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Les cartulaires de certaines commanderies de france

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Cartulaire commanderie de Sommereux

 

Introduction au cartulaire de la commanderie de Sommereux
En publiant, en 1892, son étude sur les maisons du Temple de la Picardie (1Essai sur les maisons de l'Ordre du Temple en Picardie ; Amiens, 1892, in-8°.), M. Trudon des Ormes exprimait le regret d'avoir été privé du cartulaire de la commanderie de Sommereux « jalousement conservé, en Angleterre, par sir Thomas Phillipps, dans sa bibliothèque de Cheltenham ; Sommereux étant une des rares maisons du Temple dont il reste un cartulaire du XIIIe siècle, le seul pour la Picardie (2M. Trudon des Ormes ajoute qu'il n'a rencontré aux Archives Nationales que deux chartes relatives à la commanderie de Sommereux. Mannier (Les commanderies du grand prieuré de France, p. 580) dit de son côté, qu'il n'en a pas rencontrées.) ».

Grâce à la libéralité de généreux donateurs, la Bibliothèque nationale est entrée, en mai 1908, en possession du précieux manuscrit et nous avons pu en entreprendre la publication.

Transcrit vers 1263, avec additions en 1279 et 1281, il comprend 77 feuillets de parchemin, de 285 millimètres de long sur 190 de large, reliés en maroquin rouge gaufré ; reliure moderne qui a remplacé l'ancienne en cuir fauve sur ais de chêne, avec deux fermoirs de fer (33. On lit au bas de la copie de la charte n° 21, conservée aux Archives Nationales : « Transcrit de certain cartulaire couvert de cuir tanné sur bois à deus cloiaus ferrez contenant soixante seiz feulletz de parchemin commenchant en escripture rouge à ces motz : De annualibus prebendis de Claromonte et Sancti Evermundi de Credulio. In nomine Sancte et Individue Trinitatis, etc. » (Archives nationales, S. 5215, liasse 15, n° 1)).

Il faut ajouter à ces actes la charte d'Alix, abbesse de Saint- Paul-lès-Beauvais, du 26 août 1297, que conserve la Bibliothèque Nationale et qui provient de la bibliothèque Philipps. Nous la donnons en appendice.
Plus nombreuses sont les chartes des commanderies d'Esquennoy et de la Druelle (aujourd'hui Ladreue), publiées en partie par M. Trudon des Ormes ; mais elles n'entrent pas dans le cadre de notre publication, ces commanderies ayant fait partie de la baillie de Vermandois, sous les templiers, et n'ayant été rattachées à Sommereux qu'au XIVe siècle, quelque temps après la dévolution des possessions du Temple aux chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Il provient de la collection d'Alexis Monteil et a été acquis du célèbre bibliophile anglais, dans la bibliothèque duquel il figurait sous le n° 2.973 du catalogue. Lors de son entrée à la Bibliothèque nationale, il a reçu la côte 1.934 des nouvelles acquisitions latines (4Henri Omont, Catalogue des manuscrits de la Collection Philipps, p. 68-69. — Stein, Bibliographie des Cartulaires, Paris 1907, n° 3739.)).

Le manuscrit, tel qu'il se présente actuellement, commence par une table ajoutée au XVe siècle (folios I à III, cotés A, B, G).
S'ensuivent les copies des Chartres des donations et acquisitions faites à la commanderie de Sonmereux, selon le registre ancien ou sont enregistrées les « Chartres des acquestz d'icelle et aussy de celle de Nully soubz Clermont en Biauvoysin, pour sçavoir plus tost trouver ce qu'on y vueilt voir, par les nombres qui y sont mis chascun en teste. »

Du folio I au folio 30 : chartes diverses (1150-1262). Du 30 au 33, notes ajoutées en 1279 et 1281 : courtils de Sommereux devant la dîme à la commanderie ; rentes et journées dues ; fiefs appartenant à la commanderie de Neuilly-sous-Clermont. Folios 33 à 66, seconde partie du cartulaire : chartes diverses (1140 à 1258), le feuillet 44 étant resté en blanc. — Bulles de papes en faveur des Templiers (1200-1258). — Fol. 76 et 77 : notes ajoutées postérieurement, le dernier feuillet écrit à l'envers, dont le verso a été gratté, étant formé par un fragment de rouleau des morts (1261). Les actes, jusqu'au feuillet 52, sont précédés d'un titre d'une ou deux lignes écrit au cinabre. Une seule charte (n° 152) est rédigée en langue vulgaire.

En réalité, il y en a huit : sept originales et une copie. Ce sont les suivantes :
1. S. d. (1150-1157). Don par Soustan de Fins, aux Templiers, d'une terre à Saint-Romain (S 5214, n° 1), original parchemin, dont le sceau a disparu. Texte : d'Albon. Cartulaire général de l'Ordre du Temple, n° CXLVI ;
— Trudon des Ormes, opuscule cité, n° 46. Cet acte doit être placé entre les années 1150 et 1157, comme ayant été passé sous le règne de Louis VII (1137-1180), en faveur des templiers établis à Sommereux en 1150 et scellé par Geoffroy, seigneur de Dancy (1120-1157).
2. 1178. Donation aux Templiers de Sommereux par Raoul de Guizancourt d'un cens à Ménantissart (S. 5215, liasse 13, n° 13).
3. 1196, Sarclay. Donation aux templiers par Dreux de Gournay (le la moitié du moulin Estournel (S. 5215, liasse 13, n° 9 ; originale parchemin, scellé (Douët d'Arcq, n° 1252). Cartulaire, n° 127.
4. 1239, mars. Notification par l'official de Beauvais de la vente d'une vigne, à Fouquerolles, au profit des templiers (S. 5217, liasse 9 ; originale). Cartulaire, n° 126.
5. 1238, juin. Don par Nébelon d'Auteuil aux templiers d'une rente sur son cens d'Auteuil (S. 5218, liasse 13, n° 9) ; originale parchemin, scellé (Douët d'Arcq, opuscule cité n° 1252). Cartulaire, n° 127.
6. 1247, avril. Reconnaissance par Ermengarde, femme de Jean de Conty, d'une rente et d'un cens sur la terre de Bulles (S. 5218, liasse 53, n° 4 ; originale parchemin, dont le sceau a disparu. Cartulaire n° 152).
7. 1288, août. Confirmation par Renaud de Dargies de la vente du fief de la Motte d'Airaines, dans la paroisse de Rochy, en faveur des templiers de Sommereux (S. 5217, liasse 45, n° 5) ; originale parchemin, scellé (Douët d'Arq, n° 2008). Trudon des Ormes, n° 47.
Il faut ajouter à ces actes la charte d'Alix, abbesse de Saint-Paul-lès-Beauvais, du 26 août 1297, que conserve la Bibliothèque Nationale et qui provient de la bibliothèque Philipps. Nous la donnons en appendice.
Plus nombreuses sont les chartes des commanderies d'Esquennoy et de la Druelle (aujourd'hui Ladreue), publiées en partie par M. Trudon des Ormes ; mais elles n'entrent pas dans le cadre de notre publication, ces commanderies ayant fait partie de la baillie de Vermandois, sous les templiers, et n'ayant été rattachées à Sommereux qu'au XIVe siècle, quelque temps après la dévolution des possessions du Temple aux chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

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Comme la plupart des recueils de même genre, le Cartulaire de Sommereux est une transcription, sans ordre apparent, des titres de propriété de la commanderie et de ses dépendances : Marendeuil, Saint-Pantaléon, Neuilly-sous-Clermont. Il comprend, à l'exclusion de sept documents ajoutés après coup au XIVe siècle, 166 actes allant de l'année 1140 à 1262. Deux d'entre eux, qui ont échappé aux recherches de Luchaire (3Etudes sur les actes de Louis VII, Paris, 1885, in-4°.), émanent du roi de France Louis VII ; huit, des comtes et comtesses de Clermont ; dix-neuf, des évêques de Beauvais ; quatorze, de ceux d'Amiens, dans le diocèse desquels était comprise la commanderie (66. Sommereux faisait primitivement partie du doyenné de Poix, au diocèse d'Amiens. Ce n'est qu'en 1639 que cette paroisse fut incorporée au doyenné de Grandvilliers et au diocèse de Beauvais. (Cf. Louis Graves, Précis historique du canton de Grandvilliers, p. 68-69, Beauvais, 1840, in-8°).) ; d'autres, d'un archevêque de Reims, d'abbés de Saint-Lucien de Beauvais, de Breteuil, de Saint-Just, de Froidmont et de Lannoy ; d'une abbesse de Saint-Paul-lès-Beauvais ; d'officiaux de Beauvais et d'Amiens, de doyens de Beauvais, Soissons et Breteuil, des chapitres de Saint- Michel de Beauvais et de Notre-Dame de Clermont, d'un grand bouteiller de France, de maires de Beauvais et de La Vacquerie, d'un commandeur de Sommereux, sans compter nombre de chartes de seigneurs du Beauvaisis et de la Picardie : vidâmes de Gerberoy, châtelains de Milly, sires de Belloy, Breteuil, Bulles, Cauffry, Conty, Dargies, Fourcigny, Frétoy, Friancourt, Grossolve, Hermes, Jumel, Lihus, Litz, Moreuil, Mouchy, La Neuville, Pierrefonds, Poix, etc. Dix-sept bulles des papes Innocent III, Innocent IV, Grégoire IX et Alexandre IV, non mentionnées aux Regesta de Potthast, présentent un intérêt particulier.

Nous donnons in extenso (7Sauf pour les bulles pontificales qui ne sont pas restées inédites.) le texte de ces divers documents, en le faisant précéder d'une analyse sommaire, datant les actes en style moderne et substituant l'ordre chronologique à celui adopté par le rédacteur du cartulaire. Des notes éclaireront le texte. Une table, rédigée en collaboration avec M. le Docteur Leblond, facilitera les recherches.

Cet ensemble d'actes, en dehors de l'intérêt qu'il présente au point de vue économique, donne les formes anciennes de plus de quatre-vingt-dix localités du département de l'Oise, quarante et une de la Somme, huit de Seine-et-Oise, huit également de la Seine-Inférieure.

Les listes des témoins ne sont pas moins intéressantes par les indications qu'elles donnent sur les anciens seigneurs de la région et, d'une façon générale, sur l'onomastique des personnes.

Mais c'est surtout à l'histoire du Beauvaisis que notre publication apportera sa contribution, en même temps qu'au Cartulaire général de l'Ordre du Temple, si fâcheusement interrompu à l'année 1151, par la mort du marquis d'Albon. Ce sera surtout la source documentaire, presque unique, de l'histoire d'une des commanderies de Templiers, la plus importante du Nord de la France (8Cette histoire est encore à faire, malgré les quelques pages que Mannier et M. Trudon des Ormes lui ont consacrées.).

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Suivant M. Trudon des Ormes (9Opuscule cité, page 123.), la commanderie de Sommereux fut fondée sous le règne de Louis VII, entre les années 1137 et 1157. Soustan de Fins serait son premier bienfaiteur, par le don d'une terre, dans la paroisse de Saint-Romain (10Voir supra, page 1, note 2, l'analyse de cet acte.), Notre cartulaire permet de fixer d'une façon précise la date de cette fondation (11Pièce n°). C'est en 1150 que Baudouin de Saint-Clair et Robert, son neveu, abandonnèrent aux chevaliers du Temple la moitié de l'autel et de la dîme de Sommereux. Le vicomte Amel ajouta un nouveau huitième de dîme et Enguerran de Béthencourt, conjointement avec Hugues Rabel, son neveu, gratifia la nouvelle commanderie de tout ce qu'il possédait en terres arables, en bois et en hôtes, dans la paroisse, avec des droits de justice.

La maison du Temple de Sommereux, Domus Templi de Somoreus (12Michelet, Procès des Templiers, tome I, page 24.), construite avec d'amples dépendances et une chapelle, à trente kilomètres de Beauvais, devint le chef-lieu d'une baillie ou commanderie du diocèse d'Amiens (13Livre vert (Archives Nationales, S. 5543). Ce n'est, nous l'avons dit précédemment, qu'en 1669 que la paroisse de Sommereux fut incorporée au diocèse de Beauvais.), baillivia de Somereus, dans la baillie de Ponthieu et de Beauvaisis et le ressort du Temple de Paris. Par suite de donations successives, une ferme avec grange, moulin et four banals, près de 300 journaux de terre arable (14Bibliothèque Nationale, manuscrit français 21284.) et 288 journaux de bois, formèrent un beau domaine desservi par le chemin de Grandvilliers et confinant à la ferme de Marendeuil.

Le commandeur, preceptor de Somerues (15Le journal de terre, mesure de Sommereux, était d'une contenance de 48 ares 96 cent.), partageait la seigneurie et les revenus de l'autel avec le seigneur du lieu (16Le chef d'une maison de templiers était qualifié indifféremment dominus, magister, custos domus, preceptor ou provisor. La qualification de preceptor était la plus usitée.). Il jouissait de tous les hôtes, des droits de champart et de terrage, de nombreuses rentes foncières et censuelles, des dîmes et de la justice, dans le ressort de sa seigneurie (17Ce n'est qu'en 1448 que les chevaliers hospitaliers, successeurs des templiers, acquirent la partie de la seigneurie qui leur manquait, avec le fief de Graville, dans la Grande-Rue, de Guillemette de Graville, femme de Jean de Maintrelle, chevalier, seigneur de Salle, en Poitou (Archives Nationales S. 5213).). Il avait près de lui, sous ses ordres, plusieurs frères chevaliers ou sergents, un grangier (18On sait que les templiers formaient trois catégories : les frères chevaliers, les frères sergents et les frères prêtres.), un économe qualifié dispensator, et un frère prêtre, chapelain, qui était en même temps curé de la paroisse (19Il était chargé de l'engrangement des récoltes, des dîmes et des autres redevances, ainsi que de leur garde et de leur vente. Un Anseau occupait ces fonctions en 1294 (Michelet, Procès des templiers, tome I, page 241). Le dernier grangier, en 1307, était Jacques de Rougemont : frère Jacobus de Rubeomonte, grangiarius de Sommereus (Michelet, Procès des templiers, tome I, page 242 et tome II, page324).).

Les commandeurs, dont le cartulaire et quelques autres documents ont conservé les noms, sont les suivants :
1. — 1150-1157. — SIMON LE COQ DU VAL, Simon Gallus de Valle, qualifié dominas domus (de Somereus), dans la charte de Soustan de Pins, attribuant aux Templiers une terre à Saint-Romain (21Hoc donum dedit Sustanus Deo et Templo et Simoni Gallo de Valle, qui tunc erat dominus domus. Il paraît certain que la donation fut faite peu de temps après la fondation de la commanderie (Voir page I, note).).

2. — 1161-1168. — RENIER D'HERONCOURT, de Herecort, custos de Somerues, qui paraît dans les actes, de 1161 à 1168 (22Cartulaire, pièces 7, 8, 12 et 14.). En cette dernière année, il reçoit pour sa maison, une donation de Guillaume, vidame de Gerberoy, sur le cens de Gerberoy. Cet acte suppose que Renier avait la qualité de commandeur.

3. — 1168-1169. — RENIER D'AYENCOURT, Renerus, de Aiancort, désigné comme procurator de Sommereus, dans un acte de 1173 (23Cartulaire, n° 22 : fratre Rainero Aiarcourt domum de Somereus procurante.) et, vers 1180, dans une charte de Gautier Tyrel (24Cartulaire, n° 27.).

4. — 1182-1183. — DREUX DE VAUX, Drogo de Waus, Droco de Vallibus. Il paraît, en 1182, dans un acte de Thibaut, évêque d'Amiens, relatif à Marendeuil (25Cartulaire, n° 28 : Drogone de Waus, procuratore domus de Somereus. Droo de Vaus paraît aussi dans une charte de 1124 (n° 24). Il est probable qu'il s'agit du même personnage.). L'année suivante, il souscrit à deux chartes de Philippe, évêque de Beauvais : l'une, relative au vignoble de Vilers-Saint-Lucien (26Cartulaire, n° 29. S. Droconis de Vallibus, militis templi.) ; l'autre, à une dîme à Froidmont (27Cartulaire, n° 30.).

5. — 1186. — ENGUERRAN, frater Ingerrannus, qualifié procurator domus de Soumereus, dans une charte de Thibaut, évêque d'Amiens, du 11 décembre (28Cartulaire, n° 33.).

6. — 1190 et ante. — ROBERT D'AVELIN, Robertus de Avelin, prcceptor de Soumeroles. En 1190, il souscrit à un acte de Pierre, abbé de Saint-Just (29Cartulaire, n° 35 : S. fratris Roberti d'Avelin, preceptoris de Soumeroles. Assistantibus fratre Roberto de Avelin...).

7. — 1190. — Gui, Guido, qualifié preceptor de Soumereus, dans une charte d'Auvray, abbé de Breteuil(30Cartulaire, n° 37 : Testes... Guido, preceptor de Somereus, per cujus manum hec facta est conventio.).

8. — 1191 et fin XIIe siècle. — JEAN LE BOUGRE, Johannes le Bougre, indiqué comme gardien de Sommereux vers 1191, dans une charte de Sauvalon III de Milly, portant donation d'un metz à Oudeuil (31Cartulaire, n° 38 : Johanne le Bougre custodiente Soumereus.).

9. — 1220. — HUGUES DE CHALONS, Hugo de Chaulons, qualifié preceptor de Soumereus dans un acte du doyen de Beauvais, du mois de juin 1220 (32Cartulaire, n° 77 : per manum fratris Hugonis de Chaalons, tunc preceptoris de Soumereus.).

10. — 1222. — AIMON, frater Aimo, preceptor domus militie Templi de Soumereus qui, en cette année, comparait le 23 juillet, comme témoin, dans une charte de Geoffroy, doyen de Beauvais (33Cartulaire, n° 82.).

11. — 1224. — AYMAR, frater Haimardus, preceptor bajulie domus militie Templi de Soumerues. Il notifie, par acte de février de cette année, rachat d'une rente de vin à Neuilly (34Cartulaire, n° 84.).

12. — 1223. — JEAN GRATE, frater Johannes dictus Grate, qui acquiert en cette année un pré à Hermes (35Cartulaire, n° 99. C'est le dernier nom de commandeur que nous fournit le Cartulaire.).

13. — 1280-1290. — GAUTIER D'ESTE, Galterus de Esta, quondam miles, nunc preceptor dicte domus (de Sommereus), qui figure au Procès des Templiers (36Procès, tome I, pages 245 et 463.). Il fut promu précepteur de Ponthieu (37M. Trudon des Ormes, Opuscule cité, page 127.) et lieutenant du grand maître du Temple de France (38Procès, tome II, page 464.).

14. — 1293-1294. — PIERRE DE BRESLE, qualifié preceptor de Somereus (39 M. Trudon des Ormes, page 127.).

15. — 1294-1291. — ROBERT DE SAINT-JUST ou DE BEAUVAIS, templier prêtre, frater Robertus de Sancto Justo, presbyter. Mentionné au Procès avec le titre de preceptor ballive de Somereus (40Procès, I, 241-242. Baudouin de Saint-Just, ancien commandeur de Ponthieu, déposait le 7 mai 1310 qu'il avait été reçu en 1294, dans la chapelle de Sommereux, par Robert de Saint-Just, son cousin, comme précepteur de la dite maison.), il figure comme partie dans une charte de donation d'Alix, abbesse de Saint-Paul-lès-Beauvais, du 26 août 1297, que nous a signalé M. l'abbé Meister, et où il est qualifié preceptor domorum Templi in bailliva de Sommerosiis, (41Cartulaire n° 167.) ; ce qui suppose qu'il n'était pas seulement commandeur de la maison de Sommereux, mais de toute la baillie.

16. — Vers 1303. — ROBERT LE BRIOYS, frère sergent du Temple, témoin au Procès (42Procès, tome I, page 78. Trudon des Ormes, page 127.).

17. — 1304-1307. — RAOUL DE GISY, Radulphus de Gisiaco, de Gisi, frère sergent, ancien commandeur de Champagne (4343. Procès, tome I, page 78.), puis de Lagny-le-Sec et de Sommereux, preceptor domorum Templi de Latinihaci Sicco et de Somereus, receptor Campanie (4444. Procès, tome I, pages377 et 394. Trudon des Ormes, pages 125 et 127. Comme receveur de Champagne, il percevait les revenus des commanderies de son ressort et les faisait parvenir, deux fois par an, au Temple de Paris (Cf. Léopold Delisle, Opérations financières des Templiers, dans Mémoires de l'Institut, tome XXXIII, 2e partie, page 175).). Sa déposition au procès est particulièrement intéressante par ses révélations sur les pratiques sacrilèges et immorales des Templiers. C'est le dernier frère du Temple commandeur de Sommereux.

Les vastes bâtiments de la commanderie, sous les hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui, à partir de 1312 (4545. On sait que conformément à la décision du concile de Vienne, le pape Clément V, par sa bulle Ad providam Christi, du 2 mai 1312, confirma l'attribution de tous les biens des Templiers aux chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (de Loisne, Bulles de papes pour l'Ordre du Temple, n° 170-172) et par une autre bulle du 16 mai suivant pria le roi Philippe le Bel d'ordonner à ses officiers de mettre l'Ordre des chevaliers hospitaliers en possession des biens qui leur avaient été attribués par le concile (Opuscule cité, n° 173-175).), remplacèrent les Templiers, furent en partie détruits par les Anglais, pendant les guerres du XVe siècle (5646. On lit dans le procès-verbal de la visite prieurale de 1495 : « La maison de la commanderie, près de la dite église, est un grand édifice ancien et en ruyne et n'y a habitation nulle à présent pour la demeure du commandeur » (Archives Nationales, S. 5558, foli 43).6). Réparée d'abord, puis reconstruite au XVIIe siècle (4747. Cf. Mannier, opuscule cité, page 582.), la maison devint un manoir ou petit château servant de résidence au commandeur. Quant à la chapelle qui avait été remaniée au XIVe siècle par le commandeur Jean de Verrines (4848. Commandeur d'Esquennoy et de Sommereux de 1355 à 1389. On lit, dans le procès-verbal de la visite prieurale précitée : « La commanderie de Sommereux, où à l'église parochiale fondée de Saint-Aubin, bien édifiée d'ancienneté par le commandeur de Verrines ».), elle fut épargnée et elle a conservé, en dépit de la reconstruction de la nef, au XVIIe siècle, son abside et son transept, du commencement du XIIIe. On en trouvera une description sommaire dans le Précis statistique du canton de Grandvilliers (4949. L. Graves, Précis statistique du canton de Grandvilliers, pages 68-69, Beauvais, 1840, in-8°.). Une carte, postale l'a reproduite en phototypie.

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La commanderie de Sommereux avait pour « membres » ou annexes :
1° — BROQUIER, Broqueel, Broquell, à l'est du village, sur la gauche du chemin de Grandvilliers à Formerie, à 12 kilomètres de Sommereux. C'était une ferme de 158 mines de terre (5050. La mine = 60 verges de 20 pieds ; le pied = 11 pouces) et un fief jouissant de la haute, moyenne et basse justice, avec le tiers des dîmes (5151. Voir le terrier de la seigneurie de Broquier (Archives Nationales, S. 5215, liasse 17, n° 14.). En 1551, Broquier était affermé annuellement pour 133 écus d'or (5252. Voir le terrier de la seigneurie de Broquier (Archives Nationales, S. 5215, liasse 17, n° 8.).

2° — MARENDEUIL, Marenduel, Marendoil, autre ferme avec bois, à l'est du village de Sommereux. Ce petit domaine fut constitué, de 1169 à 1173, par les libéralités des vidâmes de Gerberoy (5353. Cartulaire, n° 17.), du maire de la Vacquerie (5454. Cartulaire, n° 18.) et du seigneur de Guizancourt (5555. Cartulaire, n° 26.). Le bois fut engagé, vers 1180, au profit des Templiers, par Omond et Martin de Thois (5656. Cartulaire, n° 28 et 33.). Jean d'Hétomesnil compléta, en 1186, celte libéralité, à charge d'un cens de 18 mines de froment (5757. Cartulaire., n° 32.).

En 1373, d'après le « Livre vert », Marendeuil rapportait annuellement 320 francs. En 1468, cette terre était affermée pour 24 muids de grains de ferme (5858. Archives Nationales, S. 5215, n° 11.).

3° — SAINT-PANTALEON DE BEAUVAIS, maison avec chapelle, capella domus templi de Belvaco (5959. Procès des templiers, tome II, page 41.). C'était un ancien prieuré de Saint-Martin-des-Champs, dans la paroisse de la Basse-Œuvre, qui passa, vers 1140, aux Templiers (6060. Ceux-ci s'étaient établis en Beauvaisis dès 1144. Cela résulte d'une charte d'Eudes III, évêque de Beauvais (1137-1144), en faveur de l'abbaye de Beaupré, où figurent comme témoins deux frères du temple, Othon et Gilbert (Bibliothèque Nationale latin 9973, folio 9 r°. (Cartulaire de Beaupré).). L'hôtel, bâti sur le rempart gallo-romain de la cité subsiste encore en partie dans les bâtiments occupés aujourd'hui par la gendarmerie. La chapelle était desservie par un templier prêtre (6161. Notre cartulaire a conservé les noms d'Alexandre, chapelain en 1190 (n° 35) ; Ricard, en 1238 et 1239 (n° 120 et 132) ; Guillaume, en 1245 (n° 142).), qui parfois était chef, provisor, de la maison (6262. Frater Hicardus, provisor domus militie templi Iherosolimilani de Belvaco, 1139 (Cartulaire, n° 133).). On y voyait, avant la Révolution, les tombes de plusieurs commandeurs de Sommereux, celles notamment de Lancelot dit Poule ou de Poule (6363. Commandeur de Laigneville et de Sommereux, de 1363 à 1373. Cette tombe portait l'inscription suivante : « Cy gist fr. Lancelot dict Poule chevalier de Saint Jehan de Jérusalem commandeur de Leigneville de Sussoy de Somereus et de céans quy trespassat lan mil trois cents quatre vint et deus. ») et de Jean Perrin (6464. Commandeur de Martine et de Sommereux (1448-1469). Sa tombe portait l'inscription ; « Cy gist fr. Jehan Perrin chevalier de Saint Jehan de Jérusalem commandeur de Martigne et de Somereus quy decedat lan mil-quatre cens quatre vint et neuf. » (Graves, Précis statistique sur le canton de Beauvais, p. 119).). Elle possédait également, d'ancienne date, des reliquaires précieux, contenant des reliques, de saint Pantaléon et un os du bras de saint Marc. Dix-sept maisons, bordant la rue Saint-Pantaléon, dépendaient de la commanderie (6565. On en trouvera la liste dans l'ouvrage de Mannier, p. 583- 584. Ces maisons donnèrent souvent lieu à des contestations.). Elle en possédait également rue des Jacobins, du Poivre-Bouilli, du Cellier-Saint-Ladre, de la Porte-de-Bresle, de Saint-André, etc., (6666. Cartulaire, n° 124.), le tréfonds de la maison de Richard Lasne (6767. Cartulaire, n° 77.), plus une rente sur le moulin de Troissereux (6368. Cartulaire, n° 24.), des cens sur diverses maisons, en la Taillerie et la Poterie (6969. Cartulaire, n° 77.), sur celle de Philippe de Beaulévrier (7070. Cartulaire, n° 102 et 108.) et sur d'autres, dans les rues Saint-Laurent, Saint-Symphorien et Beaudéduit (7171. Cartulaire, n° 124.), une censive et une maison sur la place Saint-Michel (7272. Cartulaire, n° 167.), une autre à Tillart (7373. Cartulaire n° 67 et 89.), un vignoble à Marissel (7474. Archives Nationales, S. 5217, lasse 43, n° 4.), une prairie et des terre à Miauroy (7575. Archives Nationales, liasse 44. En 1548, Saint-Pantaléon possédait à Beauvais 27 maisons, tant, en pleine propriété qu'en rentes censuelles, une, derrière l'hôtel de Saint-Panthaléon, sur le ruisseau du Merdenson ; une, dans la rue menant de la porte du Châtel à l'église Saint-Sauveur ; une, près de cette église ; d'autres, rue du Poivre-Bouilli, du Châtel, de la Porte-de-Bresles et des Frères-Mineurs ; devant le pont de la Garance et la Boucherie.). Par concession du roi de France, Louis VII, les templiers jouissaient d'une poterne percée, vers 1140, dans le mur de la Cité et leur permettant d'accéder avec facilité à leur maison (7676. Cartulaire, n° 2. Des vestiges des murs de la Cité subsistent encore aujourd'hui. (Docteur Leblond, La topographie romaine de Beauvais, avec plans ; Paris, 1915).). Ils devaient à la générosité des évêques de Beauvais le Metz-l'Evêque (7777. Cartulaire, n° 1. L'ancien hôtel de Saint-Pantaléon présente encore des restes importants du XVIIe siècle.) et la confirmation de nombreuses donations (7878. Cartulaire, n° 6, 8, 9, 10, 11, 13, 16, 19, 25, 41, 45, 56.). Les comtes de Clermont, à leur tour, les avaient exemptés de la dîme (7979. Cartulaire, n° 4.), en se signalant par plusieurs libéralités (8080. Cartulaire, n° 5, 15, 26, 48, 50, 60, 72.), et les papes leur avaient accordé de nombreux privilèges (8181. Cartulaire, n° 44, 65, 66, 141, 142, 149, 155, 156, 157, 158, 159, 161, 163.).

Les arrentements des maisons et des jardins rapportaient 60 livres parisis à la fin du XIIe siècle et 76 livres 9 sols parisis en 1373 (8282. Livre vert (Archives Nationales, S. 5543).). La commanderie jouissait aussi d'une maison à Oudeuil, de cens et de renies à Neuilly-sous-Clermont, d'une rente de 4 muids de grains sur la ferme de Mauregard, qu'acquittait l'abbé de Froidmont (8383 Cartulaire, n° 12, (Archives Nationales, S 5217, liasse 47, n° 4)), de divers droits à Méru, Milly, Savignies, Caigneux, Villers-Saint-Lucien et des revenus d'une prébende dans la collégiale de Saint-Michel de Beauvais (8484. Livre vert.).

4° — MORLAINE, villa de Moslanis, Moullaines, Morlens, Morlaine-le-Temple, dans la paroisse de Tillé. Petite propriété avec terres arables, moulin, pressoir, colombier, bois, prés et chapelle dans la cour de la ferme, capella domus Templi de Movlenis (8585. Procès des Templiers, II, 65.), Morlaine fut dénommée « la Ferme de l'Hôpital », après son attribution aux chevaliers hospitaliers (8686. « La maison et hostel seigneurial de Morlaines-l'Hospital, consistant en maisons manables, granges, estables, bergeryes, pressoires, coulombier, ensemble toutes les dictes estables du dict lieu, les jardins, patiz, les prés de Fontenelles, le boys près ledict hostel, pour y prendre par chacun an des eschallatz jusques à demy arpent. » (Archives Nationales, S. 5217, liasse 49, n° 10).).

De Morlaine, dont le chef portait lui-même le titre de comandeur, preceptor domus de Morlens (8787.Procès, II 48. - Le Cartulaire, n° 35, a consacré le nom d'un commandeur : Gautier, en 1190 : S. fratris Galteri, preceptoris de Modlanis.) et jouissait de toute justice et seigneurie dans son ressort, dépendaient des terres et une vigne, à Champigneulles ; des terres à Fouquerolles, Fontenelles et Bruneval ; la dîme de Bresle ; des renies à Friancourt et dans diverses paroisses des environs de Tillé.

En 1373 (8888. Livres vert, folio XIX.), la ferme comprenait deux charruées de terre avec moulin et onze journaux de terre à labour, le tout affermé pour douze muids de grains, moitié blé, moitié avoine. La dîme de Bresle rapportait 40 muids de grains. La commanderie jouissait en outre de 9 muids de blé à Laversines et des rentes que lui servaient l'abbesse de Saint-Paul et l'abbé de Froidmont, soit en fout : 29 muids, 5 mines de blé, à 20 sols le muid ; 18 muids d'avoine, 4 de pois, 36 chapons à 14 sols Menus cens à Morlaine : 10 livres. Menus cens à Hermes :


28 sols ; deux chapons à Caigneux. Cens à Caigneux, Laversines et Bulles : 34 sols ; 8 arpents de vignes à Bresle et une grande maison à Rochy. Le tout, d'un rapport annuel de 72 livres 8 sols parisis. (8989. En 1522 Morlaine était affermée pour 80 muids de grains, deux tiers blés et un tiers avoine. (Bail passé, le 22 juin 1522, par Robert d'Asche, commandeur de Sommereux). En 1568 elle était sous-louée pour 73 muids de grains et 282 livres 10 Sols (Archives nationales, S. 5217, liasse 49, n° 10). Le moulin détruit au XVe siècle avait été reconstruit par le commandeur Jean Perrin, pour la somme de 200 francs. En 1513, Morlaine était affermée moyennant 8 mines de grains (S. 5218, liasse 53, n° 7). En 1757, la ferme de Morlaine et la maison de Saint-Pantaléon étaient affermés pour 3.000 livres. (Mannier, opuscule cité, p. 585).).

5° — NEUILLY-SOUS-CLERMONT. Les Templiers de Sommereux y possédaient une maison : domus de Nulliaco, de Nulhiaco (9090. Procès, I, 519.), dite l'« Hôpital de Neuilly » (9191. « L'ospital de Nully soubz Clermont en Beauvoysin » (Cartulaire., n° 172).), dont le chef était lui-même qualifié commandeur. Une chapelle, capella domus Templi de Nuylhi (9292. Procès, II, 116.), en dépendait, avec une trentaine d'arpents de terre, par donation de Mathieu de Hermes ; une grange, un moulin (9393. Le moulin, en 1513, était affermé pour 8 mines de grains. (S. 5218, liasse 53, n° 7).), un pressoir (9494. Cartulaire, n° 35.), neuf fiefs, avec les droits de justice et d'afforage (9595. Archives Nationales, S. 5218.). La comtesse de Blois et de Clermont confirma en 1203 (9696. Cartulaire, n° 49.) la donation faite par Eudes d'Angivillers de tout ce qu'il possédait dans la paroisse et, en 1217, Guillaume de Béronne ajouta la moitié de sa terre (9797. Cartulaire, n° 69.). En 1224, les Templiers purent acquérir en plus une rente de trois muids de vin (9898. Cartulaire, n° 84.) ; plus tard, des rentes censuelles à Rotheleux, Lierval, Béthencourt, Canettecourt (9999. S. 5218, liasse 52, n° 39.), Catenoy et Rieux (100100. S. 5218, liasse 55, n° 16.).

Les bâtiments de la commanderie ne manquaient pas d'importance. Incendiés, en 1370, par les Anglais, Jean Perrin, commandeur de Sommereux (1448-1489), fit démolir la partie ruinée et répara, au prix de 200 livres, le reste des constructions. La commanderie fut reconstruite plus tard, au XVIe siècle ; mais la chapelle du XIVe fut conservée. Telle qu'elle se présente aujourd'hui dans la grande rue du village, elle se compose de trois parties :
1° La logette, percée de fenêtres à meneaux et servant de maison d'habitation ;

2° La chapelle gothique, avec deux grandes baies ajoutées au XVe siècle, comportant une partie basse qui sert d'écurie et une autre à laquelle on accède de plein pied et qui est habitée (101101. Le tout sert à une exploitation agricole et est dans un état lamentable.). On y remarque une fresque représentant la bénédiction de la Vierge ; mais il est fâcheux qu'une cheminée construite après coup soit venue couper la scène et cacher le Christ bénissant.

3° La commanderie proprement dite, manoir sur plan rectangulaire, comprenant deux étages sur caves, auxquels on accède par un bel escalier. La façade est ornée de pilastres et la toiture en tuiles est percée de trois lucarnes monumentales rectangulaires, à meneaux et frontons ornementés. La pièce qui sert actuellement de cuisine possède un plafond intéressant. Le tout constitue un assez bon échantillon de l'architecture civile du XVIe siècle, qui vient d'être classé comme monument historique (102102 Voir Enlart, Manuel d'archéologie, p. 12, note 7.
Dr René Parmentier, Description de la Commanderie de Neuilly-sous-Clermont et des peintures de sa chapelle. (Mémoires de la Société historique et archéologie de Clermont, t. I, p. 62-80, Clermont, 1904, in-8°).
La notice 1 2 3 4 5 6 est accompagnée de cinq planches en phototypies :
1° Entrée et façade sud.
— 2° Fresque de la chapelle.
— 3° Vue de la cour intérieure.
— 4° Grande lucarne de la commanderie.
— 5° Vue intérieure rie l'escalier, palier du 2e étage.
Abbé Bulard, Monuments de Neuilly-sous-Clermont, dans Bulletin de la Commission archéologique du Diocèse de Beauvais, I. I, p. 123.
Sur la foi d'une pierre encastrée à l'intérieur et qui porte la date : 1645, avec l'inscription : Fs de Berthaucourt, l'auteur date la commanderie de l'année précitée, François de Berthaucourt ayant été en fonction, comme commandeur de Sommereux, de 1642 à 1675.
Le style très pur du monument indique, sans qu'on puisse s'y méprendre, qu'il a été construit au XVIe siècle et que la pierre responsable de l'erreur a été placée après coup.
).

A Clermont, les Templiers avaient aussi une maison, une vigne (103103. Cartulaire, n° 25.) et un cellier. Par donations du comte de Clermont (104104. Cartulaire, n° 15 et 16.), de l'évêque de Beauvais (105105. Ibidem, n° 6, 16 et 57.), de la dame de Mouchy (106106. Ibidem, n° 23, 53, 54 et 55.), ils jouissaient des annales ou vacants des prébendes de Saint-Arnoul, de Saint-Evremond de Creil et de Notre-Dame-de-Mouchy (107107. En 1373, le « Livre vert » estimait annuellement à 4 livres les annates de Saint-Arnoul, à 3 francs celles de Saint-Evremond et à 12 livres, celles de Notre-Dame de Mouchy.), Ils possédaient aussi dans la ville de Clermont un fief nommé les Cinq-Cheminées, diverses tenures dues à la libéralité de Roger Langlois et de sa femme (108108. Cartulaire, n° 154.), des rentes foncières, des censives et des hôtes. Le commandeur de Neuilly, était en même temps chef de la maison de Clermont.

3° — La maison de Gandicourt, à Belle-Eglise. En 1373, d'après le « Livre vert », Neuilly et Gandicourt rapportaient à la commanderie de Sommereux annuellement 70 livres parisis, pour 21 arpents de terre à labour, 5 journaux et demi de vignes, 9 muids de vin de vinage, 6 muids de grains de rente, 6 journaux de prés et 3 d'aulnaies.

Au XVIIe siècle, Gandicourt fut détaché de la commanderie de Sommereux, pour être rattaché à Ivry-le-Temple. Aux possessions qui précèdent et qui étaient déjà pour la commanderie une source de gros revenus, il faut ajouter des terres à Angivillers, Airion, Gerberoy, Caigneux, Cauffry, Cinqueux, Nivillers, Méru, Poix, Bongenoult, Bresle, Creil, Oudeuil, Pouquerolles, Saint-Romain, Villers-Saint-Paul, etc., un pré à Hermes, une vigne à Jumel, des dîmes à Villers, Suzoy, Nointel, Laversines, Auneuil, Thieulloy-Saint-Antoine, Dargies, Priencourt, Dameraucourt, Ménantissart, etc. ; des moulins et des hôtes dans diverses paroisses ; des rentes à Ronquerolles, Rotheleu, Gerberoy, Airion, Bulles, Courlieu, Poix ; des cens et droits de champart à Caillouël, Cauffry, Sénécourt et Laversines. On trouvera dans le Cartulaire les anciens titres de ces diverses possessions (109109. Les dépendances de Moreuil et de Bonneuil furent jointes à la commanderie d'Esquennoy. (Archives Nationales, S 5215, liasse 9, n° 3. — S. 5216, liasse 21, n° 5 et 7). Celle-ci fut incorporée un peu plus tard, comme annexe, à la baillie de Sommereux (S. 5216, liasse 21, n° 1), qui prit le vocable de Saint-Barnabé.).

* * *



Il n'est pas sans intérêt, au point de vue économique, de constater quels ont été, à partir de sa dévolution aux chevaliers hospitaliers, les revenus de la baillie de Sommereux.

Lorsque, par ordre du pape Grégoire XI, on dressa, en 1373, un état des possessions et revenus dont jouissaient les diverses commanderies de France, Sommereux avait 390 journaux de terre, un moulin à vent affermé annuellement pour une redevance de 12 muids (110110. Le muid de Sommereux valait 12 mines et équivalait à 6 hectolitres 48 cent.) de blé ; un four banal affermé de même pour 6 livres parisis ; 36 livres parisis de cens et diverses dîmes ; 4 muids 5 mines de rentes de grains ; des redevances de laines et des herbages, estimées ensemble 215 livres ; plus 320 chapons. Les revenus totaux de la baillie et de ses annexes s'élevaient à 474 livres 17 sols parisis, soit 588 livres 11 sols 3 deniers tournois. Les charges annuelles étaient estimées à 380 livres 12 sols 4 deniers parisis. (111111. Les charges annuelles se décomposent ainsi : Chapelain de Saint-Pantaléon C sols. Son clerc VIII livres. Frais du Commandeur « pour son estat » XL livres. Pour son valet X livres. Pour réparations aux immeubles XL livres. Pour soutenir procès en parlement XX sols. (Livre vert, f° XVIII verso).).

Après les guerres du XVe siècle, les revenus descendirent à 366 livres, en 1495. En 1580, ils remontèrent à 5.400 livres ; en 1653, à 8.000 livres, pour atteindre 10.000 livres en 1708 ; 21.385 livres en 1757 et enfin 42.954 livres, en 1783 (112112. Mannier, Opuscule cité, p. 590. Archives Nationales, fonds de Sommereux, passim.">112). C'était, on le voit, un beau bénéfice pour les chevaliers de Malte.
Sources: Le Comte de Loisne, Cartulaire de la Commanderie de Sommereux. Paris, Beauvais 1924

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