différents Cartulaires   Les différents Cartulaires   différents Cartulaires

Les cartulaires de certaines commanderies de france

I. — La formation du domaine
I — La formation du domaine   II — Le personnel des Maisons   III — l'Exploiration des Biens   IV — Les Litiges   V — Les actes

Les premiers établissements
Les donations et les legs
Les achats
Le retrait féodal
Les échanges
Les successions en déshérence

L'importance du domaine
Evêché d'Antibes-Grasse
Evêché de Nice
Evêché de Vence
Evêché de Glandèves

 
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Les premiers établissements
Les Templiers paraissent tout d'abord à Nice, en décembre 1193, comme acquéreurs de certains biens appartenant à Pierre Riquier et contigus à la « maison du Var » (2).

Nous les trouvons ensuite à Grasse où, par acte du 20 mai 1201, Astrugue, veuve de Raimond Bertrand, reconnaît leur avoir vendu tout ce que son mari lui avait donné ou laissé.

Les biens de Pierre Riquier et de feu Raimond Bertrand constituèrent sans doute les possessions fondamentales du Temple dans notre région: on les remit en effet à de simples frères qui, selon toute apparence, ne les reçurent point au nom d'une Commanderie locale (3).

C'est le 10 juillet 1202 seulement qu'un représentant de la maison de Nice (Guillaume Geoffroi « del Muoil ») figure dans une charte sous le titre de commandeur: il procède à un échange de biens avec l'abbé de Saint-Pons (4).

Le second commandeur connu de cette maison (Raimond « de Pamias ») fut chargé par les consuls de Nice, le 3 décembre 1205, d'assurer pendant un an, avec son collègue de l'Hôpital, la garde d'une tour du château (5).

Rien ne permet de préciser l'époque à laquelle la maison de Grasse devint à son tour le siège d'une Commanderie. Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'un commandeur (Olivier Audier) était titulaire de ce siège à la date du 23 avril 1208 (6).

Un an plus tard, dans les derniers jours de mars 1209, un événement capital marque l'installation du Temple dans les Alpes-Maritimes: le comte de Provence lui-même donne à l'Ordre l'ensemble des droits qu'il a sur le "castrum", la villa et le territoire de Biot, mettant ainsi à sa discrétion un pouvoir quasi souverain sur la plus grande partie du bassin de la Brague, aux portes mêmes de la vieille cité épiscopale d'Antibes (7). Les Templiers ne tarderont pas à fonder là une maison qui leur fournira d'excellents revenus.

Très important aussi, pour l'histoire locale de l'Ordre, est l'acte du 5 juillet 1211 par lequel Bertrand II, évêque d'Antibes, autorise le commandeur de Grasse à faire construire une église et un cimetière dans cette ville, sous réserve, il est vrai, de 1/3 de certains bénéfices que l'église en question pourra obtenir (8).

Enfin le Temple, à des dates indéterminées, mais postérieures, croyons-nous, à celles que nous venons d'indiquer, prit pied dans les diocèses de Vence (9) et de Glandèves (10). Il y créa plusieurs centres d'activité parmi lesquels nous nous contenterons de mentionner ici: Vence, Le Broc, Rigaud, Annot, Touët-sur-Var et Les Mujouls.

Cette activité consista tout d'abord, là comme ailleurs, à recueillir, par voie de mutations (donations, legs, ventes, etc.), le plus grand nombre possible de biens meubles et immeubles.

1. Cette étude, extraite d'un travail plus étendu sur « Les Templiers en Provence », a été faite principalement d'après les sources manuscrites suivantes
Archives des Alpes-Maritimes: série G, nº 192; série H, nos 516, 1507-1513, 1515.
— Archives des Bouches-du-Rhône: série B, nº8 151. 153, 154, 389, 433; série H(OT), nos 28. 103. 106-113, 121-123, 153; sér. H(OM) nº 793.
— Bibliothèque de la Ville d'Aix (Méjanes): manuscrit 1042.
— Archives municipale de Marseille: registre Cotaron (1 acte publié par R. Aubenas, Documents notariés provençaux du XIIIe siècle).
— Bibliothèque nationale: Nouvelles acquisitions latines, ms, nº 11 (Collection d'Albon).
— Pour les sources imprimées, nous citerons seulement ici: Albon (marquis d'), Cartulaire du Temple.
— LéONARD, Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple du marquis d'Albon.
— Durbec (J.-A.), Monographie de Biot. La 1ere partie, « Antiquité) et Moyen-Age », qui vient de paraître (t. VII, 1935, des Annales Société scientifique et littéraire de Cannes), contient un chapitre où se trouvent analysés et discutés ou transcrits tous les actes relatifs à la Maison de Biot.

2. La « Maison du Var » des Hospitaliers, à notre avis. Installé sur les bords du Var depuis 1164 (Archives-Bouches-du-Rhône, H(OM) 764; Delaville-Leroux, Cartulaire général des Hospitaliers, t. 1, nº 334), l'Hôpital avait arrondi, en effet, en décembre 1185, grâce à la générosité des consuls de Nice, les biens qu'il possédait à cet endroit (Archives-Bouches-du-Rhône), H(OM) 784, copie ; Delaville-Leroux, opuscule cité, nº 765).
Rien ne nous permet de retenir le témoignage des auteurs qui font remonter à l'année 1135 l'arrivée des Templiers à Nice:
P. Gioffredo, Nicea Civitas, p. 166;
Gallia Christiana, t. 3, col, 1279;
Prutz, Entwiclfelung und Untergang des Tempelherrenordens, page 19;
Raynaud, Les Templiers dans les Alpes-Maritimes (Nice historique, 1912, page 7, et suivantes).
Gioffredo dit: « Hoc tempore equites Templarii et Sancti Joannis Hierosolimitani, quorum ordo non multis ante annis fuerit a Sede Pontificia approbatus, in civitate Niciensi multis bonis donati sunt praecipue a Petro episcopo, accipiente Arnaldo equitum Sancti Joannis legato sub anno 1135 ».
Il a sans doute confondu (et beaucoup d'autres avec lui) le Temple et l'Hôpital, en faisant état d'un acte de 1135 qui intéresse ce seul dernier Ordre et que Cais de Pierlas a publié dans le Cartulaire de l'ancienne Cathédrale de Nice (nº 34, page 45): « Petrus Niciensis ecclesie episcopus... dédit Arnaldo legato et sequacibus suis ad onorem Dei et Iherosolimitani Ospitalis, terram sicuri uterque angulus procedit Niciensis Hospitalis usque ad domum Raymundi de Pella... »
J. Raybaud (Histoire des Grands Prieurs de Saint-Gilles, t. I, page 49), signale, de son côté, l'acte de 1135, mais sans faire mention du Temple.
Durante (Histoire de Nice, page 137), parle cependant d'une charte de 1154, d'après laquelle les Templiers auraient eu une maison près de la rue Saleya et deux autres établissements (Voir aussi Raynaud, opuscule cité ?). Et l'on sait, d'autre part, que le grand maître de l'Ordre, Hugues Geoffroi, signa à Nice, en 1176, le traité conclu par les consuls de cette ville avec le comte de Provence (Raynaud, opuscule cité). Mais on ne peut tirer aucune certitude de tout cela.

3. Les biens des bords du Var furent payés 1300 sous génois, ceux de Grasse 2500 sous royaux et raymondins. Ils devaient donc être assez importants. Raimond Bertrand avait été, au XIIe siècle, l'un des personnages les plus en vue de Grasse. On peut l'identifier avec le premier consul connu de cette ville (1155) (Gauthier-Ziegler), Histoire de Grasse, page 367).

4. Cet acte n'est pas au Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Pons (Ed. Cais de Pierlas).

5. « ...Willelmus Raibaudus, Milo Badatus, Stephanus Badatus et Willelmus Bermundus. consules Nicie, volentes paci civitatis Nicie providere, tradiderunt ad custodiendum turrim Bertrandi Desa et Petri Audebrandi R. de Pamias, comendatori domus milicie Templi, et Perilloni, priori de Provincia, necnon et Johanni de Fita, comendatori domus Hospitalis de jherusalem, tali pacto quod nulli persone debent ipsam turrim de castello redere nisi ipsis quatuor durante ipsorum consulatu... »

6. Il acheta les biens de G. de Clermont.

7. Doublet, Actes des évêques d'Antibes, page 174 (fragments);
— benoit (F.), actes des comtes de Barcelone, page 79 (fragments);
— Durbec (J.-A.), Monographie de Biot, page 166 (texte intégral et facsimilé).
8. Doublet, opuscule cité, page 178.

9. Il ne sera pas question des possessions du Temple dans le diocèse de Vence avant 1251. Un acte de 1285 fait cependant allusion aux droits pour le moins quinquagénaires de l'Ordre dans le « castrum » du Broc.

10. La maison de Rigaud est mentionnée pour la première fois le 13 avril 1269.
 
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Les donations et les legs
Parmi les donations qui figurent au cartulaire du Temple, nous distinguons, grosso modo: d'une part les donations simples qui ne comportaient aucune réserve importante, sauf, en certains cas, celle de l'usufruit (1) ; et, d'autre part, les donations conditionnelles qui n'étaient valables qu'autant que leurs auteurs étaient admis dans une maison de l'Ordre comme membres donateurs (2).

Toutes deux procédaient, apparemment, d'une intention pieuse. Cette intention se manifestait tantôt par des formules générales sur lesquelles il est inutile d'insister (pro salute anime mee, in redemptione peccatorum meorum, etc...), tantôt par des voeux particuliers tels que fondations de messe ou élections de sépulture: Etienne de Sartoux, par exemple, réclame pour lui et sa femme, le 17 octobre 1267, une messe anniversairè de 12 prêtres et une flamme éternelle, pendant la nuit, devant l'autel de saint Biaise, en l'église Saint-Jacques de Grasse (3).

Mais il arrivait aussi que la donation fût motivée par un tout autre sentiment: Geoffroi de la Penne donne ses biens au Temple en reconnaissance des bienfaits qu'il a reçus, qu'il reçoit et qu'il espère encore recevoir de la maison de Biot (26 octobre 1288).

Les maisons du Temple de nos régions étaient largement ouvertes à toute personne bien dotée, quelle qu'elle fût: on voit le commandeur y accueillir un enfant mineur présenté par son père (1er octobre 1206), une femme de Villeneuve désireuse de partager la vie des frères de Biot (14 août 1252), un moine transfuge du monastère de Valbonne qui lui apporte des biens ecclésiastiques (28 décembre 1298), et, enfin, plusieurs donateurs qui continueront à « posséder et tenir » leurs terres (dernier acte en date: 23 avril 1301).

Quant aux legs en faveur de l'Ordre, ils étaient infiniment moins nombreux que les donations. Nous dirons ailleurs pourquoi. Contentons-nous de retenir ici que le cartulaire de Grasse ne contient qu'um seul testament original (son auteur, Guillaume Chabert, de Biot, fait élection de sépulture dans le cimetière du Temple, à Grasse; il laisse ses biens, en'échange, aux frères de cette ville: 9 août 1246). Un acte déjà mentionné nous révèle en outre qu'Etienne de Sartoux annula par donation, le 10 octobre 1267, un legs qu'il avait fait au commandeur de Grasse quelques années plus tôt (4) 1. Actes des Ier octobre 1206; 25-31 mars 1209; 26 octobre 1211; 14 mars 1212-1213; 10 août 1213; 7 janvier 1214-1215; 18 octobre 1267 ; 26 octobre 1288; 15 juin 1293; 28 avril 1300; XIIIe siècle (s. d.).

2. Actes des 1er octobre 1206; 21 avril 1240; 14 août 1252; 8 juin 1263; 20 décembre 1283; 28 décembre 1298; 23 avril 1301.

3. Le zèle du peuple était stimulé, on le sait, par la parole de l'Ecriture sainte « sicut aqua extinguit ignem, ita elemosina extinguit peccatum... » et par les indulgences que le Pape avait accordées de bonne heure aux bienfaiteurs du Temple.

4. Par une donation au profit de ce même commandeur, naturellement.
 
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Les achats (1)
La plupart des tenanciers de Biot allaient offrir au commandeur, directement, les biens qu'ils voulaient vendre. Il est donc vraisemblable, malgré le silence des actes sur ce point, que les mutations de certains de ces biens devaient être soumises par avance au contrôle de l'Ordre. On ne saurait admettre, en effet, que presque toutes les tenures du riche bassin de la Brague aient pu être vendues à la maison de ce lieu — et rien qu'à elle — dans des circonstances purement fortuites. Nous pensons d'ailleurs qu'étant assuré de recueillir ainsi, ou par retrait (en cas d'aliénations directes) les propriétés qu'il désirait incorporer à son domaine utile, le commandeur usa des moyens dont il disposait pour amener les hommes placés sous sa haute seigneurie, quels qu'ils fussent, à se défaire de leurs biens (2).

Dans les autres localités, les droits du Temple étaient moindres, ses opérations, moins aisées. Sans doute, des tenanciers peu favorisés pouvaient-ils chercher à devenir ses clients ; ils y avaient quelque avantage: la garantie — à bon compte croyons-nous — d'une situation stable. Mais le commandeur n'avait pas uniquement à acquérir là, comme à Biot, le seul domaine utile de biens dont l'Ordre avait déjà la directe et la seigneurie. Il fallait encore, lorsque ses vendeurs étaient de simples propriétaires, que les mutations fussent homologuées par ceux dont les terres dépendaient. A la vérité, les actes de ventes qui nous sont parvenus (en dehors de Biot) ne nous donnent sur ces points que de faibles indications. Le dominium y est presque toujours aliéné avec la terre. Mais l'Ordre qui, nous le verrons, réussit à acquérir plusieurs centaines de biens dans les seuls diocèses de Vence et de Glandèves, eut sûrement à traiter avec des tenanciers de toutes catégories.

1. Liste des actes de ventes isolés et originaux parvenus jusqu'à nous: mai 1193; 20 mai 1201 ; 10 juillet 1202 ; 20 janvier 1212-1213; 9 mars 1212-1213; 27 mai 1213; 10 septembre 1214; 20 octobre 1218; 1er décembre 1219; 23 mars 1225-1216; 14 août 1233; 4 mars 1235-1236; 14 avril 1235; 31 juillet 1235; 16 mai 1237; 12 novembre 1237; 9 avril 1240; 17 septembre 1240; 12 novembre 1240 ; 2 juin 1241 ; 16 janvier 1247; 11 juillet 1258; 18 juillet 1259; 19 juillet 1277.

1. Durbec, opuscule cité, page 174, 183, et suivantes.
 
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Le retrait féodal
Les tenanciers du Temple qui pouvaient disposer directement de leurs biens étaient obligés d'avertir le commandeur après coup, selon le droit, qu'ils avaient aliéné tel ou tel immeuble, sous telles conditions, à telle personne (1). Le commandeur investissait alors l'acheteur en prélevant un droit de mutation (2), à moins qu'il ne préférât se substituer à lui par voie de retrait. C'est ce qui se produisit à Biot, en 1233: Raimond de Biot ayant vendu à Bertrand II, évêque d'Antibes, le 15 octobre 1227, un des « affars » les plus importants de Biot, le commandeur, Bernard « de Cambolamo », imposa à ce dernier la revente à son profit de l'« affar » en question; et l'évêque, simple vassal de l'Ordre, dut s'exécuter (14 avril 1233) (3).

1. Durbec, opuscule cité, page 182.
2. Actes des 27 octobre 1246 ; 24 avril 1251; 13 août 1288.
3. Doublet, opuscule cité, page 227 et 252. — Durbec, opuscule cité, page 181.
 
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Les échanges
Pour agrandir leur domaine, ou plutôt pour l'arrondir, les Templiers n'hésitaient pas, au surplus, à recourir à l'échange, et cela aussi lorsque les terres à échanger ne se trouvaient pas dans le même groupe de maisons (acte du 18 décembre 1292). Qu'importait à l'Ordre que telle maison s'enrichît aux dépens d'une autre. L'essentiel, pour lui, était que ses propriétés fussent bonnes et bien homogènes.  
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Les successions en déshérence
Enfin, le Temple exerça dans le diocèse de Glandèves, à partir de 1280 environ, notamment à Rigaud et à Touët-sur-Var, un droit de déshérence sur certains biens dont les tenanciers venaient à mourir sans laisser d'enfants légitimes (1).

Tels furent les principaux moyens par lesquels le Temple arriva à se constituer ou à revaloriser un domaine dont nous allons essayer, maintenant, de définir l'importance.

1. D'après les déclarations faites par les anciens bailes de l'Ordre dans ces deux localités, en 1308, aux officiers de la Cour de Puget. Nous reviendrons sur ce point dans le chapitre réservé à l'étude des biens.  
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L'importance du domaine — Evêché d'Antibes-Grasse
La seigneurie de Biot s'étendait, en 1209, sur d'innombrables tenures appartenant à des hommes de toutes conditions (1). Le Temple se hâta de racheter le domaine utile de ces tenures qui, plus ou moins rédimées, ne devaient pas lui rapporter grand chose. Il se constitua ainsi une propriété d'un seul tenant qui comprenait, au XIVe siècle, la presque totalité de son domaine éminent (de 1200 à 1500 hectares, croyons-nous).

A défaut de seigneurie, l'Ordre disposait à Grasse d'une église et d'un cimetière qui ne pouvaient manquer de lui apporter toutes sortes de revenus. Comme il se livrait là, d'autre part, à de nombreuses acquisitions à titre onéreux, nous ne devons pas nous étonner de lui trouver des biens dans la plupart des quartiers, « infra et extra muros »: à la Vieille Boucherie, à la Place Saint-Martin, aux Ribes, à la Marigarde, à Saint-Jacques (au sud de la ville), aux Plans, et jusqu'au passage de la Brague, au lieu dit « las bonas horas... » Le nombre des services que les frères tiraient de ces biens s'élevait à une centaine.

Il ne semble pas que le Temple ait eu des possessions notables dans les autres localités du diocèse de Grasse. Nous ne pouvons lui attribuer, en tout, qu'une dizaine de terres dans trois pays: à Plascassier (acte du 27 mai 1213), à Gourdon (reconnaissance de R. Paul le 11 (?) octobre 1285) et à Châteauneuf (inventaire du 24 janvier 1308).

On ne doit pas cependant considérer ce témoignage comme exclusif. Les procès-verbaux de saisie des biens de Grasse et de Biot ont peut-être été amputés des déclarations faites dans les centres moins importants. Mais cela nous étonnerait: il en subsisterait sans doute quelque autre trace.

1. Durbec, opuscule cité, page 164.  
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Evêché de Nice
Nous n'avons sur cet évêché, et sur Nice en particulier, qu'une documentation très fragmentaire. Les textes relatifs à la saisie des biens que l'Ordre y possédait ne se trouvent, à notre connaissance, ni à Nice, ni à Marseille, ni à Paris (dans les collections publiques qui sont connues du moins). Cette lacune pourra-t-elle jamais être comblée ? (1).

On peut affirmer cependant, sur la foi des seuls documents parvenus jusqu'à nous, que l'Ordre possédait des biens dans la plupart des quartiers extérieurs de Nice:
Sur les bords du Var (au lieu dit « Alba Lanna » ou « Alba Sanna », Sainte-Marguerite);
Le long du Paillon (ad Palonem);
A Caucade (in Cavalcadis);
A Lympia (Lempeda);
A Longchamp (in Campo Longo);
A « Font Gairaut »;
Au Puy-Saimt-Martin (près de Saint-Pons), « ad Cremat », « ad Bucam Nigram », « in Aura »... Sa maison était parfois designee sous le terme de Cavalaria (actum ad Cavalariarn).

Nous tenons par contre des renseignements précis sur les possessions du Temple comprises dans le diocèse de Nice mais dépendant, administrativement, de la Cour de Puget-Théniers. Ces possessions se trouvaient à Touët-sur-Var (38 services);
A Saint-Dalmas-le-Selvage (23 services);
A Tournefort (15 services); à Villars (3 services);
A Saint-Sauveur (1 service) et,
A Saint-Etienne (I service) (2), en tout 81 services.


1. Il n'existe, en effet, aucune trace de ces documents dans les liasses des fonds de la série H à Marseille ou à Nice ou dans celles du fonds de la série B à Marseille ; et les vieux inventaires français des titres du Temple que nous connaissons ne contiennent aucune allusion à des actes qui seraient perdus.

1. Nous dirons ailleurs ce qu'on peul penser de la présence de l'Ordre dans les pays du comté de Nice où certains historiens signalent quelques vestiges de ses monuments.
 
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Evêché de Vence
Dans l'évêché de Vence, le Temple ne comptait pas moins de 88 services:
40 à Vence, dans la ville même et aux lieux dits le Malbosquet, La Claus, la Croix, al Cayrons, etc...;
21 au Broc et dans le territoire de ce castrum, à la Lausa;
6 à Villeneuve dont 3 au Loubet ;
6 à Tourrettes-sur-Loup ;
5 à La Gaude et à Trigance;
4 à Saint-Paul, mais pour des biens de Tourrettes semble-t-il;
4 à Coursegoules et à Saint-Michel, enfin, à Bezaudun.  
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Evêché de Glandèves
A Rigaud, l'Ordre avait une part de seigneurie et une maison assez importante. Celle-ci comptait 101 tenures et recueillait 93 services.

Les possessions du Temple étaient également très nombreuses à Annot. Plusieurs d'entre elles jouissaient d'une franchise totale (une vingtaine) ; les autres faisaient une cinquantaine de services.

Nous notons encore:
30 services à Villevieille ;
29 à La Penne ;
24 au Mujouls ;
25 à Saint-Benoit ;
23 à Entrevaux ;
21 à Guillaumes ;
17 à Cuébris ;
17 à Collongues ;
15 au Puy-Figette (aujourd'hui Saint-Pierre, dans le Val de Chanan) ;
14 à Méailles ;
11 à Ascros ;
10 à Braux ;
3 à Puget-Théniers ;
3 à La Sez (Glandèves) ;
3 à La Cainée (Cadanesa) ;
3 à Montblanc ;
2 à La Rochette ;
2 à Tourette-du-Château ;
2 à Fugeret ;
2 à Amirat et
1 à Toudon.
Soit 428 pour l'ensemble du diocèse !

En dehors des droits particuliers, presque toujours invariables, qu'il possédait sur tel ou tel bien isolé, à titre seigneurial ou féodal, le Temple avait des droits généraux de toute nature dans plusieurs localités.

Signalons, à Rigaud: le 1/3 du droit de fournage, le 1/4 environ de tous les droits de ban, et le droit de déshérence (contesté) ; à Annot: la 5e partie des droits de fournage qui n'étaient pas réservés par la Cour royale, la 16e partie des droits de ban et la 16e partie de la moitié des leydes ; aux Mujouls: la (6e partie des droits de ban, les droits de pacage, le cellagium (droit sur les fromages), et la juridiction sur les étrangers; à Touët-sur-Var: le droit de déshérence (contesté); à Guillaume, enfin, des droits non définis en cas de rixes.

Il est à peine besoin de rappeler que l'Ordre jouissait à Biot, dans la première moitié du XIIIe siècle, d'une seigneurie sans partage. Le tiers de cette seigneurie passa ensuite à l'évêque de Grasse.
Sources: Joseph-Antoine Durbec — Les Templiers dans les Alpes-Maritimes — Notice Historique sur les Maisons et Possessions du Temple dans les diocèses de Antibes, Grasse, Nice, Vence et Glandeves — Extraits de la Revue Nice-Historique — 1938 — Imprimerie L'Eclaireur de Nice
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