Maisons ou Hôpitaux

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Fajolles   (82)
Commanderie de Fajolles
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Castelsarrasin, Canton: Saint-Nicolas-de-la-Grave — 82


Commanderie de Fajolles
Commanderie de Fajolles


Le sixième jour du mois de mars 1216 (1217), le chevalier Raymond de Bessencs était reçu dans l'Ordre de Saint-Jean et donnait à Bernard de Capoulège, Prieur de la maison de Toulouse, le dîmaire de Saint-Jean de Fajolles, paroisse située entre Castelsarrasin et le Burgaud.

Les Hospitaliers s'étaient à peine établis sur leur nouveau territoire de Fajolles, qu'ils conçurent le dessein d'y élever une bastide, soit qu'il n'en existât pas encore, soit que l'ancienne ville ne fut plus suffisante pour ses habitants. La date de cette fondation ne nous est pas indiquée d'une manière précise; mais elle existait déjà en 1276 et ses habitants jouissaient d'une constitution communale, comme nous pouvons le voir dans la charte de privilèges que concéda le 8 janvier de cette année le Grand-Prieur, Guillaume de Villaret, aux habitants et aux deux consuls de sa bastide de Fajolles. Nous trouvons dans ce document des détails très circonstanciés sur les règlements du marché qui y fut institué. En voici quelques dispositions: Nul ne pourra vendre des denrées comestibles en ville, qu'il ne les ait apportées au préalable sur la place du marché. Les habitants sont exempts de tout droit de leude, dans les achats ou ventes faits pour leurs usages personnels; mais il n'en est pas de même pour les étrangers qui viennent au marché de Fajolles ; la charte dans ce cas est franchement protectionniste. Tous les marchands ou acheteurs doivent pour eux-mêmes une leude d'un denier cahorsin, qui se réduit à une maille pour les simples colporteurs. Les droits sur les achats et les ventes sont fixés ensuite avec beaucoup de détails: « pour un boeuf, un denier cahorsin; pour une livre de cire, deux deniers cahorsins; pour un âne, deux deniers toisas s'il est ferré; et un seul s'il ne l'est pas ; pour chaque mulet chargé de fer, un denier toisa; pour chaque charge de sel on en donnera une poignée, plus un denier cahorsin ; et pour chaque charge de marmites, on en livrera une valant un denier cahorsin pour prix d'entrée. »

Parmi les objets d'exportation, la charte fait figurer le blé, le vin, les bouteilles de verre, les écuelles et les assiettes de terre, ce qui nous donne une idée des ressources et de l'industrie du pays à cette époque.
Détail particulier à noter, les rixes et les disputes, qui ont le marché pour théâtre, sont punies moins sévèrement que celles survenues partout ailleurs, sans doute à cause de leur multiplicité. Le reste de la charte contient le code de justice, la création des consuls, déclare les habitants quittes de toutes questes faites sans leur consentement, « excepté pour le cas où le Grand-Prieur de Saint-Gilles passerait la mer, ou bien si l'on voulait élever des fortifications ou construire un château fort à Fajolles. »
Nous voyons enfin dans ce document que déjà à cette époque, cette bastide était une dépendance de la commanderie de Castelsarrasin.

Dame Guiraudesse, fille de Gailhart de Bessencs et femme de Pierre de Caumont, avait cédé ses droits sur cette ville et son territoire à noble Jourdain de l'Isle. Ce dernier vint disputer au commandeur de Castelsarrasin la juridiction de Fajolles, dont les seigneurs de Bessencs avaient dû lui tolérer jusqu'alors l'entière jouissance ; la charte que nous venons d'étudier, nous montre en effet le Grand-Prieur agissant comme seul seigneur haut justicier de cette ville.
De ce conflit de prétentions surgit une longue série de procès, qui occupa toute la seconde moitié du XIIIe siècle et qui ne se termina que le 17 novembre 1292, par une sentence arbitrale du sénéchal Eustache de Beaumarchais, choisi par les deux parties pour terminer leurs différends.
La haute juridiction du lieu de Fajolles fut reconnue au seigneur Jourdain, qui consentit à céder sa portion de basse justice au précepteur. Ce dernier aura de plus le droit de nommer les consuls, les juges et les autres officiers pour les causes civiles; mais en retour des concessions faites par le seigneur Jourdain, le Grand-Prieur devra lui donner dans la juridiction de l'Isle une possession équivalente à la moitié de ce droit de basse justice. Cette sentence fut prononcée en présence de Guillaume, abbé de Belleperche, d'Yzarn Jourdain, d'Yzarn de la Graulet, et de Bernard del Bog, chevaliers.

Ce fut en exécution de cet arbitrage que Guillaume de Villaret céda, le 19 juin 1299, au seigneur Jourdain ses droits sur la bastide de Brax, en paréage avec lui.

Peu de temps après, les archives nous montrent Bernard Jourdain fils du précédent, exerçant à Fajolles ses prérogatives de seigneur suzerain. Nous voyons en effet ses délégués Bernard de Goffas, chevalier, et Guillaume-Arnaud de Mascaron, damoiseau, se transporter dans cette ville, où ils somment les consuls « au nom de haut et puissant seigneur Bernard Jourdain, » d'avoir à présenter à la « monstre » de l'Isle, l'homme le plus robuste de chaque maison, « pour suivre le sire dans la guerre des Flandres »; la moitié de la milice de Fajolles devra être armée de lances et l'autre moitié d'arbalètes de fer (mars 1318, 1319). » C'est du reste la seule circonstance où nous voyons les seigneurs de l'Isle exercer leurs droits de haute juridiction, qu'ils durent céder dans la suite aux Hospitaliers; car nous voyons en 1503 les consuls de Fajolles reconnaître le commandeur pour leur seigneur haut justicier.

Les bons rapports établis entre les chevaliers de Saint-Jean et leurs vassaux de Fajolles à la suite de l'octroi des franchises, ne persistèrent pas pendant bien longtemps. Les premières années du XIVe siècle inaugurent en effet une interminable série de procès mus par les consuls contre les commandeurs ; on pourrait à bon droit s'étonner de la multiplicité des discussions soulevées, malgré les actes que nous retrouvons dans les archives et qui auraient dû les prévenir; mais bien souvent ces chicanes ne servaient aux consuls que de simples prétextes pour obtenir, par des moyens détournés, la concession de quelques nouveaux privilèges ou pour faire confirmer ceux dont ils croyaient l'existence menacée. C'est ainsi que nous voyons en 1312, le précepteur de CastelsarrasinDomus Hospitalis de Castelsarrasin
Domus Hospitalis de Castelsarrasin
, Bernard de Saint-Maurice, se présenter devant le juge de Verdun et, après lui avoir donné lecture des lettres de sauvegarde accordées à l'Ordre de Saint-Jean par Philippe IV en 1299, se plaindre de ce qu'au mépris de la royale protection, les consuls de Fajolles refusent obstinément de lui payer la dîme des blés, laines et chanvres. Ces magistrats, interrogés par le juge, avouent « qu'en effet le précepteur avait joui de tout temps des droits en question, et qu'ils ne les lui avaient refusés que pour l'empêcher de violer les libertés concédées par lui ou ses prédécesseurs, comme ils l'accusaient d'en avoir le projet. »
La sentence par laquelle le juge maintint le commandeur dans ses droits et promit aux consuls de les protéger dans la défense de leurs privilèges ne fit que suspendre les hostilités, dont nous ne poursuivrons pas d'avantage rémunération longue et monotone. Notons seulement, dans l'accord conclu entre les deux parties en 1318, la clause qui défend à tout habitant, possédant une maison dans la ville, de la démolir à moins d'en reconstruire une autre.

La bastide de Fajolles, faute sans doute de ressources suffisantes de la part de ses fondateurs, n'avait pas été, comme c'était l'usage, entourée de murailles suffisantes pour la protéger ; c'est ce que peut nous faire supposer la charte de 1276 en nous parlant du projet des Hospitaliers de remédier à cet état de choses, quand la nécessité les y forcerait ou que leurs ressources le leur permettraient.

A la lin du XIVe siècle, grâce à l'impulsion du Grand-Prieur de Lescure, nous les trouvons occupés à réaliser ce projet. Le 15 décembre de l'année 1399, le chevalier Arnaud de Rivière, précepteur de SergeacDomus Hospitalis de Sergeac
Domus Hospitalis de Sergeac
(24) et de CondatDomus Hospitalis de Condat
Domus Hospitalis de Condat
(24), lieutenant du Grand-Prieur, donna à « ses chers et fidèles », Sanche de Montjoye et B. de Gaubet, consuls de Fajolles l'emplacement des nouvelles fortifications et des maisons qu'on pourra construire dans l'intérieur, sous la redevance annuelle d'un denier toisa pour chaque brassée. Les consuls et les habitants seront tenus « d'élever les murailles, de les garnir de barrières extérieures et de chemins de ronde. d'y entretenir des sentinelles de jour et de nuit, ainsi qu'un guetteur dans les temps où les villes voisines se mettront en état de défense; » ils se chargent de faire réparer à l'avenir ces remparts, excepté le château, dont l'entretien et la garde incombent en entier au commandeur. Ce dernier donne à ses vassaux l'autorisation de prendre dans ses bois toutes les poutres nécessaires à la construction, soit des remparts, soit des maisons, et cède aux consuls de Fajolles, les droits directs et utiles sur ce fort.

Malgré ces mesures de précaution, utiles dans la plupart des cas mais quelquefois insuffisantes, il semble que la petite ville de Fajolles ait eu son désastre particulier dans cette terrible période de la guerre contre les Anglais. Nous ne pouvons le constater que par la désolation et la dévastation dont tous le pays présentait l'image quelques années après. Lorsque le commandeur Bernard de Titinhac arriva à Fajolles il fut effrayé par le spectacle qui s'offrait de toutes parts à lui; il ne voyait partout que maisons vides de leurs habitants, champs jadis fertiles, et maintenant abandonnés sans culture. Il fit un appel aux paysans du voisinage et, pour les engager à venir repeupler ces solitudes qui semblaient frappées de malédiction, il se résigna à de nombreux sacrifices et concéda des privilèges aux nouveaux arrivants. Les terres leur furent distribuées moyennant des redevances excessivement réduites. Grâce à ces moyens, la ville et le territoire de Fajolles se repeuplèrent petit à petit; la prospérité des habitants renaissait, se traduisant par l'exactitude avec laquelle ils payaient leurs censés au Commandeur.
Mais son successeur Bernard de Montlezun se crut assez fort pour rétablir les anciennes coutumes et annuler les privilèges récemment accordés. Les habitants de Fajolles se révoltèrent contre ces entreprises et refusèrent le paiement de toute espèce de redevance. Au lieu d'entreprendre une lutte qui aurait pu faire déserter la ville de Fajolles par ses habitants de fraîche date, Bernard de Montlezun préféra transiger avec ses vassaux. Il fut convenu que ces derniers paieraient pour « l'estiage » et « l'affustage » une paire de poules et une journée de labourage, pour chaque maison sise dans l'intérieur de la ville, 2 deniers toisas, pour chaque jardin de 3 perches de large sur 6 de long, 10 deniers tournois petits; moyennant quoi ils seront quittes de la dîme; l'oblie pour chaque sétérée sera d'un double, valant 10 deniers tournois, « sans que les successeurs du Commandeur puissent jamais réclamer davantage; » les habitants seront tenus de faire la garde et le guet sur les remparts et Bernard de Montlezun leur accorde le droit de dépaissance dans toute la juridiction de Fajolles (12 février 1477).

Ce Commandeur ayant été aussi obligé de céder, le but constant de ses successeurs fut de réparer cette défaite; mais ils luttèrent longtemps sans pouvoir en venir à leurs fins. Les consuls de Fajolles étaient à leur poste et résistaient énergiquement aux prétentions des chevaliers. Ce ne fut qu'au bout d'un siècle que le Commandeur du Burgaud, François de Tannes-Salgues, obtint du Parlement de Toulouse, le 6 septembre 1552, une sentence annulant la transaction de 1477 et rétablissant les chevaliers de Saint-Jean en possession des anciens droits, dîmes et agriers, tels qu'ils avaient été réglés dans les chartes de XIIIe siècle.

Pendant toute cette période la circonscription de Fajolles avait subi des transformations successives: d'abord membre de la commanderie de Castelsarrasin, elle en avait été détachée en 1445 pour être unie à celle de Golfech. En 1530 elle fut enlevée à Golfech et réunie définitivement à celle du Burgaud.

Liste des Commandeurs de Fajolles et de Burgaud
1220-1248. Bertrand de Cobirac.
1252-1253. Armand de Boutenac.
1256-1959. Bernard de Saint-Cire.
1261-1262. Azémar de Miramont.
1262-1265. Pierre Boyer.
1268-1271. Bernard Le Roux.
-------1273. Aldebert.
-------1281. Plerre Miguel.
-------1293. Gérard de Colomb.
1295-1599. Dalmace de Corneillan.
-------1306. Eléazar de Rozans.
1311-1316. Guillaume de Rotbald.
1320-1324. Raymond de Jor.
1351-1360. Arnaud de Jor.
-------1371. Jourdain de Lomagne.
-------1393. Bertrand des Roches (de Saxis).
1432-1435. Sanche de Lichardes.
-------1459. Pierre Ferrand.
1461-1468. Jacques de Brion.
1479-1480. Antoine de Murat.
1480-1481. Guy de Montarnal.
1481-1504. Oddet des Ganges.
1505-1516. Raymond de Balaguier.
1581-1521. Gabriel de Murat de Pomeyrols.
1522-1541. Honoré de Grâce.
1517-1560. François de Tannes Saigues.
1562-1577. François de Moreton Chabrilland.
1594-1607. Raymond de Gozon Mélac
1607-1616. Georges de Castellane d'Alluys.
-------1684. Jean de Bernuy gouverneur de la Cavalerie Maltaise, maistre d'hostel de son haltesse.
-------1635. Jean de Lansègue.
1648-1673. Henri de Guast.
1679-1688. François de Flotte.
1688-1706. Louis de Forbin d'Oppède
1707-1715. Elzéar de Sabran des comtes de Forcalquier.
1716-1718. Lazare de Rabasse-Vergons.
1725-1728. Jean-Baptiste de Vintimille des comtes de Marseille.
1733-1734. Henri de Thimbrun-Valence.
1734-1735, Charles de Roquefort Marquein.
-------1737. Jean de Glandevès-Canet
-------1751. N. de Rilhaumette.
1757-1765. Charles-Félix de Galéan Gadagne.
1782-1783. Le bailli de Ligondès.
1784-1785. Le chevalier de Parades.
1785-1789. Le bailli de Pennes.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse: 1883
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Faugaret   (44)
L'Aumônerie Faugaret ou d'Assérac
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: Guérande, Commune: Saint-Molf — 44


Aumônerie Faugaret
Localisation: Aumônerie Faugaret


Les Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem n'étaient point des étrangers à Assérac lorsqu'ils recueillirent une portion du Temple de Faugaret; ils avaient été confirmés dès 1100 par Conan IV dans la possession de l'Aumônerie d'Assérac « Eleemosia de Azarac. » Ils semblent même avoir durant ce XIIe siècle construit l'église paroissiale d'Assérac qui vient de disparaître. M. de La Borderie y releva en 1856, sur l'un des pilastres romans de la nef, une inscription portant le nom de GONTERIUS FRATER. « On ne peut guère douter, dit-il, que ce frère Gantier, architecte de l'église d'Assérac, ne fût un des vaillants moines-chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. »


Manoir de Faugaret
Manoir de Faugaret. — Sources Image: Histoire et Patrimoine


Les Hospitaliers uniront à leur Hôpital d'Assérac ce qui leur advint de l'héritage des Templiers, mais comme l'établissement de ces derniers avait eu plus d'importance que le leur, ils donnèrent au tout le nom de Faugaret.

En 1336 Jacques de Melun, commandeur de Saint-Jean de Nantes et de Faugaret, fit une baillée qui peint bien les moeurs du temps. Il céda à un charpentier nommé Olivier de Launay et à sa femme une maison et des vignes provenant du fonds des Templiers et situées à Pornichet en Saint-Nazaire. Il fut convenu qu'Olivier de Launay et sa femme paieraient chaque année à Escoublac, aux mains du commandeur de Faugaret, une rente de 20 sols et laisseraient à ce même chevalier la moitié du vin que produiraient leurs vignes; de plus le commandeur pourrait pressurer ses propres raisins au pressoir de ladite maison, où l'on devrait le recevoir lui et ses gens pendant la vendange; enfin à la mort des deux époux les maison, vignes, et tout ce qu'ils laisseraient audit lieu appartiendraient l'Hôpital de Faugaret.

La même année 1336, Jacques de Melun poursuivit Hervé sire du Pont, accusé d'avoir fait enlever la crois placée au faite des moulins de mer de Faugaret. Ce seigneur s'excusa, d'avoir donné l'ordre d'abattre cette croix, s'obligea à la faire replacer par ceux qui l'avaient enlevée et avoua n'avoir aucun droit sur ces moulins.

A la suite d'un procès soutenu par frère Jean Chevalier, gouverneur de Faugaret, contre les seigneurs de la Roche-Bernard au sujet de sa juridiction, que réclamaient ces barons, le Conseil du duc Jean V déclara que la commanderie de Faugaret était une fondation des ducs de Bretagne et relevait « prochement » d'eux.

Il parait que durant ce XVe siècle l'Hôpital de Faugaret fut souvent gouverné par des chevaliers distincts des commandeurs de Nantes. Tel fut Robert Le Maistre, fils du seigneur du Boisverd en Saint-Aubin-des-Châteaux, qui prenait en 1438 titre de chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Faugaret; tels furent aussi les Hospitaliers dont nous allons parler.

Guillaume Labbé, commandeur de Faugaret, bailla on 1454, certaine terre propre à faire une saline à Jean de la Lande, sire de Guignen. Deux ans plus tard, il afferma ses moulins de Faugaret pour 50 mines de froment et seigle chaque année. Enfin, en 1460, il acheta 72 oeillets de marais salins qu'il réunit à son domaine de Faugaret.

Le 11 mass 1476 « humble et honneste religieux frère Jean Prévost, commandeur de l'Hospital de Faugaret », rendit aveu au duc de Bretagne pour sa commanderie. Quatre ans après, ce commandeur se trouvant « procureur général des commandeurs, chevaliers et religieux de son Ordre en Bretagne », fut autorisé par le duc François II à publier les bulles d'indulgences que le pape accordait à ceux qui feraient des aumônes aux Chevaliers de Rhodes. Enfin, Jean Prévost gagna en 1483 un procès contre les paroissiens de Mesquer qui voulaient imposer les fouages au sergent de sa commanderie.

Charles de Nouray, grand prieur d'Aquitaine et commandeur de Nantes, jouissait en 1493 de l'Hôpital de Faugaret. Mais le domaine de ce nom fut aliéné en partie dans la première moitié du XVIe siècle et acheté par Jean de Talquéon, seigneur du Plessix-Gabour; Frère Yves Buffeteau, commandeur de Nantes, le retira des mains séculières avant 1566 (?), et Faugaret demeura dès lors jusqu'à la Révolution uni à la commanderie de Nantes.

Ce domaine de Faugaret comprenait:
— Le manoir, hébergement et chapelle de Faugaret en la paroisse d'Assérac, avec un jardin, un clos de vigne et autres appartenances, le tout contenant. 8 journaux de terre à la gaule.
— Le bois de Marlay en la paroisse d'Herbignac, renfermant 50 journaux.
— La Grande Saline (69 oeillets) et la Petite Saline de Faugaret (51 oeillets), plus, la Saline de la Haye (43 oeillets).
— Deux prairies contenant 10 hommées au village de Brésibérin en Assérac.

— Deux baules de marais (en Assérac aussi) propres à faire des salines, l'une de 100 journaux entre l'étier de Quilfistre et l'étier de Faugaret, l'autre de 30 journaux seulement aux environs de Brésibérin.

— « Un estier avec une maison en laquelle y avoit anciennement deux moulins à eau, et iceluy entier conduit dudit manoir de Faugaret jusqu'au village d'Arm, en la paroisse d'Assérac »;
— Un moulin à veut près de Faugaret mentionné en 1469 et affermé alors à Alain de Bogats.

Le commandeur de Faugaret jouissait aussi d'un certain nombre de dîmes, dont voici l'énumération en 1580 et 1679:
— Une dîme de sel au sixième muid sur 60 oeillets de salines à Pont d'Arm.
— Une dîme de grain en Assérac, rapportant 12 boisseaux de seigle.
— D'autres petites dîmes de froment et de seigle dans les paroisses de Mesquer, Herbignac et Saint-Nazaire.
— Enfin quelques dîmes d'agneaux en Assérac, Herbignac, Nivillac et Saint-Dolay.

Il n'est point ici fait mention de la maison Saint-Jean de Guérande, parce que cet hôpital était: alors devenu la propriété de la municipalité de cette ville.

Au siècle dernier, le manoir noble de Faugaret n'était point une maison considérable; dans une cour cernée de murailles s'élevait un petit logis ayant deux chambres basses et deux chambres hautes avec cave et grenier; à côté se trouvait la chapelle; un jardin clos de douves, une prairie et deux moulins en ruines complétaient ce domaine. C'était en 1718 l'habitation d'un fermier, nommé Piédargent, qui payait pour toute la commanderie de Faugaret mille livres au commandeur de Nantes.

La chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste était à peu près abandonnée à cette époque, l'eau des marais voisins y pénétrant, et le service des trois messes par semaine qu'y devait le commandeur se faisait en l'église d'Assérac. Outre ces messes, le commandeur de Faugaret était tenu à solenniser la fête de saint Jean-Baptiste par le chant des premières vêpres, matines, grand'messe et secondes vêpres.

La juridiction de l'Hôpital de Faugaret était une haute justice, relevant du duc de Bretagne, puis du roi, sous le domaine de Guérande; elle s'exerçait encore en l'auditoire de Faugaret en 1718.
Cette juridiction s'étendait dans d'assez nombreuses paroisses:
Assérac
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: Guérande - 44

Guérande
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: Guérande - 44

Herbignac où se trouvait la tenue de Marlay, contenant mille journaux
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: Guérande - 44

Escoublac et sa tenue de Pornichet
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: La Baule-Escoublac - 44

Missillac avec la maison de la Templerie
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: Pontchâteau - 44

Saint-Dolay et ses logis et domaine du Temple
Département: Morbihan, Arrondissement: Vannes, Canton: Muzillac - 56

Saint-Lyphard
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: Guérande - 44

Saint-Molf
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: Guérande - 44

Mesquer
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: Guérande - 44

Piriac-sur-Mer
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: Guérande - 44

Saint-André-des-Eaux
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: La Baule-Escoublac - 44

Saint-Nazaire
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement et Canton: Saint-Nazaire — 44.

Savenay
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: Savenay — 44.

Nivillac
Département: Morbihan, Arrondissement: Vannes, Canton: La Roche-Bernard — 56.

La tradition a conservé souvenir des Hospitaliers en plusieurs de ces paroisses, ainsi, l'on dit qu'en Piriac-sur-Mer, Le Port-aux-Loups et sa maladrerie dépendaient de Faugaret (commune d'Assérac).

A Missillac on leur attribuait la construction de l'ancienne église romane qui vient de disparaître.
Il en était de même de la vieille église de Férel, jadis trève d'Herbignac; et l'on ajoutait qu'à Missillac comme à Férel les Templiers avaient précédé les Hospitaliers.
Enfin, l'on croyait que les chapelles Saint-Jean de Pont-d'Arm en Assérac, Saint-Jean de Pont pas en Herbiginac et la chapelle de Marlay avaient été fondées par les Chevaliers de Faugaret.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
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Fay (Le)   (71)
Domus Hospitalis Le Fay
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Charolles, Canton: La Clayette, Commune: Baudemont — 71


Domus Hospitalis Le Fay
Domus Hospitalis Le Fay


Les Hospitaliers avaient à Le Fay un donjon fortifié dans les décombres duquel on trouva, en 1705, le squelette d'un guerrier ayant à ses côtés un glaive et les débris d'un casque.

Le commandeur de Mâcon était patron de l'église de Baudemont et prélevait les dîmes sur son territoire. Son plus ancien terrier fut dressé en 1490, sous le commandeur Louis de La Roche.
Sources: César Lavirotte — Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne — Membre de la Société française pour la conservation des Monuments — 1852.
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Fayet (le)   (01)
Domus Hospitalis Le Fayet
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Bâgé-le-Châtel — 01


Domus Hospitalis Le Fayet
Domus Hospitalis Le Fayet


— Fey, del Faie.
— Ce petit hameau fut concédé, en janvier 1250, aux hospitaliers d'Epaisse, par Seguin d'Espeysse, chevalier.
Archives du Rhône, fonds de Malte, titres Epaisse.
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
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Feuillee (La)   (29)
Domus Hospitalis La Feuillée
Département: Finistère, Arrondissement: Châteaulin, Canton: Huelgoat — 29


Domus Hospitalis La Feuillée
Domus Hospitalis La Feuillée


Il est toujours aussi difficile de faire la part exacte des deux Ordres dans cette commanderie de La Feuillée, j'ai tout de même fait quelques marques « rouge », là où cela était possible dans les biens des Hospitaliers pour en faire ressortir les biens des Templiers.

Sur l'une des crêtes des montagnes d'Arrez, à 280 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans une contrée sauvage, couverte de landes, dépourvue d'arbres, peu habitée et ne possédant guère de terres labourables, s'élevait au moyen-Aga la commanderie de la Feuillée.

C'était une fondation des ducs de Bretagne qui possédaient non loin de là le château du Huelgoat, entouré d'une vaste forêt dont il reste encore de magnifiques débris.

Chartes de Conan IV duc de Bretagne — Hospitaliers
« La commanderie de la Feuillée, dit un aveu de 1731, est (une fondation des anciens ducs de Bretagne, lesquels conservèrent sous leur protection immédiate les fiefs et les biens en dépendant, afin qu'ils ne pussent être usurpés en l'absence des commandeurs. »
An Folled: « La Feuillée, canton de Huelgoat, arrondissement de Châteaulin (Finistère). »

La Feuillée fondée, probablement dans la première moitié du XIIe siècle, en faveur des Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dut être à l'origine un hospice construit au bord de l'ancienne voie gallo-romaine de Carhaix à Plouguerneau et destiné à secourir les voyageurs pauvres franchissant l'aride passage des monts d'Arrez. La charte de Conan, duc de Bretagne, datée de 1160, mentionne cet établissement, sous le non un peu défiguré de « An Folled », parmi les possessions déjà nombreuses que l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem tenait en Bretagne de la charitable munificence de nos princes.

Cet hospice de la Feuillée dont les commencements furent sans doute très humbles, était destiné à devenir dans le cours des temps le chef-lieu d'une importante commanderie s'étendant dans une foule de paroisses situées en six diocèses.

A la fin du XVIe siècle huit commanderies, à l'origine indépendantes les unes des autres, étaient groupées en une seul commanderie portant le nom de la Feuillée, et cet état de choses persista jusqu'à la Révolution française. Ces huit commanderies étaient:
La Feuillée.
QuimperDomus Hospitalis de Quimper
Domus Hospitalis de Quimper
(Quimper 29)
Le CroistyDomus Hospitalis de Croisty
Domus Hospitalis de Croisty
(Croisty 56).
Le LochDomus Hospitalis le Loch
Domus Hospitalis le Loch
(Commune: Guidel).
PlouaretDomus Hospitalis de Plouaret
Domus Hospitalis de Plouaret
(Plouaret 22).
PléloDomus Hospitalis de Plélo
Domus Hospitalis de Plélo
(Plélo 22).
Le PalacretDomus Hospitalis le Palacret
Domus Hospitalis le Palacret
(Commune Saint-Laurent, 22).
Pont-MelvezDomus Hospitalis de Pont-Melvez
Domus Hospitalis de Pont-Melvez
(Pont-Melvez 22).

Mais il ne, faut pas attacher trop d'importance à cette subdivision de la commanderie de la Feuillée; on la trouve ailleurs divisée en cinq membres, parfois même en dix membres. La constitution des commanderies variait parfois, suivant l'union que faisaient les Chevaliers Hospitaliers de tel membre à tel autre d'après les circonstances.

De ces membres Quimper et Pontmélvez ne furent unies à la Feuillée que durant le XVIe siècle, tandis que les autres commanderies perdirent plus tôt leur autonomie.

Pour nous rendre compte de ce qu'était devenue; à la suite de ces annexions, la commanderie de la Feuillée, il nous. faut étudier successivement chacun de ses membres en commençant par le chef-lieu de l'établissement.

La paroisse entière de la Feuillée, sise en l'évêché de Cornouaille, relevait du commandeur qui portait son nom;

« ledit commandeur s'y trouvant seul seigneur spirituel et temporel, avec juridiction haute, moyenne et basse, exercée sur tous les habitants audit bourg de la Feuillée par sénéchal, bailli, lieutenant, procureur et greffier et avec justice patibulaire à quatre piliers élevés proche ledit bourg. »

Le commandeur jouissait du droit d'avoir au même bourg de la Feuillée un marché tous les mardis et deux foires par an aux fêtes de l'Invention et de l'Exaltation de la Sainte-Croix, aux mois de mai et septembre: « Le marché fut supprimé à la suite des guerres du XVIe siècle qui ruinèrent le pays. Néanmoins Ogée nous dit que de son temps (vers 1775) il se tenait à là Feuillée le premier mardi de chaque mois une foire considérable de bestiaux; il ajoute que deux autres foires, fixées alors au 24 août et le 17 novembre, y duraient six jours chacune. »

Ces foires semblent prouver la présence à Feuillée de reliques de la Vraie Croix offertes à l'adoration des fidèles; celles-ci avaient sans doute été apportées de Terre-Sainte par les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à leur retour des croisades.

L'église paroissiale de la Feuillée, reconstruite de nos jours, était alors un édifice remontant en partie, au XIIIe siècle. Le Commandeur en était le seigneur supérieur, fondateur et prééminencier: aussi y avait-il « son enfeu, ses banc et escabeaux, et ses escussons, et luy seul (était) en possession d'y avoir les prières nominales. »
On voyait, en effet, à la Feuillée « à costé du banc du commandeur, un grand tombeau, enlevé de trois pieds hors de terre, pour leur sépulture; et sur lequel (étaient) des armes inconnues. »

Au commencement de notre siècle apparaissaient encore dans les vieilles verrières peintes de l'église de la Feuillée plusieurs écussons présentant les armoiries des commandeurs.

Cette église était dédiée à saint Jean-Baptiste, patron de l'Ordre des Chevaliers Hospitaliers; en 1617 on y voyait: « à costé du grant autel un tabernacle où reposé la Saint-Sacrement et, dans des capses de bois formant, les statues de Notre Dame et de Monsieur saint Jean. »
Près de la grande porte d'entrée se trouvait: « une chambre avec porte en bois et porte en fer où (étaient) les vases sacrés, ornements et reliques. »

Seigneur patron de la Feuillée le commandeur présentait à l'évêque de Cornouaille, pour desservir la paroisse, un prêtre qui ne prenait que le titre de vicaire, lui-même commandeur étant considéré comme curé primitif. Des offrandes apportées à l'église, un tiers appartenait au commandeur, un autre tiers au vicaire et le reste à la fabrique pour l'entretien de l'édifice. Le vicaire recueillait, en outre, une dîme de grains.

Dans ce même bourg de la Feuillée s'élevait un autre édifice religieux plus ancien que l'église Saint-Jean construite par les Chevaliers Hospitaliers. C'était l'église ou chapelle de Saint-Houardon « qui anciennement souloit estre l'église parrochiale de la Feuillée, ayant un cimetière autour et deus autels à l'intérieur (procès verbal de la visite prieurale de 1617 et 1720). »

De ces autels le principal était orné des statues de la sainte Vierge et de saint Houardon et le second était consacré à saint Maudet et surmonté de son effigie. En 1617 on faisait encore l'office paroissial à toutes les fêtes de Notre-Dame en cet antique sanctuaire dédié aux saints du pays breton. Mais la cloche en avait été enlevée par les gens de guerre à la fin du XVIe siècle et n'était pas encore remplacée. Naturellement le commandeur de la Feuillée jouissait de tous les droits honorifiques en l'église Saint-Houardon dont les vitraux contenaient les armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (même visite prieurale).

Enfin ce modeste bourg de la Feuillée renfermait encore une troisième petite chapelle dédiée à sainte Catherine, elle faisait partie du manoir de la commanderie appelé « logis de l'Hôpital. » C'était l'oratoire privé des commandeurs; aussi n'avait elle qu'un autel et qu'une cloche en 1617 (même visite prieurale).

Quant à ce manoir de l'Hôpital il se trouvait « proche l'église de la Feuillée » et ne consistait plus au XVIIe siècle qu'en une maison habitée par un fermier et composée de « salles, cuisine et chambres haultes, avec caves et celliers et une écurie pour quatre ou cinq chevaulx. »
Autour s'étendaient un jardin, quelques pièces de terre et un bois de décoration contenant 80 cordes. C'était en ce manoir que le commandeur faisait débiter le vin en détail; les jours de foires et marchés, étant personnellement exempt de tous devoirs d'impôts et billots (visite prieurale de 1617).

Depuis un certain temps, en effet, les commandeurs de la Feuillée avaient cessé d'habiter la maison de l'Hôpital; ils lui préférèrent d'abord le manoir de Kerberon, puis celui du Palacret et enfin la commanderie de Pontmelvez.

Dés 1426 on lit dans les cahiers de la Réformation de la noblesse ce qui suit: « Jean Le Fer, metaier, demeure en la ville de Kerberon qui est le lieu principal et manoir du commandeur de la Feuillée seigneur de la paroisse, et y souloient demeurer les prestres chapelains. »

La maison noble de Kerberon, sise en la paroisse de la Feuillée, était un vrai manoir avec cour close de murailles, portail et jardins, étang et bois futaie; la retenue comprenait vingt-quatre pièces de terre, un bois taillis contenant cent journaux et deus moulins appelés Kerberon et Kerelcan (visite prieurale de 1617); c'était une assez jolie terre assise dans une fraîche vallée et une résidence bien plus agréable que le bourg de la Feuillée.

Cette paroisse de la Feuillée se, composait de quatorze villages, compris le bourg, et tout son territoire était divisé en quatre-vingt-quatorze convenants tenus en quevaise du commandeur. Sur chaque convenant étaient dus « un quartier d'avoine grosse faisant deux boisseaux mesure de Morlaix, une poule et trois corvées »; de plus, les tenanciers étaient obligés à laisser au commandeur « la dixme à la sixiesme et septiesme gerbe de tous leurs bleds et grains » et devaient « porter les bleds provenant desdites dixmes et autres redevances aux marchés et ports de mer prochains de la Feuillée, comme Morlaix, Landerneau et autres lieus circonvoisins (visite prieurale de 1617).

Nous venons de nommer la quevàise; c'était « l'usement universel tant dans la dite paroisse de la Feuillée qu'ès autres paroisses et membres de ladite commanderie, aussi bien dans les diocèses de Vannes, Tréguier, Saint-Brieuc et Dol qu'en celui de Quimper. » Aussi le commandeur de Beaulieu de Bel-thomas, rendant aveu au roi pour sa commanderie de la Feuillée en 1697, croit-il devoir expliquer tout au long en quoi consiste la quevaise, « quel usement est tel qui s'ensuit: « En quevaise l'homme quovaisier ne peut tenir plus d'un convenant sous mesme seigneur sans le consentement exprès du seigneur; au deffault duquel consentement l'acceptation de la seconde tenue fait tomber la première en commise au profit du seigneur qui en peut disposer à sa volonté. »

« Le détenteur est tenu d'occuper actuellement et en personne la tenue en quevaise et la mettre en estat, tant à l'égard des terres que des édifices, et si par en et jour il la laisse et cesse d'y demeurer il en demeure privé et peut le seigneur en disposer. »

« La tenue de quevaise ne se peut partager, vendre ni diminuer, eschanger ni hypothéquer par le quevaisier sans l'exprès consentement du seigneur, à peine de privation et commise au profit du seigneur. »

« Au seigneur consentant à la vente est dû le quart denier du prix par recognoissance. »

« Le tenancier est obligé d'ensemencer et labourer chacune année le tiers des terres chaudes de sa tenue, afin que le seigneur ne demeure pas privé de ses droits de dixme et de champart, avant la perception desquels faite par le seigneur Ie quevaisier ne peut rien transporter ni enlever. »

« L'homme laissant plusieurs enfants légitimes, le dernier des masles succède seul au tout de la tenue, à l'exclusion des autres et au défaut de masle la dernière des filles, sans que les autres puissent prétendre aucune récompense. »

« Le décès arrivé du détenteur sans hoirs de corps, la tenue retourne en entier au seigneur, à l'exclusion de tous les collatéraux soit paternels, soit maternels. »

« En quevaise il n'y a ni douaire ni retrait lignager. »

« Le tenancier jouit des émondes des arbres qui sont sur les fossés de sa tenue, mais lie peut couper bois par pied à peine d'amende, dommage et intérêts, oultre la valeur du bois coupé. »

« Tous quevaisiers sont tenus suivre la cour et le moulin et bailler aveu:
1 — Sont tenus aux corvées pour faire charroyer et loger les foins, plus aux fanages, aux voitures de sel et aux charroys de vins, bleds et bois pour la provision de la commanderie.
2 — Semblablement aux charroys des matériaux nécessaires pour la réédification des églises, chapelles, maisons, moulins et chaussées de la dite seigneurie. »

Cet usement de quevaise subsista jusqu'à l'approche de la Révolution dans tonte la commanderie de la Feuillue et ses annexes. Mais en février 1789, le dernier commandeur, Alexandre de Freslon, fut autorisé pat le roi à convertir en cens le droit de quevaise dans sa commanderie de la Feuillée.

Voici les noms des quatorze villages de la Feuillée en 1697 et le nombre des tenues qu'avait chacun d'eux:
Le bourg de la Feuillée (16 tenues);
Kermabilou (5 tenues);
Penanroz (1 tenue);
La Villeblanche (4 tenues);
Kerelcan (13 tenues);
Ruguellou (13 tenues);
Trédudon (6 tenues);
Kerangueroff (6 tenues);
Keruran (5 tenues);
Kerbargain (5 tenues);
Kerberon (3 tenues);
Le Lettier (9 tenues);
Kerbruc (4 tenues);
et Botbihan (4 tenues) (déclaration de 1697).

Mais la commanderie primitive de la Feuillée, ou, comme on disait plus tard, le membre de la Feuillée, ne comprenait pas seulement la paroisse de ce nom; elle s'étendait encore en dix autres paroisses, savoir: Scrigniac, Plounevez-du-Faou, Lopérec et Hanvec (du diocèse de Cornouaille);
Commana, Plounéour-Menez, Plouguin, Plouénan et Taulé (du diocèse de Léon);
Plouigneau et Lannéaou (du diocèse de Tréguier);
En Scrigniac (commune du canton de Huelgoat), le commandeur de la Feuillée possédait le membre de Lannouédic, composé des trois villages de: Lannouédic, Kertanguy et Quilliou, d'une douzaine de tenues et du moulin à eau de Lannéoudic, sur un ruisseau coulant aux pieds des monts d'Arrez, moulin affermé 200 livres en 1897 (déclaration de 1697).

En Plounéour-Menez, Plouénan, Taulé, Plounevez-du-Faou et Lopérec, les commandeurs avaient un certain nombre de villages et de tenues; aussi la charte de 1160 mentionne-t-elle l'aumônerie de Plounevez-du-Faou sous la nom de « Eleemosina de Fou. »

En Hanvec, les tenues et villages étaient plus nombreux, et les Chevaliers de Malte avaient un étang et un moulin. On croit, qu'ils possédèrent même à l'origine l'Hôpital Camfrout, aujourd'hui paroisse « distraite » d'Hanvec, mais les aveux de la Feuillée n'en parlent pas.

Enfin, en Plouguin (commune du canton de Ploudalmézeau) était le membre de Saint-Jean de Banalan, dont le nom « Bannazlanc » figure dans la charte de 1160. Aussi les commandeurs de la Feuillée déclarent-ils que les église et bourg de Saint-Jean Banalan appartiennent en entier à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, excepté une chapelle faisant la my-croix de ladite église du costé de l'évangile, laquelle a été jadis donnée par les commandeurs au baron de Penmarc'h, en recognoissance de quoy ledit baron est tenu poyer 20 sols de rente aux-dits commandeurs. En laquelle église ledit Ordre a ses escussons, banc, escabeaux et accoudoirs, présente le chapelain et prend les offrandes (déclaration de 1697).

Cette église de Banalan renfermait six autels, dont le principal « en pierre et fort long » était surmonté de la statue de la Sainte Vierge, entre celles de saint Jean-Baptiste et de saint Jean l'Evangéliste; les jours de fête, on y plaçait un « devant d'autel en cuivre doré », et on y exposait une relique de saint Jean renfermée dans un bras d'argent. Enfin, au-dessus de la grande porte de l'édifice apparaissait un groupe de pierre représentant saint Jean baptisant Notre-Seigneur, et accompagné des écussons de l'Ordre de Malte (visite de 1720).

L'Hôpital de Banalan conserva longtemps, semble-t-il, son indépendance: en 1443, la chevalier de Rhodes Perrot du Dresnay prenait encore le titre de « gouverneur de Saint-Jehan de Balaznant » (Potier de Courcy, On disait indifféremment Banalan.ou Balanan).

A côté de l'église se trouvait, en effet, « le manoir de Saint-Jean de Banalan, consistant en maisons, cour close de murs » avec deux jardins, une retenue de 8 pièces de terre, un étang et un moulin. On appelait vulgairement ce manoir la Commanderie, et non loin étaient deux autres maisons appartenant également au commandeur mais dont jouissait le chapelain de Banalan, en 1617, dom Charles Le Paige (déclaration de 1697).

Charte de Conan IV duc de Bretagne — Templiers
cum suis rebus, Caerguen: « Caerguen, est un de ces nombreux hameaux du nom de Kerguen ou Ville-Blanche, très communs en Bretagne: il y avait une Villeblanche en La Feuillée (Finistère), une autre en Penhars (Finistère). »

San Kaan, Punmaelvas: « Ponlmelvez (Côtes-d'Armor). Cette commanderie devint assez importante, puis fut réunie à la Feuillée. »
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
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Feuillets (Les)   (01)
Commanderie des Feuillets
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Chalamont, Commune: Châtenay — 01


Commanderie des Feuillets
Localisation: Commanderie des Feuillets


— Domus hospitalis Jerosolimitani de les Foillies; les Follées; les Foillees, les Follies, les Folias; de Foliis; preceptor Foliarum; domus Folliarum; Les Feuillées.
— Cette commanderie que Guichenon assure, à tort, avoir été possédée originairement par les templiers, appartint de tout temps aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
— En 1246, Albert de la Tour, seigneur de Coligny, se désista en sa faveur de tous les droits qu'il pouvait avoir sur le mas de Faye et de la Barandonire.
— Au mois de février 1249, Etienne de la Baume et Ponce, son neveu, lui donnèrent le tiers d'un mas appelé de la Mointareire ou des Planches, situé dans la paroisse de Châtenay.
— Cette même année, Albert de la Tour confirma les concessions qui lui avaient été faites, et notamment la donation du lieu des Bordes par Berlion de Chambut, chevalier, Guillaume de Nogarey et la dame de Sure. Il lui accorda, en outre, le droit de pâturage pour le bétail de sa grange de la Cossière.
— Au mois d'août 1520, le commandeur Pierre de Valence transigea avec Payen et Aymon de Buenc, au sujet des droits que la maison des Feuillets prétendait sur des fonds sis à Bohas et à Rigneux.
— En 1251, Bernard Fournier lui donna tout ce qu'il pouvait avoir à Rigneux-le-Franc.
— En septembre 1267, Albert de la Tour confirma de nouveau les concessions qui lui avaient été faites dans le village de Donsonnaz et dans les paroisses de Saint-Martin-du-Mont et de Tossiat.
— La garde du village des Feuillets appartenait à la famille de Chalamont. Berlion de Chalamont la vendit, au mois de mars 1254, à Gui de la Palud, archidiacre de Lyon. Cette garde donna lieu, en 1269, à des contestations entre Girard de la Palud et Pierre de Dalmace, commandeur.
— En 1278, Berlion de Verfay céda à l'hôpital le moulin des Fontaines, situé à Châtenay, etc.
— Les possessions des Feuillets s'étendaient sur Villette, Revonnas, Chalamont, Montluel, Ambérieu-en-Bugey, Cormoz, la Tranclière, Pérouges, Versailleux, Rigneux-le-Franc, Saint-Martin-du-Mont et Tossiat.
— Six membres dépendaient de cette commanderie: Ecorcheloup, Cossieu, Villars, Molissole, Crozet et Maconnex.
— L'hôpital des Feuillets se composait de quatre grands corps de bâtiments entourés de hautes murailles.
— La chapelle, sous le vocable de saint Jean-Baptiste, était desservie, aux XVIIe siècle, par le curé de Châtenay, moyennant une rente annuelle de 40 livres.

— Voici la suite des commandeurs des Feuillets, telle qu'elle résulte des titres de Malte.
Thomas Ruelle (1246)
Pierre des Planches (1246)
Pierre de Valence (1249-1251)
Pierre Dalmace (1268)
Pierre des Planches (1273)
Pons (1274)
Etienne (1277)
Girin de Cinget (1281)
Jean de Châtelus (1282-1286)
Etienne Bonin (1287)
Humbert de la Baume (1314-1319)
Hugues de Saint-Romain (1324)
François de Moustiers (1328)
Renaud de Fay (1339-1366)
Gui de la Tour, prieur d'Auvergne, administrateur, en 1369
Guichard de Tréverney (1372)
Pierre de Billens (1384-1399)
Antoine ou Arthaud de Rivoire (1404-1414)
Jacques Turrel (1422)
Etienne Le Moine (1429-1439)
Aymard de Seyssel (1445-1468)
Olivier de la Maladière (1474-1490)
Jean de Grolée (1491-1508)
Didier Chévirer (1510)
Guigues Borrel (1513-1517)
Didier de Chenerey (1519)
André Rolland (1520)
Maurice de Jonas (1533)
Guichard Courtin (1542)
Reymond Rhis (1543)
Marc d'Aubigny (1551-1560)
Gilbert Chevrier, dit de Pody (1569-1571)
François d'Apchon (1574-1579)
Jean de Lemps (1606-1610)
Claude de la Verchère (1610-1651)
Eymond-François de la Roche (1657)
Antoine de Montjouvent (1663-1679)
Jean de la Baume de Forsat (1680-1709)
Bernard de Fontette (1718)
Hector-Eléonor de Sainte-Colombe de l'Aubépin, chef d'escadre des galères et maréchal de camp des armées du roi (1732-1736)
Louis d'Ussel de Saint-Martial de Châteauvieux, inspecteur général des galères de France (1738-1746)
François-Marie-Hyacinthe de Pingon, ancien capitaine des galères (1767)
Philippe-Antoine de Blonay, lieutenant général des armées du roi de Sardaigne, commandant de la ville et du comté de Nice (1773-1776)
Charles-Abel de Loras, chevalier, grand-croix de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, ministre auprès de S. M. le roi de Sardaigne, colonel au régiment d'infanterie de Malte, procureur et receveur général de son ordre, au grand prieuré d'Auvergne (1781-1787)
et enfin Georges-Simon Vauchier du Deschaux, chevalier de justice de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem.
— Archives du Rhône, titres des Feuillets.
— Inventaire mss. H, 2191.
— Visites de Malte, mss. H, 2167, folio 202.
— Inventaire de Malte, tome III, fº 49.

Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.

Commanderie des Feuillets
L'archiprêtré de Chalamont fait partie du diocèse de Lyon entre 1032 et 1515, sauf durant quelques années.

La Commanderie des Feuillets sur la paroisse de Châtenay, archiprêtré de Chalamont, appartient à l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem.
Elle reçoit de nombreux biens sur Villette, Revonnas, Chalamont, Montluel, Ambérieu-en-Bugey, Cormoz, la Tranclière, Pérouges, Versailleux, Rigneux-le-Franc, Saint-Martin-du-Mont, Tossiat Châtenay…
Dépendent d'elle les Maisons de Ecorcheloup, Cossieu, Villars, Molissole, Crozet, Maconnex.
L'hôpital des Feuillets comprend quatre bâtiments entourés de murailles, une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste.
Sources: Musée du diocèse de Lyon
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Feuilloux   (58)
Commanderie de Feuilloux
Département: Nièvre, Arrondissement: Nevers, Canton: Dornes, commune: Neuville-les-Decize — 58


Commanderie de Feuilloux
Commanderie de Feuilloux


La commanderie de Feuilloux, Etait membre de la commanderie de La Croix du Bost
Maison du Temple Le Feuilloux, à 11 lieues du bois de Chassain et à 30 du chef, en Nivernais, diocèse de Nevers et à 6 lieues d'icelui, à 3 lieues de Decize, à 5 lieues de Moulins, à demi-heure du Prieuré de Montaupuy, à un quart de lieue de la paroisse de Neuville, consiste en une église de paroisse, château, grange et domaine, terres, prés, bois, étang, justice, dimes, pensions.
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne — Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors — Bâle — Genève — 1883.


commanderie de Feuilloux
Commanderie de Feuilloux — Sources image: O. J. S.


27 03 1574: Transaction suite à un procès pardevant monsieur Le chastelain de Molins... entre Marcial de Vedignat, escuier, sieur dudict lieu et de Classiere au nom et comme procureur de Noble et Religieuse personne frère Gabriel Giraud, commandeur de Paluet (à St Pourçain sur Sioule) et du Feuilloux (à Avril sur Loire 58 près de Neuville-lès-Decize), Religieulx de L'ordre de St Jehan de Hierusalem-Jérusalem Contre HH Me Jehan Delorme, Recepveur de La Ville de Molins, habitant dudict Lieu « Pour Raison de ce que ledict de Vedignac audict non disoit que le 3e febvrier 1571 Noble et reverend sgr frere Jehan Levesque Lors commandeur de la Racherie (à Contigny) au non et comme procureur dudict commandeur auroit baille afferme pour quatre annees et quatre perseptions de fruicz commansees des La St Michel presedente et qui finiront a la St Michel prochain Le membre du Feuilloux despendant de Palluet Pour Le pris et somme de 240 Livres tz chacun an... Pour avoir payement de Laquelle somme Noble frere Nicolas de Fieumarcon, commandeur de Chanonat au non et comme procureur speciallement fonde de NH frere Gabriel Giraud a present commandeur dudict Paluet et Feuilloux et ayant droict de frere Estomati Condo Lors commandeur dudict Paluet et Feuilloux Et suivant La procuration consantie par ledict Giraud audict de Fieumarcon anno Incarn (Incarnationis) doni (domini) millmo (millesimo) Et Ledict Me Jehan Delorme demeurant en cette Ville de Molins pour luy et les siens Lesquelles parties de Leur bon gre et bonne Voulonte ont Congneu et confesse avoir transige passiffie et acorde... en la forme et maniere qui s'ensuit C'est asscavoir que ledict Delorme a promis... que la somme de 100 Livres tz par luy deposee es mains dudict Fournier soit par Ledict de Fieumarcon audict non prinse et retiree Et oultre ce a Ledict Delorme presentement rendu et delivre Audict sieur de Fieumarcon Les Lectres de commission en Vertu desquelles Ladicte saisie avoit este faicte la requeste du procureur d'office de Ladicte Ferte Chaulderon/Chaudron (actuellement La Ferté Langeron 58) L'establissement de Commissaire Vente des fruictz et acquit de Esmee de la Bausme, fermier dudict sgr marquis Par lequel Il appert Ladicte dame marquise avoit Receu dudict Delorme La somme de 240 Livres tz Pour La Vente desdictz fruictz Combien que Ledict Delorme n'en aie paye que la somme de six Vingtz livres tz Pour s'en ayder par ledict sgr de la Chambre ou autre ainsy qu'il appartiendra… es presences de Jehan Gilladeau, boulonger, et Gaspard Foncouverte, Me coustellier, et habitans de Molins… »
[L'incarnation du seigneur est fêtée chaque année le 25 mars, jour de l'Annonciation, neuf mois avant Noël.]
Archives départementales de l'Allier: 3 E 568 Me Pierre Lemaire à Moulins — acte transmis par Jacky POPY


commanderie de Feuilloux
Commanderie de Feuilloux — Sources image: O. J. S.


09 05 1574: Bail à tiltre de ferme et accense pour une année par Noble Nicolas de Fermarcon, commendeur de Chanonat, près Clermont en Auvergne, au nom et comme procureur de NH frère Gabriel Giraud à présent commendeur de Palluet (à St Pourçain sur Sioule) et Feulloux/Feuilloux (à Avril sur Loire 58), procuration du 11 février 1572… A HH Me Jehan Delorme, bourgeois de ceste Ville de Molins… C'est asscavoir « La commenderye de Feulloux et tous aultres membres deppendans d'icelle commenderye du Feulloux et tout ainsi que en a Jouy et Jouy a present Ledict Delorme audict tiltre d'acensse Luy et ses commis et deputez tant audict Feulloux que manbres sans en ce Rien toucher a la commenderye de Palluet ny ses manbres ormis Ledict Feulloux La presente acensse faicte moyennant La somme de 250 Livres tz que Ledict Delorme preneur sera tenu paier audict de Fermarcon audict non de procureur dudict Giraud ou audict Giraud commendeur ayant bonne et sure charge de Recouvrer ladicte somme dans Le premier Jour de may prochain Venant que L'on comptera mil V C soixante et quinze en ceste Ville de Molins en la maison dudict Delorme et ne pourra Ledict preneur faire Ledict paiement en espece que en monnoye du Roy durant Laquelle annee Ledict Delorme sera tenu faire cellebrer Le service acoustume estre dict et cellebre en ladicte commenderye du Feulloux ne pourra aussy Ledict preneur coupper ou faire coupper aulcuns arbres audict Feulloux sy se n'estoit pour Les Reparations necessaires des bastimens et estangz de ladicte commenderye touteffois pourra Ledict preneur durant Ladicte annee prendre et coupper du boys pour Le chaufaige de luy et celuy qui se tiendra en ladicte commenderye sera tenu Ledict preneur de faire conserver Ledict boys de ladicte commenderye durant Ladicte annee et sy aulcuns y couppe boys et qu'ilz fussent condenez en l'esmende Lesdictz esmende appartiendront audict fermier et ou Il adviendroit que Ledict preneur seroit trouble et empesche durant Ladicte annee en La Joissance de ladicte commenderye du Feulloux ou partye d'icelle par Le seigneur de la Ferte Chauderon/Chaudron (actuellement La Ferté Langeron 58) pour Les Raisons qu'il dict pretendre sur La commenderye dudict Feulloux pour Raison du fief par luy pretendu ou aultres et Il n'y seroit provenu par Ledict de Fermarcon ou par Ledict grand commendeur ou aultres pour eulx ne sera tenu Ledict preneur de paier Ladicte acensse sy se n'estoit qu'il eust Receu Le Revenu d'icelle et sera tenu Ledict fermier faire toutes Les poursuyttes necessaires pour Le Recouvrement des debvoirs de ladicte commenderye et en contestations des causes pourra Ledict Delorme appeler Ledict commendeur du Feulloux ou Ledict de Fermarcon, son procureur, pour prendre La cause et garentye par Ledict preneur et a Ledict Fermarcon comme procureur dudict commendeur esleu domicille en sa maison et commendeur de Chanonat et a Ledict Fermarcon audict non promis de garentir Ladicte commenderye dudict Feulloux sus acenssee audict Delorme… presens Jehan Gilladeau, boullonger et Anthoine Desforges aussy boullonger dudict Molins… » (signé Freumarcon et Delorme)
Archives départementales de l'Allier: 3 E 568 Me Pierre Lemaire à Moulins — acte transmis par Jacky POPY

Commanderie de Feuilloux
Feuilloux, hameau et chapelle ruinée sur la commune d'Avril-sur-Loire
— Ancienne Maison du Temple, puis commanderie de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
— Foullyoux, 1287 (registre de l'évêché de Nevers)
— Maison de Feu Loux, 1319 (Marolles)
— Feulloux, 1389 (ibidem, à la limite du Nivernais et du Bourbonnais)
— Foeuilloux, 1389 (A. N.)
— Les Hospitalierz de Feuillox, 1443 (A.N. Fonds de l'évêché)
— Lospital de Feulloux, 1518 (S.)
— Folioux, 1525 (ibidem)
— Le Feulloux, Feulhoux, 1554 (ibidem)
— Le Feuillox, 1632 (ibidem)
Dictionnaire Topographique du département de la Nièvre. Par georges de Soultrait. Paris Imprimerie Impériale. M. DCCC. LXV.
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Figarol   (31)
Commanderie de Figarol
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Saint-Gaudens, Canton: Salies-du-Salat, Commune: Montespan — 31


Commanderie de Figarol
Localisation: Commanderie de Figarol


Vers le milieu du XIIIe siècle. Les Templiers de Montsaunès avaient reçu de Bernard de Tanchoède la donation d'une partie du territoire de Figarol. Les seigneurs de cette localité, Arnaud de Villeneuve et dame Condor sa femme, se dessaisirent en faveur du commandeur Bertrand de Mancioux de leurs droits sur ce territoire (décembre 1251).

Immédiatement après avoir pris possession des dépouilles des Templiers, les chevaliers de Saint-Jean s'efforcèrent de gagner l'affection de leurs vassaux de Figarol par l'octroi de privilèges.

Le 20 octobre de l'année 1337, le précepteur de Montsaunès, Guillaume de la Tour, réunissait autour de lui les six consuls de Figarol, Guillaume de Saint-Julien, damoiseau, Rernard d'Albat, légiste, G. Vital, G. de Mayniès, A. Malet et B. de Bays, pour leur donner connaissance des privilèges qu'en vertu d'une délégation du Grand-Prieur de Toulouse, il concédait à ses vassaux; c'étaient des droits d'usage très étendus sur ses bois du Vernet, où il ne se réservait que la juridiction et ne faisait d'autre prohibition que celle de la chasse: quatre gardes devaient s'opposer aux dégâts et veiller à ce que les habitants n'y chassassent qu'avec l'arc ou l'arbalète et jamais les oiseaux de proie, les sangliers, les chevreuils, les cerfs et autres gros animaux. La charte contient ensuite la défense expresse aux habitants de Figarol de placer ce bois sous la sauvegarde du roi et d'y élever ses panonceaux, moyen usité pour se soustraire à la juridiction seigneuriale et contre lequel la féodalité prenait partout, mais souvent inutilement, ses précautions.

Pendant la seconde moitié du XVe siècle, les Hospitaliers eurent à soutenir des luttes assez vives au sujet de leurs possessions de Figarol. Les habitants de Manoa (Mane), petite localité voisine, prétendaient avoir le droit de dépaissance dans le territoire soumis à la juridiction du commandeur. Un frère servant, nommé Dominique, envoyé sur les lieux, pour le leur défendre au nom de Pierre de Campagne, précepteur de Montsaunès, s'était vu assailli par les femmes de Mane qui l'accablèrent de mauvais traitements. Les habitants effrayés de leur audace et des conséquences qu'elle pourrait entraîner sur eux appelèrent à leur secours un puissant seigneur du voisinage, noble Félix-Bernard de Saint-Pastou, qui disputait de son côté la juridiction de Figarol aux Hospitaliers. Celui-ci vit dans les ouvertures que lui firent les habitants de Mane un moyen précieux de nuire à ses adversaires; aussi y répondit-il avec empressement et soutint-il énergiquement, même par les armes, la prétention de ses turbulents voisins. Pour mettre fin à une querelle qui pouvait prendre des proportions inquiétantes, le commandeur entra en pourparlers avec son rival et le détermina à remettre l'affaire au jugement de Monseigneur Artigue de Mauléon, abbé de Bonnefond, et de Monseigneur Heymerie de Comminges, chevalier, seigneur de Péguilhan. Apres avoir pris connaissance des actes, sur lesquels les deux parties fondaient leurs prétentions, les nobles juges rendirent leur sentence qui fut toute entière en faveur du commandeur. Félix-Bernard de Saint-Pastou se vit condamner à une amende de 30 francs, et les habitants de Mane à une rente annuelle de 2 florins d'or (chaque florin valant 2 gros et 6 ardits); pour réparer l'insulte faite par elles à l'Ordre de Saint-Jean, les femmes de Mane durent se rendre processionnellement, tenant chacune une torche allumée à la main, à la ville de Salies, où elles firent amende honorable au frère Dominique, après quoi, elles allèrent déposer leurs torches devant l'autel de Sainte-Marie de Montsaunès, à qui elles furent offertes. Le jugement fut prononcé au monastère de Bonnefont, le 10e jour d'octobre de l'année 1473 en présence de plusieurs grands seigneurs de la contrée, Jean de Mauléon, seigneur de Beaupuy, W. de Mauléon, seigneur de Casteras, Artigue de Castelbajac, seigneur de Molas, Bernard de Comminges, bâtard de Comminges-Péguilhan, Gaucerand de Mauléon.

Vers la fin du XVIe siècle, nous trouvons les habitants de Figarol en révolte contre leurs seigneurs. Ces derniers voulaient exiger que leurs vassaux fournissent des sentinelles et des guetteurs pour leurs remparts de Montsaunès; cette prétention, les consuls de Figarol la repoussèrent avec énergie et portèrent leurs plaintes à ce sujet au Parlement de Toulouse, qui dut leur donner raison; car il n'est plus fait mention dans la suite de cette exigence des commandeurs de Montsaunès.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883
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Fleurigny   (89)
Domus Hospitalis Fleurigny
Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Sergines, commune: Thorigny-sur-Oreuse — 89


Domus Hospitalis Fleurigny
Domus Hospitalis Fleurigny


La terre de Fleurigny touchait à celle de LaunayDomus Hospitalis de Launay
Domus Hospitalis de Launay
. Elle avait été acquise au prix de 1,400 livres, de Gérard de Brienne, et de Philippa, fille d'Henri, comte de Troyes, sa femme, en vertu de leurs lettres, datées du mois de janvier 1226. Par ces lettres, Gérard et Philippa avaient abandonné au profit des frères de l'Hôpital tout ce qu'ils possédaient à Fleurigny, « apud Florigniacum », en terres, justice et seigneurie.

L'abbé de Saint-Denis-en-France jouissait de quelques droits sur le village de Fleurigny, « super villam Floreigni », car nous le voyons y renoncer, à la demande de Blanche, comtesse de Troyes, en faveur des Hospitaliers, qui devaient lui payer en compensation une rente annuelle de 50 sols parisis, comme le constate l'acte d'accord passé en présence de la comtesse Blanche, en février 1227.

A la fin du XIIIe siècle, les chevaliers de l'Hôpital ajoutèrent à leurs domaines de Fleurigny et de Launay, un fief qu'ils achetèrent en 1299, de Philippe, seigneur de Brunay; lequel fief relevait de l'Hôpital, et consistait en 148 arpents de terre arable, au terroir de Fleurigny, tenant à la Haye de Valières, lieu-dit le Perier, 28 arpents à Laulnoy, lieu-dit la Fontaine-Riant, 7 arpents de pré en Beschereau, et 8 arpents de terre à la fontaine de Beschereau et à la Haye de Boisseau.

On ignore comment et à quelle époque la terre de Fleurigny sortit du domaine de l'Hôpital; car nous la trouvons en 1377, possédée par un sieur Robert de Fleurigny, qui déclare, dans un aveu, la tenir en fief du Grand-Prieur de France, et lui en devoir foi et hommage, à cause de sa commanderie de Launay.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Fonsorbes   (31)
Commanderie de Fonsorbes
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Muret, Canton: Saint-Lys — 31


Commanderie de Fonsorbes
Localisation: Commanderie de Fonsorbes


La commanderie de Fonsorbes est l'un des plus anciens établissements de l'ordre de Saint-Jean, dans nos contrées. C'est aux temps de la première croisade qu'il nous faut remonter pour étudier sa fondation. La charte de donation, dont nous n'avons qu'une copie faite dans le courant du XIIe siècle, nous transporte tout d'abord au milieu d'une lande inculte, dans un château situé à l'embranchement des deux routes de Toulouse à Bonrepos et à la Salvetat de Sainte-Foy ; nous y voyons le Comte Sanche Ier d'Astarac et son fils Bernard, donner à Dieu, au Saint-Sépulcre et à l'hôpital de Jérusalem, représenté par Forton de Hautefage, « leur portion de l'honneur, appelé Fonsorbes, la dîme, les prémisses, en un mot tout ce qui leur appartenait dans l'église et dans la ville du lieu. »

Mais une difficulté se présentait tout d'abord pour les nouveaux possesseurs ; l'exploitation de cette vaste étendue de terrain inculte et couvert de bois exigeait, sur les lieux mêmes, la création d'une résidence où ils pussent s'établir pour la diriger. Or, avant la première croisade, les ressources de l'hôpital de Jérusalem devaient être bien peu considérables et absorbées entièrement par les oeuvres charitables qui s'y pratiquaient. Aussi, quand Forton vint à Jérusalem rendre compte à Gérard, prieur de l'hôpital, de cette donation et prendre ses ordres à ce sujet, celui-ci le renvoya à Durand, son lieutenant à Saint-Gilles, qui lui répondit que l'hôpital ne pouvait rien dépenser pour l'exploitation d'un domaine aussi vaste, mais qu'il le confierait volontiers à quiconque voudrait, pour le service de Dieu, y créer un établissement. Forton de Hautefage proposa de se charger de cette entreprise, en s'engageant à payer à l'hôpital « une rente annuelle proportionnée aux revenus que Dieu lui accorderait. »
Ainsi investi des pleins pouvoirs de ses supérieurs, l'Hospitalier revint dans le Toulousain, où le comte d'Astarac le mit en possession du fief de Fonsorbes, par un second acte passé à Simorre (32), en présence de Raymond, archevêque d'Auch (32). Après quoi, la charte nous le montre, se rendant de nouveau à Jérusalem, où il renouvela ses engagements au prieur Gérard, et où il fit écrire ce document, qui se termine par des anathèmes solennels contre ceux qui contreviendraient aux conditions énoncées.

Suivant l'usage, trop général à cette époque, la charte qui nous occupe n'est pas datée; cherchons si nous ne pouvons suppléer au moins en partie à cette lacune. Dom Brugelle, dans sa « chronique d'Auch », nous apprend qu'on ne trouve plus de traces de Sanche Ier d'Astarac à partir de 1085; mais je crois que, malgré l'opinion de ce savant historien, le fait dont il s'agit et par suite, la mort de Sanche, ne doivent pas être antérieurs aux dernières années du XIe siècle. Nous voyons figurer, en effet, aux côtés du noble comte, Raymond, archevêque d'Auch. Or, dans le courant du XIe siècle, le siège archiépiscopal d'Auch ne fut occupé que par deux prélats de ce nom: le premier qui mourut en 1052, et le second qui gouverna le diocèse depuis 1096 jusqu'en 1118. C'est évidemment de ce dernier qu'il est question ici ; car pendant l'épiscopat de Raymond Ier, Gérard n'était pas encore prieur de l'hôpital de Jérusalem, qu'il devait diriger jusqu'en 1118, et Bernard d'Astarac n'eut sans doute pas figuré dans la donation si elle eût été antérieure à l'année 1066, époque où son père l'associa à son autorité. D'un autre côté, le grand âge de Sanche Ier ne permet pas de supposer qu'il ait pu vivre au delà de l'année 1100. Il est donc à croire que ne pouvant pas prendre part à la croisade, il fit cette donation pour compenser sa non participation à la sainte expédition.
La fréquence des voyages de Forton de Hautefage à Jérusalem semblerait nous indiquer que les faits en question ont dû se passer pendant le cours de la première croisade, alors que la Méditerranée était sillonnée de vaisseaux chrétiens et que les moyens de transports vers la Terre-Sainte étaient singulièrement facilités, c'est-à-dire vers les quatre dernières années du XIe siècle.

La même charte contient plusieurs autres donations faites en même temps à l'Hôpital: ainsi un autre membre de la famille comtale, Arnaud d'Astarac, donne en franc-alleu la Salvetat de Sainte-Foy et, se repentant bientôt de cet excès de générosité, revient sur cette donation pour se réserver les droits d'accapte et d'agrier de ce territoire.
D'autres seigneurs des environs, entraînés par l'exemple de leurs suzerains, Raymond de Pibrac, Ither de Mazerolles, Wilhelm de Marca, Peleguy d'Argumbal, et Calvet de Saysses font cession à l'Hôpital de tous les droits qu'ils avaient sur les fiefs en question.

Quelques années plus tard, deux donations importantes vinrent accroître le domaine des Hospitaliers à Fonsorbes. Folpier de Fajard et sa famille donnèrent à l'Hôpital de Jérusalem, à frère Gérard, hospitalier, le fief de « Diosovol », portion du territoire de Fonsorbes, ainsi que toutes ses dépendances.
Cette donation fut faite entre les mains d'Amélius, évêque de Toulouse, qui permit aux Hospitaliers de faire élever une église dans leur nouvelle possession; autorisation dont ils ne durent pas profiter, car on ne retrouve pas de traces d'églises dans les environs immédiats de Fonsorbes. Ce nom poétique, imposé peut-être par le donateur en souvenir de la croisade et du cri de guerre des chevaliers gascons dans leurs expéditions d'outre-mer, disparût même complètement et se perdit dans l'appellation générale de la commanderie de Fonsorbes.
Au mois d'octobre de l'année 1135, l'un des seigneurs qui partageaient jadis avec les comtes d'Astarac la juridiction de Fonsorbes, Bertrand de Roquefort se dessaisit de ses droits sur cette ville en faveur de l'Hôpital, moyennant une redevance annuelle de deux sols morlans.

La maison de Saint-Jean de Toulouse ayant été fondée dans cet intervalle, la commanderie de Fonsorbes lui fut réunie et n'eût à enregistrer dans la première période de son existence que des donations successives qui rendirent en peu de temps les Hospitaliers les plus puissants seigneurs de la contrée. Ils ne partagèrent bientôt plus leur autorité sur ce territoire qu'avec Bernard d'Orbessan ; c'est ce même seigneur que les historiens nous montrent soutenant avec ses seules forces une lutte acharnée contre les milices communales de Toulouse et signant, le 15 avril 1204, avec les Capitouls, un traité de paix dans lequel il promettait de ne plus faire de rapines, comme par le passé, sur leur territoire, et de servir désormais dans leur armée avec 4 chevaliers. Il était seigneur haut justicier de la ville de Fonsorbes, et il est probable que la prise et la destruction de cette dernière furent un des épisodes de la guerre dont nous venons de parler. Toujours est-il qu'aussitôt après la conclusion de la paix, Bernard d'Orbessan se mit en devoir d'édifier sur le même emplacement une nouvelle ville.

Les archives de la commanderie nous ont conservé la charte que ce seigneur octroya aux futurs habitants le 12 avril 1205. Il commence par énumérer les censés légères auxquelles seront tenus ses vassaux de Fonsorbes; il leur concède à chacun, moyennant une faible redevance, la possession de toutes les terres qu'ils défricheront. Il s'engage ensuite à faire entourer au plutôt la nouvelle ville d'un mur d'enceinte avec son chemin de ronde et ses fossés; les frères de l'Hôpital et les autres chevaliers de Fonsorbes devant se charger de faire élever les fortifications sur leurs portions de terrain, les habitants devront pourvoir dans la suite à l'entretien et aux réparations des murailles et des fossés. Le fondateur promet de ne pas s'opposer au départ de ceux qui, ayant établi leur résidence dans la nouvelle ville voudraient s'en retirer plus tard et même de les faire transporter, eux et leur mobilier « jusqu'à Toulouse ou ailleurs, à une distance de 3 lieues de Fonsorbes. »
Après avoir promulgué son code de justice civile et criminelle, le seigneur Bernard déclare que les simples amendes seront recueillies par 4 probes hommes de la localité, qui dépenseront ces sommes au commun profit des habitants.

La ville construite, il ne pouvait manquer de s'élever bientôt des compétitions d'autorité entre son fondateur et ses puissants voisins, les chevaliers de Saint-Jean.
Nous trouvons, en effet, en l'année 1208, des discussions engagées entre Bernard d'Orbessan et Pierre Baravi, Prieur de Toulouse, au sujet de la juridiction de Fonsorbes, se terminer par une composition à l'amiable. Après avoir examiné les titres des deux parties, les arbitres décidèrent que les Hospitaliers posséderaient en toute propriété les emplacements qu'ils occupaient à Fonsorbes (propersam et locares), l'église, les dîmes, les prémisses dans le fort et dans la ville et devaient partager avec leur compétiteur les droits de leude, de boucherie, de garde des portes et de justice, excepté pour le cas d'homicide où tout revenait au seigneur d'Orbessan.

Grâce à cette sentence, la bonne harmonie ne tarda pas à se rétablir entre les deux rivaux et nous voyons en 1229 Pierre d'Orbessan, fils de Bernard, sur le point de partir pour Rome donner, dans le cas où il viendrait à mourir en voyage, « à Dieu, à la Vierge Marie, à frère Sanche de l'Epée, Prieur de Toulouse, et à frère Guillaume de Barège, précepteur de Fonsorbes, » tous les droits qu'il avait encore sur cette ville ou son territoire.

Ces disputes terminées, l'Hôpital eut à en soutenir encore de très vives avec une autre famille puissante des environs. Raymond de Villemur et ses frères Arnaud-Raymond et Raymond de Rabastens voulaient enlever à frère Guillaume de Serre, précepteur de Fonsorbes et de GavarniDomus Hospitalis de Gavarni
Domus Hospitalis de Gavarni
(commune de Gavarnie-Gèdre 65), par des moyens souvent peu pacifiques, une portion du territoire de la commanderie sur laquelle ils prétendaient avoir des droits. Pour obtenir la paix, le Précepteur, qui n'avait pas alors des ressources suffisantes pour continuer la lutte, se résigna à transiger avec ses redoutables adversaires, qui renoncèrent à leurs prétentions moyennant 800 sols toisas (juin 1255).

Après avoir assuré par ces accords et divers achats leur autorité contre toute compétition, les chevaliers de Saint-Jean en usèrent, peu de temps après, pour le bien de leurs vassaux. La charte de privilèges, octroyée par Bernard d'Orbessan en 1205, assurait plutôt le bien-être matériel des habitants de Fonsorbes que leurs franchises municipales. Aussi n'est-il pas étonnant qu'au bout d'un demi-siècle ces derniers aient senti le besoin d'obtenir des modifications dans le régime sous lequel ils vivaient et aient voulu profiter de la facilité avec laquelle les seigneurs, tant laïques qu'ecclésiastiques, et en particulier les chevaliers du Temple et de Saint-Jean accédaient, durant la seconde moitié du XIIIe siècle, aux aspirations de leurs vassaux vers les libertés communales.

Le troisième jour des calendes de juin (29 mai) de l'année 1279, le Grand-Prieur de Saint-Gilles, Guillaume de Villaret, avait réuni, au château de FrontonDomus Hospitalis de Fronton
Domus Hospitalis de Fronton
, son chapitre provincial, lorsque, devant l'assemblée des chevaliers de l'Hôpital, se présenta une députation des habitants de Fonsorbes qui, « fléchissant les genoux et joignant les mains », supplient le Grand-Prieur de leur octroyer « une charte de commune, sous laquelle ils puissent vivre tranquilles et apprendre ce qu'il leur faut faire. » Guillaume de Villaret prenant en considération leur requête, demande aux députés s'ils veulent s'en rapporter à lui pour le choix de la constitution qui va leur être octroyée. Sur leur réponse affirmative, il leur concède des coutumes analogues à celles qu'il veint d'octroyer à la petite ville d'AignesDomus Hospitalis d'Aignes
Domus Hospitalis d'Aignes
membre dépendant de les commanderies Le TorDomus Hospitalis Le Tor
Domus Hospitalis Le Tor
(commune Mazères 09) de BoulbonneDomus Hospitalis de Boulbonne
Domus Hospitalis de Boulbonne
(commune Cintegabelle 31) et promet de leur en faire délivrer au plus tôt une charte authentique revêtue de son sceau.

En effet, quelques jours après, le 17e jour des calendes de juillet (14 juin) de cette même année, dans la maison de l'hôpital Saint-Jean de Toulouse, le Grand-Prieur de Villaret, entouré de son chapitre provincial, promulguait la charte de commune, octroyée aux habitants de Fonsorbes. Après avoir aboli les droits d'albergue, de taille, de queste et d'emprunt forcé, le Grand-Prieur énumère les libertés qu'il leur accorde et parmi lesquelles je signalerai les suivantes:
Ils pourront marier librement leurs filles partout où ils voudront et n'auront pas d'empêchements pour faire entrer leurs fils dans la cléricature.
La prison préventive est abolie, sauf les cas de meurtres, de blessures mortelles, etc.
Les testaments faits en présence de témoins dignes de foi, par devant l'assemblée des consuls ou, à leur défaut, un frère de l'hôpital, seront valables, « quand même ils ne seraient pas fait suivant la solennité des lois, » et les actes passés par le notaire-greffier de la ville auront la même valeur que des actes publics.
Un accusé ne sera pas tenu de prouver son innocence au moyen du duel judiciaire et son refus de se battre ne prouvera pas sa culpabilité.
Après quoi, le Prieur règle l'administration de la ville: Tous les ans, le Précepteur, assisté de quelques probes hommes de Fonsorbes, choisira quatre consuls catholiques, qui après avoir juré de gouverner la ville avec fidélité et de n'accepter ni présents ni services à cause de leur charge, recevront le serment d'obéissance et d'assistance de leurs administrés; ils auront à veiller à l'entretien des voies publiques, des fontaines et des ponts, et, avec l'aide et le contrôle de quatre personnes élues directement par le peuple, à répartir entre les habitants les dépenses nécessaires à cet effet.
La charte contient ensuite le code de justice, la composition du tribunal, où figurent, sous la présidence du Précepteur ou de son juge, les quatre consuls de Fonsorbes.
Ne dédaignant pas d'entrer dans tous les détails elle fixe les prix que le chapelain pourra réclamer pour les mariages et les enterrements.
Le Prieur termine en confirmant aux habitants la donation faite jadis par Bernard d'Orbessam, de toutes les terres qu'ils défricheront, sous la redevance de la dîme, des prémisses et de l'agrier, et en concédant à la ville quatre nouveaux arpents de terre, pour servir de pâturage communal.

La reconnaissance des habitants de Fonsorbes pour leurs seigneurs fut de courte durée, et cette modeste institution communale se vit, peu de temps après sa fondation, troublée par des orages qui faillirent en compromettre l'existence. Une plainte, portée par les Hospitaliers au tribunal du juge de Rivière, nous apprend que le dimanche avant la fête de l'Annonciation, en l'année 1308, les consuls de Fonsorbes, après avoir organisé une troupe armée sur la place publique, s'étaient rués à l'assaut de la maison Saint-Jean, qu'ils envahirent aux cris de: « A feu ! A feu ! Meurent les meurtriers ! » Ils s'emparèrent de la personne du précepteur, frère Bernard de Saint-Amans; après l'avoir accablé d'injures et de mauvais traitements, avoir mis en pièces son manteau d'Hospitalier ils le traînèrent ignominieusement enchaîné à travers les rues et les places de Fonsorbes et l'enfermèrent dans la maison d'un des consuls, où il resta prisonnier pendant deux jours. La répression de cette émeute ne se fit pas attendre; les consuls eurent beau en appeler d'une juridiction à une autre, la ville de Fonsorbes fut condamnée à payer 1,400 livres tournois d'amende au trésor royal, et 50 livres de dommages au précepteur de Saint-Amans, et fut privée à perpétuité de son consulat et de ses privilèges. Cette sentence fut prononcée dans la ville de Sainte-Foy, le 5 janvier 1311.

Au bout d'un laps de temps plus ou moins long, les habitants de Fonsorbes, ayant sans doute prouvé leur repentir et donné des gages de leur ferme propos de se conduire moins insurrectionnellement à l'avenir, durent obtenir la rémission d'une partie de la peine prononcée contre eux et le rétablissement de leurs coutumes.
Nous retrouvons, en effet, vers la fin du XVe siècle, cette ville administrée par ses quatre consuls, et c'est encore par leurs discussions avec les commandeurs que nous pouvons constater le rétablissement de la magistrature municipale; mais, instruits par l'expérience du passé, ils n'employèrent plus que des moyens légaux et pacifiques.
Le 22 septembre 1483, dans l'église paroissiale de Fonsorbes, le bailli, les consuls et les prud'hommes de la localité se présentaient devant le commandeur Bernard de Montlezun, et lui exposaient que le four banal ne pouvait leur servir à cause de la distance où il se trouvait de la ville; « prenant en considération le bien-être de ses vassaux, » le chevalier leur accorda l'autorisation de construire des fours particuliers, chacun dans sa maison, à la condition de payer annuellement pour chaque feu (pro quolibet lari sive foco) 3 pugnerées de blé passé à deux cribles.
Cette concession n'empêcha pas le même commandeur d'avoir à transiger de nouveau, quelques années plus tard, avec les prétentions sans cesse renaissantes de ses vassaux de Fonsorbes, sur les droits de dîmes et de fournage (1506).

Veut-on savoir comment se faisait la police d'une petite ville au moyen-âge ?
Ecoutons les cries et ordonnances du seigneur de Fonsorbes, prononcés le 16e jour du moys de novembre de l'an 1545 à la place publique de Fonsorbes, par Dominique Saubaterre, lieutenant du juge de Saint-Clar: « Par mandement du seigneur du présent lieu de Fonsorbes et en suyvant les ordonnances du Roy Saint-Loys et arrestz de la court souveraine du Parlement de Thoulouse, est faicte inhibition et deffence à toutz les habitans du dict lieu, de quelque estat ou condition qu'ilz soyent, maistres ou serviteurs, demeurant au dict lieu, mariez ou non mariez, de ne aller aux tabernes ou cabarets pour manger ou boyre, et aux taberniers ou cabaretiers de ne iceulx recepvoir en leurs maysons et tabernes, sur peine ausdicts taberniers ou cabaretiers de 6 livres pour chascune fois ausdicts habitans de 2 livres. Et ce pour esviter plusieurs escandales et inconveniens à la république, blasphèmes contre l'honneur de Dieu, la Vierge Marie, saincts et sainctes du Paradis, malladies pour rayson de gormandise et de desbauchements provenant d'icelle, qui est cause que plusieurs prodigues, jureurs, blasphémateurs deviennent pouvres et indigens; que les deniers qui follement sont despendus ausdictes tabernes soyent pour la deppense de leurs maysons, pour la nourriture et entretainement d'eulx et de leurs familles. »

Si la lecture de ces naïves ordonnances peut exciter quelques sourires, en présence du nombre effrayant qu'ont atteint de nos jours ces établissements que le chevalier du XVIe siècle proscrivait si rigoureusement de la ville de Fonsorbes, et de la contagion des maladies morales qui en sont la conséquence, on est bien forcé d'avouer que ces mesures, que les taverniers avaient peut-être le droit de trouver oppressives, étaient, en définitive, une sauvegarde pour le bonheur et la prospérité des habitants.

Pendant toute cette période, la commanderie de Fonsorbes avait subi plusieurs modifications successives. Dans les premières années du XIIIe siècle, elle fut distraite de la maison de Toulouse pour être réunie à celle de Gavarni. Mais en 1257, le Précepteur de Toulouse la réclama de nouveau devant le chapitre provincial. Une enquête fut ordonnée; les délégués Guillaume L'Ecrivain, précepteur de Montpellier, et Pierre de Villeneuve, vice-prieur de Toulouse, se transportèrent à Fonsorbes, où ils furent assaillis par les plaintes de tous les frères de la maison, contre le commandeur de Gavarni: les étables étaient vides, ainsi que le garde manger, le mobilier avait disparu, « et tous les frères, sauf le chapelain et le portier, étaient nus et mal vêtus, à ce point que le signe de la croix apparaissait à peine sur leurs vêtements, ce qui était à grand déshonnenr pour l'Ordre. »

Aussi, malgré les réclamations du précepteur de Gavarni, le chapitre provincial adjugea-t-il Fonsorbes à son compétiteur.
Lors de la création du Grand-Prieuré de Toulouse et du remaniement des circonscriptions administratives de l'Ordre qui en fut la suite, Fonsorbes fut érigé en commanderie séparée.
Vers 1520 il fut réuni au domaine direct des Grands-Prieurs de Toulouse; état qu'il ne conserva pas longtemps, car nous avons déjà vu comment en 1539, le Grand-Prieur Pierre de Grasse céda à Philippe du Broc, commandeur de Renneville, Fonsorbes, et en reçut en échange Léguevin.

Liste des Commandeurs de Fonsorbes
--------1096. Forton de Hautefage.
--------1135. Bernard de Puysuiran.
--------1157. Arnaud de Puysuiran.
--------1169. Esehafred.
--------1205. Pons le Chapelain.
1229-1233. Guillaume de Barege.
Vers cette époque réunion, de Fonsorbes à Gavarus puis à Toulouse, de 1257 jusqu'en 1330.
1260-1267. Dominique de Caniac.
--------1274. Raymond du Bourg.
--------1275. Bernard de Roux.
--------1279. Raymond du Faur.
1308-1312. Bernard de Saint Amans.
--------1316. Bernard de Gironde.
1331-1338. Arnaud de Serre.
1388-1390. Bertrand Claustra: Receveur du Grand-Prieuré.
1474-1519. Bernard de Montlezun.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883
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Fontenette   (91)
Domus Hospitalis Fontenette
Département: Essonne, Arrondissement: étampes, Canton: Méréville, commune: Abbéville-la-Rivière — 91


Domus Hospitalis Fontenette
Domus Hospitalis Fontenette


On lit dans le procès-verbal de la visite prieurale de 1495: « L'Hospital de Fontenette où a chappelle fort vielle, fondée de Saint-Blaise, chargée de deux messes chascune semaine, où a une vielle maison pour le censier, et donne de proufit le domaine dudit lieu par an, III muids froment, et II muids avoine. »

Il y avait 260 arpents de terre à labour, prés et bois. Fontenette était affermé, en 1757, 530 livres, et en 1788, 2.000 livres.
Le lieu l'Hôpital est la chapelle.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Forêt-Chenue (La)   (10)
Domus Hospitalis La Forêt-Chenue
Département: Aube, Arrondissement: Troyes, Canton: Ervy-le-Châtel, Commune: Saint-Phal — 10


Domus Hospitalis La Forêt-Chenue
Domus Hospitalis La Forêt-Chenue


C'était un autre domaine que l'Hôpital possédait dans la même paroisse de Saint-Phal, et où le Commandeur avait, comme au Perchoir, la haute, moyenne et basse justice. Il se composait de deux métairies, consistant en 216 arpents de terre, au chemin de La Perrière.
Le revenu de la Forêt-Chenue montait, en 1757, à 250 livres; et en 1782, à 450 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
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Fosse-More   (89)
Moulin et forge de Fossemore
Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Villeneuve-l'Archevêque, Commune: Theil-sur-Vanne — 89
Ce moulin et cette forge ont été détruits

Nous avons vu que le moulin de Fossemore, situé sur la rivière de Vannes, dans la paroisse de Theil, à une lieue de Cerisiers, avait été donné en 1133, par Louis-le-Gros, aux frères de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem.

Au XVe siècle, on avait établi des forges en ce moulin. « Appartient à l'Hospital de Cerisiers, ung molin qui s'appelle Molin de Faulce more, où y a audit molin une forge à fer; lequel molin et forge fut baillié à 99 ans, à un nommé Jean Rémi, au canon de 32 livres tournois. » (Visite de 1456).

Plus tard, ce moulin prit le nom de Moulin de la Grande-Forge, et était loué en 1664, avec la maison et quelques prés en dépendant, 880 livres tournois. En 1570, il rapportait à la commanderie chaque année, 450 livres tournois, 500 bottes de foin, douze chapons, quatre plats de poisson et un gâteau le jour des Rois.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Fosse-More, Moulin et forge, commune de Theil.
— Fondés en 1456 (Abbaye de Dilo)
— Aujourd'hui détruits.
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Yonne, rédigé par M. Max. Quantin. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXII.
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Fresne   (18)
Commanderie du Fresne
Département Cher, Arrondissement Vierzon, Canton Argent-sur-Sauldre, Commune: Blancafort — 18


Commanderie du Fresne à Blancafort
Commanderie du Fresne


Les Archives du Cher, si riches en documents concernant les Templiers de Fresne, n'en possèdent que fort peu à partir du moment où la Commanderie passa aux Hospitaliers. Les Archives du Rhône ne sont pas beaucoup plus riches à ce point de vue. On peut suivre néanmoins la suite des commandeurs à partir du commencement du XIVe siècle.
Le premier de ces commandeurs dont on trouve mention est Humbaud de Fava qui, en 1333, reçut des donations de Jean de Mozin et autres.

Ce même commandeur eut à soutenir un procès avec Olivier de Clisson, chevalier, au sujet d'un bois dont celui-ci avait vendu la coupe à un nommé Perreau Botvilain, d'Aubigny, et sur laquelle coupe le commandeur de Fresne prétendait percevoir un droit de un denier pour douze sur la vente. Olivier de Clisson prit fait et cause pour le dit Perreau, et réclama cent livres parisis de dommages et intérêts. L'affaire fut portée au bailliage de Bourges, et le bailli rendit un jugement enjoignant au Commandeur et aux Frères de l'Hôpital de Fresne de surseoir à tout empêchement sous peine de cent livres parisis s'il n'y avait raisons suffisantes et preuves à fournir par devant lui. En conséquence, Jehan Le Piller, sergent royal, donna assignation au commandeur de Fresne de comparaître le lundi avant la fête de Saint-Barnabé l'an 1334. On ne connaît pas l'issue du procès qui n'a d'autre intérêt que le nom de Clisson qui y figure. Il s'agit là d'Olivier III de Clisson, père du connétable, qui tenait les biens en question de sa femme Jeanne de Belleville. Olivier III eut une fin tragique; convaincu d'intelligence avec les Anglais et de trahison, il eut la tête tranchée aux Halles de Paris en 1343.

La Commanderie du Lieu-Dieu de Fresne était en somme, de peu d'importance, aussi fut-elle attribuée, à partir du XVIe siècle, aux servants d'armes ou aux chapelains conventuels. Voici comment elle se composait:

I. Chef
Lieu-Dieu ou L'Hôpital de Fresne, près de Concressault, avec deux métairies et deux moulins.

II. Annexes
Département: Cher, Arrondissement: Bourges, Canton: Chârost — 18
Bribon ?, en la paroisse de Saint-Florent-sur-Cher.

III. Annexe. Saint-Brisson
Département: Loiret, Arrondissement: Montargis, Canton: Gien, Commune: Saint-Brisson-sur-Loire — 45


Domus Hospitalis Saint-Brisson-sur-Loire
Domus Hospitalis Saint-Brisson-sur-Loire


Saint-Brisson-sur-Loire, à quatre lieues du chef.

I. Chef
Dans les commanderies que j'ai antérieurement décrites, il restait d'intéressants vestiges:
Aux Bordes, une chapelle très importante et une partie du château.
A Villefranche des tours reliées par des courtines.
A Lormeteau le château non seulement bien conservé, mais habité.
A Fresne il ne reste rien qu'une petite chapelle et une fraction du château noyée dans une habitation moderne.

Cette chapelle, qui rappelle beaucoup celle de Lespinat en la Commanderie de Villefranche, accuse le milieu du XIIe siècle. La porte qui s'ouvre dans un petit édicule plaqué contre le pignon, est surmontée d'une fenêtre avec bandeau à dents de scie; la corniche repose sur des corbeaux dont quelques-uns portent des têtes sculptées.
La commanderie avait été fortifiée au XVe siècle, une charte de Louis XI datée de 1469, autorise ces fortifications, sur la demande du commandeur Jean de Bridiers « pour ce que le dit Hôpital du Lieu-Dieu de Fresne est assis en pays dangereux, loin de ville fermée ou chastel fort, et que souventes fois est advenu que plusieurs gens de mauvaise vie faisant les gens d'armes (sic), ont séjourné au dit lieu, passé par iceluy et y ont fait plusieurs maux et dommages au suppliant, à ses hommes et sujets. »

En 1733, le fossé et le pont levis existaient encore, mais dans la dernière visite prieurale de 1789, il n'en est plus question, on les avait supprimés comme inutiles et gênants.

Cette visite de 1789 fut faite par un prêtre conventuel, Gilbert Papon, alors que le commandeur de Fresne était lui-même un prêtre conventuel.
Le Grand-Prieur d'Auvergne, Illustrissime et Révérendissime Seigneur, Frère Claude-Marie de Sainte-Colombe de l'Aubépin, avait adjoint à Gilbert Papon, pour la visite, Alexandre de Monspey de Valière, commandeur de Montbrison, mais celui-ci avait esquivé la mission, et seul opéra Gilbert Papon qui prend la qualification de visiteur général et scelle son procès-verbal de ses armes: d'or à la croix d'azur au chef dentelé de gueules surmonté du chef de la Religion; couronne de comte.
Cette visite décrit la chapelle munie d'un autel en en pierre avec un retable en menuiserie faisant tableau et représentant la naissance de saint Jean-Baptiste. Le devant d'autel était en soie, blanc et rosé, avec les armes de divers commandeurs brodées. Derrière l'autel était la sacristie, garnie de tous les ornements sacerdotaux amplement désignés.
Au devant de la porte « dans une espèce de pinacle » il y avait deux cloches. Aux fenêtres, les vitraux portaient les armes de l'Ordre et des anciens commandeurs.

Le château, attenait à la chapelle et on y accédait par un grand portail; il se composait de deux pavillons couverts en « essil », avec deux écuries à chevaux, remises, colombier, étables. Il y avait un auditoire pour les assises et une prison. Le jardin était planté de charmilles en quinconce.

La propriété foncière se composait du domaine dit de la Basse-cour, de la Métairie de la Bergerie, et d'un moulin banal; plus dîmes, cens et rentes. Le commandeur avait droit de justice haute, moyenne et basse, et droit de gruerie. Autrefois, dit une visite prieurale de 1614, « Soûlait avoir une belle forêt, laquelle au temps des guerres il y a plus de trente ans, fut entièrement ruinée et coupée par les capitaines et gens de guerre des partis contraires. »

Après avoir décrit minutieusement toutes les dépendances de la commanderie, le visiteur parle des « Bestiaux d'état », ce que nous appelons aujourd'hui cheptel vif. Ce cheptel ne monte pour les trois domaines qu'à 1450 livres.

Les « meubles d'état » sont plus que modestes, et un curé de village s'en contenterait difficilement aujourd'hui. On y voit figurer: trois lits couverts en serge et en toile, trois tables à manger et trois carrées; six draps de maître; six serviettes de toile; deux nappes deux landiers de fer « qui autrefois ont eu des pommes jaunes qui sont perdues »; pelles et pincettes. A la cuisine, deux grands chenets de fer, tenailles et pincettes; une table de cuisine et ses bancs; une très ancienne armoire à l'antique; six vieilles chaises et neuf autres; six plats d'étain; une roue à rôtir avec chaîne et broches; une armoire de chêne à quatre battants où sont sculptées deux croix de Malte; deux réchauds de cuivre rouge; deux casseroles de cuivre; deux chaudrons et trois marmites de fonte; deux casses de fonte; une lèchefrite; trois poêles de fer; une râpe à râper le sucre. Et c'est à peu près tout.

Ces annexes sises dans la paroisse de Saint-Florent, à quatre lieues du chef, consistaient en domaines, terres, prés, vignes, et n'offraient rien d'intéressant au point de vue historique ou archéologique.

Les revenus de la commanderie étaient en 1789 de 4.700 livres.
Les charges locales étaient payées en grains par les fermiers. Il restait donc au commandeur un revenu net de 3, 941 livres, mais il avait à sa charge les réparations de toute nature.

Commandeurs de Saint-Jean de Jérusalem
1333. — Humbaud de Fava.
— D'or à une plante de fève de deux tiges de sinople.
1422. — Louis de Saint-Sébastien.
1469. — Jean Bridiers.
— D'or à la bande de gueules.
1492. — Bernard Charles.
— D'or à un olivier de sinople.
1506. — Pierre de Salignac.
— D'argent à trois fusées de gueules rangées en fasce.
1522. — Alexandre Bauduin, prêtre conventuel.
1536. — Jean Perret.
— D'azur an chevron d'or accompagné en chef de deux rosés d'argent et en pointe d'une étoile d'or.
1546. — Nicolas de Caritat.
— D'azur au dragon volant d'or lampassé et armé de sable, à la bordure du même.
1557. — Antoine Ferré.
— De gueules à la bande d'or accompagnée de trois fleurs de lys du même.
1571. — Bernard Thys.
— D'argent à trois lions rampants de gueules 2 et 1, le premier tenant en la patte droite une fleur de lys d'or.
1580. — Guillaume de Chasne.
— Parti d'azur et d'or au lion de l'un en l'autre.
1599. — Jean de Micha de Bursin.
— D'argent à trois pals de gueules, au chef d'azur chargé de trois étoiles d'or.
1618. — Jacques Jaquet, prêtre conventuel, obtint en 1627 la faculté de porter la croix d'or au col comme les chevaliers de justice.
Vers 1650. — Philibert de Saillant (d'après Niepce, Le Grand-Prieuré d'Auvergne.)
— Ecartelé au 1 et 4 de sable à l'aigle éployé d'or, en 2 et 3 d'argent en lambel de trois pendants de gueules.
1658. — Antoine de Fiore.
1684. — François du Laurent.
— D'argent à trois aigles de sable.
1713. — Salomon Chemard.
— D'azur à trois marmites d'or.
1734. — Pierre-Gilbert Ragon, prêtre conventuel.
— D'azur à un dragon d'or.
1748. — Michel d'Anterroche, servant d'armes.
— D'azur à la bande d'or chargée de trois mouchetures d'hermine et accompagnée de deux croisettes d'or.
1764. — François-Marie Chassin de la Vernade.
— D'azur à un chêne d'or.
1775. — Joseph-Nicolas du Four, prêtre conventuel.
— D'argent au chevron de sable accompagné en chef de deux étoiles de gueules, et en pointe d'un croissant du même.
Sources: M. Le Comte de Toulgoët-Treanna — Mémoire de la Société des Antiquaires du Centre — Bourges 1912
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Freycenet   (43)
Commanderie de Freycenet
Département: Haute-Loire, Arrondissement: Puy-en-Velay, Canton: Loudes, commune: Saint-Jean-de-Nay — 43


Commanderie de Freycenet
Commanderie de Freycenet


Freycenet était primitivement une grange des Templiers. Ses titres anciens ont été perdus.

En 1562, François du Poyet (du Poghect), commandeur de Tortebesse, au nom de Louis de Lastic, grand-prieur d'Auvergne, afferma à deux paysans du Thiolent la métairie de Freycenet (non compris les terres de Tourellon et les terres quartives), pour trois années, au prix annuel de 33 livres tournois, 29 setiers de seigle, 6 setiers d'orge, 7 setiers d'avoine et 1 setier de froment, le tout mesure du Puy (1).
1. Passé le 7 janvier à la Chaise-Dieu, en l'abbaye (Minutes de Saint Chalvon). — Communication de M. E. Million, bâtonnier de l'ordre des avocats au Puy.

En 1616, le membre de Freycenet, « sis au pays d'Auvergne », consistait en une tour carrée dont le rez-de-chaussée était occupé par une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, en des bâtiments d'exploitation, un four et deux moulins sur le ruisseau de Sail (2).
2. H 2153, folio 994 et suivants.

Le domaine comportait, en terres cultivées, le labourage de quatre paires de boeufs, produisant annuellement 30 setiers de seigle; 12 journaux de prés donnaient 30 chars de foin; il y avait 12 journaux de pâturaux et une grande étendue de bois et buissons.

De ce domaine dépendaient deux vastes tènements, l'un appelé Tourellon, d'un labourage de trois paires de boeufs, et composé de terres quartives, et l'autre appelé le bois de Meaux, essence pin, d'une contenance de 100 setérées: le tout franc de dîme et de taille.

La haute justice appartenait au seigneur de Cereix, la moyenne et basse au commandeur. Les officiers de justice de Freycenet, baille, lieutenant, procureur d'office et greffier, n'avaient d'autres gages que leur chauffage à prendre dans le bois de Meaux, « lequel par eux est fort mal mesnagé. »

En 1609, Freycenet était affermé 210 livres; le fermier avait à sa charge l'entretien du chapelain (3).
3. Commanderie de Montredon, I.

En 1633, Gabriel de Bertrand, seigneur de Pompeyrant, de Prades et du Thiolent, devint fermier au prix de 270 livres, avec la même obligation de pourvoir au service divin. A cette date, Freycenet est indiqué comme dépendant de la commanderie de Montredon (4).
4. Commanderie de Montredon, I.

En 1650, le grand-bailli de Devesset, Jean de Fay de la Tour-Maubourg, abandonna au chevalier Antoine d'Eyssac, son neveu, les revenus de Freycenet en échange de la pension de 160 écus d'or que l'ordre avait assignée à ce dernier sur le bailliage (5).
5. Commanderie de Montredon, I.

En 1658 et 1673, Freycenet fut compris dans les baux collectifs de Saint-Jean-la-Chevalerie, Pébélit et la Sauvetat (6).
6. Saint-Jean-le-Chevalerie, III. n. 19.

En 1726, Freycenet était affermé à M. d'Ally, seigneur du Thiolent, au prix de 800 livres; il le sous-affermait, y compris les moulins, à un grangier qui lui payait 100 livres, 27 setiers de seigle, 3 d'avoine, 4 d'orge, et des redevances en beurre et fromage; les terres quartives valaient, par communes années, 7 ou 8 setiers de seigle, chaque setier faisant deux charges (7).
7. Devesset, titres de la commanderie, visite prieurale.

Les commandeurs du membre de Freycenet sont les mêmes que ceux de Devesset.
Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888
Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888

Commanderie de Freycenet, domaine sur la commune de Saint-Jean-de-Nay
— Domus Miliciae Templi de Fraissenet, 1282 (Templiers du Puy)
— Boria de Freysseneto domus Hospitalis S. Johannis Jerusalem, 1414 (Terrier de Saint-Vidal)
— Freycenet, 1517 (Martel)
— Maison du Temple transférée en 1313 aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, devenue membre de la commanderie de Devesset.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Haute-Loire, par M. Auguste Chassaing. Paris Imprimerie Nationale MDCCCCVII
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Friesen   (68)
Commanderie de Friesen
Département: Haut-Rhin, Arrondissement: Altkirch, Canton: Hirsingue — 68


Commanderie de Friesen
Commanderie de Friesen


Friesen, d'abord unie à la commanderie de Mulhouse, cette maison le fut ensuite à celle de Soultz (En 1541, dit Stoffel), dont le commandeur portait en 1761 le titre de commandeur de SoultzDomus Hospitalis de Soultz
Domus Hospitalis de Soultz
, Colmar, Mulhouse.
L'almanach du grand prieuré d'Allemagne de 1780 ne mentionne plus la commanderie de Friesen.

Commandeurs
1. François Jos. de Griset, 1761. (BC, ms. cit.)
Sources: Nouvelles Oeuvres Inédites de Grandidier — Ordres Militaires et Mélanges Historiques — Strasbourg. Editeur-Libraire H. Huffel — M.D.CCCC. Colmar

Friessen, en français Frechone, commune d'Hirsingen
— Walthero de Friesen, 1267 (Trouillat, Monum. II, 182)
— La Barroiche de Frson, 1370 (Trouillat, IV, 290)
— Zum hauss Frienheim, 1546 (Urb. de la commanderie de Soultz)
— En 1344, l'église poroissiale de Friessen était unie à la Maison de l'Hôpital de Saint-Jean de Mulhouse (Trouillat, Monum., III, regesttes, 827)
— Plus tard, cette maison a été établie à Friessen même.
Sources: Dictionnaire Topographique du département du Haut-Rhin. Par Georges Stoffel. Paris Imprimerie Impériale — M. DCCC. LXVIII.
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Fronton   (31)
Commanderie de Fronton
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Toulouse, Canton: Fronton — 31


Commanderie de Fronton
Commanderie de Fronton


En l'année 1119, le pape Calixte II, avant d'aller prendre à Rome possession du trône pontifical, avait convoqué à Toulouse un concile où figuraient un grand nombre de cardinaux et d'autres prélats. Après avoir présidé les sessions de l'auguste assemblé, le Pontife se dirigea vers l'abbaye de Saint-Théodard. Chemin faisant, il s'arrêta dans la petite ville de Fronton et signala son passage en consacrant lui même l'église qui venait d'y être construite (18 juillet 1119).

Trois ans après, Pons-Bernard de Lapencha, Payen du Pré et leurs familles donnaient à l'hôpital de Jérusalem les droits qu'ils avaient sur cette église, fondée sans doute par eux, sur « les oblations, le cimetière, les dîmes et les prémisses; ils ajoutaient à cette donation celle de 300 emplacements, de 4 sétérées chacun, situés en avant de la porte de Rajols, afin que les hommes des Hospitaliers y fassent une ville, » probablement un faubourg de Fronton qui existait déjà à cette époque, comme nous venons de le constater.

Pons-Bernard et Payen concédaient en outre aux autres habitants de cette Salvetat les droits d'usage et de dépaissance « dans les bois qu'ils possédaient hors des croix de limites, » et se reconnaissaient justiciables des chevaliers de Saint-Jean, si ces derniers ou les habitants de Fronton avaient à se plaindre d'eux.
Cet acte, rédigé en 1122, fut signé par Gérard, Prieur de Toulouse, Bernard de Gaujag, le premier précepteur de Fronton, et quelques seigneurs du voisinage, Arnaud Pons, Hugues de Malag, Bernard de Vacquiers, Grimaud de Salviag.

La vue de ces coteaux ondulés avec leurs riches moissons, leurs nombreux cours d'eau, leurs vastes forêts, où ils pourraient plus tard trouver la dépaissance pour leurs troupeaux et se livrer eux-mêmes aux nobles déduits de la chasse, séduisit tout d'abord les chevaliers de Saint-Jean. Aussi s'empressèrent-ils d'ériger Fronton en chef-lieu de commanderie, en lui adjoignant les seigneuries que l'Ordre possédait déjà dans le voisinage.
Peu de temps après, se dressait auprès des remparts de la ville un magnifique château-fort qui fut depuis lors le séjour préféré des grands dignitaires de l'Ordre dans le midi de la France.

Les ressources ne firent pas du reste défaut aux Hospitaliers pour les frais de leur établissement à Fronton; car nulle part ailleurs ils ne se virent entourés de plus nombreuses marques de sympathie. C'est en premier lieu, Athon de Gajac qui cède au commandeur Eschafred ses fiefs d'Artongs et de Gajèncs, vaste territoire limité par ceux de Nohic, des Termes, de Magnanac, de Sairac et de Villaudric; cession approuvée par les suzerains, Bernard Wilhelm et Jourdain de Villemur (1167).

Voici ensuite deux nobles dames, Martine de Beisceires et sa cousine, Bermonde de Villemur, qui se rendent un vendredi du mois de février de l'année 1180 (1181), dans le cloître de l'hôpital de Fronton, où elles font rédiger par le lévite Pégin un acte, par lequel elles donnent à cet établissement leurs droits sur le marché de la ville.

Les archives nous montrent ensuite le chevalier Arnaud de Montaigut donnant aux Hospitaliers les droits d'albergue et de « captein (On appelait ainsi une redevance par laquelle les habitants d'une ville achetaient la protection de quelque seigneur du voisinage) » qu'il réclamait au nom de son père, Arnaud de Verdun, sur la ville de Fronton et recevant pour cette libéralité des mains du précepteur Aymeric 50 sols melgoriens, en présence de Raymond de Plahello, viguier de Montauban (1189).

Mais, parmi toutes les familles puissantes des environs, celle de Villemur se distingua surtout par ses donations multipliées. Après avoir enrichi la commanderie par la cession de ses droits sur plusieurs de ses dépendances, comme nous le verrons dans la suite, cette famille donna à l'Ordre un de ses membres Jourdain de Villemur, qui apporta avec sa personne « toute la terre, les droits, les hommes et les femmes qu'il tenait de sa mère, dame Saure, à VacquiersDomus Hospitalis de Vacquiers
Domus Hospitalis de Vacquiers
, à Fronton et dans tout le pays compris entre le Girou et le Tarn » (novembre 1215).

Mentionnons enfin la donation que fit en 1216 Hoalrig de Corbarieu de tout ce qu'il possédait à Villemur-sur-TarnDomus Hospitalis de Villemur-sur-Tarn
Domus Hospitalis de Villemur-sur-Tarn
dans la place et au dehors.

Au milieu de toute la sympathie qui entourait ainsi ses débuts, l'hôpital ne se vit troublé dans sa prospérité que par le seigneur Pilfort de Rabastens, et encore cette lutte dût se borner à quelques discussions passagères, dont nous ne connaissons l'existence que par l'accord qui vint y mettre un terme.
Le quatrième jour du mois de juillet 1230, le cloître de Fronton réunissait une noble et imposante assemblée; on y voyait le seigneur Narbs (Albert), abbé de Saint-Théodard de Montauban, Daydé, archidiacre d'Albi, Raymond Escrivan, celui-là même qui, quelques années plus tard, allait verser son sang pour la foi dans les salles du château d'Avignonet, les principaux barons du pays, Izarn de Tauriag, Izarn de Villemur, et au milieu d'eux, le noble Pilfort de Rabastens qui, accompagné de ses deux fils, venait faire sa paix avec Pierre de Gorbarieu, commandeur de Fronton: « ni eux, ni leurs gens ne feront désormais aucun dommage à l'hôpital de Fronton ou à ses habitants, qu'ils jurent de défendre tous les jours de leur vie contre quiconque viendrait les attaquer: » ces serments, les seigneurs de Rabastens les firent sur leurs corps et les saints Evangiles.
Le même jour ils remettaient au commandeur leur ville de Mézens en nantissement d'une somme d'argent, qu'ils lui devaient et qui avait peut-être occasionné les discussions passées.

Les Hospitaliers, devenus par suite de toutes ces donations seigneurs temporels de la ville de Fronton, avaient dû la doter d'une charte communale. Nous constatons en effet, l'existence de sa magistrature municipale, lorsqu'en 1248 Jourdain de Saint-André, Prieur de Toulouse, octroya à ses vassaux de Fronton de nouvelles coutumes qui furent acceptées par les trois consuls et les trois conseillers de cette ville. Ce document ne nous présentant d'autres caractères particuliers à signaler, que quelques dispositions relatives à la chasse du sanglier, du cerf ou du chevreuil, nous ne ferons que mentionner son existence.

Guillaume de Villaret, Grand-Prieur de Saint-Gilles et plus tard Grand maître de l'Ordre, affectionnait d'une manière toute spéciale la résidence de Fronton. C'est là qu'il convoquait les chevaliers de la contrée, pour s'informer de l'état de leurs commanderies; qu'il recevait les plaintes ou les requêtes de ses vassaux et qu'il tenait ses chapitres provinciaux; c'est de là que sont datés la plupart des actes si nombreux de son administration dans le Toulousain. Pendant l'un des séjours qu'il fit dans ce château, le Précepteur de Fronton lui exposa que ses vassaux refusaient de lui payer leurs redevances; le Grand-Prieur, « préférant la miséricorde à la rigueur, » publia une charte, dans laquelle il leur accordait la possession des terres défrichées par eux, à la condition de payer à l'hôpital un denier toisa pour chaque sétérée (1281).
Mais la lutte ne fut suspendue que pour quelques années, et, immédiatement après son élection à la grande maîtrise, Guillaume de Villaret eût à intervenir entre le chevalier Marquis d'Escorneboeuf, commandeur de Fronton et les consuls de la ville, qui étaient dans un état d'insurrection déclarée contre leur seigneur. Sa sentence régla les droits de dépaissance dans les bois de la commanderie, confirma les privilèges de la commune, décida que la haute justice appartenait aux Hospitaliers et enfin condamna la communauté de Fronton à payer à l'hôpital, « en réparation des agressions graves et énormes, » qu'elle avait dirigées contre lui, une amende de 1,000 livres tournois (1300).

A peu près vers la même époque, les habitants de Bouloc, petite ville du voisinage, vinrent se plaindre au juge de Ville-longue, de ce que les gens et les vassaux de l'hôpital de Fronton avaient pris les armes contre eux et les avaient attaqués au mépris de tout droit. Le juge avait puni les chevaliers de Saint-Jean, en plaçant les sergents du roi avec leurs hommes en garnison dans la citadelle de Fronton. Ces derniers avaient traité la place en pays conquis et l'avaient livrée au pillage. Ce fut au tour du commandeur de demander justice au même tribunal, qui, après avoir reçu les aveux des sergents, les condamna à réparer les dommages causés à l'hôpital (1308).

Les séjours fréquents des grands dignitaires de l'Ordre dans le château de Fronton, les privilèges qu'ils avaient concédés aux habitants et en particulier l'exemption du paiement d'une partie des dîmes accordées vers cette époque par le Grand-Maître, Foulques de Villaret, n'avaient pas peu contribué à l'agrandissement de la ville. Mais, malgré tout ce que les Hospitaliers avaient pu faire en faveur de leurs vassaux de Fronton, l'entente était loin d'exister entre eux. Il semble que plus grande était la somme des libertés concédées aux habitants, plus s'accroissaient leurs prétentions. Nous les voyons porter sans cesse leurs plaintes, tantôt devant le tribunal des commissaires délégués par le roi pour la réformation du pays de Languedoc, tantôt devant le sénéchal, tantôt même devant le Souverain-Pontife.
Effrayés des dépenses que leur occasionnaient ces interminables procès, le commandeur Guillaume de Chavanon et les consuls prirent le sage parti de recourir aux moyens de conciliation, et conclurent un accord pour régler tous les points en litige; nous y remarquons, comme dans la charte de 1248, des règlements minutieux sur la chasse: si un habitant prend un lièvre dans un territoire réservé, il pourra le garder librement, tandis que, si c'est un lapin, il devra l'apporter à l'hôpital pour le laisser au Précepteur, ou le faire manger séance tenante « par ses chiens, de manière à ne pas en profiter. » Cet accord, conclu le 26 juin 1328, fut approuvé le lendemain par Aycard de Miramont, lieutenant du Grand-Prieur et par le chapitre provincial qu'il présidait dans ce moment à Fronton.

Par suite de l'accroissement considérable de sa population, les murs de la ville de Fronton étaient devenus trop étroits. Les habitants de ses faubourgs regardaient avec envie ceux qui, plus favorisés qu'eux, possédaient dans l'intérieur de l'enceinte un abri, dont les dangers, qui les menaçaient sans cesse, leur faisaient apprécier tous les avantages. De concert avec les chevaliers de Saint-Jean, ils adressèrent une requête au Sénéchal de Toulouse, afin d'obtenir de lui l'autorisation de remédier à cet état de choses. Ce dernier chargea Jourdain de Lomagne, commandeur du Burgaud (31), de faire une enquête à ce sujet, et, d'après l'avis favorable de ce dernier, autorisa l'entreprise. Aussitôt après, nous voyons le Grand-Prieur Gaucher de la Bastide Rolland, conclure dans ce but un accord avec les consuls de Fronton: ces derniers se chargent de faire entourer dans l'espace de deux années, de bonnes murailles, de fossés et de barrières, le terrain, jugé nécessaire pour l'agrandissement de la ville, et qui mesurait 56 brassées d'un côté, 52 d'un autre sur 19 de large. Le Prieur leur donnera le sol à raison de trois « pietes d'oblies » pour chaque emplacement d'une brassée de large sur 5 de long, ainsi que le bois nécessaire à ces constructions, et pourvoira de plus à la nourriture du maître chargé de l'entreprise. Les consuls fourniront en outre aux chevaliers, en temps de guerre, 7 hommes pour la garde de son château et un ou deux guetteurs. Ce traité, juré par les deux parties de la manière accoutumée, c'est-à-dire par le Grand-Prieur « sur la croix de son manteau, comme un prélat, » et par les consuls sur le livre des Evangiles, fut conclu le 18 septembre 1371.
Deux ans après, à la fin des premiers travaux, dans un traité supplémentaire, les consuls s'engagèrent à séparer l'ancienne ville de son agrandissement par un fossé et une muraille de 2 brassées de haut, hors oeuvre, sur 4 pans de large, tandis que le Grand-Prieur consentait à recevoir les bestiaux des habitants derrière les palissades de son château.

Vers le commencement du XVe siècle, la commanderie de Fronton fut érigée en chambre Prieurale et les Grands-Prieurs de Toulouse administrèrent directement cette importante circonscription de l'Ordre.

Si l'histoire ne nous dit rien du sort de la place de Fronton pendant les guerres contre les Anglais, en revanche son nom revient souvent dans les annales des luttes religieuses du XVIe siècle; le rôle de ces murailles, à l'érection desquelles nous venons d'assister, devient alors très actif. Placé entre Toulouse, qui était le quartier général des troupes catholiques et Montauban, le plus formidable rempart du protestantisme dans le midi, Fronton était une position importante, destinée forcément à servir de théâtre à de nombreuses luttes. Le fier donjon des Hospitaliers était comme le poste avancé de l'armée catholique et gênait singulièrement les incursions que les Huguenots tentaient souvent dans la plaine fertile qui s'étendait à ses pieds. Aussi cette place était-elle occupée par une forte garnison, autant pour la défendre que pour réprimer l'audace des bandes montalbanaises, à qui elle infligea plus d'une sanglante leçon, lorsqu'elles avaient l'imprudence de passer trop près de ces redoutables remparts. Les protestants ne tardèrent pas à former le projet de réunir des forces considérables pour enlever cette position importante.
En 1567, quand le prince de Condé eut de nouveau appelé ses coreligionnaires aux armes, ses lieutenants le comte de Bruniquel, les vicomtes de Paulin, de Montclar et de Caumont, joignirent leurs forces qui se montaient à plus de 7,000 hommes pour venir à bout de cette entreprise. Le dimanche, 18 octobre, ils se présentaient avec leur armée devant les remparts de Fronton. Comme la place paraissait résolue à une défense énergique, malgré la supériorité des assaillants et que ceux-ci n'avaient pas d'artillerie, ils envoyèrent requérir les paysans des environs, qu'ils employèrent à saper les murailles; la brèche ayant été pratiquée de la sorte, les colonnes protestantes s'emparèrent de la place, firent main basse sur toute la garnison, détruisirent les murailles de la ville et du château qu'ils ne comptaient pas pouvoir conserver dans l'avenir et en abandonnèrent les ruines.

Malgré le désastre qu'il venait de subir et la perte de ses revenus dans la plus grande partie des seigneuries qu'il possédait, le Grand-Prieur, Pierre de Beaulac Tresbons, se mit à l'oeuvre avec dévouement et fit relever généreusement à ses frais les fortifications de Fronton. Cette entreprise eût été terminée promptement, si le Grand-Prieur eut trouvé quelque concours de la part de ses vassaux. Mais, malgré un arrêt du juge de Fronton, du 31 janvier 1568, qui condamnait les habitants « à réparer les murailles et (apparouts) dans l'espace de six semaines, sous peine de 500 livres tournois d'amende, » ces derniers, non contents de ne pas contribuer aux frais considérables de cette réparation, se refusèrent même à creuser plus profondément les fossés, ce qui avait été reconnu indispensable par le capitaine de Fronton. Poussé à bout par ce mauvais vouloir, qui pouvait compromettre le sort de la ville Pierre de Beaulac demanda, « l'aide de Monseigneur le marcschal de Dampville, lieutenant et gouverneur pour le roy ez provinces et pays de Languedoc, Guyenne, Provence et Daulphinée. » Ce dernier écrivit au bas de la requête, l'ordre au capitaine Beubes de contraindre, au nom du Roi, les habitants de Fronton et des villes voisines à exécuter les réparations des murailles et le creusement des fossés (15 novembre 1569).

Un second document nous montre l'huissier allant sommer les consuls de Pompignan, Castelnau-d'Estretefonds, Siurac, Saint-Rustice, Villaudric, Bouloc, Canals, Villeneuve, Vacquiès et Magnanac de fournir pour cet objet leurs contingents de travailleurs, « à peine d'estre dictz et déclarez rebelles au roy. »

L'urgence de ces réparations ne tarda pas à être justifiée par les événements. Quatre ans plus tard, les protestants s'étaient emparés de Fignan, d'où ils répandaient leurs ravages dans toute la contrée. La Villedieu-du-Temple avait été prise, la tour d'Orgueil venait de tomber en leur pouvoir; la place de Fronton se trouvait menacée d'un nouveau désastre que le baron de Fourquevaux, commandant des forces catholiques, prévint en y jetant une forte garnison sous les ordres du capitaine de Clairac (1573).

Dans la seconde période des guerres religieuses qui ensanglantèrent le pays pendant la première partie du XVIIe siècle, si la ville de Fronton ne fut pas prise, ses dépendances eurent à subir plusieurs désastres, comme nous le verrons dans la suite, et la campagne voisine fut tellement ravagée que le Grand-Prieur se vit forcé de réduire les redevances dues par ses vassaux.
La paix définitive, signée en 1628, vint terminer l'histoire militaire de Fronton et de ses dépendances et la série tristement longue des malheurs que ces villes eurent à souffrir.

En poursuivant l'étude de ces sièges et de ces luttes extérieures, nous avons laissé de côté l'histoire des dissensions intestines entre les chevaliers de Saint-Jean et leurs vassaux de Fronton, dissensions que cette période si agitée ne put même suspendre. Depuis l'érection de Fronton en Chambre Prieurale, les consuls de cette ville avaient profité de ce qu'ils n'étaient pas surveillés d'aussi près que par le passé, pour accroître insensiblement leurs prérogatives et usurper sur l'autorité de leurs seigneurs. C'est ainsi que les chevaliers leur ayant abandonné dans le principe la réglementation de la justice et la connaissance des causes judiciaires de peu d'importance, les magistrats municipaux s'étaient emparé petit à petit de l'exercice de la haute justice. Les Grands-Prieurs ne songèrent à réclamer contre cet empiétement que lorsqu'ils y furent forcés par les conséquences abusives de cette usurpation. Pour rétablir les droits, il fallut que le Grand-Prieur, Didier de Saint-Jal, adressât au sénéchal une requête où il lui exposait « que dans la baronnie de Fronton les Prieurs de Toulouse possèdent un château-fort, qui leur sert de résidence et qui est le chef-lieu de la baronnie et des villes qui en dépendent, que le droit de justice y a appartenu de tout temps aux Hospitaliers; puisque ce sont eux qui paient tous les exécuteurs, bourreaux et leurs aides. » Il fait voir qu'à Fronton, comme dans tous les lieux où ils sont chargés de la justice, les consuls sont impuissants à réprimer les crimes, « pactisant quelquefois avec les malfaiteurs et procédant presque toujours par commères ou compères. » Il cite à l'appui de son opinion plusieurs faits récents, entre autres l'évasion d'un détrousseur de grands chemins, grâce à la complicité des habitants et des consuls, qui, pour protéger sa fuite, se mirent à sonner la cloche d'alarme, « appelée le Tocasaint ou l'Ordre » (1523).
Si nous ne connaissons pas la sentence du sénéchal sur cette question, celle que le Parlement rendit en 1536 donna complètement gain de cause au Grand-Prieur.

Un autre arrêt rendu quelques années plus tard nous montre à quel point était arrivé l'esprit d'hostilité des habitants de Fronton contre les chevaliers. Ceux-ci, comme seigneurs de la ville, avaient droit d'y instituer les notaires. Dans les procès incessants que les habitants soutenaient contre les Grands-Prieurs, soit qu'ils voulussent faire acte d'indépendance, soit qu'ils se défiassent de l'impartialité des tabellions, nommés par leurs adversaires, ils sortaient de la juridiction pour faire rédiger leurs actes à l'extérieur; les chevaliers obtinrent du Grand-Conseil un arrêt par lequel il était fait inhibition aux habitants de Fronton de passer leurs contrats devant d'autres notaires que ceux de la ville (1556).

Quelques années après la paix de 1628, nous voyons Monseigneur de Monchal, archevêque de Toulouse, s'entremettre entre les Grands-Prieurs et les habitants de Fronton, qui continuaient leur lutte plusieurs fois séculaire au sujet des coutumes de la ville et négocier entre les deux parties une transaction qui reconnut la haute justice au Grand-Prieur et la police aux consuls, et accorda aux habitants la liberté de bâtir des moulins à vent, et des pigeonniers, excepté devant les fenêtres du château, d'avoir des viviers et des garennes (1644).
Cette transaction est la dernière que nous fournissent les archives et termina cette longue lutte qui datait presque de l'origine de la commanderie.

Les luttes terribles, dont nous avons esquissé tout à l'heure le rapide tableau, ne laissèrent autour de ces villes que de tristes débris de leurs anciennes fortifications. La majestueuse citadelle de Fronton n'était elle-même à la fin des guerres religieuses qu'une ruine presque inhabitable. D'ailleurs la féodalité avait fini son temps; les châteaux-forts, demeures presque exclusives de la noblesse pendant le moyen-âge, avaient perdu leurs attraits pour leurs possesseurs; ils abandonnaient avec empressement, pour aller chercher dans les villes les douceurs de la civilisation et les charmes de la société, leurs vieilles tourelles, dernier vestige d'une puissance à jamais détruite.
Aussi les Grands-Prieurs ne songèrent-ils pas à relever de ses ruines le vieux manoir, résidence affectionnée par leurs prédécesseurs ; ils se mirent à restaurer à cette époque, comme nous l'avons vu ailleurs, leur hôtel Saint-Jean de Toulouse, presque complètement abandonné depuis tant de siècles.
A Fronton, le temps acheva promptement l'oeuvre dévastatrice des hommes et de ces fortifications il ne reste aujourd'hui qu'un vague souvenir.

Liste des Commandeurs de Fronton.
1122. Bernard de Gaujag.
1151-1171. Eschafred.
1178-1185. Pierre de Saint-André.
1186-1189. Aymeric.
--------1197. Arnaud de Franc.
1200-1230. Pierre de Corbarrieu.
1230-1231. Arnaud de Boziac.
1233-1235. Bernard.
1243-1244. Sanche de l'Epée.
1248-1250. Bernard de Muret.
1251-1252, Bertrand d'Aure.
1254-1265. Pierre du Port.
1266-1268. Pierre de Cayrane.
1269-1270. Raymond Prévost.
1272-1285. Bertrand Vérag.
1295-1302. Marquis d'Escorneboeuf.
1303-1304. Raymond de Saint-Martin.
1307-1310. Pierre de Cabessiâ.
1311-1324. Guillaume de Rotbald.
1328-1332. Guillaume de Chavanon.
1332-1333. Pierre Sauratde Mirepoix
1333-1334. Arnrud de Jor.
--------1368. Guiraud Salamon.
1399-1400. Armand de Radulphe.
(En 1400, érection de Fronton en chambre prieurale.)
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
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