Quelques études sur les Templiers   Etudes templières   Les Croisades

Quelques études réalisées sur les Templiers

Home
La chapelle du Bouchet - Contribution de M. Paul Pettré

La chapelle du Bouchet
Localisation: La chapelle du Bouchet

La chapelle du Bouchet est située sur la route de Guchen à Grézian. Le bâtiment actuel n'a rien de remarquable. Par contre la chapelle est construite sur une sorte de dalle entourée d'un petit muret qui sont peut-être les vestiges d'une chapelle ou d'un autre bâtiment datant du XIIe siècle.

Mon interprétation est que la chapelle du Bouchet des Templiers ou des Hospitaliers se trouvait sur le chemin qui va de Guchen à la Hourquette d'Ancizan.

J'ai fait autrefois une randonnée sur le chemin ancien menant à la Hourquette d'AncizanHourquette d'Ancizan
Hourquette d'Ancizan
en laissant la voiture à proximité d'une maison qui doit être maintenant une résidence secondaire. Je parle de mémoire, mais cette maison était construite en continuité avec ce que l'on pouvait prendre pour une grange, laquelle était une construction massive construite sur une terrasse et je me souviens de m'être fait la réflexion qu'à l'origine ce devait être autre chose qu'une grange. Maintenant, je pense effectivement que l'ensemble, avec plusieurs bâtiments, des terrasses, un ruisseau et peut-être une source, peut correspondre à un hôpital du XIIe siècle.

Voici ce qui m'a amené à faire ces recherches. La maison que je possède à Vielle est très proche de l'église classée du XIIe. J'ai plusieurs raisons de penser que sa construction pourrait être contemporaine de celle de l'église. J'ai donc fait une recherche généalogique sur cette maison en particulier pour montrer qu'elle avait pu survivre au tremblement de terre de 1660 dont les traces sont visibles à Vielle-Aure ainsi qu'à Agos.

 

Chapelle d'Aragnouet
Département: Hautes-Pyrénées, Arrondissement: Bagnères-de-Bigorre, Canton: Vielle-Aure - 65

chapelle d'Aragnouet
chapelle d'Aragnouet - Sources: Patrimoines Midi-Pyrénées

La chapelle d'AragnouetChapelle du Plan, Aragnouet
Chapelle du Plan, Aragnouet
a été construite par les Chevaliers (dont certains avaient participé aux croisades) au XIe siècle, pour des raisons purement militaires, pour la défense d'Arreau qui possédait un château à l'époque, de même que Cadéac. Arragnouet permet de surveiller trois cols vers l'Espagne et un col vers Héas et Gèdre qui sont dans une autre vallée pas forcément amie. La chapelle est orientée (vers Jérusalem ?) comme les églises de Vielle, Jéseau et la chapelle d'Agos. Le clocher qui fait un angle de 80º avec la chapelle est orienté de manière à avoir la meilleure efficacité sonore dans la vallée et une sorte de casemate permettait d'actionner les cloches même si la chapelle était encerclée par l'ennemi.

Tous les auteurs précisent que pour la bataille de Cadéac en 1012 les Sarrazins sont passés par le col d'Ordissétou qui est beaucoup plus difficile à franchir que les ports Vieux, de Bielsa ou de Barroude. Ceci suggère que le passage était déjà surveillé à Aragnouet et que les Sarrazins ont choisi un passage difficile pour bénéficier d'un effet de surprise.

Cette chapelle a certainement été occupée plus tard au XIIe siècle par les templiers qui tout en maintenant une surveillance sur les passages vers l'Espagne ont installé un Hôpital. A l'époque on pouvait franchir le port Vieux même en hiver.

Dans son article (Revue de Comminges, 1983) « Messieurs de Malte », M. G.P. Souverville dit que la chapelle d'Aragnouet est « bien orientée », ce qui confirme mon observation. Par contre en ce qui concerne le clocher, l'idée de M. Souverville qu'il ait pu être reconstruit au XVIIe siècle n'est pas fondée. J'ai lu à plusieurs reprises que le clocher date de la même époque que la chapelle, ce qui est plus logique avec mon interprétation : le clocher serait un moyen de transmission militaire pour avertir la vallée en cas d'intrusion Sarrazine. Revue de Comminges Pyrénées centrales, bulletin de la Société des études du Comminges, tome XCVI, année 1983. Sources numériques Bnf

 

Possessions Templières en Vallée d'Aure
Département: Hautes-Pyrénées, Arrondissement: Bagnères-de-Bigorre, Canton: Vielle-Aure - 65

Saint-Barthélémy de Vieille-Aure
Eglise Saint-Barthélémy de Vieille-Aure, construite au XIIe siècle - Sources: Cparama

Comme Pierre de La Boulignère indique que les Templiers avaient des possessions en vallée d'Aure et en particulier à Vielle-AureLocalisation de Vielle-Aure
Localisation de Vielle-Aure
, il était logique de m'intéresser à la question de savoir si ma maison ne pouvait pas être un bâtiment ayant appartenu aux templiers. Plusieurs auteurs indiquent que l'église de Vielle était une chapelle ayant appartenu aux templiers. C'est assez naturel de penser que si les templiers avaient une chapelle (relativement importante) à Vielle, ils avaient des maisons, des fermes et des granges proches de celle-ci.

Cependant toutes les publications des monuments historiques ou du patrimoine prétendent que toutes les chapelles dites des « Templiers » appartenaient en fait aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (en particulier Aragnouet, Gavarnie et Luz).

J'ai compris que cette assertion vient du livre de Armand Sarramon « Les Quatre Vallées » qui écrit « ... d'un Ordre (du Temple) qui répétons-le, ne vint jamais en Aure ». Comme source A. Sarramon ne cite que l'Histoire du Grand Prieuré de Toulouse de Antoine du Bourg (1882). J'ai donc consulté ce livre et j'ai pu vérifier que l'assertion de A. Sarramon est non seulement sans aucun fondement, mais au contraire que Du Bourg donne un lien entre la commanderie de Bordères-sur-Echez et Guchen avant la disparition de l'Ordre du Temple.
Sic Antoine Du Bourg, page 376:
Les nombreux membres de cette Commanderie étaient disséminés dans toute l'étendue du comté de Bigorre c'étaient:
Les anciennes dépendances du Temple; Pintac, Gajen, Ossun, Tachoires, Guchen, avec la chapelle de Notre-Dame de Boisset dans la vallée d'Aure.
3º Aurelhan et ses membres de Sarouille, Campau, Bagnères, Peyriguière, Perroton, Bazillac, la Fitolle, Mengoi, Marquerie, Soyaux, Maubourguet, Preychac, Castelnau-de-Rivière-Basse.
Geys et Bouchet, etc.

Mais Du Bourg a bien écrit que ni Gavarnie, ni Luz, n'ont appartenu à l'Ordre du Temple parce que ces chapelles auraient toujours appartenu aux Hospitaliers. C'est une opinion sans preuve qui lui est personnelle.
Malheureusement le mal est fait pour la vérité historique et tout le monde croit en vallée d'Aure, malgré l'évidence, que les Templiers « ne sont jamais venus en Aure ».

J'ai donc approfondi mes recherches en partant de l'observation des Chrismes puisque La Boulignère écrit que le Chrisme d'Aragnouet porte le monogramme des Templiers. Le Chrisme d'Aragnouet est remarquable et il est absolument identique à ceux de Cazaux-Débat et Arreau chapelle Saint-Exupère. Voir l'épée portée par la hampe du rho. Il est par ailleurs très comparable aux Chrismes de Cadéac, Sailhan, Saint-Lary Soulan et Tramezaigues. Voir la pièce jointe et le site Abellios pour voir tous les Chrismes des Hautes-Pyrénées. La chapelle Saint-Exupère d'Arreau a été construite pour remercier Exupère (qui a vécu au Ve siècle) d'avoir aidé à gagner une bataille sur les Sarrazins qui a eu lieu à Cadéac en 1012 avec l'appui du roi de Pampelune et comte de Sobrarbe : Don Sanche III Garcès dit le Grand.

Pour Vielle-Aure j'ai consulté, aux archives départementales à Tarbes, le vieux cadastre de Vielle-Aure qui date de 1651 ou 1661 et un cadastre non daté mais qui date vraisemblablement de 1695. Dans ces deux cadastres le premier Terrier est celui de Monsieur le Recteur. A l'époque Recteur désignait très certainement un personnage chargé de gérer les possessions des Hospitaliers héritées des Templiers comme on peut le voir en page 293 note (2) de la Revue de Gascogne de 1899 :
2. Elle appartenait aux Hospitaliers de Saint-Jean (Chevaliers de Malte depuis 1330) et devait être annexée, selon un usage constant de l'Ordre, à un hôpital dont le voisinage des Thermes justifiait l'existence.
Les Hospitaliers avaient des rentes sur des maisons situées dans les jardins des Vigneaux.
(...) Néanmoins la chapelle, de Saint-Jean fut plus tard érigée en paroisse dont les religieux bénéficiaires portaient le titre de Recteur. Etc...

Mon interprétation est qu'en 1661 il y avait un Recteur à Vielle qui gérait les propriétés des Hospitaliers elles-même héritées en 1312 des Templiers. Dans son article (Revue de Comminges, 1983) « Messieurs de Malte », M. G.P. Souverville montre que Vielle-Aure payait une dîme en 1680 à l'ordre de Malte. Ceci confirme mon interprétation sur la présence d'un « Recteur » à Vielle dans les Terriers de 1661 et 1695, consultables aux archives départementales à Tarbes.

Le Recteur occupait une maison qui autrefois avait une tour. A Vielle on l'appelle l'ancien presbytère. Cette maison existe toujours mais elle a été très modifiée. Sinon il ne devait rester que des terres. Cependant on peu penser que ces propriétés étaient assez importantes et ont été conservées jusqu'à la révolution.
Mais je pense que cela constitue bien une preuve que les Templiers ont bien été présents à Vielle et plus généralement en vallée d'Aure.
Pierre de La Boulinière, Itinéraire descriptif et pittoresque des Hautes-Pyrénées françoises, jadis territoires du Béarn, du Bigorre, des Quatre Vallées, du Comminges et de la Haute-Garonne..., Trois Volumes, 1825.
Revue de Gascogne: bulletin mensuel du Comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch, 1899. Source Numérique Bnf
Antoine Du Bourg : Histoire du Grand prieure de Toulouse (ordre de Malte) et des diverses possessions de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem dans le Sud-ouest de la France Languedoc, pays de Foix, de Comminges, de Béarn, Gascogne, Guyenne, Périgord, Quercy, Albigeois, Rouergue, avec les pièces justificatives et les catalogues des Commandeurs, 1882.

 

La chapelle du Bouchet
Département: Hautes-Pyrénées, Arrondissemen: Bagnères-de-Bigorre, Canton: Arreau, Commune: Ancizan - 65

chapelle Notre-Dame-du-Bouchet
Localisation: chapelle Notre-Dame-du-Bouchet - Sources: Patrimoine de France

Dans la Revue de Comminges de 1983, page 350, dans le chapitre sur la chapelle d'Agoschapelle d'Agos
chapelle d'Agos
(Sources: Patrimoine de France) en bas du deuxième paragraphe il y a une date « 1860 » qui est manifestement fausse. Il faut sans doute lire « 1660 ». En 1651 « Estienne Ducasse » était consul de Vielle. A cette époque Agos ne dépendait pas de Vielle, mais Estienne Ducasse devait être un assez gros fermier et pouvait affermer des terres à Agos qui n'est pas loin de Vielle.

En ce qui concerne la chapelle et l'hôpital d'Agos j'ai compris qu'ils étaient abandonnés de longue date en 1680 (1580 ?). Je pense que la chapelle a beaucoup souffert du tremblement de terre de 1660 en raison d'un glissement de terrain important. Contrairement à M. Souverville je pense qu'il faut remercier M. Viollet-le-Duc d'avoir sauvé la chapelle d'Agos qui est un des monuments roman les plus remarquables en vallée d'Aure.

En ce qui concerne la note (11), page 350, je pense qu'il y a un amalgame. Comme l'hôpital d'Agos, l'hôpital et la chapelle du Bouchet avaient été délaissés de longue date et ne se trouvaient peut-être pas à cet endroit. Par contre il faut sans doute lire le mot « metterie » « métairie » ce qui est vraisemblable à l'emplacement de la chapelle actuelle.

J'ajoute une remarque concernant l'orthographe de « Boisset » ou « Boxet » ou « Bouchet » ou « Bouysset ». J'ai lu les Terriers de Vielle de 1651-1661 et 1695. Ce sont des manuscrits relativement difficiles à lire. Certains mots sont du patois (proche du gascon). Les lieu-dits et noms propres n'ont pas d'orthographe. Souvent l'orthographe est phonétique. Ainsi un lieu-dit « Larro » en 1661 devient « Larrou » en 1695. Un nom propre « Gornez » en 1661 devient « Gouarné » en 1695. Je pense que le nom le plus vraisemblable pour cet hôpital avant 1680 était « Boxet ». Le B est facile à reconnaître et il est dans tous les noms de même que la terminaison « et ». Le « o » devient « ou ». Le problème vient du « x » qu'on peut lire « y » et qui se prononçait comme un « s » ou « ss ».

Dans « Arreau et le pays des Nestes » de A. Péré, j'ai noté page 288 que la chapelle N.D. du Bouchet avait été reconstruite récemment (il le dit en 1983) sur l'emplacement d'une ancienne possession des Hospitaliers. Cela confirme tout à fait ce que je pense de cette chapelle.
Revue de Comminges Pyrénées centrales, bulletin de la Société des études du Comminges, tome XCVI, année 1983. Sources numériques Bnf

 

Sur l'origine du mot Bouchet
Voici ce que j'ai trouvé sur le mot « Bouchet" dans le dictionnaire Godefroy au mot « Buisset » : Buisset, buysset, bouchet, s. m., dimin. de buis :
Montaignes plaines de neige et sapins et de buissetz. (J. Molinet, Chron., ch. CCCXIV, Buchon.)
Pour bouchet a benir en choeur le jour de Pasques flories. (1529, Douai, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
On plante des buissetz en l'enclos du cloistre. (1582, Douai, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
En deuxième sens : « Bâton de buis » avec un exemple.

Ce résultat est cohérent avec les diverses orthographes : Boisset, Bouysset et Bouchet.
Mon idée est que Bouchet n'est pas un nom de lieu-dit mais une référence, soit à une particularité de la chapelle, soit à une statue ou une représentation religieuse avec un personnage tenant un bâton de buis. Je préfère cette deuxième interprétation. Il s'agissait peut-être d'une statue de la vierge qui était très adorée au moyen-âge.

 

Hôpital de Geyx
Département: Hautes-Pyrénées, Arrondissement: Bagnères-de-Bigorre, Canton: Campan - 65

Commanderie de Geyx
Localisation: Commanderie de Geyx

Geyx, appelé ici Gaichet était autrefois le chef-lieu d'une Commanderie de Malte
Je vous livre l'étude de M. De Froidou, et les notes de M P de Casteran. Je dois cette recherche à l'aimable collaboration de M. Paul P., qui possède une maison dans ce secteur et a fait des recherches historiques approfondies personnelles sur les lieux où il y avait des possessions templières et hospitalières.
J'ajouterais à la fin de cette étude l'étude de la Revue de Comminges Pyrénées centrales, elle est aussi intéressante pour localiser certaines possessions des Ordres.

 

Hôpital Notre-Dame du Bouchet, Hôpital de Geyx, membre de la commanderie de Bordères
Extrait de l'inventaire des titres du Bouchet
Inventaire des titres de Bouchet en geyx en Aure Membre dépendant de la commanderie de Bordères

— Premièrement un acte de déllaissement fait en papier de lettre fort ancienne sans signature du lieu de Geyx en faveur du commandeur dudit Geyx fait par les habitants dudit lieu coté par... Etc...

— Plus en contract de vente du 3 may 1300 detenu par Jean de Cazanance ou de la Ville Aure, faite par Guillaume manent damoiseau avec Blanche sa femme, une pièce de terre dans le dimaire de Sainte Marie en faveur de monsieur Le Commandeur de Geys Frere Pierre de Garge Commandeur de l'Hôpital de la Vierge Marie de Bouchet pour la somme de Cinq soles Tolosan... etc...

Voir les pages originales des archives concernant Le Bouchet 53 et 54 de l'inventaire.
Sources: Archives départementales de la Haute-Garonne, Fonds de Malte

 

Lettres de M. De Froidour
Enfin, mon cher compère, voilà une relation assez ample de tout ce que j'ai vu et de tout ce que j'ai fait à Bannières-de-Bigorre en dix jours de temps. Si elle n'est pas bien écrite, au moins est-elle bien longue et bien véritable. J'en suis party le premier jour d'octobre avec tout mon monde et me suis rendu environ les neuf heures du matin à Campan où je n'ai pas été plutôt descendu au logis du sieur de la Font médecin et premier consul, que tous les autres en nombre de cinq avec les officiers de la communauté et trente des plus notables habitants sont venus me saluer.
Campan est le lieu si renommé dans ces provinces pour le bon beur et pour la grande quantité qu'il en fournit et, qui se distribue partout. Les consuls m'ayant fait préparer à déjeuner, je mangeai pour la première fois aux dépens d'une communauté plutôt par curiosité et pour manger sur les lieux de ce beur qu'on dit être si excellent que par nécessité, parce que j'avais déjeuné à Bagnieres avant que d'en partir. Mais, je trouvai de si beau et de si bon poisson et si bien apprêté, je trouvé aussi le vin blanc et clairet si bon et si bien rafraichi, qu'au lieu d'un simple déjeuner je fis un très bon diner. Je n'oubliai pas de manger du beurre qui est en vérité excellent et égal à celui de notre pays.

Je visitai ensuite toute la vallée et particulièrement les bois qui en dépendent; et comme j'étais accompagné des consuls et des plus notables habitants du lieu, je ne manquai point de m'informer de tout ce qu'on m'avait dit de cette vallée, de ses habitants et de leurs moeurs pour pouvoir vous faire une relation juste de tout ce que j'avais vu et de tout ce que j'aurais appris.

Elle est dans la comté de Bigorre à la tête de celle de Bannières, mais beaucoup plus serrée et plus étroite particulièrement par bas; elle aboutit du côté de la main droite au ruisseau de Rivière (1) qui se jette dans l'Adour, et d'autre côté au-dessus du lieu d'Astay; elle s'élargit à la tête où elle a trois différents vallons dans chacun desquels il y a un ruisseau qui viennent se joindre proche une chapelle appelée la chapelle Sainte-Marie et forment la rivière de l'Adour qui arrose la vallée. L'un de ces ruisseaux (2) qui est à gauche, descend des montagnes qui sont communes avec la vallée d'Aure et passe dans le vallon où est le hameau de Gaichet. Celui qui est au milieu, appelé Tourmalet (3), vient du côté de Baretge, lieu fort élevé et fort misérable couvert de neige huit à dix mois de l'année, mais fort recommandable par l'excellent bien qu'il y a et arrose le vallon où est le hameau de Grippe. Et le dernier, appelle d'Arises (4), vient des montagnes de Bannières et traverse un petit vallon où il y a quelques maisons dispersées.

Le bourg est au-dessous de la jonction de ces trois ruisseaux, bâti de même que Bannières et presque aussi grand. Il y a une paroisse beaucoup plus grande et plus belle et ce qu'il y a de plus est que depuis le bourg en remontant le long d'un fort beau chemin jusques aux hameaux de Gaichet et Grippe sur les coteaux; il y a à droite et à gauche pour le moins deux cent tant granges que maisons qui en dépendent et de manière que cette communauté contient plus de huit cens feux (4). Et pour la commodité des habitants qui sont dans les lieux les plus écartés il y a plusieurs chapelles (5) où tous les dimanches et fêtes on célèbre le service divin. J'ai remarqué dans le bourg que presque chaque maison a une petite jalousie pour regarder dans la rue sans être vu et Panebeuf m'a dit que cela tenait un peu de l'Espagne, peut-être à cause du voisinage, mais je vous assure que les gens de cette contrée n'ont que cela de commun avec les Espagnols comme vous le verrez dans la suite.

A droite et à gauche et à l'extrémité de la vallée, sont de grandes et hautes montagnes; celles qui sont exposées au midi sont sèches et arides et la plupart des rochers tous nus parmi lesquels il y a quelques buis. Celles qui ont d'autres aspects et même quelques petits coteaux ou pour mieux dire quelques petits plis et replis que font les montagnes qui ont le regard du midi sont ou plantés en bois ou réduit en pré ou pâturages. Tout le vallon, étroit comme je vous l'ai dit et étant occupé par le bourg et par un grand nombre de maisons et granges écartées, ne peut pas suffit pour la nourriture d'une cinquantaines de bêtes; mais les coteaux et les montagnes sont si vastes et produisent une si grande quantité de pâturages que je crois qu'il y en a suffisamment pour deux mil bêtes à cornes et trois fois autant de menu bétail, je crains encore de ne pas vous en dire assez pour en juger.

Figurez-vous que cette vallée contient au moins huit cens feux, qu'il ne s'y dépouille pas un grain de blé, pas un grain de raisin, ni fruit quelconques que toute la richesse ne consiste qu'en bestiaux (6) et qu'il n'y a d'autre commerce que celui du bétail et de la vente du beurre et du fromage; que le commerce s'en fait dans le lieu même où les marchands et pourvoyeurs viennent faire leurs achats, sans qu'aucun habitant de la vallée s'entremette d'en transporter et d'en aller vendre en quelque lieu que ce soit; que tout le monde y est riche et qu'il n'y a personne si misérable qui n'ait, un cheval que le peuple de l'un et de l'autre sexe y est propre et change souvent, d'habits, vendent ordinairement les vieux aux pays des lieux circonvoisins pour en avoir de nouveaux, de manière que jamais on n'y voit de haillons; qu'on y mange de très bon pain et qu'on y boit le meilleur vin du royaume. Et figurez-vous après tout cela que les prairies seules donnent toutes ces commodités et toutes ces richesses. Vous croyez peut être qu'il faut qu'il ait sur ces montagnes de grandes plaines où soient toutes ces prairies parce que comme dans tous les pays que nous connaissons les prairies sont dans les vallons et dans les plaines qui accompagnent les cours des rivières, nous nous imaginons facilement qu'il faut qu'il en soit de même partout ailleurs; mais en cette vallée, les prairies sont sur les coteaux et la plus part en des précipices qui vous paraitraient inaccessibles si vous les voyiez. Mais les gens de ces contrées qui sont élevés dans les montagnes vont partout où les chèvres peuvent aller et avec la même facilité. Et comme ces montagnes sont pleines de sources et de ruisseaux jusques aux extrémités ils font mil petits canaux le long des coteaux par le moyen desquels les arrosant, et les tenants toujours humides ils les rendent si fertiles et si abondants en herbes qu'ils surpassent les meilleurs prés que vous ayez vus jusques ici.

Il y a aussi très grande quantité de bois qui sont dispersez en divers triaiges, la plus grande partie de hêtre et quelques-uns de hêtre mêlé de sapin d'autres mêlé de coudre, aulne, tilleul et autres bois blancs et peu de chênes, mais le tout en mauvais état le bon ménagement des bois n'ayant jamais été connu ni entendu en ces provinces. Toutes les roches qui sont en ces montagnes sont de marbre. Dans le temps même de mon passage j'en vis 15 on 16 grandes colonnes qu'on voiturait pour les bâtiments du Louvre (7). Il y en avait qui tiraient du bleu au vert, et d'autres du vert au gris et d'autres qui étaient jaspées, et je vis même la carrière (8) d'où on les tirait à l'extrémité de la vallée au-dessus de Gaichet (9).
Signé: De Froidour. P De Casteran
Revue de Gascogne: bulletin mensuel du Comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch, 1899. Source Numérique Bnf

 

Notes - Commanderie de Geyx
1. — L'Adour de Lespone qui se jette dans l'Adour au hameau de la Rivière.
2. — L'Adour de Pailhole ou de la Séoube; il nait au pic d'Arbizon, traverse les Artigues de Geyx et Saint-Jean-de-Paillole. Geyx, appelé ici Gaichet était autrefois le chef-lieu d'une Commanderie de Malte, comme, on le verra plus bas.
3. — L'Adour de Grippe.
4. — L'Adour de Rimoula ou d'Arize nait dans une gorge voisine des cabanes de Tramezajgues au-dessous du Pic du Midi. D'après une légende, le vieil Arize serait enseveli dans ce quartier sous un rocher qu'il suffit de heurter en passant pour causer une tempête effroyable.

5. — Sur son emplacement, appartenant encore aujourd'hui aux Quatre Veziaux d'Aure (Guchen, Ancizan, Cadeac, Grézian), est située l'hôtellerie portant le nom significatif de Saint-Jean.

Au sud de Pailholle, on lit sur la carte de l'Elat-Major : Artigous-Gez. Cet endroit, inhabitable une grande partie de l'année, est situé près de vastes pâturages et des célèbres carrières de marbre d'Espiadet. Les Hospitaliers de Saint-Jean pourvoyaient de secours spirituels et matériels les patres et les ouvriers qui s'y trouvaient en grand nombre pendant la belle saison.

Ce point mettait en communication les vallées d'Aure, de Campan et de Barèges. Il était aussi fréquenté par les voyageurs qui allaient de Bigorre en Espagne par Aragnouet et le port de Bielsa.

La chapelle et l'hôpital de la Vierge Marie du Bouchet étaient sous la dépendance de Geyx et lui correspondaient sur le versant opposé dans la vallée d'Aure.

Geyx avait le titre de Commanderie, antérieurement à 1300. A cette époque, en effet, les habitants de Gerde et d'Asté, conjointement avec leurs seigneurs de la maison vicomtale d'Asté, confirmèrent en faveur de Frère Sole de Guchen, commandeur de Geyx, la vente faite à ses prédécesseurs du lieu d'Estingles appelé plus tard la Laurence.

Le 3 mai 1300, Guillaume Manent, donzel, et Blanche sa femme vendirent une pièce de terre, située sur le décimaire de Sainte-Marie, à Frère Pierre de Guchen, précepteur de l'hôpital de Saint-Jean-de-Geyx et à l'hôpital de la Vierge Marie de Boxet (Bouchet).

Geyx existait encore le 6 mars 1447. A cette époque Pierre de Prunet, précepteur de Bordères, donna à bail: « Medietatem illius sarre vulgo nomine nuncupate la Sarra de l'Espitau de Sent Johan de Gees situate in montaneis et pertinentiis vallis Aure. »

Les deux hôpitaux de Geyx et Boxet, ou Bouchet, furent abandonnés vers la fin du XVe siècle. Un procès, plaidé de 1558 à 1563, montre qu'à cette époque ils sont depuis longtemps transformés en simples fermes.

Arnaud Figue, tenancier de l'ordre, put alors faire entendre au Roy qu'il était le fondateur de cette Hospitalette et qu'elle était vacante; il en obtint même l'institution, mais fut débouté sur l'opposition de frère de Doulcel, commandeur de Bordères.

Jean Sangros, son successeur, eut les mêmes prétentions en alléguant que ces doux hôpitaux avaient été fondés par les habitants et les notables de la vallée d'Aure, qui les avaient dotés de toutes choses pour nourrir et entretenir les pauvres et même les enfants orphelins. Relevons les passages où il est dit que: « Geys est sur le chemin de Bigorre ez montagnes » et que « De tout temps oxistoit la chapelle de N.-D. du Bouchet où il y avoit des prêtres pour l'office divin, on y recevoit les orphelins et autres passants. Le logis et les édifices sont tombés en ruynes par la négligence des précédents administrateurs qui ont usurpé ledit Hôtel-Dieu. »

Frère de Montauban, successeur de Doulcet et subrogé à son instance, après avoir démontré que Sangros ne pensait qu'à son intérêt privé, opposa la donation laite par les seigneurs d'Asté.

Le nouveau Commandeur de Bordères ajoutait: « S'il faut une Réformation à Boixet et Geys on y avisera. » « Les revenus de la Commanderie servent à défendre par mer et par terre contre les armées du Turc qui marche contre la terre sainte, le sieur Montauban y emploiera sa personne et son bien. »

Sangros fut débouté de ses prétentions sur l'Hospitalette à l'audience du Grand Conseil, à Pontoise, le 18 mai 1563 (3e du règne).

Après la destruction de Geyx, l'hôpital du Bouchet continua à jouir du pré sur lequel il s'élevait, mais le quartier de la Laurence ou d'Estingles fut attribué au Prieuré de Saint-Jean de Bagnères. (Archives de la Haute-Garonne, fonds de Malte, Bouchet et Geyx, au dos est écrit: Port d'Estingles.)

6. — Dans son Mémoire du pays et des Etats de Bigorre, page 32, de l'édition Bourdette, M. de Froidour indique les procédés usités dans ce pays pour le nourrissage des bestiaux.

7. — Les marbres de Campan allaient sur des charriots à Sarrancolin et de là sur des radeaux à Toulouse, où des bateaux plats les transportaient à Bordeaux. Dans ce port ils étaient embarqués pour Rouen et remontaient ensuite la Seine jusqu'à Paris. L'Administration du Garde-Meuble les recevait au Cours-la-Reine.

8. — La carrière d'Espiadet a fourni les huit colonnes ioniques qui décorent le péristyle du château de Trianon, 22 colonnes au palais royal de Berlin et huit colonnes à l'opéra de Paris.

9. — Le hameau de Geyx dont il a été question plus haut.
Revue de Gascogne: bulletin mensuel du Comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch, 1899. Source Numérique Bnf

 

II. - La Montagne des quatre Veziaux
1º — Situation et limites: Au Nord de la muraille, pic d'Arbizon (2831 m), Montfaucon, Pic d'Aulon (2796 m), s'étend une vaste étendue de pâturages (2710 ha) et de forêts (525 ha) qui, sur 6 kilomètres, descend du Plagnot de Soubiran (1 694 m) jusqu'à l'Adour de Payolle (1 110 m) a la limite de la commune de Campan (1). C'est un large plateau mamelonné où les torrents d'Artigousse, Camoudiet et de Gaube ont creusé leur lit dans une masse de terrains carbonifères traversés par deux bandes parallèles d'étage dévonien. Elle est limitée à l'Est par la crête aboutissant au Col d'Aspin et la séparant de la vallée d'Aure et à l'Ouest par la crête Montarrouy, Marianette qui surplombe le cirque de Caderolles ; et plus bas par le ruisseau de Gaube affiuent de l'Adour.

Cette montagne appartient à quatre communes de la vallée de la Neste : Ancizan, Cadéac, Grézian, Guchen : les Quatre Véziaux d'Aure (2).

2º — Une voie de passage : Cette montagne a constitué de tous temps une voie de passage. Le ruisseau le plus central qui le traverse porte le nom d'Artigue de Gez, à l'Ouest de son confluent avec l'Adour de Payolle, la carte d'E. M. (3) signale Pelouse-Saint-Jean, Camp Bataillé ; trois points de repère dans l'histoire de ces lieux au premier millénaire.

Le camp rappelle la résistance que les Bigérionni ont opposé aux troupes romaines envahissant l'Aquitaine (4). Sur la pelouse où s'élève actuellement l'Hôtel Saint-Jean, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, vers le XIIe siècle, avaient bâti une chapelle dépendant de l'Hôpital de l'Artigue-de-Geyx.

Les moines chevaliers pourvoyaient aux secours spirituels et matériels des voyageurs allant de Bigorre en vallée d'Aure et Aragon. Il est probable qu'on leur doit le défrichement des diverses artigues de la forêt (grange d'Artigueny dans le vallon de Gaube, granges d'Artigousse à la partie supérieure de la forêt) (5).

Nous sommes ici à la limite séparant le Comté de Bigorre de la vicomté de Labarthe. « Le ruisseau de Gaube qui, avec celui de l'Artigue de Gex forment l'Adour-de-Campan, servait de limites à la baronnie de Labarthe dans le pays des 4 vallées » (6)

A la limite supérieure de la montagne deux hourquettes (hourquette d'Arreau (ou de Cadéac) et la hourquette d'Ancizan (1 564 m) ouvrent la descente dans la vallée d'Aure (7), mettant en communication la vallée de l'Adour et de la Neste. Au centre du triangle Ancizan, Guchen, Grézian, la chapelle N.-D. du Bouchet (9) a été récemment reconstruite à l'emplacement d'une ancienne possession des Chevaliers de l'Ordre de Malte, les deux hôpitaux de Geyx et du Bouchet furent abandonnés à la fin du XVe siècle, ils jalonnaient une bretelle des voies de Compostelle suivie dès le XIIIe par les pèlerins de Bigorre, gagnant soit l'Hospice du Rioumajou et le Port du Plan, soit l'Hôpital Saint-Jean de la Combe (Aragnouet) et les ports de Bielsa ou du Port-Vieux (10).

Au XVIe siècle, le commerce des laines et moutons et mulets étant très florissant, les transactions entre marchands d'Aure, Bigorre et Aragon se faisaient par la montagne des Quatre Véziaux, la route de la Neste par Labarthe et Sarrancolin étant plus longue, le Col d'Aspin, alors hourquette de Pouycau, ne fut carrossable que vers le milieu du XIXe siècle.

Le 1er octobre 1668, M. Louis de Froidour, grand maître des Eaux et Forêts de la maîtrise du Languedoc, chargé d'enquêter sur les forêts de Bigorre et des Vallées des Nestes, suivit le chemin des Quatre Véziaux pour descendre sur Arreau (11).

Cent vingt ans après, Louis Ramond de Carbonnières prenait le même chemin pour se rendre à Luchon.

3º — La possession de la montagne : Pendant des siècles, gens de Campan et d'Aure se disputèrent cette montagne aux grasses prairies, aux pâturages abondants et aux forêts épaisses, ce n'étaient que vols (pignores), discussions, bagarres parfois mortelles. Pour y mettre fin, on décida qu'un duel fixerait la possession de la montagne.

Voici comment le Dr Sarramon (12) narre l'événement, ou plutôt la légende : « La riche vallée de Campan nourrit de poulets pendant trois mois un hercule de la plaine que l'on appelait le dogue. Les croquants d'Aure durent se contenter de Fréchou, un berger de Lançon (13), haut de six pouces et sec. David et Goliath étaient mieux assortis. Si bien qu'en voyant cet avorton qu'on lui opposait, le champion de l'Adour, riant aux éclats, cria : « Ecrivez Campanois, la montagne est à nous ! »

« Les muscles du berger étaient du pur acier. Au premier choc le dogue s'effondra, les reins cassés. Alors une agonie atroce commença. Sans autre blessure, il était encore plein de vie. Fréchou lui lia les pieds et se mit à le traîner sur la pente. Le malheureux campanois fut ainsi traîné jusqu'à la Prade-Saint-Jean, un peu en amont de Payolle. Là, il expira. La borne y fut plantée. Voilà pourquoi les sapinières de Coumelade, de Terray d'Arrieutort et la Prade de-Saint-Jean, quoique en vallée de l'Adour, sont propriétés auroises. »

A côté de la légende, l'histoire nous précise l'acte d'inféodation du 2 mai 1294. « Brunissende de Labarthe épouse de Bertrand de Fumel fait donation de la montagne du Trasportaux quatre villages aurois qui se réfèrent à cet acte lors de toute contestation » (14) : « Vers la fin du XIIIe siècle, noble dame Comtesse Brunissende, notre légitime suzeraine, fit à la ville d'Ancizan conjointement avec les communes de Cadéac, Guchen, et Grézian, que le titre appelle les Véziaux d'Aure, donation de cette belle montagne du Transport et de la Forêt du Rieutort. »

4º — La montagne du Trasport : Louis Ramond de Carbonnières, secrétaire du Cardinal du Rohan, découvre les Pyrénées depuis le Pic du Midi. Arrivé à Barèges fin juillet 1787, il part de Barèges le 16 août pour aller à Luchon. Il passe le Tourmalet, gravit depuis Gripp les collines au-dessus de Sainte-Marie de Campan, gravit les Quatre Véziaux jusqu'à la Hourquette d'Arreau d'où il descend sur la vallée de la Neste. Dans son ouvrage « Observation des Pyrénées » il note (15) : « ....Les campanois appellent ce lieu montagne du Trasport, montagne d'au-delà du Port, et en effet elle est au versant de Campan à qui elle appartient de par la nature. C'est un des plus beaux pâturages de la contrée, pas une pierre, pas un escarpement....

5º — L'Hôtellerie de la Prade-Saint-Jean : L'hospice de Saint-Jean de Jérusalem à Payole (Payolle 65440 Ancizan) étant abandonnée par la Commanderie de Gex, une hôtellerie a été reconstruite au début du XIXe siècle ; elle est affermée par le Syndic des Quatre Véziaux. « Créé dans un lieu désert, cet établissement est le refuge obligé de nombreux voyageurs qui en toute saison descendent ou remontent la Vallée de Campan ; il doit leur offrir avant tout une sécurité entière et pour cela être dirigé par un homme d'une probité éprouvé. »
Revue de Comminges Pyrénées centrales, bulletin de la Société des études du Comminges, tome XCVI, année 1983. Sources numériques Bnf

 

Notes - La Montagne des quatre Veziaux
1. — Campan, dans la vallée de l'Adour, est une des communes les plus étendues des Hautes-Pyrénées 9 318 ha ; elle comprend trois sections : le Bourg, Mainte-Marie de Campan (avec Gripp) et la Séoube (avec Payolle).
2. — Et Béziau, en patois = voisinage, le bourg où réunions de voisins. - Et prat béziau (ou bédiau) = le pré commun. Et bézis eras bézies = les voisins et les voisines.
3. — Carte Campan 50 000e.
4. — René Escoula, Glanes Bigourdanes, p. 30, Didier Privât, 1930.
5. — Courtaou de l'Artigou, Sarrat d'Artigou.
6. — La Bliottière et Roussel, Légende de tous les ports, cols et passages des Monts Pyrénées, pp. 81, 1716. La maison de Labarthe avait succédé en 1265 aux comtes d'Aure. Il s'agit de Labarthe de Neste,

7. — Les ports sont des passages sur la frontière, les cols des passages d'une vallée à l'autre, la hourquette, petite fourche plus étroite que le col. Mais ces appellations souffrent des exceptions : un port (celui de Peyrefitte) n'est en réalité qu'un col, le col du Somport est un port. Le commentaire de la carte de Roussel indique : Port de la Hourquette. 7 bis. Froidour en 1667 et Ramond en 1787 sont passés par la Hourquette d'Arréou.

8. — En 1305 et 1640 des actes de vente sont passés au nom de N.-D. du Bouysset (Bouchet) qui relève au XVIIe siècle de la Commanderie de Borderes-sur-l'Echez.
9. — Archives de la Haute-Garonne, fonds de Malte Geys et Bouchet.
10. — Dr Sarramon : Hospices et Hôpitaux dans les Quatre Vallées et le Louron ; Pierre Billon, Eglises et Chemins de Saint-Jacques-en-Aure (R.C., 1977, p. 34).
11. — A. Péré : Forêts et chemins du Pays des Nestes, R. C. 1982, p. 428.
12. — Dr Sarramon : Les Quatre Vallées, p. 391.

13. — Lançon. village d'Aure, sur un replat de la rive droite en face Cadéac (aIt. 1500 m). La légende transmise oralement dans les villages du pays des Nestes est citée par maints ouvrages dont celui de Pierre Minvielle, Pyrénées (1981). Mais c'est en vain que l'on cherche une trace écrite de l'époque approximative du duel.

14. — En 1235, Arnaud Guilhem de Labarthe épousa la fille héritière de Bernard, Comte d'Aure et la maison de Labarthe (de Neste) devint suzeraine de la vallée d'Aure. Brunissende était petite fille d'Arnaud Guilhem de Labarthe. - Une délibération de la commune d'Ancizan, en date du 12 février 1865, fait état de cette donation.
15. — A. Péré: Ramond Dralet les Pyrénées, B.S.A.G., 2 tr. 1982.
Revue de Comminges Pyrénées centrales, bulletin de la Société des études du Comminges, tome XCVI, année 1983. Sources numériques Bnf

Etudes templières visitées 485165 fois

Licence Creative Commons
Les Templiers et Les Croisades de Jack Bocar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas de Modification 4.0 International.
Fondé(e) sur une oeuvre à http://www.templiers.net/.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://www.templiers.net/.