Septième Croisade
1 - Invasion Mogol
2 - Le concile de Lyon
3 - Engagement de Saint-Louis
4 - Préparatifs de la Croisade
5 - Saint-Louis en Chypre
6 - Prise de Damiette
7 - Saint-Louis campe à Damiette
8 - Marche sur Mansourah
9 - Désobéissance du comte d'Artois
10 - Mort du comte d'Artois
11 - L'Ost décimés par une épidémie
12 - Retraite vers Damiette
13 - Trahison de Marcel, capitulation
14 - Une rançon contre le roi
15 - Assassina du sulatan du Caire
16 - Les Mameloukes régicides
17 - Evacuation de Damiette
2 - Le concile de Lyon
3 - Engagement de Saint-Louis
4 - Préparatifs de la Croisade
5 - Saint-Louis en Chypre
6 - Prise de Damiette
7 - Saint-Louis campe à Damiette
8 - Marche sur Mansourah
9 - Désobéissance du comte d'Artois
10 - Mort du comte d'Artois
11 - L'Ost décimés par une épidémie
12 - Retraite vers Damiette
13 - Trahison de Marcel, capitulation
14 - Une rançon contre le roi
15 - Assassina du sulatan du Caire
16 - Les Mameloukes régicides
17 - Evacuation de Damiette
17 - [6 mai 1250] Evacuation de Damiette
Cependant les commissaires de Louis IX persuadèrent aux chrétiens renfermés dans Damiette d'évacuer la ville (69). La reine Marguerite, à peine relevée de couches, se fit transporter dans un vaisseau génois : elle était accompagnée de la duchesse d'Anjou, de la comtesse de Poitiers, et de la veuve infortunée du comte d'Artois, qui, au milieu des calamités présentes, pleurait encore sur le premier malheur de cette guerre. Vers la fin de la nuit, Olivier de Thermes, qui commandait la garnison, le duc de Bourgogne, le légat du pape et tous les Francs, excepté les malades restés dans la ville, s'embarquèrent sur le Nil.
Geoffroi de Sargines, étant entré dans la place, en remit les clefs aux émirs, et dès le lever du jour on vit flotter les étendards musulmans sur les tours et les remparts. A cette vue, toute l'armée égyptienne se précipita en tumulte dans la ville. Les nouvelles répandues dans la nuit avaient excité la fureur des soldats : ils entrèrent dans Damiette comme si un combat sanglant leur en eût ouvert les portes ; ils massacrèrent les malades qu'ils y trouvèrent, pillèrent les maisons, et livrèrent aux flammes les machines de guerre, les armes, toutes les munitions qui appartenaient aux chrétiens (70).
TopGeoffroi de Sargines, étant entré dans la place, en remit les clefs aux émirs, et dès le lever du jour on vit flotter les étendards musulmans sur les tours et les remparts. A cette vue, toute l'armée égyptienne se précipita en tumulte dans la ville. Les nouvelles répandues dans la nuit avaient excité la fureur des soldats : ils entrèrent dans Damiette comme si un combat sanglant leur en eût ouvert les portes ; ils massacrèrent les malades qu'ils y trouvèrent, pillèrent les maisons, et livrèrent aux flammes les machines de guerre, les armes, toutes les munitions qui appartenaient aux chrétiens (70).
Une soi-disant violation des traités faite par les chrétiens
Cette première violation des traités, l'ivresse du carnage, l'impunité de la licence, ne firent qu'enflammer davantage l'esprit des musulmans et les porter à de plus grands excès. Les émirs, partageant la fureur des soldats, eurent la pensée de faire périr tous les prisonniers chrétiens. Déjà les galères où se trouvaient entassés les barons et les chevaliers français avaient reçu l'ordre de remonter vers Pharescour, dont fut parmi nous grand deuil, dit Joinville, et maintes larmes issirent des yeux, car nous croyions tous qu'on dust nous tuer.
Tandis que les galères remontaient le Nil, les chefs de l'armée musulmane délibéraient en conseil sur le sort du roi de France et de tous les guerriers français. Nous voilà maîtres de Damiette, disait un des émirs ; un puissant monarque des Francs et ses plus braves guerriers peuvent recevoir de nous la mort ou la liberté. La fortune nous offre une occasion d'assurer à jamais la paix de l'Egypte et le triomphe de l'islamisme ; nous avons versé sans scrupule le sang des princes musulmans, respecterons-nous celui des princes chrétiens venus en Orient pour incendier nos cités et réduire nos provinces en servitude ?
Cette opinion était celle du peuple et de l'armée, et la plupart des émirs, entraînés par l'esprit général, tenaient le même langage. Un émir de la Mauritanie, dont Joinville nous a conservé le nom, s'éleva presque seul contre cette violation des lois de la guerre et de la paix. « Vous avez fait mourir, dit-il, votre prince, que le Coran vous ordonnait de garder comme la prunelle de votre oeil. Cette mort était sans doute nécessaire à votre propre sécurité; mais que pouvez-vous attendre de l'action qu'on vous propose, si ce n'est la colère de Dieu et la malédiction des hommes ?
Ce discours fut interrompu par des murmures : le langage de la raison ne faisait qu'aigrir la haine et le fanatisme. Comme les passions violentes ne manquent jamais de motifs pour se justifier à elles-mêmes leurs propres excès, on accusa les croisés de perfidie, de trahison, et de tous les crimes qu'on méditait contre eux. Il n'était point d'accusation qui ne parût vraisemblable, point de violence qui ne parût juste. Si le Coran, disait-on, ordonnait aux musulmans de veiller sur la vie de leurs princes, il leur ordonnait aussi de veiller au maintien de la foi musulmane ; la mort devait être le prix de ceux qui avaient apporté la mort, et leurs ossements devaient blanchir dans les mêmes plaines qu'ils avaient ravagées. Ainsi l'exigeaient le salut de l'Egypte et les lois du prophète.
TopTandis que les galères remontaient le Nil, les chefs de l'armée musulmane délibéraient en conseil sur le sort du roi de France et de tous les guerriers français. Nous voilà maîtres de Damiette, disait un des émirs ; un puissant monarque des Francs et ses plus braves guerriers peuvent recevoir de nous la mort ou la liberté. La fortune nous offre une occasion d'assurer à jamais la paix de l'Egypte et le triomphe de l'islamisme ; nous avons versé sans scrupule le sang des princes musulmans, respecterons-nous celui des princes chrétiens venus en Orient pour incendier nos cités et réduire nos provinces en servitude ?
Cette opinion était celle du peuple et de l'armée, et la plupart des émirs, entraînés par l'esprit général, tenaient le même langage. Un émir de la Mauritanie, dont Joinville nous a conservé le nom, s'éleva presque seul contre cette violation des lois de la guerre et de la paix. « Vous avez fait mourir, dit-il, votre prince, que le Coran vous ordonnait de garder comme la prunelle de votre oeil. Cette mort était sans doute nécessaire à votre propre sécurité; mais que pouvez-vous attendre de l'action qu'on vous propose, si ce n'est la colère de Dieu et la malédiction des hommes ?
Ce discours fut interrompu par des murmures : le langage de la raison ne faisait qu'aigrir la haine et le fanatisme. Comme les passions violentes ne manquent jamais de motifs pour se justifier à elles-mêmes leurs propres excès, on accusa les croisés de perfidie, de trahison, et de tous les crimes qu'on méditait contre eux. Il n'était point d'accusation qui ne parût vraisemblable, point de violence qui ne parût juste. Si le Coran, disait-on, ordonnait aux musulmans de veiller sur la vie de leurs princes, il leur ordonnait aussi de veiller au maintien de la foi musulmane ; la mort devait être le prix de ceux qui avaient apporté la mort, et leurs ossements devaient blanchir dans les mêmes plaines qu'ils avaient ravagées. Ainsi l'exigeaient le salut de l'Egypte et les lois du prophète.
Les émirs et le peuple ne sont plus en accord pour libérer les prisonniers
Après une délibération très-orageuse, la terrible sentence des captifs allait être prononcée ; mais la cupidité vint à la fin au secours de l'humanité et de la justice : l'émir qui parlait en faveur des prisonniers chrétiens, avait dit plusieurs fois que les morts ne payaient point de rançon. On reconnut enfin que le glaive en immolant les croisés, ne ferait que dépouiller la victoire et priverait les vainqueurs du fruit de leurs travaux. Cette observation calma les esprits et changea les opinions. La crainte de perdre huit cent mille besants d'or fit respecter les traités, et sauva la vie du roi de France et de ses compagnons d'infortune (Auteurs arabes).
Les émirs donnèrent l'ordre de ramener les galères vers Damiette. Les mameluks prirent tout à coup des sentiments plus pacifiques, et, comme il est naturel à la multitude de passer d'un extrême à l'autre, on traita avec tous les égards de l'hospitalité ceux qu'on voulait peu d'heures auparavant, livrer à la mort. A leur arrivée devant la ville, on distribua aux prisonniers des beignets cuits au soleil, et des oeufs durcis que, pour honneur de nos personnes, dit Joinville, on avait peincts de diverses couleurs.
Les chevaliers et les barons eurent enfin la permission de sortir des vaisseaux qui leur servaient de prison, pour aller rejoindre le roi, que plusieurs d'entre eux n'avaient point vu depuis le désastre de Minieh. Pendant qu'ils sortaient de leurs navires, Louis marchait vers l'embouchure du Nil, escorté par des guerriers musulmans : une multitude innombrable le suivait, et contemplait en silence les armes, les traits, la démarche du monarque chrétien. Une galère génoise l'attendait ; lorsqu'il y fut monté, quatre-vingts archers, les arbalètes tendues, parurent tout à coup sur le tillac : aussitôt la foule des égyptiens se dissipe, et la galère s'éloigne du rivage. Louis avait avec lui le comte d'Anjou, le comte de Soissons, Geoffroi de Sargines, Philippe de Nemours, le sénéchal de Joinville. Le comte de Poitiers était resté en otage à Damiette jusqu'à l'entier paiement de quatre cent mille besants d'or que le roi devait compter aux émirs avant de se mettre en mer. Il manquait à Louis IX trente mille livres : on les demanda aux templiers ; ceux-ci, au grand scandale des chevaliers et des barons, les refusèrent d'abord. On menaça d'employer la force : ils obéirent. La somme exigée par le traité fut payée aux musulmans. Le comte de Poitiers quitta Damiette, et tout était prêt pour le départ, lorsque Philippe de Montfort, chargé de faire le paiement, vint rendre compte de sa mission et dit au roi qu'on avait trompé les émirs d'une somme de dix mille livres. Louis en témoigna son mécontentement, et renvoya Philippe de Montfort à Damiette pour restituer cette somme, leçon de justice qu'il voulut à la fois donner à ses ennemis et à ses serviteurs. Cette dernière mission se trouve rapportée dans un auteur arabe qui lui suppose un motif singulier et bizarre. Il raconte que Philippe de Montfort fut envoyé aux émirs pour leur dire qu'ils manquaient de religion et de bon sens : de religion parce qu'ils avaient massacré leur souverain, de bon sens parce qu'ils avaient brisé, pour une somme modique, les chaînes d'un monarque puissant qui aurait donné la moitié de son royaume pour racheter sa liberté. Cette explication peu vraisemblable sert du moins à nous faire connaître l'opinion alors répandue parmi les peuples de l'Orient, qui reprochaient aux émirs égyptiens d'avoir égorgé leur sultan et laissé échapper leur ennemi.
TopLes émirs donnèrent l'ordre de ramener les galères vers Damiette. Les mameluks prirent tout à coup des sentiments plus pacifiques, et, comme il est naturel à la multitude de passer d'un extrême à l'autre, on traita avec tous les égards de l'hospitalité ceux qu'on voulait peu d'heures auparavant, livrer à la mort. A leur arrivée devant la ville, on distribua aux prisonniers des beignets cuits au soleil, et des oeufs durcis que, pour honneur de nos personnes, dit Joinville, on avait peincts de diverses couleurs.
Les chevaliers et les barons eurent enfin la permission de sortir des vaisseaux qui leur servaient de prison, pour aller rejoindre le roi, que plusieurs d'entre eux n'avaient point vu depuis le désastre de Minieh. Pendant qu'ils sortaient de leurs navires, Louis marchait vers l'embouchure du Nil, escorté par des guerriers musulmans : une multitude innombrable le suivait, et contemplait en silence les armes, les traits, la démarche du monarque chrétien. Une galère génoise l'attendait ; lorsqu'il y fut monté, quatre-vingts archers, les arbalètes tendues, parurent tout à coup sur le tillac : aussitôt la foule des égyptiens se dissipe, et la galère s'éloigne du rivage. Louis avait avec lui le comte d'Anjou, le comte de Soissons, Geoffroi de Sargines, Philippe de Nemours, le sénéchal de Joinville. Le comte de Poitiers était resté en otage à Damiette jusqu'à l'entier paiement de quatre cent mille besants d'or que le roi devait compter aux émirs avant de se mettre en mer. Il manquait à Louis IX trente mille livres : on les demanda aux templiers ; ceux-ci, au grand scandale des chevaliers et des barons, les refusèrent d'abord. On menaça d'employer la force : ils obéirent. La somme exigée par le traité fut payée aux musulmans. Le comte de Poitiers quitta Damiette, et tout était prêt pour le départ, lorsque Philippe de Montfort, chargé de faire le paiement, vint rendre compte de sa mission et dit au roi qu'on avait trompé les émirs d'une somme de dix mille livres. Louis en témoigna son mécontentement, et renvoya Philippe de Montfort à Damiette pour restituer cette somme, leçon de justice qu'il voulut à la fois donner à ses ennemis et à ses serviteurs. Cette dernière mission se trouve rapportée dans un auteur arabe qui lui suppose un motif singulier et bizarre. Il raconte que Philippe de Montfort fut envoyé aux émirs pour leur dire qu'ils manquaient de religion et de bon sens : de religion parce qu'ils avaient massacré leur souverain, de bon sens parce qu'ils avaient brisé, pour une somme modique, les chaînes d'un monarque puissant qui aurait donné la moitié de son royaume pour racheter sa liberté. Cette explication peu vraisemblable sert du moins à nous faire connaître l'opinion alors répandue parmi les peuples de l'Orient, qui reprochaient aux émirs égyptiens d'avoir égorgé leur sultan et laissé échapper leur ennemi.
Louis IX quitte l'Egypte pour Saint-Jean d'Acre
Bientôt Louis IX, avec les tristes débris de son armée, quitta l'embouchure du Nil, et peu de jours après son départ arriva à Ptolémaïs, où le peuple et le clergé faisaient encore des prières pour sa délivrance. Tous les habitants de la ville allèrent en procession jusqu'au bord de la mer pour le recevoir.
Cependant les infidèles se réjouissaient de leurs triomphes. Les chefs et les soldats de l'armée égyptienne qui avait vaincu les Francs, reçurent les uns des vestes d'or et d'argent, les autres des sabres, des chevaux, tous des récompenses proportionnées à leur rang et à leur bravoure. La reddition de Damiette et les victoires de l'Islamisme furent à la fois célébrées par des discours prononcés dans les mosquées et par les chants des poètes qu'on répétait dans toutes les cités musulmanes. Un des poètes arabes s'adressait au roi de France :
« O monarque des Francs ! Lui disait-il, tu voulais envahir l'Egypte et t'emparer de ses richesses ; tu croyais, dans ton orgueil, que les forces qui la défendent se dissiperaient comme la fumée ou comme une ombre vaine : que sont devenus tes guerriers? Où les a conduits ton imprudence ? Cinquante mille hommes faits prisonniers, tués ou blessés, voilà le fruit de ton entreprise. O roi des Francs ! Ajoutait le poète des mameluks, si tu conserves l'espoir de venger ta défaite, si quelque dessein téméraire te ramène dans notre pays, n'oublie pas que la maison du fils de Lokman, qui te servait de prison, est encore prête à te recevoir. Souviens-toi que les chaînes que tu as portées et l'eunuque Sabih qui te gardait, sont toujours là qui t'attendent » (71).
Suite
Sources : Joseph-François Michaud - Histoire des Croisades. Dezorby, E. Magdeleine et Cie Editeurs. 1841
TopCependant les infidèles se réjouissaient de leurs triomphes. Les chefs et les soldats de l'armée égyptienne qui avait vaincu les Francs, reçurent les uns des vestes d'or et d'argent, les autres des sabres, des chevaux, tous des récompenses proportionnées à leur rang et à leur bravoure. La reddition de Damiette et les victoires de l'Islamisme furent à la fois célébrées par des discours prononcés dans les mosquées et par les chants des poètes qu'on répétait dans toutes les cités musulmanes. Un des poètes arabes s'adressait au roi de France :
« O monarque des Francs ! Lui disait-il, tu voulais envahir l'Egypte et t'emparer de ses richesses ; tu croyais, dans ton orgueil, que les forces qui la défendent se dissiperaient comme la fumée ou comme une ombre vaine : que sont devenus tes guerriers? Où les a conduits ton imprudence ? Cinquante mille hommes faits prisonniers, tués ou blessés, voilà le fruit de ton entreprise. O roi des Francs ! Ajoutait le poète des mameluks, si tu conserves l'espoir de venger ta défaite, si quelque dessein téméraire te ramène dans notre pays, n'oublie pas que la maison du fils de Lokman, qui te servait de prison, est encore prête à te recevoir. Souviens-toi que les chaînes que tu as portées et l'eunuque Sabih qui te gardait, sont toujours là qui t'attendent » (71).
Suite
Sources : Joseph-François Michaud - Histoire des Croisades. Dezorby, E. Magdeleine et Cie Editeurs. 1841
Notes
69. L'exécution suivit de bien près le traité avec les émirs. Le 1er mai, le Soudan avait été tué ; le 6 du même mois, Geoffroi de Sargines entra dans Damiette pour remettre cette ville aux musulmans.
70. Les cadavres des chrétiens, mêlés à la chair des porcs salés, furent jetés sur un immense bûcher, qui brûla pendant trois jours (Joinville). D'un autre côté, au rapport de Mathieu Paris, les soldats de la garnison de Damiette, avant de sortir de la place, brisèrent les tonneaux d'huile et de vin, jetèrent ou brûlèrent le blé, l'orge, les viandes salées et tous les comestibles ; ils regrettaient d'avoir ainsi conservé pour les ennemis de la foi tant de provisions, et disaient qu'il eût mieux valu que Damiette n'eût pas été prise. L'historien attribue à ce dépit des chrétiens le massacre que la populace musulmane fit de leurs malades, le pillage des maisons de la ville et l'incendie de toutes les machines de guerre des croisés, donnant assez clairement à entendre que la violation du traité commença par les chrétiens. Mais on peut opposer au témoignage de Mathieu Paris, celui de l'auteur arabe Aboul-Mahassen, qui cependant n'était pas porté en faveur des chrétiens : non-seulement cet auteur ne dit rien des violences commises par les croisés, mais il dit même que les musulmans, en entrant dans Damiette, trouvèrent des vivres et des provisions de toute espèce pour la valeur de quatre cent mille pièces d'or (Voyez Bibliothèque des Croisades).
Sources : Joseph-François Michaud - Histoire des Croisades. Dezorby, E. Magdeleine et Cie Editeurs. 1841
70. Les cadavres des chrétiens, mêlés à la chair des porcs salés, furent jetés sur un immense bûcher, qui brûla pendant trois jours (Joinville). D'un autre côté, au rapport de Mathieu Paris, les soldats de la garnison de Damiette, avant de sortir de la place, brisèrent les tonneaux d'huile et de vin, jetèrent ou brûlèrent le blé, l'orge, les viandes salées et tous les comestibles ; ils regrettaient d'avoir ainsi conservé pour les ennemis de la foi tant de provisions, et disaient qu'il eût mieux valu que Damiette n'eût pas été prise. L'historien attribue à ce dépit des chrétiens le massacre que la populace musulmane fit de leurs malades, le pillage des maisons de la ville et l'incendie de toutes les machines de guerre des croisés, donnant assez clairement à entendre que la violation du traité commença par les chrétiens. Mais on peut opposer au témoignage de Mathieu Paris, celui de l'auteur arabe Aboul-Mahassen, qui cependant n'était pas porté en faveur des chrétiens : non-seulement cet auteur ne dit rien des violences commises par les croisés, mais il dit même que les musulmans, en entrant dans Damiette, trouvèrent des vivres et des provisions de toute espèce pour la valeur de quatre cent mille pièces d'or (Voyez Bibliothèque des Croisades).
Sources : Joseph-François Michaud - Histoire des Croisades. Dezorby, E. Magdeleine et Cie Editeurs. 1841

