Les acccusateurs du Temple
1 - Les Nobles :
Enguerrand de Marigny (de son vrai nom : Enguerrand le Portier de Marigny) il fît même parti du tribunal qui condamna son grand frère au gibet de Montfaucon, et Le Connétable Gaucher de Châtillon.
2 - Les Juristes :
Guillaume-de-Nogaret et
Pierre-de-Flote
3 - Le pape
Boniface VIII
4 - Les Avocats :
Raoul de Presles, Pierre Dubois, et L'archevêque de Narbonne :
Gilles Aiscelin
5 - L'inquisiteur du Roi :
Guillaume de Paris
Enguerrand-de-Marigny
Petit noble du Vexin Normand. A la mort de Philippe Le Bel, il devra dès 1314 rendre des comptes au royaume sur sa fortune, mais, il tombera bientôt et sera pendu le 30 avril 1315 au gibet de Montfaucon, où son cadavre demeurera exhibé pendant deux ans.
Pierre Dubois.(1250 env.-apr. 1321)
Légiste français, Pierre Dubois fit ses études à Paris, où il fut sans doute l'élève de Thomas d'Aquin. Avocat des causes royales pour les affaires ecclésiastiques dans le bailliage de Coutances, il fut, à ce titre, l'un des innombrables hommes de loi chargés de rechercher, de défendre et d'exalter à travers tout le royaume les droits du roi: il soutint Philippe le Bel contre Boniface VIII. Malgré une notoriété due à des écrits dont l'influence demeura fort réduite, Pierre Dubois apparaît comme le type même du serviteur obscur et efficace de la monarchie. Comme nombre de légistes du roi, et des plus illustres, il avait en même temps une clientèle privée: c'est ainsi que la comtesse Mahaut d'Artois en fit son conseiller et, après la mort de Philippe le Bel, son bailli. On connaît une dizaine de mémoires et traités composés par Dubois. Plusieurs sont des oeuvres de circonstance: contre Boniface VIII ou contre les Templiers, par exemple. D'autres sont marginales, comme une défense des tournois, que réprouvaient alors le pape et le roi. Les oeuvres essentielles, où Dubois cherche à imposer sa vision de la société politique, sont le De abreviatione guerrarum (vers 1300), le De recuperatione Terre Sancte (vers 1305-1307) et le mémoire composé pour inciter Philippe le Bel à se porter candidat à l'Empire (1308). Toute l'oeuvre de Pierre Dubois tend à l'établissement d'une hégémonie capétienne sur le monde chrétien, grâce au rétablissement de la paix en Occident, à l'union des énergies pour le succès de la croisade et à la restauration du prestige impérial. De manière souvent artificielle, il fond la politique aristotélicienne, la conception romaniste de l'État et le système patrimonial qui organise l'expansion capétienne.
Raoul de Presles
Est le principal avocat du roi et tombeur des Templiers par sa déposition au procès, dans la représentation du roi au Parlement.
Guillaume-de-Nogaret. (1260 env.-1313)

Homme de loi, originaire du Languedoc, Guillaume de Nogaret fut d'abord professeur de droit romain à l'université de Montpellier et conseiller juridique de divers seigneurs, et notamment du roi de Majorque. Entré au service de Philippe le Bel vers 1292-1295, il s'entremit lors de l'achat par le roi de la part qu'avait dans la seigneurie de Montpellier l'évêque de Maguelonne, puis fut juge-mage de la sénéchaussée de Beaucaire (1294), conseiller du roi (1295) et garde du sceau (1307). Il dirigea en fait la politique royale après la mort de Pierre Flote (1302). Le roi l'anoblit par lettres dès 1299.
La part la plus importante de son action politique est peut-être l'oeuvre quotidienne pour la défense, la préservation, la définition, voire l'extension des droits du roi à l'intérieur de son propre royaume. C'est là qu'il est, entre autres, le légiste du roi. Il s'y montra intransigeant et efficace, mais n'y conquit guère la popularité.
On connaît davantage son rôle dans la lutte contre Boniface VIII et dans l'affaire des Templiers. Contre le pape, il infléchit la ligne politique de Flote, qui défendait contre le Saint-Siège le droit du roi à être maître dans son royaume, donc maître de son clergé; pour Nogaret, il s'agit surtout de défendre l'Église et le royaume contre un pape indigne; venu à la curie pour notifier à Boniface VIII un appel devant le futur concile - qui annulait toute sentence que pourrait rendre le pape contre le roi - et placer la personne du pape sous l'autorité de l'appelant, Nogaret se trouva mêlé au tumulte déclenché par une faction romaine (Anagni, 7 sept. 1303) et, par là, compromis avec les fauteurs de violence. Le pape mort, il entretint une lutte de plus en plus vaine contre la mémoire de celui-là; il multiplia les écrits pour se justifier, ce qui contribua à associer son nom au souvenir de l'attentat d'Anagni. Il fut implicitement inclus dans l'absolution négociée en 1311.
L'affaire du Temple lui avait également servi de moyen de pression sur la papauté.
Nogaret fut le premier homme d'État français qui fit appel à l'opinion publique, convoqua systématiquement des assemblées, fit répandre des pamphlets et lança une campagne de pétitions. L'offensive de 1303 contre Boniface est un modèle du genre. Mais Nogaret demeura souvent à l'arrière-plan, faisant parler ses hommes de confiance, parmi lesquels Guillaume de Plaisians. C'est ce dernier qui harangua la foule dans les jardins du palais et qui prit part à l'interrogatoire des Templiers.
Nogaret mourut alors que la prépondérance dans la gestion de la politique royale était déjà passée au très réaliste Enguerrand de Marigny.
Guillaume-de-Nogaret. Sa biographie
1260
Date présumée de la naissance de Guillaume de Nogaret, à Saint Felix de Camaran, près de Toulouse. Philippe le Bel monte sur le Trône.
1287
Date présumée du début de la carrière de guillaume comme professeur de droit à Montpellier.
1290
Il devient tuteur des enfants mineurs de Raymond Gros, changeur de Montpellier.
1291
Juin : il achète une maison à Montpellier. Octobre : il acquiert jouissance perpétuelle du mas de Tamarlet, près de Marsillagues (Hérault).
1294
Nommé juge-mage de la Sénéchaussée de Beaucaire.
1295
Nommé conseiller du Roi au Parlement.
1299
Anobli avec le titre de Chevalier ès Lois.
1302
Devient Seigneur de Tamarlet.
1303
7 septembre : dirige l'attentat d'Anagni contre le pape Boniface VIII (tentative d'enlèvement). 9 Septembre : est excommunié.
1304
Juillet : le roi l'établit Seigneur de Marsillargues. 27 Juillet : le roi l'établit Seigneur de Calvisson et de Vaunage (Gard). 18 mai : le roi lui donna la haute et basse justice des terres de Tamarlet, de Manduel, de Sainte-Marie, de Lésignan, de Redessan
1306
Philippe le Bel dessaisit la famille du Caylar de son fief et de son Chateau Saint-Chaptes dans le Gard et l'attribue et à Guillaume de Nogaret.
1307
22 septembre : nommé Garde du Sceau Royal. 13 octobre : arrête lui-même Jacques de Molay, Grand Maître des Templiers.
1308
Assiste aux Etats Généraux avec la procuration de huit des principaux seigneurs du Languedoc. Fait reconstruire le château de Marsillagues. Achète de nombreuses propriétés dans les environs de cette ville.
1310
Février : échange sa maison de Montpellier contre la grange de Livières, près de Calvisson. Il devient le principal Seigneur de toute la campagne qui s'étend depuis Nîmes jusqu'à la mer et au cours inférieur du Vidourle.
1311
27 avril : relevé de l'excommunication par le pape Clément V. Pénitence : pèlerinage en Terre Sainte, sept pèlerinages en France et un autre à Saint-Jacques de Compostelle.
1313
Avril : il meurt à Paris. C'est son fils cadet Guillaume II qui hérite de la Seigneurie de Manduel.
28 Mai : plainte des consuls de Nîmes accusant Nogaret d'avoir empiété sur les droits du roi et gravement lésé leurs privilèges par les nouvelles coutumes qu'il levait dans sa baronnie de Manduel.
Pour certains auteurs et certaines sources, il serait mort en 1314 ?
Boniface VIII
Guillaume de Nogaret et Guillaume de Plaisians étaient les principaux accusateurs à l'encontre du Pape Boniface VIII.
Il est à la fois suggestif et déroutant d'observer comment les personnes deviennent, dans leur destin posthume, des personnages symboliques. L'historien a quelque peine à discerner, sous la matérialité des faits, les traits authentiques de l'homme et les projections de ses actes dans la suite des événements. Le pape Boniface VIII jouit, si l'on peut dire, de ce privilège ambigu, en un temps de crise pour la chrétienté et la civilisation politique de l'Occident médiéval.
L'homme
Benedetto Caetani fut élu pape le 24 décembre 1294, alors qu'il approchait de la soixantaine. Élection régulière, mais déjà compromise, car elle lui conférait le pontificat suprême après l'abdication, nécessaire et troublante, de son prédécesseur, Célestin V, dont la sainteté ingénue allait nourrir l'opposition à un pape politique. Et la conjoncture, et le tempérament, et sa carrière antérieure conduisaient Boniface à diriger l'Église de manière plus politique qu'évangélique. Grand, robuste, l'air majestueux, avec de belles mains, longues et soignées, tel que le montre son effigie funéraire que sculpta Arnolfo di Cambio de son vivant, tel que le virent ceux qui ouvrirent sa tombe en 1605, il était victime d'un tempérament impulsif, irritable, aggravé par des crises de maladie de la pierre, par le goût des déclarations pompeuses, par la conviction sommaire de son suprême pouvoir. Il n'a point, cependant, les vices médiocres que lui attribuent ses adversaires. C'est un petit baron féodal de la campagne romaine, qui, malgré ses voyages et ses relations, à Paris en particulier, n'avait pas compris la nouveauté politique, la valeur humaine, la validité chrétienne des nations, en face du Saint Empire, dont il se jugeait le digne partenaire dans une monarchie universelle.
Le pontife

La tumultueuse politique de Boniface ne doit pas faire oublier son gouvernement général de l'Église. Le retour à l'Évangile, opéré par les ordres mendiants depuis un siècle, avait discrédité la chrétienté féodale, mais n'avait point dégagé l'Église de ses pouvoirs constantiniens ; et d'Innocent III, l'ami de François d'Assise et de Dominique le Prêcheur, les successeurs avaient plus conservé le prestige, qu'ils n'avaient soutenu la réforme. La communauté du peuple chrétien était distendue par la scission entre les institutionnalistes et les évangéliques, telle que la manifeste la lutte fraternelle qui, chez les Franciscains, divise les conventuels et les spirituels. Non point querelle subtile de frati , mais manifestation exaspérée du régime paradoxal d'une Église continuant dans les contingences de l'histoire le mystère d'un Dieu humblement incarné dans cette histoire. Le réveil évangélique qui travaillait les esprits, aussi bien dans le dolce stil nuovo que dans les sommes de théologie, mettait durement en question les structures et la spiritualité du régime féodal, dont le Saint Empire s'était emparé et que l'Église avait sacralisé comme l'ordre divin sur terre. Boniface considérait cette sacralisation politique comme le test et le triomphe de l'Église. Par conviction et par tempérament, il s'acharna à en proclamer la vérité et à en poursuivre le succès. C'est, autant que chez les princes, dans le petit peuple de Dieu que se produisit la résistance. Dès le lendemain de son élection, Boniface annula la décision de son prédécesseur, qui avait favorisé la formation d'une branche religieuse fidèle à l'inspiration primitive de François d'Assise. Il déposa le ministre général des Frères mineurs, Raymond Godefroid, protecteur des spirituels, ami du roi de France, protégé des Colonna, les rivaux romains de Boniface. S'ensuivirent les plus rocambolesques aventures, assaisonnées d'excommunications et d'intrigues politiques. Jacopone de Trodi (1230-1306), riche avocat devenu franciscain, dans ses délicieuses laudi , poursuit le pape de ses apostrophes ; et Ubertin de Casale, relégué à l'Alverne, au moment où Giotto décorait l'église d'Assise (1296-1304), l'invective dans son Arbor Vitae (1305), oeuvre étrange où s'entremêlent la tendresse, la méditation théologique et le pamphlet contre le pontife usurpateur. Tous dénoncent, bien avant Laurent Valla, la donation de Constantin, qui prétendait fonder sur l'histoire la théocratie temporelle de l'Église. Dante, dans son Enfer, placera Boniface parmi les prévaricateurs simoniaques, et ses conseillers parmi les perfides.
Le politique
C'est dans ce contexte religieux qu'il faut observer et juger la politique de Boniface, ce qui n'en réduit certes ni la violence ni l'échec. Elle se développe dans les divers secteurs, non sans référence à l'Évangile, tantôt dans l'imbroglio des fiefs disputés, comme ce fut le cas avec le comté de Foix, tantôt pour promouvoir la paix, comme dans le conflit franco-anglais, tantôt pour revendiquer l'indépendance des revenus de l'Église contre les prétentions des princes à lever des taxes pour financer leurs entreprises belliqueuses. C'est en France, face à Philippe le Bel, que l'impact de cette politique fut le plus rude. Aussi bien, par-delà les personnes en conflit, la situation était-elle provocante, car, plus que les communes italiennes ou les prétentions impériales, c'est la royauté française qui annonçait l'émancipation et l'autonomie des pouvoirs politiques. On n'a pu restituer que difficilement le détail des événements et de la controverse, les motivations immédiates et fluctuantes des nombreux textes pontificaux, le rôle des individus, la part personnelle du roi et celle de ses légistes conseillers, l'authenticité des pamphlets qui circulaient, les discussions des théologiens, les uns favorables au pape, les autres au roi, tel l'éminent Jean de Paris, maître à l'université de Paris. En tout cas, le roi était passé du terrain politique à une critique religieuse, incriminant le pape calomnieusement dans ses moeurs, dans sa légitimité, dans sa foi. La mission elle-même de Nogaret (1303), envoyé en Italie pour mener à bonne fin l'appel royal à un concile général pour juger le pape, est liée à des épisodes obscurs et déconcertants, dans les complicités exploitées sur place, jusque dans l'entourage du pontife et dans les rivalités des factions de la cour romaine. L'attentat d'Anagni, même dépouillé des images des doctrinaires et des romantiques, fut d'une extrême gravité. Le pape, miné par la maladie et les émotions, devait mourir quelques jours après (oct. 1303). Son successeur Benoît XI, l'un de ses fidèles cependant, tout en condamnant l'opération d'Anagni, annula les sentences de Boniface et prit langue avec le roi.
La bulle Unam sanctam
Parmi les nombreux documents émanés de Boniface, la bulle Unam sanctam , du 18 novembre 1302, mérite une très particulière attention, et sa rédaction même manifeste que, au-delà de la fièvre des circonstances, elle revêt la forme et la valeur d'une constitution. Elle se présente, en effet, comme un exposé doctrinal des principes qui règlent les rapports entre le pouvoir spirituel de l'Église et les pouvoirs temporels. Quant au fond, rien de neuf, par rapport aux textes promulgués depuis Grégoire VII. Ce qui lui vaut sa notoriété, c'est, avec l'ampleur de ses considérants, sa conclusion solennelle, selon la clausule officielle des énoncés dogmatiques : Il est de nécessité de salut de croire que toute créature humaine est soumise au pontife romain : nous le déclarons, l'énonçons et le définissons. Sous cette formule abrupte, c'est la logique de l'économie chrétienne qui, sans surprise ni nouveauté, est ainsi définie. Toute réalité humaine, personnelle ou collective, entre, pour le croyant, dans le processus de sanctification et de divination, et donc dans la communauté de grâce que l'Église constitue ; ainsi relève-t-elle de cette Église. Les États comme les hommes sont justiciables de leurs actes devant la conscience, devant Dieu, devant son Église et les organes majeurs de son autorité. Aucun domaine ne peut être mis à part ; il n'y a pas de justice politique hors la morale ; l'ordre politique est au service des hommes, dans le salut de Dieu comme dans la promotion du bien commun. Ce qui fait de cette doctrine élémentaire un absolutisme théocratique, ce sont, plus encore que les circonstances, les considérants qui l'introduisent et prétendent la légitimer. Dans leur solennelle abondance, ils relèvent, eux, d'une élaboration théologique où l'autonomie des réalités terrestres, en particulier de l'ordre politique, est complètement niée. De fait, c'était alors, sauf chez un Jean de Paris, disciple de Thomas d'Aquin, sauf aussi bientôt dans le De monarchia de Dante, parfait contexte de cette problématique, la théologie courante, telle que l'enseignait le conseiller de Boniface, le cardinal Matthieu d'Aquasparta, un adversaire des spirituels. Elle est connue sous la dénomination d'augustinisme politique, à cause de ses références aux oeuvres de saint Augustin. L'Église ne s'en dégagera pas avant Léon XIII, à la fin du XIXe siècle.
Pierre-de-Flote ou Flotte (mort en 1302)

Le premier des grands légistes méridionaux - formé à Montpellier - ayant joué un rôle véritablement politique sous le règne de Philippe le Bel. Originaire du Dauphiné, Pierre Flote fut d'abord au service du dauphin Humbert I er. Le roi en fit un conseiller en son parlement, vers 1291, et lui confia dès lors de nombreuses missions, particulièrement en Guyenne et en Languedoc. À partir de 1296, Flote prit en main la politique royale face au pape Boniface VIII, auquel il entendait faire reconnaître le droit du roi à être seul maître dans son royaume, c'est-à-dire le droit de juger et d'imposer tous ses sujets, y compris les clercs. En 1297, il négocia à Rome la canonisation de Louis IX. Chancelier de France en 1300, il joua un rôle essentiel et parfois spectaculaire comme conseiller et porte-parole du roi. C'est ainsi qu'il fut envoyé à Rome par trois fois et qu'il tenta vainement de faire du pape un instrument de la politique royale. En 1301, malgré les prérogatives de l'Inquisition, il dirigea au nom du roi la procédure contre l'évêque de Pamiers, Bernard Saisset, poursuivi pour complot et inculpé d'hérésie. L'année suivante, devant les états généraux réunis à Paris, il mena la lutte contre les prétentions pontificales.
Mêlé à toutes les affaires du royaume, y compris aux tâches de routine de la machine judiciaire et de l'administration financière, Flote fut en tout le champion de l'absolutisme royal - encore bien imparfait - sur le plan intérieur; il fut aussi le champion de l'indépendance monarchique au sein d'une chrétienté naguère dominée par le pape et l'empereur. Ce juriste fut l'un des premiers à mettre le droit romain de l'État au service d'une monarchie qui ne fût pas universelle.
Chevalier, Flote participa à l'expédition de Flandre et fut tué au cours du désastre de Courtrai, le 11 juillet 1302. Guillaume de Nogaret lui succéda.
Archevêque de Narbonne Gilles Aiscelin
Le président de la grande commission écclésiastique : éminence grise du Pape Clément V. Il s'est prononcé contre Philippe le Bel dans l'affaire du procès à la mémoire de Boniface VIII.Philippe le Bel lui pardonna cette incartade, sachant très bien que cet homme était corruptible et malléable à souhait.
Durant le procès de l'Ordre et des Templiers, il ne s'est pas opposé alors qu'il aurait du le faire à la condamnation au bûcher de 54 Frères du Temple. Il était trop corrompu tout comme l'archevêque de Sens, "Philippe de Marigny". Il n'avait en tête que l'évêché de Rouen promis par Philippe le Bel pour bons et loyaux services rendu au Roi et à l'état.
Les procès-verbaux des pièces de ce concile ont disparu; ("Nihil susperest".) Ces pièces ne sont pas les seules qu'on ait supprimées; cela n'a rien de surprenant. Toutefois, nous savons dès maintenant que ce sont des chevaliers (milites) qui ont été condamnés au bûcher, au concile de Pont-de-l'Arche (Rouen) ; que c'est le neveu du Pape et l'évêque de Bayeux, Guillaume de Trie, qui les condamnèrent. Guillaume de Trie, qui était en même temps membre de la grande commission d'enquête présidée par l'archevêque de Narbonne ! Nous savons que cet archevêque (Gilles Aiscelin) fut élevé à l'archevêché de Rouen, le 15 mai 1311, en remplacement dudit Bernard de Farges, devenu impossible à son siége à cause de sa jeunesse. Aiscelin se fit installer à Rouen le 4 calendes de septembre.
Un autre concile se réunit à Rouen à l'archevêché, pour députer au concile général de Vienne; les actes de ce concile manquent aussi, nous dit Guillaume Bessin. Il eût été curieux de connaître les termes de la protestation dont parle Bessin; mais tout a été anéanti.
Quelle fut la main intéressée à supprimer tout cela ?
La lacération de ces feuilles sinistres prouve l'emploi de la violence exercée sur, les Templiers de Pont-de-l'Arche. On a voulu faire disparaître les noms des juges ecclésiastiques et ceux des victimes.
Guillaume de Paris
Nous ne savons pas grand chose sur cet inquisiteur. Sauf que Philippe lui donna plien pouvoir pour questionner les Templiers.
Lettre du 24 août 1307.
Le manifeste du Roi contient une phrase terrible : Nous nous sommes rendus aux prières et aux réquisitions de Guillaume de Paris, inquisiteur de la foi;
"nous lui avons promis le secours de notre bras;... nous avons décidé que les Templiers seraient entendus, parce que s'il est parmi eux des innocents, il faut qu'ils soient éprouvés comme l'or dans la fournaise"
.
Il s'ensuivait qu'il fallait faire passer des aveux aux Templiers et par tous les moyens qu'ils subissent la torture.
Sources : Textes de M. Piton - Revue de l'Orient Latin - Tome III. - Paris, Ernest Leroux, Editeur, 28 rue Bonaparte 75006 - 1895
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