guerche le 22 novembre 1708 et y furent reçus par le commandeur. Ils commencèrent immédiatement leur visite, dont Louis Renier, notaire de la baronnie de la Guerche, dressa procès-verbal. De leur enquête, nous détacherons seulement ce qui concerne le manoir du Temple de la Guerche.

« Et pour commencer au fait de notre commission, ledit sieur commandeur nous a conduits au bas d'une cour joignant, du bout occidental, le chemin qui conduit au lieu du Portail, où nous avons vu un grand portail de pierre, la grande porte duquel est de bois, faite à deux battants, dans lequel portail est aussi une autre petite porte à main droite, et nous avons vu que le chapeau de pierre dudit portail a esté raccommodé, etc. »

« Et ensuite nous a ledit sieur commandeur conduits à la chapelle de ladite commanderie, dans laquelle avons entré par une grande porte à deux battants, et y avons trouvé messire David Roujoux, prestre et chanoine de l'église collégiale de Nostre-Dame de la Guerche, desservant à présent ladite chapelle, auquel, après avoir pris de l'eau béniste et dis nos prières, avons demandé à quel saint ou sainte est dédiée ladite chapelle; il nous a dit qu'elle est dédiée à sainte-Anne et qu'il ne sait et n'a connoissance qu'il y ait de messes obligatoires autres que trois par semaine, sans distinction de jours, fondées par un chanoine du Chapitre de la Guerche, pour assurance desquelles messes il a affecté et hypothéqué une closerie nommée la Grange-Laceron, valant environ 130 livres de rente, et nous a dit que lesdites messes se disent fort régulièrement. »


La Guerche, image Jack Bocar
Le Temple de la Guerche — Sources: Jack Bocar


Cette fondation fut faite au XVe siècle par Jean Reveleau, chanoine de la Guerche. Les barons de la Guerche refusèrent d'abord de l'autoriser; Catherine d'Alençon, dame de la Guerche, y consentit toutefois le 12 mai 1504, à la prière du chapelain Antoine des Echelles, successeur dans ce petit bénéfice de Louis Reveleau, neveu du fondateur. Mais la baronne de la Guerche posa les conditions suivantes, auxquelles le chapelain dut souscrire: dire chaque année en la chapelle du Temple, à la fête de la Décollation de saint Jean-Baptiste, une messe pour les sires de la Guerche et y offrir ce jour-là un cierge; de plus, à chaque mutation de chapelain, dire dans l'église collégiale de la Guerche une messe à la fête de la Visitation de Notre-Dame, et y offrir aussi ce même jour un cierge de deux livres.

La présentation de cette chapellenie, dite de la Grange-Laceron, appartenait au commandeur de la Guerche, et le Chapitre de Notre-Dame de la Guerche en avait la collation. Le commandeur présentait presque toujours un des chanoines de la collégiale pour desservir cette fondation.

Au reste, il n'y avait ordinairement que de bons rapports entre la commanderie et la collégiale de la Guerche; ainsi en 1440, le commandeur Guy de Domaigné avait fondé, comme nous allons le voir, deux processions des chanoines de Notre-dame à la chapelle du Temple.

Reprenons notre procès-verbal: « Après quoy, avons demandé audit sieur Roujoux qu'il nous fit voir les ornements de ladite chapelle, et nous a fait voir un calice d'argent avec sa patène aussi d'argent, un calice et un crucifix d'étain, des chasubles, nappes, etc. »

« Avons pareillement vu que dans le tableau de ladite chapelle sont les figures de l'Enfant-Jésus; la sainte Vierge, sainte Anne, saint Joachim et saint Joseph; au bas duquel tableau sont les armes d'un commandeur, lequel tableau a esté fait en l'an 1667, ainsi qu'il est escrit au bas d'icelui. »

« Avons aussi vu proche l'autel, du costé de l'évangile, un ancien tombeau de pierre qui marque qu'il a été inhumé un commandeur dans ladite chapelle « Ce tombeau existe encore, mais depuis la destruction de la chapelle du Temple il est transféré dans le parc qu'ont créé les propriétaires actuels. Il se compose d'une belle pierre de granit élevée de terre et posée sur des pieds droits; au haut de la tombe sont deux écussons; l'un de gueules à la croix d'argent qui est l'ancien blason de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem; l'autre: d'argent fretté de gueules, qui est de Domaigné. Autour de la dalle est écrit ce qui suit, en caractères gothiques: Cy gist frère Guy de Domaigné, humble hospitalier et serf des paouvres, qui trespassa en 1452. Priez Dieu que en Paradis soit son asme. Amen. » Des armoiries plus modernes de l'Ordre sont: de gueules à croix pattée d'argent à huit branches, dite croix de Malte.

On trouve aussi dans ce parc un autre tombeau moins ancien, provenant également de la chapelle; il n'a point d'inscription et porte seulement une croix, un calice et un livre. On dit que c'est la tombe du commandeur frère André de Montecler, décédé à son manoir du Temple de la Guerche et inhumé dans sa chapelle le 21 septembre 1725; mais nous croyons plutôt y voir la pierre tombale d'un simple prêtre, peut-être d'un chapelain du Temple.

Rentrons dans cette chapelle de la commanderie: « Et au bout dudit tombeau (de Guy de Domaigné), avons remarqué un banc de bois où se met ledit sieur commandeur pour entendre la sainte messe, comme aussi avons vu dans ladite chapelle trois autres bancs servant à asseoir le peuple; comme aussi avons vu une chaire pour prescher, un bénistier de pierre, et dans le clocher une cloche de moyenne grosseur bien sonnante. Avons pareillement remarqué que la chapelle a esté blanchie nouvellement et que le vitrail a esté raccommodé en plusieurs endroits de vitres neuves; dans lequel vitrail avons vu les armes du Roy et de la province de Bretagne, et dans le mur au dedans de ladite chapelle avons aussi vu les armes de la Religion et celles d'un commandeur (celle de Guy Domaigné). Et avons aussi vu que la charpente qui soutient le clocher a esté raccommodée tout à neuf en plusieurs endroits »

« Et nous a ledit sieur commandeur déclaré que ladite chapelle est a sa présentation, comme commandeur, et qu'il y a deux obits fondés par frère Guy de Domaigné, en son vivant commandeur de ladite commanderie en l'an 1440; la fondation desquels obits oblige Messieurs les chanoines du Chapitre de la Guerche à venir en ladite chapelle, processionnellement, les jours de Sainte-Anne et de la Décollation de saint Jean-Baptiste; que lesdits sieurs chanoines avaient cessé d'acquitter ladite fondation et que, par arrest de la Cour, feu monsieur le commandeur de Menou les fit condamner à continuer ladite fondation, laquelle s'acquitte régulièrement à présent. »

« Après quoy, avons fait toiser ladite chapelle, laquelle contient de long 45 pieds et à 17 pieds de large; et sortis de ladite chapelle par une porte au costé oriental, avons remarqué une croix de pierre plantée sur un pilastre estant sur un escalier de pierre à trois marches. »

Nous venons de dire qu'il ne restait plus rien de cette chapelle du Temple. Le manoir de la commanderie a été plus heureux, il demeure debout a peu prés tel qu'en 1708, sauf la partie joignant la chapelle.
On y arrive aujourd'hui en traversant deux groupes de maisons, appelés l'un la Rue du Temple, et l'autre le Portail. La Rue du Temple, située à un petit kilomètre de la Guerche, devait dépendre originairement de la commanderie; le Portail, qui touche celle-ci, tire son nom de cette antique porte d'entrée dont nous venons de lire la description. Une fois ce portail franchi, on se trouvait jadis dans une première cour de service ou basse cour, d'où l'on entrait dans la cour principale, fermée par la chapelle et le manoir du commandeur; ce dernier édifice, en forme d'équerre, formait naturellement deux côtés du carré de la cour; la chapelle composait au midi un troisième côté qui n'existe plus, et les écuries complétaient avec le portail la cour du manoir vers l'orient.


La Guerche, image Jack Bocar
Le Temple de la Guerche — Sources: Jack Bocar


Maintenant que nous connaissons l'ensemble du bâtiment, entrons parla vieille porte ogivale à la suite des Chevaliers « Après quoy nous a ledit commandeur conduits au manoir et maison principale de ladite commanderie, où nous avons entré par un portail, la porte duquel avons vu estre faite de bois de chesne tout à neuf... et avons ensuite entré dans la salle du manoir. »

Les Chevaliers ne décrivirent pas cette salle, et ils eurent tort, car elle renferme encore maintenant une belle cheminée à colonnes, sur le manteau de laquelle est sculpté l'écusson de Guy de Domaigné: d'argent fretté de gueules.

« Et ensuite avons entré dans l'office, deux celliers, la cuisine... et sommes montés dans une chambre estant sur la salle principale, par un escalier de pierre reparé à neuf; dans laquelle chambre il y a une cheminée, le manteau de laquelle est fait d'une pierre sur laquelle nous avons vu les armes d'un commandeur. »

Cette cheminée existe toujours dans la chambre en question; elle est blasonnée de trois écussons: au centre, celui de Guy de Domaigné: d'argent fretté de gueules; de chaque côté, les armoiries de la Religion: de gueules à la croix d'argent.

De cette chambre, qui devait être la chambre d'honneur du manoir, une porte conduisait anciennement, semble-t-il, dans une tribune élevée au bas de la chapelle. Mais, en 1708; cette porte ne communiquait plus qu'avec « un pigeonnier composant le chapiteau de l'entrée de ladite chapelle. »

« Revenant sur leurs pas, les Chevaliers visitèrent ensuite le corps du logis formant angle droit avec le précédent. Ce bâtiment subsiste, avec sa galerie extérieure qui donne entrée dans plusieurs chambres dont les cheminées à colonnes ont malheureusement, perdu leurs manteaux; le commandeur occupait le dernier de ces appartements. »

« Nous sommes allés dans une autre chambre estant au bout de ladite galerie dans laquelle couche le sieur commandeur, et y avons vu une armoire toute neuve dans laquelle sont les titres de la commanderie. Et de ladite galerie sommes montés par un escalier de bois dans une petite tourelle conduisant dans les greniers qui sont tous en bon estat. »

Redescendus dans les cours, les Chevaliers visitèrent les écuries, puis se rendirent à la métairie, dont ils parcoururent les bâtiments.

« Ensuite ledit sieur commandeur nous a conduits dans le jardin de retenue de ladite commanderie, où nous avons entré par un pont de bois, lequel jardin est entouré de douves, et avons remarqué qu'il y a un réservoir aux costés occidental et méridional... De la nous a conduits au bout de la première cour du costé oriental, où nous avons vu un petit bois de haute fustaie dans lequel il y a des chesnes, etc. Après quoy nous a conduits au moulin à vent dépendant de ladite commanderie, distant d'environ demy quart de lieue d'icelle, qui est en bon estat »

Tel était le manoir du Temple de la Guerche avant la Révolution. Confisqué à cette époque néfaste, il fut vendu comme bien national 31.200 livres, le 2 vendémiaire an III.

De nos jours, le Temple est devenu une jolie propriété moderne: on y a bâti une nouvelle habitation de maître, l'antique logis a été converti en maison de ferme, la chapelle a disparu, et un fort beau parc où se trouvent de magnifiques étables, car le propriétaire est un agronome distingué. Ce qui a complètement changé la physionomie du lieu.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
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Guerno (Le)   (56)
Domus Hospitalis Le Guerno
Département: Morbihan, Arrondissement: Vannes, Canton: Muzillac, Commune: Noyal-Muzillac — 56


Domus Hospitalis Le Guerno
Domus Hospitalis Le Guerno


Dans la paroisse de Noyal-Muzillac, au diocèse de Vannes, les Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem eurent de bonne heure une aumônerie mentionnée dans la charte de 1180 sous le nom de « Eleemosina de Guernou. » Après la suppression de l'Ordre du Temple, l'aumônerie du Guerno fut annexée au Temple de Carentoir et prit elle-même par extension le nom de Temple du Guerno.

En 1570 existait une « petite chapelle fort ancienne et caduque qui se nommoit la chapelle du Temple du Guerno, quelle chapelle et appartenance d'icelle appartenoient au commandeur de Carentoir auquel appartenoit la seigneurie des terres et maisons adjacentes; les habitants desquelles terres et maisons payoient rentes annuelles audit commandeur selon le rolle ancien fait de temps immémorial ; et ledit commandeur, à cause de son Temple du Guerno, avoit fief et juridiction, laquelle se tonoit le lendemain de la feste sainte-Anne par les officiers dudit commandeur. »

Mais à cette époque, les « oblations que les gens de bien faisoient en ladite chapelle » permirent de la reconstruire â peu prés tout entière, sauf une partie où se retrouve encore une porte de style roman; le nouvel édifice fut achevé en 1580; date qui apparaît gravée sur les sablières de la nef.

Le commandeur du Temple de CarentoirDomus Hospitalis Carentoir
Domus Hospitalis Carentoir
jouissait au Guerno en 1574 « de la tierce partie des aumônes et oblations de ladite chapelle, au joignant de laquelle il y a une tenue d'héritages, contenant 23 journaux (Déclaration du Temple de Carentoir). » Un autre aveu de 1664 ajoute que dans cette église « se font toutes fonctions parochiales, y ayant croix, bannière, fonts baptismaux et enterrage »; que le commandeur de Carentoir y est seigneur spirituel et temporel, qu'il prend un tiers des oblations, en laissant un autre tiers pour le service divin et le dernier tiers pour les réparations de l'édifice; qu'autour de la chapelle il y a plusieurs tenues sur lesquelles il y a rente féodale, droits seigneuriaux, dîme à la onzième gerbe et justice haute, moyenne et basse, s'exerçant sous le chapitral de ladite église.

Le Guerno a été érigé en trève d'assez bonne heure ; on possède encore un registre de baptêmes commencé en 1608.. A la fin de ce registre on lit cet avis facétieux:
« Si quis librum par adventure. — Invenerit en son chemin. — Reddat mihi la couverture. — Quae facta est dé parchemin. »

Voici la description de l'église du Guerno en 1643, faite par les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem eux-mêmes: « Dans la paroisse de Noyal-Muzillac il y a un autre temple fondé de Monsieur Saint Jean-Baptiste notre patron, vulgairement appelé Saint-Jean-du-Guerno, en lequel il y a sept autels, quatre portes et nombre de fenestres bien vitrées en la principale desquelles, à droite du grand autel, sont les armes de notre Ordre et au costé et en mesme hauteur d'icelles est l'escusgon des ducs de Bretagne nos bienfaiteurs, et est aussy le banc des commandeurs en lieu prééminant. »

« Et au bas de ladite église du Temple y a une tour forte, bastie en pierres de taille, fermée de deux fortes portes, l'une de bois et l'aultre de fer avec quatre serrures; en laquelle tour il y a une petite croix d'argent doré longue d'une palme, enrichie d'améthistes, dans laquelle il y a du bois de la Vraye-Croix. Plus dans ladite tour sont tous les ornements. qui sont cinq calices d'argent dont l'un est doré, une grande croix d'argent que l'on porte aux processions et nombre de beaux ornements tant de soye que autres estoffes, enrichis de broderies tant d'or, d'argent que de soye, le tout bien soigneusement gardé par les frairiens, lesquels ornements ont esté donnés des aumosnes et oblations qui tombent audit Temple (Etat de la commanderie du Temple de Carentoir). »


Chapelle Le Guerno
Chapelle Le Guerno — Sources Jack Bocar


Comme l'on voit, cette tour du Guerno avait été construite et fortifiée pour recevoir le trésor de l'église et surtout cette précieuse Vraie-Croix apportée probablement de Terre-Sainte par les Chevaliers Hospitaliers. Cette relique attirait au Guerno une grande affluence de pèlerins: « des religieux de Vannes, de Rennes et d'autres villes y venaient prêcher le Carême; le Vendredi-Saint la foule était si grande que l'église ne pouvait la contenir; alors on prêchait la Passion dans la chaire du cimetière. »

Cette chaire extérieure — qui n'est pas une des moindres curiosités du Guerno — est en pierre et terminée inférieurement en nid d'hirondelle; elle fait saillie sur la façade méridionale de l'église; le prédicateur y entrait de l'intérieur du temple par une porte aujourd'hui maçonnée.

Reprenons la description du Temple du Guerno, au temps du commandeur Gilles du Buisson, en 1643: « Est à noter que depuis quelques temps le recteur de Noyal-Muzillac s'est ingéré de troubler le commandeur, tant sur les droits de patronage que sur les oblations, et y ayant eu sentence à Vannes en faveur dudit recteur, ledit commandeur fut appelant au parlement de Rennes et le 3 mai 1642 prit fin le procès et fut accordé ce qui suit: le commandeur, reconnu supérieur audit lieu du Guerno et maintenu en ses droits de patronage et prééminence en ladite chapelle, reconnaît ledit recteur (de Noyal-Muzillac) recteur du Temple et lui laisse le tiers des oblations à la charge d'entretenir le service divin dû audit Temple et chapelle du Guerno; l'autre tiers est pris par les frairiens pour entretenir les réparations et le dernier tiers par le commandeur. »

« Audit lieu du Temple du Guerno il y a charge d'asmes et pour ce sur la grant et principal autel de ladite chapelle il y a un tabernacle auquel repose le précieux corps de Nostre-Seigneur, en bon et deub estat, et fonts baptismaux, croix et bannières. »

« Et sont pareillement sur icelluy autel et aultres les images de plusieurs saints, le tout bien deubment orné et entretenu, ladite chapelle bien blanchie et couverte d'ardoizes avec un campanier sur le mitan où sont deux cloches. »

« Au devant et sur la grande porte est un chapitral aussy basty de pierres de taille, où s'exerce la juridiction quand besoing y est et sans estré à présent empeschée par aucun. »

« Oultre au costé de ladite église vers Midy est le cimetière clos de murailles avec une croix de pierre au milieu sur un grand perron de douze degrés, ladite pierre ou calvaire longue d'environ vingt pieds. »

« Plus, ès environs de ladite église est la bourgade presque toute tenus dudit lieu et nombre d'héritages qui y doibvent des rentes que ledit commandeur a bien fait recognoistre et s'en est fait rendre nombre de nouveaux adveux, oultre la dîme à la onziesme gerbe. »

La déclaration de la commanderie de Carentoir en 1667 signale: « la chapelle du Guerno en laquelle se font toutes les fonctions curiales pour la commodité des frairiens. »

Un état de la même commanderie au commencement du XVIIIe siècle ajoute ceci: « Le Guerno, trêve de la paroisse de Noyal-Muzillac, consiste en un fief affermé 15 livres et une rente de 18 livres, payable par la fabrice de ladite tréve et qu'on croit estre pour le tiers des oblations de ladite chapelle tréviale, où il y a un banc armorié des armes du commandeur du costé de l'Evangile, touchant au balustre, avec les armes dudit commandeur en la vitre principale; on lui donne (audit commandeur) les prières nominales. L'église est bien entretenue à l'exception de la tour où est une relique de la Vraie-Croix, dont la voulte prend l'eau par dessus. »

Enfin la déclaration de Carentoir en 1755, signale les dames recueillies dans la trêve du Guerno et unies à cette époque à l'Hôpital de Malansac.
Actuellement, l'antique église tréviale Saint-Jean du Guerno est devenue paroissiale et dédiée à sainte Anne, dont le culte y est fort ancien, concurremment avec celui de saint Jean-Baptiste. C'est une construction originale, en forme de croix latine. avec un choeur en hémicycle.

« A l'aisselle du bras Nord, se trouve une sorte dé tour basse et carrée couverte en ardoises. Du même côté, vers l'Ouest, est une autre tour en belles pierres de taille de forme cylindrique, amortie en pierre et présentant l'aspect d'une poivrière. »
C'est la tour forte qui renfermait jadis le trésor de l'église. La principale pièce de ce trésor subsiste encore, objet, comme au moyen-âge, de la vénération des fidèles; mais placée aujourd'hui dans un tabernacle du transept septentrional.

« C'est une croix en argent doré, haute de 20 centimètres environ, chargée de dessins gravés, figures et fleurons; elle porte cinq pierres précieuses et, son centre renferme une parcelle de la Vraie Croix. Ses extrémités sont terminées par une sorte de trilobe allongé, mais le pied est moderne. Cette croix est appelée dans le pays la petite soeur de la Vraie-Croix de Sulniac. »

Il faut encore remarquer dans l'église du Guerno les anciennes verrières du choeur, représentant diverses scènes de la vie et de la passion de Notre-Seigneur, avec les écussons de l'Ordre de Malte, des ducs de Bretagne et de plusieurs seigneurs du voisinage, tels que les sires de Rochefort, de Rieux et de Carné.

La chaire extérieure apparaît toujours au sud de l'église ainsi que le beau calvaire de granit signalé en 1643 et formé d'une colonne cannelée d'environ cinq mètres de hauteur, avec un riche chapiteau orné de volutes que surmonte le Christ en croix. Mais l'ancien « chapitrel » — auditoire du sénéchal rendant la justice au nom du commandeur — ne se retrouve plus; c'était en réalité un porche précédant le portail occidental de l'église et sous lequel passait la voie publique; il a été renversé de nos jours.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
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