Abbeville (80)
Les Templiers avaient une maison à Abbeville dans le faubourg de Thuison, qu'ils vendirent, en 1300, à Guillaume de Macon, évêque d'Amiens, pour y fonder une chartreuse. Cette maison avait une chapelle remarquable qui fut conservée, dit le père Ignace, par les Chartreux, à cause de sa grande antiquité ?. Par suite de cette vente, les terres dépendant de cette maison, et qui étaient situées près d'Abbeville à Manchecourt et à la Bouvaque, furent réunies au domaine de Beauvoir.
Il y avait encore une autre maison que l'Ordre du Temple possédait à Abbeville. Elle était située près de la Porte-Comtesse, «ad portant Comitisse», et avait été achetée par le Grand-Maitre de France, d'un nommé Jean Sellier, «Scllarius», au prix de 208 livres parisis, suivant les lettres de l'official d'Amiens du mois de janvier 1272. La même année, les Templiers la donnèrent à cens sous la réserve de leurs droits seigneuriaux, à Jean Mullet, bourgeois d'Abbeville. Mais plus tard, elle revint en la possession des Templiers ou plutôt des Hospitaliers, leurs successeurs, comme on le voit bar un acte du 22 février 1370, par lequel frère Regnault de Mailg, commandeur de Beauvoir, concéda à vie à Jehan de Catheu, moyennant une redevance de 16 livres : le manoir de l'Hôpital, jadis du Temple, «estant» à Abbeville, excepté et réservé au Commandeur et à ses successeurs, une maison séant audit manoir, en allant au jardin d'icelui de lez les estables, lequel manoir est assis de lez la porte, nommée la porte «la Comtesse».
Sources : Ordre de Malte, le Grand Prieuré de France
Les biens du Temple à Abbeville (80)
Les Templiers eurent certainement des biens à Abbeville, et cela dès le XIIe siècle. Peut-être, le précepteur des maisons du Temple en la baillie de Ponthieu résidait-il dans cette ville. Toujours est il qu'en 1205, Gui, frère du comte de Montreuil et de Ponthieu, faisait don au Temple de 100 sous de monnaie de Ponthieu à prendre, chaque année à la vicomté d'Abbeville, sur le revenu de 40 livres qu'il y percevait. Ce qui fut fait - en présence du frère Richard, précepteur de la maison d'Oisemont. Selon toute vraisemblance, Gui prit l'habit du Temple en cette même année 1205, car il figure comme frère du Temple dans une charte relative à la maison de Longuevillette (80), maison du Temple qui se trouvait dans la paroisse de Longuevillette (Roquemont, Somme, arr. et com. de Doullens).
Il nous faut descendre assez tard dans le XIIIe siècle, pour trouver une mention positive concernant les Templiers d'Abbeville.
En janvier 1272-1273, ces religieux vendirent à un certain Jean Milet, une maison sise à Abbeville, près la porte Comtesse, pour 208 livres de parisis. C'était le prix que les Templiers avaient payé, il y avait longtemps, à Jean Sellier, qui la tenait du Temple et qui l'avait vendue ; ils se réservaient cependant les droits qu'ils avaient sur la maison, avant l'achat et la vente.
Cette maison faisait partie des biens du Temple, mais il ne faut pas la confondre avec la Commanderie, située également, près de la porte Comtesse, (La porte Comtesse s'appela ensuite Fausse porte, puis porte de l'Ecu de Brabant) et appelée plus tard «maison de la Rose».
D'après le père Ignace, le Temple avait encore une autre maison à Abbeville, connue dans la suite sous le nom de l'auberge de la Fleur-de-Lys, près l'église Sainte-Catherine, et qui leur aurait servi pour blanchir leurs habits et leur linge, tandis que la commanderie était destinée à la perception des revenus et à leur centralisation.
Nous lisons en outre, dans Louandre (d'après le manuscrit de l'avocat Formentin, composé vers 1740), que les Templiers, au nombre de douze, habitaient la maison dite la commanderie, lorsqu'ils furent arrêtes, en 1307 par ordre du Roi. Trois d'entre eux auraient été brûlés au milieu du marché au blé et les autres incarcérés à Paris (Louandre - Histoire d'Abbeville et de son arrondissement. - Abbeville, 1834). Il est difficile de mettre en doute l'existence de cette maison ; étant donné que nous relevons, comme étant près de la porte Comtesse, des noms tels que : l'impasse de la commanderie, l'égout de la commanderie.
Mais les Templiers avaient, paraît-il, encore une autre maison, hors Abbeville, à Thuison. C'est aujourd'hui un faubourg d'Abbeville. D'après Prarond (Topographie historique et archéologique d'Abbeville, 1871), c'était la véritable demeure, le couvent. Louandre et Prarond disent, après le père Ignace, que les Templiers vendirent en 1301 à Guillaume, évêque d'Amiens, cette maison pour y fonder une chartreuse. Le père Ignace ajoute que cette maison avait une chapelle remarquable, qui fut conservée par les chartreux.
Nous ne savons jusqu'à quel point la chose est exacte ; nous nous permettons même d'en douter, tout en croyant que le Temple avait des terres aux portes d'Abbeville et particulièrement à Thuison. Nous lisons en effet dans le Gallia christiana, tome X, que Guillaume, évêque d'Amiens, fonda en 1301 un couvent de chartreux à Abbeville et qu'il le dota d'un champ acheté aux chevaliers du Temple, d'un cens et du chef vénéré de Saint-Honoré. On voit par ce passage qu'il n'est pas question de maison du Temple vendue à l'évêque.
Les biens du Temple, à Abbeville, devinrent la propriété des Hospitaliers, après l'extinction de l'Ordre ; c'est du reste, ce que nous apprend un acte daté du 22 février 1370-1371, où il est question de manoir de l'Hôpital, «jadis Temple, assis de lez la porte Comtesse». Ce manoir du Temple avait une chapelle, bien qu'il fût situé dans la ville (Visite prieurale de 1495, d'après Mannier).
Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893
Acheux (80)
Nous ne connaissons l'existence de cette maison du Temple que par le Livre vert. En 1373, Acheux était une dépendance de la baillie d'Oisemont : «la maison d'Aisseu, membre (d'Oisemont), jadis du Temple». D'après ce même registre, la maison d'Acheux avait chapelle ; il y a donc lieu de croire, qu'Acheux a été ce qu'il est convenu d'appeler une maison du Temple, une commanderie sous les Hospitaliers, qui sans doute dépendait d'Oisemont.
Dans le procès des Templiers, il est question d'une grange du Temple appelée «Assens», à la date de 1277, et paraissant se trouver non loin d'Oisemont, nous nous demandons si ce mot n'aurait pas été mal lu, et si ce ne serait pas «Aseus» pour Acheux, qu'on écrivait au XIVe siècle : «Aisseu, Aesseu».
Sources : Trudon des Hormes pour les actes du Procès, Ordre de Malte, le Grand Prieuré de France
Acoyeu (01)
Brens (Acoyeu)
Sur cette commune se trouvait la Maison du Temple d'Acoyeu.
Cette maison de Templiers doit son origine au chapitre de Belley qui, en 1142, en concéda l'emplacement aux frères de la Milice du Temple par une charte datée de Virieu. Guillaume, évêque de Belley, en fut signataire. Il consacra l'église au mois de décembre 1149 et confirma la concession: « Campum videlicet de Malliaco in quo ecclesia de Cohiaco eorumque edificia fundata sunt ». Hugues de Peyrieu fut témoin de cette concession.
Le premier commandeur du Temple d'Acoyeu fut Georges Faisandier qui réunit à son Ordre plusieurs gentilshommes du voisinage.
Outre des possessions étendues dans les paroisses de Brens et de Virignin, les Templiers d'Acoyeu possédaient encore à Passin, en Valromey, quelques fonds qu'ils aliénèrent en partie, en 1283, aux Chartreux d'Arvières.
Sources : Alain Jantet, l'Ain des Templiers - Edition Trevoux - Archives de l'Ain, archives du Rhône, dictionnaire Topographique et historique de l'Ain.
Acoz (Liège)
Cette maison, située dans le diocèse de Liège faisait partie du comté de Namur. Simple maison d'après le chapitre provincial de 1253, elle ne reçut jamais de grandes donations et d'après l'inventaire de 1313, elle était...
Acquebouille (45)
Ancienne maison du Temple, dont l'existence est constatée vers le milieu du XIIe siècle. Elle était située dans la paroisse de Faronville, sur la route de Paris, aboutissant à la Voie neuve.
Acy (02)
Les Templiers possédaient, au commencement du XIIIe siècle, une maison dans la ville de Soissons.
Par une déclaration du mois de janvier 1216, un nommé Ponçard Dupuis, "de Puteo", reconnaissait tenir des frères de la chevalerie du Temple, une maison à Soissons, sise devant l'élise de Saint-André, au canon annuel de vingt sols, payable à la Noël, et de trente-deux deniers et une poule à rendre à la saint Remi.
Nous retrouvons dans un bail du mois d'août 1268, la même maison, appelée la Maison du Temple de Soissons, "domus Templi apud Suessionem", louée à vie à un nommé Jacquemin, au cens de vingt sols par an.
Sources : Trudon des Hormes pour les actes du Procès, Ordre de Malte, le Grand Prieurè de France
Agen (Sainte-Quitterie) (47)
Maison du Temple de Sainte-Quitterie d'Agen.
A une époque que nous ne pouvons préciser, les Templiers fondèrent un établissement dans la ville même d'Agen. Près de l'église Sainte-Quitterie, dont le dîmaire et la seigneurie spirituelle leur avait été donnés dès le principe, s'élevait la masse sombre d'un vieux donjon crénelé ; leur autorité s'étendait de là sur tout le quartier entourant leur enclos et désigné dans les vieux cadastres sous le nom du Temple. A peine la construction du château de Brulhes eut il fourni aux Templiers une résidence plus à leur convenance, qu'ils s'empressèrent de s'y fixer, abandonnant leur fief de Sainte-Quitterie, qui ne forma plus qu'un membre de la nouvelle Commanderie.
Nous ne trouvons plus d'indication sur ce membre depuis l'époque de son adjonction au Temple de Brulhes jusqu'au XVIe siècle, sinon qu'il s'accrut en 1315 de tout ce que l'Ordre de Saint-Jean possédait dans le voisinage.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
Agnez (62)
Maison du Temple d'Agnez (62)
Agnez-les-Duisans (Pas-de-Calais), arr. Arras, cant. Beaumetz-les-Loges.
Les Templiers d'Arras possédaient une maison et des terres à Agnez-les-Duisans (6). Ce petit domaine seigneurial, dont la maison était située dans la rue conduisant d'Agnez à Hautavesnes ; leur avait été donné au XIIIe siècle par les seigneurs d'Agnez. Des lettres de l'évêque d'Arras, du 21 mars 1219, portent que devant Eustache, doyen d'Aubigny, "de Albiniaco", et Pierre, doyen de Duisans, Bauduin d'Anez avait déclaré faire donation aux frères de la chevalerie du Temple, de la moitié de ses biens pour en jouir seulement après sa mort. En sûreté et garantie de cette donation, Bauduin avait remis à Jean d'Anez son frère sa maison, mais sous réserve d'usufruit, à la condition qu'à sa mort elle appartiendrait aux Templiers qui devraient la tenir du dit Jean et de ses héritiers sous le cens ou la rente d'un denier payable à la saint Remi de chaque année. Nous trouvons quelques années après le même Jean d'Anez, se désaisissant, en faveur des Templiers de la maison sus-rappelée et des huit hôtes qui l'habitaient, ainsi qu'il résulte des lettres des mêmes doyens du mois de janvier 1223.
"Les Hospitaliers, en possession des biens du Temple, affermèrent en octobre 1330, pour neuf ans, à un nommé Etienne de Donnemarie, le manoir de l'Hospital (du Temple) gisant en la ville d'Agnez, qui jadis fu du Temple et tout chou qu'ils ont clozement es villes et es terroirs de Couves (Gouves (Pas-de-Calais), arr. Arras, cant. Beaumetz-les-Loges) et de Valeroie (Peut-être Warlus (Pas-de-Calais), arr. Arras, cant. Beaumetz-les-Loges), si comme en terres ahanaules, en rentes, en teraiges, en soistes, en ventes, en relies, en amendes, etc., au rendage de cinquante livres parisis, et à la charge par ledit censier de retenir le manoir de ladite censé bien et souffisamment de pas, de laite et de couverture, et de laisser les terres comme il les aura trouvées, XXII mencaudées querkiés de blé et de souscrions, XXII mencaudées de march querkiés d'avaines, XVII mencaudées à gaskière, ahannées d'une roie d'esté à II fers et li sourplus en ries, et si doit ledit censier mener sour les terres de ladite censé chascun an, C karettes de fiens boins et loyaus".
D'après le rapport d'une visite prieurale de 1446, nous voyons que la maison d'Agnez n'existait plus alors.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Aigues-Mortes (30)
Les Templiers y possédaient des terres, cens, dîmes etc… Pas plus d'informations pour le moment...
Aigues-Vives (30)
Les Templiers y possédaient des terres, cens, dîmes etc… Pas plus d'informations pour le moment...
Aigueze (Gorges Ardèche) (30)
On connaît pourtant peu de choses sur la « Maladrerie des Templiers » des Gorges de l'Ardèche. La DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) du Languedoc-Roussillon fait actuellement des recherches historiques. Les résultats sont à ce jour plutôt maigre (décevant). Néanmoins (Toutefois), un certain nombre d'éléments laisse supposer que la « Maladrerie des Templiers » des Gorges de l'Ardèche. Située sur le territoire de la commune gardoise d'Aiguèze, mais propriété de celle du Garn a joué un rôle important dans la région, notamment dans les soins contre la lèpre. L'existence établie d'une Commanderie des Templiers sur le plateau du Garn ; l'analyse du radiocarbone de l'âge des os trouvés dans le cimetière du site datant du XIIe Siècle ; les vertus curatives reconnues de l'eau de l'Ardèche ; le plan de la structure du type Couvent des Templiers ; l'isolement du lieu ; la « Maladrerie des Templiers » des Gorges de l'Ardèche, selon ces informations pourrait donc avoir été uniquement réservée à l'accueil de Templiers lèpreux.
Sources : Ardèche Infos .Com
Aimargues (30)
Les Templiers y possédaient des terres, cens, dîmes etc… Pas plus d'informations pour le moment...
Aimont (80)
Maison du Temple d'Aimont
Aimont, com. de Conteville (Somme, arr. Abbeville, com. De Crécy); Cette ancienne commanderie est devenue la ferme d'Emond sur le carte de l'Etat-Major.
La maison du Temple d'Aimont (Aiemunt, Aiemond, Aymond) remonte au XIIe siècle ; il est même possible d'en préciser l'origine exacte. C'est en 1146 que Thibaud, abbé de Saint-Josse (Saint-Josse-sur-mer : Pas-de-Calais, arr. et com. de Montreuil 62), concéda aux frères du Temple la dîme de 4 journées de terre en la paroisse de Conteville, pour les aider dans la construction de la maison qu'ils devaient édifier à cet endroit même. L'abbé mettait toutefois cette condition, que s'il arrivait qu'une ville prit naissance, ou que les hôtes du Temple vinssent à s'établir en ce lieu, l'abbaye de Saint-Josse aurait la moitié de la dîme, sur les habitants (copie du dernier siècle, d'après le vieux cartulaire de l'abbaye).
Cette commanderie avait des terres sur les domaines d'un certain Hue Seigneuré, «Sénioratus». Un acte émané de son fils, Gautier, délivré dans les dix ou quinze dernières années du XIIe siècle (Pièce justif. n° 12. - Cet acte non daté ne peut être de beaucoup antérieur à l'an 1190, car il y est fait mention du précepteur du Temple en Ponthieu. Il serait au plus tard de l'année 1194, car nous avons le nom du précepteur à cette date, ainsi que les noms dé ses successeurs jusqu'en l'an 1215 environ. Or la teneur même de l'acte nous. autorise à lui donner une date plus anqenne), nous apprend que : les Templiers avaient acheté à Bernard de Fontaines, un champ de terre pour 60 sous ;
que G. de Rambures leur avait fait don de 15 arpents de terre et de la moitié du bois de «Fayel», et qu'il avait eu du Temple un cheval ;
que Hue Bordel leur avait donné l'autre moitié du bois et avait reçu 15 sous, (ce bois faisant partie du fief de Gautier Seigneuré, ce dernier avait eu pour sa concession, 6 fromages) ;
que Raoul Bordel, père de Hue, avait donné à la maison du Temple 60 arpents et qu'il en avait reçu 60 sous ;
que Hue de Béthencourt avait vendu au Temple 4 arpents, 20 sous ;
que Roger, hôte des Templiers, leur avait donné 8 arpents, avec l'assentiment de Gautier ;
que Gui de Durchetel, leur avait donné 5 arpents ;
W. de Fontaines, 5 arpents tant en terre qu'en bois ;
Lambert de Fontaines sept arpents ;
que Maingode de Béthencourt avait donné à cette maison du Temple, au terroir du Ménil, un champ à la réserve du droit de terrage et 6 arpents de bois.
Cette longue énumération était scellée, jadis, du sceau de Guillaume de (Guillaume del Bos Norman, sans doute, Bose-Normand dans l'Eure, arr. Pont-Audemer, com. de Bourgtheroulde), alors précepteur du Temple, en Ponthieu, et peut-être même le premier précepteur du Ponthieu ; les baillies n'existant que depuis l'an 1190 ou environ. (E. Mannier a cité cette pièce, en parlant d'Aimont, mais il n'en a connu que l'analyse du XVIIIe siècle qui se trouve dans le registre S. 5970).
C'est à peu prés à la même époque, en juin 1194, que G. le Blond, donna à la maison d'Aimont une terre dite le champ de Gui. Cette donation fut faite dans la commanderie même, en présence d'Olard (il y a dans l'acte, Oelardus, peut-être, Eulard), précepteur du Temple en Ponthieu ;
de Guillaume de «Leicestre», chapelain d'Aimont ;
de Gobert, précepteur ;
d'Evrard, sénéchal de cette maison ;
du frère Eustache, que nous retrouverons comme précepteur de la maison en 1214 ;
d'autres frères et de sergents du Temple qui ne devaient être, à cette époque, que des mercenaires.
En avril 1214, les Templiers échangent avec Régnier de «Baiarde» bourgeois de Hiermont (80), 3 journaux et 3 quarte-rées d'une terre sise au terroir de «Baiarde», contre 3 journaux et 3 quarte-rées de terre au terroir de Conteville, «jouxte la maison d'Aimont». Parmi les témoins de cet échange, étaient, le précepteur du Temple en Ponthieu, Silvestre ;
un chevalier du Temple, Gosselin de Bérengeville,
et Eustache précepteur d'Aimont.
De cette époque à l'année 1307, nous n'avons plus aucun renseignement, bien que la maison n'ait pas cessé d'exister. Car un frère sergent du Temple, Jean de Juvigny (ou Juvignies «de Juviniaco vel de Juveniliis» Procès des Templiers), mentionné dans le procès des Templiers, déposa avoir été reçu vers l'an 1299, dans la chapelle du Temple d'Aimont, par le précepteur du Ponthieu, G. de Grandvilliers, et en présence de Pierre de Lagny, précepteur d'Aimont.
Pierre de Lagny fut, selon toute apparence ; le dernier précepteur de cette commanderie, car il dirigeait encore cette maison en 1305. En effet le neveu de ce précepteur, qui s'appelait également Pierre de Lagny, déposa le jeudi 4 mars 1311, qu'il avait été reçu le 14 septembre 1305 par Baudouin de Saint-Just alors précepteur du Ponthieu, dans la chapelle d'Aimont et en présence de son oncle (Procès des Templiers).
Nous citerons encore parmi les Templiers de cette maison, qui furent arrêtés, un certain Jean, berger de la commanderie, vers 1305 (Procès des Templiers), et Pierre de Bouillancourt (80) qui eut la garde des clefs de la maison (Bouillancourt, Somme, arr. et com. de Montdidier. - Le texte porte : «Poignencurt, alias, Bolhencurt»).
D'après le Livre vert cette maison était assez riche puisqu'elle possédait 900 journaux de terres arables, pouvant rapporter 135 livres, 60 journaux de bois pour l'usage de la maison, des dîmes en nature, des cens. Le revenu total se trouvait ainsi dépasser 190 livres, mais il n'est pas tenu compte des charges.
D'après E. Mannier (p. 631) les Hospitaliers auraient loué en 1339 à Mathieu de Trye, maréchal de France, l'ancienne maison du Temple d'Aimont.
Nous savons d'autre part que, plus de quarante ans auparavant, un certain Mathieu de Trye avait fait parvenir au caissier du Temple à Paris la somme de 170 livres qui fut inscrite sur le registre «ad debetur» (Léopolde Delisle. Mémoire sur les opérations financières des Templiers; p. 163 : «Du mercredi 23 mars 1295, versement de 170 livres fait, au Temple à Paris, au compte de Mathieu de Trye»).
Un autre bail de l'an 1375, mentionne le manoir du Temple, le colombier et la chapelle où il faut dire 3 messes par semaine. (En 1495 la maison et la chapelle subsistaient encore : «Hemont, au quel a chappelle bien édiffiée...» D'après la visite prieurale de 1495).
Les Hommes de la commanderie
Précepteurs d'Aimont :
En 1194. - Gobert ;
En 1214. - Eustache ;
En 1299 et postea. - Pierre de Lagny, frère sergent.
Chapelain d'Aimont : En 1194. - Guillaume de «Leicestre» (Peut-être Leicester en Angleterre, dans le comté du même nom).
Sénéchal : En 1194. - Evrard.
Claviger : En 1307 et ante. - Pierre de Bouillancourt.
Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893
Ajat (24)
Les templiers possédaient à Ajat des biens dont un château, ils étaient seigneurs des lieux, ils avaient d'autres biens, mais, je n'ai pas de liste précise à vous communiquer.
Albefeuille-Lagarde (82)
Albefeuille-Lagarde (82), La Ville-Dieu-du-Temple (82), près de Montauban.
La Barthe, Flamarens (32), Albefeuille.
Situés entre la Garonne et la Ville-Dieu-du-Temple (82), les fiefs de la Barthe et de
Flamarens
Borne templière, ainsi que la paroisse d'Albefeuille (82), faisaient partie de cette commanderie. Ce ne fut que vers le milieu du XVIIe siècle qu'ils en furent détachés pour former un membre de celle de Garidech. Leurs archives, fort peu considérables du reste, ne nous ont conservé qu'une sentence du sénéchal ordonnant que le commandeur de la Villedieu et le chapitre Saint-Etienne de Montauban contribueraient à la reconstruction de l'église d'Albefeuille, proportionnellement aux dîmes qu'ils y percevaient (1525) et des discussions entre les commandeurs et les tenanciers de la Barthe, pour la fixation des droits seigneuriaux (1581 et 1643).
Quelques images de
Flamarens
Sources : A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.
Albinhac (12)
Sur la commune de Brommat, les Templiers avaient une préceptorie. "Domus Templi de Albinhaco, Ruthenensis diocesis (Rodez)", le dernier Précepteur connu était, Bertrand ou Bernard Bonhomme, originaire du diocèse de Cahors, sergent du Temple.
Albon (26)
Les Templiers avaient sur la commune de Saint Philibert d'Albon un domaine avec bâtiments agricoles, chapelle, moulins, des terres, cens et rentes.
Un sergent du Temple, Gui de Vienne, interrogé en Chypre, dit que "Hue de Perraud" Hugues de Pairaud, alors visiteur du Temple en France, le reçut dans la Maison du Temple d'Albon "Domus de Albono" en la présence des Frères Jean "Cena", chapelain, "Hue Flameng", ce dit Frère que l'on retrouve, en 1296, en la Préceptorie de Vienne.
Sources : Cartulaire du Temple de Vaux (p. 22)
Alesme (23)
Dès l'an 1201, les Templiers étaient à Alesme, il reste une chapelle, et nous avons une charte de transaction passée entre les chanoines d'Aureil et les Templiers d'Alesme au sujet d'un étang.
Alléré (27)
La terre et seigneurie d'Alléré était située à un quart de lieue du chef-lieu de la commanderie, entre Ivry et Neuville-Bosc. Son domaine consistait en une maison seigneuriale avec basse-cour, se trouvant dans un enclos...
Allemans (24)
Allemans, ce trouve à 7 km de Ribérac. Domaine Templiers au XIIIe siècle. Mis à part l'église et une croix sur une vielle maison, il ne reste rien d'autre de l'Ordre du Temple...
Amboise (37)
C'est le seul lieu où se trouvaient à la fois une commanderie du Temple et une de l'Hôpital.
La maison du Temple s'élevait dans la paroisse de Saint-Denis-Hors. Son existence est attestée dès 1219 par une charte de Regnault de l'Ile. Elle s'est appelée "domus militiae templi de ambazia", maison de la milice du temple d'Amboise, ou bien plus simplement "domus de ambazia", maison d'Amboise.
Ambrief (02)
A une demi-lieue du Mont-de-Soissons se trouvait domaine d'Ambrief, dont la maison était située dans la grande rue du village, presque à l'angle du chemin qui s'en détache pour aller à Mesmin. Voici comment s'exprime sur ce membre de la commanderie le rapport de la visite prieurale de 1495 : « A une lieue, près de la ville de Soissons, a ung villaige nommé Ambriers, environ de XL feuz, la moitié desquelz sont hommes de la commanderie a foute jurisdicion, et les aultres à ung seigneur de Paris. Audit villaige, le Commandeur prent aucunes censives et rentes, et a une ferme où il y a une maison et grange pour le mestayer, Y a environ CC arpens de terres labourables, et donne de pourfiet par an X muis de blé les deux pars froment, et l'aultre avoyne. »
« Amblers ».
On peut en dire autant de la maison « d'Amblers » dont le précepteur, frère Gilles de Pernant-sur-Aisne, aurait été reçu, vers 1296, au Mont-de-Soissons « Procès, t. II, p. 312 ».
Est-ce Ambrief, Aisne, arrondissement de Soissons, canton d'Oulchy-le-Chàteau ?
Il faut lire Ambrief, c'est une erreur des copistes.
Sources : Trudon des Ormes : Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les comminssions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.
Amiens (80)
D'après M. le Baron Albon, il n'y aurait pas eu de Templiers à Amiens.
- Il nous semble bien difficile d'admettre que le Temple n'ait pas eu au moins un hôtel, en cette ville, alors que plusieurs souscriptions d'actes nous prouvent la prèsence de frères du Temple, à diverses èpoques, à Amiens.
Nous ne doutons pas que les Templiers aient eu une maison, en la ville d'Amiens, bien que les documents nous fassent défaut. Dans une histoire de la ville d'Amiens, nous avons relevé d'ailleurs parmi les noms des rues, celui de la rue du Temple. De plus, dans plusieurs actes concernant le Temple et émanés soit de l'évêque d'Amiens, soit de l'officialité, nous avons pu constater la présence de frères du Temple à Amiens. Il est même probable que leur mission était de veiller à l'expédition des actes, intéressant les maisons du diocèse.
Amilly (45)
Amilly possedait des terres en vignoble, proches d'un ancien château des Barres à Saint-Firmin-des-Vignes et s'étendant jusqu'à Montargis.
La famille des Barre était celle du 3e Grand-Maître du Temple : Evrart des Barres.
Ancenis (44)
On trouve, dans le procès, un frère P. de Lugny « preceptor d'Anceni » ; les Templiers eurent sans doute à Ancenis une de ces maisons comme ils en possédèrent dans un grand nombre de villes.
Précepteur d'Ancenis : 1307, frère P. de Lugny.
Sources : Trudon des Ormes : Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les comminssions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.
Anchouarre (60)
Sur le bord de la montagne de Laigneville, on voyait une maison, jadis nommée "la ferme d'Anchouarre", dont dépendait une centaine d'arpents de terre, situés aux triages d'Anchouarre.
Ancteville (50)
Comme les fiefs précédents, et sans doute pour les mêmes raisons, le fief d'Ancteville fut aliéné, au XVIIe siècle, par le commandeur de Valcanville.
Andrivaux (Les) (24)
Maison du Temple des Andrivaux (24)
Région Aquitaine, Département Dordogne, Arrondissement Périgueux, Canton Périgueux-Ouest - 24.
Dans la banlieue de Périgueux, sur la commune de Chancelade, la commanderie des Andrivaux fut, après Sergeac, la plus importante du Périgord. Fondée en 1139 (onze ans seulement après le concile de Troyes), cette très ancienne commanderie prit rapidement une, grande extension.
Vers 1150, Izorn, seigneur de Montanceix, lui fit don de la forêt de Lancinade; Bertrand, son fils, offrit des droits de pêche sur l'Isle. Puis, leurs descendants accordèrent aux Templiers les droits de justice "haute, basse, moyenne, mixte et impère".
Les Andrivaux tenaient des fiefs et des droits sur les paroisses de La Chapelle-Gonaguet, Biras, Bassac, Mensignac, Saint-Apre, Montagrier, Marsac, Coursac et Manzac.
De 1298 à 1306, Géraud de Lavernhe, commandeur des Andrivaux, figure comme "Maître de l'Ordre en Périgord".
Il figurait parmi les soixante-dix Templiers périgourdins emprisonnés à
Domme.
Bien que plusieurs bâtiments aient été modifiés ou rebâtis au 17e siècle, le hameau des Andrivaux nous donne une idée assez exacte de ce qu'était la commanderie. De l'église, aujourd'hui détruite, il ne subsiste que la crypte percée de trois fenêtres, et des débris de colonnettes éparpillés dans le village.
Elle devait ressembler à la très belle église voisine de
Merlande
Merlande.
Les Templiers la dédièrent à saint Maurice, les Hospitaliers y ajoutèrent le vocable de saint Blaise (curieusement, ces deux saints, un guerrier et un guérisseur, étaient les patrons des bâtisseurs de cathédrales).
Dans le cimetière voisin, s'élevait une grande Lanterne des morts, détruite au 19e siècle. Près de l'église, le logis du commandeur a conservé d'époque quelques caves, son dallage et une cheminée.
Non loin, se trouve le pigeonnier. En contrebas, sur le ruisseau de Lapachat, les Templiers avaient édifié un moulin et un étang.
Parmi les demeures du hameau, on remarquera la belle Maison de
Chilhaud
Maison Chilhaud avec ses arcades et ses fenêtres à meneaux.
Sur la façade, des pierres de réemploi portent des rosaces tracées au compas et des crucifix à trois pieds.
Dans une cave, on découvre un
Blason
Blason à la triple fleur de lys, qui symbolisait, pour les Templiers : la Foi (le pape), la Sagesse (le roi) et la Chevalerie (le temple). Plus haut, les belles caves du presbytère s'ouvrent d'un souterrain.
Les Andrivaux avaient pour dépendance l'hôpital de Dourle (commune de Lisle) et la commanderie de Chantegeline (aujourd'hui Chantepoule, sur la commune de Mensignac), qui a conservé son église.
Certaines archives permettraient toutefois d'attribuer ces biens aux Hospitaliers (respectivement en 1211 et 1175). On peut situer dans le même cas l'hôpital de Combeys (commune de Chantérac), qui existait en 1178, et l'église de Razac.
En aval, sur l'Isle, dans la banlieue de Mussidan, sur la commune de Saint-Front-de-Pradoux, se trouvait la commanderie templière de Lagut.
Au nord de Ribérac, un mystère reste à percer : celui de la commanderie de Comberanche. Templière ou hospitalière ?
Citée dès le 13e siècle, elle dépendait de Condat, commanderie hospitalière à la destruction de l'ordre du Temple.
Un commandeur hospitalier y est cité à partir de 1232. Mais la présence templière est incontestable, ne serait-ce qu'en raison de très nombreux lieux-dits "Le Temple" (sur la commune de Siorac-de-Ribérac, Chassaignes, Grand-Brassac, Bertric-Burée, Bourg-du-Bost, Verteillac, Saint-Martial-Viveyrol, Cherval, Champagne et La Rochebeaucourt), ainsi que le lieu-dit "L'Épine", à Bouteilles.
Peut-être faut-il penser que Comberanche était une commanderie hospitalière, et que la commanderie templière se trouvait, 2 km à l'est, à Allemans, parfois citée comme telle, et qui a conservé son église romane.
En tout cas, les restes de la commanderie que l'on peut visiter à Comberanche ne sont pas templiers, puisqu'ils ne datent que des 15e et 17e siècles. L'église romane, ancienne chapelle de la commanderie, au vocable de saint Jean-Baptiste, a pu, elle, connaître les Chevaliers aux blancs manteaux.
Chambeuil (commune de Ribérac) et la Feyliet (commune de Bertric-Burée) dépendaient de Comberanche. On ne sait si la Feyliet était une maison ou une commanderie.
La belle église romane de Saint-Privat-des-Prés d'épendait de la commanderie d'Aubeterre.
Plus bas sur la Drome, près de la Roche-Chalais, la commanderie de Saint-Michel-de-Rivière dépendit d'Aubeterre, puis de Chantegeline.
Sources : HIGOUNET-NADAL et LACOMBE 1990. HIGOUNET-NADAL (A.) et LACOMBE (Cl.), "La maison du Consulat à Périgueux. Historique, description et iconographie", Documents d?Archéologie Périgourdine, t. 5, 1990, p. 109-126
Maison du Temple des Andrivaux (24)
Région Aquitaine, Département Dordogne, Arrondissement Périgueux, Canton Périgueux-Ouest - 24.
Nous lisons dans le « Gallia Christiana » que l'église de Saint-Maurice d'Andrivaux appartenait jadis à des religieuses, dont le couvent fut supprimé à cause des abus qui s'y étaient introduits; en l'année 1139, Geoffroy de Cauze, évêque de Périgueux, voulant appeler les frères du Temple dans son diocèse, leur donna cette paroisse et les établit dans le cloître abandonné. Les archives ne contiennent aucune indication sur cet événement, pas plus que sur les premières années de la nouvelle maison, qui était devenue comme le centre d'où les Templiers rayonnaient sur toute la province du Périgord. Cette lacune nous paraît d'autant plus regrettable que le peu qui nous est parvenu de documents relatifs au XIIIe siècle laisse supposer l'importance de ce que nous avons perdu.
Quand la suite des actes nous permet de pénétrer dans le passé de cette commanderie, nous la trouvons très florissante et recevant encore de nombreuses marques de la sympathie des seigneurs du voisinage. Une charte d'Archambaud, comte de Périgord, nous apprend qu'au mois de novembre de l'année 1228, le chevalier Bertrand de Geoffroy donna, en présence de ce prince, à Hélie de la Barthe, Maître du Temple en Périgord et à Guillaume de « Traulegâ », précepteur d'Andrivaux, tous ses droits sur le moulin du Chambon. Le comte apposa son sceau au bas du parchemin en présence de frère P. de Bramanson, cellerier d'Andrivaux, d'Hélie de Saumur, de Simon de l'Isle chevaliers.
Pénétrons, le premier dimanche de Carême de l'année 1240, dans les salles de la commanderie d'Andrivaux ; nous y trouvons Raymond Ayz, maître du Temple en Périgord et Ebblon, seigneur de Monteyzey (de Monle-Inciso), occupés à terminer un long différend au sujet des droits du commandeur sur la forêt de Lancinade ; ils avaient choisi pour arbitre de leur discussion le noble et puissant homme, Hélie, comte de Périgord. Ce dernier après avoir pris connaissance de la donation faite jadis par le chevalier Izarn de Monteyzey à l'Ordre du Temple de toute sa seigneurie d'Andrivaux et celle qui fut faite plus tard par son fils Bertrand des droits d'usage, de dépaissance, et de pêche sur toutes ses terres, prononce sa sentence, en présence d'une nombreuse assemblée de chevaliers de damoiseaux et de clercs : le Précepteur aura la faculté de prendre dans la forêt de Lancinade tout le bois qui lui sera nécessaire, à la condition d'en avertir à l'avance le seigneur de Monteyzey : celui-ci, pour donner un gage de sa sincère réconciliation, profite de la circonstance pour ratifier solennellement les donations de ses ancêtres; en reconnaissance de quoi, le chevalier Raymond Ayz lui donne douze livres tournois.
Ce même baron, Ebblon de Saint-Astier, seigneur du château de Monteyzey, assistait, quelques années plus tard, à une importante donation faite au Temple d'Andrivaux. Cinq frères, Pierre, Elie, Gérard, Ebblon et Milon de Saissac et Bertrande leur s?ur, pour réparer les dommages que leur père, le chevalier Pierre de Saissac, avait causés à l'Ordre du Temple, faisaient donation de la maison d'Andrivaux de leurs fiefs des « Cortils » situé dans la paroisse de « la chapelle de Gonaguet », en promettant de ne porter dans la suite aucun obstacle à l'accroissement de la population de ce territoire. Pénétré de reconnaissance pour cette libéralité, le chevalier Sicard de la Roque précepteur d'Andrivaux. « donna, autant qu'il dépendait de lui, l'absolution à l'âme du chevalier défunt pour tous les excès dont il s'était rendu coupable envers les Templiers » et remit en outre, séance tenante, aux donateurs la somme de trente-huit livres et dix sols de la monnaie du Périgord. Le chapelain d'Andrivaux Wilhelm de Chastanet, qui avait fourni cette somme, reçut en paiement l'usufruit de ce fief jusqu'à sa mort; après quoi, les Templiers s'engageaient à prélever sur les revenus une rente de vingt sols qui devait subvenir aux frais d'un service anniversaire pour le repos de son âme, plus une pareille rente qu'il pourrait léguer dans son testament à qui il le voudrait. Ebblon de Monteyzey, de la seigneurie duquel relevait ce fief, après avoir donné l'investiture au précepteur et exempté les futurs habitants de toute servitude autre que celle de la réparation des barrières de son château, fit dresser de tout ce qui précède une charte qu'il scella de ses armes, le 11e jour des calendes de décembre 1252, en présence de frère Itier de Périgueux, chevalier du Temple, de son fils Itier de Périgueux, d'Itier Ayz, damoiseau, de frère P. de la Barre et de frère W. de Chastanet, prêtres de l'Ordre.
Grâce aux facultés accordées par les donateurs et aux dispositions prises par les Templiers, ce territoire ne tarda pas à se peupler et quelques années plus tard nous y voyons construire le petit village de « Chantegéline », annexe d'Andrivaux.
Dans la suite, Gérard de Chabans, chevalier de l'Isle, donna au Temple le tènement de « Pressegarots » situé sur le territoire de Massignac (jour des Ides de juillet 1276), et dix ans plus tard il entra dans l'Ordre avec son fils, en faisant donation d'une rente de 3 setiers de froment, de 14 sols et d'un banquet, à prendre sur leurs terres (5e jour des calendes de février 1286). Au bas de cette dernière charte fut appendu pour en assurer la validité, le sceau de la cour de Périgord.
D'autres donations, dont nous ne possédons pas les chartes, ajoutèrent à la commanderie les dépendances suivantes :
Roche-Saint-Paul
Roche-Saint-Paul ;
Pontarnaud ;
Puymartin
Puymartin avec son vieux donjon et sa chapelle ;
Le Temple-le-Sec ;
Temple la Guyon
Temple la Guyon ;
Le Soulet ;
Saint-Martial-Viveyrol
Saint-Martial-Viveyrol ;
Ces deux villages voisins, le Temple-le-Sec, où les chevaliers jouissaient de la seigneurie spirituelle, des droits de Viguerie, de taxe sur la viande, le pain et le vin, de leyde et de placage pour les denrées portées au marché les jours de fêtes votives et le Temple de l'Eau (de L'Aygo) ou de Saint-Martial, dans lequel tous ces droits appartenaient aux seigneurs de Hautefort, mais où les vassaux de l'Ordre étaient exempts de guet et de garde au château de leur suzerain.
Sous les Hospitaliers
Les Hospitaliers, après avoir reçu cette riche portion des dépouilles des Templiers, lui conservèrent son titre de commanderie, et lui adjoignirent diverses possessions qu'ils avaient eux-mêmes dans la partie du Périgord située sur la rive droite de l'Isle, telles que Saint-Jean d'Excideuil.
Bientôt après, ils s'occupèrent à régler certaines difficultés qui avaient surgi entre eux et les habitants d'Andrivaux. Une charte concédée par le commandeur en 1325, fixait à 9 charges de froment, 3 d'avoine, 6 livres de la monnaie courante les redevances annuelles qu'il exigeait de ses vassaux. En 1467 les chevaliers concédèrent aux habitants de la Roche-Saint-Paul le droit de dépaissance dans leurs bois moyennant une rente annuelle de deux deniers.
Nous trouvons vers la fin du XVe siècle le commandeur interposant son autorité pour protéger ses vassaux du Temple de Layguo contre les vexations des seigneurs du voisinage, qui, malgré les privilèges concédés par les rois de France et ceux d'Angleterre, voulaient les forcer à venir porter leurs blés à leurs propres moulins (1487).
Quelques années après, Archambaut de Bourdeille, seigneur de Monteyzey, disputait aux hospitaliers la haute juridiction d'Andrivaux; mais, comme il ne pouvait guère alléguer, pour soutenir ses prétentions, autre chose que son envie de revenir sur la donation faite par les anciens seigneurs de Monteyzey, les chevaliers de Saint-Jean n'eurent pas de peine à déjouer ses efforts. Après ce procès, les chanoines de Saint-Astier vinrent à leur tour disputer la haute justice du lieu de Chantegéline, tentative qui n'eût pas un meilleur résultat que la précédente(1526).
Dès la première moitié du XV siècle, la commanderie d'Andrivaux avait été réunie à celle de Condat. A partir de cette époque, l'histoire de cet ancien établissement des Templiers perd tout caractère et ne nous offre rien de particulier à signaler.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
Angers (49)
Les Templiers possédaient une commanderie à Angers, il n'en reste plus aucune trace sur place, pas plus que dans les archives de Malte. Les seuls mentions au sujet de cette dite commanderie sont celles qui prouve son existence grâce aux possessions annexes.
Les Templiers eurent une maison avec chapelle, à Angers, et nous y trouvons comme précepteur, en 1293, un certain frère Etienne d'Amboise. Un de ses neveux, interrogé plus tard, dit y avoir été reçu, vers cette époque, par Pierre de Madic alors lieutenant du visiteur, en présence d'un frère Regnaud Bertrand, chevalier, et d'Etienne susnommé.
C'est également en la chapelle du Temple d'Angers, que le dernier précepteur des épaux en Saintonge, avait reçu, vers 1299, un prêtre nommé Hervé de Bretagne ; la même année, un Templier limousin vit le commandeur du Poitou, frère Geoffroi de Gonneville, suivi d'un certain frère Thibaud, son servant, recevoir à Angers deux français « de lingua Galligana ».
Précepteur d'Angers : vers 1293, frère Etienne d'Amboise.
Sources : Chevaliers de Malte, Grand prieuré de France et Trudon des Ormes - les maisons du Temple en France à travers les interrogatoires du Procès.
Angerville (27)
C'est bien le membre le plus ancien de la commanderie. Si le Livre-Vert n'en fait pas mention, c'est que probablement il n'existait déjà plus au XIVe siècle. II se composait d'une terre avec les hommes qui y résidaient...
Angles (16)
(Charente, arrondissement Cognac, canton Segonzac, commune Salles-d'Angles)
La commanderie d'Angles était située sur la rive droite du Né, à une douzaine de kilomètres au sud de Cognac, en la paroisse de Salles.

L'origine templière de cette maison est mise en lumière par deux documents. Le premier est une analyse d'acte contenue dans un inventaire de titres des commanderies de Châteaubernard et d'Angles dressé au XVTIIe siècle. Cet acte est un accord, passé en 1214, entre le commandeur de Châteaubernard et Angles, d'une part, et un nommé André Prêtre, et ses parsonniers, d'autre part, touchant les moulins de Beuleure, ou Belure, proches de la maison d'Angles : «et dit que le dit Prêtre et ses parsonniers prendront le tiers des farines et la (sic) vingtième des bleds que l'on mettra dans deux arches, desquelles il y aura trois clefs, une pour les parsonniers, une pour ledit Prestre et l'autre pour le commandeur». Si la date attribuée à l'acte dans l'analyse n'est pas erronée, il apparaît évident qu'Angles était une maison templière puisqu'elle avait, au XIIIe siècle, le même commandeur que le Temple de Châteaubernard.
Le second document est un original, daté du 1er septembre 1295, qui lève définitivement les doutes qui pourraient subsister sur l'origine d'Angles. Il s'agit d'un acte, que nous avons déjà cité à propos de Châteaubernard, mentionnant la vente du moulin de Beaulieu, situé sur la rive du Né, au Templier Hugues de Narzac (Hugo de Nargat) alors commandeur de Châteaubernard et d'Angles (... tune temporis venerabili preceptori de Castro Bemardi et de Anglis). Outre qu'il permet d'attribuer de façon certaine la fondation de la commanderie au Temple, ce document montre que, dès la fin du XIIIe siècle (et bien avant, si l'analyse de l'acte précédent est correctement datée), la maison d'Angles était rattachée à Châteaubernard, comme elle le sera pendant la période hospitalière, probablement parce que ses revenus étaient trop modestes pour suffire à l'entretien d'un commandeur et de ses compagnons.
La chapelle, unique vestige de la commanderie, se dresse aujourd'hui au centre d'une petite place plantée d'arbres, l'ancien cimetière, à proximité du canal qui conduit les eaux du Né au moulin d'Angles. Sur le cadastre dit napoléonien, établi en 1850, elle figure déjà seule, au milieu des tombes.
Il faut remonter au XVIIe siècle pour trouver trace d'autres bâtiments. Dans le procès-verbal de la visite effectuée en 1655, après quelques lignes concernant l'état, satisfaisant, de la chapelle, dédiée à saint Jean-Baptiste, on trouve cette mention : «et, au costé de ladite chappelle et joignant icelle, y a de vieilles murailles et vestiges de bastiments dans lesquelles y a encore quelques ouvertures de fenestres de pierres de taille, le tout ruyné, qui estoit anciennement la maison et logis du commandeur de ladite commanderie d'Angles...» ; ainsi, au milieu du XVIIe siècle, le logis du commandeur et les autres édifices de la maison étaient déjà ruinés, et ceci vraisemblablement depuis les guerres de religion. Ils ne furent pas reconstruits par l'ordre de Malte.
Continuant leur visite, les commissaires de 1655 remarquent «joignant ladite chapelle y a un petit cimetière ou l'on a accoustumé d'enterrer les habittans dudit bourg d'Angles et village en dépendants qui sont du fief et jurisdiction de ladite commanderie. Et joignant ledit cimetière... une pièce de terre... qui apparamment estoit autresfois le jardin de ladite commanderie, laquelle confronte d'un costé au cours d'eau qui descend des moulins de Beaulieu aux moulins d'Angles, d'autre costé aux levades appartenant au sieur Pointreau, notaire royal, un fossé entre d'eux, et d'ung bout a un grand fossé, appelé le vivier du sieur commandeur, qui est tout le domaine propre... de ladite commanderie d'Angles». A cette même date, les rentes en céréales d'Angles consistaient chaque année en 205 boisseaux de froment et 2 boisseaux 1/2 d'avoine, mesure de Cognac, les rentes en argent montaient à 48 livres 4 sous ;le commandeur recevait également annuellement 38 chapons et 21 poules et «deux pots d'huille». Il percevait la dîme et faisait exercer ses droits de haute, moyenne et basse justice par les mêmes officiers qu'à Châteaubernard. La desserte de la chapelle était effectuée par un prêtre séculier qui recevait, en 1655, 36 livres par an pour venir y célébrer l'office le dimanche et lors des quatre principales fêtes de l'année. En 1718, il en coûtait 200 livres par an au prieur d'Aquitaine pour maintenir le service religieux à Angles.
Les procès-verbaux de visite du XVIIIe siècle indiquent que, si parfois quelques vitres manquent, la chapelle demeure solide et bien couverte. Lors de leur passage en 1776, les visiteurs remarquent cependant «qu'en plusieurs endroits qui manque des pierres et qu'elle a besoin d'estre grifonnée dans tout le dehors à chaux et à sable».
Ce fut peut-être à cette époque que l'on construisit, au chevet, le disgracieux appendice de la sacristie. Cet édicule est en effet représenté sur le cadastre napoléonien, mais ne l'est pas sur le charmant petit plan d'Angles dessiné dans la première moitié du XVIIe siècle, à l'occasion d'un litige opposant le prieur d'Aquitaine, commandeur de Châteaubernard et d'Angles à Jacques de La Rochefoucauld, baron de Salles.

Telle qu'elle se présente aujourd'hui, la chapelle est un édifice rectangulaire, d'environ dix-neuf mètres de longueur et neuf mètres de largeur à l'extérieur, bâti en pierres de taille de moyen appareil sur lesquelles on distingue encore les marques d'un layage en diagonale. Les joints sont peu épais.
Les murs gouttereaux sont épaulés par trois contreforts saillants, ceux des extrémités englobant les angles de l'édifice et se perdant, en retour, dans la maçonnerie, sans décrochement. La façade et le chevet offrent donc un mur plan. Entre ces contreforts, des modillons à profil en cavet, tous semblables, soutiennent l'entablement. Un larmier coupe à mi-hauteur murs gouttereaux et mur de façade. Au sommet de celui-ci, les rampants du pignon s'interrompent pour laisser place à un petit clocher-mur percé d'une ouverture. Le portail est en plein cintre, sans aucune moulure ; la fenêtre haute et étroite qui le surmonte a été partiellement obturée. Le mur sud est percé de deux baies, disposées à des niveaux différents. Les trois ouvertures du chevet, de même hauteur, sont coupées par le toit de la sacristie. Des corbeaux faisant saillie sous le larmier, à l'ouest et au sud, indiquent que des bâtiments étaient accolés à l'église, dès l'origine. On peut proposer, pour le gros oeuvre, une date de construction se situant, comme pour Châteaubernard, vers 1150-1160.
Des graffiti, médiévaux pour la plupart, sont visibles sur les murs sud et ouest. Ils représentent des écus, dont l'un porte des armes, des croix, une main (peut-être s'agit-il d'une unité de mesure : l'empan), une fleur de lys, etc.
L'intérieur a été profondément remanié. Le sol, probablement exhaussé, est cimenté. Les murs sont couverts d'un enduit sur lequel on a peint de faux joints d'appareil. Un cordon en quart de rond marque la naissance de la voûte. Celle-ci (peut-être un berceau brisé sans doubleau) s'est effondrée à une date indéterminée et a été remplacée, probablement au XIXe siècle, par une sorte de plafond aux angles arrondis, très laid.
De l'extérieur, l'ensemble dégage une impression de sobriété, d'austérité même. Mais si le dépouillement est un des traits caractéristiques des constructions de l'ordre, en Saintonge comme ailleurs, on ne peut en dire autant du plan rectangulaire ou du chevet plat et de son triplet, par exemple ; particularités architecturales que l'on retrouve fréquemment dans les églises de la région sans que celles-ci aient eu un rapport quelconque avec le Temple. Il faut donc, dans ce domaine, se garder des déductions hâtives.
Sources : Les commanderies des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem - Anne-Maris Legras - Editions du CNRS - 1983
Maison du Temple de Salle d'Angles - Charles Daras
Charente, arrondissement Cognac, canton Segonzac, commune Salles-d'Angles - 16.

Enfin, dans la vallée du Né, les Templiers possédaient à Angles une annexe importante, ainsi que le laisse supposer sa chapelle Saint-Jean.
L'édifice, plus séduisant que celui de Châteaubernard présente cependant bien des affinités avec ce monument. Ses dimensions paraissent sensiblement les mêmes. « Il mesure à l'extérieur : 18 mètres 96 de longueur et 9 mètres de largeur ».
A l'intérieur de la chapelle, des cordons semblables, en quart de rond, servaient d'appui à la voûte dépourvue de doubleaux, et une porte avait été pareillement aménagée au gouttereau sud.
Le ch?ur adhérent à la nef, reçoit aussi son éclairage par un triplet dont les cintres retrouvent leur symétrie. Au cours des guerres anglaises, le bas de l'église a été profondément modifié par la construction d'une tourelle d'escalier.

La façade n'est guère différente, car aucune séparation ne marque ses registres. Au-dessus du portail, non revêtu de sculptures, s'élève une fenêtre, fortement allongée et, selon la coutume, le clocher-arcade à une seule baie couronne le pignon.
Cette chapelle étant réservée à l'usage des Templiers, le clergé de Salles-d'Angles assurait le service paroissial.
Toutefois, les inhumations avaient lieu dans leur cimetière. L'église sert actuellement à la célébration du culte. Près de l'édifice, M. Origène signale la fosse du Templier, seul vestige bien modeste, pouvant confirmer de nos jours le souvenir de cette commanderie.
Après 1312, les maisons de Châteaubernard et d'Angles passèrent aux Hospitaliers de Beauvais-sur-Matha, puissante commanderie déjà évoquée au début de notre étude, qui devait recueillir tous les biens des Templiers de la région ouest.
Les Templiers en Charente les Commanderies et leurs Chapelles ? Charles Daras ? S.A.H.C.
Angoisse (24)
Pas d'informations pour le moment.
Angoulême (16)
(Charente, chef-lieu de département)
Les Templiers avaient fondé, à Angoulême, un modeste établissement qui passa par la suite aux mains des Hospitaliers et dont l'existence, étonnamment discrète, ne semble pas avoir laissé beaucoup de traces dans les archives.
En 1373, la maison du Temple d'Angoulême et sa chapelle, membres de la commanderie de Beauvais-sur-Matha, se trouvaient dans une zone touchée par les hostilités ; l'enquête pontificale nous révèle que depuis deux ans personne n'y résidait et qu'aucun revenu ne pouvait en être tiré propter guerras.
En 1588, le duc d'Épernon «commandant pour le service du roi ez pais d'Anjou, Touraine, Poitou, Angoulmoys et Xaintonge», décida, sur ordre du roi, de modifier les fortifications du château d'Angoulême. Ce projet signifiait l'arrêt de mort de la maison du Temple et de sa chapelle situées «proche de la basse court et closture dudit chasteau», ainsi qu'on peut le voir sur le plan d'Angoulême donné par Belleforest.

Chapelle du Temple d'Angoulême, Plan de Belleforest (1575)
Le commandeur de Villegats, le chevalier Jean Gazeau, dont dépendait alors le membre d'Angoulême, essaya, par une supplique adressée au duc d'Épernon, de faire modifier les plans des nouvelles fortifications afin d'éviter la destruction des bâtiments. Il lui fut répondu que la chose était impossible et que les travaux devant se «faire promptement» des experts seraient désignés en vue d'évaluer les constructions pour «estre après pourveu par sa majesté au rembourcement dudit suppliant». En un mot, Jean Gazeau était tout bonnement exproprié pour le «bien et le service du roi».
Le procès-verbal de visite des experts, maçons et charpentiers, dressé le 9 septembre 1588, rapporte que « l'ezglise estoit faicte, bastie et construicte de pierre de taille, ayant en longueur huict brasses, largeur quatre et hauteur trois brasses et demye, sans compter le pignon », le tout estimé, au prix de la pierre de taille, à 576 écus. La chapelle était couverte de tuiles valant, au total, 20 écus.
La maison d'habitation, construite en grande partie en pierre de taille, comprenait des « chambres haultes » auxquelles on accédait par un escalier de pierre de vingt marches. La maçonnerie de l'ensemble, y compris trois cheminées, les chambranles des portes et fenêtres, en pierre de taille, fut estimée 402 écus. La charpente et les menuiseries furent déclarées valoir 90 écus. Sous la maison existaient deux caves estimées 121 écus 1/2. La maçonnerie et la charpente des écuries du logis valaient 98 écus.
A côté de ces bâtiments s'étendait un jardin en partie clôturé par un mur. On ne sait si l'ordre de Malte toucha le prix de l'expropriation, mais il est certain qu'il ne fit reconstruire ni chapelle, ni maison à Angoulême.
La visite de 1655 précise qu'il n'y avait « aucun logement appartenant en propre » au membre d'Angoulême et que « la chappelle et maison et bastimens qui estoient aultrefois de ladicte commandrie, qui s'appelloit la commandrie du Temple d'Angoulesme... furent razées, démolies et ruynées dès l'an 1588 et employées et rencloses dans les fortifications que feu monseigneur le duc d'Espernon fit faire au chasteau dudit Angoulesme par ordre du roy ».
En 1655, le patrimoine du membre d'Angoulême se limitait à une petite pièce de pré, d'un journal environ, appelée le pré de la Commanderie, située au faubourg Saint-Cybard, d'agriers ou terrages sut un village nommé Chaumontet, en la paroisse de l'Isle-d'Espagnac, et de rentes en diverses paroisses. Ce fait est confirmé par un document du milieu du XVIIIe siècle.
Sources : Les commanderies des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem - Anne-Maris Legras - Editions du CNRS - 1983
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les Templiers ne possédaient dans la capitale de l'Angoumois qu'une modeste maison appelée Temple.
Nous ne pouvons citer que le clavaire de la maison, que les Templiers eurent à Angoulême «in domo Templi Engolisme», frère N. Brossard, clerc d'Angoulême (vers 1305).
Sources : Chevaliers de Malte, Grand prieuré de France et Trudon des Ormes - les maisons du Temple en France à travers les interrogatoires du Procès
Maison du Temple d'Angoulême - Charles Daras

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les Templiers ne possédaient dans la capitale de l'Angoumois qu'une modeste maison appelée Temple. Sa chapelle était dédiée à saint Jean, vocable commun à la plupart des édifices religieux de l'ordre. Cette chapelle avait été édifiée dans la paroisse de Saint-Antonin, au coeur de la ville, à proximité du château ; il ne faut donc pas la confondre avec l'église Saint-Jean, laquelle, située près de la cathédrale, servit longtemps de baptistère. Nous n'aurions aucun renseignement sur sa construction si nous ne possédions le procès-verbal de la visite des bâtiments des Templiers, effectuée en 1588, lorsque le duc d'Epernon, répondant au voeu exprimé par le roi, décidait de les démolir afin d'aménager la fortification extérieure du château. D'après ce procès-verbal, il est dit que « l'esglize estoit faicte, bastie et construicte en pierre de taille, ayant en longueur huict brasses, largeur quatre et hauteur trois brasses et demye, sans compter le pignon, faisant en tout quatre-vingt-seize brasses (document inédit relatif au Temple d'Angoulême - Archives de la Vienne) ». La chapelle, peu importante, terminée comme on le voit par un pignon, et couverte en tuiles, formait un rectangle (la brasse mesurant 1,62 mètre, la chapelle aurait eu 13 mettre de longueur et 6,50 mètres de largeur, ces démentions sont nettement inférieurs aux chapelles templières de Charente). Nous en retrouvons la silhouette dans le plan de Belleforest de 1575; sa façade, percée d'une ouverture, se terminait par un clocher-arcade.
Près de la chapelle se trouvait le logis des Templiers, bâti en pierre, sur caves, ainsi que les communs pourvus de vastes écuries donnant sur un jardin clos de murs. Ce logis, nous confirme Boissonnade, faisait face à la résidence comtale ; Hugues X de Lusignan y séjourna quelques jours.
Dans une supplique adressée au duc d'Epernon par J. Gazeau, commandeur du Temple, qui, à l'époque, était celui de Villegats, puissante commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean, dont nous parlerons plus loin, ce dernier le priait de surseoir aux démolitions et d'affecter de nouveaux bâtiments à l'ordre, au cas où elles ne pourraient être différées. Il lui fut répondu qu'en raison de l'urgence des travaux à exécuter autour du château, on ne pourrait : « evicter la ruyne des maisons, Temple et bastimentz ». Quant à leur remplacement, une requête serait adressée au roi afin de rechercher quelques autres lieux propres pour réédifier la chapelle et pour son habitation.... « Attendu que ladite démollition est faicte pour le bien de ses affaires et de son service ».
Les terrains de la commanderie ayant été englobés dans l'enceinte fortifiée à l'ouest du château (J. George, historien topographe à signalé l'emplacement du puits de la commanderie dans sa « topographie » historique d'Angoulême) c'est donc vers 1588 que disparut l'ancienne chapelle des Templiers. Satisfaction fut-elle donnée au commandeur ?
C'est peu probable, bien que Michon estimât que les nouveaux bâtiments avoisinaient l'ancien évêché. Après avoir été longtemps rattachés à Villegats, les biens du Temple d'Angoulême furent, par la suite, unis à la commanderie de Beauvais-sur-Matha, en Saintonge.
Les Templiers en Charente les Commanderies et leurs Chapelles - Charles Daras - S.A.H.C.
Anricuria vel Hancuria (59)
« Anricuria vel Hancuria (Domus de) ». Le dernier précepteur de cette maison du Temple, sise dans le diocèse de Cambrai, et que nous n'avons pu identifier, fut frère Adam : « Addam de Vollencourt, preceptor de Anricuria, Cameracensis diocesis, miles », « Addam de Valamanut, olim preceptor de Hancuria ».
Serait-ce Aulicourt, commune de Béthencourt ?
Sources : Trudon des Ormes : Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les comminssions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.
Ans (24)
Pas d'informations pour le moment.
Anseghem (Belgique)
II y avait au village d'Anseghem, à une lieue et demie vers l'ouest de la ville d'Audenarde, une maison et une chapelle qui dépendaient, dès l'origine, du Temple de...
Anzin (59)
Anzin (59), Arrondissement, Valenciennes. Département, Nord. Région, Nord-Pas-de-Calais.
Les biens templiers situés à Anzin et sous la juridiction de Beaulieu-les-Valenciennes ne profitèrent pas longtemps à l'Ordre puisqu'il furent donnés au mois d'avril 1307.
Ce furent Baudouin dou Bruille et Paskain sa femme qui cèdèrent aux Templiers une maison arrentée le même jour par Gilles de Heregines par devant les échevins de la ville.
M. Dailliez ne précise pas la nature de ces biens.
Sources : Laurent Dailliez; Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg
Aragnouet (65)
Aragnouet Hautes-Pyrénées Eglise des Templiers, dite aussi Chapelle-du-Plan. Je n'ai pas d'informations sur ce lieu, l'église est templière. C'est tout ce que je sais pour le moment...
Arbigny (52)
Seigneurie d'Arbigny ; Les Templiers y possédaient la seigneurie, des forêts, une ferme et la grange du Boulaye.
Arcins (33)
Les Templiers avaient une très importante propriété à Arcins. En 1300, ils y ont plantés des vignes et produisirent des bons vins qui ont encore de nos jours une très bonne réputation. Ces vignobles firent parties des tout premiers du Haut-Médoc.
Arcis-sur-Aube (10)
On voyait au XVe siècle, en dehors de la ville d'Arcis, sur le chemin conduisant à Villette, une maison qu'on croyait être un ancien établissement du Temple, avec une chapelle qu'on nommait alors la chapelle de la...
Ardon (02)
Nous avons vu que cette maison, située dans la banlieue de Laon, possédait vers 1140 des cens ou rentes, pour assurer la desservance de sa chapelle. En 1261, Simon du Sart, chevalier et châtelain de Laon, pour augmenter ses revenus, abandonna aux Templiers tout ce qu'il avait en cens et vinages à Ardon et à Bruyères, avec tout droit de justice et de seigneurie pour en jouir en main-morte sans aucune charge ni servitude féodale. Il leur cédait, en outre, deux prés au terroir d'Ardon, "in territorio de Ardone", situés l'un au Plumiaus ; et l'autre, aux Prés-Marie.
Quelques années après, Anselme de Horus, écuyer, par des lettres de l'official de Laon, du mois d'avril 1265, vendit, moyennant 190 livres tournois, aux frères de la chevalerie du Temple, tous les revenus seigneuriaux qu'il possédait au territoire d'Ardon et dans une prairie devant le moulin de Poleton. Cette vente comprenait, en outre, le quart des corvées d'Ardon, des vinages et de toute la justice et seigneurie du lieu commune avec les Templiers et autres ayant-droits. Le vendeur se réservait son droit de mouture du moulin de Poleton, une rente de quatre sols quatre deniers qu'il avait sur le même moulin, et une vigne qui lui appartenait au lieu dit Esquignart, contre le chemin qui menait à Bruyères.
Sources : Trudon des Hormes pour les actes du Procès, Ordre de Malte, le Grand Prieurè de France
Argence (30)
Seigneurie d'Argence, c'est une des possessions la plus importante en territoire créé par les Templiers de Saint-Gilles, juste après la commanderie. Je n'ai pas encore de détail des achats ou dons pour cette seigneurie.
Argenteins (47)
Maison du Temple d'Argenteins.
Région Aquitaine, Département du Lot-et-Garonne, Arrondissement de Nérac (chef-lieu) de canton - 47.
Dans la contrée marécageuse et boisée qui s'étend au pied de l'antique ville de Nérac, s'élevait, pendant le Moyen-Age, le sombre donjon
d'Argenteins
Argenteins
C'est à
Argenteins
Argenteins que les Templiers avaient établi le centre d'une de leurs principales Maison du Midi. Les archives de cet établissement sont excessivement pauvres et ne nous fournissent presque pas d'éclaircissements sur son origine ; cependant plusieurs rouleaux de vénérables parchemins vont arrêter notre attention et suppléer à ce manque d'autres documents. Ce sont de vieux cartulaires où sont rapportées les donations faites à la maison d'Argenteins pendant la deuxième moitié du XIIe siècle ; ils sont malheureusement muets sur les dates, se contentent de nous fournir la longue liste des libéralités des seigneurs des environs envers la milice de Salomon.
Parmi toutes ces donations qui semblent avoir été inscrites sur le parchemin jauni, grâce aux souvenirs du clerc chargé de la rédaction, sans aucun souci de l'ordre chronologique, voici celle à laquelle nous croyons pouvoir assigner la date la plus reculée.
Arnaud d'Argenteins, « préférant l'abjection dans la maison du seigneur à l'habitation sous la tente des pécheurs », donne à l'Ordre du Temple, représenté par Augier de Bédeisan, alors Maître en Gascogne, tous les biens et les droits qu'il possédait, soit dans la ville de Nérac, soit à l'extérieur, et notamment le fief situé autour de l'église de Sainte-Marie d'Argenteins : cette donation fut faite sous le règne d'Henri, roi d'Angleterre (1154-1189), et pendant le pontificat d'Elie de Castillon, évêque d'Agen (1149-1182), à qui le seigneur Arnaud confiait la protection du nouvel établissement.
Le domaine d'Argenteins fut immédiatement érigé, à cause de son importance, en une commanderie dont la gestion fut naturellement confiée à son ancien possesseur, qui avait revêtu l'humble manteau de l'Ordre et était devenu le frère Arnaud. Cette donation fut suivie, peu de temps après, de celle de l'église elle-même.
Nous lisons, en effet, que le seigneur Garsias Marra (de la Roque), sa femme Anière et leur fils, « occupés du salut de leurs âmes plutôt que de celui de leurs corps et désirant acquérir une part dans les bonnes ?uvres de l'Ordre du Temple », donnèrent à ce dernier leur église de Sainte-Marie d'Argenteins ; ils firent cette libéralité entre les mains d'Augier de Bédeisan, Maître de l'Agenais, et des frères Arnaud d'Argenteins et Guillaume du Bois. Après la mort d'Augier de Bédeisan, son successeur, Hélie de Focald, voulant sans doute prévenir quelque tentative du seigneur Marra, pour revenir sur sa générosité, conclut avec lui un traité par lequel il lui donnait 300 sols morlans pour l'église d'Argenteins, dont le baron lui renouvelait la donation. Ceci se passait en présence de Garsia-Arnaud d'Albion, de Bernard de Lavardac, de Pierre de Bédeisan, de Séjor de Filartigue, de Raymond-Guillaume de Nazered, etc., « au mois d'avril, le 11e jour des calendes de mai, le 1er jour de lune », sous le règne d'Henri d'Angleterre et l'épiscopat d'Elie de Castillon. Ces diverses indications nous permettent de fixer, d'après les tables chronologiques, l'année 1159 comme date de cette ratification.
Puis vient la donation faite par Arsieu du Port et ses frères, entre les mains de ce même Hélie de Focald, de leur fief du « Fossat », situé entre Argenteins et le Corned. Dans cette charte dressée à Nérac le 3e jour des calendes de janvier de l'année 1160, notons un détail, qui m'a paru avoir son intérêt et sa signification : parmi ses témoins sont cités séparément les représentants des trois Ordres, le clergé, la noblesse et le Tiers-Etat, et après les clercs (clerici), Pierre de Lart, archiprêtre de Nérac, Garsian, chapelain d'Argenteins, et les chevaliers (milites) Amanieu de Sales, Vital de Sales, Raymond-Guillaume de Nazered, Garsia-Arnaud d'Aubion, Sejor de Filartigue, Garsia Marra, de la Roque, nous voyons figurer les bourgeois (burgenses) des communautés voisines, Guillaume de Lart, Vidon, Vidal de Lausejan et beaucoup d'autres. Peu de temps après, le maître Hélie de Focald acheta, au prix de 90 sols morlans, de Raymond d'Argenteins, les portions de ce territoire et de cette seigneurie qui n'appartenaient pas encore à l'Ordre. Cette vente fut conclue dans l'église de Nérac en présence d'une nombreuse assemblée.
Citons encore, parmi les plus anciennes donations, celle du fief Arrivet (Sainte-Quitterie-de-Rives), faite à l'Ordre du Temple par le seigneur Hugues de Roquefort et son fils Arnaud-Guillaume ; un des cartulaires d'Argenteins nous a conservé la ratification faite par ce dernier en faveur de Maître Hélie de Focald « l'année même du siège de la ville de Castillon, par le comte (consul) de Poitiers » ; cet événement militaire, qui avait jeté l'épouvante dans tout le pays, se rapporte à l'année 1161.
Voici Bernard d'Auduran donnant à l'Ordre, avec sa personne, tout ce qu'il possède dans la paroisse de
Padierne
Padierne et promettant « de se rendre, lorsqu'il sera débarrassé de tout embarras mondain, dans la maison d'Argenteins, vêtu de son armure de chevalier, monté sur son coursier complètement équipé et d'user sans murmure du pain et de l'eau qui lui seraient fournis par les Templiers pour sa nourriture ».
C'est ensuite Bernard de Nadiels, qui, en se faisant également recevoir parmi les donats d'Argenteins, apporte à l'Ordre les terres qu'il possède « entre le lac et le Temple », ainsi que son fief de
Pompey
Pompey.
Le seigneur Hugues de Pardaillan entre à son tour dans les rangs des bienfaiteurs de la maison d'Argenteins, et lui fait donation de son fief de « Compostelle », situé dans la paroisse de Lagardère ; promettant d'entrer lui-même dans l'Ordre, il demande la faveur d'être enseveli dans le cimetière d'Argenteins, même quand la mort viendrait le surprendre avant l'accomplissement de son pieux dessein ; par cette donation il complète celle qu'un membre de sa famille, Odon de Pardaillan, avait faite dans le principe du dîmaire de Saint-Jean-de-Lagardère.
Il serait trop long d'énumérer cette série de donations qui enrichirent en peu de temps la maison d'Argenteins et lui apportèrent de considérables possessions, non seulement dans ses environs immédiats, mais encore dans toute la contrée, et de nous arrêter sur chacune des libéralités que prodiguèrent à l'Ordre du Temple pendant le XIIe siècle tous les seigneurs de la contrée, Bernard de Padierne, Forton de Filartigue, Gaurin des Pieux, Arnaud-Guilhem de Mirons, Sanche de Dalpheux, Arnaud de Naulens, Guillaume-Arnaud de la Roque, Austorgs de Corned, Amanieu de Ségojac, Odon de Pardailhan, etc.
La fin du XIIe siècle ne mit pas un terme à la prospérité toujours croissante de la maison d'Argenteins. Les archives nous fournissent un assez grand nombre de donations faites postérieurement.
Vers le milieu du siècle suivant, le sire Amanieu (VI) d'Albret se signala par sa munificence envers les Templiers. Le sixième jour des calendes de janvier de l'année 1245, nous le trouvons dans sa résidence de Casteljaloux donnant au Temple d'Argenteins son fief de Lacome ; pour assurer davantage la validité et la perpétuité de cet acte, le noble baron fit apposer au bas du parchemin, à côté du sceau de ses armes, celui de la communauté de sa bonne ville de Casteljaloux. A cette première marque de libéralité, le sire d'Albret en ajouta bientôt de nouvelles. Le deuxième jour du mois de janvier 1248 (1249), il confirmait, « dans le cimetière d'Argenteins », à Bernard-Guillaume d'Aspet, maître de l'Agenais, l'autorisation de dépaissance, accordée jadis à l'Ordre du Temple par son aïeul et puis par son père sur toutes leurs terres.
Le 16 août 1260, noble dame La Daurade, femme d'Odon de Lomagne, seigneur de Fieumarcon, et leur fils Guillaume-Astanave, damoiseau, donnèrent à la maison d'Argenteins et à Guillaume-Bernard d'Aspet, Commandeur, tous leurs droits sur le fief de Lagardère, ainsi que la faculté de dépaissance sur toutes leurs terres. Cette charte, revêtue de l'approbation d'Odon de Lomagne, est accompagnée d'une autre à peu près identique, qui avait été concédée quelques jours auparavant aux Templiers par noble Dame Naséguine de Pardailhan, veuve du seigneur W. R. Legras, et par noble baron W.-B. de Piis, leur fils.
Mentionnons encore parmi les donateurs de cette période Pons de Gualard et les chevaliers Bernard d'Anduran et Pons son fils, qui reçurent en même temps l'habit de l'Ordre, en faisant cession à la maison d'Argenteins de tout ce qu'ils possédaient, « maisons, châteaux, hommes et femmes » (1286).
Contrairement à ce que nous trouvons pour la plupart des autres commanderies, les archives ne contiennent pas la trace de ces luttes, parfois violentes, qui vinrent si souvent troubler les Templiers au sein de leur opulente prospérité.
C'est à peine si nous avons à signaler ici quelques discussions promptement terminées par des accords ou des transactions. C'est ce qui arriva en 1255 entre le Commandeur et Gaillard de la Roque, damoiseau ; ayant reconnu l'injustice de ses prétentions sur le fief de Marfang, ce dernier s'empressa d'en abandonner la libre possession aux Templiers. En 1279, Cerebrun et Bertrand de Saint-Araille disputaient à Pierre de Sombrun, chevalier du Temple et Commandeur d'Argenteins, la seigneurie de
Pompey
Pompey ; les arbitres appelés pour trancher le différend, décidèrent que la juridiction contestée serait partagée également entre les deux compétiteurs ; pour témoigner leurs regrets de leurs tentatives passées et leur bienveillance pour l'avenir, les seigneurs de Saint-Araille donnèrent séance tenante aux Templiers le droit de dépaissance pour leurs troupeaux dans toute l'étendue de leurs terres de Pompey.
Notons enfin une charte concédée par le Commandeur Ratier de Lemosin, à ses vassaux, les paroissiens de Saint-Pierre de Corned et de Saint-Vincent de Padiern pour la réglementation du paiement de leurs dîmes (28 avril 1305).
Les Templiers, reçus avec une telle sympathie dans cette partie de l'Agenais, avaient une prédilection marquée pour leur fier donjon d'Argenteins. C'est là que dans le courant du XIIIe siècle, les Maîtres de la baillie de l'Agenais vinrent transporter leur résidence et réunirent à leur charge celle de commandeurs de cette riche circonscription. D'Argenteins dépendait un grand nombre de membres :
Saint-Martin-Lou-Viel,
Notre-Dame de Lalane,
Pompey
Pompey,
Saint-Pierre de Courned,
Saint-Jean de
Lalane
Lalane, probablement le nom fut changé par celui de l'Hôpital de Lalane,
Sainte-Quitterie de Rives,
Nérac,
Puyfortaiguille,
Lagardère, etc.
Liste des Commandeurs Templiers d'Argenteins
Vers 1155-1168. Arnaud d'Argenteins.
Vers 116-1170. Raymond de la Gruyère.
Vers 1170-1180 Pagèz de Burosa.
Vers 1180-1190. Amanieu de Sales.
1203. Martin de Nesse.
1230-1236. Fortanier de Séados, maître de l'Agenais.
1236-1243. Arnaud-Raymond de la Motte, maître de l'Agenais.
1245-1262. Bernard-Guillaume d'Aspet, maître de l'Agenais.
1263-1275. Arnaud d'Auron, maître de l'Agenais.
1276-1285. Pierre de Sombrun, maître de l'Agenais.
1286-1289. Cenebrun de Pins, maître de l'Agenais.
1289 1298. Bernard de la Roque ou de la Motte.
1300-1302. Barrau de la Graynhia.
1303-1306. Ratier de Lemosin.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
Argenton (47)
Dominant la route de Marmande à Casteljaloux, Argenton ètait, au Moyen-Age, une ètape sur une des routes conduisant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il existe encore les bâtiments de l'auberge des pèlerins de Saint-Loup.
Arles (13)
A Arles, il y à deux importantes commanderies, l'une est l'ancienne commanderie de l'Ordre du Temple et l'autre l'actuel musée Réattu, qui lui est l'ancienne commanderie des Hospitaliers.
1145, c'est à partir de cette année que les Templiers commencent à investir les plaines désertiques du Trébon et y constituer leurs principaux ensembles fonciers dans le terroir Arlésien.
En août 1184, ils achètent un jardin ;
En 1190, la commune d'Arles construit son enceinte pour structurer le quartier du Bourg-Neuf, les Templiers en profitent pour réorganiser les abords de leur commanderie. Avec l'accord de l'archevêque seigneur du bourg, ils achètent aux consuls une rue longeant leur commanderie. Cette transaction fut faite au prix fort 2 600 sous, ils contribuent en plus au financement du rempart pour 566 sous supplémentaires.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883), Du Bourg, Damien Carraz - L'Ordre du Temple dans la basse Vallée du Rhône et Trudon des Ormes
Aroz (70)
Cette maison d'Aroz, faisait partie de la grande commanderie de Sales en Haute Saône, qui a complètement disparue. J'ai essayé de faire une reconstitution à l'aide de deux images, pour voir à quoi elle devait ressembler...
Arques (62)
Arques (62) Arrondissement, Saint-Omer, Département, Pas-de-Calais Région, Nord-Pas-de-Calais.
Au mois d'août 1253, l'abbé des cisterciens de Clairmarais faisait savoir que le maître et les frères du Temple en France ont acquitté à l'abbaye les reliefs de quatre fiefs qu'elle avait achetés et dont un était situé à Arques.
Sources : Laurent Dailliez; Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg
Arras (62)
Maison du Temple d'Arras (62)
C'était une commanderie des Templiers. La maison se trouvait à Arras au haut du faubourg Ronville, à droite de la chaussée conduisant à Bapaume, sur une portion de territoire qui était de la juridiction de l'abbaye de Saint-Vaast. Cet endroit, qu'on nommait « les Hees », a laissé son nom à une section du territoire d'Achicourt.
Le cartulaire de Saint-Vaast par Gusman nous fait connaître à quelle époque remonte l'établissement des Templiers à Arras. Il contient une charte de 1140, par laquelle Gauthier, abbé de ce monastère, autorise les frères du Temple d'avoir une chapelle dans la maison qu'ils venaient de construire au faubourg de cette ville. Malgré cela, la bonne harmonie ne dura pas longtemps entre les religieux de Saint-Vaast et ceux du Temple, qui ne se faisaient aucun scrupule d'empiéter sur les droits de l'abbaye chaque fois que l'occasion s'en présentait. Leur mésintelligence s'accrut à un tel point, que le Saint-Siège dut intervenir pour rétablir la paix entre eux. Par une bulle adressée en 1160 aux Templiers, le pape Alexandre III les rappela à la modération, et, leur enjoignit de respecter à l'avenir les droits et privilèges de l'abbaye de Saint-Vaast, sans jamais tenter d'y porter atteinte, leur rappelant cette maxime évangélique qu'il ne fallait pas faire aux autres ce qu'on ne voudrait pas qu'on nous fit.
Cette façon d'agir des Templiers ne peut s'expliquer que par l'ardeur qu'ils mettaient à rechercher tout ce qui pouvait accroître leurs richesses et leur puissance. Beaucoup de leurs actes, même ceux qui s'inspiraient de la charité, n'étaient pas toujours exempts d'un certain esprit de calcul, et cachaient parfois un but intéressé. Ainsi nous voyons en 1208 le frère André de Coulours, alors grand-maître de l'Ordre du Temple, accorder à un nommé Raoul et à Mathilde, sa femme, la jouissance viagère de dix-huit mencaudées de terre à Isles (2), à la condition qu'à leur mort, ces terres feraient retour aux Templiers avec deux mencaudées ou bien quatre livres parisis que les époux Raoul y ajouteraient de leur propre héritage.
Une convention du même genre eut encore lieu en 1225, entre Eudes Royer, commandeur des maisons du Temple en France, et Anselme, frère du mayeur d'Arras, lequel reçut des terres du Commandeur, à la charge d'en augmenter le nombre lorsqu'elles reviendraient après son décès en la possession du Temple.
Les Templiers n'exerçaient pas l'hospitalité gratuitement, comme le faisaient les chevaliers de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem. Cependant ils pratiquaient parfois cette vertu, lorsqu'il y avait quelque profit à en retirer; c'est ainsi qu'ils recevaient, en 1180, dans leur maison d'Arras, Hunez de Beaumont et Emmeline, sa femme, pour y être nourris et entretenus durant leur vie ; mais ceux-ci leur avaient donné pour cela quatre mencaudées de terre, leur manoir et maison dont ils se réservaient l'usufruit jusqu'au décès du survivant d'eux (3).
Nous trouvons encore, à la fin du XIIe siècle, diverses donations faites à l'Ordre dans la personne du frère Renier, commandeur de la maison des Templiers d'Arras, « preceptor domus Templariorum atrebatensis », par Amaury de Saulty en 1186, de cinquante mencaudées de terre et de tout ce que tenait de lui Bertrand de Beaufort à Agny, près d'Arras ; par Eloi « de Wendi », la même année, de douze mencaudées de son alleu au terroir d'Yzel (4) ; par Bauduin de Wormouth, « de Voermolt », en 1188, d'une maison sous la ville d'Arras, « subtus villam Atrebatensem » ; par Louis de Blairville, chevalier, en 1193, d'une autre maison près d'Arras, vers la cité, « juxta Atrebatum versus civitatem », etc.
Parmi les seigneurs de l'Artois qui guerroyaient en Terre-Sainte au commencement du XIIIe siècle, il y avait à Arras un chevalier, du nom de Vaast ou de Vedaste, « Vedastus ». Une charte donnée au palais épiscopal d'Acre, au mois de février 1203, rapporte la donation que ce chevalier fît en mourant à la chevalerie du Temple de tous ses biens à Arras et au terroir de la même ville, tant en héritages qu'en rentes ; ce qui est attesté et confirmé par les compagnons d'armes du donateur, Bauduin de la Salle, Werric de Hamblain, Jacques Durant et Bauduin, son cousin, Simon de Pasquindale, ami du comte de Flandre, Guillaume, châtelain d'Arras, Bartholomé et Morazin, bourgeois d'Acre, « burgenses Acconenses », et Regnault de Melun, « de Melduno » chapelain.
On regardait autrefois comme un grand honneur d'obtenir sa sépulture chez les Templiers. Eloi de Berlette, après leur avoir donné en 1224 sa dîme de Magnicourt (5) qu'il tenait du Roi, les institua ensuite ses légataires universels, à la condition d'être enterré dans leur maison d'Arras, et qu'on lui ferait des funérailles comme à un frère de l'Ordre.
Les femmes n'étaient pas moins désireuses d'obtenir cette faveur. Une noble dame, Isabelle de Longue, « de Longo vado », dite de Fontaine, « de Fonte » étant morte, les Templiers avaient fait transporter son corps dans leur maison d'Arras pour y être inhumé, disant que la défunte leur avait donné pour cela tous ses biens. L'héritier, Jacques de Longue, et Sara de Fontaine, sa femme, s'opposèrent à la prétention des Templiers. De là procès ; mais par la médiation du bailli d'Arras, il se fit une transaction le 13 décembre 1253, par laquelle les biens de la défunte devaient appartenir aux Templiers, mais que les immeubles de la succession seraient vendus à personne justiciable ; et que du prix qu'on retirerait, Jacques de Longue toucherait 100 sols parisis. Sara, sa femme, adhéra à cet arrangement sans rien réclamer pour elle ; mais le bailli d'Arras lui fit donner la même somme pour la récompenser des services qu'elle avait rendus à la défunte.
A l'époque du procès des Templiers et au moment de leur arrestation, une scène déplorable eut lieu au faubourg d'Arras, dans la maison du Temple. Une bande de soldats sortis de la ville vint envahir le couvent et égorger la moitié des personnes qui s'y trouvaient. Ceux qui échappèrent à la mort furent emmenés dans les prisons de la ville.
Après le départ des Templiers, leur maison d'Arras fut possédée par les Hospitaliers qui en cultivèrent les terres. Plus tard, cette maison fut brûlée par les Anglais qui faisaient le siège d'Arras ; et comme il aurait fallu dépenser plus de mille livres pour la reconstruire, on jugea à propos de ne pas la relever de ses ruines. Les terres qui en dépendaient, au nombre d'environ 262 mencaudées, étaient, en 1373, tenues en grande partie à cens, à raison de six boisseaux de blé et de quatre sols par chaque mencaudée. Les Hospitaliers s'étaient réservé 138 mencaudées qu'ils cultivaient eux-mêmes, et qui rapportaient, à l'époque dont nous parlons, 200 mencauds, moitié blé, moitié avoine.
La chapelle de l'ancien Temple d'Arras fut conservée. Elle était desservie au XVe siècle par un chapelain séculier, comme on le voit par le rapport de la visite prieurale de 1495 :
« Aux faubourgs de la ville d'Arras, a une chappelle fondée de saint Jehan, chargée de troys messes la sepmaine, servie à présent par chappelain séculier, bien réparée et entretenue et garnie de calice d'argent, livres et ornements pour le service divin. Joingnant la chappelle, est la maison du censier, grange, estables semblablement, en bonne réparacion où a le commandeur toute jurisdicion ».
Les Templiers possédaient dans la ville d'Arras un certain nombre de maisons qu'ils donnèrent ensuite à cens pour se décharger des frais d'entretien et de réparations. Au commencement du XIVe siècle, ils en avaient encore trois :
l'une, appelée le Four du Temple dans la rue de Pavie, « in vico de Pavia » ;
une autre, nommée le Temple, devant la porte de Saint-Nicolas ;
et la troisième, qui portait d'abord le nom de Brasserie du Temple, puis celui du Rouge-Chevalier, était située dans le faubourg, entre la porte de Saint-Nicolas et la Barre du Ris, « inter portam Sancti Nicholai et barram de Risco ».
Ces deux dernières maisons furent détruites pendant les guerres du XIVe siècle ; et en 1377, les Hospitaliers en avaient concédé le terrain à la ville d'Arras qui leur payait une rente de 6 livres 15 sols par an.
La chapelle du Temple d'Arras subit le même sort que la maison. Elle fut incendiée à la fin du XVIe siècle et ne fut point rétablie. Les terres, avec les cens et rentes foncières, furent réunies au domaine de la commanderie.
L'Hôpital avait des censives à Arras et dans sa banlieue sur un grand nombre de maisons : sur la maison de Saint-Martin en la rue Saint-Nicolai ; sur la maison des Plouvyers en l'Abbaye ; sur la maison des Lombards, rue du Pot-d'Argent ; sur la maison du Chapeau-d'Argent, rue Sainte-Croix ; sur celle des Corbiaux en Hagerue ; sur les maisons des Hotiers devant les Cordeliers ; de l'Ecu de Fosseux, du Grand-Val, de la Laide-Couvée, des Marenghes, près du four du Temple, et sur d'autres encore rue de Mellent (Méaulens) ; de Héronval, près du gardin des Arbalestriers ; devant le Wez-Damain ; au Blanc-Sevele ; devant le Grand-Huys-Saint-Etienne; devant Saint-Aubert ; rue des Filleresses ; au Touquet de la rue du Blocq ; derrière les Boucheries, rue d'Ecorcherats ; près le molin de la Vigne ; etc., et encore sur d'autres maisons à Saint-Sauveur, Saint-Laurent et villages environnants.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Maison du Temple d'Arras (62)
Siège d'une commanderie majeure provinciale, groupant les maisons et possessions de la partie sud de la Flandre et de l'Artois, Arras est connu dans les actes depuis 1160.
Toutefois on peut sans risque de se tromper, signaler la fondation de la commanderie autour des années 1140 étant donné que ces années-là, l'abbé de Saint-Waast donnait des biens à Hesdin.
Les affaires ne durent pas très bien marcher dans les débuts car les templiers n'ont pas l'air d'avoir été très tendre puisque le pape Alexandre III envoyait en 1160 une bulle destinée aux frères du Temple d'Arras en leur rappelant la modération et leur enjoignant de respecter les droits et privilèges accordés à l'abbaye de Saint-Waast sans jamais tenter d'y porter atteinte. Le pape souligne la parole de l'évangile, précisant de ne pas faire aux autres ce que l'on voudrait pas que l'on nous fît, étant donné que les frères ne faisaient aucun scrupule d'empiéter sur les droits de l'abbaye.
La commanderie et ses biens sont vraiment connus à partir de 1175, année où Ségalon, seigneur d'Arras, accorde aux Templiers de la ville le droit de percevoir la moitié de sa part des dîmes de Méricourt. Cette donation est confirmée par l'évêque d'Arras et acceptée par Eustache Chien, maître en France et Baudouin de Gand, précepteur de, Flandre et Renier, commandeur d'Arras.
La grande période des donations pour le Temple d'Arras allait commencer. Les bourgeois, les paysans se donnent au Temple avec tous leurs biens. En 1180 c'est Amans Nunez de, Beaumont et Emmeline sa femme qui se donnent à l'Ordre pour y être entretenus et nourris leur vie durant. En échange ils donnent quatre mancaudées de terre, leur manoir et leur maison dont ils conservaient l'usufruit au dernier vivant.
Le frère Renier, commandeur d'Arras eut un long préceptorat. En 1186, il reçoit la donation pour la maison d'Arras et au nom de ses frères du Temple cinquante mancaudées de terre d'Amaury de Saulty ainsi que tout ce que tenait de lui Bertrand de Beaufort. L''ensemble de ces donations était situé à Agiles.
Le commandeur reçoit aussi cette même année les biens d'Eloi de Wendi qui comprenaient douze mancaudées sur un alleu qu'il avait sur le territoire d'Yzel, aujourd'hui Les Hameau, lieu-dit de Liévin. A la même époque c'est Baudouin de Wermouth qui donne une maison à Arras.
Le domaine des Templiers d'Arras poussa son extension jusque dans le diocèse d'Amiens lorsque Pierre d'Arras confirma en 1189 un accord entre les Templiers et Beaudouin de Beaufort, chevalier au sujet d'une dîme sise à Bavelencourt.
Arras fut une commanderie importante, il est vrai, mais c'est bien la seule commanderie où nous trouvons le même commandeur durant plus de 25 années consécutives surtout en cette dernière partie du XIIe siècle.
Rainier, commandeur d'Arras en 1171 se trouve encore à la tête de la communauté en 1193 lorsque Louis de Blanville notifie avoir donné aux frères du Temple d'Arras une maison située dans la ville vers la cité.
Il n'est pas rare que des croisés fassent des donations alors qu'ils sont sur les champs belligérants. On retrouve quelques unes de ces donations pour les commanderies qui nous intéressent dans ce volume. Au mois de février 1203, alors qu'il était à la croisade, Waast, chevalier d'Arras, se rendit au Palais épiscopal d'Acre au moment de mourir. Il réunit tous ses compagnons d'armes et donna aux frères de la milice du Temple tous ses biens, rentes et Héritages. Il y avait Baudouin de Salle, Verne de Hamblain, Jacques Durant et Baudouin son cousin, Simon de Pasquindale ami du comte de Flandre, Guillaume châtelain d'Arras, Barthélemy et Morezin, bourgeois d'Acre et Regnault de Melun chapelain.
Le premier quart du XIIIe siècle va être aussi fécond en fondations que l'a été la fin du XIIe siècle. Nous participons à la deuxième grande période de donations, celle qui fit suite à la deuxième prise de Jérusalem et à l'essai de reconquête. Toutefois il faut reconnaître qu'après 1203 l'Ordre du Temple, ayant obtenu du pape Innocent III la confirmation, par bulle solennelle, de l'exemption, les privilèges spirituels de l'Ordre du Temple allaient de pair avec les privilèges temporels et égalaient ceux des grands monastères et des chefs d'Ordre comme Cluny, Prémontré, Cîteaux etc.
En 1208, André de Coulours, maître de l'Ordre en France accordait à Raoul et Mathilde son épouse la jouissance viagère de 18 mancaudées de terre situées à Irles à la seule condition qu'à leur mort les terres redeviennent propriétés du Temple. Faisant suite à cette clause il fuit spécifié que les preneurs devraient rendre la propriété en y ayant ajouté deux mancaudées supplémentaires Ou 4 livres parisis qu'ils auraient ajouté à leur héritages leur vie durant.
Comme on peut le constater, la commanderie d'Arras possédait plusieurs biens éloignés du siège titulaire. A Blairville une maison fut instituée régulièrement ainsi que le signale un acte de 1218 dans lequel R. évêque d'Arras notifie que Baudouin de Bertencourt a donné en pure et perpétuelle aumône à Gauthier, commandeur et aux frères de la milice du Temple d'Arras une rente d'une demi mancaudée d'avoine sur les trois mancaudées de terre qu'il possédait derrière la maison du Temple de B1airville. Cette mention prouve bien qu'il existait déjà des biens dans cette région et qu'une maison y était établie.
La deuxième maison dépendante d'Arras était située à Agnez. Plusieurs donations furent octroyées après celle de 1186. Le 21 mars 1219 l'évêque d'Arras notifie que par devant Eustache, doyen d'Aubigny et Pierre doyen de Duisans, Baudouin d'Agnez avait donné aux frères de la Milice du Temple la moitié de ses biens pour en jouir seulement après sa mort. En garantie de cette donation, jean, son frère, remit sa maison avec la réserve de l'usufruit et à la condition qu'à sa mort elle appartiendrait aux frères du Temple, lesquels devraient la tenir dudit Jean et de ses héritiers sous le cens ou la rente d'un denier annuel payable à la Saint-Rémy.
Le même Jean, dans un acte du mois de janvier 1223 se désiste en faveur des frères de la Milice du Temple d'Arras de la maison que lui avait donné son frère Baudouin en garantie du don qu'il avait fait au mois de mars 1219 avec en plus les huit hôtes qui l'habitent. Cet acte est passé sous le sceau d'Eustache, doyen d'Aubigny et de Pierre, doyen de Duisans .
Revenant dans la ville, nous apprenons qu'en 1224 Eloi de Barbette fait donation de sa dîme de Magnicourt qu'il tenait du roi, aux frères de la milice du Temple d'Arras. A cette occasion il institue les frères légataires universels à la condition d'être enterré dans la maison du Temple de la ville et qu'on lui ferait les mêmes funérailles qu'à un frère de l'Ordre.
Les actes sont quelquefois très imprécis tel que celui passé en 1225 qui signale une convention passée entre Eudes Royer, maître des maisons du Temple en France et Anselme, frère du mayeur d'Arras lequel avait reçu des terres de la part du Commandeur d'Arras à la charge d'en augmenter le nombre lorsqu'elles reviendraient après son décès dans le domaine du Temple.
Nous ne pouvons pas savoir de quelles terres il s'agit étant donné qu'il n'y a pas de chartrier complet dans les commanderies du Temple exception faite pour celles qui ont des cartulaires et encore.
Les possessions extérieures à la ville d'Arras firent l'objet de détails dans les actes et quelques fois les donations furent à l'origine de procès.
Le 19 mars 1227, les biens s'éparpillent dans la vente faite par Louis d'Audigier, chevalier, Gontrand et Martin d'Heudecourt, vente qui fut approuvée et ratifiée par Guy, seigneur d'Aabarcq et seigneur dominant.
La vente faite aux frères du Temple d'Arras consistait en terrages que les trois vendeurs possédaient au territoire de Ficheux, en divers lieux, au Quesnoy et à Brikonsart. Le seigneur amortit ces ventes à la charge d'une rente de un ou deux deniers sterling que les frères devront lui payer annuellement et sous la réserve du droit de haute justice.
Deux procès retentissant pour la maison d'Arras eurent lieu au milieu du XIIIe siècle :
« Le premier se termina par une transaction au mois de mai 1248. Un différent opposait les Templiers au doyen et au chapitre de la collégiale de Lens, lesquels réclamaient une terre que les frères du Temple possédaient à Noyelle-Godeau et d'une superficie d'un muid qui valait 12 rasières et qui soit disant avait été donné au dit chapitre par Anselme de Cantin. Une transaction entre les deux parties eut lieu et les frères du Temple durent remettre au chapitre le tiers de la terre en litige. »
Un second procès éclata en 1253 et le 13 décembre, le jugement fut rendu. Il S'agissait encore d'une donation contestée. En effet, Isabelle de Longué, dite de Fontaine, avait donné tous ses biens aux frères de la Milice du Temple d'Arras à la condition d'être inhumée dans le cimetière touchant la maison des frères et de participer aux bénéfices spirituels après sa mort. Jacques de Longué, seigneur de Fontaine, et héritier de la dame et son épouse s'opposèrent à la prétention des Templiers de posséder l'ensemble des biens. Les héritiers estèrent les frères et sous la médiation du bailli d'Arras un compromis fut établi. Les frères du Temple rentraient dans les biens légués par la dame Isabelle, mais les immeubles de la succession devaient faire l'objet d'une vente à une personne justiciable. Du prix que l'on retirerait de cette vente, Jacques de Longué toucherait 100 sous parisis tandis que Sara son épouse, malgré son adhésion à l'engagement de son mari et sans rien réclamer pour elle, toucherait la même somme. En effet, le bailli d'Arras décide de lui octroyer la même somme en récompense des services qu'elle avait rendus à sa belle-mère.
La maison d'Arras passa aux Hospitaliers après la suppression de l'Ordre. On ne connaît que deux frères mentionnés lors du procès.
Sources : Laurent Dailliez; Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg
Arreau (65)
Chapelles templières de Ancizan, Guchen, Agos, Vignec et Saint-Lary.
Près le Bourg de « Vielle » qui est situé tout près de la Neste, à deux lieues d'Arreau ; les Templiers y ont possédé autrefois une chapelle, de même que dans les lieux voisins, d'Ancizan, Guchen, Agos, Vignec et Saint-Lary, près duquel est Sainte-Marie du mont Carmel ; on voit aussi à très-peu de distance, quelques ruines de L'ancien château Arnaud, où résidèrent, en premier lieu, les comtes d'Aure ; ce lieu porte encore le nom d'Arnaud dans le pays.
Sources : Itinéraire descriptif et pittoresque des Hautes-Pyrénées françoises jadis - de Pierre Toussaint de La Boulinière Publié 1825 Librairie de Gide Fils
Artenay (45)
Le Temple de Bucy (45) a été aussi appelé le Temple d'Artenay, parce qu'il était autrefois de cette paroisse. C'est une maison qui fut fondée au commencement du XIIIe siècle.
Artins (41)
Siège d'une commanderie templières au 12ème, elle était située sur la voie romaine Paris-Tours par Chartres qui traversait le Loir sur un pont. Malheureusement, je n'ai pas plus d'information sur cette ancienne possession.
Arveyres (33)
Maison du Temple d'Arveyres
La petite commanderie d'Arveyres, située près de la Dordogne, date de l'année 1170. Bertrand, archevêque de Bordeaux, cédant aux désirs et aux prières de ses très chers « fils en Jésus-Christ, Wilhelm Panel, Maître du Temple dans le Bordelais et Raymond Wilhelm de Fronzac » donna cette année là à leur Ordre l'église de Saint-Pierre d'Arveyres (aujourd'hui Saint-Pierre de Vaux, annexe d'Arveyres). Cette charte fut signée en présence « d'Aimart, évêque de Saintes et frère de l'archevêque de Bordeaux », et d'une nombreuse réunion d'ecclésiastiques.
A cette première donation vint s'ajouter plus tard celle de la seigneurie complète du lieu d'Arveyres ; nous ne trouvons que la simple mention de cette charte dans un ancien inventaire. Le jour de la fête de Saint-Félix, en l'année 1231, Raymond Gombaud, seigneur de Vayres, donna à l'Ordre du Temple le territoire d'Arveyres, situé dans sa châtellenie ; il se réservait qu'en cas de guerre les Templiers viendraient le secourir de tout leur pouvoir. Quelques années après Guitard du Borg, gendre de Raymond Gombaud, voulut disputer aux chevaliers du Temple la juridiction d'Arveyres ; mais, ayant reconnu ses torts, il leur offrit, comme réparation, la cession du bois de Tilhède et la faculté de faire embarquer, sans payer de droits, leurs denrées à deux ports voisins qui lui appartenaient sur la Dordogne.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
Arville (28)
Loir-et-Cher, arrondissement de Vendôme, commune de Mondoubleau.
Le Temple d'Arville, dont on ignore l'époque de la fondation, existait au XIIe siècle. Les Templiers étaient déjà établis à Arville, lorsqu'Hugues, vicomte de Châteaudun, par des lettres rédigées vers 1180, leur accordait le droit de conduire du Temple d' Arville dans ses bois pour y pâturer toute l'année, vingt de leurs vaches avec dix porcs.
II n'y avait en la petite localité d'Arville, au diocèse de Chartres, d'autre prêtre que le chapelain de la maison du Temple de ce nom, et qui pour cela était dit curé d'Arville ; en 1307, ce prêtre était frère Denis le Neveu « frater Dionisius Nepotis, presbyter curatus de Errivilla Carnotensis diocesis » alias « de Arida villa », « Procès, t. I, pages 84 et 103 ».
Une des rares mentions concernant le Temple d'Arville, dans le procès, se rapporte aux premiers mois de l'an 1290 ou environ, époque à laquelle le chevalier du Temple, Guillaume Gaud, alors précepteur de la baillie du Temple de Chartres, serait venu faire une réception, « in capella domus Templi de Arvilla », « Procès, t. II, page 184 ».
Cette maison du Temple est aussi mentionnée dans les comptes des années 1295 et 1296 déjà cités : « de preceptore Arideville », « Mémoire sur les opérations financières des Templiers, par M. Léopold Delisle, pages 176, 198, 209 ».
Sources : Trudon des Hormes pour les actes du Procès, Ordre de Malte, le Grand Prieuré de France
Asnières-les-Bois (01)
En 1198, Renaud d'Asnières, gentilhomme vivant à la fin du XIIe siècle, fit une concession aux Templiers de Laumusse. Humbert de Genod (de Crottet) fut tèmoin de cette donation.
Sources : Alain Jantet, l'Ain des Templiers - Edition Trevoux - Archives de l'Ain, archives du Rhône, dictionnaire Topographique et historique de l'Ain.
Aspre (66)
La première donation est recueillie à Montbolo où Udalgar de Sala, chevalier, donne en 1170 un cens sur trois bordes. Les droits sur ces terres sont confirmés en 1203 par le vicomte Guillaume de Castelnou...
Asques (33)
Ce lieu appartenait bien à la commanderie de Bordeaux ou à celle d'Arcins, mais, je n'ai pas trouvè de textes ni de chartes pour en faire la description.
Aubais (30)
Avec d'important territoires. Les Templiers avaient une maison "domus" et ils achètent une autre maison jouxtant le leur. Ils se sont insérés dans l'habitat rural de ce village.
Aube (10)
Quelques possessions dans l'Aube (10), qui sont sans rèelles informations.
Arelles (10)
Seigneurie d'Arelles en toute justice, avec moulin et ferme, s'étendant sur les villages de Villers (10) et Balnot (10).
Polisot (10)
Avec une partie de la seigneurie, des prés et des vignes.
Levigny (10)
Avec droits seigneuriaux en rentes et en cens.
Aranthières (10)
Avec droits de dîmes sur toute la paroisse et forêts.
Aulnat (63)
Les Templiers avaient à Aulnat une commanderie dès 1231.
La commanderie de Chanonat avait à Aulnat d'importantes propriétés, Aulnat était considéré comme une dépendance de la commanderie de Chanonat.
Un seul acte complet concernant le Temple d'Aulnat nous est connu : il s'agit d'une sentence de l'an 1231 qui met en possession frère Guillaume, preceptorem grangie templi Alniaci, d'un pré jouxtant un champ appartenant aux templiers. Ils étaient donc à Aulnat au début du XIIIème siècle.
Aunac (16)
Au nord de Brillac, à Aunac, les Templiers avaient installé une commanderie désignée sous le nom de "Sainte-Trinité". Son existence demeure obscure ; On sait cependant qu'après avoir été unie à la commanderie Saint-Jean-Baptiste de Champeau, en Limousin, elle ne cessa de décliner.
Aussein et Couts (31)
Aussein et Couts.
Dès les premiers temps de leur établissement à Montsaunès, nous trouvons les Templiers résidant au château d'Aussein et possédant la juridiction de cette localité. A la fin du XIIIe siècle, une donation vint accroître l'importance de ce membre de la commanderie. Le 19 novembre 1279, le seigneur Raymond Athon d'Aspet donna au Temple, à frère Célébrun de Pins, précepteur de Montsaunès, le territoire de Codz (Coutz, Couts) avec tous ses vassaux et tous les droits qu'il y possédait.
Dans la période postérieure nous voyons plusieurs grands seigneurs des environs témoigner leur bienveillance envers l'Ordre de Saint-Jean, en concédant divers privilèges aux habitants de la ville d'Aussein. C'est ainsi que Jean de Comminges seigneur de Roquefort, leur donna la faculté dedépaissance pour leurs troupeaux dans son territoire, le Bosc de Perescite, à la condition de venir moudre leur blé au moulin de Roquefort et moyennant une redevance de 2 gros d'argent qui lui serait payé annuellement par la communauté (5 mars 1485). A peu près à la même époque, Arnaud-Guilhem d'Ornessan, seigneur de Tournacoupe, de Belvèz et de Cairolles, leur concédait également le droit de dépaissance sur son territoire de Montaigut.
Nous ne signalerons dans le reste des archives qui rapportent un grand nombre de procès soutenus par les commandeurs contre les seigneurs du voisinage au sujet des limites de leurs possessions d'Aussein, que la reconnaissance consentie le 24 août 1614 à l'issue de la Grand-messe par les habitants de la localité au commandeur Joachim de Montaigut-Fromigières ; nous y voyons que ce dernier avait le droit d'élire les deux consuls, sur une liste de quatre personnes choisies par les habitants.
Commandeur Hospitalier d?Ausseins
1488. Dominique de Bordes.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
Autrey-les-Gray (70)
Ancien enclos du Temple donné à la Maison de La Romagne en 1191, avec droits de dîmes et métairie.
C'est pratiquement le seul spécimen de Haute-Saône dont l'architecture est de transition du roman au gothique. Elle est de l'école bourguignonne et se rapproche beaucoup de celle de Mirebeau en Côte D'or. Elle dépendait de ...
Auverneaux (91)
Maison du Temple d'Auvernaux
Département : Essonne, Arrondissement : Évry, Canton : Mennecy - 91.
Sous les Templiers, cette maison avait le titre de Commanderie. Déjà, au XIIe siècle, les frères du Temple possédaient des biens à
Auvernaux, car nous les trouvons en procès, en 1171 avec les chanoines de l'église Saint-Victor à Paris, au sujet de plusieurs héritages dont ils se disaient en possession depuis longtemps.
Maurice, évêque de Paris, intervint et mit fin au débat par une transaction, où il est dit que les chanoines de Saint-Victor ont abandonné aux frères du Temple, les terres, objets de leur différent, situées à Auvernaux, « apud Auverniacum », moyennant une indemnité de vingt-cinq livres tournois, et que les Templiers de leur côté ont reconnu comme bonnes et valables la vente faite par l'abbé de Saint-Victor, du moulin d'Auvernaux, et la donation que fit à son église Thiery Galeran, d'un demi-muid d'hivernage, à prendre tous les ans sur le moulin du Saussay près d?Etampes, « in molendino de Saliceto », appartenant au Templiers.

C'est le seul titre ancien qu'on retrouve sur la maison d'Auvernaux. Lorsque cette terre eut passé des mains des Templiers en celles des Hospitaliers, un nouveau procès surgit avec un seigneur, nommé François Bras-de-Fer, écuyer, homme d'armes de l'ordonnance du Roi, qui avait une partie de la seigneurie d'Auvernaux. Il s'agissait de séparer les terres et censives de l'Hôpital d'avec celles du seigneur Bras-de-Fer. Elles avaient été longtemps confondues entre elles, et on ne pouvait les reconnaître, parce que les titres de propriété ne se retrouvaient plus. Pour sortir d'embarras, il fallut encore avoir recours à une transaction, et, par un acte du 18 novembre 1477 le commandeur Jean Perrin, avec l'autorisation du Grand-Prieur de France, abandonna au sieur Bras-de-Fer, pour le tenir en fief de la commanderie, et en faire foi et hommage « tout le territoire dudit Auvergneaux, qui est du costé de devers Nainville et Portes pour à iceluy territoire avoir et prendre par ledit Bras-de-Fer, depuis ledit Auvergneaux, selon le chemin par lequel l'on va d'illec au Bois-Saint-Michel, et dudit bois jusque contre le terroir de Portes et encore depuis le cours de la rivière partant dudit Auvergneaux en descendant vers le village d'Aussonnette, et remontant jusqu'au ponceau devers ledit Nainville, tant queledit terroir et costé dessus dict s'estend touchant les terres des champs ».
« Et à l'égard de l'autre costé du territoire dudit Auvergneaux, en tirant vers Corbeil, il appartiendra au Commandeur et à ses successeurs ».
« Il fut encore cédé au seigneur Bras-de-Fer plusieurs arpents de pré dans la prairie d'Auvernaux, depuis, le fossé de Bouligneau jusqu'à la fontaine de La Lisse ».
L'église d'Auvernaux appartenait à la commanderie. Elle touchait à l'hôtel du Commandeur, qui avait toutes les dîmes, la collation de la cure et les droits honorifiques, comme premier seigneur du lieu. Le village comptait, en 1495, vingt feux, presque tous dans la censive de l'Hôpital.
Au XIVe et XVe siècle, il était d'usage que les églises de l'Ordre fussent desservies par ses religieux. Cependant nous trouvons en 1470, comme curé d'Auvernaux, un prêtre séculier du nom de Laurent Mercadé. Il avait pris à bail pour neuf ans la maison du Commandeur, ainsi que l'église, qu'il s'engageait à desservir en bon prêtre, avec jouissance des oblations, cens, rentes et revenus en dépendant, moyennant une redevance annuelle de douze écus d'or, de la valeur de 22 sols parisis chacun.
Le revenu de la maison d'Auvernaux en domaine, droits de justice et de seigneurie était, en 1520, de 43 livres; en 1630, de 100 livres; en 1757, de 200 livres. Les terres du domaine ne comptaient que 40 arpents de labour et prairie.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Auvernaux par Trudon des Ormes
Sous les Templiers, cette maison avait le titre de Commanderie. Déjà, au XIIe siècle, les frères du Temple possédaient des biens à Auvernaux, car nous les trouvons en procès, en 1171, avec les chanoines de l'église Saint-Victor à Paris, au sujet de plusieurs héritages dont ils se disaient en possession depuis longtemps. Maurice, évêque de Paris, intervint et mit fin au débat par une transaction, où il est dit que les chanoines de Saint-Victor ont abandonné aux frères du Temple de Jérusalem, les terres, objets de leur différent, situées à Auvernaux, « apud Auverniacum », moyennant une indemnité de vingt-cinq livres tournois, et que les Templiers de leur coté ont reconnu comme bonnes et valables la vente faite par l'abbé de Saint-Victor, du moulin d'Auvernaux, et la donation que fit à son église Thiery Galeran, d'un demi-muid d'hivernage, à prendre tous les ans sur le moulin du Saussay, « in molendino de Saliceto », appartenant au Temple.
Bien que la maison du Temple d'Auvernaux ne se trouve pas mentionnée dans le Procès, son existence ne saurait être mise en doute d'après cet extrait de compte du 5 juillet 1295 : « de preceptore Stampensi per preceptorem d'Auvergniaus 40 livres in magnis fratrum » (Léopold Delisle).
Un autre extrait du même compte, du 30 décembre 1295, se comprend mieux après la citation précédente : « de preceptore Stampensi, per fratrem Johannem nostrum [Jean de Tour], pro terra d'Auvergnaz, 120 livres in parvis fratrum » (Léopold Delisle).
Sources : Trudon des Hormes pour les actes du Procès, Ordre de Malte, le Grand Prieuré de France
Auvignac (16)
(Charente, arrondissement Cognac, canton et commune Barbezieux)
Dès la fin du XIIe siècle, ou le début du XIIIe, les Templiers possédaient à Auvignac, près de Barbezieux, à une lieue de Viville, un moulin dont l'existence est attestée par deux mentions dans le cartulaire du prieuré Notre-Dame de Barbezieux. On ne sait si, à la même époque, ils avaient déjà édifié une maison et une chapelle à Auvignac ou s'ils ne le firent que plus tard.
En 1373, Auvignac était un membre de la commanderie du Deffend. Comme toutes les maisons de l'Hôpital, ce petit établissement souffrait alors des hostilités franco-anglaises. Ses deux moulins à eau qui rapportaient autrefois 20 se tiers de grain étaient détruits, (propter guerras), ses rentes en argent avaient baissé de 10 livres à 25 sous, les rentes en céréales ne procuraient que 2 setiers de grain au lieu de 25 auparavant, le nombre de chapons et poules, dû à titre de cens et rentes, était tombé de 40 à 10. La maison possédait encore quelques vignes dont le produit était modeste. Dès le XVe siècle, Auvignac, avec la commanderie du Deffend, passa dans l'obédience de la commanderie des Épeaux.
Une visite de 1673 note que la chapelle Saint-Jean-Baptiste était en piètre état, les vitres étaient brisées, les murs menaçaient ruine «y en ayant partie de tombée», la couverture avait besoin d'être refaite et la cloche avait disparu. Le culte y était assuré par le curé de Viville. Les commissaires rapportent «qu'il n'y a aucun domaine audit lieu, le revenu consistent en ranthe soullement». Quelques années plus tard, en 1690, on constate que les réparations les plus urgentes ont été faites, mais «l'on ne dit la sainte messe que tous les quinze jours ou trois semaines et mesme rarement en l'hivert a cause des grandes eaux quy déborde et qu'il n'y a qu'une douzaine de parroissiens dont la plupart sont meschans nouveaux convertis». Pour cette desserte, le prieur d'Aquitaine payait 100 livres par an au curé de Lagarde en 1718.
En 1733, les visiteurs notent que les murs et la charpente sont en bon état, que la chapelle est «éclairée par trois vitreaux garnis de vittre et qu'elle n'est pas pavée et très mal propre, autour de laquelle dedans et dheors il y a une littre aux armes de monsieur de Louvois». Sorte de frise funéraire que l'on peignait intérieurement et extérieurement autour d'une église, la litre se composait d'une bande noire sur laquelle se détachaient, de distance en distance, les armoiries d'un seigneur défunt. Il s'agit vraisemblablement ici d'une litre aux armes de Louis-François-Marie Le Tellier (1668-1701), fils de Louvois, chevalier de Malte, commandeur du Piéton, puis marquis de Barbezieux, secrétaire d'état et chancelier des ordres du roi.
Un petit clocher existait au-dessus de la porte, mais il était dépourvu de cloche.
En 1755, la desserte de la chapelle était assurée par un Cordelier de Barbezieux qui avait pris, depuis peu, la relève du curé de La Magdeleine. Ce religieux venait y célébrer la messe une fois toutes les trois semaines et administrait les sacrements «aux habitans du village dudit lieu d'Avignac qui est compozé de sept à huit feux».
L'ordre de Malte possédait, à Auvignac, haute, moyenne et basse justice qui était exercée par les officiers de la maison du Tâtre. Dès le XVIIIe siècle, le nom du lieu s'était modifié en Vignac, forme sous laquelle il apparaît sur la carte de Cassini. De nos jours, on trouve au lieu-dit Le Vignac, en bordure du chemin conduisant à une exploitation agricole abandonnée, un taillis de forme rectangulaire, roncier presque impénétrable, dans lequel on peut voir quelques pierres, dont une cuve de fonts baptismaux (ou un bénitier - Il s'agit d'une cuve extérieurement octogonale dont chaque pan mesure, alternativement, 0,36 m et 0,28 - 0,30 m, ce qui donne une circonférence d'environ 2,60 m), qui paraissent être les seuls vestiges de la chapelle, probablement détruite sous la Révolution.
Pour Barbezieux, voir le Cartulaire du prieuré de Notre-Dame de Barbezieux, édité par J. de La Martinière. Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, t. XLI (1911), p. 142 :...non longe a molendino Templariorum quod est a Auvinac ;
p. 142 : ...postea monachi de Berbezillo concesserunt Templariis predictam partent molendini, tali videlicet pacto ut 11os solidos annuatim in die Nathalis Domini ecclesie de Berbezillo Templarii reddant.
Sources : Les commanderies des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem - Anne-Maris Legras - Editions du CNRS - 1983
Auvillard ou Hautvillard (82)
Dans une charte qui n'est pas datée mais que nous ne croyons pas postérieure aux premières années du XIIIe siècle, nous voyons que Bernard Raymond de Durfort donna à l'Ordre du Temple, entre les mains de Fort Sans de Vidalac, Maître de l'Agenais et de G. de Brasac commandeur de Gôlfech, la ville de Casterus, son église et une partie de son territoire ; cette donation fut faite dans le cloître de Saint-Maurin en présence de l'abbé et de tous les religieux de ce couvent. Cette place se trouvait dans la juridiction d'Hautvillar, ce qui fit donner indéfiniment les noms de ces deux villes à cette dépendance de la commanderie de Golfech.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
Auxerre (89)
L'hôtel de la commanderie était situé à Auxerre, dans la rue du Temple, près de la porte de ce nom. Il y avait une chapelle où l'on disait encore, au siècle dernier, une messe les dimanches et fêtes...
Auzon (86)
Il n'existe plus rien des archives d'Auzon, seul un acte de vente de 1284, ne nous apprenant rien sur cette commanderie dont l'importance était considérable, si on en juge par les bâtiments actuels.
Dans le procès des Templiers, il est fait mention du commandeur, Pierre de Val-Gordon. Son successeur, Audebert de la Porte, fut interrogé à Paris. Il avait été absous et réconcilié par l'official de Poitiers, après avoir subi la torture.
Les restes contemporains des Templiers constituent une enceinte carrée de 180 pas de périmètre, formée par la chapelle et autres bâtiments.
La chapelle, longue de 30 mètres et large de 7 m. 20, occupe tout un côté de cette enceinte qui entourait une petite cour, et devait être l'habitation des chevaliers. Assurément, la commanderie ne consistait pas seulement en cela, et la chapelle était protégée au sud par une enceinte semblable, se reliant à la première et contenant des servitudes. Auprès de la chapelle est un mur, appuyé sur de puissants contreforts, percé de fenêtres cintrées, ébrasées, et ayant tous les caractères du roman. Ce mur soutient les restes d'un rez-de-chaussée de bâtiment roman probablement partagé en deux pièces, l'une éclairée par deux fenêtres ouvertes de chaque côté d'une cheminée ayant six pieds de largeur au bas, et derrière laquelle un gros contrefort soutient le mur. Ces murailles épaisses garnies de contreforts, et le terrain au bas, disposé en talus, indiquent l'extérieur de la commanderie.
Cette commanderie, sise dans le diocèse de Poitiers, paraît avoir été, avec la maison de la Rochelle, une des plus importantes de l'Aquitaine, et il est certain que de nombreux chapitres, simples ou généraux, y furent tenus : « capitula apud Auzont », « in capitulis celebratis apud Ausonem, Pictavensis diocesis », « a familiaribus dicti preceptoris de Insula Bochardi quando redierant de capitulo fratrum, quod tenuerant apud Auson ».
Ces chapitres étaient toujours suivis de réceptions dans l'Ordre, mais les admissions n'étaient pas toutefois subordonnées à la tenue d'un chapitre ; ainsi le précepteur du Poitou, frère Amblard est dit avoir reçu en la chapelle d'Auzon, vers l'an 1283, en 1293 ou environ, cette fois en présence des commandeurs de Fretay et de la Rochelle en 1295 à la suite d'un chapitre général tenu par lui, et l'année suivante, également après un chapitre général auquel assistait Guillaume de Liège le maître de la Rochelle.
Le successeur d'Amblard de Vienne, Pierre de Villars, vint aussi à Auzon, et y reçut, en 1299, en présence des précepteurs de la Rochelle et de Nantes ; c'est encore lui, qui reçut, en 1301, le futur précepteur du Temple de Landeblanche, ainsi que le neveu du précepteur de Mauléon, en présence du précepteur d'Auzon, alors frère Audebert de la Porte, plus tard incarcéré à Niort.
Enfin, Geoffroi de Gonneville, le dernier précepteur d'Aquitaine, vint, lui aussi, à Auzon, soit pour y tenir chapitre, comme en 1303 où nous trouvons réunis dans la maison, les précepteurs de la Rochelle, de Benet, de Champgillon, des Roches, et Jean, alors précepteur d'Auzon, soit pour recevoir, comme en 1304, un chevalier poitevin, plus tard arrêté en Chypre.
Les commandeurs d'Aquitaine n'étaient d'ailleurs pas les seuls qui pussent recevoir à Auzon; un Templier nommé Etienne l'Anglois, détenu plus tard à Poitiers, dit en effet avoir été reçu en 1306, en cette maison, par le précepteur du Temple de l'Ile-Bouchard, en présence du précepteur d'Auzon, frère Audebert, et du frère Mathieu de « Garucto », prêtre. Audebert eut pour prédécesseurs à Auzon ce frère Jean cité plus haut, et antérieurement (vers 1270) Pierre de Vaugourdon, dont nous avons parlé à propos du Temple de Montgauguier.
Précepteurs d'Auzon :
Vers 1270, frère Pierre de Vaugourdon,
Vers 1302-1303, frère Jean,
Vers 1303-1307, frère Audebert de la Porte, sergent.
Sources : Chevaliers de Malte, Grand prieuré de France et Trudon des Ormes - les maisons du Temple en France à travers les interrogatoires du Procès.
Avalleur (10)
Cette maison « Aveleure », « Aurelaves », « Valoire », « Valeur », située en la commune de Bar-sur-Seine (Aube), devait son origine à la libéralité d'un évêque de Langres, au XIIe siècle (1172), « D'après le Dictionnaire topographique du département de l'Aube, par MM. Boutiot et Socard ».
Il ne reste plus aucun document sur Avalleur, il y a eut un incendie au XVIIIe siècle qui détruisit tout le donjon, là même où était conservé les précieuses chartes de possessions des Templiers.
Au temps de Cassini, elle était encore connue sous le nom de Valeur, et la commanderie, depuis longtemps aux Hospitaliers, était située tout près du village de ce nom, au sud de Bar-sur-Seine.
Dans le Procès, Avalleur est aussi bien du diocèse de Troyes que de celui de Langres ; ce qui se comprend, la maison du Temple se trouvant à la limite des deux diocèses.
Avalleur fut, au reste, une maison assez importante, puisqu'elle est parfois désignée, dans le Procès, comme baillie du Temple, et son précepteur avait à visiter les domaines compris dans cette petite baillie tels que Bonlieu et Buxières.
Nous avons déjà dit, à propos du dernier précepteur de la Loge-du-Temple, qu'il avait été reçu en 1280 à Bonlieu par le précepteur d'Avalleur, Humbert ou Imbert, frère sergent ; nous avons trouvé également le précepteur d'Avalleur à une réception faite au Temple de Troyes en 1290 « Procès, t. I, p. 434 ».
Ce dignitaire, surnommé parfois « de Vianesio », était, d'après un passage du « Procès, t. II, p. 396. per fratrem Ymbertum de Vianesio, preceptorem ballivie d'Aveleure », précepteur de la baillie du Temple d'Avalleur, et c'est comme tel que nous le retrouverons à une cérémonie d'admission, en la maison du Temple de Buxières.
Enfin, Gautier de Bure aurait été reçu, à quinze ans, à Avalleur, par le visiteur de France (vers 1300).
Précepteur de la baillie d'Avalleur :
En 1280-1290, Humbert ou Imbert, du Viennois, frère sergent.
Sources : Trudon des Hormes pour les actes du Procès, Ordre de Malte, le Grand Prieuré de France
Avesnes-le-Sec (59)
Avesnes-le-Sec (59) Arrondissement, Valenciennes. Département, Nord. Région, Nord-Pas-de-Calais.
La plus importante commanderie du Hainaut, Avesnes-le-Sec n'est connue comme possession du Temple qu'à partir du mois de septembre 1241 lorsque Richard d'Avesnes reconnaît devoir aux frères du Temple la somme de soixante livres de blancs moins dix-sept sous que le frère Jacques de la milice du Temple avait payées pour lui à ses créanciers. Pour les dédommager par une rente il assigne aux dits frères la vigne de Guise sur laquelle il s'engage à payer chaque année la dîme de dix livres.
A partir de cette date, le domaine de la commanderie devient de plus en plus connu. Malheureusement pour les détails plus importants nous ne pouvons rien dire, ni nous avancer étant donné la disparition des archives de Mons dans l'incendie qui détruisit une partie du fond lors de la dernière guerre mondiale. Malgré cela on peut encore avoir recours à l'inventaire de Mr. DEVILLERS.
Le domaine utile de la commanderie va s'étendre aux alentours immédiats créant par le fait même des granges et des maisons entrepôts comme Cambrai. La commanderie de Beaulieu, Saint-Aubin et Favril Toillon furent mises sous sa juridiction au chapitre général de 1255 et renouvelées à celui de Montpellier en 1293. Le domaine utile va donc se former à partir de cette année.
La commanderie d'Avesnes-le-Sec fait partie de cette troisième série de fondation qui coïncide avec le lancement de nouvelles croisades par le roi de France Louis IX.
Au mois d'avril 1255, l'official de Cambrai faisait savoir que par devant lui et en sa présence, demoiselle Alix, sueur de feu Thomas dit Tortel, chevalier, d'Avesnes-le-Sec, a vendu aux frères de la chevalerie du Temple, l'usufruit qu'elle avait sur neuf mancaudées de terre situées sur le territoire d'Avesnes-le Sec; mais qui appartenaient déjà aux frères du Temple suivant la donation faite par son frère.
Sur le territoire immédiat d'Avesnes-le-Sec, les Templiers reçurent d'autres biens. C'est ainsi que le 17 septembre 1261, le chanoine-official de Cambrai, maître Ulbaud de Sents fait savoir qu'en sa présence Colard, dit de Bruille et Alexandrine son épouse, ont vendu aux frères de la milice du Temple un boisseau et demi de terre situé à Avesnes-le-Sec au lieu-dit « Sur le chemin du fossé Martin ».
Si jusqu'à présent les actes ne nous montrent que des biens ayant traits au siège de la commanderie, il faut penser que la commanderie est bien fondée dans cette partie du XIIIe siècle. Mais les Templiers acquirent rapidement des biens extérieurs ce qui leur permit d'agrandir leur domaine par des achats ou par d'autres donations. A partir des années entourant 1270 les donations vinrent enrichir les frères.
C'est le 29 mars 1270 que l'on voit apparaître la première donation effective. Toujours en présence de l'official de Cambrai - c'est à remarquer depuis les bulles de confirmation de Grégoire IX, Honorius III et Innocent III - Pierre dit Joveniaus de Sauzet et Marie son épouse ont déclaré avoir donné en pure et perpétuelle aumône, pour le repos de leur âme, à la maison des frères de la milice du Temple d'Avesnes-le-Sec quatre mancaudées de terre labourable sises à Montrécourt. Les donateurs se réservent toutefois l'usufruit de deux mancaudées jusqu'au décès du dernier et deux mancaudées jusqu'à la mort de Raoul, père dudit Pierre.
Une autre donation fut effectuée le 21 mars 1271 par le clerc Pierre le Majeur et Marie dite Rose son épouse. Cette donation fut notifiée par l'official de Cambrai au prêtre desservant Avesnes-le-Sec et consistait en une rente annuelle de deux chapons qui devront être donnés pour la Noël. Ils ajoutent à cela l'hypothèque sur tous leurs biens.
A la fin de cette année nous retombons dans les propriétés par la donation faite aux frères de la milice du Temple d'Avesnes-le-Sec, en présence des échevins d'Avesnes-les-Aubert par Gilles de Woubais, écuyer et Sainte son épouse de deux mancaudées de terres à Carnières. En témoin de cet acte nous trouvons le chapelain du Temple d'Avesnes : Nicolas de Hon.
A Avesnes-les-Aubert, les templiers acquirent deux nouvelles mancaudées au lieu dit « As Bossés » de la part d'Hugues de Fauges et de sa femme. Les donateurs se réservent l'usufruit viager et ce le 9 février 1272.
Ce même mois ce furent Wautier, chevalier et sire de Masnui et fleuri son fils, chevalier, qui font connaître que Jakëmes de Vannes, maire d'Avesnes les Aubert, Gillette sa femme et Héloïse sa mère ont donné aux frères de la maison de la chevalerie du Temple d'Avesnes-le-Sec, quatre rasières et demi de terre au lieudit de Vannes.
On constate l'importance des donations durant ce troisième quart du XIIIe siècle. A la fin de l'année les Templiers d'Avesnes reçoivent de Jean (Jehan) Coilles et Marie sa femme un terrage de deux rnancaudées et demi de terre moins une demi mesure à Saint-Géry.
Ce même mois, il se peut que ce soit le même jour, Hugues « dou Fait » en compagnie de sa femme donne aux frères de la milice du Temple d'Avesnes-le-Sec en présence du commandeur frère Etienne, deux mancaudées de terre au dessus des Fourkes dans la tenure de Saint-Géry.
Les années 1274 et 1275 furent particulièrement riches en donations. Louis IX, roi de France, était mort à la croisade et son successeur Philippe III prévoyait une autre entreprise, aussi les fidèles ne tardèrent pas à montrer leur générosité comme nous le verrons lorsque Philippe IV le Faux Monnayeur, dit le Bel, reprendra cette idée.
Le 7 juin 1274 une donation va agrandir le domaine utile de la commanderie par l'acquisition faite de la part de Marie, veuve de Werricus dit le Saut qui déclare devant l'official d'Arras avoir donné au maître de la chevalerie du Temple pour la maison d'Avesnes-le-Sec, le manage situé devant la dite maison et cinq mancaudées ainsi qu'une rasière de terre le tout situé en divers lieux dits : deux à la Croix de Saint-Amand, deux à la Longe-Boure, une à Cortelières et la rasière au Flos-Wanemer.
Peu de temps après, au mois de juillet, Wautier « dou Fait » et Gillette sa femme font donation de sept boisseaux de terre tenus à Saint-Géry et situés à Cagnoncles vers Naves. Ils déclarent se réserver l'usufruit viager de ce bien. En témoin sont cités deux frères du Temple, frère Etienne commandeur et son compagnon frère Adam.
Le territoire de Cagnoncles qui devint rapidement une maison régulière se trouva rapidement devant un important domaine.
Le 8 octobre 1274, c'est l'official de Cambrai qui fait savoir que Guillaume le Menus et Isabelle son épouse, pour le salut de leurs âmes donnèrent aux Templiers d'Avesnes-le-Sec, une mancaudée de terre labourable à la mesure de Cambrai qu'ils possédaient sur ce territoire au lieu dit « dou pire de Minouville ». A cela ils ajoutèrent une rente annuelle d'un chapon qu'ils avaient sur la maison de Jean de Gardin, mais au hameau de laquelle ils se réservaient l'usufruit viager.
Les possessions de Naves sont mentionnées dans un acte du 26 janvier 1275, émanant de Jean d'Ais écolâtre de la Morinie et official de Cambrai qui fait savoir au prêtre de Naves qu'Agnès dite la Cagnarde et Adam Dagnart son mari défunt avaient donné deux mancaudées de terre à Naves au lieu dit « As Courbes » au maître et aux frères du Temple d'Avesnes-le-Sec. Le même jour et le même prélat ecclésiastique confirme au même prêtre de Naves que Gobert « li bais » et Marie sa femme vinrent devant lui et notifièrent qu'ils ont donné au maître et aux frères de la maison du Temple d'Avesnes-le-Sec, une terre mesurant trois mancaudées, moins un boisseau. Cette donation est située à Naves au lieu dit « Val Hauduin ».
Certains ont cru que la fin de l'Ordre s'était amorcée depuis plusieurs décades. Il ne faut pas aller aussi vite. Pour Avesnes-le-Sec, les biens s'agrandirent encore à la fin du XIIle siècle.
Le 20 juin 1282 l'official de Cambrai faisait connaître qu'Amauri dit Bataille a donné aux frères de la chevalerie du Temple d'Avesnes-le-Sec une terre située à Avesnes et mesurant une mancaudée dont il se gardait l'usufruit viager. Cette terre était située près de la terre de Jacques le Serjeant, frère du donateur.
Le même jour et toujours l'official faisait savoir que les Templiers d'Avesnes-le-Sec avaient reçu en donation de la part de Jean dit Wagnars, une demi mancaudée de terre située à Beaumont en Cambrésis dont il s'en réservait l'usufruit viager et située près du moulin qui conduit au moulin à vent.
Après la suppression de l'Ordre, tous les biens passèrent à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et l'enquête de Grégoire XI concernant les possessions de l'Ordre du Temple qui furent acquises par les Hospitaliers nous signalent qu'Avesnes-le-Sec étendait sa juridiction sur les commanderies de Saint-Aubin et de Favril, cette dernière mieux connue dans les actes sous le nom de Toillon.
Sources : Laurent Dailliez; Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg
Avesne-le-Sec
C'était une ancienne maison du Temple que le Livre-Vert nomme le Temple d'Avesnes-lez-Selzes probablement pour d'Avesnes-lez-Selle, à cause de la situation du village d'Avesnes sur la rivière la Selle.
Au moment où les Hospitaliers prirent possession de cette maison, elle comprenait soixante-trois muids et demi de terre qui rapportaient, en 1373, cinquante-cinq muids de blé et six muids d'avoine, estimés 162 livres 8 sols.
Elle possédait à Avesnes et dans les villages circonvoisins un certain nombre de cens et de redevances foncières avec quelques parties de terre, dont le revenu s'élevait à 39 livres 15 sols. Ce qui donnait un total de 202 livres 7 sols.
Voici les charges de la maison à la môme époque, d'après le Livre-Vert :
« Pour desservir la chappelle de ladite maison de trois messes la sepmainne, XIIII livres VIII sols ;
« Item pour l'aumosne que ladite maison doit, III muis de blé, valant VIII livres VIII sols ;
« Item pour retenir et soustenir les ediffices et pour l'hospitalité de ladite maison des gens du seigneur du pays et d'aultres, XXX frans qui valent LIIII livres.
Le Commandeur avait toute justice et seigneurie dans sa terre et sur tous ses hommes à Avesnes-le-Sec.
Incendiée et entièrement détruite vers le milieu du XVIIe siècle, la ferme fut rebâtie ainsi que la chapelle au milieu de la cour. En 1757, la chapelle était abandonnée et ne servait plus au service divin. Les trois messes dont elle était chargée par semaine, se disaient par les Bernardins dans l'église du Saint-Sépulcre à Cambrai.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Avesnes-les-Aubert (59)
Avesnes-les-Aubert
De cette petite maison dépendante d'Avesnes-le-Sec nous savons qu'il y avait deux mancaudées de terre à Carnières en dehors de deux maisons situées à Avesnes même. C'est par devant les échevins d'Avesnes-les-Aubert que Gilles de Waubais, écuyer, donna cette terre aux frères du Temple d'Avesnes-le-Sec. Nous apprenons par ce texte que le curé d'Avesnes était chapelain de l'Ordre du Temple car dans les témoins nous avons cette signification :
« mesires Simons, prestres, curé d'Avesnes-le-Sec et Nicolas de Hon, chapelain des devandis frères ». Cette chose n'était pas rare et en Provence, comme en Italie et en Aragon nous avons souvent des chapelains curés de paroisse dépendante du Temple ou possédant des biens.
Cette fonction fut reconduite après la dissolution du Temple puisque les chevaliers de Malte avaient le droit de paroisse, droit qui était « iadis » du Temple.
Sources : Laurent Dailliez; Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg
Avignon (84)
En janvier 1130, Laugier, évêque d'Avignon, concède à Hugues de Payns, Maître de l'Ordre du Temple, l'église Saint-Jean Baptiste d'Avignon. Puis, au tout début de la création de la commanderie, les Templiers constituent leur patrimoine foncier aux abords de cette dite commanderies même, ce sont en grandes parties des jardins. Ces jardins sont donnés en bail emphytéose
Mais, c'est dans les années 1250 - 1260, que les Templiers d'Avignon augmentent leur acquisitions, pour ce faire, ils traversent le Rhône et achètent des terres à Monteau. Quelques années plus tard, ils se déplacent et traversent la Durance, là, ils constituent un patrimoine cohérent, par des achats et des échanges. Avec l'aide d'un protecteur influent, Piere de la Milice, c'est là, qu'ils implantent l'unique grange de la commanderie.
Les Templiers possédaient aussi à Avignon de très nombreuses vignes, des terres aux environs de la cité, une partie des dîmes des rentes et dans la cité des maisons et hôtels.
On peut estimer les maisons et hotels aux nombre d'une vingtaine. Entre 3 et 11 se trouvaient dans le quartier Saint-Agricol, là même où se trouvait la commanderie et les autres dans les quartiers Saint-Pierre, Saint-Etienne et Notre-Dame. Il y en avait aussi dans des quartier plus éloignés : Saint-Symphorien et Saint-Geniès.
Sources : Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883), Du Bourg, Damien Carraz - L'Ordre du Temple dans la basse Vallée du Rhône et Trudon des Ormes
Avillers-Sainte-Croix (55)
Cette localité se situe à moins d'une lieue au Nord de Hattonchâtel et son territoire est limitrophe de celui de Doncourt. Cette proximité lui a valu d'être considérée comme une annexe...
Avosnes (21)
Maison du Temple d'Avosne ; C'était une seigneurie entre Vitteaux et Sombernon, qui appartenait aux Templiers de Bures, par une donation faite en 1147 par Guy de Sombernon et Varnier de Drée, en la présence d'Eudes, fils du duc de Bourgogne, de Jean de Mont-Saint-Jean, de Jean de Chaudenay, d'Aymon Roux de Dijon, de Varnier d'Agey et de l'évêque de Langres Godefroy.
Il y avait effectivement une maison du Temple à Avosne, elle servait à recevoir les passants. Plusieurs Frères lors du procès, portaient le nom "Frère de la Maison d'Avosne" du diocèse de Langres. Il y avait entre-autre, le Frère Guillaume "d'Avona", cellérier "préposé à l'intendance" de la Maison d'Uncey.
L'hospice d'Avosnes fut fondé aux environs du début du XIIIe siècle. Des donations plus ou moins importantes avaient été faites et le Grand Maître des Templiers était devenu seigneur d'Avosnes par un acte de 1283. Dans cet acte, on voit intervenir, partie bien inégale, d'un côté l'Ordre tout puissant représenté par le commandeur du bailliage de Bure et de l'autre, les enfants et la veuve ruinée d'un ancien seigneur.
Aydat (63)
Les Templiers possédaient une maison dans ce village, je n'ai pas de date pour cette donation ou acquisition. La seule chose que l'on sache, c'est que cette maison était encore visible en 1814. Aydat était une dépendance de la commanderie d'Olloix.
Ayen (19)
Commanderie d'Ayen Le Temple-d'Ayen apparaît ici pour la première fois comme maison templière mais, en 1147-1148, Gérard, évêque de Limoges, notifie qu'il a béni dans la paroisse d'Ayen, sur ordre du défunt pape Célestin II, un cimetière à l'usage exclusif des chevaliers du Temple.
Les divisions territoriales portèrent toujours chez les Templiers le nom de Préceptories. Ce ne fut qu'au XIVe siècle que toutes les anciennes possessions issues de l'héritage des Templiers portèrent le nom de Commanderies. C'est ce nom que j'ai choisi d'utiliser, car, les Hospitaliers ont ajoutés à leurs propres commanderies les biens Templiers. Le nom de Préceptorie ne fut plus usité dès le XIVe siècle. Sources des Commanderies
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